Skip to main content

Full text of "Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;"

See other formats


Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl 



£:A^Ç 



», 



H 



















NOUVELLE 



' f 



BIOGRAPHIE GENERALE 

DEPUIS 

LKS TKMPS LES PLUS RECULÉS 
JUSQU'A NOS JOURS. 



TOME DEUXIÈME. 



Alfieri. — Ara^jona 



PAIIIS. — TVPOT.RArmE DE FIRMIM DIDOT FRÈRES, FII-S ET C»', RUE JACOB , 5fi. 



NOUVELLE 

BIOGRAPHIE GÉNÉRALE 



DKFIIJS 



LES TEMPS LES PLUS RECULÉS 

JUSQU'A NOS JOURS, 

AVEC LRS RENSEIGNRMENTS BIBUOGHAPHiQUES 

KT l/lNDICATION DK8 S0URCK8 A CONSULTER; 
PUBLIÉK PAK 

MM. FIRMm DIDOT FRÈRES. 

sous LA DIRK€TIOF( 

DE M. LE D' HOEPER. 



Zomt IDrurirmr 



PARIS, 



KlKMIiN DIIM)T FIŒRES, FILS ET 0«. EDITEl'KS, 

IMPRIMKURS-LKRAIIIKS DK l'iNSTITUT DR PHAMCK, 

M DGCC LIX. 
L» éditi*urs m réAervMit le droit de tradiictioD «t de reprodiK^tion à l'étraufcer. 



i t t. 



fl 



"■Z '"■ 



.7 



NOUVELLE 



BIOGRAPHIE 



GÉNÉRALE 



DBPDIS US inP8 LES PLUS UCDlAS iDSOITi HOS iOllS. 

Les krticles précédés d'un astérisque [*] ne se trouTent pas dans la dernière édiUon 

de la Biographie Universelle^ et sont aussi omis dans le SuppUment. 
Les articles précédés de deux astérisques [*] concernent les hommes encore TiTtnti. 



A 



ALF1ERI (Benott'Innoeent, comte), archi- 
U^ir italien, né à Rome en 1700, mort à Tarin le 
9 d(^.oinbre 1767. 11 étudia le dessin et les ma- 
thématiques à Rome, au collège des Jésuites, et 
Tint ensuite à Turin faire son droit et se prépa- 
rer an barreau. 11 exerça même, pendant quel- 
que temps, la profession d*ayocat à Asti, tout en 
consacrant ses loisirs à Tarchitecture et aux 
bea\i\-arts. Benoît Âlfieri est Tonde du po^ 
Victor Alfieri, qni en parle dans ses Mémoires 
comme <l*un homme très-aimable, très-enthou- 
siaste de son art, grand admirateur de Michel- 
Ange et de Tantique (ce qui ne s'accordait goère), 
fonM^ cependant de se relâcher de sa sévérité et 
de sacrifier quelque chose au goût du jour. « Si , 
dit-il, rétat des finances en Piémont eût permis 
à mon onde de donner un plus libre essor à ses 
projets, il aurait pu donner une très-haute marque 
de son goût pur et sévère, tout à fait opposé à 
la manie des fioritures d'alors. » Un des pre- 
miers onvrages de Benott Alfieri fut la façade 
d*un palais sur la place d'Alexandrie. Le plan 
de cette façade, fait à la demande du marquis 
Gbilieri, attira l'attention de Charles Emma- 
nue) m, qui résolut de charger Alfieri de recona- 
ruire l'opéra royal de Turin, qui Tenait d'être 
incendié. Pour se préparer à ce trayaO, Alfieri 
Tisitû les prindpaax théâtres de l'Enrope, et 
celui qu'il bâtit à son retour passe pour un des 
plus superbes édifices de ce genre qui existent 
en Italie. Il construisit encore, en 1752, à Turin, 
k théâtre Carignan qui fut incendié en 1787. 
Panm les autres édifices qu'Alfieri fit oonstruhre 
h Turin, OD dte les palais Barolo et Bfaroxzo. 
La fiçade de Safait-Pierre à Génère, l'église de 
Carignan, et la tour de Sainte-Anne à Asti furent 

WNJT. BI09B. OTCITinS. ^ T. U. 



aussi exécutées anr ses dessins. Bfalheureoae- 
ment, comme le remarque son nereu, la pénorie 
des finances l'empèsha de se Vtrrer à tonte l'ar- 
deor de son génie, et ses projets les plus gran- 
dioses restèrent sur papier. Cbarie»-Emmannd la 
ilt comte de Sostegna. L. J. 

Victor AIflerl, jinUMoçraphU, — Paroletti, Piéwtom- 
toêt ilhutrtM. 

ALPiERi (Oger), historien, né à Asti, vivait 
dans la seconde moitié du treizième siècle. On 
a delni nne chronique de sa viDe natale : CAro- 
nieon Astense extraetwn e chronicis Asten^ 
sibus. Cette chronique , qui va jusqu'en 1294 , 
a été continuée jusqu'à l'an 1325 par Guillaume 
Ventura, et les deux ouvrages ont été insérés 
dans le onïlème volimie de la grande collection 
de Muratori , Rerum Ital. scriptores. 

TtraboAChl, Storia dêita LMeratmra ÛaVtana. — 
Palma, Hittoria deUa famigUa Aljlfit Raples, ies4. 

ALPiBEi (FicfoTy comte), oâèbre poète ita- 
lien, né à Asti en Piémont le 17 janvier 1749 , 
mort à Florence le 8 octobre 1803. Ses parents 
étaient nobles et ridbes; Alfieri regarda ces 
deux privfléges de la naissance comme un moyen 
de pouvoir mépriser la noblesse et ne recher- 
cher en toute chose que la vérité. H n'avait pas 
encore un an lorsqu'à perdit son père, Antoine 
Alfieri. 11 fat séparé à l'âge de sbt ans de sa soeur, 
pour laquelle il avait nne affection profonde, qni 
seule put loi arracher qudques marques de sen- 
sibilité. La géométrie lui fiît complètement an- 
tipathique; quant au latin, il rapprit à peine : ce 
qui devait lui nuire pour tout l'ensdgnemcnt , 
puisque les cours snpérieors se fliisaient en 
latin* Les classiques de sa propre langue lui 
restivent inoomms, excepté l'Arioste, qu'il lot 



ALFIËRI 



en cachette, et quelques Httérateara da jimr. Il 
nous raconte lui-même qu^étant encore enfant , 
fl fit un sonnet sur la beauté d'une dame que 
■on onde alftetioimait, tl que cet onde, dans 
sa Jalousie, étouiïa par set moquerieé la verve 
naiasante du poète Imberbe. 

En 1763, Alfieri commença Tétude en dfOlt : 
les exercices corporels auxquels on exerce d'or- 
dinaire les adolescents lui ftirent à charge, ex- 
cepté réquitation , dont le goût devint cha loi 
une yéritable passion. La danse lui répugnait, 
surtout parce que les Français «donnaient, 
comme il disait, le ton dans ces roouyemenU 
de marionnettes. » Une maladie de peau dont il 
ftit plus tard atteint contribua à nourrir en lui 
son penchant pour la solitude , jusqu'à ce que 
la mort de son onde l'ayant laissé maître pres- 
que absolu d'une fortune considérable k Vàjp de 
seize ans, il prit le goût de la sodété et de la 
dissipation. Il lut qudques romans français, et 
avec SCS compagnons de plaisirs il ne parlait 
que le français, tout en gardant ses pr^ugés sur 
la nation dont il préférait alors la langue. 11 
voulut ensuite suivre la carrière militaire; mais 
son humeur vagabonde ne pouvait se plier à la 
subordination. 

n prit alors la résolution de voyager. Il tra- 
vena l'Italie sans attichttr le moindre Intértt 
aux merveilles de Tart quil avait sous IM yeox ; 
et tes plaisirs qui s'offraient à loi de tonte part 
ne le captivaient pas. Parmi les flmtmM 11 ne 
recherchait alor? que cellM qui avaient de là 
pudeur, et il ne plaUait» di^, qu'aux affron- 
tées; de sorte que son cœur resta sans attailhe- 
ment « de n'est que plusieors années après, 
éerit-fl, que j'ai remarqué qne mon mécontente- 
ment avait sa source dans le besoin, non satis» 
fut, de pouvoir occuper en môme temps mon 
cœur d'un amour digne et mon esprit d*un tra» 
vafl noble et de haute portée t tant que je n'ai 
pu réunir ces deux choses, je n'ai éprouvé qde 
des malaises et du dégoût. » Continuant d'aller 
ainsi à l'aventure. Il téehaU de remplir le vide de 
son Ame par des distractions souvent vulgaires. 

Ses voyages en France, en Angleterre et en Hol- 
lande avaient donné une secousse salutaire à 
son esprit. Il se mit alors à lire beaucoup d'on-* 
vrages français. La Nouvelle Hélolse lui parut 
un ouvrage froid ; le Contrat sodal, il ne le ootn> 
prit point. La prose de YoKaire le charma, mais 
il n'en goûta pas les vers. Le livre qui llmpres* 
sionna le plus, ce lût Plutarque t 11 s'enthouslas^ 
midt pour ces grands hommes de l'antiquité. 

Puis il s'ennuya de nouveau. Pour se distraire, 
fl recommença un second voyage en 1767% 11 
Inversa rAllemagne^ et n'alla pM Mre visite à 
Métastase, l'ayant vu, dlsaii*U, tilte des révé- 
rences trc^ profondes à la cour. Frédéric le 
Grand lui parut un despote haïssable. Les pays 
du Nord, la Suède surtout, avee sa nature sau-> 
va<;c, majestueuse et silencieuse à la fbis, lui 
semblaient sublimes. 11 retourna en Angletetre 



I en 1271 1 il y noua avec une d<unc du ^rnnd 
monde des relations qui firent quelque bruit, ot 
se rendit de là en Espagne. Il n*y cherchait guère 
que les moyens de satisCedre sa passion toujours 
attsal vive pour lis chevaux. Il contracta à Lis- 
bonne une amitié dunble avee Talmable et sa- 
vant abbé Calnso ; enfin il fbt de retour à Turin 
le 16 juin 1775. 

Dans la compagnie de quelques amis, il com< 
posa d'abord en fhuaçais quelques écrits légers, 
qui furent abandonnés bientôt. Son talent litté- 
raire ne se manifesta sérieusement qu'en 1776, 
à la suite d'une aventura vrafanent singulière. Il 
S'était laissé prendre aux séductions d'une femmi: 
de haute naissance, mais sans mœurs : ne pou- 
vant se soustraire à ces charmes qui lui pe- 
saient, il lui vint à l'idée de se faire lier à son 
fauteuil par son valet de chambre, de manii^re 
à ne pouvoir quitter son cabinet. Dans rcnniii de 
cette situation il fit un sonnet, qu'il envoya au 
père Paciaudi. Cdui-d en M satisfait, et lui en- 
voya à lire une tragédie du cardinal Ddflno, in- 
titulée Cléopdtre, Alfieri trouva tant d'analo{;ie 
entre sa position et celle d'Antoine, qu'il s'i^- 
chauffa tout à coup pour ce sujet, et se dérida 
à le traiter aussi , en mettant à nu les passions 
qui l'agitaient lui>4nême. da guérison complet» 
(ht le résultat de ce travail, qui lui rétissit. Il 
oomposa sa GléojiAtrt , espèce de tragédie , (|tii 
tut jouée à Itirita, le 16 jein 1775, avec une petite 
plèee {iBs Poiia) où l'auteur se parodiait lui- 
inèttie. Le succès dis ee double essai , quoique 
borné à deux représènttHons , (ht pour lui 1*6- 
pûqne d'une nouvelle vie. Cependant 11 eut en- 
ûûre bien des obstadès à surmonter. 

Retiré dans les montagnes de la Savoie, il so 
mil à lire Dante, qui le (k'appa beaucoup par sa 
mâle hardiesse, et 11 fit des études consciendeuses 
sur les prosateurs Italiens des treltième et qna- 
tondème sièdes. Pour châtier son style, Il alla en 
toscane apprendre le dialede pur de ce pavs; 
et se lia avec des littérateurs de mérite, tout* en 
sachant se préserver du mauvais goût du jour. Los 
auteurs latins ne furent pas non plus oubliés : ne 
les comprenant pas, il prit un instituteur, et se fit 
complètement écolier & trente ans. Trois tragédies, 
Philippe It, Potpnice, etilnff^o«é,lul servirent 
de cadre pour f^fe briller ses Idées neuves sur la 
tragédie et la langue. Ondte comme un exemple 
remarquable de concision ee vers de la première 
scène du quatrième acte de VAntigone: 

csioN. 

StegUctUr 

âRTMOlia* 
Ho scelto 

caioR. 
BmoDr 

AITTIOORBé 

Morio. 

CRBOR. 

l.*lTnL 

Alfieri fit ensuite paraître, à différents inter- 
valles, Aganumnon, Virginie et Oreste. Avant 
de fiyre Orêste, il voidut lire cdul de Voltali^ 



ALFIERÏ 



6 



quj aT<ut para en 1760; mais ûori Tea dissuada; 
^ depuis il eut pour tystènie de ne jamais lire 
les auteurs qui avaient déjà exploité une donnée 
dramatique dont il voulait se servir. 

Dans ottte nouvelle carrière , il fut surtout 
puissamment encouragé par les sentiments que 
lui inspira la belle et noble comtesse d'Albany, 
femme du prétendant Charles-Edouard, plut 
connu sous le nom de chevalier de Saint-George. 
Ce prince , qui avait montré d'abord dans ses 
entreprises en Angleterre un caractère chevale- 
resque, s'était ensuite dégradé par le vice de 
ri^Tognerie ; il faisait subir à sa femme des trai- 
tements indignes. Alfieri s'attacha à elle, et Taida 
à se sauver de la maison de son mari* La oom- 
ii'ssed'Albany vint se mettre à Rome sous la 
lirotection du pape ; Alfieri l'y suivit. H trouva 
clicz elle, non pas comme auprès des femmes 
onlinaires on dérangement à ses occupations 
utiles et un rapetissement de ses pensées, mais 
un aiguillon, un secours et un exemple pour 
tout ce qui était élevé. Ce fut vers cette époque 
que , pour jouir d'une indépendance plus corn- 
plète, il fit donation de ses biens k sa sœur, 
moyennant une rente viagère. De 1777 à 1782, il 
oinposa successivement la Conjuration des 
Fazzi, Don Gurdap Mosnumde, Marie Stuart^ 
Tiinoléon, Octaviêf Mérope, et Saûl, 

Ces pièces, ^joatéesaox premières, forment en 
tout quatone tragédies, composées en moins de 
sept ans. 

L'auteur les fit imprimer chez P. Didot, à 
Paris, où 11 avait suivi la comtesse d*Albany. 
Quant aux oitvragas écrits vers la même épo- 
que et comprenant avec des satires, des odes et 
antres petits poèmes, deux traités politiques en 
prose, intitulés Del Principe e délie Leétere, 
et Délia Tirannidê, comme ds ne pouvaient 
paraître en France, ds l'aveu de l'autorité, Al- 
fieri eut reoovs è Beaumarchais, qui venait d'é- 
tablir à KM, sur la rive droite du Rhin, des 
presMs poor la publication des ceuvres de Vol- 
taire. Les livres uns fois imprimés , rien n'eût 
été pins facile que de les laire circuler en 
France; mais Alfieri garda pour lui toute l'é- 
dition. An oommenosment de 1788, Charles 
Edouard monmt à Borna, et sa veuve se trouva 
libre. Alfieri, qui depuis phisleurs années la quit- 
tait rarement, véciît d^lors ouvertement avec 
elle. On prétand qu'ils se marièrent secrètement. 
Ce fait est contesté. La révolution française, qu'Ai- 
fieri accueillit d'abord avec enthousiasme, et qu'il 
repoussa ensuite cvec horreur, détrui^iit |a for- 
tune, placée en grande partie sur les fonds 
français , ainsi que celle de la comtesse d'At- 
bany . Tons deux coururent des dangers, et ce ne 
fut pas sans peine qu'ils parvinrent à quitter 
Paris après le 10 aoCt Us étaient partis depuis 
di ux jours, lorsqoedes officiersmunicipaux enva- 
liircnt leur maison, et saisirent tout ce qu'elle 
cunteaait, meubles, chevaux^ livres. Le tout fut 
Mofisqué comme bien d'émigrés. Cette spolia- 



tion n'était pas de nature à réconcilier Alfieri 
avec b révolution. 

Après avoir traversé rapidement l'Alleinagne, 
il vint, avec la comtesse d'Albany , s'établir à 
Florence dans une petite maison qu'il occupa 
jusqu'à sa mort. Pour se distraire de la politi- 
que, il étudia avec ardeur Salluste et les autres 
classiques latins , et se vengea des Français en 
écrivant contre eux des sonnets satiriques, mêlés 
de prose. Ce recueil, mtitulé Misogallo , com- 
mencé en 1790, achevé en 1798 (à l'époque 
où les Français, après le traité de Campo For- 
mio , entrèrent à Rome et enlevèrent le pape de 
sa capitale), est plein de mauvais goût et de 
plaisanteries grossières i mais on y trouve aussi 
de l'originalité, de l'énergie, et, de temps en 
temps, d'admiraUes mouvements d'indignation. 
£n 1797, à l'âge de près do cinquante ans, Al- 
fieri se mit à étudier avec pasision la langue 
grecque, afin de pouvoir lire dans le texte ïm 
grands poètes tragiques d'Atliènes. An bout d'un 
an , il savait assez le grec pour traduire plu- 
sieurs tragédies d'Euripide , de Sophocle et 
d'Eschyle. Vers cette époque, il reçut une lettre 
très-polie de Ginguené , ambassadeur Je la ré- 
publique française à la cour de Turin. Le célèbre 
littérateur Arançais oflrait ses bons offices au 
poète italien pour l'aider à recouvrer ses livres 
saisis à Paris. ^ 

Alfieri remercia Gingnené et déclina son offVe. 
H était plus que jamais exaspéré contre les 
Français, qui venaient d'envahir la Toscane. So 
croyant menacé des plus grands dangers, il fit 
imprimer à dix exemplaires son Misogallo, et 
le distribua à ses amis , afin qu'ils le publias- 
sent après sa mort ; il composa en même temps 
son épitaphe et celle de la comtesse d'Albany. 
Ses sinistres prévisions ne se réalisèrent pas. 
Les Français admiraient son génie, et n'en vou- 
laient pas à sa personne. Dans la première oc- 
cupation de la Toscane, au commencement de 
1799, comme dans la<seconde, après la bataille do 
Marengo, l'irritable poète n'eut, de son aveu, à 
repousser que des politesses. On lui oflrit même 
une place à l'Académie des sciences do Turin , 
devenue Institut national. Alfieri refusa , don- 
nant pour raison que llnstitut avait rejeté de son 
sein des liommes aussi distingués que le cardinal 
Gerdil, la comte Bulbo et le clievalier Morozzo, 
sous prétexte quMls étaient royalistes. « Et moi, 
dit Alfieri, qui n'ai jamais été royaliste, je n'ai rien 
à faircavec les républicains à la moded'à présent; 
car ma république ne ressemble pas à la letur. » 

En 1801 , la Toscane fut donnée par Bona- 
parte au prince de Parme, et érigée en royaume 
d'Êtrurie. Alfieri eut la satis&ction de voir les 
Français évacuer Florence; mais, il n'en jouit 
pas longtemps : il mourut près de deux ans 
après, entouré de sohis jusqu'aux derniers mo- 
ments par la comtesse d'Albany. Les restes du 
grand poète furent ensevelis dans l'église Santa 
Croce, où la comtesse lui fit élever par Canova, 



ALFIERI 



8 



à côté des monuments de Machiavel, de Blidiel- 
Ange et de Galilée, un splendide tombeau avec 
cette simple inscription : Victario AJfierio As- 
tensi, Àloisia eprincipUnuStolberffis Âlbanix 
ConUtissOj m. p. c. an, BIDCCCX. 

La comtesse d'Albany ne moonit qn*en 1824. 
EUe oontinna de viTre à Florence, où sa maison 
était (fréquentée par des artistes et des littéra- 
teurs, entre lesquels on remarque le spirituel 
helléniste et pamphlétaire francs P. L. Cknir- 
lîer. En mourant , die légua tous les papiers 
d'Alfieri au peintre français Fabre, qd les donna 
à la bibliothèque Laurentiane de Florence* 

Aussitét après sa mort la comtesse Albani fit 
fidre une édition complète de ses œuvres. Elles 
forment 35 vol. in-é^'.Pise, 1805* 181 5, dont 13 vo- 
lumes contiennent les œuvres posthumes. Cette 
édition ainsi que celle de Beltom, 1809-1810, ren- 
ferment, outre les ouvrages déjà dtés, une traduc- 
tion italienne de Salluste, une imitation du pané- 
gyrique de Trajan, par Pline, des Satires et les 
Mémoires d'Alfieri , écrits par lui-même ( Vita 
di Vittorio Alfiert scritta da esso), et publiés 
après sa mort Cette autobiographie, écrite avec 
une parfaite sincérité, et remplie de détails cu- 
rieux sur les mœurs du dix-huitième siècle et 
sur le caractère si original d'Alfieri est fa plus 
intéressante peut-être, et certainement la plus 
instructive des productions du poète d'Asti. 

On a publié en France, plusieurs traductions 
d'Alfieri : Œuvres dramatiques, traduites en 
français par Cl.-B. Petitot ; Paris, 1802, 4 vol. 
in-8»; — les mêmes, traduction nouvelle par 
Alph. Trognon ( dans le Répertoire des théâ- 
tres étrangers); Paris, 1822-1823, 5 vol. 
in-18i — I>e to Tyrannie, traduit de l'italien 
(par Merget); Paris, 1802, in-8* ; •— Du 
Prince et des Lettres, traduit de l'italien par 
Bl*** ( J. Loque); Paris, 1818, in-8»; — Vie 
de Victor Alfteri^ écrite par lui-même, et 
traduite par M**** (Petitot); Paris, 1809, 2 
vol. in-8''; — le même ouvrage sous le titre de 
Mémoires d'Alfieri, trad. par M. Ant. de La- 
tour; Paris, 1840, in-12. 

Voici le portrait que Ginguené (auquel nous 
avons emprunté déjà plusieurs détails) a tracé de 
ce poète : n Alfieri était d*une taille haute et noble, 
d'une figure distinguée, mais peu imposante, 
quoique son air fût habituellement dédaigneux et 
hautain; son front était grand et ouvert; ses 
cheveux épais et bien plantés , mais roux ; ses 
jambes longues et maigres. Il aimait passionné- 
ment les chevaux : fl en a eu jusqu'à douze ou 
treize à la fois, presque tous fins et de prix. Il 
se plaisait peu dans le monde, et ne prenait au- 
cun soin pour y plaire. La qualité distmctive de 
son esprit et de son Ame était l'élévation : son 
défaut dominant était l'orgueil. Ce (ht par or- 
gueil plutAt que par penchant, ce frit pour exci- 
ter l'admiration, pour être le premier en quelque 
sorte, pour vivre dans la postérité, quMl devmt 
poète. Au milieu de ses succès 'poétiques et Ht- 



téraires, fl eut un grand malheur : c'est, à ce 
qu'il parait, de n'aimer véritablement ni la poé- 
sie ni les lettres. Ses passions étaient ardentes. 
On l'aurait cru peu sensible; il Tétait pourtant 
en amitié; il y était aussi très-fidèle. Dans d'au- 
tres affections, fl fit souvent de mauvais choix; 
mais dès qutl eut trouvé une femme digne de 
l'attacher, fl ftit constant, et le frit pour la vies 
Sa réputation littéraire s'est établie avec peine. 
On trouvait à son style des défants, qui ont été 
regardés depuis comme des qualités. Il n'écrivait 
pas comme tout le monde : on l'en blâmait ; mais 
tout le monde, ou du moins tons les poètes tra- 
giques, ont fini par vouloir écrire comme lui. Le 
système dramatique qu'A a introduit en Italie 
est, quoi qu'A en ait dit, celui de France : il n'a 
fait qu'essayer d'en corriger les longueurs et les 
langueurs. Û a supprimé les confidents et presque 
tous les personnages secondaires : il en résulte 
plus de vigueur sans doute et une action plus 
serrée, mais aussi moins d'épanchements, de la 
sécheresse et de la roideur. Notre théâtre est 
déjà maigre, auprès de celui des Grecs; celui 
d'Alfieri est, à l'yard du nôtre, presque dans la 
même proportion. H parie rarement au cœur, 
mats il est éloquent et nerveux dans les pas- 
sions fortes; fl a de la grandeur, et, dans ses 
idées comme dans son style, il aspire toii^ours au 
sublime; ses caractères ont de l'énergie, quel- 
quefois aux dépens de la vérité historique et 
même dramatique. Ile donnant rien aux yeux et 
peu au cœur, fl fait peu d'effet au théâtre, mais 
fl en fait beaucoup à la lectare. Son dialogue est 
souvent un modèle de précision, de justesse et 
d'argumentation dramatique. La coupe de ses 
vers est savante et harmonieuse; mais son 
style, toujours fort, est quelquefois un peu dur. 
n en sera de lui comme de la plupart des inven- 
teurs : d'autres ItaHens feront mieux que lui, 
mais en l'imitant; fls iront plus loin, mais en 
suivant la route qu'fl leur a tracée. » 

A côté de ce jugement d'un habile critique, 
nous placerons aelui de madame de Staël : 

« C'est, dit cette femme d'esprit, avec un 
respect profond pour le caractère d'Alfieri que je 
me permettrai quelques réflexions sur ses pièces. 
Leur but est si noble, les sentiments que Tauteiir 
exprime sont si bien d'accord avec sa conduite 
personnefle, que ses tragédies doivent toujours 
être louées comme des actions, quand même elles 
seraient critiquées à quelques égards comme des 
ouvrages littéraires. Mais fl me semble que quel- 
ques-unes de ses tragédies ont autant de mono- 
tonie dans la force que Métastase en a dans la 
douceur. H y a dans les pièces d'Alfieri une telle 
profrision d'énergie et de magnanimité, ou bien 
une telle exagération de violence et de crime, 
qu'fl est impossible d'y reconnaître le véritable 
caractère des hommes. Ils ne sont jamais ni si 
méchants ni si généreux qu'il les peint. La plu- 
part des scènes sont composées pour mettre en 
contraste le vice et la vertu ; mais ces oppositions 



ALnERI — ALFONSE 



10 



ne sont pM iNPéaflDtéM arec les i^adatioiis de la 
Térité. À ki tyrani supportaieot dans la Tie oe 
que les opjpiimés leur disent en face dans les tra- 
gédies d'Atteri, <m seiait presque tenté de les 
piiindre. La pièce d'Oc/opte est une de oeOes où 
œ défimt de Tiaiseniblanoe est le plus frappant 
Sënèqoe y moralîBe sans cesse Néron, comme s'A 
était le plus patient des hommes, et loi Sénèque 
le i^os coarageox de tons. Le maître dn monde, 
d^ la tragédie, consent à se laisser insolteret 
k se mettre en colère à chaque scène poor le 
plaisir des speetitears, comme s'il ne dépendait 
pas de hii de tout tlnir avec mi mot Certaine- 
ment ces dialogues continaels donnent Uen à de 
très-bdles réponses de Sénèqoe, et Ton Tondrait 
trouTer dans ona harangue on on oorrage les 
nobles pensées qu'il exprime; mais est-ce ainsi 
qu'on peufdonner lidée de la tyrannie? Ce n'est 
pas la pe&idre sous ses redoutables couleurs, c'est 
en faire seulement un but pour l'escrime de la 
parole. Mais si Shakspeare avait représenté Néron 
entouré d'hommes tremblants, qui osent à peine 
r^xmdre k la question la plus indifférente; lui- 
méroe cachant son trouble, s'efforcent de pa- 
raître cahne; et Sénèque près de lui traTaillant 
à l'apologie du meurtre d'Agrippine; la terreur 
n'eût-elle pas été mille fois plus grande? et, pour 
une réfleÀm énoncée par l'auteur, miUe ne se- 
raient-elles pas nées dûs Pâme des qpedateurs, 
par le silence même de la rhétorique et la vérité 
des tableaux? » 

« Alfieri, par nn hasard singulier, était, pour 
ainsi dire, transplanté de l'antiquité dans les 
temps modernes; il était né pour agir, et il n'a 
pu qu'écrire : son style et ses tragédies se res- 
sentent de cette contrainte, n a voulu jmarcher 
par la litténtnre à un but politique. Impatienté de 
vivre an milieu d'une nation où l'on rencontrait 
des savants très-érudits et quelques hommes 
très-édairés, mais dont les tittérateurs elles leo- 
tenra ne s'intéressaient poor la plupart à rien de 
séncnx, et se plaisaient uniquement dans les 
contes, dans les nouvelles, dans lesmadrigaux; 
Alfieri, diaje, a vouhi donner àses tragédies le 
caractère le plus anstère. D en a retranché les 
Confidents, les coups de théâtre, tout, hors l'in- 
férèt dn dialogne. n semblait qu'il voulût ainsi 
ùàre ùin péniteneo aux Italiens de leur viracHé 
et de leur imagination naturelle; il a pourtant été 
fort adndré, parce qull est vraiment grand par 
son caractère et par son àme, et parce que les 
haiii^nfA de Borne surtout applaudissent aux 
louanges données aux actions et aux sentiments 
des anciens Romains, comme si cela les regardait 
encore. Os sont amateure de l'énergie et de lin- 
dépeodanee comme des beaux tableanx qu'ils pos- 
sèdent dans leure galeries. Mais il n'en est pas 
moins vrai qu' Alfieri n'a pas créé ce qu'on pour- 
rait appeler un théâtre itahen, c'estrÀ-dire des 
tragédie» dans lesquelles on trouvât un mérite 
particaiier à lltalie; et même il n'a pas carac- 
térfaétot mam des pays et des siècles qu'il a 



peints. Sa Coi^iuratUm det PojuU, Vîrginie, 
Philippe II, sont admirables par l'élévation et la 
force des idées; ma» on y voit toujoun l'em- 
prefaite d'Alfiert, et non celle des nations et des 
temps qu'il met en scène. Bien que l'esprit fran- 
çalt et celui d'Alfieri n'aient pas la moindre ana- 
logie, ils se ressemblent eor ceci, que tous les 
deux font porter leurs propres oouleun à tous 
les sigets qu'Os traitent (1). » 

rua éi rmoriù jilMri, êcritta da «00. — Umbardi. 
Stmia éêila lêtUraiura iUUia$ta nsl êêeolo X^llL — 
▲otoolo Boceelllnl, Elotioâêntt. ÂlprU Padooe, mn, 
IB-S*. - Serafleo GraMl. DiimriOMiom kn kxU di FiH. 
AlMrit anUn. iitt, la-8*. - Antonio Zeion. Biograjka di 
rut. jtt/teH ê dette tus opemKàçol,, 18U, ku-ll. - f-ita 
di rm, Âlfteri da MU; MiUn, ists, in -16. — vuiemaln 
Court d€ mUrahÊTet •(«., L 111. 

ALFiaoïTSABADi ( Alxnê - Toher-MohamT 
med^lbn^Yoeoub^ j historien et lexicographe 
arabe, né à Karezoun, province de Schiraz, 
en 739 de l'hégire (1338-19 de J.-C. ), mort à 
Zébid en 817 de l'hégire (14 14-U de J.-C. ). Sa 
fiunilleétait originaire de Firouzabad, ville de la 
Perse ; de là le surnom à* Atjirouzabadi, n était 
aussi surnommé Uedjid eddin ( Gloire de la foi). 
Après avoir lliit ses études à Schiraz et à Bagdad, 
il visita les principales villes de l'Orient, Damas, 
Alep, Antioche, la Mecque, le Caire, où il réaida 
quelque temps. Doué d'une n^émoire prodigieuse, 
il nota tout ce qull vit de curieux dans ses voya- 
ges, n reçut du fameux Timour un présent de 
100,000 dirhems ; il composa, sur l'invitation du 
sulten de l'Yemen , un dictionnaire arabe , inti- 
tulé U Kamous, ou plus exactement Alkamou- 
sou-UMohitt (l'Océan environnant). Ce célèbre 
dictionnaire a Àé imprimé à Constantinople, 1818, 
in-fol., et à Calcutta, 1827, in-fol. C'est l'abrégé 
d'un plus grand ouvrage projeté par Taut^^ur, 
et qui devait renfermer le Uohakkem d'Ibn-Said 
et VObab de Hasan, les deux dictionnaires aral)es 
les plus étendus. Le Kcmums a servi de base 
au dictionnaire arabe4atin d'Antoine Giggei, 
Milan, 1632. Hamacker a donné la liste des autres 
ouvrages d'Aifirouzabadi , parmi lesquels on 
remarque une Histoire d'Ispahan , et une autre 
de TayeC, province de l'Arabie. 

D'Herbelot, irticle Camut, — Hamacker. Spécimen 
cod. mtt. orient. Lugd, Batav., p. 177. — RoMt, Diiion. 
ttorieo, art. Flnuai^dh— De Sàcj, Journal df s savants, 
décembre 1819, p. 7tt. — M. Relnaud, Catalogue des 
mts. arab. de la Bibtioth. nalionalê (tapplémcnt ). 

ALPON ( Jean ) , peintre espagnol , natif de 
Tolède, vivait au commencement du quinzième 
siècle, n fit en 1418 plusieurs ouvrages estimés, 
que l'on voit dans une ancienne chapelle de la 
cathédrale de Tolède. 

fierroodez, DiccUmario Mstorieo, etc. 
ALPOHSB (Alphonse) (2), ALFONSO, AF- 
F0S80, AL05S0. Nom d'un grand nombre de 

(i) Madame de Staei. dans Corinne. 

(I) Ce nom étant d'oriftioe néolatine , tl fiadraU ton* 
Jours récrire , non pas Alphonse , œaU Jl/onse ; car la 
lettre ph n'eilste pas dans les langues tialU-ine, p<ina- 
gnole et portugaise, aniquelles ce nom appartfcat ex- 
clotlTcment 



11 



ALFONSE (Aragon^ Navarre) 



roU ou princes de \ Espagne, du Portugal et 
do Vltalw, Les Yoid dans Tordre alpfaabétiqve 
<Itit puyR auxquels ils appartiennenl : 

les Àifonse (TBspagne, subdinUés en : A. Al- 
fonse et Aragon et de Navarre; B. Alfanse 
des Asturies et de Léon ; C. Alfanse de Léon ; 
û. Alfonse de Castille et de Léon. 

A. Atfonie d*Jragon M d§ Nmvurrt» 

ALPONSB I*'', surnommé le Batailleur (el 
Batallador\ roi d*Aragon et de Ifararre, mort 
on 1134. Depuis Pelage» aucun roi ne yit une 
aussi grande étendue de pays soumis à son 
sceptre qu*Alfonse| qui, apr^ la mort de son 
l)eau-père, réunit à ses propres États d*Aragon 
et de Navarre ceux de sa femme Urraca , fille 
d*Alfonse VI, o'est-à-iUre les royaumes de Léon, 
de GastiUe et d'Asturie, et étendit sa suzeraineté 
sur les comtés nouTeOement fondés de Galice et 
de Portugal. De plus, maître du comté de Cata^ 
logne et de Barcetone , fl régpait réellement sur 
Soute l'Espagne chrétieniie. Second fils de Sanche 
Ramifes, ilsoooédaeo 1104, sur le trône d'A- 
jagon, à son frère Pedro T', dont le fils unique 
du même nom était mort quelque temps au* 
paravent Au lieu de tourner d*abord ses armes 
contre les Afanoravides qui venaient de s'empa- 
rer de Saragosse , n fut paralysé par les mé- 
sintelligences qui éclatèrent dès son avènement 
entre lui et sa femme Urraca, Cette femme fièro, 
gStécparladodUté de son premier mari le comte 
Raymond de Bourgogne, réclama comme lui 
appartenant le gouvernement de Castille et des 
pays qui en dépendaient , prétentions qui étaient 
favorisées par les seigneurs de Castille, et que le 
roi ne voulaitpas admettre. De là toutes leurs que- 
relles et leuES guerres intestines, do9t les détailg 
seraient trop fostidieux. Les cbosca en vinrent 
au point qu*Alfonse fit enfermer sa femme dans 
une forteresse, d*où elle fut délivrée par qudques 
seigneurs, qui passaient pour ses amants. Enfin 
il fit, 'Uns un concile d'évéques , dissoudre son 
mariage avec Urraca , qui trouva un puissant 
allié dans son beau^frère, comte de Portugal. 
Pjeu de temps après, les CastillauR, fatigués eu\- 
méme« des intrigues de leur reine, la chassèrent 
du tWNne , et mirent sur la tète de son fils Al- 
fonse Raymond, d^ souverain de fa GalHce , la 
couronne de Castille et de Léon. Pendant ces 
dissensions, Ali-ben-Tussef entra dans la pro- 
vince de Tolède avec ses meilleures troupes , 
prit quelquesdoniaines de petits forts et de châ- 
teaux, ravagea les campagnes, emmena les ha- 
bitants en esclavage, et porta la terreur j usqu'aux 
portes do la capitale de TEspagne cb^étieI^le. 
Presque au même moroeot où Tolède était me- 
nacée per Ali, une autre armée almoravide, sous 
la conduite du général Syr-ben-Abou-Békir, s'a- 
vança dans le Portugal contre le comte Henri , 
prenait Zinfria, Badi^os, Tarera, Santarem, 
Lisbonne, et menaça la capitale du comté, 
Coimbrc ; une troisi^m'^ ('•ivi«*i<.'n . cornrumdé*' 



par le gouverneur de Murcie, se porta de Saiii- 
gosse sur la Catalogue, et assiégea pendant vingt 
jouis Barcelone. Les Sarrasins ne levèrent W 
siège que quand Alfonse s'approcha, à la tt^U- 
d'une fiorte année d'Aragonais et de Catalans. 
Une sanglante liataUle qui s'engagea occasioii*;a 
de grandes pertes aux deux partie, sans douni r 
la victoire ni à l'un ni à Tautre. Cependant l(\s 
Sarrasins abandonnèrent la Catalogne, en com- 
mettant les plus horribles ravages (lui). 

Les Almoravides renouvelaient presque cha((U(^ 
année ces incursions dans les pays clirétiens, et 
souvent ils s*en retournaient avec un grand butin 
et beaucoup de prisonniers. Le ravage des cam- 
pagnes du centre de l'Espagne par de continuelles 
ioôirsions, jointes à de mauvaises récoltes, causai 
dans toute la Péninsule une terrible famine qui 
fit plus de victimes que la guerre. Si les incur- 
sions à^ Sarrasins en Castille n'étaient pas [)Ius 
énergiquement repoussées, c'était à cause des que- 
relles intestines de la reine Urraca avec son mari : 
il leur arrivait souvent d*employer plutôt leurs 
forces pour se perdre mutuellement. Aussitôt 
qu'Alfonse remarquait qu'une partie des Castil- 
lans lui était hostile, il cherchait à s*assurer 
d'eux en plaçant des garnisons sûres dans les 
forteresses, et occupait principalement le re^tc 
de ses forces à arrondir ses États héréditairef^ de 
Navarre et d'Aragon. Les secours des clievaliers 
anglais et fran^^f q^ prenaient volontiers part 
aux expéditions contre les Sarrasins, lui furent 
très-utiles. Le comte du Perche prit Tudèle par 
ruse ( en août 1 U4 ). Le vainqueur reçut du roi 
la ville en fief , et la concession de plusieurs pri- 
vilèges y attira bientôt une foule d'habitants 
chrétiens. 

Les regards d'Alfoose se reportèrent alors sur 
Saragosse , dont la possession lui paraissait in- 
dispensable pour la sûreté de son armée et la 
libre navigation de l'Èbre. D'année en année ii 
avançait vers le but de ses conquêtes, bien 
que les Almoravides ne négligeassent aucun 
moyen pour soutenir l'émir Abd-el-Mélek-ben- 
Hud. Le vaillant général Abn-Muhammefl-Mez- 
deli força même le roi d'Aragon h s'éloigner 
de nouveau de Saragosse. Mais bientôt de gran- 
des querelles s'élevèrent entre le général al- 
moravide et l'émir de Saragosse, et hAtèrent 
la chute de la ville. Abd-el-Mélek-Ben-Hud, 
irrité des prétentions des Almoravides, qui vou- 
laient faire les maîtres à Saragosse, se sépara 
d'eux ; et s'étant retiré avec sa famille au châ- 
teau fort de Bonda, il conclut avec Alfonse uno 
alliance en vertu de laquelle fl réunit ses troupe< 
à celles des chrétiens. Les Almoravides se trou- 
vèrent trop faibles pour se soutenir contre d^^s 
forces aussi supérieures : non-seulement ils fn- 
rent défaits dans une bataille meurtrière auprès 
Mezdidi, mais Osibrentroême obliges 4*aban- 
donner les viQes alliées de Lérida d .le Sara- 
gosse (commencement de 1 1 1 7 ). Le? Almoravides 
tintèrent d'* rerouvrfr ce qu'ik» avaien; ]Hirdu; 



18 



ALFONSE (jéragim, Navarre) 



14 



nmiê Ut Mooèmt emiplélaMiit contre VhB^ 
MMé et la vigfltiiee d'AMbnte. Les gerdet dee 
frontièTCe, les AlmugiTtres, rinfoffnèreiit 4 
temps de IV^jpFoefae de ramée ennemie. Malgré 
son InftHoHté miméHi|iiey II ftit obligé d*aeoepter 
la liataiOe qoe M oflHt Tendin, général des 
masidmans. Mais id ee Ait le talent des généraux 
et non le nombre des soldats qui dédda de la 
«ietoirt. Temlm , batln , s'enftiit k Valenee atee 
dix mille hommes, AdMes débris de son Immense 
armée. Les alliés eélébrèrent lemp triomphe dans 
on pays entièreme nt délifréd'enncRiis. Le roi d* A- 
rsgon demanda la session de Saragosse, qn'Abd- 
el-Méiek rsfhsa aTee fermeté. H lit même tous 
ses prépanlift pour repousser par la forée des 
armes la prétentioii de son nooTèl adTersaire. 
Mais avant m'H oM sofllsamroent pourm la 
Tille de SDbeistances, «ne armée aragonaise se 
présenta dofint les portes. Beaneonp de seigneurs 
français , attirés par la perqieetîTe d'ori rlehe 
butin f étalsnt venns griwsir Tannée d'AUbnse. 
Saragosse opposa d'abord une opiniâtre résis- 
tance anx assiégeants ; mais elle finit par eapl- 
tnler, et Alfonse y entra le 18 décembre 1118. 

ATee Saragosse tomba le second boalevard 
des Sarrasins; Os rayaient possédé pendant 
quatre slèdes. Le roi d* Aragon éle^ cette im- 
portante Tille au rang de sa capitale ; la grande 
mosqoée derint Téf^ise de Saint^ftahrador, et l'on 
y fonda on éréché ; les droits et les priTÎIéges 
de la petite noblesse fbrent accordés aux ha- 
bitants. Les seigneurs Ihmçais qui étaient restés 
dans l'année josqn'à la prise de la Tille furent 
vtsst récompensés, surtout le Tlcomte Gaston 
de Bénm , qui reçut en fief le quartier de Sara- 
gosse , qn'aTalent habité Jusque-là les chrétiens 
moiarabes. Les mnsuhnans possédaient encore 
dans les enrirons de Saragosse plusieurs TiUes 
noosidérables , dont la situation escarpée et les 
fortifications rendaient le siège fort difficile. 
Mais Alfonse profita de la terreur que la prise 
de la capitale aTait excitée; et après avoir fkit 
les règksnents nécessaires à Saragosse , il s'a- 
vança dans la SIemi-Morena , qui sépare l'A- 
ragon de la Castffle , et où les musulmans pos- 
sédatent encore d'importants points d'appui. En 
moins de trois années II prit Tarragone. Tala- 
layiid ne tomba qu'après qu'Abu-Tahir Te- 
mim, frère d'Ail, qd accourait h son secours stcc 
vne forte armée , ent perdu Tingt mille hommes 
près de Cntanda (1120). Alfonse fonda dans 
le Tofainage de cette Tille , dans un lieu jus- 
que-là désert , le noureau fort de Montréal , et 
y établit on noarel ordre de cheyalerie , institué 
pomr la délnse de la foi. 

Le soeoès dea armes chrétiennes , qui STalent 
soumis, dans les dix dernières années, les 
deux TfUeB les plus Importantes de l'Espagne 
ronswtmane, relera le conrage des chrétiens 
moaarabas de l'Andalousie , et leur fit espérer 
qutla pQforftient, à la faTOur des guerres d'Ali 
en Aftiqne , et de la situation agitée de f os pos- 



sessiona dans la Péninsale , seooner le joog que 
l'islam ftdaait peser depuis quatre cents ans 
aur le ehristianiame. Quoique leur position fftt 
très-supportahla (ils avaient le lilnre exercice 
de leur culte y leurs lois et leurs juges, et ne 
payaient qu'im tribut modéré), ils aimaient le 
cliangement , et avaient le fanatisme de leurs 
crofances. 

Sans les secours étrangers , les Mozarabes 
d'Andalousie ne pouvaient rien entreprendre 
car toutes les forteresses étaient entre les mains 
de l'ennemi ) en outre ils étaient trop dispersés. 
Us ne pouvaient penser à une réunion , k mdns 
que les musulmans ne fossent occupés d'une 
guerre dans le pays même. Us envoyèrent donc 
des messages au roi d'Aragon, dont la prise de 
Saragosse avait oonsidérablement augmenté la 
renommée. Après lui avoir décrit soigneuse- 
ment la positita du pays et des forteresses , ils 
le priaient d'y entreprendre une campagne , lui 
promettant de l'appuyer de leurs conâeils et de 
leurs bras , de lui fournir des guides et des sol- 
dats. Comme Alfonse hésitait de s'engager dans 
une telle entreprise , à cause de l'éloignement 
des lieux et du peu de fondement qu'il y avait 
à Ikire sur de telles promesses , les Mozarabes 
renouvelèrent leurs prières : en même temps 
ils lui promirent de lever douze mille hommes, 
et l'assurèrent que les nombreux chrétiens de 
l'Espagne méridionale se joindraient k son ar- 
mée , dès qu'il se montrerait dans le pays ; 
qu'ils le reconnaîtraient tous avec joie pour leur 
seigneur et roi , et qu'il acquerrait les belles et 
les plus fertiles contrées de l'Espagne. Cette 
penpective était trop séduisante pour que* la 
pensée des difficultés et de la témérité de l'entre- 
prise pût arrêter le roi chevalier. 

En juillet 1 1 25 ( schaban 519 ), Alfonse se mit 
donc en marche avec toute sa cavalerie , ou , 
suivant les relations arabes , avec quatre mille 
cavaliers, qui jurèrent de vaincre on de mourir. 
Guidés parles Mozarabes, ils se présentèrent 
devant Valence. Sans s'arrêter au siège de cette 
place. Os traversèrent en les ravageant les 
provinces musulmanes, et arrivèrent dans le 
voisinage de Grenade : Alfonse laissa derrière 
lui les villes ennemies de Xucar, Danra, 
Murcie , Baeça, Jaen, et d'autres places fortes, 
et son armée se fortifiait de jour en jour par 
Taffluence des Mozarabes ( que les musulmans 
nommaient Muhahidins). Si Alfonse avait pu 
surprendre la ville de Grenade, où se trouvaient 
beaucoup de chrétiens qui avaient des intelli- 
gences avec le roi d'Aragon , la domination des 
Almoravides eôt été en pérQ. Mais le wali de cette 
ville était un homme résolu : quelque foible que 
f6t ta garnison, il empêcha par la terreur et par 
d'énergiques mesures les Mozarabes de Grenade 
de tmier aucune révolte; et sa vigilance les tint 
en respect, sans les exaspérer par des persécu- 
tions. 11 leva avec une merveilleuse promptitude 
des troupes dans les environs ; et, après avoir fait 



IS 



ALFOnSE {Aragon, Navarre) 



tow 8es préparatifii , il attendit lei attaques de 
rannée chrétienne. CeOeK^ s'étaitaocruejosqu'aa 
nombrede cinquante mille hommes^et se sentait si 
forte qu'elle commença le siège sans hésiter. Mais 
le mauvais temps, hi phiie et les ouragans empê- 
chèrent les chrddens de foire un blocus régu- 
lier; et ils perdirent dans Tinactirité un temps 
prédeux. Les habitants de €rrenade revinrent de 
leur frayeur; des secours s'approchèrent sous 
la conduite d'Abn-Tahir-Temim , ce qui força Al- 
fonse à lever le siège ; mais, rassuré par Tabou- 
d«Bce de vivres que lui fournissaient les Mozar 
rabes, il prit la résolution aventureuse de laisser 
encore cette ville derrière lui et de s'avancer jus- 
qu'à la Méditerranée, pour se réunir aux chrétiens 
de Malaga et des Alpuxares. 

Sans cesse harcelé dans cette marche péril- 
leuse par la nombreuse cavalerie almoravide, 
qui saisissait chaque occasion d'attaquer avec 
avantage, Alfonse parvint, malgré tous les obs- 
tides, jusque dans la contrée de Lyrena, place 
située 'entre Grenade et la Méditerranée. Les 
Almoravides trouvèrent ce terrain fovorable pour 
un combat de cavalerie, et les cavaliers afri- 
cains ne purent contenir leur ardeur. Ils atta- 
quèrent Tavant-garde des chrétiens , la mirent 
en ftnte; et, croyant avoir vaincu toute l'armée 
ennemie, ils se dispersèrent sans précaution 
ponr se partager le butin, lorsque AU^oàise tomba 
inopinément sur eux avec ses cavaliers bardés 
de fer, leur reprit le butin amassé , y ajouta leurs 
propres douilles, et les poursuivit jusqu'à l'ar- 
rivée de la nuit. Ce brillant foit d'armes délivra 
Tarmée chrétienne , qui put alors traverser sans 
entraves les défilés des Alpuxares et s'avancer 
jusqu'à une baie de la Méditerranée, entre Al- 
méria et Malaga. Le roi et les chevaliers s'é- 
taient vantés qu'ils poursuivraient leur marche 
jusqu'à la mer; Alfonse fit construire une barque 
et s'amusa à la pèche, pour prouver combien il 
était fidèle à son vœu , et afin que la postérité 
sût qu'un roi d'Aragon, parti de Saragosse, 
laissant derrière lui plusieurs pays ennemis , avait 
péché sur les eûtes situées en foce de l'Afrique, 
comme dans ses domaines. 

Ce ne frit qu'après avoir joui de cet amuse- 
ment qu'Alfonse commença sa retraite : une 
foule de chrétiens des Alpuxares se joignirent à 
son armée , et Alfonse se dirigea encore une 
fois sur Grenade. Mais comme il ne pouvait 
prendre une ville aussi bien fortifiée à moins 
de faire un long siège, et que les forces de l'en- 
nemi augmentaient chaque jour, il se dirigea vers 
la ville de Guadix ( Cadix ), dans le voisinage 
de laquelle il avait laissé une division de son ar- 
mée pour protéger sa retraite. L'intempérie de 
la saison ( on était alors en hiver ) , les marches 
forcées à travers les montagnes, et des maladies 
contagieoses, diminuèrent considérablement ses 
troupes. Les Sarrasins avaient aussi beaucoup 
souffert; ils avaient fait des pertes inouïes, et 
une sorte de teiTeur iacxprixnablG s'était emparée 



16 

d'^x. L'expédition réussit; et si l'on ne fit pas 
de conquêtes, l'effet moral n'en fut pas moins 
puissant L'année aragonaise, constamment har- 
celée par la cavalerie almoravide, parvint à re- 
tourner dans sa patrie ^rès une absence de 
six mois, en traversant les provinces de Murcie, 
de Xativa et de Valence. Douze mille chrétiens 
mozarabes s'étaient jobts à elle, aimant mieux 
abandonner leur patrie que de rester exposés à 
la vengeance des musulmans. En effet, leurs 
frères qui étaient restés sur le sol natal ne tar- 
dèrent pas à éprouver le ressentiment du souve- 
rain almoravide. Sur son ordre, ils furent trans- 
portés par milliers en Afrique et dispersés dans 
différentes contrées , où la plupart périrent par 
l'effet du climat et le manque de subsistances. 
D'autres Mozarabes qu'Ali-ben-Yussef admit dans 
sa garde eurent un meilleur destin ; et ces op- 
presseurs de leurs coreligionnaires méritèrent ses 
bonnes grâces par leur fidélité servfle. 

L'expédition d'Alfonse à travers tant de pays 
ennemis, et avec si peu de troupes, mérite d'être 
comparée à l'entr^rise des dix mille Grecs 
dans l'empire perse. La longueur de la route 
est sans doute fort dififôrente, mais l'audace est 
égale. 

Le 7 mars Ulft, mourut la reme Urraca, qui 
avait si longtemps fomenté des troubles civils, 
et dont les intrigues avec Pedro de Lara avaient 
scandalisé les Espagnols. Un an auparavant, était 
mort l'archevêque Bernard de Tolède, qui avait 
introduit les bénédictins en Espagne, et contribué 
à la civilisation de ce pays. 

Jusqu'à la mort de son infidèle épouse , Al- 
fonse avait toujours possédé en Castille plu- 
sieurs forteresses que lui avait gardées l'atta- 
chement des garnisons et des habitants. Mais, 
après la mort d'Urraca, les liens qui les unis- 
saient aux Aragonais parurent complètement 
brisés : les troupes et les habitants se décla- 
rèrent, contre la volonté des gouverneurs, ea 
foveur du roi de Castille, qu'ils reconnurenl 
pour roi légitime. Il n'y eut que la viUe de Cas- 
tro -Xerez qui resta fidâe aux Aragonais. Alfonse 
crut devoir avant tout conquérir les places que 
les musulmans conservaient. dans son royaume 
ou sur les frontières. Mais il n'eut pas assez de 
temps pour mettre ce projet à exéôition; car U 
fat presque aussitôt entraîné dans les guerres de 
Castille, qui réclamèrent l'emploi de toutes ses 
forces. Soit pour se rendre aux invitations des 
grands qui troublaient la Castille et la Galice, et à 
celles de la comtesse Thérésia de Portugal ; soit 
pour arrêter Taccroissement rapide de la puis- 
sance du roi castillan, il franchit les frontières de 
Castille à la tête d'une nombreuse armée, et re- 
nouvela ses prétentions de suzeraineté sur ce 
royaume (1127). Pendant trois ans, les deux 
partis se livrèrent une foule de petits combats 
avec des succès divers. Chaque fois que l'on se 
préparait à une grande bataille, les ecclésiasti- 
ques des deux années slnterposaieat, et eihor- 



17 

Uîent les deux soaTeraiiis k épargner le sang des 
dirétiens, et à donner à leur coorage une jdus 
noUe direction en combattant les Sarrasins. Par 
leurs efforts réitérés, une tréTe iîit enfin conclue 
entre la Castille et TAragon. Alfonse l'Aragonais 
renooça au titre d*empereor d'Espagne, qu*0 
avait porté jusque-là, céda à son beau-fils Al- 
fonse-Raimondez toutes les places qu*fl possédait 
en CastQle; en retour celui-ci laissa k TAragon 
U province de Bioja, qn*Aifonse YI avait eàe- 
Tée à la Navarre. 

Après la pacification de la Castille , Alfonse 
Sancbez fut appelé à faire la guerre au delà des 
Pyrénées, contre Bayonne. On ne sait pas bien 
clairanent qudle Ait la cause de cette guerre ; fl 
est probable quelescomtesde Bigorre et deBéam, 
rassanx du roi d'Aragon et ses fidèles alliés , 
étaient opprimés par Guillaume IX, comte de 
Goienne et de Poitiers. Alfonse n'bésita pas à 
voler au secours de ses compagnons d'armes; 
Bayonne fot assi^, et succomba après une assez 
longue défense (1131). Dès cette époque le sou- 
verain d'Aragon prU aussi le titre de roi de 
Bayonne. Mais cette acquisition ne resta pas 
longtemps au royaume d'Aragon : elle fut en- 
levée pendant les troubles qui survinrent dans le 
pays. 

Alfonse d'Aragon attacha la plus grande im- 
portance à étendre ses conquêtes du côté de la 
Méditerranée, et à s'assurer la libre navigation de 
l'Èbre. Pour y arriver, il fallait' prendre la ville 
musulmane de Tortose, située à l'embouchure 
de ce fleuve; et, en conséquence, il résolut de 
l'attaquer par terre et par mer. Une foule de sei- 
gneurs et de chevaliers français prirent part à 
l'expédition. Avant d'entreprendre le si^e de 
Tortose, il était nécessaire de s'emparer de plu- 
sieurs villes situées dans l'intérieur du pays. 
Les Almoravides possédaient Méquinenza, au 
confluent de la Ségra et de l'Èbre : cette ville 
fixt emportée d'assaut; mais la prise de Lérida 
et de Frag» sur la Clnga présenta plus de dif- 
ficultés, la dernière surtout, qui était dans une 
situation très^evée, et entourée de fortifica- 
tions solides. On y éprouva une vigoureuse ré- 
sistance de la part des habitants; Yahia-bcn- 
Gania, gouverneur de Lérida, accourut avec 
une nombreuse armée de Valence et de Mur- 
cie an secours des assiégés» et dix mille Al- 
moravides d'élite partirent à la hâte de l'Espagne 
méridionale pour venir délivrer Fraga. Tout^ 
tSm Alfonse n'abandonna pas son plan : fl pour- 
suivit le siège , et jura publiquement , comme 
son père l'avait fait quarante ans auparavant 
devant Hoesca, de prendre Fraga, ou de mourir. 
Httg^ de ses plus illustres vassaux prêtèrent le 
raème serment ; ainsi le voulait la coutume. Ceux 
qui étaient le plus rapprochés du roi rivalisaient 
arec hti d'héroïsme et d'esprit chevaleresque. 
Pour enflammer encore davantage son armée , 
le roi fit porter dans le camp les reliques des 
Hiiits, et ks éfèquea et les abbés commandèrent 



ALF0I9SE (Araqm, Navarre) 



18 

des divisions. Après que les chrétiens eurent 
mis deox fob en fuite les Sarrasins, qui venaient 
pour dâivrer la place, les habitants de Fraga 
furent si découragés, qu'Us offrirent de rendre 
la viUe sous des conditions raisonnables. Mais 
Alfonse refusa toute sorte de proposition, et ne 
voulut devoir cette conquête qu'à la valeur ara- 
gonaise. C'est ee qui explique la résistance dé- 
sespérée des habitants, et la dernière tentative 
des Almoravides de dâivrer la viUe par l'envoi 
d'une nombreuse armée. Ce que la force ne pou- 
vait exécuter, la ruse l'accomplit En abandon- 
nant un convoi de vivres, l'ennemi attira les 
Aragonais dans une embuscade, où succombèrent 
les plus vaiUante guerriers , les chevaliers et les 
comtes fhmçais, les évêques d'Huesca et de 
Rada , l'abbé de Saint-Vidorien et une grande 
partie de l'armée. Selon la plupart des écrivains, 
Alfonse succomba, le 17 juiUet 1134, dans la 
bataille de Fraga ; mais on ne put le trouver parmi 
les morts. Cette circonstance, et l'inquiétude 
dans laquelle on était sur le sort du roi, ont 
donné lieu aux contes propagés par Roderic de 
Tolède et la chronique de Saint-Jean de la Pena. 
Alfonse l'Aragonais, qui, pendant un règne 
de trente ans, n'avait cMsé de guerroyer, soit 
contre les Sarrasins, soit contre les chrétiens, 
s'était à juste titre acquis le surnom de Batail- 
leur : sorti vainqueur de toutes les bataiUes, ex- 
cepté de celle de Fraga, il doit être mis au nom- 
bre des plus grands hommes de l'Espagne au 
moyen ftge. Ce qu'Alfonse VI avait fait pour la 
CastUle par la prise de Tolède, fl le fit pour 
l'Aragon par la prise de Saragosse. H aurait 
incontestablement surpassé son prédécesseur; 
peut-être aurait-fl tout à fait expulsé les Sar- 
rasins de l'Espagne, si sa déptorable lutte avec 
sa fi»nme Urraca n'avait pas divisé et souvent 
même paralysé ses forces. Comme Alfonse n'a- 
vait pas d'enfants, et que son frère Ramiro 
s'était f^it moine , U ordonna dans son testa- 
ment qu'U avait rédigé dès l'an 1131, lors du 
siège de Bayonne, que tout son royaume fût 
partagé en trois portions : U destina l'une pour 
le salut de son père et de sa mère, pour la ré- 
mission de ses propres péchés et l'obtention 
d\me place dans le ciel , au tombeau du Christ 
et aux saints hommes qui le gardaient; la se- 
conde, aux pauvres et aux chevaUers de l'hos- 
pice de Jérusalem ; et la troisième aux templiers, 
comme étant les défenseurs de la chrétienté près 
du temple du Seigneur. Mais les Aragonais, non 
plus que les Navarrais, ne se crurent nullement 
liés par le testament qui avait ainsi disposé de leur 
royaume sans leur avis. Comme fls avaient con- 
tribué à le conquérir. Us se croyaient en droit de 
prendre part au choix du nouveau souverain. Ils 
élevèrent au trône le frère du roi, Ramiro, qui avait 
déjà vécu plus de quarante ans dans les ordres, 
comme moine, abbé et évéque; mais les Navar- 
rais n'admirent pas ce choix , se séparèrent des 
Aragonais , et élurent à Pampelune l'infant Gar- 



eUiR*min>,|MUt-fll«daTfii6aiKiu),qal«vti| 
dU KHusIné à Peâden «a 107e. C'wl aind qns 
l'Espagne otaréttenne m trotiTI diriite de non- 
THu BU pliuiean ttait. 

Rnrlli. .«iwJh da ^rofait, ni. It. — Cirbeof n.fikm- 
ntra'<£Vi>ni<>*''<*' dtniMaAi, tlo., cdlt- M 1M1 , lUi. I. 
— Tûmlcb, Conuulilo» I Wf"*" ■<» 'M "*" >" ^"•- 

«•Mln d> tlnmaét. - hqoli M OselHi, HtitMradi 

Af OHBB II, roi d'Angon, nien lUl, mort 
le 30 BTril tiM. It «un fili da RaTmtwd V, 
comte de Barcelone, et de PArunille, 6U« de Ha- 
mlro II. En 1 IB3 , tl uKoédB k taa pire dant le 
comU do Barulone, et fut «o nânie tWlIM 
placé p«r u mira lur la trdne d'Angoo. Ce 
double béritaga m nniplit pu eoeora aw 
vuM. En ii67,UrepraDdlaProTaM]e(urIUu~ 
mond V, comte de TonlouM, qui s'ea était «f 
paré. L'année aulnote, Il laUu ce comté comme 
fiera RiTTDoiid-Béraiicer, aon flr^. En 1173, il 
Yénit du HouKÎIlwi par l« taatamoit do comte 
Uuinard II ; et, buidii qu'il poaraait lea Almoha- 
Ae* juiqo'à XatiTi, il est rappelé en Aragon par 
une jmiptiMi da roideCraTarreSancbo Vl-Alilé 
du roi de CaitiUc, i] reprit l'oflèwife et s'em- 
para dn Ronisillon. Voolût, oDfnme ua prédécf >>- 
fetirK, étendre aet domaines auidépensde ceux 
df« muiiilmani , il fit la guerre h. don Morda- 
nitli, iiel|ineur de Valence et de Hurde, et ■»- 
sista, en IITT, Ailonie IX de Caatille, dani la 
réductioa de la ville de Cuença. Pour ce aerrice 
Important, lui et aesBuccaueurifurent eiemptéa 
de rendre hommage au toi da Ca.-ttille poor 
les poa!eieions qu'il» avainit i l'oueat de l'Èbre. 
Ra<r mon d-nérengCT étant mortcnlIBl, AlFonae 
dispose de la Proiencu en laveur de son autre 
fiire , dafl Sancfae, Mais il le loi relira l'an 
1186 , et lui donna en échange lea comté* de 
RouBSlUon etdeCerdaitne. La même année, au 
mois de léTrier, it s'aboucha, aui enrirons du 
RhAne, aTec le comte de Toulouse ; et là Ils con- 
vinrent de s'en rapporter sar leur» différends , 
S des arliitreB (Valisette, t. ID , p. 63 ). En ' 
1 196, Alfonse mourut à PeriJlnn"n. fort regretté i 
de ses sujets. Son corps Tut inhumé au mooaR- 
tère de Poblet , qu'il avait fondé. Ce prince ne | 
se disdnftna pet moiui par son esprit que par . 
ses exploits militaires. Il protégea les trouba- 
dours , H flt lui-même pluiieun vers en langue ■ 
proTençale ; il nous reete de lui une setde dian- i 
son , dâus laquelle il dit qn' Amour peut seul le 
n^jouir. — Alfonse avait épousé : 1° Mafalde , 
tllled' Alfonse I", roi de Portugal, dont il lut sé- 
paré sani en avoir eu d'pufants ; 9* le IB Janvier 
1174, Sande, «Se d' Alfonse vm, roi de Cas- 
tille, dont il ent tri^s fil* et quatre filles. Don 
Pèdre, l'alnédeifUs, hil sncrédaau royaume 
d'Aragon et au comté de Barcdone i don Al- ' 
fan«e, le draxIAme, ent en partage la Provence; | 
doD Ferdinand, le troisième, ae fit moine de Ci- I 
(«aux, et devint abbé de Muitréal. 



ALFOKSE {Angan, Naearre) 



ALPODBB III, roi d'Aragon, né en]7b:i, 
mort le 18 juin 1291. FlU de don Pèdrv 111 
et de Gouatauce, il sueoéda a son pire en 17S:,. 
Lonqne don Pidre mourut, A!r<mso était oc- 
cupé k dépouiller don Jayme , son oncle, du 
royaume de Majorque. Après s'être empnni r|p 
Majorque et divica. Il se (it couronner à Sam- 
gosse le jour de PAques I2S0; mata le* Aragii- 
nais exigËrent que leurs privilèges fosKt'nt 
maintenus, et Axèrent même dee homes i l'au- 
torité royale. Les cort^s, ou élals d'Aragon, nblt- 
gèreot le monarque k recevoir d'eux ses minl<. 
très et les principaux officiers de ta moiioii. 
Quelque temps après, par la médiation du piipn 
et du roi de Pranc«, Alfonse renitlt â Jaymu »r* 
Ëtats, t condition queceliii.cl les tiendrait, avm 
Montpellier, Couflans et quelques autres tnrrm 
en France , comme nu fie/ de la couronne d'A- 
ragon. Il signa, en lïBÏ, lea PHvllégea de FIJ- 
nlon, qui permettaient i ses sujets de rpcuiuli' 
aux armes pour défendre leurs libertés, el i|u| 
investirent le Justicier (^us/ls«ro)di[ droit du 
citer le roi lDi-m£me devant lea cortès générales, 
et de le déposer s'il attentait aux privilèges 
de la nation. Ces privilèges, demi le? Aragonais 
furent pendant longtemps si fiers, liiisaient de 
leur pays une oorli' de répuhiiqnp. Ils Dirent 
abolis parplemiiv, en 13SB. 

Le 19 aoTH J 18S , Alfonse rendit à Cliarles II 
d'Anjou la liberté, après l'avoir obligé de renon- 
cer i ses droits sur la Sicile, et du donner sis 
deux iiis en otage pour garantie du traité conclu 
à Conflans par In médiation d'Éiiouanl 1", roi 
d'Aegirterre. Alfbn'e rellcha aussi les {U'inces 
de la Cerdn, t la sollicitation de quelques sei- 
gneurs qui voulaient se venger du roi du Cni- 
tiUe. Kn 1)91 , Il conclut un traité A Torasrnn 
avec Philippe le Bel , Charles de Valois, Cliar- 
les It, roi de Naples, cl le roi d'Aragon, è Ve\- 
doslon de Jayme , roi de Sicile. Peu de tiin|i4 
après , Alfonse rnounit à Barcelone, laissant h 
couronne k son Trère Jacques (Jayme II, rnl ilc 
Sicile, roi de Naples et de eicQe}. 



. p. tu. - CarbpDBU, CanWcii ilc 
Eipaa^a, p. SI. ~ Mirloi», HiU. gai. it CipaAa. 

ALroNsk: IV, dit U i^huinaire, roi d'Ara- 
goD , oé en février 1299, mort le 24 juin I3:IG, 
Fils puîné de JajTae n, il se distiagaa d'abord 
comme clievalier de l'ordre de Calatrava, et fil 
la coiiquSle de la Sardaif^ne et de la Cône. En 
1318, il fut proclamé roi àSaragossa, le jour dr 
la Penteeéle. En 1331 , le pape lui ayant concédé 
la Sardaigno aux d^>ens des Géuois , une 
guerre cruelle en fut ta suite; elle dura avec de* 
succès varié* Jusqu'A la mort d'Alfonso, arrivée 
à Barcelone k la suite de clisgrins doroesti- 
qaes. n avait épousé en premiËres nuc^s , en 
i3l4,Tbéràsed'l^itrica (morte en isi'i), dont 



îl ALFONSE ( 

il eut t 1" don Pèdre, loii tuoceMeur} 2* dou 
Jayme, conte dUrgel; 3* Constance, mariée h 
Javmc n, roi de Majorque. Il épousa en secoD* 
des noces, le 6 féTrier 1339, Éléonore, fiUe de Fer- 
dinand lY, roi de Cattille, dont il eut don Ferdi* 
nand et don Joan : Talné ftit, à aa naiAtanee, 
créé marquis de Tortoie ; c'est le premier, k ce 
qu*il paraît, qui ait porté le titre de niarquis en 
Espagne ; don Pèdre, son cousin, roi de Castille, 
le fit mourir Tan U&8, et traita de même , Tan- 
née RuîTante, la reine Éléonore, sa tante. 

Zurtu, JnaUi de Jrogon^ Ub. VU, — Abarca, /i«y<« 
âe .-iragtm^ toL II. — Plancaa. CommetUarii^ etc., 
p. MO. — Mariana, HUt.gm. de Ktpaha,\ïh. XV,eap. It. 

- Carboaeil. 

ALPBOHSQ T d'AragoD. Voy. Auponsa, 1*' roi 
de Naples. 

B. l/eê AlfonH du Aêiwriea tt tU Léon, 

ALFOVSB I , snrDommé le Catholique ( #/ 
Catolico ), roi des Aituries et de Léon, né en 693, 
mort en 766, fils de don Pedro, duc de Biscaye, 
descendait des rois yisigoths. Après la conqoête 
de TEspagne par les Arabes, il se réfugia près de 
Pelayo onPélage, roi des Astoriea, dont il épousa la 
fine Heimesindeen713.Faiila,filtdcPélage,étaQt 
mort sans héritiers, Alfoose fut appelé au trône 
des Astories en 739. Profitant des diyisions des 
Maures, il ne cessa pendant dix-huit années de 
Irar faire la guerre , et les chassa entièrement de 
la Galice, de Léon et de Castille. Il étendit le 
royaume fondé par PeUyo, son beau-père , de- 
puis TEo (Rio Miraoda) jusqu'aux frontières de 
la Biscaye. Mais il ne fut pas seulement un con- 
quérant : il fonda des colonies , rétablit des 
TîDes, construisit des églises , dota des monas- 
tères , et mérita le surnom que lui donnèrent 
SCS f^ojets. n mourut à Caogas, âgé de soixanto* 
quatre ans, dans la dix-nenyième année de son 
règne, laissant deuJL fils , FroOa oui lui succéda, 
et Vinuran , et une fille, Adosinae; plus un fils 
naturel nommé Manregit* 

Miiiaaa . UUt. çem. hii. de Espafia, Mb. VII. cap. 4. 

— Florex. Eip9lkm taçrada^ t. XIII, p. 4SI. —Sandoral, 
//M. rf« loe emeo Obiipoê, p. ts. — Morales , CnnUca 
TTMfl de Etpaha^K, |V, p. tl. 

ALTOXBB II, surnommé le Chaste (el Casto)y 
roi des Aslmies, mort en 843, fils de Fronar** , 
assassiné en 768, ne succéda pas directement 
à son père, et ne fut proclamé roi que le 14 sep- 
tembre 791, après le règne de Tosurpateur 
Auretto el de son fils Bermudo. En 802 , une 
oonsfnratioQ des grands le précipita do trône et 
le renToyg dana un monastère. Mais il n'y reita 
pas looglemps ; ao bout de quelques mois, il on 
fut tiré ptr quelques vassaux fidèles , à la iâte 
desquels se troii?ait Tbeudia. Alfonse remporta 
plusieurs arantages sur les émirs arabes, qui 
ctmtÎDiiaieot leurs incursions dans la Galice et 
les Aslnriet. 

L'état diancelant du royaume et Tesprit de 
tnrbnleofle de la noblesse exigeaient des lois 
i''niies,«t réCabUssemeat d'institutions durables. 
Le roi mit donc tons ses soins à faire revivre la 
vieille coMtîtvtiog naticuale. Les grands du pn- 



Àsturies, Léon) 



39 



lais Amnt rétablis; et, voulant remédier aux 
aombriiix iaeonvénients d'une cour errante, 
Alfoose lui donna pour siégis la cité d'Oviédo , 
dont il fit sa résidence. A oôié des palais s'élevè- 
rent des maisons de plaisance, des t)&timents et 
des bains publiée, d'une architecture remarqua- 
ble. Mais U piété du prince s'occupa surtout 
d'embeittr la capitale de nouvelles églises, n 
choisit pour métropole l'église déjà dédiée par 
Fruela au divin Rédonpteur, avec ses douxe au- 
tels en rbonaeiir des douie apôtres. Trente ans 
soffirat à peine pour oette maÎ0iifiqne construc- 
tion. An nord de la métropole s'éleva l'église de 
la sainte Yierga, aveo deux autels consacrés à 
aaint ÉHeane at à saint Julien ; on construisit à 
Tooest une ohapette deattnée à recevoir les res- 
tes des prioeea des Astories. Kous ne devons pas 
oublier l'admirable église de Saini-Tyrsus et 
celle de Saint-Julien , aux autels de marbre , 
située à trois lieues environ du palais royal 
d'Oviédo. Sous le règne de ce prince, on décou- 
vrit à OomposleUe, près de Taneienne Iria Flavia, 
en 808 selon les uns , en 816 suivant les autres, 
un corps que les EsJMignols ont prétendu , jus- 
qu'à nos Jours, être celui de saint Jacques le 
liseur. Alfonse fit construire, en son lionneur, 
une église où le corps fut d(^posé. Cette église 
n'était d'abord que de briques ; mais dans la suite 
elle devint un temple magnifique, où la dévotion 
attirait des pèlerins de toutes les parties de la chré- 
tienté. On voit même, i>ar lepoëau^desitc^es des 
Apôtres, de Walafri^le Strabon , que cette d^o- 
tion avait commencé dès Tan 840 au plus tard. 
AUbnse, accablé d'années et d'infirmités^en 833 
assembla les grands du royaume, et leur fit 
accepter son abdication. U vécut sept années 
encore , confondu parmi les sujets les plus sou- 
mis de don Jtaraire, son cousin, prince de Galice, 
qu'il avait lui-même couronné, et mourut après 
un règne de ciiiquante-<leux ans. Alfonse fut 
l'ami et l'allié de Charlemagnc, et s'en montra 
digne. Quelques historiens ont attribué au refus 
qu'il fit du fameux tribut des cent jeunes filles le 
surnom de Chante, que l'histoire lui a conservé ; 
mais ce tribut est une fable absurde, et il jus- 
tifia bieo mieux sa chasteté en vivant dans une 
continence absolue avec la reine sa femme, pour 
accomplir un voeu dont la singularité caractérise 
le siècle où U vécut. H mourut sans enfants. 

lAicaa TiideiDtla, ChronUmi mtmdi, apod Scliottuns, 
iJifpan, illuilrata, vol. iv. ~ Uarlana. HiiU gen. de 
Espafia, llb. Vf. cap. 9. — Aloiuo cl Sablo. CronUia 
genrral de Etpulia, pari. III. cni». 10. — Rod^rfcnii To- 
leuniia , Kerum in HUpanlu çestarum Chronicon , 
Ub. IV. 

ALPOHSR III , surnommé le Grand (elMa- 
gno) , roi des Asturies et de Léon , né en 848, 
mort le 20 décembre 91 2. Il succéda à Ordono 1", 
son |)ère , en 806. A pdne sur le trône, FraHa , 
comte de Galice, et fiis de l'usurpateur Bermudo, 
lui disputa la couronne, et l'obligea même de 
chercher un asile à Alava, chex les Cantabres. 
Mais la conduite tyrannique de l'usnapateur fit 



ALfOI9SE (JtshtHei, Létm) 



lénrflar les baMute dt>Tiédo» qà rasMaanè- 
MBt» HnçiptiènMààXkmm, H apirita prompte- 
nent um DOUTe&e rérolte fomenlée par les 
ooBiftes Eykn el Zénoo; et dès qQl Tit 800 poo- 
^^ coMolîdé , a ao^ea à l'étaidro anx dépens 
âM malKnétaDS. Sm expéditions de 870à90l, 
eatrepriaes contre les rans o lm a ns, ftirent presque 
coMstanment couronnées de succès. Par les 
toJfiHtrnrri qnll vnH sa se wénayr aTec 
Un-Lob (VAbemhpe des cbroniqnes) dans lin- 
tirieur même de Oordoae, il élndit ses con- 
fMêtes jttS4|a*à U GastiDe. En 901, fl détruisit 
près de Zamore une armée nombreuse, comman- 
dée par le tenatique Àbmed-Ibii-Oméyat , qui 
s*élait prodamé Mabdi. Pendant un règne de 
quarante ans , il recula les bornes de ses États 
beaucoon pbu loin que ne raTatt bit aucun de 
•es prmoesseurs. n mérita le surnom de 
Grand, autant par Tédat et la grandeur de ses 
victoires que par la sagesse de son gouremement 
Ses armes victorieuses et son alliance étendi- 
imt sa domination d'un cdié Jusqu*aux Pyré- 
nées, et de rentre vers le sud; il planta ses 
drapeaux victorieux au delà du Duéro, passa 
même leTage et la Guadiana, et pénétra jusqu'à 
Mérida.Il ne putyil est vrai, conserver la possession 
de ces provinces ; mais fdusieurs villes fortes du 
Portugal d'atgourdliui, dont il 8*était emparé, 
telles que Ck>imbre , Lamégo , Viseu, Coria et 
Salamanqjie, furent pour lui des conquêtes de 
la plus haute importance. Son traité de paix en 
883 avec Mohanuned lui assura la complète 
possession de ses nouvelles conquêtes ; et, déM)r- 
mais spectateur paisible des profondes divisions 
etdes sanglantes guerresciviles des maboroétans, 
il put appliquer tous ses soins à l'amélioratioa 
intérieure de ses États. 

Alfonse fit abattre l'église de bois qui avait été 
élevée sur le tombeau de saint Jacques de Ck>m- 
postelle, pour en faire construire une en pierre. Il 
fonda un grand nombre de couvents et d'églises, 
qu'il dota lui-même richement; il éleva des 
évêchésdans plusieurs villes conquises. Didacus 
(Diego), comte de Castille , (ai chargé du soin 
de peupler la ville de Burgos et de la fortifier, 
pour arrêter les incursions que les Sarrasins 
pourraient faire de ce côté. Le comte s'acquitta 
parfaitement de sa mission. Burgos devint dès 
lors, pour les chrétiens, un de leurs boulevards 
les plus considérables de ce c6té. On s'occupa 
ensuite du soin de rebâtir plusieurs villes situées 
sur le Duero, telles que Zamora, Toro et Si- 
mencas; puis on construisit près d'Oviédo un 
cbèteau fort, nommé Gauzo, destiné à conserver 
les trésors royaux, en cas de surprise ou d'inva- 
sion du côté de la mer de la part des mahomé- 
tans ou des Normands. C'est là qu'Alfonse fit 
placer la croix magnifique qu'il avait fait faire 
dès la douzième année de son règne. Cette croix 
portait une inscription ( Risco, ]UCXV1I, p. 220, 
la rapporte tout entière); on y lisait ces 
mots : £t operatum est in casttllQ Gauio, 



24 

amU reffui notiri XJi , et a Christo nato 
DCCCCXVI^ qui prouvent que le château de 
Gauio existait déjà en 778. 

L'esprit guerrier des chrétiens d'Espagne se 
révéla bientôt par des révoltes et des luttes 
intestines, lorsqu'ils n'eurent plus d'ennemis 
extérieurs à combattre. Les premiers désordres 
édatèrent dans la Galice ; des impôts excessifs , 
des dîmes imposées au peuple en faveur du 
clergé , paraissent eu avoir été la cause. Ano es- 
saya le premier (885) à soulever les provinces , 
mais sans succès : lui et ses partisans furent 
bientôt soumis, et leurs biens confisqués et don- 
nés à l'église de Compostelle. Herménégild, 
qui vint ensuite, éprouva un sort plus i\meste. 
On ne se contenta pas de confisquer tous ses 
biens au profit de la même église : il subit une 
mort cruàle avec la plupart de ses complices. 
Cette sévérité imprima une crainte salutaire 
aux esprits turbulents, et procura quelque tran- 
quillité à l'empire. Mais les impôts sur la pro- 
priété foncière devenant de jour en jour plus 
écrasants, par suite des privfléges accordés aux 
égUseset aux couvents, une nouvelle insurrec- 
tion, dont Witiza était le chef, éclata bientôt 
(894) , avec des caractères plus alarmants que 
les précédentes. Toutefois, Herménégild , comte 
de Guy et de Porto , envoyé par le roi à la tête 
d'une puissante armée contre les rebelles , les 
tailla en pièces dès la première rencontre. 
Witiza fût pris et mis à mort, et ses biens don- 
nés aux vainqueurs. Un sort pareil fut réservé 
aux rebelles sarrasins qui, quelques années après, 
s'étaient révoltés en Galice. 

La tendance du clergé espagnol à se ressaisir 
de l'influence qu'il avait exercée sous les rois 
wisigoths, dans les concfles et dans les diètes 
du royaume , se manifeste de plus en plus. Ce- 
pendant, comme les sièges métropolitains se 
trouvaient tous alors entre les mains des enne- 
mis, à l'exception de celui de Braga, et que cette 
viDe, par sa situation sur la frontière, n'offrait 
que peu de garantie et de sûreté à un archevê- 
que, le clergé s'était vu contraint de renoncer è 
l'appel d'un oondle, faute d'un archevêque pour 
le présider. Le roi, la reine (Ximène), leurs 
fils, tous les évoques du pays, et les comtes 
chtfgés du gouvernement des provinces et des 
villes, assistèrent à la cérémonie de la dédicace 
de Saint-Jacques. 

Onze mois après la consécration de l'église 
de Saint-Jacques, on convoqua un concile è 
Oviédo; le roi, les évoques et les comtes déjà 
nommés s'y rendirent; Herménégild y fut nommé 
métropolitain , et c'est en cette qualité qu'il eut 
la préséance dans cette assemblée. Après qu'on 
eut pris des résolutions concernant la discipline 
de l'Église, la nécessité de propager la religion 
et la tenue des synodes , qui devaient avoir lieu 
annuellement , on s'occupa de l'urganisation de 
l'archevêché d'Oviédo , auquel on affecta des re- 
venu* immenses, et qui porta depuis le no» 



96 

âe vUle des évéques. Le eondle se tint en 907. 

Nous n'insistefons pas id sur la gnerre d*Al- 
fonse m contre les Sarrasins, snr la bataille de 
Zamora ( 901 ), et snr son expédition contre 
Tolède (904). Kons nons bornerons à mentionner 
qa*à son retour dans ses États OD déconrrit qnel- 
qoes traces d*nne nontdie coi^nration, dans la- 
quelle se tromraient fanpUqoés ses pins prodiet 
parents. 

A la noordle de cet attentat, le roi se rendit 
en tonte hAte k Zamora, où se troorait alors son 
fils aîné Gardas, chef ^e la ooi^oration ; il le 
fit saisir, et conduire chargé de fers à la for- 
teresse de Ganxo, près d'Oriédo. 

Cette sérérité, qui présageait anx conjnrés le 
sort qui les attendait, loin de les abattre, ne fit 
qu'enflammer leur audace , et les détermina à 
essayer leurs forces avant qu'on Tint les en- 
traTcr. A la tete des insurgés étaK la reine 
(Araélina on Ximénès), femme dévorée d'am- 
bition, et Mdno , comte de Burgos , beau-père 
de Gardas. A force dlntrigoes, de démarches et 
d'actifité, ils étaient parrenus k ranger sous les 
drapeaux de ta rérolte les antres fils du roi, 
Ordèoo, Frofia et Gondisalms , ainsi que ta 
plus grande partie du peuple : maître d^ depuis 
longtemps de phisienrs pointe fortifiés, le parti 
des insû^ ayait pu propager ta révolte dans 
loal le rojanme. Alfonse , k qui sans doute son 
armée était restée fidèle, eût pu, malgré la su- 
périorité numérique de ses ennemis , défendre 
encore longtemps sa couronne en occupant les 
meîDeures forteresses de ses Étate ; mais il ahna 
mieux céder anx exigences de ses fils rebelles, 
et épa r gne r ainsi ta sang de ses svûeto. Ce fut as 
diâtean de Boides, d^ les Asturies , qu'A se 
déponilta (910) de ta royauté en foyeur de son 
fitaalné Gardas; fl confia au second, Ordono, In 
régence de ta Gnlice, et an troisième, FroOa, le 
gouremanent des Asturies, en subordonnant 
tontefota leur puissance k l'autorite royale de 
lenr aîné. 

Alfonse m ferme ta liste des rota des Asturies ; 
après hil les princes chrétient, maîtres du pays 
an nord du Duéro, prirent ta titre de rois de 
Léon. Gardas changea ta résidence royale d'O- 
viédo , ta transféra phis an centre de ses États, 
k Léon. Cest k peu près à cette époque que ta 
Il aTure s'érigea en royaume , que Barcelone dé- 
tint nn comte héréditaire, et que les comtes de 
CastiBe commencèrent k lutter pour conquérir 
lenr indépendance. 

On attribua à Alfonse le Grand une chronique 
latine, traitant de l*htatoire de l'Espagne depuis 
rhtrasion des Maures jusqu'à ta mort d'Or- 
dono I*', en 856; Sébastien, éréque de Sala- 
manque, l'a réunta k sa propre Chronique. Elle 
ftit d'abord miprimée en ibU, in-fd., par I>rud. 
SandoYaly dans ses Cronicas de Un cinco OHs- 
poêf pnta par Ftorez dans son Bspana sagrada, 

rotetaBos» Bmvm inOîiptmlaçutâmmCkrùni' 
t.lT.«-Mvlm,A«ftf«ii.tf0«9flaa» ttb.vn. 



ALFONSE {Asturies, Léon) 



M 



«ap. 17-lt. — U—âta, BUt, eritUm de SipaHa, XU, 
14S-18*. — Paqoit et Dochex, Hist. de VEspagm, 1 1. 

C. A^fonte de iÀon. 

ALFOHiB IT, surnommé le Moine (ei 
M<mge)f rd de Léon, mort an mota de mai 932, 
fita d'Ordofio H; fl succède en 924 à FroOa U, 
son onde. Ce fot un monarque [dus religieux 
qu'amhitieax. Dans ta sixième année de son ré- 
crie, après ta mort de sa femme Urraque Xi- 
mène, fiUe de Sanche I*', roi de Nararre, Al- 
fonse abdiqua ta couronne en foyeur de son 
firère Ramire et à l'exdusion de son fils Oidono. 
n se retira dans le monastere de Sahagun , sur 
ta riyière Cea, où fl fit ses yœux. Mata d^ 
l'année suiTante (931), dégoûté de ta yie monas- 
tique, fl quitta sa ceUule, se mit à ta tète de 
qudques troupes, et essaya de remonter sur ta 
trOne. Il s'ensniyit une guerre ciyile; Ramire 
assiégea Alfonse dans Léon, le força à se rendre, 
et le renyoya dans son clottre ayec trota fils de 
Frofla qui rayaient aidé dans son entreprise. 
Conformément aux Iota des Visigoths, Aflonse 
fut condamné à perdre ta yue. Il sunrécut à son 
supplice deux ans et demi, et mourut dans ta 
monastère Saint-Julien, près de ta dte de Léon, 
où fl ayait éte confiné. 

Lacas TudentU, Chronieon tmmdi, apad SelioUiaB, 
BUp, Ulustrata, 11b. ly. — Alonso el Sabio, Cromica de 
Espalia, part. III. cap. 16. — Cronicon Silmuê, apii4 
Florez, EspaAa Saçrada, Xyil, tôt. — Marlana, Hii- 
toria genaral de Espafka» llb. VIII, cap. I. 

ALFOHSB ▼ , roi de Léon , né eu 994, mort 
le 5 mai 1028, fils de Bermnde, succéda à son 
père en 999. n régna sous la tutdle de ta retee 
Ehrire, sa mère, et de Gomale Métando, comte de 
Galice, dont ti épousa, en 1017, sa fille Elyire. 
n fit ta guerre anx musufanans, et ravagea quel- 
que temps leur territoire. En 1028, fl franchit le 
Duero, vint investir ta vflle de Viseu, en Por- 
tugal. Occupé à taire ta siège de cette place, fl 
reçut un coup de flèche, dont fl mourut; son 
corps (ut enterré à Léon, n laissa de son ma- 
riage un fils, Bermude m, et une fiUe, Sande, 
mariée à Ferdinand , roi de Castille et de Léon. 
Sa femme Elvire mourut le 5 novembre 1052. 

Marlana, Hitt. çen. de Btpana, lib. VUI. — AJonao 
el Sehlo, Croniea de Sipmha, part. III. — Pelafliu Ovte- 
tenila, CAronIcon regum Ltçioneruium, apnd Florec, 
Bspana Saçrada, Ub. VIII, e. 10. — Conde, Ilitt. de la 
Dwiin., 1. 1, p. KMk^Almakkail, Moham, dfnatt.. Il, 19T. 

ALPOHSB Yi, surnommé le Vaillant (el 
Bravo ), roi de Léon, ou Alfonse T', roi de 
Castflle, né en 1030, mort en 1109. Second Ûis 
de Ferdinand V et de dona Sancta, il reçut, en 
1065 , en partage les royaumes de Léon et des 
Asturies. A Sanche ET, l'atné, échut ta Castflle, 
et à Garda , le cadet, ta GaUce et une partie du 
Portugal. Sanche, mécontent de ce partage, en- 
vahit, en loes , d^abord les domaines d'Alfonse, 
et lui livra une bataUle décisive à Planteca , sur 
les bords de ta rivière Pisuerga. Les hostititéa 
furent qudque temps suspendues; mais, en 
1071, les deux ftères se rencontrerait près de 



S7 



ALFONSE (Uon) 



38 



la ri N ière Carrien , derant la place de ValpeUag^ 
ou Tulpecularia. Il s'y engagea un combat san- 
glant, où les Castillans eurent d'abord le des- 
sous; l'arrivée du fiuneux Cid (Rodrigo de 
Civar) ranima le couragiB de Sanche, et fit 
changer la face de la fortune : ce héros pénétra 
dans le camp des troupes do roi de Léon, et en 
fit un grand carnage* Aifonse se réfugia dans 
l'église de Carrion , d*où il fut conduit par son 
frèro k Burgos. Grâce k l'interrention de sa saaar 
dona Urraca, Aifonse obtint la permission de 
se retirer au couvent de Sabagun, où il prit 
l'habit religieux. Il s'en échappa quelque temps 
après , et Tint se réfugier k la cour d'Almamoun 
à' Tolède, ancien allié de son père Ferdinand. 
Sanche dépouilla de mtene son antre frère Gar^ 
de , et il songeait aussi k s'emparer de l'héritage 
de ses deux sœurs , Elvire et Urraca. Oelle-ci 
se tint renfermée k SSamora. Sanche allait faire le 
giége de c^te place, lorsqu'il fut assassiné par 
Vellido Delfos, paitAun de la princesse Urraca, 
en 1073. ÀDrès la mort de Sanche, Aifonse fut 
rappelé de Tolède , et réunit sous son sceptre 
tous les États de son père. Il fut aooueilli avec 
des démonstrations de joie par les habitants du 
Léon; mais les Castillans lui témoignèrent d'à-» 
bord de la défiance, et le Cid, à la tète des no- 
bles, lui fit déclarer, par serment, qu'il n'avait 
en auetme fhçon trempé dans le meurtre de son 
firèrc. 

Maître absolu du Léon , de la Gdioe, des A»* 
turies et de la Castille, AUbnse ne songea plus 
qu'à l'agrandissemeot de ses domaines» 

En 1077, Amé, évéque d'OléroQ et légftt do 
samt-siége, vmt en Espagne avec une bulle de 
Grégoire Vn, par laquelle ce pape déclarait aux 
Espagnols qu'anciennement leur royaume était 
tributaire du saint^siége^ que l'hivasion des 6ar^ 
rasins l'avait privé de la jouissance de ses droits ; 
et que des titres conservés dans les archives de 
Rome no permettaient pas de révoquer en doute 
ce qu'il avançait. En conséquence , il les ex- 
hortait « À ne pas exposer leur Ame k une perte 
assurée, en retenant ii^ustement les droits de 
saint Pierre. » Quoique les titres allégués ne fus- 
sent pas produits, quelque temps après Aifonse 
s'empara d'une partie de la Navarre (1081), et 
porta SCS armes contre son ancien hôte le roi 
de Tolède, auquel il enleva plusieurs places; 
puis , ayant fait un appel aux chrétiens , il vint, 
accompagné du Cid, investir la ville de Tolède. 
Ce siège mémorable dura cinq ans ( le 25 mai 
1085 ). n fit époque, en ce que, pour la pre- 
mière fois, on vit venir en Espagne, pour com- 
))attre les mûdèlcs, des seigneurs étrangers, 
tels que le comte de Flandre, Henri de Bour- 
({ogne , et le comte de Toulouse et de Saint- 
Gilles. Aifonse, s'étant enfin rendu maître de 
Tolède, que les musulmans possédaient depuis 
714 , il en fit sa capitale et y fixa sa résidence. Il 
coQserva aux habitants leurs biens et lenrs lois. 
L'archevêque qu'il choisit pour cette ville fut 



Bernard , abbé de Sahagnn et de Saint-Victor de 
Marseille, à qui le pape Urbain II envoya, en 
1088, le pallium, avec le privilège de la primatie 
de Tolède sur toutes les églises d'Espagne. Poussé 
par la reine Constance, cet arclievéquc se saisit, 
à main armée, de la grande mosquée, contre la 
parole que le roi avait donnée de maintenir lc£ 
Maures dans la possession de ce temple ; ce qui 
irrita le monarque au point qu'étant revenu 
prompteroent à Tolède, il menaçait de faire 
brûler le prélat et la reine ; mais les Maures in- 
tercédèrent eux-mâme§, et laissèrent aux chré- 
tiens leur mosquée. En 1086, Aifonse se rendit 
maître de Coria; mais il est ensuite défait par 
Ben-Abad , roi de Séville, à Zélaka , près de Ka- 
d^oa. Ce fut alors qu'il écrivit an roi de France 
Philippe r', et aux principaux seigneurs fran- 
çais, pour en obtenir des secours. A Tarrivée des 
troupes françaises , les rois maures se hâtèrent 
de traiter avec AUbnse , et de se reconnaître ses 
vassaux. En 1090, Aifonse, à l'instigation de 
Tarchevèque Bernard, voulant substituer, en 
Espagne , le rit romain ou gallican au rit to- 
létain ou mosarabique, dans la célébration de 
l'office divin , excita un grand tumulte parmi le 
dergié et le peuple. Lee choses en vinrent au 
point que la querelle devait se terminer par 
un duel. 

Le champkm du rit de Tolède ayant remporté 
la victoire, le roi ordonna une nouvelle épreuve ; 
et les deux offices, le tolétain et le romain, 
ayant été jetés ensemble dans un brasier, le 
premier en sortit intact. Ce nouveau prodige ne 
fit point changer le roi, qui voulait obstinément 
que l'office romain (ti introduit dans set États. 

La chute de Tblède avait fhq>pé de terreur 
les princes musulmans. Us cessèrent leurs dis- 
oussiooi intestines : Alrootamed, roi de Séville, 
Ibn-Hod , roi de Saragoese , et Ibn-Al-Aflas , roi 
de Badiyos, formèrent une ligue contre Ai- 
fonse. Mais leurs efforts combinés échouèrent : 
le roi chrétien battit les princes arabes, pénétra 
sur les territoires, et les rendit tributaires. Dans 
œtte coi^jonetnre, ils appelèrent à leur se- 
cours les Afanoravidcs, qui, sous les ordres de 
Yousouf-ben-Tacheffai , ^-enaient de soumettre 
toute la c6te septentrionale de l'Afrique. You- 
souf passa en 1086 le détroit, et joignit les 
confédérés au moment où Aifonse faisait le 
siège de Saragosse. Abandonnant aussitôt le 
siège de cette ville, il s'avança vers l'Andalou- 
sie, et rencontra Yousoiif à Zalaca, entre Mé- 
rida et Badajoc. Une bataille sanglante s'ensui- 
vit : pendant qu'Alfonae, à la tète de sa cava- 
lerie, enfonçait l'aile droite de l'ennemi, son 
camp tomba au pouvoir de Seyr-lbn-Abou-Bekr; 
trois fois il essaya de regagner son camp, lors- 
qu'il fut tout à coup assailli par les soldats nègres 
de Yousouf, qui remporta une victoire complète : 
les chrétiens s'enfUirent en désordre , et AUbnse, 
gravement blessé dans la mêlée, parvint avec cinq 
I cents de ses noblei à gagner un tertre voisia 



99 



AUONSE (Uon) 



30 



du champ dt bataille; il y fut aiuiilût entouré 
par les AûîçBiDB) et ne dut Ion salut qu'à Tap- 
pro€lie de la nuit ^ en atteigpant, avec un petit 
nombre de les oompagnom» la Ville de Tolède. 
Hamet et in mniulmina ne eurent pas profiter de 
Jeura BTintigae : Youonf Ait rappelé en Afrique» et 
les Arabei d*Eipi^ reprirent leurs guerres ciri* 
leS) pendant qn'Alfofue contraota des alUancei 
areo daa sai^teiirs pidssanti. Le mocéiseur de 
YouBouf, AU» revint en lioa en Elpagne, et 
remporta prèl dlJelès une victoirs signalée 
sur lea troupes d^Alfonse» eommaadées par son 
fils Sancbo, «(ui y périt» Alfonse voulut lui-même 
te mettra à la tète de Ms troupea» lorsqu'à 
mourut. 

Ce rof eut plusieurs femmes : cependant k sa 
mort il ne laiiia paa dliéritler inûlo. Il avait 
d'abord épousé par procuration Ajuda ( Agathe), 
fiUe de Guillaume te Oonquéraut , roi d'Anglt^ 
terre. Mais en se rendant en Espagne, sa fian- 
cée tomba malade et mourut en Franoe, où eile^ 
fit enterrée. Bien que le mariage n'ait paa été 
consommé, elle est citée par quelques hiatorieivs 
comme la première lemme d'Alfonse. Celle qui 
le ftit réelleroeitt s'appelait Agnès; elle était 
fiUe du duc de Oulemie et de Poitiers, Guil- 
Isome TI. Alfonse n'eut pas d'enûnts de son 
mariage avec Agnès. Il épousa ensuite CkMistan- 
da, fiOe du duo de Bourgogne Robert r% d» 
la maison des Capetai et H n'eut d'elle qu'une 
fine (lOSO), dona Urraea, qui dès l'Age de dix 
aoa ftit mariée an comte Raymond de Bourgo^ 
0Wy qui était vcnn in Espagne. CX>ostancia 
était nnecatbolique trèa-iélée, fimatique mèmei 
ce Alt prindpalflment par son influence que le 
pape réussit A abolir la liturgie gothique et l'é- 
critare dite tolédanc, et A mettre l'Église espa- 
gnole d'accord avec l'Église romaine. Après sa 
mort, qni arriva en 1092. Alfonse épouu Bertha, 
qne qnelqoes écrivains disent princesse de Tos> 
cane, mais à qui d'autres donnent le tHre de 
soear dn comte Raymond, époux de l'infante 
Urraea. Dès la troisième année, la mort l'enleva 
an roi sans qu'dle hii eût donné aucun descen- 
dant. Celle qui loi succéda, Elisabeth, fiUe du 
roi Louis de Franoei no lui donna pas de fils 
non plus, mais deux filles, dont l'une, Sancluà, 
ftit mariée an comte Roderigue» et l'autre, El- 
vira, A Rog», roi de Sicile. Peu de temps avant 
•a mort , et probablement peu de temps après 
la batame dUdèa, où périt Tmâuit Sancho, fils 
de sa concubine Z^ida, U se remaria encore une 
fiBia pour avoir un héritier» Oetto cinquième et 
donoière femme fut Béatrix, fiUe du marquis 
dïstCy de Vérone et de Toscane. La manière de 
vivre et les mœurs dea musuhnans, tout oppo- 
sées (pi'dlea fossent A ceUes des chrétiens, ne lais- 
saient paa ({ue d'exercer une certaine influence 
sur lea prinoes espagnols. Plusieurs rois de Léon 
et de Cailflleavaient adoptôi'usaged'avoir, outre 
leiff tanme léglttfane, un nombreux liarem. 
Leva copcnhinea étaient prsaque regardééa 



comme épouses; et A défaut d'héritiers légiti- 
mes, et même quand il en existait, Us pou- 
vaient hériter de certains districts. On cite panai 
les deux plus distinguées des concubines d' Al- 
fonse, Ximena et Nunez, d'une illustre famille 
galicienne , et Zaida , fille de Témir Almu-tamed 
de Séville* La première lui donna deux filles, 
dona Theresa et dona Elvira. Celle-ci épousa le 
comte Raymond de Toulouse , et fit avec lui 
la croisade en terre sainte; l'autre eut pour 
mari Henri de Besançon, parent de la reine 
Constanofa. Pour récompenser les services que 
ce dernier avait rsnrlus A la Castille en com- 
battant contre lea Sarrasins, Alfonse lui donna 
le pays situé entre l'embouchure du Duero et 
du Tage, qu1l avait enlevé aux Sarrasins par 
sa valeur, et fonda aussi un nouveau comté in- 
dépendant, sous le nom de Portugal , pour ce 
prince et ses descendants. Comme nous l'avons 
vu , llnfAnt succomba A la bataille d'Udès avee 
vingt mflle Castillans. Bien que son gonvemeur, le 
comte Gardas de Talera, soit resté fidèle A son 
devoir et l'ait défendu jusqu'A la dernière goutte 
de son sang, il paraît que les grands de Cas- 
tUle n*eurent pas pour lui le mdme dévouement; 
on a même exprimé le soupçon qu'ils l'avaient A 
dessein exposé au danger, ou qu'ils l'avaient vu 
périr avec plaisir, parce que cette mort leur 
épargnait la peine de combattre un Jour l'avé» 
nement d'un prince non liau de mariage légi- 
time. La mort d'un fils chéri acheva d'épuiser 
le vieux roi , d^ A courbé par l'Age, et les fetiguea 
de la guerre lui causèrent une longue maladie. 
Il s'occupa alors de transmettre tous ses Étote 
A sa fille Urraea, veuve du comte Raymond. 
Mais il sentait la néoesiite qu'une main ferme 
tint avec elle les fines du gouvernement, et 
tempérèt la fougue d'une femme emportée. Les 
grands de Castille exprimèrent le désir qu'Ur> 
raca épousAt l'un d'entre eux , le comte Gomei 
de Camporpina : non-seulement Alfonse n'eut 
aucun égard à ce vœu , mais son orgueil s'irrite 
même que des vassaux eussent pu songer A 
former une alliance avec leur reine. L'extension 
de leurs Étete est pour les princes ambitieux le 
comble du bonheur. Non-seulement Alfonse avait 
cette manière de voir, mais il parait même que 
sa pensée favorite éteit de réunir sous un seul 
sceptre tous les États chrétiens de l'Espagne; 
et cette réunion lui tenait tellement A coïur, qull 
désigna pour époux d'tJrraca le roi d'Aragon 
et de Navarre Alfonse 1^, prince vaillant et 
noble chevalier. Cependant, avant de conclure le 
mariage, le roi castillan convoqua les étets de 
son royaume (cortès) à Léon. 

Les dispositions prises dans cette assemblée, 
que le peuple approuva en frappant des armes , 
avaient principalement rapport au règlement de 
la succession. Urraea devait être reine de Léon, 
de Oasinic et d'Asturie ; son fils Alfonse Ray- 
mondez aurait, comme infant, la Galice, sous la 
suiieraineté de la Castille, de même que le 



» 

comte Henri , gendre d'Alfonse , gouTenienit l« 
Portngal comme t8mi1 de la conroone culil- 
Ime. Duu le eu où la reine L'rraca n'aurait 
pas d'inTant de «on union arec le roi d'Angoo , 
toaa les États que gouvernerait Alfonse VI de- 
iD petitais Alfonse-Raymon- 



ALFONSE (.Léon, OuUUe) 






SOD 



fntct 



«on onde Gindo, archevêque de Vienne (pin* 
twd p^e MOI le nom de Calisle n ) , et au 
comte galidoi don Pedro FroUai de Tnn ; 
rinhnt fut mis en potaesaion do rojanme àt 
Galice Moa la tutelle de ce* deu peraonnages , 
et lei grands dn pays durent loi pitier M et 
bonmiage, et jurer de le défoidre dana ton* aea 
droita et de toute* leora foreea , quand même il 
plairait an roi AlTonae, aon ffanA^én, de re- 
prendre ce pays. 

Ce grand roi ee diatingiiait par aa piété , aa 
généroaité, qu'il déployait particuUènnKnt en- 
Ten le dn^, lea pauvres; par sa sageaae, ion 
amour de la justice, et son aflabilité. Quelque 
grande que fOt sa puissance, il n'ouliliait jamais 
que le dernier de ses sujets était son égal par 
la loi de la nature, et qu'il devait aàjDer eo lui 
un frère, comme rordonne la rdigioD chrétienne. 
Pars» talents miUtairea, il était digue demar' 
cher k la télé des laiUaots chevaliers espagnols 
de son tonpe. Sa pins ttriUaute conquête (Ht la 
^eede Tolâde, ville qu'on nommait avec rai- 
ton le oceuT de l'Espagne, et d'où on pouvait 
attaquer avec avantage toutes les parties de la 
Péninsule. Sans les innombrables auxiliaires des 
AlmiHwidcs, dontia puissance était alors! son 
apogée, la domination des Sarrasins aurait été 
(Dtièranait anéamlie en Espagne. Le vainqueur 
de l'Afrique vit ses conquêtes s'arrêter devant 
les Taillants escadrons d' Alfonse. Le roi castillan 
gagna dans treale-neuf batailles le surnom glo- 
rieux de lumière et bouclier de VKipagne. 
Plus puissant que les autres rois, il prit aussi 
le titre d'eropcenr dans ses lettres et dans ses 
actes. 

a* Bit 

lUldBii, UM. CI 

Cnmieu de lai Beta dt CaitUla r <(• Ltm; Pimpglunt. 

UM. In-foL — FiiiaU el DoehBi, UUtairt ie tEtfa- 

(M, Ll. 

ALFOHBB VII , roi de Léon, ou AUbnse n de 
Castitle (1), plus connu sous le nom i'Alfonse 
Raymond, né en 1105, mort en août Iiï7. il 
était fils d* Raymond, comte de Bourgogne, et de 
dona Urrïca, fille d'Airoose VI, H Tut proclamé 
nu par les états de Galice réunis à Compoalelle ; 
M sa mère Urraque, qui gouvernait la Caslilie , 
l'associa il sa royauté pour s'en foire on appui. 
De* dissentimenta ne lardèrent pas i éclater entre 
la mère et le fila, A vainement les grands es- 
sayèrent de lu réoondlier. Enfin, devenu seul 
maître du royaume en IIIS par U mort d'Ur- 
raqiie, Alfonse s'efforça de guérir le* mani de 

(1) Cl 
iUBBM V. roi d'i 



32 

U guerre civile, et d'am^orer la sitnalioD inlé- 
rleuredn pays par divers règlements sages; puis, 
Toulanl coDcnurir auad è l'œuvre t laquelle les 
princes chrétiens s'étaient dévoués, D Gt la guerre 
an Maure*. H leur enleva l'Aragon. Garcia IV de 
Navana, le* comtes de Barcelone et de Toulouse, 
hd firent hommage. Sel succès âevèreat très- 
haut *a puiasanee; et ayant assemblé le* cortès 
à Léon, il te fit en 1 135 solennellement couronner 
empereur d'Espagne (ffd^oniiuplu«,ye{fTAu- 
gtùhu, totiut BiipanUe imperator). Une der- 
nière expédition qu'il fit contre les Maures d'A- 
frique Alt dpialée par la prise d'AImeric, et par b 
brillante victoire de Jaén en tl57. A son retour, 
il se trouva subitement mal près du village de 
Fremeda, et y mourut, Igé de cinquante et un 
ans , après en avoir régné trente. Ce prince se dis- 
tingua par son re^>ect pour les droits et privi' 
léges de ses sujets. Sa flUe Constance avait 
éponsé le fils du roi de France Louis XH , te 
>«iine. Ce lut le premier exem[de de ces alliances 
'ntreles deux couronnes, si fréquemment re- 
nouvelées depuis. Comme son prédécesseur, Al- 
fonse part^ea ses États entre sesdenx fils, d'après 
une maxime alors généralement suivie : l'alné, 
Sanche.eutles deux Castilles, et le plus jeune, 
Perdinaiid , le Léon et la OaHce. Alfonse fonda en 
1166 l'ordre de Saint-Julioi, depuis devenu cé- 
lèbre sous le nom A'Alamlara. 

On historien , contemporain de ce roi , publia 
Chrmiea Ilde/oAîi imperatorU , que Florer a 
Insérée dans son Esp<ma iograda, vol, XXI, 
p. 310-347. Sandoval publia une chronique es- 
pagnole sur ce même Alfonse, sous le titre : Cro- 
niea del inclglo emperador de Sipana , don 
Alfonso VII, deste nombre, r«y de Ctulilla y 
Léon, etc.j Pampelune, lOOO, in-fol. 

SlDiuo ([ Sililo , frmlBi dt Eipana, part. |v. fuL. m. 
- luatTuitaUt, Chrmicon munit . t^d SchulUma , 



in Uitf. pur. thrBHleim, III 






D. Lis Alfanat dt Caiiillf. 

ALFaii§E 1", roi deCastille. Vog. Auonse n, 
ni de Léon. 

Ai.roBSBii,rddeCastille. Voy. Altohsbvu, 
roi de Léon. 

ALPOHSK III , loi de Castflle, samommé le 
fiable et U Bon, néle 11 novembre i 155, mort 
lefl aoat 1114. Fils de SancbelD, il n'avait pas 
encore trois ans quand D monta sur le trâne, 
en 11^. 

*i.FOi«SKiT(l),sunKimméfefl'o6(eet(<«on, 
roi de Castille, né le 11 novembre 1155 , mort 
dans la nuit du 5 au e aoCit l'an 1214. Il monta 
sur letréne ï l'&ge de trois anB(l 158). Sa longue 
minorité fut troublée par des guerres civiles que 
fomentaient les maisons de Lara et de Castro. En 

(1) On rippell* inul «ironie v[rl gn IX, il on If 
compta p»tml Im roli île Ltgn , pendtnl la aepinUoB 
InDponlre i» U CmUle et dn Uo> , aprti li uoit di 



38 ALFOKSE 

117G, dere&amsjeur, il épousa Éléonore, fille de 
Henri n, roi d'Angleterre, et d*Ê]éonore, duchesse 
d'Aquitaine, qui lui apporta en dot le duché de 
Gascogne. Après ayoir forcé les rois de Léon, d'A- 
ragon et de Nayarre à la paix et à la restitution de 
quelques places, Alfonse tourna ses armes contre 
les infidèles, et les battit en 1177. Mais Tan 1185, 
il fut défait par les Almohades à Sorillo. En 11 89, le 
roi de Léon ayant joint ses troupes aux siennes, il 
passa la Sierra-Morena. Les progrès des Espagnols 
déterminèrent lacoub-Aben-Iousef, roi de Maroc, 
à fîBdre publier en 1 194 le djehad ou guerre sainte 
contre les chrétiens, et à débarquer lui-même avec 
une armée fonnidable. Âlfonse ayant Tainement 
attendu les secours des rois de Léon et de Na- 
varre, ses alliés, perdit, le 18 juillet 1195, une 
grande bataille près d'Alarcos, et y reçut une 
biessurc à la cuisse ; vingt mille hommes d'in- 
fsnterie ei toute la cavalerie de son armée res- 
tèrent sur la place. lousef s'empara ensuite de 
Calatrava, d'Alarcos, et de plusieurs autres 
places. Alfonse Ait un instant abandonné par ses 
aMiés; mais il les ramena vers lui l'an 1199, par 
le mariage de Bérengère, sa fille, avec le roi de 
Léon. A la nouvelle que Sanche, partisan des mu- 
sulmans, roi de Portugal avait passé en Afrique, il 
se jeta dans ses États, et prit plusieurs places, n 
entra, l'année suivante, dans la Navarre, et enleva 
les trois provinces d'Alava , de Biscaye et de Gui- 
puscoa, qui, depuis ce temps, ont été réunies à la 
Castille. Ce prince aimait les lettres ; il en donna 
des preuves. Tan 1208, en fondant, à Palenda, 
une université où il attira, de France et d'Italie, 
plusieurs hommes de réputation. C'est le premier 
établissement de ce genre qui ait été fondé en 
£q>agne. 

Alfonse n'avait pas oublié l'échec qu'il avait reçu 
des Bfaures en 1 195. Bientôt les deux champions 
se trouvèrent en présence l'un de l'autre. Le 
khalife, couvert d'un manteau noir de combat, 
héritage du dief des Almohades Ab-del-Mumen, 
sortit de sa tente. Il tenait d'une main le 
Koran, de l'autre son sabre : il donna le signal 
du combat. Du côté des infidèles les volon- 
taires, du côté des chrétiens les Castillans, s'a- 
vancèrent, et les ailes des deux armées se 
mirent en mouvement : le combat devint bientôt 
gén^^. Le premier chocdes mahométans fut vio- 
lent ; mais fl ne put rompre la ligne des cava- 
liers chrétiens. Ceux-ci, secourus par les cheva- 
liers de Calatrava, parvinrent^ rqrausser ^avan^ 
garde, etplusieurs milliers de Maures trouvèrent 
la oonixHme du martyre qu'Os ambitionnaient, 
en mourant pour leur foi. Mais lorsque les Cas- 
tillans, en poursuivant les volontaires, s'avan- 
eèreat centre le centre de l'armée ennemie, où 
se trouvaient les meilleures troupes de Moham- 
med, Us rencontrèrent la résistance la plus 
acharnée. Bientôt même les chrétiens , naguère 
vainqueurs, durent quitter le champ de bataille 
etimr : les chevaliers de Calatrava furent aussi 
fntratoéi par les fuyards. Lorsque le roi de Cas- 

MOC?. VIOGR. UmVEItS. — T. H. 



{Castille) S4 

tille, de la hauteur où il était placé, vit ce dé- 
sastre, il voulut s'avancer à la tête des troupes 
de Léon et de Tolède, qui formaient la réserve, 
pour faire une dernière tentative désespérée. Ses 
paroles à l'évèque de Tolède , « A prient il est 
temps de mourir glorieusement I » prouvent qu'il 
n'avait guère l'espoir de remportera victoire. Les 
remontrances de l'archevêque et des comtes l'em- 
pêchèrent de s'exposer aux plus grands périls. On 
envoya au secours des ftiyards les troupes les plus 
valeureuses, et les prélats eux-mêmes se jetèrent 
k la tête des combattants au milieu du carnage, 
où se trouvaient les étendards de la sainte Vierge, 
l'image du Sauveur, et enflammèrent par leur 
exemple le courage des soldats de la foi. L'ar- 
rivée des troupes fraîches permit aux chevaliers 
des ordres et aux montagnards de se rallier ; et 
avec ceux qui étaient venus k leur aide ils s'a- 
vancèrent de nouveau, renversant tout ce qu'ils 
rencontraient , et marchant vers le centre, où se 
trouvait Mohsunmed avec sa garde. En se jetant 
sur le demi-cerde formé par des chaînes de 
fer, derrière lequel se tenait un mur hérissé 
de lances, ils battirent et rompirent les deux 
ailes des Sarrasins. Les Andalous, qui ne combat- 
taient que par crainte des Almohades , prirent la 
fuite dès le commencement de la bataille. Cette 
faite occasionna du désordre dans les rangs des 
Maures. Les troupes régulières des Almohades 
dans le cercle faisaient seules résistance, et pa- 
raissaient vouloir encore disputer la victoire aux 
chrétiens. Les intrépides Almohades , défendus 
par la fortification, repoussèrent toutes les at- 
taques avec une bravoure et des efforts inouïs. 
Mais les chevaliers chrétiens cherchèrent à briser 
cette chaîne, qui pouvait rendre douteuse l'issue 
de la bataille. Alvaro Nuîiez de Lara, à la tête 
des chevaliers castillans, tenant en main l'éten- 
dard royal, se jeta, malgré les lances des enne- 
mis, dans l'intérieur de cette espèce de forteresse, 
et presque en même temps les rois Pierre et 
Sancho rompirent la chaîne. Dès ce moment la 
ruine des infidèles fut décidée, et la victoire as- 
surée aux chrétiens. Le carnage fut terrible. 
Mohammed , qui avait tout mis en usage pour 
enflammer le courage de sa garde , ne voulut 
pas d'abord survivre au malheur des siens 
et à la mort de son fils aîné, qui avait été tué 
en combattant en héros. Mohammed était encore 
assis sur son bouclier, quand les vainqueurs 
se dirigèrent sur sa tente. Lorsqu'on lui an- 
nonça la fuite totale de ses troupes, en le con- 
jurant de ne pas rester davantage, le khalife 
répondit : « Dieu seul est vrai ! le diable est per- 
fide, y» n monta ensuite à cheval, et se hâta, 
avec quelques fidèles, de quitter le champ de 
bataUle. n prit le chemin de Bacca, et se retira 
sans tarder k Séville. 

Cette victoire éclatante des chrétiens, qui 
porta le coup de grâce à la domination des Afri- 
cains en Espagne, est nommée par les Espagnols 
bataille de JSavas de Tolosa ou d'Uàeda. Les 



u 



ALFONSE 



mahométans la nomment tiaf aille d^Alcalab, et 
eomptent co jour ( le 15 safer de Thégire 609 ou 
10 Juillet 1 2 1 2) au nombredes plus désastreux de 
leur histoire. Si Ton compare les relations des 
chrétiens avec celles des Arabes , on les trouvera 
d'accord sur la perte énorme des Sarrasins. 
Contre leur coutume, les mahométans évaluent 
lenrs pertes plus haut que celles de leurs enne- 
mis. Gomme fl avait été expressément défendu, 
80U8 peine de mort, de faire des prisonniers, 
on massacra plus de Sarrasins dans la poursuite 
que pendant la bataille. Les Espagnols les pour- 
suivirent pendant quatre heures, et taillèrent 
en pièces tout ce quils rencontrèrent. Les Ara- 
bes rapportent que d'une armée de six cent mille 
hommes, cent mille seulement se sauvèrent; 
perte probablement exagérée. En mémoire de 
cette brillante victoire, on célébrait chaque an- 
née, le 16 juillet, à Tolède et dans le royaume 
de Castme, une grande fête anniversaire, qu'on 
appelait le Triomphe de la Croix. Des présents 
précieux furent envoyés aux successeurs de 
saint Pierre , une tente de soie , une clef d'or et 
l'étendard des Sarrasins, qui ftit placé dans l'é- 
glise Saint-Pierre, en commémoration de cette 
journée. 

Les chrétiens tirèrent peu parti de leur vic- 
toire; et le roi de CastiDe s'étant mis en route 
pour s'aboucher avec le roi de Léon, il tomba 
malade an village de Gatière-Maynos, où O mou- 
rut. Son corps (ut transporté au monastère de 
las Huelg^s de Burgos, qu'il avait fait bâtir. La 
valeur de ce prince, son amour pour ses sujets, 
la protection qu'il accorda aux gens de lettres , 
bi ont mérité un rang distingué parmi les rois 
d'Espagne. H laissa de la reine Éléonore , morte 
le 21 octobre 1214, l'infut don Henri, et trois 
princesses : dona Bérengère, qui avait épousé 
Alfonse IX, roi de Léon; Blanche, mariée, l'an 
1208, à Alfonse n, roi de Portugal ; et Éléonore, 
qui épousa, l'an 1220, Jayme 1^, roi d'Aragon. 

Rodriciif Toletanus , Rerum in Ilisp. çest. chroni' 
corn, llb. XI, cap. S6. — Hariana, Hitt. çen. de £«« 
pana, 1U>* XI i cap. Si. — Conde , Histoire de la dO' 
mînalion des Sarratint en Eipagne, t. U, p. 418.- 

ALFOHSE IX, roi de Léon, mort en 1230. Il 
gQOoéda à son pèro Ferdinand n en 1188 , et 
ftit armé chevalier à Carrion par Alfonse m 
(ou Vm ) de Castille. Mais d^à, l'année suivante, 
la bonne harmonie entre les deux rois fut trou- 
blée au sujet de quelques places de l'Estremadure, 
surlesquelles ils prétendaientavoir des droits ; ils 
en seraient venus aux mains, si l'Espagne chré- 
tienne n'avait pas été menacée par les prépara- 
tifs d'Abou-Yousouf, quatrième sultan d'Afrique 
et d'Espagne, de la dynastie des Almohades. A 
l'approche des troupes musulmanes, les princes 
chrétiens conclurent une alliance ; mais Alfonsede 
Castille, après avoir attendu vainement le secours 
du roi de Léon, et soutenu seul le choc de l'en- 
nemi, essuya, en 1 195, une défaite comi^ete près 
de la ville d'Alarcos. Alfonse de Castille en fut ' 



{Cas(ille) 36 

si irrité contre le roi de Léon, qu'il le traita de 
lâche et en ravagea les domaines. Il s'ensuivit une 
guerre, qui n'amena d'abord aucun résultat dé- 
cisif. Alfonsede Léon prit alors à sa solde qud- 
ques bandes musulmanes, et vint, à son tour, 
ravager le district de Tiene de Campos. Pour 
venger l'affront , le roi de Castille, assisté de son 
allié Pierre n d'Aragon, envahit le Léon, et 
réduisit les viDes de Bolanos, Castroverde , Va- 
lence et Corpio. EnAn, en 1 199, les deux rois al- 
laient se livrer une guenre d'extermination, 
lorsque, au moment d'engager le combat, ils 
(brent siéparés par les prélats du Léon et de la 
Castille , leur préchant l'union pour la cause 
du christianisme, menacé par les sectateurs de 
Maliomed. Une réconciliation eut lieu ; il fut con- 
venu que le roi de Léon épousevait sa cousine 
Béren^re on Berenguela , fUIe du roi de Castille. 
Mais Hen que ce mariage eût été solennellement 
condu à Valladolid , le pape Innocent III l'an- 
nula pour cause de paronté , et envoya un légat 
avec plein pouvoir pour mettre les royaumes de 
Léon et de Castille en interdit, dans le cas où 
ses injonctions ne seraient pas exécutées. Al- 
fonse, qui entrevoyait dans cette alliance l'union 
des deux couronnes, ne tint aucun compte de 
la bulle du pape; il en résulta que le roi et la 
reine de Léon furent excommuniés, et leur 
royaume mis en interdit. Enfin, en 1204 , les 
deux partis consentirent eux-mêmes au divorce, 
à condition que leurs enfants seraient reconnus 
légitimes par le pape et les états de Léon. Dès 
ce moment la guerre se ralluma, à propos d'une 
forteresse que le roi de Léon réclamait au roi 
de Castille. Cependant la paix fut conclue par 
la médiation du pape. Mais Alfonse de Léon , 
profitant d'une guerre de son ennemi avec Mo- 
hammed-Ibn-Iacoub, cinquième sultan des Al- 
mohades, s'empara de la forteresse en litige. 

Après la mort d'Alfonse de Castille, sa fille 
Bérengère, femme répudiée d'Alfonse de Léon^ 
prit la régence sous le nom de son frère Enrique 
( Henri ) I, Agé de onze ans. Ce jeune prince 
ayant étéhié, en 1217, par l'accident d'une tuile 
qui lui tomba sur la tête, Bérengère devint de 
droit roine de CastiDe. Malgré les machinations 
de son anden mari, elle réussit à faire pro- 
clamer roi son fils Ferdinand, qu'elle avait 
nourri elle-même et qu'elle aimait tendrement. 
Alibnse de Léon fit quelques expéditions heureu- 
ses contre les musulmans : il prit, en 1228, la for- 
teresse de Lazeres , Mérida , Elvas , Barlajoz et 
quelques autres villes de l'Estrcmadure , après 
avoir battu Mohammed-Ibn-Houd près de Mé- 
rida. 11 mourut en 1230 , pendant im pèJorinage 
à SaintJacqucs de Compostelle : il fut suWtemt'nt 
atteint , près du bourg de Yillanueva de Sarria , 
d'une dyssenterie violente à laquelle il suc- 
comba, après un règne de quarante-deux aiis. 

Son fils Ferdinand réonit sur sa tétc les cou- 
ronnes de Castille et de Léon. 

Lacas Tudensis , Chroniea mundi. — Rodricas Toic- 



S7 



ALFONSE 



Canas , Rentui i» UUpania çeUarum chronicon, éàlL 
GranaUr, 1545, In-foL — Alooso el Sablo , Cronica dé 
EspaAa, purt. IV. -~ Lopez de Cortegaua, Cronica det 
utnto rey don fernando Tercêro. 

ALPOXSB X (1), surnommé le Sage, c*e8t-à- 
dîre le Savant ( el Sabio ), roi de Castille et de 
LéoD, ué en 1226 , mort le 4 aTril 1284. FiJs aîné 
de Ferdinand TII , fl monta en 1252 sur le trône 
sons les plus heureux auspices, et cependant 
peu de r^es furent signalés par autant dln- 
fortnnes. Un de ses premiers actes fut de répu- 
dier sa femme, dona Violante d*Aragon , pour 
cause de stérilité , en même temps qu*i] lit d^ 
mander au roi de Danemark une de ses filles en 
mariage. Celui-ci lui envoya sa fille Christine, 
qui traversa l'Allemagne et la France, et ar- 
rira à Valladolid au moment de la réconciliation 
du roi Alfonse avec sa femme, qui venait d'accou- 
cher d*une fille. La princesse danoise, ainsi dé- 
sappointée, mourut quelques mois après. On a 
sappoeé que cette circonstance occasionna le 
▼oyage d'Edouard , fils de Henri m, roi d^Angle- 
terre, à la cour d'Espagne; mais il est plus pro- 
bable qu'A avait pour obget d'apaiser Alfonse , 
qui réclamait la Gascogne, alors en possession de 
Henri m, comme le douaire de la femme d'AI- 
'oose IX de Léon. Le prince anglais fut très- 
bien accoeiili par Alfonse, qui Tarma chevalier, 
et lui donna la main de sa fille Éléonoro ( fin 
d'octobre 1254). 

Alfonse eut des troubles à réprimer dans les 
Algarves. Il fit appel k ses vassaux , et entre 
autres à l'émir de Grenade. Xérès, Aroos, Si- 
donia, etc., furent snocessivement réduits à l'o- 
béissance, principalement par la vakur de don 
Henri, trère d'Alfonse. Une rivalité d'amour dé- 
sunit bientôt les deux frères. Henri excita le 
wali de NieUa à la révolte, s'empara d'Arcos et 
de Lebrija; mais U fut bathi par un général cas- 
tillan, et obligé de s'enfuir en Afrique, on il resta 
phisieiirs années à Tunis. Son départ laissa le 
wali de MieUa exposé à toute la fureur d'Alfonse. 
MeUa et tontes les viOes révoltées durent se ren- 
dre à discrétion. Cependant les Almohades firent 
on dernier effort pour reprendre leurs anciens 
d(Nnaines. Ea 1261, le màne jour et à la même 
heure, les musulmans, établis à Murcie, Lorcas, 
Muia, Xérès, Lebrige, ArcoB, massacrèrent les 
clut^tiens, et proclamèrent Muhamed-ben-Alah- 
mar. Alfonse toutefois rassembla promptenient 
des troupes pour étonfier la nouvelle rébellion , 
^, comme à l'ordinaire, fl demanda à l'émir de 
Grenade le contingent stipulé. L'émir répondit 
que, kHn de le laisser marcher contre ses core- 
Sgionnaires, son peuple lui permettrait à peine 
4e rester neutre dans la lutte qui s'annonçait. 
Le Castillan, qui pénétrait la conduite de son vas- 
sal, ordonna à ses généraux de traiter les habi- 
tants de Grenade comme des ennemis. £n môme 
temps Abeo-Alahmar Ini-mérae jetait le masque, 



'l«C'«t rAlfonne IX de qucUiucs historiens, ou plutôt 
ilfoBse lY. 



{Castille) tg 

et faisait une irruption sur le territoire de Cas- 
tille. Quelque bien comlnné que fût le plan des 
mahométans, il n'était pas vraisemblable qu'ils 
l'emportassent sur leurs puissants voisins. En 
1282, le roi de Castille et l'émir de Grenade se 
rencontrèrent près d'Alcala-Réal , où le dernier 
essuya une déhite signalée. En même tempe 
une puissante diversion fut Ciite du côté de 
Murde parle roi d'Aragon, qui voulut reprendre 
cette province pour le mari de sa fille. Et , 
après la victoire sur Muhammed , l'armée d'Al- 
fonse courut chAtier les insurgés des Algarves. 
Dans tous ces lieux , le succès accompagna les 
armes chrétiennes. Aben-Alahmar demanda la 
paix, qne le roi chrétien Uii acconla volontiers, 
è des conditions même plus fevoraUes que l'émir 
n*avait droit de s'y attendre. Au lieu de trou- 
pes, il lui fut permis de payer un tribut annuel 
à son seigneur hge, et il ne fut obligé de paraî- 
tre à aucune assemblée des cortès, è moins que 
cette assemblée ne fût tenue dans une ville d'An- 
dalousie. U fut convenu que désormais Murcie 
serait gouvernée par un prince mahométan, 
nommé par le souverain de Castille ; et Alfonse 
devait forcer les 'cxalis, qui s'étaient soustraits à 
leur allégeance envers Muhammed, de revenir à 
lenr devoir; de même, l'émir de Grenade promit 
d'engager les Murdens à se conduire en sujets 
sourais. La douceur de ces conditions, qui furent 
signées par les deux princes en 126C, ne peut 
s'exptiqoer que par la crainte qu'avait le vain- 
queur de voir Muhammed appeler de nouveau les 
Africains en Espagne. Mais cette paix ne pouvait 
avoir de durée. Alfonse trouvait un intérêt si 
évident à fomenter de continuelles rébellions, 
qu'il persuada les vvalis de se révolter, et alla 
jusqu'à demander de Mohammed qu'il h;g re- 
connût comme gouverneurs indépendants. L'in- 
dignation du prince maure fut extrftme, et il réso- 
lut d'user de la plus grande ri^eur contre les au- 
dacieux rebelles. Un accident favorisa son projet. 
Alfonse eut des prétentions sur la Souabe 
par sa mère ; ces prétentions furent d'abord sou- 
tenues par le pape Alexandre lY ; mais comme 
la Souabe avait déjà reconnu Conradin, prince 
de la maison impériale do Fré<léric II, cette in- 
tervention ne fut d'aucun avantage. Cependant 
à la mort de l'empereur Guillaume, comte de 
Hollande, en 1256, et à l'exclusion de Conradin, 
lesâecteurs voulant faire choix d'im prince étran- 
ger, Alfonse crut pouToir aspirer à la dignité im- 
périale, et prodigua ses richesses afin d'aiTiver 
au but où évidemment il ne pouvait jamais at- 
teindre. Élu par un parti , il fut repoussé par 
l'autre, beaucoup plu» puissant, qui avait donné 
ses suffrages à Riclianl, comte de Comouailles, 
et frère de Henri m. De là naquit cette longue 
contestation qui divisa si cruellement l 'Allema- 
gne et ritalie, et causa la perte des sommes 
«immenses qii'Alfonse avait imposées à ses 
royaumes, pour soutenir ses prétentions à 
l'Empire. En vain il fit sucre.>siv«>Tnenl appel à 

1. 



ALFONSE 

quatre papes, Alexandre, Urbain, Clément et 
Grégoire, pour qu'As se déclarassent en sa faveur. 
Ces pontifes, qui probablement se souciaient 
peu de se prononcer dans une cause où les ar- 
mes temporelles devaient seules prévaloir, écou- 
tèrent froidement les réclamations du prince 
castillan. A la mort de son compétiteur , en 
1271, il crut que le plus grand obstacle était 
leré : il espérait que ses travaux et ses intrigues 
de quinze années allaient être récompensés ; mais 
Gr^oire X, comme ses prédécesseurs, se mon- 
tra peu fovorable aux prétentions d'un membre 
d'une famille odieuse à Frédéric Barberousse ; et 
il ordonna aux électeurs d'abandonner A!fonse,et 
déporter les voix sur un autre candidat. En 1273, 
le choix tomba sur Rodolphe , comte de Habs- 
bourg. Il faut que la vanité d'Alfonse ait égalé 
sa faiblesse, puisqu'au lieu d'accepter la décision 
des électeurs et la solennelle sanction de Grégoire, 
il continua de poursuivre le pontife de ses pré- 
tentions mal fondées. Grégoire, poussé à bout 
et perdant à la fin toute patience , cessa de le 
traiter avec les égards accoutumés , et excom- 
munia le peu d'adhérents qui lui restaient en- 
core. 

On ne doit pas s'étonner que ses si]ûetB aient 
c(»nmenoé à murmurer. Les nobles se plaignaient 
aussi qu'en mariant sa fille naturelle, Béatrix 
de Guzman , à Alfonse II de Portugal , Il eût 
cédé à ce prince la souveraineté des Algarves. 
Ces circonstances furent avidement saisies par 
toi barons mécontents , qui, sous le vulgaire 
prétexte du bien public, formèrent un parti dont 
le but apparent était de porier le roi à de plus 
sages mesures , mais qui n'avait en réalité pour 
oliget que des intérêts personnels. Ce parti avait 
pour chef l'infant don Philippe , frère d'Alfonse , 
et don Nuno Gonzalve de Lara. Ils désiraient 
livement mettre dans leurs intérêts les rois de 
Navarre , d'Aragon et de Portugal ; mais cette 
espérance nt se réalisa pas : ils se tournèrent 
avec plus de succès vers Aben-Alahmar, roi de 
Castîlle, qui leur promit de faire sur les fron- 
tières de CastOle une diversion en leur faveur. 
Quelque temps s'écoula ainsi sans déclarer leur 
rébellion , quoique pourtant ils s'assemblassent 
en armes , d'abord à Lara en 1270, puis à Va- 
lencia. Au lieu de marcher sur eux sans perdre 
un moment, afin de les réduire par la force, le 
roi eut la faiblesse de leur oflrir un traité. Il leur 
promettait, s'ils mettaient bas les armes en lui 
fliisant connaître leurs sujets de plainte, qu'il 
s'efforcerait de faire droit à leurs demandes. 
Devant les états assemblés à BUrgos , il invita 
les mécontents à répéter hautement leurs re- 
quêtes. D'étranges demandes furent entendues 
^rs, déraisonnables et insultantes à la royauté. 
Ce qui paraîtra incroyable, c'est de les voir 
toutes accordées, excqpté une seule, l'impôt sur 
les marchandises étrangères, que le roi ne voulut 
jamais sacrifier. Mais la chose la plus extraor- 
dinaire, c'est qu'ayant pour lui le plus grand 



{CastUle) 40 

nombre des membres du con^s , il n'osa pas 
proposer la peine capitale, ou au moins l'exil 
perpétuel des rebelles. 

L'inexplicable facilité avec laquelle ces con- 
cessions furent faites surprit les rebelles eux- 
mêmes « et les réduisit au silence. Ils se retirè- 
rent dans les villages voisins de Burgos , et 
de là demandèrent au roi la permission de re- 
tourner chez eux, c'est-à-dire dans leurs for- 
teresses, d'où ils pourraient préparer quelques 
nouvelles plaintes. £n vain il leur demanda, par 
de fréquents messages, de se réconcilier avec 
lui : ils répliquèrent toujours qu'ils n'écoute- 
raient aucune proposition , et quMls quitteraient 
Tierra-de-Campos. Après quelques délibérations ^ 
ils résolurent d'établir leur demeure dans le 
royaume de Grenade. Cependant il leur restait 
encore assez d'honneur national pour qu'ils exi- 
geassent d'Aben-Alaliroar, qui vint les recevoir 
sons les armes, de ne jamais les faire combattre 
contre leur propre pays. Ils demeurèrent à la cour 
mahométane environ deux années, c'est-à-dire 
de 1272 à 1274, et ne voulurent jamais revenir 
en Castille , quoique priés souvent pai le roi et 
la reine, jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu, non- 
seulementle rétablissement de toutes leurs dic- 
tés passées , mais la concession de tous les points 
les plus importants de leurs demandes. Ils récla- 
mèrent aussi la paix pour leur ami le roi maure. 
Ce fut durant l'absence d'Alfonse en 1275, 
pendant son infructueuse visite au pape Grégoire 
alors en France ( qu'il poursuivait de ses pré- 
tentionsà l'empire), lorsqu'on en était aux mains 
avec les Maures d'Espagne et d'Afrique , que 
mourut l'infant Fernando de la Cerda , fils aîné 
d'Alfonse, et héritier des royaumes unis de 
Léon et de Castille. Cet événement fit naître de 
graves disputes. 

Suivant les lois romaines , les deux fils du 
prince défunt demeuraient toi^urs les plus près 
du trône ; mais les lois des Wisigoths reconnais- 
saient le second (ils comme héritier légitime du 
roi. Alors, pour décider si l'Espagne suivrait ses 
anciennes et propres institutions, ou si elle adop- 
terait celles des autres États, les cortès furent, 
en 1276, convoquées à Ségovie. Cette assemblée 
décida que la parenté immédiate l'emportait sur 
celle de la représentation ; ce qui signifiait ({uc 
le second fils, étant d'un degré plus près du père, 
devaitêtre préféré aux petits-fils, qui n'étaient (|uo 
les représentants du fils aîné , et se trouvnierit 
ainsi éloignés de deux degrés. L'infant don 
Sancho fut donc proclamé successeur au trône à 
l'unanimité. La décision des cortès causa à 
Pliilippe de France, frère de Blanche, veuve de 
Fernando, le plus vif mécontentement; car c« 
prince regardait avec raison l'aîné de ses ne- 
veux comme légitime successeur d'Alfonse. Ce 
prince demanda le douaire de sa sœur, et la 
permission, pour cette princesse et son enfant, 
de passer en France. L'une, et Tautrc demande 
furent refusées par le roi castillan. Blandie, ac- 



41 

eompagnée de la reine , irritée comme elle de 
kur exclusion de la couronne, vint à bout de . 
s^échapper de Burgos arec les Infants , et Ait 
reçue pvr le roi d'Aragon. La guerre fût alors 
déclarée par la France; mais l'explosion en fut 
prévenue par le pape Nicolas m. Dans la suite, 
c*est-à-dire en Tannée 1278 , la reine de Castille 
retooma auprto de son mari ; mais Blanclie resta 
à la cour de son firère. Quant aux deux infants, 
on les retint en Aragpn, bien moins par motif, 
dliumanité et de justice , que dans Tespoir d'en 
inquiéter un jour, s'il était possible, le gouTer- 
nement de Castille. De tous ces événements, Û 
en est un surtout plus triste que tous les autres, 
et eoveloppé d*uue grande obscurité : c'est Tas- 
Kaftgjnat du prince Fédrique, ordonné, dit-on, 
par Alfonse son propre firère. On a essayé de 
Texpliquer par l'implication de l'infant dans la 
fuite de la reine, de Blanche et de ses deux fils. 
Les écrivains nationaux s'efforcent de trouver 
un autre motif à cette détestable action , mais 
ils n'ont pu parvenir à en donner aucune de 
plausible : le prince avait été étranglé dans son 
propre palais de Burgos , par des assassins 
sddés. La mémoire d'Alfonse est restée chargée 
de cette tache. 

Afin de satisfoire les continuelles réclamations 
de la France au sujet des droits des infants de 
la Cerda, il proposa sérieusement, dans l'assem- 
blée des cortès de Séville en 1281 , de détacher 
Mnrde de la couronne en faveur de ces princes. 
Cette proposition indigna si fortement don Sancho, 
qu'a refo8ad*attendrela fin delà séance. Un autre 
acte dn faible monarque ne fut pas moins con- 
damné par le peuple, n falsifia la monnaie du 
royaome, et ordonna néanmoins qu'elle garderait 
la même valeur. Quelques autres exactions aussi 
arbitraire» , quelques actes de persécution envers 
des sujets paisibles , ses emportements croissants 
avec l'âge , son insatiable rapacité , le rendirent 
aussi odieux que méprisable. Les barons et 
les députés mécontents jetèrent les yeux sur 
Sancho , de qui ils espéraient obtenir justice : 
quiconque sait flatter la multitude à propos est 
sûr de réussir; quiconque sympathise avec les 
griefs imaginaires ou réels du peuple, comman- 
dera son attention. Sancho envoya des émissaires 
dans les principales villes de Léon et de Galice, 
pois il partit lui-même pour Valladolid, rendez- 
vous de ses partisans, où l'infant don Miguel, 
frère d'Alfonse , proposa en 1228 de le proclamer 
roi. Sancho refusa le titre de roi, se contentant 
de cdol d'héritier et de régent : le souverain pou- 
voir lui solBsait, peu lui importait sous quel 
nom il l'exerçait. En vain Alfonse espérait-il ga- 
gner le rebelle en lui proposant de satisfidre à 
ses demandes ; en vain en appelait-il aux rois de 
Portugal, de Navarre et d'Aragon. Sancho demeura 
calme : U avait obtenu d'eux une entière neu- 
tralilé, et particulièrement de la part du roi de 
Grenade. Perdant enfin toute espérance de réussir 
if Alfonse s*appUqua sérieusement à 



ALFONSE (CastiUe) 



41 



gagner le roi de Maroc , qui prit une véritable 
part aux douleurs d'un père si grièvement offensé 
par son fils. Alfonse supplia aussi le pape d'ex- 
communier ses sujets révoltés. Le pape d'abord 
se contenta d'écrire aux grands maîtres de San- 
tiago et de Calatrava, les exhortant à rappro- 
cher, à réconcilier les partis. Au milieu de la 
désertion générale, voyant que Badiyoz et Séville 
étaient les seules places importantes demeurées 
fidèles, tandis que le reste du royaume re- 
connaissait Sancho avec empressement, le roi 
réunit en 1283 à Séville le peu d*adhérents qui 
lui restaient encore. Là il ne se contenta pas, 
par un acte solennel, de déshériter son fils ; mais, 
le chargeant d'imprécations, il appela sur la tète 
du rebelle les plus terribles malédictions. Dans 
ce même acte , il institua pour ses héritiers les 
Infants de la Cerda ; et, à défaut de leur posté- 
rité , il désigna le roi de France. Mais com- 
ment celui qui n'avait jamais été obéi pendant 
sa vie pouvait-il espérer de l'être après sa mort? 
Le pape alors intervint plus efficacement ea fa- 
veur d'Alfonse, menaçant de l'excommunication 
les partisans de Sanclio , et mettant en même 
temps le royaume en interdit. Le clergé fut le 
premier à se soumettre au roi , et bioitût son 
exemple fut suivi par un grand nombre de villes 
et de barons. Les troupes du roi africain, fatiguées 
de cette guerre , étaient retournées dans leur 
pays. Cependant les forces d'Alfonse s'augmen- 
taient de jour en jour. Ses autres fils, qui avaient 
embrassé le parti de Sancho , revinrent bientôt 
à lui. Sanclio lui-même, voyant ce changement 
opéré dans les esprits, fit des ouvertures de 
réconciliation ; sur ces entrefaites, Sancho tomba 
subitement malade. Alfonse en montra une vive 
affliction. Le fils se rétablit; mais le père, acca- 
blé de douleur, s'éteignit dans une maladie lente 
à l'âge de cinquante-huit ans. 

Alfonse le Sage, par ses rapports fréquents avec 
les Arabes, avait appris à aimer les sciences. Son 
savoir fut extraordinaire pour un prince de son 
temps. L'Espagne lui doit la vulgarisation de la 
languenationule, unadmirableoodedelois, etle ré- 
tablissement de l'université de Salamanque. L'as- 
tronomie lui est redevable des Tables qui étaient 
universeUement employées jusqu'au commence- 
ment du seizième siècle. Les T[ible$ alfonsines 
(c'est le nom qu'on leur donne) lui ont acquis plus 
de gloire que ses combats. Elles furent probable- 
ment l'ouvrage de plusieurs astronomes arabes de 
Grenade , qui vivaient à la cour d'Alfonse; elles 
datent du 30 mai 1252 , jour de Tavénement du 
roi , et furent imprimées pour la première fois 
à Venise, 1492, in-4°, et souvent réimprimées 
depuis. On montre encore aujourd'hui, dans le 
palais ( alcasar ) de Ségovie , la chambre où le 
roi Alfonse se livrait à des travaux astronomi- 
ques. Le code appelé las siete Parlidas, 
parce qu'il est divisé en sept parties ou sections, 
fut presque entièrement son œuvre. C'est un 
mélange d'ordonnances ou lois, extraites des 



48 



fueros ou chartes locales , xnèlées de quelques 
axiomes monarchiques empruntés au code Jus- 
tinien. Ce code fut.d*abord imprimé à SéyiDe, 
1491, in-fol.; parmi les éditions plus récentes on 
remarque celle de TAcadémie des sciences de 
Madrid (1807, 3 vol. in-4^, ayec des notes et des 
variantes ). 

On attribue encore à Alfonse la célèbre Cro- 
nicade Espana, contenant Thistoire de l*E8pagne 
depuis les temps les plus reculés jusqu'à la mort 
de Ferdinand m. On lit, dans la préface , que 
cette chronique fbt seulement écrite par ordre du 
roi ( que mnndo fazer ) ; mais, à juger par Tu- 
sage fréquent qu*on y Ait des yerbes à la pre- 
mière personne du pluriel, et en raison des ha- 
bitudes littéraires d*AIfonse, on peut admettre 
que ce roi eut une grande part à la rédac- 
tion du livre. C'est une compilation faite avec 
les écrits de saint Isidore, de Sébastien de Sala- 
manquc , dlsidore , évèquc de Beja, de Sampiro 
d^Orviédo, du moine de Silos, et surtout de Ro- 
deric de Tolède; on remarque çà et là des pas- 
sages traduits des chroniques arabes. Cette chro- 
nique fut d'abord publiée par Florian de Ocampo ; 
Zamora, 1542, in-fol. La clironique de Miguel de 
Herrera, intitulée Cronica del muy esclarecido 
principe y rcy don Alonso, Valladolid, 1554, 
in-fol., fût seulement composée par ordre d' Al- 
fonse. Ce roi écrivit aussi ou fit écrire une pa- 
raphrase de Y Histoire sainte, et VHistoire de 
ia conquête de Jérusalem, extraite en partie de 
l'ouvrage de Guillaume de Tyr. 

L'étude favorite du roi Alfonse parait avoir été 
l'alchimie; fl passait pour avoir fait de l'or (1). 
Ce qui est plus certain, c'est qu'il avait altéré 
les monnaies , comme presque tous les rois qui 
s'étaient occupés d'alchimie. Alfonse se distingua 
aussi comme poète : outre le Li^Te du Trésor 
( Libro del Tesoro ) , où il révèle ses secrets 
alchimiques, on a de lui les Cantiguos de Nues- 
ira Senora (2), en dialecte gaficien, et un poème 
en stances dacty tiques de huit vers chaque ( Ver- 
sos de arte tnayor), intitulé Libro de las 
Querellas ( le Livre des Complaintes ), où il se 
plaint amèrement de rin;;ratitudc de son fils 
Sancho. Tout ce qui nous reste de ces poésies 
a été publié par Sanclic^, dans ici'*' volume de 
^ Coleccion de Poesias castellanas anteriores 
al siglo XV; Madrid , 177^1790, 4 vol. in-8*. 
Ses connaissances au-dessus de son siècle , ses 
relations avec les Juifs et les Maures, son indé- 
pendance à l'égard du pape, et la liberté avec 
laquelle il disposait des revenus du clergé, avaient 
attiré au roi Alfonse le reproche d'impiété. En 
somme, on peut dire de lui comme de Jacques 1*% 
roi d'Angleterre, qu'il fût un incroyable mélange 
d'obstination, de faiblesse et de science. On lui 
attribue ce propos, d'une authenticité très-con- 
testable, que, s'il avait été consulté sur la créa- 

(I) Hoefer. ffitioire de la Chimie, t I . p. SS4. 
(tî On cootenre à la blbltoUièque de l'Escurial un ma- 
BMcrit de ces Cantlguoi, avec une notation musicale. 



ALFONSE {Castille) <4 

tion du monde, il aurait proposé quelque chose 
de mieux. 



Mondcjar, Memorias historicas del rcy don Alonso 
él Sabio, y obiervaclones à iu Crànica ; Madrid . ITÎT, 
In-fol. — Joan. Emmanuel, Chrwiieon, apnd Florez, Es- 
pmfia Savrada, ro\. XXIII; Anale» Toledanos, ibld., 
ToL XXJII. — i.oaûcHist. de la Dominât., vol. IU. — 
AUon:ius à Carthageoa, Anacephatteosis, cap. 8. — Ma- 
rtana, IlUt. çen. de Espatka. tib. XIII. 

ALFONSE XI , surnommé le Vengeur, roi de 
Castille, né en 1310, mort le 26 mars 1350. n 
était fils de Ferdinand IV et de Constance de 
Portugal, et âgé seulement de deux ans, lorsqu'il 
succéda à la couronne. Les oncles et frères du 
feu roi se disputèrent longtemps la régence, qui 
fut décernée (1314) aux infants don Pèdre et 
don Juan par le conseil de la reine Marie , aïeule 
du jeune roi. Les deux régents périrent, en 1319, 
dans une bataille contre les Maures, et la Cas- 
tille fut replongée dans les troubles causés par 
la minorité du roi. Alfonse, ayant atteint sa ma- 
jorité, déclara qu'il voulait désormais gouverner 
seul. En 1327, il défit les Maures de Grenade et 
la flotte du roi de Maroc. Mais il perdit (1333) Gi- 
braltar, et fit d'inutiles efforts pour reprendre celte 
place. D'autres succès le dédommagèrent de ce 
revers : secondé par les rois de Portugal et d'Ara- 
gon, il gagne, le 30 octobre 1342, sur les rois de 
Maroc et de Grenade, la célèbre bataUlc de Rio- 
Salado, qui coûta la vie ou la Ubcrté h plus de 
deux cent mille mahométans. Le sol était, dit-on, 
jonché de cadavres; et le butin immense qu'on y 
ramassa fit baisser d'un sixième le prix de l'or. 
Alfonse gagna ensuite d'autres batailles, et forma 
en mai 1344 le fameux siège d'AlgésL*as, où 
les Maures opposèrent pour la première fois des 
projectiles lancés par la poudre à canon , aux 
machines de guerre qu'on employait alors pour 
battre les murailles. La longueur de ce siège, 
qui dura deux ans , y attira beaucoup d'étran- 
gers. Alfonse fut sur le point d'y être assassiné 
deux fois par des musulmans fanatiques ; enfin , 
la place capitula, à condition que les Castillans 
souscriraient une trêve de dix années. 

Le roi de Castille céda, en 1345, les Canaries 
à Louis de la Cerda, qui en fut couronné roi. Ce 
fut vers ce temps qu'Alfonse reçut d'Edouard m, 
roi d'Angleterre, un présent qui, peu considé- 
rable en apparence, devint une des principales 
sources de l'opulence de l'Espagne. C'était un 
petit troupeau des plus beaux moutons d'Angle- 
terre, dont la race, s'étant multipliée jusqu'à 
nos jours, produit ces mérinos si renommés de 
l'Espagne. Alfonse allait reprendre Gibraltar, 
lorsque la peste l'enleva dans le sixième mois 
du siège de cette place. Il avait épousé, en 1328, 
Marie, fille d'Alfonse IV, roi de Portugal, et 
Béatrix, dont Q eut Ferdinand, né l'an 1332, 
mort avant lui, et don Pèdre qui lui succéda. 

Alfonse passe pour l'auteur d'une chronique gé- 
nérale, qui est ou perdue, ou ensevelie dans la 
poussière de quelque bibliothèque. Parmi les livres 
nombreux publia par son ordre, on remarque 



45 



ALFONSE 



les archives de noblesse de Castillc et un ouvrage 
snr la chasse. Ce dernier a été publié par Argotc 
de Molina, sous le titre : lÀbro de Monteria del 
rey don Jl/oiiJo;SévlUe, 1575, in-rol. 

J. Valiez de TlUasan , Crtmiea del muy etclarecido 
prineip0 y rep don Mcm$o el Onteno; Medina del 
Campo, iBli, In-fol. — Mariana, Siit. gen, Espatia, llb. X V 
et XVI. — Zarlta, AnaUa de Aragon, toI. il. iib. Vil. 
— Nlcolao Antonio. MbtMheea hispoMa v^ut, II. — 
Saratento, M^moria» para la Bistoria de la poêsia y 
poetoi ttpalkolMi Madrid, 1787, p. Mf. 

n. La Al/onse d^ Italie, 
dMsés en ceux de Naples et ceux d'Esté, 

À. MfoTue dt Naples. 

ALPOHSB !*■', roi de Naples et dt' Sicfle, le 
même qo'ALroiisE Y d^ Aragon, né en 1385, 
OMHt le 27 juin 1468. Fils de Ferdinand 1'% roi 
d'Aragon, et deLéonored'Albuquerqtte,il monta, 
en 1416 , d'abord sur le trône d'Aragon , sous le 
nom à'AlJonse F. 11 avait hérité, du dief de son 
père, de la couronne de la Sicile et celle de IMle 
de Sardaigne ; mais cette dernière souveraineté 
ne fut que nominale, car il la perdit bientôt par 
des troubles civlb. Une année avant son avène- 
ment au trône d*Aragon, il avait épousé Marie, sa 
cousine germaine, fille de Henri III, roi de CastÙle. 

AUbose commença son règne par un jugement 
de Salomon. Une Jeune esclave avait cité devant 
le tribonal du roi le maître qui était père d'un 
cn&ttt qu'dle avait mis au monde , et qui devait, 
suivant une ancienne loi d'Espagne, la mettre en 
liberté. L'accusé niant le Dût, Alfonse ordonna 
qae Tcnlànt (lit vendu à l'enchère. Les entrailles 
patenidtes s'émurent alors : le maître reconnut 
son filSy et accorda la liberté à la mère, n signala 
ensuite sa générosité à l'occasion d'une conspira- 
tion de nobles, à la tète desquels était Antoine 
de Luna. En déchirant, sans la lire, la liste des 
sdgneors qui avaient conspiré contre lui : « Je 
« les forcerai, dit-fl, à reconnaître que j'ai plus 
« de soin de leur vie qu'ils n'en ont eux-mêmes. » 

En 1420, fi entreprit une expédition qui l'occupa 
longtemps. Quelques historiens ont donné pour 
motif la jalousie de la reine Marie de Castille. 
Afîable, galant, et l'un des plus beaux hommes 
de l'Europe, Alfonse aimait la belle Marguerite de 
Hijar, l'une des dames de la reine, et il eut 
d'eDe un fils nommé Ferdinand. Dans un accès 
de jalousie , la reine fit étranger sa rivale ; et 
Alfonse, ne voulant pas se venger d'une femme, 
quelque sensible qu'il fftt à la perte de sa mal- 
tresse, prit le parti d'aller se distraire de sa 
douleur dans des expéditions lointaines. Quoi 
qu'A en soit, Alfonse aborda avec une armée 
dans 111e de Sardaigne , alors déchirée par pla- 
sienrs factions : une partie des habitants avaient 
donné le pouvoir au vicomte de Narbonne, 
tandis que les Génois occupaient la côte septen- 
trionale de 111e, et que les Aragonais tenaient 
Alghero et CagHari. Alfonse obtint , pour une 
somme de 100,000 florins d'or, la cession totale 
de la province d'Arborea do la part du vicomte 



{J>i aptes) 46 

de Narl)onnc. Alfonse essaya ensuite de s'emparer 
de nie de Corse, sur laquelle il faisait valoir des 
droits; mais les Génois le forcèrent d'aban- 
donner le siège de Bonifocio. Vers le même 
temps il reçut des pr«)])ositions importantes de 
Jeanne II, reine de Nnples, dont les États ve- 
naient d'être envalits par Louis d'Anjou : à con- 
dition qu'il viendrait la secourir, elle Tinstitua 
sou héritier de la couronne de Naples, et le 
nomma , en attendant , duc de Calabre , avec le 
droit de placer une garnison de soldats arago- 
nais dans Tune des forteresses du royaume. Ce 
pacte fut conclu en septembre 1420. Alfonse en- 
voya sa flotte joindre celle de la reine de Naples^ 
et obligea Louis d'Ai^ou et son lieutenant Sforza 
di Cotignola à lever le siège de Naples. 

En juin 1421, Alfonse arriva à Naples, où il 
fut reçu avec une grande pompe. Il se dirigea 
ensuite contre Louis d'Anjou, renfermé dans 
Acerra : celui-d conclut, par la médiation du 
pape Martin Y , une trêve avec la reine Jeanne , 
et évacua la Campanie, en ne conservant que 
les Abruzzes. L'année suivante, des dissen- 
sions graves éclatèrent entre Alfonse et la reine 
Jeanne. Le grand sénéchal Caraccioli, amant 
de la reùie , était jaloux d'Alfonse ; et , crai- 
gnant de perdre son influence , il insinua qu'Al- 
fonse n'attendrait pas la mort naturelle de la 
reine pour prendre possession du royaume , et 
qu'il serait prudent de se saisir de sa personne. 
Mais Alfonse prévint la conspiration, et fit 
arrêter le sénéchal en mai 1423. La reine s'en- 
fenna alors dans le château de Porta-Capuana, 
qu'Alfonse vint investir. Elle appela h son se- 
cours Sforza, lieutenant du duc d'Anjou, re- 
tiré à Bénévent , qui défit Alfonse sous les murs 
de Naples, s'empara de la ville, et tint son adver- 
saire bloqué dans Castel-Nuovo. Mais l'arrivée 
de troupes flralches de la Catalogne avait remis 
Alfonse en possession de Naples, après un combat 
sanglant sous les murs de cette ville. La reine 
Jeanne se retira àNola, où elle révoqua son testa- 
ment, et adopta, au lieu d'Alfonse, Louis d'An- 
jou pour son héritier. 

Sur ces entrefaites, Alfonse fut obligé de re- 
tourner en Espagne , où son frère Enrique ou 
Henri était prisonnier entre les mains de son 
cousin Jean U , roi de Castille. H quitta Naples, 
et y laissa don Pedro , son frère , à la tète de 
ses troupes. Pendant la traversée il fit, le 4 no- 
vembre 1423, une descente à Marseflle, ville 
de son compétiteur, et en enleva le corps de 
saint Louis, évèque de Toulouse, seul fruit de 
cette expédition. Comme il avait garanti les églises 
et les fenunes de la fureur du soldat, les <hmes 
de Marseille voulaient lui témoigner leur recon- 
naissance par un riche pi'ésent; mais il le refusa, 
en disant : « Je me venge en prince, et je ne suis 
a pas venu pour faire la guerre en brigand, u 

Cependant tout était en désordre dans Naples. 
Le duc de Milan et le pape avaient pris parti pour 
la reine Jeanne. Le premier, qui s'était institué 



47 



ALFONSE 



sdfineur de Gènes, envoya une flotte qui prit 
Gaéte , Ischia et d'autres places. Les Aragonais 
finirent par n'avoir plus que deux forteresses en 
leur pouvoir. La guerre continua pendant plu^ 
sieurs années, avec des succès variables, entre 
les partisans d'Anjou et ceux d'Aragon, jusqu'à 
ce qu'enftn tout le pays se soumit à la reine 
Jeanne. 

Après un s^our de liuit ans en Espagne, où 
il avait arrangé quelques affaires de famille, il 
reparut, en 1432, à Naples; car il n'avait pas 
renoncé au bénéfice de son adoption. Ayant tenté 
Inutilement de secourir Tropéa, que les Fran- 
çais assiégeaient dans la Caîabre, il attaqua l'Ile 
de Gerboa (dans le golfe de la petite Syrte, en 
ftce de la Sidle), qui dépendait dn roi de Tunis, 
sur Icqud il remporta une grande victoire, et 
se rendit maître de 111e; après quoi il revint en 
Sidle et en Italie, et entama des négociations avec 
la reine de Naples. Deux grands obstacles à leur 
réconciliation avaient déjà disparu : Louis d'An- 
jou était mort en Calabre, et le sénéchal Carac- 
doli avait été assassiné à Naples. En février 
1435 , la reine Jeanne vint cUe-môme à mourir, 
léguant ses États à René d'Anjou, comte de 
Provence, frère de Louis d'Ai^ou. Alfonse ne 
ménagea pas son argent pour se faire des parti- 
sans, tandis qu'il vint avec une flotte bloquer 
Gaéte. Le duc de Mflan et les Génois volèrent au 
secours de cette place, et dans un combat donné 
le 6 août 1435 près de l'Ile de Ponza , Us détrui- 
sirent complétônent la flotte d'Aragon. Alfonse 
et ses deux frères, Jean, roi de Navarre, l'infant 
don Henri, une quantité de grands seigneurs, 
forent faits prisonniers. Les Gaêtans, à la nou- 
velle de cette victoire, fondent sur les assié- 
geants, et font un si grand nombre de prison- 
niers, qu'Acéréto leur gouverneur, embarrassé 
de cette multitude, donne la liberté à quatre 
mflle d'entre eux. Peu de temps après, Philippe- 
Marie Visconti, duc de Milan, par une généro- 
sité peu d'accord avec ses précédents, renvoya 
libres, sans aucone rançon , le roi d'Aragon et 
toute sa suite. Le duc de Milan fit même une 
ligue avec Alfonse, qui, par ce moyen, se trouva 
en état de poursuivre son entreprise sur le 
royaume de Naples. 

Alfonse fit d'abord, en 1436, une tentative 
inutile pour s'^nparer de Naples. En 1438, il 
revint devant cette ville; mais il fut encore 
obligé dé lever le siège, après y avoir perdu 
l'infant D. Pèdre, son frère. Sans se rebuter, il 
assiégea, en 1441, Naples pour la troisième fois, 
et -à la fin le succès couronna son entreprise. 
Ayant introduit dans la place deux cents sol- 
dats, par le moyen d'un aqueduc qui avait servi 
dans une pareiÛc circonstance à Bélisaire, il 
l'emporta dans la nuit du 1*' au 2 juin 1442. Le 
duc d'Alton, voyant ses affaires désespérées, 
s'embarqua, et après son départ le roi d'A- 
ragon se rendit maître de l'Abruzze, de la 
Pouflle et de la Calabre. 



(Naples) 4S 

L'an 1443, le 26 février, il convoqua les états 
généraux, et fit reconnaître pour son successeur 
an trône de Naples Ferdinand , duc de Calabre, 
son fils naturel, qu'il maria, l'année suivante, 
avec Isabelle de Clcrmont. Marie, sa fille naturelle, 
épousa dans le même temps Lioad d'Est, duc 
de Fcrrare. Alfonse prit lui-même le titre de roi 
des Deux-SicUcs, uMusque Sicilix; mais il ne 
se croyait pas encore sâr de la possession du 
royaume de Naples, tant qu'il n'en aurait pas 
reçu l'investiture du saint-siége. Afm de rol)te- 
nir pour lui-même et pour Ferdinand sou fils , 
qu'il avait fait duc de Calabre, il traita d'abord 
avec l'antipape Félix V; U s'adressa ensuite à 
Eugène IV, rival de Félix, par l'intermédiaire 
d' Alfonse Borgia, son confident, évêque de Va- 
lence, qui devint pape sous le nom de Calixtc m. 
Eugène IV lui promit l'investiture , aux condi- 
tions qu'il le reconnaîtrait pour seul pape, ci fe- 
rait marcher des troupes pour retirer des mains 
de François Sforce, qui fnt depuis duc de Milan, 
la Marche d'Ancône, et les autres terres de l'É- 
glise dont celui-d s'était emparé. A la suite d'un 
traité condu à Terracine en juillet 1443 , Eu- 
gène rv envoya de Sienne à Alfonse la bulle d'in- 
vestiture du royaume de la Sicile citra Pharum, 
comme un fief de l'Église; et l'année suivante il 
fit la bulle qui légitima le fils naturel d' Alfonse, 
et le reconnaissait capable de succédera son père. 
Nicolas V, qui succéda à Eugène en 1447, con- 
firma les bulles de son prédécesseur, et garantit 
eo outre à Alfonse la possession deTerradne, de 
Bénévent, de Ponte-Corvo et des Ues de Ponza et 
de Ventotiene, sur lesquelles le saint-siége avait 
fait valoir des droits. 

En juin 1458 Alfonse tomba malade après les 
fatigues d'une chasse dans les plaines de la 
Pouille, et mourut peu de temps après à Naples, 
âgé de soixante-quatorze ans et dans la quarante- 
troisième année de son règne, laissant la couronne 
de Naples à son fils naturel Ferdinand (il n'a- 
vait pas eu d'enfants légitimes ), et cdle d'Aragon 
à son frère Jean, roi de Navarre. Sa femme, 
Marie de Castille, le suivit au tombeau le 4 sep- 
tembre de la même année. 

Alfonse était un prince éclairé et instruit pour 
son temps. Sa cour était le rendez-vous des sa- 
vants d'alors : il y avait Chrysoloras, George de 
Trébizonde, Lascaris l'alné, Vall?, Facio, Ant. 
Panormita, Pontano, Gianozzo Manetti, et d'au- 
tres, qui ont célébré la magnificence et la libéralité 
de leur protecteur. iEneas Sylvius (le pape 
Pie II ), dans sa description de l'Enrope, fait lui- 
même l'éloge d'Alfonse, et parle de l'amour de ce 
prince pour les lettres. Sous son règne , l'étude 
de la jurisprudence florissait à Naples. 11 prit pour 
conseillers les légistes les plus éminents, réforma 
la regia caméra ou l'administration des financer, 
embellit Ns^les, agrandit le môle et l'arsenal , 
fit border les rues de larges trottoirs , décorer 
la résidence royale de Castel-Nuovo , fit élever 
divers édifices publics, réoarer les aqueducs, 



49 



ALFONSE {Naples, Este) 



60 



ccmstmisit des fontaines poUliqaes et fit dessécher 
des marais dans le Toisinage de Naples. Dans 
ses dernières années, il aida son ancien bienfai- 
teur Viscontîy dnc de Bfilan, contre Sforza et les 
Vénitiens ; fl seconda le pape dans la reprise de 
la Marche d'Anc6ne, prit le parti des Adomi de 
Gènes contre la foction opposée, enyoya son fils 
Ferdinand ayec des tronpes contre les Floren- 
tins, et fit parrenir des secours à Scanderbeg 
contre les Tores. 

On trouve dans le livre de Panormita, De die- 
tis et factU régis Alphonsi, les traits suivants, 
qui font ressortir le caractère chevaleresque de 
ce prince. Son trôner lui comptait un Jour dix 
mine ducats. Un offider, présent, dit tout bas : 
a n ne me faudrait que cette somme pour me 
rendre heureux. » « Tu le seras, » dit le roi qui 
Fentendlt, et sur-le^Jiamp lui fit compter les âxx, 
mine ducats. Pour se rendre plus populaire, fl 
avait coutume de se promener dans les rues 
de sa capitale à pied et sans suite. On lui fit des 
n yrése n tations sur le danger qu'il y avait d'ex- 
poser ainsi sa personne : « Un père , répondit-fl , 
« qui se promâie aumiUeu de ses enfants n'a rioi 

• à craindre. » Cest à lui que l'on attribue ce mot : 

• que pour faire un bon ménage, fl faut que le 
msi soit sourd et la femme avmigle. » Un de 
ses courtisans lui ayant demandé quels étaient 
ceux de ses sujets qu'il aimait le plus : « Ceux , 
^ répondît-fl , qui craignent pour moi plus qu'ils 
« ne me craignent. » Voyant un jour une ga- 
lère chargée de soldats sur le point d'être sub- 
meilgéey fl ordonna aussitôt qu'on leur portât 
secours; et comme on hésitait, fl s'élance dans 
une chaloupe, et s'écrie : « J'aime mieux être le 
« compagnon que le spectateur de leur niort. » 
Les soldats tarent sauvés. 

GlannoDC ^oria eipilê dél reçno di fiapoli. — 
iprfle. CkroMVagia délia SieiUa. — Facio, Fatti d'M- 
fOKio d^Armgana, — ZariU, Afmalet de Aragon. 

AI.P098E 11, roi de Naples, né en 1448, 
mort le 19 novembre 1495, fils aîné de Ferdi- 
nand I* et d'IsabeUe, ftit couronné, le 8 mai 1494, 
roi de Naples. Du vivant de son père fl avait lait 
ses preuves de valeur, de luxure, d'avarice et de 
cruauté contre le pape Paul n et les Vénitiens 
en 1469, et contre les Florentins qu'fl défit le 
7 septembre 1479; enfin contre les Toscans et les 
Turcs qui avaient envahi Otrante. Ce prince 
néanmoins, au bruit de l'arrivée de Charles Vm, 
roi de France, en Italie, fut saisi d'une firayeur 
si grande, que, le 23 janvier 1495, il abdiqua la 
couronne en faveur de son fils Ferdinand n, et 
passa, dans la même année, ai Sicile, où fl vou- 
lut embrasser la règle des 01iv6tains; mais, 
«Tant de pouvoir exécuter ce dessein , il mourut 
à Mazara, vflle appartenant à sa beUe-mère, 
sœur de Ferdinand, roi de Sicfle. Son corps fut 
inliumé dans la cathédrale de Messine. H avait 
cpousé en 1455 Hippolyte, fiUe de François 
Sforce,doc de Milan, laquelle mourut le 20 août 
H88y après lui avoir donné Ferdinand , son suc- 



cesseur au trône de Naples, Pierre, prince de 
Rossano, et IsabeUe, femme de Jean-Galéas 
Sforce, duc de Milan. 

Glannone, SUtria eivUe del reffno di NapoU. -^ 
Porzlo, la Congiura dei baroni eonJtro il re Ferdi- 
nando I. — Gutcclardlal, Storia d'italia, — Commlnes, 
Mévwiret. 

B. Al fonte d*£ttc, due de Ferrare (I). 

ALFOHSB i«', d'Esté, né en 1476, mort le 
31 octobre 1534. H succéda en 1505 à son 
père Hercule I", duc de Ferrare. Pendant toute 
la durée de son règne orageux, fl fiit engagé 
dans les guerres de lltalie. En 1509, dans la fa- 
meuse li^e de Cambrai, que le pape Jules n , 
l'empereur Maximilien et Louis xn, roi de 
France , avaient conclue contre la république de 
Venise, il commanda, avec le titre de gonfa- 
lonier do l'Église, toutes les troupes papales. 
Jules n était irrité contre les Vénitiens, parce 
qu'ils ne voulaient pas rendre Ravenne, Pesaro, 
Faenza, et d'autres vifles de la Romagne. Al- 
fonse passa le Pô, prit Rovigo, Este, Monta- 
gnona, et vint avec son frère, le cardinal Hippo- 
lyte, joindre les Allemands et les Français sous 
les murs de Padoue, dont le siège échoua. Pen- 
dant ce temps les Croates, à la solde de Ve- 
nise, mirent tout à feu et à sang dans les États 
de Ferrare : les atrocités commises par ces mer- 
cenaires sur les rives du Pô ont été dépeintes 
par Arioste ( chant xxxvi de VOrlando fu- 
rioso), qui assistait à cette campagne avec le 
cardinal Hippolyte. Alfonse, avec l'aide des 
Français, défit les Vénitiens, et leur enleva leurs 
drapeaux, qu'fl fit suspendre à la cathédrale de 
Ferrare. Peu de temps après , Jules H changea 
de politique : fl fit la paix avec Venise, se ligua 
même avec les Vénitiens contre les Français, et 
engagea Alfonse à en faire autant Celui-ci s'y 
refusa noblement. Le pape lui déclara alors la 
guerre, et lui prit Modène et Reggio. Les troupes 
papales s'avançaient déjà sur Ferrare , lorsque 
Alfonse les surprit et les battit complètement. 
Le duc, assisté des troupes françaises envoyées 
de Mflan, défit aussi, sur les rives du Pô, les 
forces espagnoles commandées par don Pedro 
Navarro, que Jules H avait fait venir de Naples. 
Alfonse fut blessé dans ce combat. Peu après, 
Gaston de Foix, duc de Nemours, qui comman- 
dait les Français en Lombardie, s'avança avec le 
duc Alfonse sur Ravenne, où fls rencontrèrent 
les troupes réunies du pape et de Naples. Les 
Français remportèrent la victoire , après une ba- 
taflle sanglante ( le 11 avril 1512 ) où Gaston 
fut tué. Aironse y fit prisonnier Fabrice Colonne, 
général du pape, et le renvoya généreusement. 

Après que les Français eurent évacué l'Italie, 
Alfonse aspirait à la paix. 11 se rendit à Rome 

(1) Le» AlfoDsc d'Estc ont Joué on tréfl-grand rôle 
dans l'histoire d'Italie aux quinzième et seizième siècles. 
Le Tasse et l'Aiioste ont ajouté A leur célébrité. On 
nous saura donc gré d'en avoir fait ane meoUon spé- 
ciale d.ins notre Biographie. 



51 

pour faire sa soumissioa an pape : cdui-d Tac- 
ciieUlit d*abord Tort bien , mais il donna ensuite 
Tordre de Tarréter. Fabrice Colonne fit abrs 
évader son ancien bienfaiteur, qui arrira sain 
et sauf à Ferrare. Après la mort de Jules II en 
fénicr 1513, Léon X, «on successeur, rétablit 
Alfonsc dans ses anciennes dignités, mais ne lui 
rendit pas Modëne et Reggio. A rarriréc du roi 
François I", Alfonse rejoignit les troupes fran- 
çaises; et, après la défaite des Français par 
les armées combinées de Charles-Quint et du 
pape, il faillit voir tous ses États confisqués 
par Léon X. Heureusement ce pape vint à 
mourir, et Alfonse fit frapper à cette occa- 
sion une médaille avec cette devise : De ore 
Leonis, Il se réconcilia plus tard avec Tem- 
pereur, qui lui fit rendre les villes de Reggio et 
de Modène, et mourut à fâge de cinquante- huit 
ans. H avait épousé en 1502 la fameuse Lu- 
crèce Borg^, et eut pour snccesseur son fils 
Hercule. 

GIraldl, Commentario dette cote di Ferrara e déi 
prineipi di Este. — Muratorl, ^nnali d'ttaUa. 

ALFONSE II, d'Esté, duc de Ferrare, mort 
le 27 octobre 1597. Fils d'Hercule II et de Renée 
de France, fille de Louis XH, il succéda à son 
père en 1559. A cette époque, la France ne 
possédait phis en Italie que le marquisat de Sa- 
luées. Le duché de Milan, les royaumes de 
Naples, de Sicile et de Sardaigne, ainsi que le 
littoral de la Toscane, appartenaient à TEspagne. 
Le Piémont était au duc de Savoie. Les Gonza- 
gues, ducs de Mantooe, possédaient le mar- 
quisat de Mootferrat; une autre branche de 
Gonzague avait Gaastalla et Sabbioneta. Flo- 
rence, Pise et Sienne appartenaient aux ducs de 
Médicis ; Venise, Gènes et Lucqucs étaient des 
républiques aristocratiques ; Parme et Plaisance 
étaient aux ducs de Famèse ; Massa et Carrara 
formaient un duché appartenant à la famille de 
Cybo-Malaspina; Urbino était, comme un fief 
de rÉglise, aux ducs dclla Rovere; enfin Piom- 
Inno et une partie de Ttle d'Elbe appartenaient à la 
famille des Appiani. Tel fut l'éUt de l'Itahe au 
milieu du seizième siècle. Après l'Espagne et le 
pape, la puissance prépondérante était partagée 
entre le grand-duc de Toscane, le duc de Sa- 
voie et le duc de Ferrare ( maison d'Esté ). Al- 
fonse surpassa tons ces princes en ma^ifi- 
cence. En 1560, il épousa Lucrèce de Médicis , 
fille de Côme, grand-duc de Toscane. Sa mère, 
la duchesse douairière, vint, dans la même 
année, à la cour de France, où sa fille aînée, 
Anne, avait épousé François de Guise, duc d'Au- 
male. La nomination de son frère, Louis d'Esté, 
an cardinalat fut l'occasion de fêtes superbes 
qui attirèrent une foule d'étrangers. Après la 
mort subite de sa femme en avril 1561, Al- 
fonse épousa Béatrix, fille de l'empereur Fer- 
dinand I*% et assista en 1566 son beao-frère, 
Maximilien H, dans la pierre contre les Turcs. 
En 1681, il perdit sa seconde femme Béatrix, 



ALFONSE {Este, Portugal) 



52 

qui, conmie la première, ne lui avait pas donné 
d'enfants. 

Lucrèce, sœnrd'Alfbnse, avait épousé Fran- 
çois-Maria deHa Rovere ; elle se sépara plus tard 
de son mari, et vint habiter Ferrare. Léonore. 
autre sœur d' Alfonse, vivait célibataire à la 
cour de son frère, où elle mourut en février 1 581. 
C'est la célèbre Léonore , dont le Tasse fut si 
épcrdument amourenx, que le duc Alfonse le fit 
enfermer pendant plusieurs années comme fou. 
Voy, TxssE. 

Le duc Alfonse mourut sans enfants, et légua 
ses États à son cousin César d'Esté. Mais le 
pape Clément MH annula ce testament , et in- 
corpora Ferrare, comme fief du saint-siége, dans 
les domaines de l'Église. César dut se contenter 
de la possession de Modène et de Reggio, qui 
étaient des fiefs de l'Empire. Ainsi s'éteignit la li- 
gnée des ducs de Ferrare. 

Mucatori, Annali d'italia. 

ALFOifSB 111, d'Esté, mort en 1644 H suc- 
céda en 1628 à son père César, duc de Modène 
et de Reggio. H épousa en 1608 Isabelle, fille 
de Charles-Emmanuel l*' , duc de Savoie , qu'il 
perdit en 1626. Dégoûté de la vie, il abdiqua eo 
1629 la couronne ducale, et se r^ra dans un 
couvent de capucins, où il prit le nom de frère 
Jean-Baptiste de Modène. 

Mumtorl, Annali d^Italia. — Lltta, FanUglie eelebri 
Italiane. 

ALPONSB IV, d'Esté, duc de Modène et de 
R^SgîO) ^ ^ 16^9 ^ort en juillet 1662. Il suc- 
céda en 1658 à son père François I. Tl épousa 
en 1655 Laura , nièce du cardinal Mazarin, et 
servit d'abord sous son père , qui commandait 
les troupes françaises dans la guerre contre les 
Espagnols au sujet de la possession du Mont- 
ferrat. Après la mort de son père. Il fnt nommé 
généralissime de l'armée française en Italie. A la 
paix des Pyrénées, en 1659, il obtint de l'em- 
pereur Léopold l'investiture de la principauté de 
Correggio, qu'il avait achetée. Alfonse aimait 
les beaux-arts, et fonda la galerie des tableaux 
à Modène. n mourut à l'âge de vingt-huit ans, 
laissant un fils qui lui succéda sous le nom de 
François II, et une fille, Marie-Béatrix, qui épousa 
Jacques II, roi d'Angleterre. 

Muratori, Annali d'italia. 

in. Les Alfonse de Portugal, 

AI.FOXSB ou AFFONSO i*^ {Hcnriquez), roi 
de Portugal , né en 1094 à Guimaraens , mort 
à Santarem le 6 décembre 1185, succède à son 
père Henri de Bourgogne, en 1 1 12, comme comte 
de Portugal , sous la tutelle de sa mère Thérèse 
de Castille. Sollicité par la clameur pubUque, le 
jeune prince prit, le 28 mai 1128, le gouverne- 
ment, et expulsa sa mère ainsi que les mépri- 
sables favoris qui l'entouraient. Iliérèse exdta 
un soulèvement; mais Alfonse le comprima aus- 
sitôt , et confina la princesse dans une prison , 
où elle mourut le l**" novembre 1 130. Le roi 



63 



ALFONSE 



de CastiHe AUbnsc-Raymond, ayant pris le parti 
de sa tante , fut égalcmeat défait ; et le jeune 
comte 8*afihuiebit de l*hoiniùage auquel il était 
•oiimis eoTen ce monarque: Tranquille à Vùk" 
térieur, Âlfoose-Henriquez tourna ses armes 
€ontre les Maures, et remporta sur eux, le 25 juil- 
let 1139, dans la plaine de Campo-Ourique 
(appelée depuis CalMJa de Reis, Tètes de Rois), 
ime victoire dans laquelle cinq de leurs princi- 
panx chefs furent tués. Alfonse se fit imôiédia- 
tement proclamer roi k Lamégo, et dès lors fut 
regardé comme le fondateur de la monarchie 
portugaise. Après quelques démêlés arec le roi 
de Castille qui refusait de reconnaître son nou- 
Tean titre , il marcha sur Lisbonne qui appar- 
tenait encore aux Almoravides, etrenleva en i 148 
arec Taide des croisés français et allemands, aux- 
quels il accorda les Tilles d'Atana et d'Alçambiya. 

Alfonse l" s*allia ensuite au roi de Navarre 
contre le roi d*Aragon Ferdinand; mais , pressé 
dans Badigoz, il tomba de cheval dans une 
sortie, et fut pris. Ferdhiand ne le remit en 
liberté qu'après la restitution du royaume de 
Léoo et laconcession de la Galice. Les Almora- 
▼ides firent en 1184 une nouvelle descente en 
Portugal , vinrent assi^r Santarem ( le Scala- 
hris d«s Romains ), que défendait don Sanche : 
AUbnse , malgré son grand ^e , courut déblo- 
qner son fils, tua All-Yacoub, chef des Maures, et 
mourut quelques jours après à quatre-vingt-dix 
ans; il fut enterré à C<Mmbre. 

Ce prince était d'une taille extraordinaire (U 
avait près de sept pieds, comme l'atteste son ar* 
norey conservée à Guimaraens). H avait épousé 
m 1146 MalUde, fille d'Amédée H, comte de 
Maoriemie, dont fl eut six enfants : Henri , mort 
iflOBe; Sandie, qui hii succéda; Jean ; Mathilde, 
mvîée à Alfonse II, roi d'Aragon ; Urraca, femme 
de Ferdinand n, roi de Léon; Thérèse, épouse de 
Philippe, comte de Flandre. C'est sous le règne 
d'AlfoBse-Henriquez que furent créés les ordres 
Brflitaii)ps de l'Afle et d'Avis, et que les templiers 
arrivèrent an plus haut degré de prospérité. 
« Alfonse-Henriquez défendit , dit la Brandâo , 
iDoC le Portugal de son glaive, et étendit les 
firotttières des chrétiens depuis le Mondégo qui 
ooole «o pied des murs de Colmbre, jusqu'au 
Guadalquivir qui traverse SévîQe, et même 
jusqu'au grand Océan et la Méditerranée. Par 
l'attitude imposante quH sut donner au Portugal, 
il procura à sa nation le sentiment de sa propre 
ftiiee f réveilla l'esprit national, et inspira aux 
Portugais une noble fierté. Depuis le moment 
ièy leilaive en main, il avait conquis k dix-huit 
iMy avec une énergie qui prouvait le dévelop- 
ponenit préooeede son activité et de sa sagesse, 
la trtae qui hii était dû, c'estrà-dire pendant dn- 
qnnle-si^ans, il ponnuivit jusqu'à son dernier 
nupir «a seul et même but, l'indépendance 
et sus royanme et de son peuple. Alfonse ne 
aé^Êffià pas davantage l'art des négociations, 
ft te montra aussi halÂe en politique que grand 



(Portugal) 44 

sur le champ de bataille. H sentait bien quel 
était le pouvoir des armes spiritiieDes dans son 
siècle , et il sut gagner le pape à lui faire em- 
brasser ses plans. Il rassônbla sagement au- 
tour de lui la noblesse et les députés des villes 
(dans les certes de Lamégo), les admit à ses 
conseils , et les attacha à sa personne en ayant 
l'air de leur laisser le choix de leur roi et de 
leur gouvernement. Lui seul sq^ se maintenir 
ainsi entre la puissance toujours menaçante des 
Sarrasins et la Castille jalouse, méfiante et su- 
périeure en forces, et s'agrandit même aux d(*pens 
de toutes deux. Lui seul parvint par un heureux 
hasard, et après avoir obtenu des renforts, à 
enlever aux Sarrasins cette ville , qui devait être 
plus tard le centre du royaume, la résidence des 
rois , l'entrepôt des trésors de llnde, et l'inter- 
médiaire entre le commerce d'Orient et celui 
d'Occident. C'est par la prise le Lisbonne qu'A 
couronna toutes ses conquêtes. Longtemps après 
sa mort , le prince magnanime vécut dans le 
souvenir de son peuple , et les Portugais ne 
voyaient rien à mettre au-dessus de leur pre- 
mier roi. n servit de modèle à ses successeurs, 
qui s'efforçaient de l'atteindre en perfection. C'est 
ainsi que le premier roi du Portugal , quf avait 
fait de si grandes choses dans sa vie, en produisit 
encore de grandes au delà du tombeau, par la 
douce influence que son noble souvenir exerça sur 
les cœurs de son peuple et de ses successeurs. » 

Mariana , HisU de EspaHa. - Zarita. Jnnal. — Oal- 
chenon , Hist. de Savoyê. — Brandao , Monarchia 
Luiilan, — M. F. Dcnla, le Portugal, d«M ta CoUecUon 
un V Univers, — Scbrffer, histoire du Portugal. 

ALPOKSB II, surnommé le Gros (o Gordo) , 
roi de Portugal, né le 23 avril 1185, mort le 
25 mars 1223, fils de Sanche P** et de Douce de 
Barcelone, monta sur le trône en 121 1. Il voulut 
d'abord s'emparer de l'héritage de ses sœurs Thé- 
rèse, mariée au roi de Léon, et Blanche, dame de 
'Guadalaxara ; mais, battu en 1212 par son beau- 
frère Alfonse IX, de Léon, il renonça à ses iigusf es 
prétentions etattaqua les Maures, qu'il défit dans 
une grande bataille en 1217, à Alcaçardosal, avec 
l'aide des croisés hollandais et allemands ; les rois 
de Cordoue et de Bads^oz périrent dans celte 
bataille. En 1220 et 1221, Alfonse fut encore vic- 
torieux des émirs de Jaën , Séville et Badajoz. 
Jugeant que ses sigets laïques ne devaient pas 
seuls supporter les frais d'une guerre entreprise 
au nom de la religion dirétienne, il imposa les 
inunenses revenus du clergé. L'archevêque de 
Bragance ayant refusé de se soumettre à cette 
taxe, Alfonse en fit saisir les biens, et lecliassa du 
Portagal. Le pape intervint alors, et excommunia 
le roi, <pri mourut subitement à l'âge de trente- 
neuf ans. n fut enterré au couvent d'Escobar. 
Ce monarque avait épousé en 1 203 Urraca, 
fille d'Alfonse m , roi de Castille; il en eut cinq 
enfants : Sanche qui lui succéda , Alfonse qui 
régna ensuite, Ferdinand, Vincent, et Léonore, 
mariée à Waldemar, prince de Danemark. Le 
plus beau titre de gloire d'Alfonse II, c'est son 



code, qui renferme des lois peu nombreuses, 
mais pleines de sagesse et d'humanité. Il ordonna, 
entre autres, que les sentences de mort ne re- 
çussent leur exécution que vingt jours après 
aToir été rendues, « parce que, disait-il, la jus- 
«( tice peut toujours avoir son cours, au lieu que 
« Finjusticft ne peut être réparée. » 

VascoDceUos, Jlnaeeph. rex Lusitan.— PinbeJ, Mem. 
dos repes de Portugal — Rodericos Tolentanus. — 
M. F. Deals, te FortugaL 

ALFONSB III , roi de Portugal, né le 5 mai 
1210, mort le 10 février 1279. Il était fils d*Al- 
funse n et d*Urraca de Castille. Il passa ses 
premières années en France, où il épousaMathilde 
de Dammartin, comtesse de Boulogne. Appelé 
par les Portugais, mécontents de la conduite de 
son frère Sancbe , et secondé par le pape Inno- 
cent TV, il revint en Portugal et gouverna comme 
régent jusqu'en 1248. Son frère étant mort, il 
se fit couronner; et, après avoir assuré la tran- 
quillité intérieure de ses États par des règlements 
justes et énergiques, il enleva aux Maures les Al- 
garves en 1 25 1 , et fût le premier qui ajouta ce titre 
à celui de Portugal. Désireux de terminer quel- 
ques différends avec Alfonse X, roi de CastiUe, 
11 répudia sa femme pour cause de stérilité , et 
^usa Béatrix de Guzman, fiHe de ce roi (1254). 
Mathilde porta ses plaintes au pontife Alexan- 
dre lY, qui enjoignit à Alfonse de la reprendre. 
Alfonse tint bon , et le pape mit son royaume 
en interdit jusqu'à la mort de Mathilde en 1262. 
Le roi de Portugal obtint alors du pape Urbain IV 
la confirmation de son union avec Béatrix; mais 
il ^courut bientôt les censures du saint-siége 
par un nouveau grief. Il voulut réformer le 
clergé, et joignit à la couronne les biens des or- 
dres mih'taires , devenus trop puissants. Excom- 
munié derechef, et accablé par l'âge et la mala- 
die, il se réconcilia avec l'Église moyennant 
qudques legs , et mourut à soixante-neuf ans. n 
laissa de sa seconde femme (morte en 1304) 
quatre fils : Denis, qui lui succéda, Alfonse, Ferdi- 
nand, VhiceDt, et trois filles : Blanche, Constance, 
et Sanche. « Le roi Alfonse, dit Brandfto, fbt 
un des princes qui s'occupèrent le plus de la 
culture et de la prospérité du pays. Quelques 
contrées furent pour la première fois défrichées ; 
d'autres, que la guerre avait dévastées, furent 
rendues à la culture. Plusieurs villages furent 
reconstruits , un grand nombre furent agrandis 
et mieux fortifiés; la plus grande partie des 
communes qui n'avaient pas deforaes (fran- 
chises municipales) eo obtinrent. Les andeos 
privilèges fîirent confirmés , surtout lors de la 
réunion des cortès, qui eut lieu à Ldria au mois 
de mars 1254. » 

Trois ans avant la convocation des cortès de 
Leiria, qui régularisèrent particullèreftient les 
relations de différentes communes , le roi avait 
promulgué, de concert avec les ricos homens 
et les fidalgos, plusieurs lois générales relatives 
à la sûreté des personnes et des biens. Quelques- I 



ALFONSE {Portugal) M 

unes ont pour objet la répression du vol des 



vêtements et surtout des bestiaux, qui étaient 
alors la plus importante propriété; les amendes 
infligées au coupable étaient fixées en propor- 
tion de la valeur de l'objet dérobé , et remises 
en partie an roi , en partie à cdur qui avait été 
volé. L'Église ne pouvait être oubliée à cette 
époque; aussi est-il dit à la fin de ce code cri- 
nîiinel : « Toutes les églises doivent être proté- 
« gées par le roi, comme elles l'ont été sous le 
« règne de son père et de son aïeul. » 

Mariant, HUL deStpatia, — Znrita, Annaiet» — Brao- 
dAo, MonU LueU., lib. XV. — M. F. Deals, le Portugal 
— Scbcffer. Uist. du Portugal. 

ALFONSB OU AFFONSO IT, roi de Portugal 
et des Algarves, surnommé le Brave et le 
Fier, né à Coîmbre le 8 février 1290, mort le 
28 mai 1357 ,fils de Denis et d'Elisabeth d'Ara- 
gon , se révolta plusieurs fois contre son père, 
qui lui pardonna sans cesse , et en mourut de 
chagrin en 1325. Aussitôt couronné, Alfonse 
dépouilla de ses biens son frère naturel , don 
Sanche d'Albuquerque. En 1336 , au sujet de sa 
fille Marie , femme d'Alfonse XI de CastUle, U dé- 
clara la guerre à son gendre, et pendant douze ans 
les Portugais et les Castillans payèrent de leur 
sang les querelles domestiques de leur souve- 
rain. Employant enfin ses forces contre l'ennemi 
commun, Alfonse se distingua à la célèbre bataille 
de Tarife, livrée aux Maures le 30 octobre 1340, 
et ses escadres , jointes à celles de Castille et 
d'Aragon, remportèrent plusieurs avantages sur 
les musulmans. 

L'épisode le plus connu du règne de ce prince, 
épisode chanté par Camoens dans le troisième 
chant des Lusiades , c'est la mort dlnès de 
Castro, noble et belle Castillane, que l'infant 
don Pedro voulait épouser, contrairement k 
la volonté du roi. En void le rédt Le roi, ac- 
compagné d'un grand nombre de nobles et de 
chevaliers , entre autres de don Alvaro G<m- 
çalves, meirinho mor du royaume, dt Pedro 
Coelho et de Diego Lopez Pacheoo , seigneur 
de Ferreira , vint à Coîmbre. Là , dans le cou- 
vent de Santa-Clara, vivait dans la retraite 
Inès , avec ses trois enfants. Dès qu'elle ap- 
prit l'arrivée du roi avec une suite aussi nom- 
breuse, elle eut un pressentiment du sort qui 
la menaçait: toute voie de salut lui était fermée, 
l'infant étant absent pour plusieurs jours. Pâle 
comme la mort qui l'attendait, chancelant sous 
le poids de son émotion, et portant ses enfants 
dans ses bras, elle se jeta aux genoux du roi 
quand il entra dans le couvent : « Sire, lui dit- 
dle, pourquoi voulez-vous me tuer sans motifs? 
Votre fils est prince, et je n'ai pu lui résister. 
Soyez miséricordieux envers une femme , ne me 
tuez pas; ou du moins épargnez ces enfants, 
épargnez votre sang t » Ces paroles que le péril 
dictait à cette mère alarmée, la vue des enfants, 
d'une beauté touchante, émurent le roi. n se re- 
tira, et parut entendre la voix de l'humanité qui 



57 



ALF0I9SE (Portugal) 



plaidait pour linnoceoce. Mais ses conadDers , 
qui appréhendaieiit la suite d'une entreprise 
manqnée et la yengeance de Tinfant, détermi- 
nèrent de nouTeau le monarque, en lui repré- 
sentant les dangers que cette femme attirerait 
snr le trône et sur la patrie; fls allèrent môme 
jusqu'à insulter à la piété du roi. Enfin AI- 
fonse, pressé de tous cdtés, laissa échapper ces 
mots : « Faites ce que tous voudrez; v et fls le 
firent Ck>upable seulement d'avoir rendu amour 
pour amour, Inès succomba, victime de haines 
longtemps amassées. Ceux qui avaient conseiUé 
le crime s'en firent les exécuteurs. 

Outré de douleur et de rage, don Pedro jura de 
se venger. Réuni aux ftères de la victime et de ses 
parents, fl rassembla un corps d'armée, et ravagea 
toute la contrée entre le Donro et le Minho ; il jeta 
la terreur dans les viUes royales, et, aveuglé par 
sa passkm , fl frappa du fer et du feu les sujets 
de son père, qui un jour devaient être les siens. 
Une expédHion tentée sur Porto échoua; cette 
viDe Alt défendue avec vigueur par l'archevêque 
de Braga. Enfin les Instances de ce prélat, pour 
lesçadles l'infant avait toujours beaucoup de 
respect , et les exhortations plus tendres de sa 
mtee, parvinrent à le calmer, et une réconcilia- 
tion s'opéra entre le père et le fils. Le roi ne sur- 
vécut pas deux ans à cette réconcfliation. n avait 
compris que toutes les promesses d'oubli et de 
pardon de l'hifant ne sauveraient pas les com- 
plices de l'assassinat dînes : aussi, dès qu'il sen- 
tit sa fin approcher, il fit venir Diogo Lopcz Pa- 
cfaeoo, Âhraro Gonçalves et Pedro Coelho, leur 
fit comprendre les dangers qui les menaçaient, et 
leur donna le conseil, au risque même de perdre 
leur fortune , de chmher sans retard à l'étran- 
ger une sûreté qu'ils ne trouveraient pas en 
Portugal après sa mort Ils suivirent ce consefl, 
d se retirèrent en Castille. Deux d'entre eux 
furent plus tard livrés à don Pedro, devenu roi, 
qui leur arracha la vie dans des supplices cruels, 
en mfime temps qu'A fit exhumer le corps dî- 
nes, et couronner solennellement dans la ca- 
thédrale de Ctoïmbre (ce fait est douteux). On 
a dit d'Alfonse IV qu'A avait été fils ingrat , 
frère injuste, et père cruel, n est difficile de le 
défendre contre toutes ces accusations, et môme 
de l'excuser; car il s'agit id des sentunents les 
phn tendres du cœur humain. Sur le trône, il 
pensa en roi , et il savait remplir noblement 
ce qn'n regardait comme sa mission ; il montra 
^'Û était capable de sacrifier ses indinations à 
une grande action, lorsqu'il alla secourir le roi 
de Castille qui l'avait profondément offensé. Ses 
iniets se ressentirent surtout de son gouverne- 
ment sage et éclairé. Ils prospérèrent sous son 
administration vigoureuse; et le développement 
des forces du pays, l'accroissement de la popu- 
lation, ne furent arrêtées que par des calamités 
en dehors des prévisions humaines : le tremble- 
ment de terre qui dévasta Lbbonne en 1344 , et 
la peste de 1348. 



S8 

Marlana, HM, de EspmfUi. — De Plnbcl , 31em. doM 
Jtepeg de Portug. — Ckronieon Cokimbmue. — M. K. 
Dcals , le Portugal { dans ta collection de l'Univers). 
— SctaKfTer, Hist. du Portugal et Chronique* chevale^ 
resquei de V Espagne et du Portugal, 1. 1. — Feroand 
Lopes, Chroniquei en Portugal, publiées par Coirea do 
Serra. — Daarteliluoez de Leam, CAronicof re/ormadat^ 

ALFONSK Ton AFF0N80, sumommë ri4/ri- 
caifif roi de Portugal, né en 1432, mort à Cintra 
le 28 août 1481, succéda à son père Edouard ( en 
portugais, Duarte) le 9 septembre 1438, sou» 
la tutelle d'Éléonore d'Aragon , sa mère. Les étaU 
du royaume retirèrent la régence à cette prin- 
cesse (morte en 1446), et la confièrent à don 
Pedro, oncle du jeune monarque. £n 1446, 1a 
roi, devenu majeur, épousa sa cousine Isabelle, 
fille de don Pedro. Mais quelque temps après, 
excité contre son onde par quelques courtisans, 
il le déclara rebelle, et marcha contre lui. Don 
Pedro fut tué d'une Hècbc à la gorge à la ba- 
taille d'Alfarrobeira, le 20 mai 1449. Alfonso 
ordonna que son corps demeurât privé de sépul- 
ture. lA'année suivante, reconnaissant qu'il avait* 
été trompé sur la loyauté de son malheureux 
oncle et beau-père, il lui fit rendre de grands 
honneurs, et punit ceux qui l'avaient injustement 
accusé. 

Sous ce règne, les Portugais découvrirent la 
Guinée et y formèrent leurs premiers établLsse< 
ments. Aucun roi portugais avant Alfonse V , et 
nul après lui, ne fit des conquêtes plus impor- 
tantes en Afrique ; et Alfonse a bien mérité le 
surnom dLÀjricaln qui lui fut donné. Sous lui , 
on peut le dire, le drame de l'histoire nationale 
eut lieu , non pas en Portugal , mais en Afrique, 
puis en Castille; et un épisode, ou plutôt une 
scène, se passa même sur le sol de France. 
Mais l'Afrique est la terre promise d'Alfonse V, 
l'objet de ses désirs , de ses plans favoris et de 
ses rêves. Là vit son esprit , alors même que sa 
personne reste en Portugal ; dans sa patrie , il 
n'est qu'un hôte. Im& traversées fréquentes en 
Afrique devinrent pour les Portugais une école 
de navigation et d'hydrographie. £lles reçurent 
tout à coup une nouvelle impulsion par le pape 
CalixtelII, appelant (après la conquête de Cons- 
tantinople par les Turcs ) les princes chrétiens 
à une croisade générale contre les musulmans. 
Le roi de Portugal répondit seul à cet appel, n 
équipa une flotte pour aller combattre les infi- 
dèles en Afrique. Il en poussa les prépavatifs 
avec une grande ardeur. Afin de procurer à Tar- 
gent portugais plus de valeur dans les pays 
étrangers où sa marche le conduirait , il fit frap- 
per, de l'or le plus fin , des cruuidos ( (Votiro 
subido) qui surpassaient de deux degrés^en poitls 
(sinon en valeur nominale) les ducats, monnaie 
analogue dans les autres États chrétiens. 

Le 17 octobre 1458, Alfonse quitta le port de 
Lagos avec deux cent cinquante voiles, et jeti 
l'ancre dans la rade de Tanger, débarqua quelques 
troupes, ets'empara de la place d'Alcacer. Mais ce 
ne fut qu'après plusieurs tentatives infiiictueuscs 



59 

et des combats meartriers, quH parrint en 1471 
à se rendre maître d' Arzilla et de Tanger. Ce Ait 
aussi pendant ces campagnes qnH fonda Tordre 
de rÉpée {torre e Espada.) 

Devenn Yeuf, et ébloui par Tédat de la double 
couronne que Henri IV , roi de Castille, laissait 
à sa fille Jeanne, Alfonse pénétra en Castille 
avec une forte armée, se fimiça à Palenda avec 
Jeanne, et se fit prodamer roi de Castille et de 
Léon en 1475. L*année suivante, attaqué par 
Ferdinand d'Aragon , époux dlsabcUe de Cas- 
tille , a fut défait à Toro , et réduit à venir en 
France implorer les secours^de Louis XI. Loin 
de l'aider, celui-cî , après l'avoir honorablement 
reçu à Bourges, le retint prisonm'er. Son fils 
Jean II se fit couronner roi de Portugiftl, en son 
absence et par son ordre ; mais Louis XI lui 
ayant laissé la faculté de quitter la France, Al- 
fonse reprit sa couronne; et, renonçant à ses 
projets de la Castille, il fit la paix avec Ferdinand 
le 24 septembre 1479, et sa fiancée Jeanne se con- 
sacra à Dieu le 11 novembre 1480. Touché de 
cet exemple , il partit pour aller s'ensevelir dans 
le monastère de Saint-François de Veratojo ; mais 
il mourut de la peste à Cintra à l'âge de quarante- 
neuf ans, laissant d'Isabelle, morte le 2 décembre 
1455, Jean II qui lui succéda, et Jeanne qui prit le 
voile. — Alfonse Va fondé à Coïmbre la première 
bibliothèque du Portugal. Sa charité, et la libé- 
ralité avec laquelle il rachetait les esclaves chré- 
tiens, lui avaient valu le surnom de Rédempteur 
des captifs. 

Marlana, HM. de Etpatia. — Imhof f, Megmtm LuH- 
(onicum. — Sctueffer, HUt, du PartugaL - M. F. Dente, 
te PortMgal. — ColleeUon des Chroniquts publiées par 
Corrca de Serra. 

ALFONSE Ti, roi de Portugal (second roi 
de la maison de Bragance), né le 21 août 1&43 , 
mort à Cintra le 12 septembre 1683, fils de 
Jean IV et de Louise de Guzman , succéda à son 
père en 1656, sous la tutelle de sa mère, qui 
mourut le 27 février 1666. Bien qu'élevé par le 
grand inquisiteur du royaume, ses débauches 
scandalisèrent Lisbonne. Marié en 1663 à M"* 
Marie d'Aumale, princesse de Savoie-Neraours, 
il n'en continua pas moins sa vie déréglée. La 
jeune reine, irritée, s'unit d'intérêt et, dit-on, 
d'amour avec l'infant don Pedro, frère du roi; 
et Alfonse VI se 'vit forcé de se démettre de la 
couronne, le 24 septembre 1667, en faveur de don 
Pedro , que les états proclamèrent régent. Marie 
fit rompre son mariage avec Alfonse pour cause 
constatée d'impuissance , et épousa son beau- 
frère le 2 avril 1668. Cette môme année ( 13 
février), la guerre qui durait depuis vingt-six ans 
avec l'Espagne fut terminée par un traité qui as- 
sura l'indépendance du Portugal. L'e\-roi, qui 
avait d'abord été relégué dans l'Ile delercère pen- 
dant huit années, puis ramené en 1675 au château 
de Cintra, y mourut d'apoplcxiu, âgé de quarante 
ans. Son frère Pedro lui succéda. 

Vertot, Histoire des révolutions de Portugal. — 3Ié- 
moifvsdeAf.dâFremont d'yiblancourt. — M. F. Denis. 



AITOIfSE 60 

t« Pùrimçal (dans la coliecUon de VVnwers). — 
Sdiaefrer. Histoif du PortugaL — Hist. dcl reff D. Âf- 
fonso f^l, publiée par C.-A. da Sylva e Souia ; Porto, 
1845, la-8«. 

ALFONSE, en latin Àlphonsus, nom de pluK 
sieurs médecins espagnols dn seizième siècle,, 
mentionnés par Haller, Biblioth, med, pract., et 
par Nicolas Antonio , Bibliot/ieca ffisp. JS'ova. 
Les prindpaux sont : 

Alfonse Lopez de Corella ( Alphonsus Co^ 
reolanus), natif de Corella dans la Navarre, fut 
professeur à Alcala de Hénarès. On a de lui r 
AnnotcUiones in omnia Galeni opéra; Sara- 
gosse, 1565, in-fol., et Madrid, 1582, in-4°; — 
De morbo pestilente ; Valence, 1581 , in-4** ; — 
Enchiridion seu methodus medicime; Sara- 
gosse, 1549, in-12; — Naturx quxrimonia; 
Saragosse, 1564, in-8°; — De natura urinx; 
Saragosse, 1573,in-8**; — Defebremaligna, ex 
placitis Galeni; Saragosse, 1574, m-8*; — De 
arte curativa, libri /7;EsteIla, 1555, iii-8*; — 
Catalogus auctorum qui post Galeni agvum ei 
Bippocrati et Galeno<xintradixerun t ; Valence^ 
1549, in-12; — Secretos deftlosofia, astrolo^ 
gia y medicina^ y de las quatro mathemati" 
cas; Valladolid, 1546, în-8*; — Trezientas Pre- 
guntas de Cosas natnrales, en diferentes 
materias; 1546, in-4**. 

Alfo.nse de Juberay vivait à. Ocana, et com- 
posa un ouvrage fort remarquable, intitulé De- 
cado y reformacion de todas las medieinas 
compuestas usuales; Valladolid, 1577, in-S". 

Alfomsb Rodriguez de Guevara, natif da 
Grenade, professeur k l'université de Coïmbre^ 
a publié : De/ensio Galeni in pluribus ex iis 
quibus impugnatur ab Andreo Vesalio, etc.; 
Coimbre, 1559, in-4°. C'est un ouvrage d'ana- 
tomie, cité par Van Der Linden, Douglas, etc. 

Alfonse de Torrès , médecin à Placentia, 
écrivit : De febrls epidemicx novœ quam... 
vulgo tkBkVJiiu/i vocant, natura, etc.; Bur- 



gos, 1574. 

Alfonse de Talavera a composé un ou- 
vrage sur l'art vétérinaire ; sous le titre : Reco- 
piladon de los mas famosos autores griegos 
y latines qui trataron de la excellencia y 
gêner acion de los cavallos, y como se han, se 
doctrinar^y curar sus en/ermedades ; Tolède, 
1564, in-fol. Cest une compilation tirée de tous 
les auteurs grecs et latins qui ont écrit sur l'art 
vétérinaire. 

*ALF02XSE de Alcala, en. Idiiii Alphonsus 
Complutensis , rabbin espagnol , natif d' Alcala 
de Hénarès , vivait à la fin du quinzième siècle. 
Il embrassa le christianisme, et fut employé par 
le cardinal Ximenès à la révision de la célèbre 
Bible polyglotte qui fut imprimée de 1514 à 
1517, m Complutensi universitate , 6 vol. in- 
folio. C'est la première Bible polyglotte qui ait 
été imprimée. Elle est aujourd'hui extrêmement 
rare. 

Wolf. Biblioth. hebr., 1. 1, p. 198. - Lelong, lHUioth» 
sacra, t. I, p. 9. 



«I ALFONSE 

■ALFOSSB de Binévenl, canoniale espa- 
pnl , Yivait TCTB le milien du qnimitmc liècle. 
Mtjf de DéaiytBt, dani les Antorlra, il Tut long- 
tanp« prafeuenr de tbéolo^e à l'ubiTersité de 
Salainaiiq(ie.Swi principal oorrage ipoar b'tre: 
Traelahude PtBtUentUt el actibus Pœtiilen- 
tiarium et eo^/eiiitmis, cum forma absolutio- 
iHtetCammUituPtmientiarUs; Sslunojique, 
ISOI, et Biirgos, 151(1, iii-4*. 
tocIVB HirtDBU Alciihu, Dt Bt$fanim laudibiti; 

■ALronsB de Baina {Jean), écriTaIn 
tapÊ^cA, iâf conTCrti, natif de Baîna, tille de 
rAndalaiisi« , rliait loiu le règne de Jean n , 
de CMtiDe {iV»M ). H Mt l'auteur d'un célèbre 
CoKiontro rtoeiameat pnNl^, recueil de plni de 
<Itianntei)0<lMcastJllaiuqniTiT«knt Jilacourde 
JeanlI. La BDiBothèqnenattcnale en possède un 
maniucrit nugQiflqoe , (pli appartenait autrefofa 
1 la HtColMque de l'Eaeorial, et qtU fnt acquis 
par suite de la renie de la bibliothèque de M. He- 
ber. C'est profaabloiient te raAme qui hit offert i 
cenfdeCastDe. Rodrlgnei de Castro «n a donné 
qndqnw eitniU dans m BlbUcleea Sspanola, 
Ibdrld, 17SI, 3Tol. In-foQo. 



- Sirmleiiliii Mauriat fa 



ALrossK'de Bwrgot. Toy. Abnei. 

ALPoasB de Cattro. Foy. Cistito. 

'ALrOKflE de Carthagène ou de Sainle- 
Harie (en etpa^id Afforuo de Cartagena, en 
blin Âlplumitu a Sancta-Maria ) , célèbre his- 
tonen «papol, né à Carthigine en 13M, mort à 
TiOwandiiw te il juDlet i45S. D était fils de 
Pattlns , éTfiqae de Burgos , dans la maison du- 
qnd D aTait été éleré. II tal successlTcmenl 
dunotoe de SégOTie et de Saint-Jacques de 
Compostelle. tu 1431, Q fbt enrojé par Juan n 
de CaatiDe an concfle de Bflie, où U se St remar- 
tpa par taa saToir et txa talents. JUieas SylTias 
[ConuttentOTia , Hb. I) l'^pelle Delicix Bis- 
fonUtrutn. Alfonse, pendant son s^our en ADe- 
nuvte , parrint à réconcilier Albert U, empereur 
d^dlanagneavec Ladialas, roi de Pologne. Aprta 
ma rdoor ea Elague, Q saccéda à son père 
ï rérêché de Bnrgoe. Ses principaux ounages 
■ont : Anactphalso^ , nempe regum Hispa- 
nomm, BomaHorvm, Imperotorum, Sum- 
momm Pontifieum, nec non regum Franco- 
rvm, ecpèee dliistoire de l'Espagne depuis les 
pf e i^ er » tempe hMoriqoes Jnsqu'en 149é , im- 
primée i Grenade en 154&, fn-foJio, arec les 
CItToniqvex latines d'AutoninsNdrisstmsis, de 
Rodericns Toletanas ou Ximenès , et le Panili- 
pomenomdeJoamieiGemndeDsis. André Scliott 
l'a insérée dans le tomeldc sa Htipatila illus- 
frafa ; Franef., in-lbl.j — Doctrinal de Cavale- 
rot, nu code de cheralerie ) Biu*gas, 1487, in^ol., 
et li92, in'bl.; — Quelques écrits de dévotion 
imprimé* à Hnrcie, 14B7, In-fbl. — Son livre 



Super Canarix insuiis, pro rrge Cnxleitx 
oUegatlonti , n'a jamais été imprimé ; c'est un 
plaidoyer curieux en lïveur du roi iti' Cnslillc 
pour la possession des Iles Canarie<i, qui liaient 
été Tendues par Jean de Bélliencoiirt à don Enri- 
que,llls de JoSo I", roi de Portugal. Ce roanos- 
crit se trouve au Talican ( n° 4151 ). U Blblîo- 
thèque nationale de Paris possède de luiunclbit 
belle chronique espagnole. 












ALPONAB de Bipina ou Spinn, tliéolf^eo, 
célèbre prédicateur espagnol, vivait vers le 
milieu du quinzième siècle. U était, dit-on, d'o- 
rigine jaive, entra dans l'ordre des Franciscains, 
devint recteur de l'université de Salamanque, et 
étêque d'Oreose en Galiea. Il pubUa, sous le 
TiHle de l'anonyme, un grand ouvrage intitulé 
Forlalitium fidei contra JiuLcos , Saracotot, 
aliosque Christianx fiàei inlmico.f, imprimé 
d'abord en 1487, in-4° ( sans lieu de publk»- 
lion); puis A Murembei^, eu 1494; d'autres 
éditions, mais rares, sont celles daTotanus (au- 
quel onaè tort attribué l'ouvrage), Ljon, lail, 
in~4'', et 1634. On y trouve, dans la Iroisième 
partie , des accusations atroces contre les juifs ; 
accusations calomnieuses, souvent reproduites, et 
qui servaient de prétexte  leurs persécutions. 

R. ABtuklD, BlSIiol*. AUthi. HlHl, t II, p. 1BL — 



{Jean), dWleSaMongeoif, na- 
vigateur dn seizième siècle. Ce marin , que di- 
vers écrivains de la Péninsule ont revendiqué 
comme appartenant à l'Espagne , était bien cer- 
laiiiemcnt Français , comme l'indique suffisam- 
ment, du reste, son surnom. On sait aujouririiui 
qu'il naquit aux environs de Cognac, à la lin du 
quinzième siècle : Q entreprit de lun;is voyages 
dans les mers de l'Asie et dans celles du nou- 
veau monde , et acquit des c 
graphiques fort rares pour l'époque oi 
André Tlievet qualifie Alfonse le Saj 
de capitaine et pilote de François I". 
savons, par le même auteur, que la vie si eri'anlu 
lie ce marin Tut interrompue par une longue 
détention , dont on ne connaît pas bfr'n le motif. 
La relation Tort tronquée des voyages de Jean 
Alfbnse eut ponr éditeur un poèlc célèbre : ce 
fut Hellin de Sainl-Gelais qui la prépara pour 
l'impression ; elle parut pour la première fuis b, 
Paris sous le titre de : Voytiçes adventurcvx 
du capitaine Jean Alfonse; 1559, in-12. Jean 
de Mamef, rimpriraenr, crul devoir faire précé- 
der celte publicationde quelques vers louangeurs 
qui ne sont pas sans importance pour la tiiograplde 
du mario; ces vers, a=.sia mtliuftei 6at%At , 



6S 



ALFONSE 



64 



nous peignent le gentil capitaine de mer, captif 
en sa faible vieillesse. Il est sans doute fort à 
regretter que Jean de Mamef ait été si sobre de 
détails dans son admiration entliousiaste pour 
le navigateur. Noos savons seulement, grâce k 
lui , qu'après avoir repris les travaux qui Tout 
illustré, Jean Alfonse trouva la mort dans un 
combat. Cette mort dut avoir lieu avant 1557, 
car Goujet prouve fort bien que Meiin de Saint- 
G^ais vécut jusqu'à cette époque, et ne mourut 
pas, comme Tout voulu quelques biognq;>hes, 
en 1554. Ce n*est pas non plus , selon toute ap- 
parence, le poète qui a abrégé d'une façon si 
déplorable les récits du pilote saintongeois : le 
livre imprimé en 1559 a été fait à la requête de 
Vincent Aymard, marchand du pays de Piémont, 
et rédigé par Maurice Yiemenot , marchand de 
la ville de Honfleur. La navigation la plus inté- 
ressante de ce marin (au point de vue histori- 
que) date de la première moitié du seizième 
siècle, le 16 avril i542 ; nous le voyons partir 
comme pilote du fameux Roberval , se rendant 
au Canada. Précédemment il avait visité les 
bouches de l'Amazone, et avait donné les dé- 
tails les plus précieux sur cette partie de l'A- 
mérique méridionale, si rarement visitée alors , 
et surtout si peu décrite. Lorsque le pilote sain- 
tongeois rédigea sa Cosmographie , c'est-à-dire 
en 1545, il eut pour collaborateur avoué un 
autre pilote qui l'avait probablement accom- 
pagné dans ses pérégrinations, et qui se nom- 
mait Paulin Sécalart Le beau manuscrit d'Aï- 
fonse, qui, par son étendue et la naïveté de sa 
rédacQon, ne permet pas la moindre comparai- 
son avec la relation tronquée de 1559 , sera 
incessamment publié, avec tons les soins désira- 
bles, par M. Pierre Margry, qui en a fait une 
étude consciencieuse, et qui jettera sans doute sur 
la vie des deux auteurs quelque lumière inatten- 
due. Nous avons essayé de réunir dans cet article 
plusieurs faits, plusieurs dates précises, sur un 
homme éminent, qui a rendu dincontestabies 
services à la géographie, et sur le compte duquel 
cependant les biographies les plus accréditées 
ont gardé un silence absolu. Il n'est peut-être 
pas hors de propos de faire remarquer ici 
qu'Olivier Basselin , qui jouissait au seizième 
siècle d'une haute réputation comme marin, a 
dressé les tables de déclinai aon jointes à la rela- 
tion imprimée en 1549. Ferouiand Denis. 

CosmoçrapKiê de Jean Aiphonse et de Sécalart. ma- 
nuscrit de la Blblioth. natiODate. — André Tbevet. Cos- 
mographie { Paris, ins. t TOI. In-fol. — Marc Lescarbot, 
Foyage à la Nùuvelle-France , p. 8». 

*ALFON8B de PcUencia, en latin Alphonstts 
Palentinus, célèbre historien et lexicographe 
espagnol , né à Palenda, dans la Vieille-Castille, 
en 1423, mort vers 1495. A l'âge de dix-sept ans, 
il entra comme page dans la maison d' Alfonse de 
Carthagène, alors archevêque de Burgos. Il visita 
ensuite lltaJie, où il se lia avec le cardinal Bes- 
sarion , et suivit les cours du savant George de 
Trébizonde. A son retour en Espagne, il fut 



nommé historiographe d'Alfonse, frère cadet 
de Henri IV de CastÔle. Il fut employé à négocier 
le mariage d'Isabelle avec Ferdinand Y, d'Ara- 
gon. On a de lui : Universal vocabulario en 
latin y en romance; Séville, 1490, in-fol.; — 
De synonymis, libri III; Séville, 1491, 2 vol. 
in-fol. ; — Espejo de la cruz (le Miroir de la 
croix), ouvrage mystique, traduit de l'italien; 
Séville, 1485, in-fol.; — los Libros de Flavio 
Josepho de las guerras de los Jndios con los 
Romanos; y contra Appion gramatico; Sé- 
ville, 1591, in-fol. — Sr Chronica del rey don 
Bnrique IV, et ses Décades ( contenant le règne 
d'Isabelle jusqu'à la prise de Baza, en 1489), 
n'ont pas encore été imprimées , bien que les ma- 
nuscrits n'en soient pas rares. 

Nie. knXonlo , BibL hisp. vêtus, t II, p. tSl. — Mendez, 
Tppoçraphia espanola; Madrid. 1796, p. 90. — Prcacott, 
Ferdinand and Isabella, édit. I84t, t I, p. tie. 

ALForcsB (Pierre), en latin Alphonsus Pe- 
trus, médecin et théologien espagnol, né en 
1062, mort vers 1 140. Juif de naissance , il se fit 
baptiser en 1 106 , et eut pour parrain Alfonse P'', 
roi d'Aragon. Il devint ensuite médecin de ce roi. 
On a de lui : Dialogi lectu dignissimi, in qui- 
bus impiœ Judxorum opiniones confutan- 
(ur, etc.; Cologne, 1536, in-8*>; réimprimé dans 
la Bibliotheca Pairuni, édit Lyon, vol. XXI, 
p. 172-221 ; — De disciplina clericalifTplûAié à 
Berlin, avec des notes savantes par Fr. Wilh. 
Val. Schmidt, 1827, in*4**. Labonderie en donna 
une édition française dans les Mélanges publiés 
par la Société des Bibliophiles français, 1825, 
avec le Castoiment onCÂastoiment, vieille tra- 
duction française, en vers , du même onvrage. — 
Le livre De scientia et philosophia est encore 
inédit. 

Nie. Antonio, Biblioth. hisp. vêtus, U II. 

ALFONSE { Louis), savant pharmacien fran- 
çais, né à Bordeaux le 10 mars 1743 , mort le 2 
février 1820. Il étudia à Paris la chimie sous 
Rouelle et Macquer, devint partisan du mesméria- 
nisme, et embrassa chaudement la cause de la ré- 
volution. Plus tard U revint à Bordeaux, où Û se 
livra à l'agriculture et à l'exercice de la phar- 
macie. On a de lui : 1° Analyse des sources dif- 
férentes de la ville de Bordeaux et de ses en- 
virons; — 2° Mémoire sur la monnaie de bH- 
Ion, Voyez V Éloge d' Alfonse par Lartigue, inséré 
dans le recueil de l'Académie des sciences de 
Bordeaux , année 1820. 

^ALFONSE de la Torre, écrivain catalan, 
bachelier es arts, vivait vers le milieu du quin- 
zième siècle. On ne sait rien de sa vie. Il a com- 
posé un livre très-curieux, intitulé la Visio 
délectable, imprimé à Barcelone, 1484, in-fol., 
par Matthieu Vendrell. L'auteur y passe en revue 
tontes les sciences philosophiques et morales, 
et s'étend beaucoup sur les arts libéraux. Il le 
dédia à don Johan de Beamunt, prieur de Saint- 
Jean de Navarre , cliancelier d'Aragon, et grand 
chambellan du prince Carlos de Viana. Ce li^Te 



•* ALFOKSE 

M euuite («duFi *n ca&Ullui, el imprimi ï To- 
kiH (nioia en Guipiueoa oa Tmilouu «n 
Fnnce?), par JcuPnl&ct itieniie Clebal, en 
l4S9.1n-fol. Una troUèneéditioa panilàSéTilie, 
HM date (*«n U tn du qdfaxMme «itde). fji 
ts70, un italIeD, nanoraé Domiiigo Del^, Jc 
Indiûtt dam M langue et le paMh comme loD 
<»ma;fl,ee(|Dleitdiipaier,G'eatqtMcetteTer- 
lim HaHaMW IM de nonrcea rendue ta eepaoïot 
par nn juif, nommé Frençoli de Cacérie; Ams- 
tmm, 1063, bi^*. 

Wp^ *»*«■». fllUlaU. *(■;). *^. t 11, (. m _ 



- ALFRED 



66 



B TOSTOT. vog. Tmioi. 
'ALVORn de Zamoro, rabbin espagnol, na- 
tif de Zamora, dans le Uon, mort -ren I53i. ii 
«ait pnfeHCur dliâiKU 1 l'unitenltd iI'Alcala 
de Hénaièt, et traTiflla, par ordre du cAidbul 
XiRiaièa, t 11 eooipodtloii do b Bible poljfttottc 
aiec d'aidiat aannts. On a de lui, eulre autres 
roeaàuiarhim ncmlnum primUivorvtit Be- 
brateomm et ClialdaleoruM ; — Irtlerprelatin 
Heàraleonm. ChabUHeonm tl Gracorum nc- 
wtoM» FefcPif rt JVort ïlM/anwnH; — /nfro- 
AKflrau arlit çramnatteK /lebralcx. Ces 
•anagea fintoent le ibiiaM miomedela Polj- 
^otteeoraiOntJtienne; AlcaU de H«nar«e, 1514- 
ISIT, 6 roi. fai-rol. 



Li,i>. in,t 

ALMKD (iflcAeJ), annaliste anglais, cmnu 
«ital ioas lea.nonu de Flood tt de Grif/Uh 
ail Londrea en IU7, mort à Saint-Omer en 
lui. natra dans la aodété de JtMiu en i7«o, 
(t, apria a*o(r Mndlé b pliihMOpbie i MTOIeet 
la IbMogie à Lonrabi, U alb h RonM, où il reata 
cnqana attaebéàb coardnpape.ndeTmten- 
wite coa^julenr du colMge anglais do Li^, enfin 
ncteur du eoUéfe dea jéadte» k Gand. EnToj^ 
tomme rri atto M alre en Angleterre, Il (tat arrtté 
IDoaTreaeteondpttprlaoonieràLODdKS, où II 
lit ddrrrt par b pnritctioii dUenrielte-Harie, 
faïuDe de Oiarlea I". AlGnd passais reste de 
Ka Jean dans te Laicasterthire. Malpé la oc- 
w yafioi i» d'âne vie ri actiTO.U traoTale tempa 
d'écrirede DOoibreni oorrages, parmi loquds on 
(fle : nne tradoetian de b Vie de taini Wine- 
/rirf, tolte an tatbi par Robert, ptfeurdeShrews- 
tarj j ~ BrUmnia UltalnUa, ttve Lucit, Bt~ 
le»x, CoMtonAaf patria elfide* i eum appeti- 
dieeàePatehiaeBTUmKervm,<UCttrieonim 
ifiipats. et num oJim BrUmnia eolvetit 

Momanam BceUitam; Anren, 1M(, tù-i'- 

Annaiet eeeletUatiel et chOet Biitmnontm ; 
Li<ge, IM3, t Tol. Dans m denier oanage Al- 
fcrd retrace rUKoire de l'EgHsenmafaie on An- 
(Merre dqxds les premiers Anglais, les Nor- 
ia «t !«• Anglo^axons. L. J. 



ALFBBD, jELFRBD, £LPID, BLFRKDol 

tLCSKD, surnomma le Grand, nà des AurIo- 
Stioos, Dé en S49 i Wanadbg DU Wantage, dans 
le Boluhire, mort le U octobre 901. 11 «tait 
peUt-flls d'Egbcart (qui arait sonmU ft b coiirmme 
de Wesseï les antrea roranmes de l'Heplârcble ), 
Et le plos Jeone des quatre Aïs d'EOidiniir et 
^'(Mnrge. Eobnl efaéri de ses parmta, U reçot 
lUM MoeaHon plos soignée que «es frères ; à l'âge 
de cinq ans il aib avec mm pire k Rome, où n 
(W ofat et adopté comme Ut spirituel par le 
pape Léon IVi denx ans après U J retourna avec 
M» pire, 7 resta nne année entière, et en rore- 
oant D traversa b Prasee. A l'tge de vingt ans 
U épousa AlswTthe, llUe d'an noble de Hercie. 
Pendant le feaUn de b cérémonie noptisie, il fut 
saisi d'un mil boonnn aux médecins d'alors, et 
qui ne le qoitta qo'ï l'Age de quarante-cinq sus. 
Pendant le règne de ses frère» il eut le gouver- 
nemeat d'un petit district, avec le titre de roi. U 
flt en ses STCC son frère Ethelred la guerre contre 
les Danois ou Hordinans qui s'étaJent emparés 
d'une grande partie de l'Angleterre; il s'j dii- 
tingna par un coorage impétueui et presque té- 
méraire, qu'il sut tempérer plus tard par le sang- 
fMd d'un capitaine consommé. Etlidreda;antétd 
loédans cette campagne, Alfred futâunrionanl- 
ment par l'aasonblée des chefs ; il reAisa d'iboid. 
arec une modestia réelle ou alfectée , ce titre, 
<ar le péril Imminent des inratlons danoises ren- 
dait sa position Ibrt dillkile; mais m parrinl k 
trlorapber de sa résistance, et il ftat couroaué en 
des Saxons , qui l'adoraÏMit 
tes de son règne ne furent 
Après aroir ralnement essayé de 
repousser les Danois par les aimes, il ne par- 
rlot i les éloigner de son territoire qu'au moyen 
d'une somme d'argent. Ils sa rejetèrent ensuite 
sur la Meraie et les pays enrironoants , où ils 
commirent d'affreux d^ts. En S7a ils rerinrent 
attaquer Alfred, qui leur offrit encore une fois 
da l'argent) ils accotèrent; mais, quoique ayant 
sohnaeUement juré de se retirer, ils surprirent 
de nuit Tarmée d'Alfred el b dispersèrent. Ces 
rerers détermhièreDt Alfred 1 combattre les Da- 
nois SUT leur propre élément : il organisa une 
marine considérable, qui leur flt besncoup de 
mal. EtGodron, le cbef des Danois, dut consen- 
tira éracner le royaume de Wassex. Hais, quel- 
ques mois après, Alfred fut forcé de quitter le 
Irûne, et erra en ftigitif. L'artUlcieux Godran 
aTOH recommencé b guerre au milieu de riiirer, 
et les Saxons, n'étant pas préparés, furent 
taillé* en pièces. Alfred arut roolu se jeter, de 
Héseqioir, dans le pins fort de la mitée; mais on 
l'en empiclia. 11 se sauva dans nne petite lia 
formée par le cooflneut de la Tone et du Parret, 
rt erra longtemps seul dans les marais déserts 
du Sommersetshire. 
_, __ C'est à eeKe époque de la vie d'Alfred qua 

■ J»n.~lMfr4/a€* ''<*" "Pporto plusieurs anecdotes, dont ne par- 
'd' I lent pas tes historiens contemporains. Ainsi on 



67 



ALFRED 



68 



raconte qu*il Tut liébergé dans la chaumière d*un 
|)orcl)er. Son liôtesse, dont le mari était absent, 
le pria un jour de ftanreiller les pains qu'elle, fai- 
«ait cuire au fom*. Alfred, trop absorbé dans se« 
réflexions, laissa brûler les pains, et en fut vive- 
ment rudoyé par Tirascible femme de ménage. 
Pieux et dévot, il re{(ardait son infortune comme 
un châtiment divin, et se reprochait d'avoir 
abandonné les principes religieux en montant 
sur le trône. 11 avait été, en eiïet, dur et hau- 
tain envers ses sujets, ce qui lui avait attiré 
une réprimande de saiht Néot. Alais cette sévé- 
rité prouve que le saint portait à Alfred un vif 
intérêt; et l'on dit que peu de temps après sa 
mort il apparut en songea C4i prince dans llmtn- 
ble cabane qui Tabritait, cl lui prédit un pro- 
chain rétablissement sur le trôno. Ce qn^il y a de 
certain, c'est qu'Alfred, au fond do sa retraite, 
surveillait les mouvements de Pennomi; et lors- 
que le temps d'agir lui parut venu, il résolut de 
juger par lui-même de Ictntdcs cboses. Déguisée 
en joueur de harpe, il pénètre dans le camp des 
Danois, et, tout en ne paraissant occupé qu'aies 
amuser, il étudie leurs forces, leur position, et 
s'assure que des divisions intestities règfient entre 
eux ; d'après ces renseignements, il fait Appel à 
ses anciens compagnons d*arines par Ten voi sym- 
bolique de la nèchc et de Tépée nue, les enga^ 
à rentrer dans leurs foyers |)Our y rassembler des 
troupes, et leur donne rendez -vous h la piert'C 
d'Egbert (i). Cet ap[>el e<it entendit, et Ijlentdt 
Alfred se trouve û la tôte de forces Imposantes. 
Il surprend alors les Danois, qu^il défait totale- 
ment à Aethendu ne, aujourdliui Eildlngton. Quel- 
ques-uns, retranchés dans ime cilndelte du voi- 
sinage, tentent, mais vaincmetit, de résister. Plus 
habile, un autre guerrier vient trouver Alfred, 
offre d'embrasser le christianisme et obtient 
le royaume de Ëst-Anglie, h la condition ex- 
presse <l(i laire abandonner & ses compatriotes 
l'Angleterre et h s'opposer désormais à toute In- 
vasion. 

Un traité formel consacra les droits des deîjx 
parties. Les conséquences de cet arranfjefnent fu- 
rent l'introduction en quelque sorte légale des 
Danois en Angleterre et leur occupation dû pays 
sur une plus vaste éctielle. L'Est-Angtiedont 11 est 
question dans ce traité comprenait ce qui forthc 
aujoiird'hui les comtés de SufTolk, NorPollc, Cam- 
bridge et surtout Essex , enfin une pariie des dis- 
tricts de Huntingdon , Bedford et flcrtrord. Il hc 
resta de purement saxon que le royaume de Wes- 
sex, comprenant tout le territoire situé au sud de 
la Tamise, c'est-à-dire les comtés de Kent, Sur- 
rey, Sussex , liants, Hcrks, Wilts, Dorsot, So- 
merset, Devon et une pariie du Cornwall. 

Quelque temps après, grdcc à ses dispositions 

(1) Pierre <VEgbert. On a b«iacoup dhcuté sur ru«.if>e 
des dolncin et meDhirs, que l'on voit d«n» lo6 contrées 
Jadis habitées par des nations d'origine celtique. Ce* 
amas de pierre n'étalent probablement, comme on vient 
de Tolr, que des lieux de rendez-vous pour les iiiiserobiées 
gœmfàree. 



stratégiques, Alfred s'opposa victorieusement au 
terrible débordement des pirates qui vinrent en 
893, sous le commandement da féroce llastings, 
reprendre les tentatives de ooiiquétc qui avaient 
presque réussi à Godrun. Ces écumeurs de mer, 
connus sous le nom générique d*hommes dn 
Nord (S'oi-drnans), se rassemblèrent dan» le 
port de Boulogne, et fbndlrent en deux divisions, 
l'une de deux cent quarante, l'autre de quatre- 
vingts navires, sur l'Angleterre. Jamais Alfretl ne 
déploya plus d'haKIeté, ni les barbares plus iKac- 
tivité et de ténacité que dans la conduite de cdte 
guerre, qui dura sans relâche trois années consé* 
cutives. 

Alfred commença par occuper une itosifion 
très-fbrte entre les deux armées; et il |var\int a 
intertet^^er toute Communication entre elles. llas- 
tings offrit alors de se retirer moyennant une 
somme d'argent, et donna même des otages |)our 
mieux tromper U vigilance d'Alfred. Celui-ci st» 
laispa prendre une seconde fois à ces promesses 
perfides ; une grande partie des Nordmans rerués 
s'évadèrent; mais ils furent en partie taillés en 
ptèoes dans leur fuite par les Saxons furieux. 
Hosfings, après avoir essayé de i*e|)iTndre se^ 
avantages, fut successivement diassé de Millon» 
de Cliester, de l'Ilë de Jersey et d'autres points, 
et vint se réfugier en France. 

Cependant il restait encore en Angleterre^es 
débris considérables du corps de Haslings, ainsi 
que des I^ordmans de l'Est- Anglie, qui engagèrent 
pendant deux ans avec les Saxons une guerre de 
déprédations et d'cscarmoudies, qu'Alfred ter- 
mina par une ingénieuse adressç. Leur flotte 
avait remonté la Tamise et se trouvait à Tancrc 
sur la Lea. Le roi fit détourner le cours <le l'eau, 
et, ati moyen de deux foils inattaquables, il si: 
rendit maître de la rivière, de manière à bloquer 
les Nordmans, qui disparurent (en 897). 

Pendant les quati*e années de |)aix qui suivi- 
rent, Alfred reprit son œuvre de civilisation in- 
térieure, qu'il avait commencée après la déroute 
des Danois. 11 avait trouvé le gouvernement civil 
presque détruit par les dévastations continuelles 
qu'avait souffertes le pays. L'insubordination des 
brigands du Nord avait gagné les Saxons : la 
force seule régnait. AlfVed rétablit les cours de 
justice, qu'il lit administrer par des hommes 
instruits et intègres, après avoir séparé le i)oii- 
voir judiciaire, du commandement militaire. 
Malheur du juge qui aurait prononqé une sen- 
tence inique l le roi lui faisait infliger impi- 
toyablement la peine du talion. Un duoni- 
quenr assure que, dans l'espace d'un an, près 
de quarante-quatre magistrats furent exécutés 
pour des sentences irrégulières. Cette sévérité 
eut les plus heureuses conséquences : les vols et 
les meurtres devinrent très-rares. Pour s'en as- 
surer, Alfred fit, dit-on, suspendre près d*uno 
grande route des joyaux d'une grande valeur : 
personne ne vint les enlever. Il réunit aussi les 
ordonnances éparses de sespréiécessciirs, et ré- 



60 



ALFRED 



70 



digea on oode approprié à l^esprit du temps. 
Nous ferons remarquer ici qa*fl n^est pas du 
tout nécessaire pour la gloire d*Alfred de lui 
attribuer des innoTations radicales dans les 
institutions dviles, comme Tont lait quelques 
panégyristes. Ainsi le jury, la division du pays 
en Mres ou comtés, en hundreds et tyihings 
(associations de cent et de dix Tanûlles), étalent 
connus de tons les peuples du Nord, et sont men- 
tionnés par des auteurs antérieurs à Alfred (i). 
Mais il eut le mérite d*aToir Eût re>ivre ces ins- 
titutions tombées en désuétude, et d'avoir lui- 
mteie Teille à leur exécution scrupuleuse. 

Dans ces temps de barbarie , Alfred s'occupa 
aussi très-actiTemcnt de la culhire et de la pro- 
pagation des lettres. Comme, d*iq>rès son propre 
aveu, il y avait alors en Angleterre à peine un 
homme capable de traduire le latin , il fît venir à 
sa cour des savants étrangers; il s'adressa pour 
cela à Hincmar, archevéoue de Reims, qui lui en 
envoya plusieurs. Parmi ces savants, on cite 
Grimbald, abbé du monastère de Winchester, 
et Jean Soot. Il se mit lui-même, à Tâge de 
trente-neuf ans, à étudier le latin, et entreprit 
de traduire en saxon, à Tusage de ses sujets, 
V Histoire ecclésiastique de Bède et YEpitome 
de Paul Orose. Il ouvrit des écoles en divers lieux 
pour innstmction de ses sujets. Mais il est fort 
contestable que ce soit à liii qu*on doive la fon- 
dation de l'université d'Oxford. Enfin , Tinstruc- 
tion du peuple hii tenait beaucoup à cœur : il 
voulait que les oifknls de chaque homme libre 
eussent des connaissances élémentaires d'écri- 
ture et de lecture. 

Dans la distribution qu*il faisait de son temps, 
de ses finances et de ses occupations domestiques, 
Alfred était exact et méthodique. Les officiers de 
sa maison étaient divisés en trois corps qui se 
succédaioit alternativement, et le quittaient à la 
fin de chaque mois, terme asdgné à leur ser- 
vice. Le tiers de chacune de ses journées était 
consacré au aommeU et aux repas; il partageait 
le reste entre les devoirs de la royauté et les oeu- 
vres de piété «t de charité (3). Son trésoria* avait 
I ordre de diviser son revenu en deux moitiés. 
La première se subdivisait en trois parts, dont 
Tune était destinée à réconqpenser ses ministres 
et ses doraaBtiqaes, une autre à £ûre des présents 
aux étrugers qid visitaient sa cour, et la troi- 
sième à payer le corps nombreux des ouvriers 

(1) Xsfffs Sttxotmm, Z Vl-XXU. ~ Chroniccm Sax. 

(S} Pour connàllre les heures du jour, Alfred eut re- 
eoun à un eipédieat met ingénieux : par des expérien- 
ces répétées, U trBQTs qu'une qnanUte de être, pesant 
71 pennies, pouvait faire six cban^ellcs chacune de douze 
pouces de lonf , et toutes d'une épaisseur éfrale, et qu'en 
les brOlant nme «pris l'antre , elles devaieut brûler 
cucteaHBt Hnflt^inatn bchres. Pnnr empêcher que ta 
flamme M fût InégaleneataetlTée par des courants d'air, 
lf% ehandeliet étalent renfermées dans une grande lan- 
terne de eome transparente ; or, comme la cnnsomma- 
thn de chaque ponce de ctre correspondait à lasolxante- 
éooxIèHW partie de bi Journée, en Tingt de nos minutes , 
H Art en état dt meiarer le temps avec une assez grande 



qu'il employait ; car il éleva des palais dans dif- 
férents lieux de ses domaines, répara et embellit 
ceux qui lui valaient de ses prédécesseurs, et 
rebâtit Londres et plusieurs autres villes que les 
Danois avaient réduites en crndrcs. On dit qu'il 
montra dans toutes ces entreprises un goût éclairé 
et qu1l déploya une grande magnificence. Parmi 
les artistes qui l'entouraient , se trouvaient un 
grand nombre d'étrangers , attirés par ses pro- 
messes et par le bruit de sa libéralité; et Ton dit 
quH acquit, dans leurs conversations , des con- 
naissances théoriques de leurs professions re>> 
pectives, qui étonnaient les ou\Tiers les plus lia- 
biles. L'autre moitié de son revenu était divisée 
en quatre portions : la première était dévolue 
à l'entretien de ses écoles , son dessein favori ; la 
seconde appartenait à deux monastères ({u'il ivait 
fondés, l'un, de religieuses , à Shaflesbury , à la 
tête duquel il plaça sa fille Ethclgive; l'autre, de 
moines, à Etlielingey, qu'il peupla d'étrangers, 
parce que les dévastations des Danois avaient 
anéanti l'institution monastique parmi ses sujets. 
Il employait là troisième portion à soulager les 
indigents, pour lesquels il fut en toute occasion 
un bienfaiteur dies plus généreux. De la qua- 
trième il tirait les aumônes qu'il distribuait an- 
nuellement à différentes églises : il ne limitait pas 
ses bienfaits à ses domaines, mais II les répandait 
dans le pays de Galles, la Nortliumbrie, rAnnori- 
que et la Gaule. Souvent il envoyait des prés^^nts 
considérables à Rome , quelquefois aux nations 
des bords de la Méditerranée et à Jérusalem : 
une fois nnéme il en envoya jusque dans riiule, 
aux chrétiens de Meliapour. Switheliu, chargé de 
distribuer cette aumône royale, rap[)urta au roi 
plusieurs perles et des liqueurs aromatiques de 
rorient. 

Cette activité incessante, jointe à une santé 
débile, lui attira «ne mort prématurée. Âirre<l 
mourut à cinquante et un ans. Son corps fut dé- 
posé dans la cathédrale de Winclicster. Mais les 
chanoines, qui prétendaient entendre des i^t'inis- 
sements sortir de sa tombe, le firent, par ordre 
de son fils Edouard, transporter dans ré<;Ii(;(i du 
nouveau monastère qu'il avait fondé à Winches- 
ter. Ses dépouilles mortelles y sont restées jus- 
qu'à la destruction du couvent par Henri Vill. 
A cette époque l'évoque de Winchester, Richard 
Fox, recueillit les ossements de tous les rois 
saxons, les enferma dans des cofTns de cuivre 
inscrits du nom de chacun, et les déposa dans 
l'intérieur d'un mur qui servait de clôture nu 
presbytère de la catliédrale. 

Alfred laissa doux fils : Edouard , qui lui suc- 
céda, et Ethclwerd, qui mourut en 07.!> ; il avait 
eu pour filles ËtheUl^e, mariée à ICthelretl de 
Mercie; Ethelgive, abbesse de Shafteshury ; et 
Altrithe, mariée à Baudoin, comte de Flandre. 

On vient de voir qu'Alfred mérite ù juste titre 
le surnom de Grand, On l'a souvent «>mi)aré à 
Charlemagiae. L'esipace sv\T\eïçiv\\\^\V'A ^:5.ç^çKt 
son intdUgicncc éUixl \>\«v \wX\V Vv r.îAv ^V çrVVkvt 



71 ALI 

mense empire de* Francs. Slai» le roi saxon as- 
sura ï soa pays rindépendance el une durée 
slaUe pcDdut plm d'na siècle, Undii qne l'cra- 
TTe de Chailemagiie s'icronla qiris loi. Quiat à 
la rig^DératioB des lettres, à la bonne «dminis- 
tration de la Jostice, ani eocoangematiti donna* 
aux arts et an cmnmerce, «m nDUrqnedaiu ces 
deux hommes no génie égal d'organbaUt» et de 
prérojaoee. 

Les ouvrage* d'Alfred le Grand, 
qu'i non» , sont : an Corpt de lois . 
angto-M^on par Guillaume Lombard dans son 'A{>- 
Xaiavofiia ; Londres, 1 568, iD-4* ; — une tradiic- 
lioQ anglo-saxonne de ï'HUfotre ecelisiastique 
de Bide, pobliée p»r Abraham Whdoc; Cam- 
bridge, 164f , in-fol., et par F. Smitb, ibUt., 1722, 
in-roi. (d'aprfts des maanscrits de la bitdiothèque 
d'Oxford); — une traductioa anglo-saxonne de 
VHiiloireirOrose, imprimée stgc une tradoction 
anglaise; Londres, t773,in-S°: AUïed j aajouté 
deux mémoires géograpbiqnes tite-earieax pour 
l'état des sciences à cette époque; — nne tra- 
doction du Pattùral (Liàer PaslôralU cura) 
de saint Grégoire, STec one préhce fort remar- 
quaUe d'AIIM, qui en enroja one copie h chaque 
éTJquedarojaome; trola de ces copies ont été 
eonsen^junin'à nonjoars : celle de la Ublio- 
tbèque de Cambridge est dans un état d'int^ 
grilé parbite. Cette traduction a été imprimée 
dans l'édition de la Chronique d'Asser; Londres, 
1574, in-Tol.; Camilen et Vulcaniiu (de Smet) 
l'ont inférée dans lenrs recueils ; Francfort, 1603, 
în-fol., etLeyde, i&97; — one traduction du 
traité de BoAce: DecoTUolotfonephUoiophlâ!, 
Imprimée h Oxford, 169S, in-g*, et à Londres, 
1829, ia-B°; — nne traduction de qudqne* Soli- 
loques de saint AugostiD, encore inédite. 

On lui attribue aussi des traductions de psau- 
mes , de fragments de l'Écriture , et une COUec- 
tiondeprorerbes.SonT'eifantent en anglo-saxon 
a été imprimé i Oxford, I78S, in-4°, et à Lon- 
dres, i8îB, in-8*. C'est dans ce testament qu'on 
lit ces belles parolea : Let Ançlait doivent être 
aui»i Ubretqut leur» pmu^, La Vie d'Alfred 
aété écrite pti Aatle, moine frufaU, que lerd 
aTaildécidéàTenlrpuserilK roda tous les ans en 
Angleterre; dlea été Imprimée i Oxford, 17». 

ClirmUcn SateMtum. — Inplplni, Bittaria mo- 
natltrU CroflaitintU. — WUL HilailHirr. D* gatli 
nffm^ntloniwi. - spttitam, fjfi af Jlfnd; Otlori, 
rm.lof. — MKtorl. Lift t/ ^Ifret; Londro, itt:. 
-^Htnatf. Ltbtn ÀI/TiOi ttt CmHii( 11c d'Altrcil l< 
Gnndl, ouTniclndolLfBhuïiLi, Pirli.Iltl, Ib II.— 
Tnrnrr, BitlaTi ef lia ^agUi-SaxBiu. 

ALPKBD, ABLFBKD, KLPBED OU JLITBB- 

vos, prince saxon, fils dn roi Ethelred n et 
d'Emma fille de Richard I duc de Normandie, 
liTiit dans la preroiire moitié dn oniième siècle. 
Pendant l'hiraBion des Danois sous Swejn , il se 
tronvait, ainsi que leur oncle son frère Edward"; 
en lOis, à la courdn dnc de Kormandie. Dans 
linterTalle, leur mère Emma, derenne reure 
^^Kfrefrtk/, ^MWM te nf CaoDt r. A la moTl de ce 



prince en I043, Alfred, résolu de faire Tiloir ses 
droilsàtacouronne,s'embarqut ponrl' Angleterre 
t la (été d'une armée consûénble et peul-élre 
eût-il atteint son but, si Godnio, comte de Kent 
et bean-frère de Cannt, n'eût pris parti contre 
h]i, tout en ayant l'air de loi êtn brorable. I.cs 
Normands, attirés dans nne embuscade aux envi- 
roas de GuQford , furent dédméi ; Attnd fut fait 
prisonnier et conduit dans Itle d'EIj. Il eut les yeux 
crerés el son penécntenr Toolnt tUn de lui un 
moine. Alfred, eofenné au monailère d'Ely, 
échappa à la surrdllance dont il A^l l'objet , maïs 
non, à ceqa'9 parait, i une mort Tlolente, Ters 
103S on 1037. On n'est pat d'accord sur les dr- 
constances de cette mort Parmi le« versions 
qui ont en cours à ce sujet, U en est nne qui 
Mt de Godiiin le meurtrier d'Alfïed , de compli- 
cité avec l'éiéque Lltingcn. On raconte même 
que la rtàae Emma trempa dans ce meurtre 
pour assurer la couronne à sou autre fila Hardi 
KnuL Plus heureux qn'AlAvd, son frère Edouard, 
surnommé le coafesseor, épousa Edith, Aile de 
Godnm, et monta sur le trOne. Quand i Godnin 
lui-même, son crime lui profila peu, dit-on, et à 
son tour, il périt de mort fiolenle. 

DuchMnc, NOt, Ntrmataiorutiftr\t,im. ~ Ailrr^l. 
fUa Edaarili eon/éiiorti. t. m, dini UMarla aagtle, 
Scr^l.dtetm.—TmnKr,atit.4a anglo-Miow, II.M*. 
ALPBED onALURKS, inraoBané TÀnglalt 
( AngHeus ), pUlosopbe, parait amlr vécu dans 
la seconde mdtlé dn trduème dècle. Il fbt clia- 
pelain du cardinal Ottdioni, qui, oommé I£- 
pt, l'emmena arec lui en Angleterre. Roger Ba- 
con parle de lui comme ajant traduit plusieurs 
ouvrages dn grec en latin. Leiand et Pits calent 
d'Alfred des ouvrage! de médedneet de scien- 
ces naturelles {0e motu cordii; De renim 
natttra. De edvealione aeàpitrum), desCom 
mentaires sur k Traité des plantes et les Météo- 
rologiques d'Arislote. Ces ouvngea sont restés 
inédits , ou ne noua sont pas parvenus. 

[.Flinil, M Scrlftarliui ^Tifl. - Tiimcr, BlHlal». 
*ALPBBO, ALCBBOOU ALBBD,rf8£eii«r- 

ley, chroniqueur anglais, natif du Vorhahirc, 
mort en iiia ou 1136. D fut trésorier de l'é- 
glise de SalutJean à Beveriey, et a laissé , entre 
autres écrits, une chronique Intitulée Aluredi 
Beverlaeeniit Annales, siw Histariade Gestis 
regum BtitaiiniM, libri IX, publiée par Hearoe, 
Oxford, 1716, in-g°, d'après un manuscrit uni- 
que, ayant nppartcnn i Ttomas Rawlison. Celte 
chronique commence à l'hlstoiTB de Britns le 
Troyen, n^ardé comme le prtnier roi de la 
Grande-Bretagne, et va jusqu't l'innée 11Ï8. 
Baie et d'autres critiques II prennent pour une 
compilation extraite de l'ouvrage de Oeoffroj de 
Monmoulh, Defioratbmes Ga(fredi. 

B>k. JcHjrfor. ' Plu. DaStTifî. MV)l. — Taaet, Blo- 

ALFnBD on ALFBBic, de Malmsburi/, écii- 
vain anglais, mort vers l'an 999. Il fui nommé 
abbé de Halmsbury, puis évoque de lUrlon (Cr^ 



78 



ALFRED — ALGARdTTI 



74 



dkxm), 8or la recommandation de Dunstan, ar- 
chcTèque d*York. Baie et Pits citent deluideuv 
ouvrages. De Naturis rerwn, et De Rébus cœ- 
nobH $ui, qui n'ont pas Tn le jonr. 

Baie, Scripior. — PlU, De reinu Ângl. — Tanoer, Ji- 
èiiotÂ. trilam. kOem. - Wrigfct, Biograph. brUmn, 
titer. p. 47t. 

«ALPRBO et AEIEAM, deux scolpteufs etar- 
ehitectes aDemands, contemporains de l'empe- 
reur Amolphe, Tintoit dans leneuvième siècle 
de J.-C. Us ét^t natifs de la BaYière, et appar- 
tenaient à des ordres rdigieox. Us ont cons- 
truit le &roeQX palais impérial à Ratisbonne. 
Alfred avait été moine à Tegemsée; un ancien 
écrîTain dté par Fiorillo , le quallAe Atfridus 
preêbffier, et maçUter cujtuque artis ; et un 
dironiquenr, mentionné dans le Trésor de Fez, 
dit d*Ariram : Nullus in hoc svo viget inge- 
niosior i/to... artilnu et variis. Ariram était 
religieax du courent de Saint-Emmeran. 

FlorlUo , CuekidUê der MHeknenden KansU. — I*ez , 
TheMOurut OMcdot., vol. VI, part. I, p. 9. 

▲LFBlGy JSLFBic OU BLPRic, sumommé 
AbiKU (abbé) et Grammatietu (grammairien), 
écrivain an^o-saxon, vivait dans la seconde 
moitié du dixième siècle. On n'a sur lui que des 
détails peu nombreux et fort incertains. Il paraît 
avoir été successivement abbé de Saint-Albaos 
et de Cerne, dans le Dorsetslure. 11 eut pour 
maître Ethelwod à l'école de Winchester, et pa- 
rait avoir pendant quelques mois occupé , vers 
995,1e si^ épiscopal de Wiltac (aujourdlioi 
Salisbury). 11 a été confondu avec plusieurs 
autres écrivains de la même époque ; car le nom 
à'Al/iric, jE(/ric ou Alfred ^ était très-commun 
chez les Anglo-Saxons. H est l'auteur vrai ou 
supposé des ouvrages suivants : Homélies ou 
Sermons f extraits de saint Augustin et d'autres 
Pères de l'Église. La plus remarquable de ces 
boroélies, Pasehal Sermon for Easter Sunday, 
a été publiée en anglo-saxon et en anglais par 
Tarchevêque Parker, avec une préface; London, 
1666, in-8*; réimprimée dans Foxe, Acts and 
WÊonumentSy et dans d'autres recueils. ~ Une 
autre homâie, sur la naissance de saint Gré- 
goire, a été puUiée avec une traduction an- 
glaise, par Elstob; Loodon, 1709, in-S*"; réim- 
primé à Londres en 1839, in-8°; — un TrùUé 
sur r Ancien et le Nouveau Testament, publié 
en anglo-saxon et en aurais par l'Isle; London, 
1623 et ' 1638, in-4°; — un recueil de Canons, 
trad. da latin, publiés par Wilkins, Concilia 
Magnx Britannm et Hihemix; Lond., 1737, 
in-fol. ; — une Grammaire et un glossaire an- 
glo-saxons; Londres, 1838, in-fol. — Dialogue 
entre un maître et son élève , publié dans 
Tborpe, Analecta Anglo-Saxonica , 1834; — 
ose traduction an^o-saxonne du Pentateuque, 
publiée parEd.Thwaites; Oxford, 1699, io-8''; 
— une Préfact au livre de la Genèse , dans 
Tborpe,ina/ecla, eiLeo,AltsàchsischeSpraeh- 
T^ro^; Halle, 1838, in-8*'; — la vie de son 
maître Ëtlidwod » dans Sfabillon, Acta SS. Be- 



nedietinorum ; — un manuel à* Astronomie, en 
anglo-saxon, dans Th. Wright, Popular Trea- 
lises on Science written during the middle 
âges, etc; London, 1841 ,ln-8^ —Beaucoup 
d'autres écrits d'Alfric sont encore inédits. On 
trouve dans ses ouvrages des renseignements 
curieux sur les moeurs et les coutumes des An- 
glo-Saxons. — Affric Bâta ou Putta, ardie- 
vèqne dTorck, mort en lOôt, a laissé aussi 
plusieurs écrits qui ont été confondus avec ceux 
du précédent. 

Wright. Btoçraphia leteraria, vol. r. — HIckcs, The- 
iaurus liHgtuman iepUntrionattnm ; Oiford, t« toI., 
1708, iD-foi. - Wbarton, DUsert. de duobu* Bl/rlciî, 
dam ÂnoUa taera, 1 1, its. — Tborpe, Jnaleeta ançlo- 
ioxoniea, 

*ALPTBKiii, surnommé Abou-Mansour- 

Scherabi, Ait, vers l'an 980 de J.-C, le ministre 

et confident du khalife Aziz-Billah, contre lequel 

fl avait d'abord fait la guerre, et qui lui pardonna 

généreusement. Voy. Azn-BiLLAn. 

SilT. deSacy, CkrtsUmatkie arabe, t. II, p. los (nou- 
▼eUe édit. ) 

AL6ABDI {Alessandro), célèbre sculpteur 
et architecte italien, né à Bologne en 1598, mort 
à Rome en 1654. D Ait élève de Carrache , aux- 
quels il doit la correction du dessin, n com- 
mença par modeler de petites figures en plâtre, 
et y réussissait très-bien. Après avoir travaillé à 
différents ouvrages dans plusieurs villes de l'Ita- 
lie, il vint à Rome, où il fut employé par le cardi- 
nal Ludovici pour restaurer des statues antiques. 
Sur la recommandation du Dominiquin, il fut 
chargé de faire une Madelehie et un saint Jean- 
Baptiste pour l'église de Saint-Sylvestre. Ses sta- 
tues furent bien accueillies, comme elles le méri* 
talent. En 1640 on lui comfuandaplusieun groupes 
pour les églises de Rome, n fit ensuite la statue 
en bronze du pape Innocent X, qui lui vahit beau- 
coup d'honneur et d'argent ; son ceurre princi- 
pale, le beau bas-relief représentant saint Léon 
empêchant Attila d'entrer à Rome , date de la 
même époque. C'est le plus grand bas-relief qu'on 
ait jamais exécuté : la réputation qu'il obtint par 
cet ouvrage engagea Mazarin à inviter Algardi à 
venir en France ; mais l'artiste refusa. 11 devint 
très-riche ; on lui reproche beaucoup d'avarice et 
de dureté. Algardi s'éleva au-dessus de l'état de 
médiocrité où était alors la sculpture. Sans être 
aussi maniéré que le Bemin, il n'en a pas moins 
plusieurs défauts, entre autres celui de vouloir 
obtenir par les masses lourdes du marbre des 
eflets qui ne conviennent qu'à la peinture. 

Passer!, rite de' Pittori, etc. — Tiraboschl, Storia 
délia letteratura ital. — Cicognara « Storia délia tcol- 
tura. - Mlliila. f^ite, etc. ; Podz, Fiage de EtpaAa. 

ALGi^ROTTi {François, comte), célèbre lil- 
térateur et artiste italien, né à Venise le 1 1 dé- 
cembre 1712, mort à Pise le 3 mai 1764. Son 
père Rocco, riche marchand , allié à plusieurs 
familles nobles, l'envoya d'abord étudier à Rome 
au collège Nazarenc, puis le rappela près de lui 
à Venise. Rocco mourut presque aussitôt après 
le retour de son ^ ^ el c^Vâ-ôl \^ ^\s(à\s^^ 



76 



• ALGAROTTl 



76 



ses études à Bologne, 06 il eut pour maître Eus- 
tache Manfredi etFrançoisZanotti. H futpoëtedès 
l*àge de dix-sept ans, et ses vers de collège, publiés 
à son insu par Glampietro Zanotti, à Bologne, en 
1733, dénotent sinon un talent original du moins 
une brillante facilité. Ce fut cependant du c6té 
des sciences qu*Âlgarotti dirigea ses études avec 
le plus de succès. 11 acquit en algèbre, en phy- 
sique, en astronomie des connaissances étendues 
et c'est à tort que Foscolo l'accuse d'avoir escro- 
qué ( scroccato ) la réputation de savant. Dans ses 
études sur les beaux-arts, Algarotti faisait mar- 
cher de front la pratique et la théorie, et il alla 
à Rome comparer les chefs-d'œuvre de l*art mo- 
derne avec les débris des modèles antiques ; il 
voulut même avoir des copies de tous les objets 
qui excitaient son admiration. Quoiqu'il s'enten- 
dit fort bien lui-même à dessiner, à peindre et à 
graver, il se fit assister dans ses excursions par 
un jeune peintre, nommé Mauro Tcsi, qui devint 
dès lors son intime ami. L*amour de la science, 
le désir de se produire sur un plus grand theA- 
tre, arrachèrent Algarotti au séjour de Rome, 
et le conduisirent, à l'âge de vingt et un ans, en 
France, où il se lia avec Clalraut, Mauportuis, 
Fontcnelle et Voltaire. Ce fut au milieu de ce 
(oonde savant et spirituel , auquel il se dérobait 
de temps en temps pour étudier dans sa retraite 
du mont Valérien , qa*Algarotti écrivit ses dialo- 
gues sur l'optique de Newton, intitulés Newton ia- 
nismo per le dame; Naples, 1737, et réimprimés 
sous le titre de JHaloghi sopra Vottiea Newto- 
niana. Cet ouvrage n'eut pas en France le succès 
que l'autonr avait espéré, n Ait cependant tra- 
duit en français par Duperron de Castéra; Paris 
1752, 2 vol. in-12, en tnglais, 1739, en russe, 
allemand, et en portugais. Ses compatriotes re- 
prochèrent à Algarotti d'altérer le pur toscan par 
un mélange de gallicismes , et les séjours con- 
tinuels qu'il faisait hors de lltalie, le firent ac- 
cuser plus d'une fois de dédaigner la littérature 
de son pays. Enfin ses épttres en vers blancs 
(scio/^) publiées avec d'autres ^tres de Fra- 
goni et de BettineDi, et de prétendues lettres de 
Virgile dans lesquelles Dante et Pétrarque étaient 
attaqués, soulevèrent parmi ses compatriotes une 
indignation générale. Il dut se justifier conune 
d'une accusation de sacrilège, et déclarer qull 
n'était pour rien dans les lettres de Virgile. On 
a su depuis, en effet, qu'elles étaient de Bettinelli. 
Le reproche fait à Algarotti par ses contempo- 
rains de n'être pas assez Italien dans ses écrits 
lui a survécu, et Foscolo l'accuse positivement 
d'avoir corrompu la langue italienne. 

Algarotti passa aussi quelque temps à Londres, 
où il eut pour ami le célèbre homme d'État Wil- 
liam Pitt n accompagna Lord Baltimore à Saint> 
Pétersbourg et ce fut pour lui une occasion de 
donner, dans ses Lettere sulla Mussia, des 
renseignements assez précis sur ce pays alors 
peu connu. Au retour de ce voyage, il passa par 
la Prusse, et fut présenté, vers 1738, à Frédéric 



le Grand, qui, n'étant encore que prince royal, 
vivait dans la retraite à Rheinsberg. Algarotti 
possédait, avec des formes brillantes, un fond 
solide d'instruction fait pour plaire à un prince 
qui visait à la grandeur et ao bel esprit Frédé- 
ric, ne pouvant alors donner que son atnitié, Al- 
garotti chercha et obtint des faveurs plus r^es 
k la cour de l'électeur de Saxe, Auguste III, qui 
le nomma conseiller de guerre et le chargea 
de faire des achats pour le Musée de Dresde, 
ce qui l'obligeait à de fréquents voyages en 
Italie et à de nouvelles études sur les beaux- 
arts, n exposa ses idées à ce sqjet dans ses let- 
tres et surtout dans soi^ Sagtfio sopra la Fit- 
txira, qu'on regarde comme son chef-d*ceovre. 
Cet ouvrage eut un grand nombre d'éditions, et 
fut traduit en anglais et en français (par Pin- 
geron, Paris, 1769, in-12]. Algarotti, dans sa 
dédicace à la Société des Arts, qui accompagne 
l'édition anglaise, datée de Bologne, 1762, s'ex- 
prime ainsi sur le but de son travail : « J'ai 
tenté dans cet essai de rechercher les premiers 
principes de la peinture, et d'indiquer quelles 
sont les études nécessaires pour former un pein- 
tre complet. » 

Quatre jours après son avènement au trdne, 
Frédéric l'appela près de lui. Algarotti, qui se 
trouvait alors en Aogletcrre, se hâta d'accourir 
auprès du roi de Prusse, qui à l'époque de son 
couronnement (en 1740} le créa comte, et plus 
tard chambellan. L'amitié de Frédéric et d'Al- 
garotiidura sans interruption pendant vingt-cinq 
ans , jusqu'à la mort du dernier. Chaque fois que 
les deux amis étaient éloignés l'un de l'autre, ce 
qui arrivait souvent, ils entretenaient une coi^ 
respondance active. 

Tant de voyages et d'étudea, des couvres si num< 
breuses et si variées avaient épuisé la frêle cons- 
titutiond'Algarotti; et lorsqu'il se décida à quit- 
ter l'Allemagne pour aller demander à l'Italie un re* 
mède contre la phtbisie dont il était atteint, il n'é- 
tait d^â plus temps. Le climat de sa patrie ne 
put que retarder les progrès du mal. Après avoir 
séjourné quelque temps à Venise, à Bologne , il 
vint mourir à Pise. 

Algarotti, en véritable disciple d'Horace, par- 
tagea ses dernier jours entre la musique, les 
beaux-arts et l'entretien des amis, et il se fit à lui- 
même son épitaplie : Hicjacet Algarottns non 
omnis, souvenir heureux du îwn omnis moriar 
d'Horace. Frédéric, qui fit élever à son ami un 
splendide monument dans le Campo-Santo de 
Pise voulut qu'on sgoutât à cette épitaphc les mots 
suivants : Algaroito , Ovidii xmulOf Newtoni 
discipulo, Fredericus, Les héritiers d'Algarotti 
ajoutèrent à leur tour au nom de Fredericus l'é- 
pitèthe de Magnus (1). Bien qu'Algarotti se soit 
exercé dans tous les genres d'écrire, il n'a laissé 
nulle part de ces traces originales qui attirent l'at- 

ll) Au rapport de Camille Ugonl, le roi de Prusse ne 
remboursa Jamais aux hértUers d'Algarotti les frais du 
noDunent qu'ils avaient fait élever par ses ordres. 



77 ALGAHOTTI - 

(entioD de la postérité. C'nt par une flatterie un 
|«(l forte qiw \'Mt6 Hkhcleui l'a appelé un 
prolbiiil phllo)0)ibe et un sublime poêle; U ne 
hit qu'un (ayant almatde, un écriTaîn siùrituel, 
ef un amateur Irèt-éclûré des beaux-arts. Outre 
le« oarcagn dtyi mentloanéa , et une corrcspoD- 
dance iatércMante arec les iioraines les plus 
^iqeatit du dli-tiuitiènie eikle, Algarotti a 
laW un grand nombre de petite traités, ou 
d'cMolf, dû|IaoiH)JteronslespI|iiipipor1aDt« : 
Saggio sopra PAre/iilellura; —Sagglosopra 
FAeademiaJraaeete tn Roma;— la Purata 
de' regiU M re di Roma; — la Giomqla di 
Zama; —gV Itietu; — il GtntUefimo ; — il 
Commercio; — t' Carltsio; — Oroslo; — la 
XfCettUà ifl serivere nella propria lingua; — 
la ittma; — la Linjua/rancue, te le varie 
puililà di popoU nascono daW infiuMO del 
tlinta, délia virliidtllalegiilazlBne, t per- 
cha i grandi ingesni In eertt lentpt fioriseano 
Itilli Iniieme ; — Saggioper rr/ormare il lea- 
Ira deir opéra; — Ûltere sopra la tradn- 
:ipne delF Enéide del Caro; — il Cangresso 
di Citera. Uiiituqoeiqaaouvnf/ii ûuclievéi', 
nira autret uh Vie de Jules César, la Vita di 
Cttare, oiiail Triumvirato dl Ctsare, Crasso 

Lea œuTrea eompUtes d'AlgarolU iiuUiées A 
liTounie ca 1763-17aS, » toI. in-a-, aal été 
tfaduitesderilaUcaen franfaîs, mmis la dirediou 
de l'abbé Micfaekssi , par H. Beltbier et revues 
parlléiian;Beclm, 1771,8 vol. ln-8'. Une dus- 
triptioD des ebida d'art contanui dans sa mai- 
iOD de Venise fut poliliâe apr£s sa raort par An- 
Imio Salra sous la titre suivant : Caialogo dé 
quadri , dé àtugni , i di libri chc Irattaao 
detr arte del disigao délia Galleria delfu 
tigm. amte Aigarvttl in yeneUa. 

Léo JOUMBT. 



ttnUi : Vntoe, nn, In4'. ~ Fabnil, film ttalanm 
DÊKliiaa oailimttKm, lamt V, p. ut. — Iliinllla 
rinnj, CDRltiiiiBsiflii al uraH iltlla ktUratvra ila- 

_ TIMJila, ttatrtfa itç. /la). tUW.. tdI. VI. 

'ALGAZi (CAty'im), rabbin grec du dix-sep- 
tième «LÏide, est anteor d'un commcnlairc dilTus, 
intitulé Keiekibotk Miiehpot (Jps Sentiers du 
jugement), imprimé k Coostântint^tc par Franco- 
tim-SaloiniHi , t'an do monde Mia ( icc'j du 
J.-C.), ûi-fol. 
Wnir, DlUlaU. *«*r , 1. 1, t. Ml, I. III, Wl. - Rirlv- 

*ALsAsi (Samuel-beti-Iiaae),niiiàa,\^ii{ 
dit Candie, vivait vers le millea du siHzième 
titclc. Il est auteur de plusieurs ouvrajîos, très- 
MT«i. Sa Chnmologiqae (7ViI«dofA Alirahnm, 
e'nt-1-dire itération d'Abrtiliam}aËtéimpn'mé« 
t Venise, (587, in-8*. 



' ALÇAZZALI 7S 

' ALGAzi ( Salomon-ben-Abrakam), labbiii 
natif du Levant, mort en tS8J. Il fut liin^tcinjiï 
grand rabUfl i Maycnce, et a public bïaiicuuji 
d'ouvrages sur le Talmiid, parmi Icstjuob un 
reinanjue VAhabatk Olam (l'Ainour éltiriKl}; 
Conatajitlnople, 1M7, in-'t*i — Apkinaii SUe- 
lomo i la couche nuptiale de Saloniun ) ; Vêroiu', 
1C4S, in-4-; - Ilalicalli Eli [Les actetde Dieu); 
Smyroo, ICGS, ia-^", — Zekab Secah (le UIl-u 
dejancieni leinpi); Constantino|ile, 1G83, in-S'i 

— Jabid Shemuah, commentaire sur le Uali- 
colhotam (lainarcliedumonde];Venisi-,l(j3!j, 
jn-ful. ; — Lechem Selharim, comnKnlaire siif 
l'Aboda Sara du Talmud ; Venise, IGOi, in-i"; 

— ileàullepphetli Sapltiriin, publia d'abord à 
Smjme, sans date, réimpriiné par Gasimnl 
Steen; Amsterdam, 1703, b-8*. 



. , OMM 






Bibl. Bad>. I. 

ALUAïzsL) ( Abou-lb-Uamid Mohauimi.i! 
lùR-Mohawaed-AlCatl), phitosuplie arabe, nti 
en lOâS à TImu& (i'erse), mort i Kissapuur 
[Kborasanjen 1111 { :i03 de l'hère). Sun lùre 
était inarctiand de toiles île coton (gaz^atj, ce 
qui lit qu'on notnma le lils Alga^zali. Ajaat 
succpsaiveoienl étudié à Djunljln et a >issabaur, 
il fut appelé à une cliaire de tliéuh^ie à Bagdad, 
où il proTrssa avec un tel éclat, quu tous les 
imotns du pays ilcviarent ses parlisans zélés. Il 
succéda, dans la direction ilc la grande éoule 
do Bagdad , au célèbre docteur Jiiian-ul-Narc- 
mein. Après avoir dirigé eut élablii^cinent pen- 
dant quatre ans, il lit le pèlerinage do la Mecque 
rdsida quelque temps à Damas , à Jérusalem , à 
Alexandrie. Il était sur le point d'entrer daii« 
Magreb , lorsque ses euCanls l'invitèrent ï reve- 
nir dans son pays |>our arranger des alTalres de 
famille. De retour à Bagilod, Il reçut du sultan 
l'injonction de reprendre i Mssabour ta carrière 
de l'enseignement. Altjazzali obéit : Il professa 
environ encore quinze ans , et niounit en ïOJ 
(un de J.-C), après avoir fuudé à Missabour un 
collège et un couvent |iaur les Cudriii. 

Algaziali était un des auti'urs arabcj les plus 
savants et les plus féconds. Ses uu% ragi's, duiit on 
porlu le nombre & six cents, lui ont lïi t duniu-r les 
surnoms Je Hodjiil-al-hlam ( IVeuvc de l'Iidn- 
loisme) et de Zânal-Din lOrnument Ai: ta Fui); 
inaisc'eet peut-être à lurt, <|u'un le remanie coiiuno 
un des cliefs des At^liarilcs ou Orlliudoxcfi; 
car il a tro[i souvent varié dans ses crujaiicrs. 
Ses prindpaux écrits ont iwur titres : Kitafmn- 
nnhali-Filoio/a I nar les Opinions des philuso- 
ptiesj; — Maiassid-al-FalasI/a (h Tenilance 
dti pliilasopbcs ); — Teha/ot-al-faUui/a ( lii 
Dcslruclioo des philosopbes ). Ces trois traités 
contiennent ta récitation de divers systèmes 
plûlnsopbiques ; Averroés ( DettrueUti destru- 
ctionwïtphUoiophlx Aifa^ïa/t.dnns ti: vol. IX 
de ses Œuvres, Venise, l&GO), pense qu'Alf^t.- 



70 ALGAZZALI - 

propre i^stènte dans l'iaUmiame. Ces traitéd ont 
(Hé traduit* en bAreD; — /Jjra Otoum-al-Din 
(ResUoiatioa de» OMiaaIuuiecs religteosea ) ; on 
y trouve des critîqoei lur quelques articles de 
la foi muialroane} — Àlintittar ilaUioiamiXr- 
Zenati (Secours paissaol contre l'iiuui de 
Xaala); c'eti une ccntroTene politique, oli 
l'auteur combat les Impostures du fondateur de 
la djoistie des Almoravidn. Abou-Abdallah-Um- 
Tommel 7 puiu , dit-on , lldée de fonder la ày 
nastie des Àlmohades; — if iHin-aI-5aJU ( Ba- 
lance de la jusUce), bailé de morale; — AI- 
iklitstod-fil-atlccad (Traité des dogmei munl- 
nans), Qadques-ons de cet traités de ]^oso- 
^de ont i\é tradufts en laUn par Pierre Leeh- 
tMuteln , aoaa le titre de Phlltaopkiea et Lo- 
gita Àlgazioti; Cologne, ISM, 10-4°. 

La BibUolbèque Impériale de Piris powède 
pluaieora écrtia inédits d'Algauali ( fonds des 
naDotcrits arabes ). Lfun de ces écrits ( Ce gui 
sauve des égaremenCi et ce qui ielairell le* 
ravUiements) a été publié par A. ScbmSlders, 
a français et en arabe; Paria, ISii, in-B*. On j 
lil, entre autres, ce passage remarquaUe sur ta 
division des sectes phitotophlqnes : 

■ On classe les philosophes en trois calé^rie* : 
lïtalistes, nalutalistes, et théistes. Les tïtaUsles 
forment une secte qui, niant un Dieu créateor, 
modérateur, doué de connaissance et de puis- 
HDce, suppose que le nionde existe sans ciéa- 
trar,etqu1l ne périra jamais; que l'animal tire 
■on origine d'une matière prolifique particulière, 
et qu'il en a été et sera toujours ainsi. Ces gens 
sont hérétiques. Les naturalistes étudient laplij- 
sique et les phénomènes prodipeux des animaux 
et des plantes : ils font beaucoup de recherches 
analomiques sur les différentes parties des ani- 
niaui ; m^, tout eu voyant le merreilleux de la 
création divine et les chers-d'œovre de la sagesse 
de Dieu , ils ne s'efforcent pas à s'élever à l'Idée 
d'un Créaleur sage, qui connaît la fin des choses 
et leur bat. Et cependant aucun observateur ne 
saurait comprendre l'anatomie et l'utilité mer- 
veilleuse de tontes lesparUes du corps, ï moins 
qu'il n'ait celte conn^ssance indispensable de 
l'excelleote économie de l'ordonnateur dans l'or- 
ganlsatîondes animaux, et plus encore dans celle 
des hommes. Mais n'esMI point arrivé que ces 
hommes, à cause de leurs nombreuses recherolies 
physiques, soient allés jnsqu't se persuader que 
la juste proportion de la composlHon élémen- 
taire opère noe grande inOuence sur l'existence 
desanliDaux, etqueiaracnltélntellectudicméme 
de l'homme dépend de sa eoraposltlon âémeo- 
taire, et qu'elle est périssable comme die? Car 
celle-ci péril; et comme, selon eni, il est bcdn- 
cevable qu'une chose une fois anéantie puisse 
revenir k la vie, ils vont jusqn't soutenir que 
rime meort à Jamais sans retour. Niant la vie 
fotnre, fls M croient ni an pandis, ni h l'enfer, 
id ï la résurrection, ni an jagementdemiin'. Pour 
lob^ssamx amn THen, U d'j a,*seloo 1 



ALGHAFIKI 



EO 



aucune récompense; pour la désobéîssaiioe, au- 
cun (Mtiineilt. Vivant sans frein, ils s'abandon- 
nent à leurs penchants comme les bétra. Ceux- 
U encore sont donc hérétiques ; car le fondement 
delà foi, c'est lacrojanceen Dieu, an prophète, 
et BU dernier )our. Or, tout en cro jant i Dieu cl 
à ses attributs, il nient le dernier jour. 

• Après eai vinrent les théistes. Tds sontSo- 
crate, précepteur de Platon, qui lui-même fut 
précfpteDT d'Aristote. Celnt-d, en rédigeint pour 
les philosophes Ut logique, et en dassant les 
sciences, a rendu obscures des choses qui au- 
paravani étdent évidentes , et en a mis au jour 
d'aiUres qui étalait oubliées. Ces trois hommes 
comhattaûnl en géoéisl les deux sectes précé- 
dentes, c'est-k-dir« les fatilistes et les naturm- 
llstes ; mais, en révélant leurs défauts , ils cnsei- 
Kn^ent eux-mêmes Ce qu'ils avaient emprunté 
à d'autres. — Que Dieu préserve 1« crojanls 
' l'attaquer réciproquement comme Ils l'ont 



faitl» 



dat.AlMlaU. orlmtsla. — CatalD0M((M*K 



li9ia«r«^(«*ii<Daru»(.-*.|ScliinDlilEr>,&ulnn'M 
nr (a iocitiM d-Jluatiali ; Pirti, Flrmln Dldot, Ktl. 

ALCBK, en latin Àlgerus, savant prAlre de 
Lié^, mort en 1131. n fut d'atwrd diacre 1 
l'église de Soint-Barthélemy dans cette ville, d 
il était chargé de la direction de l'école ceclé- 
siastiqoe; il passa ieikk la cathédrale de Saint- 
Lambert, où il entretint une correspondance 
active concernant son administration. Après la 
mort de Frédéric, évéque de Liège, il refusa les 
olTres avantageuses de plusieurs prélats d'Al- 
lemagne; ilseretiraàClonT, etymourut daasla 
pratique de tontes les observances monasliquei. 

Noue avons de lui : 1' De mUerieordia et 
Jttstilia, mis au jour par D. Martèoe dan* le 
6' volume de ses Anecdola. C'est un recueil de 
passages des livres des saints Pères, accompagnés 
de courtes réflexions ; — 1' De taeramenio 
eoTporU et langulntt Domiiti. Ce trulé «£l 
dirigé contre l'hérésie de Bérenger; il étail fort 
estimé par Pierre de Cluny et par Érasme; — 
3° un opuscule sur le libre arbitre, rendu public 
par D. Bernard Pei dans le h' tome de ses 
Attedoeta; — A* De saerificio Mîssx , courte 
dissertation publiée dans le S' volume de la Col- 
leetio seriptorum velerum de Angdo Mai. — 
On regrdte la perte de ses lellres et de son bl^ 
toire de l'église de Liège. 

TritMoir, /n éatal. leripL-ÈccIti^ II. t. Ot l'ir. Itlml. 
Bentd. — ËniRir, In Eplil. el prit/, ad »ffcr, - ncl- 
lirmln, Dt urift. Eeela. — FsppcDi, Ktl. Brisin. 
- Viltn UBaié, JllM. A<I«.-Dup1n,JnMiDfi»«fMd(i 
aatiuTi Kcléilaitifit, — Cellkr, Nitlairt da ailmri 

*ALcaAFiKi (ibou-DJafar-Àhmed-ben- 
Mohammed), médecin arabe, mort en SGO ilc 
lliéghre (1144 do J.-C.) 11 véeiil en Espagne, 
et futsuilont renommé pour sa connaissance des 



Bl ALGaAFlKI 

dro^M. On n'i qat peo de dtftafli de h Tto j 
ancon 4a ttt écrtU n'a M imprimé. Li lADo- 
tUqm Bodlâenae d'Oiford pouMc de ee m^ 
deein troli «NnngM mtnuacriti : 1* on Tratlé 
da ilw^et, toanet dié par Ibn-EIbeTtar; 
^ntoDibrtgédeeeqDeleiGracietle* Arabe* 
«ot tait nir cette matière; ~ r> Sur tet jf^ 
ma ef tet (wmewt; — 3* Sur Ut mofrenf de 
tkauer Ut Amutcri vieiéts. 

ItB <M O nijltott.yiiiitii nMiMum «« rM»UiH 

éÊf mr^. Âmtl.- KluUH muj, CoMof . «M. aiH. 
■M».NW. «MU.,*.Na. 

ALSB&us-ULLÂB, c'wt-Mire I« Conqvé- 
ra*l pour la eaute <U Dieu , Bumom d'AL- 
MHAK (Uohmumtd-bm-Ywio^f-hen-ltatT ). 

ALOaui oa ALSiBi {/tanfûij), cumpoil- 
tear ifa mnaique ttaUen, né ï Bitada ra itM, 
norldUu aaTflle natale m 1733. n fut orgaaUlc 
de la eatbédnle de Brttda, et fit représentEr à 
Veaiie deux ùpiru ( rAmore di Ciiriio per la 
patria, et U lYioiifii delta Conlintnta ) qui 
cannt on grand niccèa. Ven la Bnde aea Jours 

I l'était acqni* aae lépulBlioa de uiot, en Dc 
Tirant que dli^iet aûaiaaatiéee de id. 

rtm, MHiçnpUi àa mattcHiu. 

ALS>UL«AI.KAZXO, tIcUtCCte et géomètre, 
Ditirde Carpidau leHodénoii, vivait dans h 
•Icoxième vwttié do Miiième siècle. D devint 
architecte du duc de Ferrare, et s'atbiclia priii- 
dpalemefil t l'art des fortiflcalions. Son ouTrafte : 
Alghifcl CarptntU apud Atphoniam II, Fer- 
roriz d*cetit areAUeetl oput, fut imprimé à 
Teiiae a 1570, in-fol., avec no grand laie 
typogr^dibine; c'était le tneillear lim d'archl- 
fcëtare qui dit para jusqu'alors. 

TlrtkouU.JlDrtatffnaMttralitra. 
AUiHUi (nkomoi), chlruT^en italien, ai à 
Fbitoee le 17 seftiaobre 1W9, mort le 17 sep- 
tcsalm 1713. H étudia d'abord sous son père, 
qtd Mail diirurflea de l'hôtel deDa Sonla- 
■ariak Fkireace, pnissous l'aoatomitle Laurent 
BdUal. In 1703, U fal reçu docteur à Padooe 
toaa le oâèbre TaDlsniert, et s'acquit une grande 
réputatioii comme opéraleur, et partial rcment 
amsae Ktbolomiile. D fin en grande eonsidén- 
tioo aupris de Oément IX, après une opération 
qn^ anItUteavr randetoCBciersde x pape. 

II moamt k la mite d'oie ampalatton, nécessitée 
par me Hme k feu qnl lid avait éclaté entre 
tea Bdna. On • de hd : lÀtotomia, omero dtt 
CBHir la pietra (avec des Bgnre* d'instruments 
HfhotonlTKS, da calculs, etc.) ; Florence, 1707, 
ia-4', el Venise, 1708, bM', ouvrage Irès-in- 
lémimtt povr IliItldTe de la cUrargle; — nne 
Mtre k ValHsBleri nir de* ver« sortii de la 
veMie, anr mw matlto propre k bgecler lea 
arttfea , et inr let budages employés chei les 
ÉgrpUeni , dans le e* volume do Glomale d^ 
VetUrati iTIlalla ; réimprimée dans Vailltnieri, 
A'««M E*paiaue ed ùuervatime. 



- ALHAKEU 8} 

■AUixiDB3CB(rfoH tfeiT-ben-Salomon ) . 
rabUn e^Mgnol , vivait dans lapienûère moitié 
do qaindènw siècle. On a de loi, entre autres 
oanagei mannicrits (inédits), une traduction 
bébr^qœ de la Morale d'Artttole, avec dei 
commoitalre* (btbiiotbèques de Puis, d'Oiford, 
do Vatican }. 



ALGKIH OU MALGRIK ( Jtan ), cardinal el 
tUologien , né ven la fin du douilème siècle , 
mort le 38 septembre 1137. On n'a aucun détail 
préds nir U première partie de sa vie. On sait 
seulement qn'Q fût prieur k AbbeviUe. Il vint 
ensuite k l'univenitéde Paria, où il acquit la ré- 
pnlatioo d'un homme savant el d'un bâbUe pré- 
dicateur. En 1115 il M nommé archevêque de 
Besançon, et en 1127 Grégaire IX le créa cardi- 
nal. 11 fut envoyé comme légat en Aragon, pour 
prêcher la croisade contre les Sanuioa ; dqxjis 
à négocia une réconciliation entre k pape et 
l'empereur Frédéric n. On a de lui, k U Biblio- 
thèque nationale k Paris, beancoup de sermons et 
un commentaire sur tes psaume* (en manuscrit). 
On n'a publié de lut qn un Conmtntairt tur U 
Cantique du canliqutt , imprimé k Paris en 
1611, ia-UA. 



AL-nADJADJ-BK!l-IOITCBF, VOJT. ASDALLU- 
BEN-ZOBJkÏB. 

Ai.BABUi-in:i-&TTi, somominé Jtfotenna 
(le Borgne), chef de secte arabe, vivait dans la 
Kconde moitié du huitième siècle, n fit son ap- 
parition k Hérou, ca[Ntale du Kliorasan («a 77t 
de J.-C ), où il se dcnna pour le fils de Dieu 
■ous la forme humaine, et ayant élé d'abord in- 
canié dans Adam et Hoé, et d'autres personnes 
célèbres. Habile daos l'art magique (sdeoccs 
physiques), U accompagnait ses prédicatioos de 
choses qui frappaient les yeui du vulgaire; 
ainsi, on raconio qu'il taisait voir des disques 
lumineux dont l'Aclal (lumière électrique? ) elTa- 
çait, pendant la nuit, la lunùère de la pleine 
lune; ce qui lui valut le surnom de Sazendeh- 
mah (Uicur do lunes). Le kbatite Hahdi fit 
piaicher contre lui des troupes. Albakem se reu- 
rerma dan* une forteresse, oii 11 te Et, dit-on, 
brtller de manière k ne laisser aucune trace dc 
son corps (en7S0). Les partisans d'AlUskem 
furent nombreux, et oa en rencontre aq|ouTd1iui 
sur les borda de l'Oxm. LliisloirB d'Alhakem a 
fourni t Thomas Hoore le Bitjel d'un poème ■■ 
OU le prophète voiU du A'Ao- 



Ibnng-l-AlUr, ifUlolTf iduroh Imi.). ~ IboilMi. 
VKial. KMsItm., >Bb iDDo lit. - D-UerlKlDl, BOIIol». 
Orliiu, in mal Nocu»(. 

* ALBAKXM-BIAMKILLAH (.l^oU-AIi-Min- 

tour), tixième khalllède t£«n*A,4fc\9k.4.v 



83 

nastie des Fatimites , succéda en 996 de J.-C. à 
8on père Aiiz-BUlah, et disparut à Tige de 
soixante et un ans , sans que Ton ait su com- 
ment. Rigide oi>serYatear des lois du Koran, il fit 
arradier toutes les yignes de TÉgypte, et ne per- 
mit aux juifs et aux chrétiens de ses États de 
ne porter <lue des turbans noirs. Ce fut sous ce 
règne qu'Ibn-Yunas dressa les tables astronomie 
(\\i&R qui portent le nom de Zi^^l'Hakemi ( Ta- 
bles Ilakémites). 

I ic W Jlfiakem-BiamrUlah , par Makrizi , dans SUy. 
4ti' Sary, Chrestomathie arabe, toI. I. — Aboulféda, 
Annal, puulêm.ftub an. US-996 de l'iiéi^e. 

ALHAKB.H V^ émir de Gordoue, né vers 
1 12, mort en 206 de l'hégire (821 de J.-C.), sur- 
nommé Alumda/ar(\e vainqueur) et ÀboU'l- 
*assin (le cruel). L'exemple de son père Hes- 
cham I*', auquel il succéda en 796, et son éducation 
soignée faisaient espérer à son avènement un 
rttgne heureux, en même temps que tout son 
maintien annonçait en lui un souverain brave et- 
actif. Hais les premiers jours de son règne fu- 
rent troublés par les guerres civiles. Deux de ses 
oncles, AbdaOah et Soliman, se mirent en ré- 
volte ouverte contre lui, et se liguèrent avec les 
chrétiens : ils décidèrent Charlemagne à envoyer 
de nouveaux secours à son fils Louis le Débon- 
naire, qui faisait alors une guerre très-active aux 
Maures. Alhakem se tourna d'abord vers l'armée 
de ses ondes, qu'il mit en déroute après une ba- 
taille acharnée ; il fut très-afTccté de la mort de 
Soliman , et il traita son autre oncle Abdallali 
avec bonté, en lui demandant seulement ses fils 
comme otages : il donna même à Tun de ceux-d 
sa sœur en mariage. 

Alhakem se porta ensuite à la rencontre des 
Francs , qui s*étaient déjà emparés de beaucoup 
d(î places fortes, entre autres de Barcelone. L'é- 
mir les repoussa, i)assa les Pyrénées, et ravagea 
tout le pays jusqu'à Narbonne; mais il ne put 
empêcher Louis le Débonnaire de prendre pied 
en Catalogne, et d'en expulser définitivement les 
Maures. Alfonse le Chaste, qui était resté tran- 
quille jusqu'alors, vint à son tour les attaquer. 11 
défit complètement deux généraux d'Alhakem ; 
il s'était emparé du Portugal , et s'était avance 
déjà jusqu'au Duero , lorsque le fils d'AIbakem, 
après plusieurs batailles dont le succès fut par- 
tagé, le refoula jusqu'au Minho, qu'il sut tou- 
jours garder. 

Pendant ce temps les habitants de Tolède se 
révoltèrent, et outragèrent leur gouverneur Am- 
rou. Celui-d s'en vengea à l'arrivée du fils d'AI- 
bakem, en persuadant à ce jeune prince de faire 
périr plus de cent des prindpaux habitants de 
la ville. Cette atrocité, qui se fit sans la moindre 
partici|)aUon d'Alliakem, conunença néanmoins 
à lui aliéner le cœur de ses sujets. 

Bientôt une conspiration formidable vint ai- 
grir le caractère d'Alliakem. Elle fut dénoncée 
imr un de ses neveux; et ic matin même qui 
avait été désigné pour l'assassinat do l'émir, le 



iVLHAl^pi 



84 



peuple, effrayé, vit suspendues anx erénçani^ de 
la dtadeOe les tê^es sanglantes de trois cents 
conspirateurs. 

Pour assurer à son fila Abd-e^|tahmaa la suc- 
cession de 08 trône si menacé, Alhakem conn^ 
qua, selon \à coutume, les principaux officiers de 
l'État, et leur fit reconnaître le futur émir, qui 
resta depuis diargé des soins <|n gouvemeipent. 
Alhakem se renferma dsns son palais, où V^bas 
du vin et des plaisirs vénériens le rendit idiot et 
crud. Le peuple passa du inurmurt; à la vio- 
lence , lorsque Alhakem, après avoir créé une 
garde de quinze ipiJle hommes composés de chré- 
tiens prisonniers ou achetés, imposa une nouvelle 
taxe. L'inauprection partit du faubourg occiden- 
tal de Cordoue. L'émir en fureur se mft à la tête 
de ses soldats, fondit sur la foule ameutée, et en 
fit un affreux massacre; après quoi les rebelles 
qui avaient échappé au carnage furent bajinis, et 
le faubourg qu'ils haÛtaient Ait rasé (en 817 de 
J.-C). Depuis ce moment une tristesse profonde 
s'empara de son Ame; des Images sondantes le 
poursuivaient nuit et jour. Il ne trouva qudqoe 
soulagement que dans I^ culture de la poésie et 
de la musique. 11 vécut ainsi quatre ans, en proie 
aux remords de sa conscience agitée. 

Alhakem !•' surpassa tous ses prédécesseurs 
en courage, en résolution et en sdence militaire. 
11 établit pour l'armée, qu'il disdplina, une solde 
régulière, et rattacha par là au service de l'État, n 
créa de plus des arsenaux et des magasins publics. 

Al-Nuwayrt, Uist. des Beni-Omejfjfah iVEtpagne^ 
vas. — Conde. Ilitt. de la dominacion de lot Moro$, 
t. 1, p. 150. — Casiri, BM. ai-ab. hisp, E$rur., t. H, 
p. 193. — Alinakkarl, IXptuut. moham.,.t. il . p. ige. — 
Aboulféda, Ann, Musl,, t. il. — Uariuol, Deicrij/ttoi 
lie t'yifrique. Ht. III, p. 83. — O'Herbclot, Bibl. orimt., 
a l'nrt. Ilakein. 

ALHAKEM II , suTHommé Al Mosiansir ou 
Montaser-Billah, neuvième roi de Grenade, et 
deuxième khalife omeyyade d'Espagne, né vers 
le conunencemcntdu dixième siècle, mort le 2 safar 
3CÛ (de J.-C. 30 sept. 97G). Il succéda, l'an de l'hé- 
gire 350 (de J.-C. 961), à son père Abd-er-Bah- 
inan ITI, et se montra <ligne de continuer un ré- 
tine aussi glorieu \ . Le sien, moms agité, vit se déve- 
lopperdansl'l'lspagnemusulmanetousles éléments 
de prosi>érité et cle grandeur qu'y avait laissés le 
vaiuqucur de Ceuta ot de Zamora. Déjà âgé 
d'environ quarante-huit ans lorsqu'il monta sur 
le trône, Alhakem y apporta une expérience con- 
sommée. Son père l'avait associé aux affaires, et 
iiu^me, dans ses dernières années, il n'avait voulu 
avoir que lui pour ministre. La belle âme d'Allia- 
kem lui méritait cette confiance. Passionné pour 
rétude et le commerce des savants , c'est au 
mouvement que ce goût dominant du souverain 
imprima aux esprits de ses peuples, qu'Alhakem 
a dû peut-être le principal titre de gloire de 
son règne , où , disent les lûstoriens arabes , les 
lettres furent le plus en honneur et le plus ma- 
gnifiquement encouragées. A son couronnanent, 
qui se fit avec la plus grande pompe à As^hara, 



9 anH été, I 



ALHAKEM 
I Bun pire, salué ilu 
. Jusijue-lA l'un dn 
m ami 6lé de raueiiK 
Un- à grands tnlt lUM bihliutbèque qui t'iltn, 
M-on, tBOO.OWTohnnet, dont il avait lul-in«m& 
âÊfoat la dMienieiiL Le calalogue «uil, ea- 
con loiB iCttn complet, rempliuail d^É qua~ 
* ' tel de diiqnanta feuilles. Lo 
Dontaunt ce précieux dApai, 
il le pnmier bernenu de la 
le d« CoMoQe ; il était cnnstam- 
■CBt oaTert ah UTanti de tous Icn iiay», qui 
J afflwtad. AHukem ne négligea rien pour in- 
nlqner à Blum, hd tili, les préceptes de mo- 
nle et de poMqne dont il l'applaudiHiait d'avoir 
Ut tt règle de oondnlte. « N'oublie iamais, lui 

■ i4pteiM onUuirentent en terminant ta e\- 

■ HmWIoiii , n'oaUie jamais , nioa fis, que la 

■ pais teale lUt \d honneur de* peuples; et 
1 gnd»4oi de te laiaier sëdnire pat les niiixi- 

■ HMa de l'amUtioa et de l'orKiieil. La néces- 
• (M «eule peut juttifier une piene, mtmo rn- 
I tnpciM pour rarantage apparent des sujets. 
•I D'allean la triste ^oire d'enrahir de» pro- 

■ *iiiet*,de rainer de* *aie), de porter jusqu'aux 

■ «liémités du BMMtde la désolation et la mort 

■ taDt-dla M dosx calme qne répandeat la jus- 

■ Hcaett* modération sur toute notre carrière, 

■ et «(D'asnre k notre dernière lieurc une cans- 

■ tieB M etenpta de remoris? ■ 

Si le» mérite* d'où prince se tnesurajeat i 
nmporlaace des éténements qui se r.nttaelicnt 
k MM règne, Alliakera aurait pu resUr presque 
^oré. Ce n'est pas qu'il n'ait eu h ctmr île 
wmtnrà ses peuples que les dispositions pad- 
iqoes n'e\ctDaient pa* en liij le courage et tes 
aaircs rertus guerrières ; mais lars(|iie, deuxans 
qwès son coaroonement, il SI puiilier Valiljd- 
Ud mmbt le nd de Léon, Sandic le Gros, ce 
ht beaaewip moins dans la vue d'iiumiller cet 
«ien alH d'Abd-er-Ralimau , qui rcTusait le 
bibat dD ta retoor de l'asiisboce A l'aide de la- 
fidle R BTwl reconqnis son trAne, qu'alîii de se 
eenfenner hn-mème, ostensiblement du inùns, 
t roUi^tion imposée par le Knrnn <lr Taire la 
pKrre onx infidèles. Celle expédition lut birntill 
Imniiiée parla reprise de Zamura, que suivit de 
prèi la conclusion d'un traité de |)aii. Lliistoire 
1 recualli des traits qui prouvent it quel juin! 
H avait sa rendre les nu^trats indépendants 
du* l'exerdce de la juatiee. Alliakcm se distin- 
lua de plus par le pand nombre d'édiliccs qu'il 
il élever. Observant lui-même îcnipuleusemunt 
les devoir* de la religion , U prescrivit iju'un 
tien des vi^KS lat arraché du sol de l'Espa;^.^, 
afin d'empêeber les musulmans de contrevenir 
ï ladélBise du vin par le Koran. Informé que 
toucoop de ses sujets se trouvaient rainés par 
ortte mesure, il ntodifia son ordonnance de ma- 
lière à faire tomber toute la pénalité sur ceux 
^i feraient usage de boissons spîritucnscs. 
[Extr. en partie de l'Eut, da g. du m. ] 



*J-NgvriTrl, /liit Oa Btni.Onnt'dl. int. - Al-Il.i- 
atji\.lahu-atii-i-IHaÈtaltli.- i.aùir.Uùt.ileiadem.; 
L t,p. tH.-Culr1.BM(.aras.«Up.Striir,. I. ir.p. m. 

■ AL-HAKTITH, astronome arabe, Tiv.iil au 
trotsièmc sitde de l'hégire (81â-912 de J.-C. ). 
Il composa plusieurs ouvrat;es d'astronomie, 
dtés par Ahou-Mosclar. 

Um. TariiS-al KAokema. 

■ AL-nazKS (Abou-Ali-al-lfaçan-beH-al- 
Haçan-iàn-al-Haytham), astronome arabe, 
natirdeBaisora, mort au Caire en i03S(.i3O(le 
l'hégire). Trfeï-vené <lans les sciences d'aptili- 
catloa, ii proposa un jour de nmslruiru un ap- 
pareil mécanique au moyen duquel on |iourraJt 
prédire d'une manière inlïillible les inundaiions 
périodiques du Nil, et il constata avec ta même 
exactitude la crue et la baisse des ea'ix. Il ^t 
mandé de Bassora par le sultan Hakcm-Bîam- 
rillah, khalife fltimile d'Egypte, qui lui donna 
tous les encouragements nécessaire pour le mettre 
en étal d'exécuter son projet. Mais Al-Hnxcn 
avait, pendant un voyage le long du Nil, rcconn|i 
le* obstacles qui t'opposaient à tonte exévuliun. 
Redoutant le courruuv du prince, il simula tatlé- 
menee, et passa ainsi le reste desa vie, copLml, 
dit-on, des livres et des manuiicrits, pour pour- 
voir k &a subsistance, It est plus aviinlageuse* 
ment connu par am propres ouvrages, dunt Ca- 
slri a donné la liste complète. Lia principaux 
sont : Commentaires tur l'Atmagesle de Pb>- 
téméc; — Commenta iies sur Its Éléments 
d'Eueliile; — TiaHiiVOpliqueet dis Crépus- 
cules, t>ublié par Gérant do Crémone ta [ Jl2, 
et de nouveau en latiu, il'après la traduction du 
polonais Vitcllivet; et aveclusoummenlaircsde 
EUsDcr, pour fijre suite au Traite d'optique il'AI- 
llaien, trailult et commenté par les Jnëiuus au- 
teurs, sous le titre de : Àl-Uaicn ou Al-ltiiirn 
Opticsi rJtesauriu Jièri Vil primam editi. 
Ejutdem Liber de Crepueulis ef iiul/ium As- 
aenstonibus , eumcommealariis liiinc'-ii, Ba- 
iiliensa episcopl; Bile, ia7I, in-ful. Al-llau'n 
flonuedansBon Traité d'optiijue, une dcscripliun 
de l'inil et une explication reinan(uable du idié- 
noinènede1ayision;i1y parle même loogueiiiunt 
lira verres grossissinls. Ce Ait d'3|H'ès si<s idée* 
ifu'on con.Uinisit IcspR-inlères lunettes. Il a autsi 
ibordé lo problème do la nirractiun <le la lu- 
mière , et résolu ta question de savulr sur quel 
point d'un miroir convexe doit luinbcr lalmniiire 
qui vient d'un cniIroH donué, pour qu'elle se 
i^néiddsse sur un antre point : c'est là ce qiH 
n'appelle le prtMème d'AI-tla/un. Son traité 
il'optiquc n'est pas mentionné jur In biographe 
rlcfi p1iilosop1ieGarabes,lbn-Kil'ti,bicn qu'il piirle 
rie l'auteur. Kepler paratt avwr bcancmqi proliiû 
des ouvrables d'AI-Hoien, dont plusieurs se trou- 
*cnt en manuscrits ilans les llibliothèques d'Ox- 
ford et de Lcyde. 



aUl. o/rum, iTit.p.llso. — OlograyàlMl- UieUMUtt . 



•T AL-HEDJADJ-IBK 

'AirNBDJADJ-iBs-MtrT*n, tii*tbémilid«ii 
arabe, virait à la fin du huititaoe et an commen- 
ecmcnt du Beavitme nicU- H a traduit dn grec 
en arabe les ÉUmenlt d'Eoclide et VAtntagetlt 
Ac Ploléméa. 

FltlEcl. Dr araMcif Jerlplarum procernH intar- 
»Hi Eueîidii. 

■AlfHOMaYDi (_Àbou-ibdillah-Moham- 
med-Ibn-Àbl-fltar-Al-Aidi), hiitorim arabe, 
ni il I1lc de Majorque en lois, mort en lOOâ 
de J.-C. n eut pour mallre te câftbre Ali-Ibn- 
Haim, Tondaleur de la aecte àcs hiiéniitei , fit 
leptlerinage de la Mecque, et vUila le Caire, 
Damas et Bagdad , ob B maamt On ■ de lui , 
entre autres oavragea (inédits), uac atttotre 
det illwlra Andabnulent, espèce de didion- 
Hire biographique des musulmuu espagnols 
cdMreii. Cet onviage ftrt conlinué, aprts U mort 
d'AI-Homajdi, par Adk-DhoUi, un de ses dis- 
dplet. 

Culrt.MM. arc». tl9.Eu^L ll,t, IW. — «liiuk- 
lirl, MoMam. Ùfiiat„ L l, p. m. - BiHli-Kliiibli, «i 
na( TarlUm-tJitdaltfn. - Ibn-Klullskin, DM. 
Maira#>l(w ( m inlw ). 

■«I^BOBB (lbn-Abd<r-rhaman-Àtkkhefi), 
qnatritnw émir de l'Espagne, succéda en 717 
deJ.-C. àAjiiob. IlreTageale midi de la France, 
d'où il revint cbargé de dépouilles. Sons le gon- 
vemement d'AI-Hoir, Pelage, le rcstaurateuT de 
la litKrté espagnole, s'enfuit de Cordone , où il 
ttait retenu comme otage, et arbora, dans les As- 
Inries, rétendard de la rérolte. Al-Horr enroja 
contre Pâage des troupes qui furent déraitet, et 
a fut r^Toqué en TlS. 
AiBiUirt . jroJM». Drwui., i, ii.p. n. -~ c<wdc, 

HW.ifa laia. ■ ■ 



Etpaha anbe^ f . IL 

ALROV (£Mib), littérateur français, né h An- 
gers en I7&S, mort t Paris en 1816. remplaça 
en 1797 l'abbé Sicard dans la direction de l'ins- 
titntion des sourds et tnnets, rt tiit nommé, en 
IBIS, principal dn collège de Saiot-GermaiD-cn- 
Ln^e. On a de lui ; DIseourj ivr Védutaiion 
des lourds-muelt ; Paris, 1800, ia-S°;^la 
ffoipjces.poïme.ibid., 1804,10-8";— Prome- 
nades poétlguet datu lut Aorpleet et Ici hô- 
pitaux de Piirt»;lbid., 181S,in-8>. 



cdKMtm in Murdt «I mitttt, p. I. 

ALI, nom commun à un grud Dombre do 
princes , de safants et de littteteurs oriartaux. 
L'ordre des prénoms offrant id de grandes dUt- 
collés à cause de r«tlw)gn|ihe si miaUe des 
noms arabes ou persans, nous avons dû clas- 
ser CCS homonymes par ordre clironolo^quc. 

ALI, Gis d'Abou-Taleb, quatritooe khalife des 
Arabes , né à la Mecque vers l'an de J.-C. 603 , 
mortiConfa le 17duinolsdeT«madlian de l'an 
to de lliégire (13 janvier sel de J.-C). Tout 
jeune encore, AU, dont le père Abou-Tald>,onde 
de Mahomet , était panrre et chai^ d'une nom- 
breuse lamille, fut ncudlli par le futur l^ista- 



HUTAR — ALI M 

leur des Arabes, qui l'éleTa coame «n pnpre 
Bis. Aussi fut-il le preinierà croire à sa mttSHn, 
et le suivait-il dans lee TaBéea écartées ob Ha- 



propbHe se crut asseï fort pour prèiAer hMte- 
ment sa docbine k SB famille,' aia lUMBUifOV 
lui amumcer sa missiaD , et denuaJa awc nib- 
tants : ■ Quel est cdnl d'entre ma* q/û ifrt 
m'aider dans mon œurreP Que oetad-là lolfw 
frère et mon mandataire auprto du peupfe < 
Tmis se taiiaient : AU, qui était le ptâs jamt, 
pritseulla parole, et s'édia: «AmofipniMli 
de Dieu , I moi spparli«nt llionneiir d'Ctn tn 
soutien et ton Tldr. > A partir de MttB épeqM, 
Ali joue le premier rûle, ^près Mah oe tet, 4au b 
grande épopée de l'établissentent de ITilMnimi, 
Jamais les cberatieri de la TaMe rende, inaak 
les douie pura de ChailanatpM ne sHiMMrHt 
par de plus grands exploil*, ne se HMMMiCBt 
phisdéTDués, plus courageux, phi tartocHM, 
dans DOS anctens ronusu de cberclerie, qn'AI 
dans les chioidque* des Orfaolanx. Lonqne M^ 
homet, traqué par les EorflscUtea, dut qnHIcr 
pendant la nuit ta demeore atoDrée d'iMMiH, 
ce (Ut Ail qui, e&Tdoppi du mani 
portait tiabiluellemenl le prophète, 
son lit pour j attendre le« eoops om 
U échappa, parce qu'on le recxionut t loope. n 
se trouvait au combat de Bedr, oà U porta I* 
premier coup en (àTcur de llsUmlsme. Aprtslt 
bataille, il fut rectmnu que de tous les nuMd- 
mans ceux qui avalent le [dus valOammenteo» 
battu ëlaient Ali et Hamia: Hamunatt ■teOi 
neuf omemls. Ail en avait tué eue. Habond, 
en récompense, lui donna pour ^oase ta ttk 
Fatima : le don nuptial qu'il denit olMr t «a 
Jeune rcrome avait été Dxé à la valeur de quatre 
cent quatre-vingts dirhems, dintun tierten ar- 
gent, un autre tiers en parftuns, «t le dernier en 
étoITes. Ali, qui ne possédait pas celte somine, 
fut obligé, pour se la procurer, de vendre ta cni- 
rasscàottûnsn, fils d'Aflïn, qui nel'acceptaa 
payement que pour la lu! rendre ausaitAt. 

Au combat d'Obod, Ali fiit blessé; mais, tout 
blessé qu'il était, il Mova la vie au propbète, ren- 
versé de son clieval et gisant sur le dump de 
bataille. Quand les KorâscMles vinrent attaquer 
Hédine, ce fltt Ali qui s'âença le premier pour 
repousser les Bssaillanti. Il vint se poster devant 
le plus redoutable de tous , Amrou-bcn-Abd- 
Woudih 1 Tonsangesllcmien,lu< dit Amrou; 
nous dpsnmilons des mAmes ancêtres : ce n'est 
pas sur toi que je voudrais faire tomber ma co- 
lère. — Et moi , je veut la mort , ■ répond Ali. 
A en mots, Amrou n'écoule plus que sa haine 
contre l'Islamisme ; mais il veut du moins com- 
battre à armes égales. H saute i bas de son die- 
val, lui coupe les jarrets d'un coup de sabre, el 
se prédjHte sur sou antagoniste. Tous deux se 
frappent, se défendent, et s'attaquent encore. Va 



ALI 



90 



Muage de poussière s*élève sous leurs pieds; on 
■e les Toit pins, on ne ftdt qu*cnicndre les coups 
^Hs se portent Les autres guerriers, restés 
knniobiles, cherchent à deviner l'issue du com- 
feety ifuttiid on entend tout à coup : Allah Akbar, 
« Dien seol est grand. C'est la formule de llsla- 
miame; elle annonce la Tietofae d*Alî. La pous- 
sière s'abaisse autour des combattants , À l'on 
¥Ofl le fils d'Aboo-Taleb agenouillé sur la poi- 
trine de son adversaire, auquel il coupait la tète. 
Qudqiies mois plus tard, Mahomet attaquait à 
SM tour la ftxrteresse de Khaïbar : deux chefs 
chergès par hii de diriger l'assaut avaient échoué 
dans leurs efforts. Ali était absent : il revint le 
soir même au camp, et Mahomet lui confia son 
éioidard. La garnison de la forteresse avait pour 
chef oa juif da nom de Marhab, que les chroni- 
ques arabes nous représentent comme une espèce 
de géant d'une force surhumaine. Ce Ait lui qui 
vint en personne repousser l'attaque du fils d'A- 
boo-Talà>, et les deux champions, à la manière 
des héros d'Homère, se provoquèrent d'abord par 
des paroles piquantes : « Tout Khaïbar, dit le 
jrif, sait que je suis Marhab, aux armes bien 
tranpées. Qui osera braver la force de mon bras ? 
— Ce sera moi, répondit AU, moi que ma mère 
a surnommé le Lion, et qui vais te mesurer de 
■on sabre à la grande mesure. » Ils se frap- 
pèrent à la fois : î'épée de Martuib brisa le bou- 
cfier d'Ali; le sabre d'Ali fendit le caitquc et la 
Mie de Mariiab, qui tomba mort. Abou-Rafé, 
ilbanclii du prophète, aclièvc ainsi le récit de la 
eaminèCe de Khaïbar : « Le fils d'Abou-Taleb , se 
trouvant alors sans bouclier, arraclia de ses gonds 
■e des portes de la forteresse, et, s'en couvrant 
contre lei coups qu'on hii portait, il ne cessa de 
combattre jusqu'à ce que Dieu très-haut lui eût 
accordé la victoire, n jeta ensuite ce bouclier, 
fie sept de mes compagnons, ainsi que moi 
huitième, nous essayâmes en vain de soulever. » 
0es missions importantes, des expéditions ha- 
«denses , telles étaient les seules causes qui 
pouvaient détennher Mahomet à se séparer de 
m pins cher diidple. Lorsque le prophète partit 
pour rexpédition de Tabouk , ce fut à Ali qu'il 
confia le soin de gouverner Médine en son ab- 
iowe; mais àpeine seftit-0 âoigné, que lesmé- 
eoateats restés dans la ville cherchèrent à ébran- 
ler Falfection d'Ali pour le prophète, en lui per- 
■adant que la détennination prise à son égard 
ébit nn signe de déAnreur. Ne pouvant supporter 
cette pensée, AU prit ses armes, et, r^oignant 
Famée musulmane, Q fit part à Mahomet des 
ioipçons qn'on lui avait (kit concevoir : « Us ont 
■WBli Udioneoty réponcBt le prophète, ceux qui 
ont vouln te fidre douter de mon affection. En 
ne privant de tes services à l'armée, j'ai voulu 
eoofier Médine à un second moinooème qui prit 
soin de ceox que j'ai laissés derrière moi. Re- 
tDanie,etTei]lesormafhmille. N'es-tu donc pas 
téuIbSi d'être auprès de moi ce qu'Aaron était 
aiprèt de Mobe? » Une afltetion si soutenue, 



les Ucns du sang, tout semblait annoncer qutf 
Mahomet désignerait Ali pour son suocesseor; 
mais le prophàe mourut sans avoir tàH connaître 
sa volonté dernière, et trois khaliles se succé- 
dèrent avant qu'Ah pût faire valoir les droits «lu'il 
tenait de sa naissance, de son alliance avec Fa- 
thna, et de tant de services rendus à l'islam. C'est 
qu'il avait une puissante ennemie, Aiescha, la 
fille d'Abou-Bekr, l'épouse favorite de Mahoinet. 
Cette jeune femme avait été un jour accusée d'a- 
voir trahi la foi qu'elle devait à son époux; et, 
dans l'enquête ouverte à cette occasion, Alf se 
montra disposé à croire à sa culpabilité, acca- 
blant de mauvais traitements sa suivante, afin de 
lui arracher l'aveu de l'inconduite de sa maîtresse. 
Justifiée par le témoignage de cette fille et plus 
encore par l'amour de Mahomet, Aiescha n'oublia 
jamais le mauvais vouloir du fils d'Abou-Taleb 
en cette circonstance, et le poursuivit d'une haine 
constante, employant contre lui tout le crédit que 
lui donnait sur les musulmaàs la passion que le 
prophète avait eue pour elle. 

Ce Alt seulement à la mort d'Othman, dans la 
trente-dnquième année de l'hégire (de J.-C. 665), 
qu'Ali fut proclamé klialife; et h peine sur le 
tr6ne, il vit s'élever contre lui deux chefs pui» • 
sants, Talha et Zobaïr, qui, sous l'influence du 
ressentiment d'Aîescha, l'accusaient hautement 
d'être le principal instigateur de l'assassinat 
d'Othman. A la voix de ces hommes égarés, un 
grand nombre de musubnans se soulevèrent; et 
Ali, après avoir essayé, sans y réussir, de ré- 
futer par la persuasion ces imputations calom- 
nieuses, fut obligé de recourir à la voie des 
annes. Les deux armées en vinrent aux mains 
près de la ville do Bassorah, dont les révoltés 
s'étaient rendus maîtres. AH combattit avec son 
courage habituel : ses deux fils Haçan et Hoçain 
se montrèrent dignes de lui. L'action principale se 
passa sur le point où se trouvait Aiescha; car 
cette femme implacable, montée sur un chameau 
célèbre par sa vitesse, et qui a donné son nom à 
la bataille (le combat du Chameau) ^ parcourait 
les rangs, encourageant de sa parole perfide tous 
ces hommes auxquels elle avait fait partager sa 
haine contre celui qui méritait à tant de titres de 
succéder au prophète,doBt il avait été l'appui le plus 
fidèle. Bieniftt les troupes du khalife, qui avaient 
mis l'avautrgarde de l'ennemi en désordre, pénétrè- 
rent jusqu'à elle et voulurent se saisir du chameau 
qui la portait; mais chaque bras qui se posait 
sur le frein était à l'instant coupé par ses défen- 
seurs; en sorte, disent les chroniqueurs arabes, 
que des membres abattus, des corps sanglants 
formaient autour d'elle comme un rempart Enfin 
elle ftit prise; et la litière où elle se tenait ren- 
fermée avait été attehite par un si grand nombre 
de flèches, au dire d'Aboulféda, qu'eDe en était 
toute hérissée, et ressemblait à un porc-épic. Ali 
se montra aussi clément après la victoire qu'il 
avait été courageux dans le combat. Il défendit 
de firapper les ftiyards, fX fiâx« ^<^ 



91 AU 

funérailles à ceux de 8cs ennemis qui avaient 
succombé, et accorda pleine anmistie à tous les 
autres. 

Vainqueur d'Aîescha, Ali dcTait avoir bientôt 
un rival plus puissant à combattre. Moawiah, 
fils d'Abou-Sofian, n'avait pas oublié qu'au temps 
de ridolàtrie son père commandait aux tritms du 
Hcdjaz ; et, décidé à ressaisir, au nom de Tisla- 
misinc, le pouvoir qu'au nom des dieux du pa- 
ganisme avaient exercé ses ancêtres, il s'était 
créé dans la Syrie, qu'il gouvernait depuis quinze 
ans, des partisans nombreux et dévoués. Ali, qui 
se méfiait de son ambition , le rappela près de 
lui ; mais non-seulement il refusa d'obéir , H fit 
encore suspendre dans la mosquée de Damas la 
robe sanglante que portait Otbman le jour de son 
assassinat; et, chaque fois qu'il faisait la prière 
au peuple, il appelait sur la tête d'Ali la ven- 
geance du ciel, l'accusant d'avoir suscité les fac- 
tieux qui s'étaient souillés du meurtre de leur 
klialife. Excités par ces prédications chaque jour 
renouvelées, les Syriens prirent les armes; et 
soixante raiUe soldats formèrent à Moawiah une 
armée puissante, commandée par le fameux Am- 
rou , le vainqueur de l'Egypte, alors gouverneur 
de la Palestine. Ali avait réuni de son cAté, dans 
llrak et la Perse, soixantenlix mille combattants. 
Les deux armées se rencontrèrent dans les plaines 
de SifRn , près de la ville de Racca. On était 
alors dans les premiers mois de la 37' année de 
rhégire. Plusieurs tentatives d'accommodement 
ayant échoué , on en vint aux mains ; et tcHe 
était, des deux côtés, l'égalité des forces ou du 
courage, que pendant l'espace de cent dix jours 
il y eut quatre-vingt-dix combats, dans lesquels 
aucune des deux causes ne put complètement 
triompher. Cependant les Alides avaient eu le plus 
souvent l'avantage : en trois mois de combats, 
dit Aboulfôda, les Syriens avaient perdu qua- 
rantc-rin([ mille hommes, et les partisans d'Ali 
vingi-cinci mille. La dernière lutte , qui fut la 
plus sanglante , mit les Syriens à deux doigts de 
leur perte*.. C'était pendant la nuit qu'Ali, voulant 
mettre fin h cette longue querelle, avait attaqué 
le camp de Moawiah. L'épée au poing, il frappât 
sans rel&chc, et, à chaque ennemi qui tombait, il 
s'écriait d'une voix terrible : Allah Àkbar, Dieu 
est grand ! Quatre cents fois on entendit sa voix 
retentir dans les ténèbres, et quatre cents ca- 
davres marquaient son passage. Électrisés par 
son courage , ses soldats le suivent, et font des 
prodiges à leur tour. Pressés de toutes parts, 
décimes par le fer, les Syriens ne résistent plus : 
ils se débandent, ils vont être anéantis, lorsque 
Amrou donne à Moawiali le conseQ de faire ar- 
borer le Koran au haut des piques, et de ramener 
ses soldats ainsi armés à la rencontre de i'en- 
n Voici le livre de Dieu , crient les Sy- 



01 



nemi 



riens; qu'il soit juge entre vous et nous! » En 

vain Ali veut renverser ce nouvel obstacle : ses 

troupes refusent de lo suivre , la victoire hii 

écliaitpc; le combat devient uno conférence où 



la ruse, la trahison vont triompher du bon droit 
et de la force. 

Plusieurs historiens reprochent k Ali d'avoir 
ainsi trahi sa cause, en reportant sur le terrain 
de la discussion une question vidée snr le champ 
de bataille. Avant de l'accuser, il foudrait savoir 
s'il lui était possible de refuser Tappel h ce code 
religieux et politique où , dans toute oocasfcm so- 
lennelle , les musulmans croient découvrir les 
jugements de la Providence. Ali, moins qu*aii 
autre, aurait pu résister à ce principe religieox 
que lui opposait son adroit rival. L'homme qui 
le premier avait embrassé la religion de rûlom, 
c'est-à-dire de la sounûssion, ne pouvait avoir 
recours à l'argument du sabre quand on invoquatt 
la loi de Dieu. La trêve fiit donc signée ; et Moa- 
wiah, toujours par les conseils d'Amron, de- 
manda qu'on nommât deux arbitres char^^ de 
découvrir dans le saint livre quel était cetei des 
deux prétendants qui avait mission de gouverner 
les fidèles. Ce premier succès des Omeyyadesfkil 
bientôt suivi d'un second , dû à la plus indigne 
mauvaise foi. Amrou, nommé arbitre par Moe^ 
vriah , persuada à son collègue chargé des jnfé- 
réts d'Ali qu'A fallait repousser à la fbis les pré- 
tentions des deux rivaux, et porter leur choix 
sur un homme dont l'avéncment pourrait obteidir 
une adhésion générale. En conséquence, au jour 
fixé, l'Alide, du haut d'une estrade élevée ad 
milieu des deux armées, s'écria : a Arabes qui 
m'écoutez, deux compétiteurs ont par leur que- 
relle ensanglanté l'empire : eh bien, je les dé- 
clare tous deux déclins de leurs droits, et je les 
dépose en la même forme et de hi même ma- 
nière que j'ôte cet anneau de mon doigt. » Puis, 
joignant le geste aux paroles, il déposa son an- 
neau sur la tribune. Amrou prit aussitôt la pa- 
role : 1 Arabes qui m'écoutez, dit-il à son tour, 
vous venez d'entendre mon collègue, en vertn de 
ses pouvoirs , déposer Ali du khalifot : en rerti; 
des miens, je confirme Texclusion d'Ali; et, de 
même que je mets à mon doigt cet anneau , ]t 
revêts du khalifat Moawiah, fils d'Abou-Sofiin. » 
Un long tumulte suivit cet éfarange jugement : les 
partisans d'Ali crièrent au scandale, et reftisèrenC 
de ratifier cette inique sentence. Mais la puis- 
sance d'Ali n'en avait pas mohis été rpdcment 
atteinte par cela seul qu'elle avait ét^ iiiise en 
doute : et telle est l'inconstance des partis, que 
les mêmes hommes qui l'avaient obligé à s*arfé- 
ter au milieu de sa victoire lui faisaient un crime 
d'avoir cédé à leur propre exigence, et d'avoir 
ainsi compromis le caractère indélébile de soe- 
cesseur du prophète. 

Bientôt se forma un houVeau parti, connu sooa 
lenom de parti des khouariâj ou schismatiques, €l 
qui semblait n'avoir pour but que de se soustraire 
à tout fien politique ou religieux. Reftisant ï. h 
fois de reconnaître Moavriah et AU , ces hommes 
protestaient au nom de randenne indépendance 
arabe, et prétendaioit que la f^oirc ne compensait 
pas la perte de la liberté. Ali les défit ooinpléto- 



ALT 



94 



« bords dû Tigre; mais trois de rcs 
ehappés à ses armes jnrèrent de ren- 
. àTeropire, en ôtant la Tîe aux com- 
nt les prétentions avaient coûté tant 
Arabie. L*un d*cux devait assassiner 
Hoawiah, et le dernier Amrou, qu'ils 
comme les fléaux du peuple arabe. 
t par d'horribles serments, et fixèrent 
le leur projet au vendredi 17 du mois 
n de Tan 40 de Thégire, résolus qu'ils 
tpper chacun sa victime au milieu de 
où les cheft venaient ce jour-là feire 
. peuple, ailn de donner à cet acte de 
n caractère religieux. Moawiah ne Ait 
Amron, absent, échappa, tandis que 
remplaçait fttt frappé à sa place; Ali 
irteUeroent atteint. Benversé dans la 
\ Coufa par im coup d*épéc sur la 
■«porté mourant dans son palais. Là, 
r ses deux fils Haçan et Hocéin , les 
ftt eus de Fatima, la fille du prophMr, 
les derniers moments de sa vie à leur 
coDsdls, cherchant à les détacher dns 
;t les engageant à tourner leurs pen- 
dèl. Pc\il-ètre à cette heure suprtmc 
iVavenir que, toujours repousses par 
Me fatalité, ses descendants, malgré 
à la vénération des Arabes, malgré 
acquis et leurs vertus personnelles, 
t dans toutes les tentatives qu'Us fe- 
ressaisir le pouvoir, attirant sur eut, 
fforts infructueux, la proscription, 
mort. 

belle réputation militaire, Ali a laissé 
homme bienfaisant, généreux, tou- 
k sacrifier son intérêt personnel à 
I l'humanité. H avait régné pendant 
et neuf mois, dont plus de Mh 
ient été passées à disputer sa cnu- 
s révoltés , et personne ne lui a rc- 
acte d'injustice ou de vengeance. 
II. Beinaud (9fonitments arahe$ et 
. r*", p. 345), passe pour avoir été 
; il avait du goût pour la poésie, et 
; encore de Ilii quelques poésies arabes 
s. Les principales consistent en scn- 
aies et pieuses. Outre cette science, 
usulmans lui en attribuent une d'Un 
rdevé : c'est celle de l'avenir et des 
lées. Us prétendent que le déi^ôt en 
fi danstmouvt^e mystérieux, appelé 
ms disent que ce livre est resté entre 
des descendants d'Ali, et qu'à etix 
t réservée la connaissance; les autres 
la possession en est commune à tous, 
Hbre à chacun d'y recourir. Les sut 
loks d'Egypte avnient entre les mains 
c cet ouvrage, qui a passé ail pouvoir 
de Con.stantinopic. H en existe plu- 
ions. Les Persdtts et en général les 
es droits d'Ali y ont une foi aveugle, 
Itent assez souvent. » 



Los rnlalogues de la Bibliothèque nationale à 
Paris mentionnent plusieurs manuscrits contenant 
qu(4que4-une8 des nnivres littéraires attribuées à 
Ali. Nous nous contenterons de citer les numéros 
14 23, 1 4C8 et 1483 de l'ancien catalogue sous les- 
quels est inscrit un certain nombre de ses poésies ; 
le numéro 439conteDant une espèce de prône dans 
lequel on n'a pas employé la lettre app^ élif en 
arabe; sorte de tour de force qui parait peu digne 
d'un M iKrnime, et fait douter de l'authenticité du 
morceau; puis enfin, sous le n° 1939 du supplé- 
ment au catalogue des mss. arabes, un recueil de 
cent sentences. Quant -aux éditions des œuvres 
du fils d'Abou^Taleb publiées en Europe, on peut 
les diviser en deux classes principales, ses sen- 
tences et ses poésies. Dès l'année 1G29, Golius 
publiait à Ijeyde quelques-unes des sentences 
d'Ali, que Pierre Wattier, docteur en médecine, 
traduisait en tançais et éditait à Paris en IfiCO. 
En if)!?., il avait d<^à paru une première tra- 
duction allemande et latine, sous ce titre : AU$ 
imprratoris mtislemici ccniuria proverhiomn 
dislichis latino-germanicis expressa ab Àii' 
drea Tschemingio; Rostochii, 1642, in-8°. 
Ockley, dans la troisième édition de son Histoire 
des Sarrasins, avait aussi donné une version an- 
glaise de 169 des sentences d'Ali; et en 1748, 
Letté, en publiant à Leyde le poème de Caab- 
ben-Zohaîr, y adjoignit plusieurs des sentences 
attribuées au gendre du prophète. Depuis le com- 
mencement du dix-neuvième siècle, plusieurs 
publications semblables ont été faites : en 180G, 
à Okfbrd : Sentetitiœ Ali ben Àbl Taiebi ara- 
biee et latine : latine vertit Cornélius van 
Wttênen; Oxonii, 1800, in-4». — En 1832, à 
Edimbourg : Apophtegms of Alee the son of 
Aboo Taleb with an english translation bg 
William Yule; Edimbourg, 1832, în-4'*. — En 
1834, alerta : Ali ben Abi taleb sententisc ara- 
bisée tt pertice, e eod, ms. Vimarenn primns 
edMit J.-e. Rr<cAT/;Tenîc, 1834, in-8". — En 
1837, à Leipzig : Heinridi Leberecht Fleischcr, 
AWs hundert Sprûche arabisch vnd persich 
paraplirasirt ; Leipzig, 1837. Passons main- 
tenant aux {Méfies d'Ali. Quelques-unes d'entre 
elles furent pnbliées pour la première fois à 
Rome par le R. P. Philippe Guadagnoli , dnns 
son livre intitulé brèves arabica- instilutio- 
nés; Romœ, 1642, in-(bl. Golius, à la suite de 
la grammaire d'Erpenins en 165G, et Agapito, à 
Padouc, en 1687, insérèrent aussi queUpies jio- 
tiLs poèmes attribués à ce héros de l'islamisme ; 
mais ce (bt Gérard Kuypers qui consacra le pre- 
mier une publication spéciale aux poèmes du 
gendre de Mahomet, qu'il publia à Leyde .sous ce 
titre : Ali-ben-Abi-Taleb carmina arabice et 
latine , edidit et notis ilhistravit Gerardus 
Kuypers; Lugduni Batavorum, 1745, in-8°. On 
a aussi publié en Egypte, U y a quelques an- 
nées, le recueil des poésies d'Ali, texte arabe, 
portant la date de Bonlak, an de l'héfçre tl5& 
(de J.-C, 1840V ^«0* A\tïSii%, wi\Rrvtv\Y«*\^»»fc 






iricMutater U généilogiB dei 
d« M hérot de niUnriune; et nooi eiteroi 
ce pn^M, It nu. anbe d'Alidallah ben Qn- 
Aiaill, inicTlt i l'ancien eitiloeiii! de la B 
thtque nationale aoas le n* 63». 

[foEL nia VncDU. 

AHMlItàt. .ïnal. mviltutt, pir Kctatc, t. J 
DUtrlHM, BltKotMtui orlnCate, (rt. All — H 



r* di r./rat(c, -Pi 



ualti 



s DlOot, I* 



-K. Ciu 



nrali 

MtoMome arabe, TiraH protMblMiieBt aoua le 
lègae d'Ainurnoor, qui rtgu de 753 à 774. U 
a tradnttdu persan (pehlwi}a) arabe lea taUea 
aftroDomiqiiei, appdtea Ztg-Sbehriar. Ce* 
taUea «ont ■naUiturenaenent perdnea; maia Al- 
btari et d'aatrea écHrains les dtent aouTenL 
Le khalife AlnMBioar am't foil traduire da 
pehlwi un granit nombre d'ouvrages astronocol- 
queii beaucoup de terme* tniiiilqaei,ooTnine le 
Doroiteil; (table astronomiqDe), sont d'origine 
perune. Ceci non* condoit h auppoaer qne le* 
Arabes pourraient bien artrir etnpriinté au Per- 
Basa ta plupart de leur* connaisiaoce* aitrono- 
Dùqoe*, comme H* avalent empnmU ani Greca 
le* sdence* j^UloMphiquea et médicale*. 
mmnaiiuM, u. d« Il uawttbèQM t» uji». - 

UoçrafUtmlMMlniarf. 

* AI.I>ÂB>EIDBA , on dei doue imaua oD dea- 
cendant* d'Ab, regvdéa par le* sdtijtea comme 
te* seuls soccessenra Itgitime* de Habomet, 
naquit en 7b8 , et mourut onpoiionué ta S19 de 
J.-C. Ali épousa la Bile d'Alinamoan , kbalife de 
Bagdad, fin a'Haromi-al-Raschid. Cdui-d r«a- 
nHtt S17anprt*de loi toute sa hmille, qui était 
celle de* Abaasidei, et se composait de trent»4roi* 
tnlUe personnet avec le* femme* et le* mhnts, 
pour leor dfdarer qntl ne Tarait ni panni «es 
propre* parent*, ni parmi ceux de Habomet, de 
prince pins digne de M taecéia qu'AU. Les 
Abaadde* n'accqittrent pas cette dûsloa : une 
guerre civile s'enaidrlt; Al-Mamonn toi victo- 
rieux; nuis AH périt peu ^rès, par le poison. 

KwMil, nrlU ^^4omtl, ck. m. - Ikn-IhiUa- 
tu, tMcUokUotr.iUit* inba), L I, p,ui. - 
«koolMi, >mhL maUrm., L II. t. lit. 

Âu-iBH-iiMB ^ibn-IniuiU-Aboal-Baim), 
letkographa et grammairien arabe, natif de 
Mnrcie, vivait dans le doquiime tiède de l'hA- 
gire (dluime siéde de J.-C). A l'igede trente- 
dnq ans U dévint aTen^e, ce qui ne l'empêcha 
pas de se livrer aux travaux littéraire*. On dte 
de lui pluileur* traits pour fUre vdr qu'il était 
doué d'une mémoire tr^heureuae. a composé, 
entre antre* ouvrages, un grand diclioiniaire 
arabe en trente-deui parties; les seiiiime et 
(Hx-sepUime parUea se trouvent k la blUMbèqne 
del'Eacurial(n*&75). 

Iba-UuNcba, INct MOfrapA. - .\liMkkirt, Mth. 



I, KMMk.arab. kliy. B 
MimmM* arote. 11, Ut. 



a Mhtimta. — Cuin, MSIMJL ■ 



■ali-ibk-armko-al-imbahi 

den arabe , natif de Motaoul , mort en BU de 
J.-C. Ses leçons et sa ricbe biUiolhtqae Id af 
tirèrent de nombreux âève*. H écrivit nn com- 
nientaire nr l'algèbre d'Abon-Kamil-Scfaedja, 
un traité d'attnmomle, et divers tivrtt attral»* 
giques. 

Uff. ffjnr., Ll.r.ut.' 

*<LI-IBII- AL-AGBKABl-ABortJUSAK, 

•nraommé Shaibani (de la trifaa de ShUtba»), 
aatronome arabe, vivait dan* le qoatritroe aitde 
de I1)égiie, et éôivit un ouvrage intitulé Que*- 
tUmt et Éleetiotu , qui n'a pas été imprimé. 
rOrUt. Tsi. NI. SI. 40 Ijijir. 

'ali-ibu-ïbmkd-aboitlkasiii-almob^ 

TABI , célèbre malhématiden arabe , natif d'An- 
tioche, vivait i. la cour d'Adliad-Eddanlab , vera 
970 de J.-C. 11 aécrit un commentaire sur Eadkte, 
et pinceur* ouvrages d'algUire, parmi leaqnili 
on remarque un livre aur la manièradecalenkr 
avec le* doigts sans abacn*. Ce même aajet lU, 
chose curieuse, traité ven U même ^toque ai 
Europe par Gert>ert (pape STivestre D), qnl 
s'eapiime ainsi dans sa lettre CUL : JVee ftùtt 
pMosopbM fine Ilferfi hxe ( ntfloxet ntme- 
rt>naitatNKi)ati€ular{tveliMefttcatUra- 
ria : gvUI enim dicit eue dtgitot, arUeuloi, 
minuta, gvi auditor nuyorvm/are dedifttO' 
tur? Quid etiw idem nimertu modo ilmpla:, 
modo compotUut; nunc ut dlçihu, inme 
anutittialUT ul ariiatlut T 
Kim. TariM Mluitma. 

Au-BKR-KL-AHAs (Ata-oUm al mad- 
jouti ) , plus connu sou* te nom de Baly-Àbbai, 
célébra médecin arabe, mort en 3M de llié^ 
(9H-95 de J..C.). On ne tait qne peu de cboae 
de sa vie. Sdoa Abouirarailja (Bisl. dpuut., 
p. ïU;CAronic. ryrioc., p. 30S), H était Perte 
d'origine, et de U rdigion des Mage*. B étudia 
sous Abou MaherMousa,et devint médedn da 
tanieux Adhad-Eddaolab, quatrième prince de la 
djiustedesBouides.auqud il dédit SMiprincipil 
ouvrage, intitnlé Kttab-el-MaleU, c'eat-à-dira 
le Livre Foyal {liber Regiui). Cet oovitga, 
qui porte anasl le titre de Ketab Kamel Sui»- 
ntuh Etiablah, c'ett^Mire le lÀvre TNl-ren- 
ferme tout ce gui est relatif à fart midi- 
eal (1) , est divisé en deux parties, dont cbaeona 
te compose de dix livres : la pronlère partit 
traite de la théorie, et la tramdedela pratiqoa 
médicale. » Ce fut , dit Aboottaradje , le code da 
médecins jusqu'à l'époque où parut le Canon 
d'Avinnne; il continua même d'Jtre piuseatiroé, 
sous le rapport pratique, que le livre d'Avkenne, 
qui est plus savant. • Suiv*ntFreiiid,tesysti9tt 
de Haly-Abbaa est moini difflu que oelal d'Avl- 
GCnne. Void i cet é^rd le Jugement de H. Adam 

(t) Qoelqaa blofnrbri ddi hli et ett ttan titra tm 



97 



ALI 



98 



(Append. à Bariter's Lemprière, Londres, 1838) : 
« Je regarde, dit-il, le Lirre Royal de Haly-Abbas 
covnme le traité de médedDe et des sciences ac- 
cessoires le plus complet qui nous soit parvenu , 
en exceptant tout au plus le Synopsis de Paul 
d'Égine ; car ce traité contient un exposé satis- 
foiiant des principes de physiologie, qui manquent 
éba le médecin grec. On y trouve, entre autres, 
une mention exacte du rôle que joue le suc gas- 
trique dans la digestion; sa diététique est aussi 
judideuse que celle de nos médecins. 11 parle des 
calcub biliatres en termes plus précis qu'on ne 
ravait fait avant lui. Le neuvième livre n'est en 
quelque sorte que la reproduction textuelle du 
sixième de Paul d'Égine; c'est le manuel de la 
diimrgie des Arabes. Pour la généralité, j'estime 
Touvrage de Haly-Abbas inférieur au Canon d'À- 
vioenne; mais il lui est supérieur par la recherche 
et nndjcation minutieuse des détails d'une saine 
pratique. » — Haly-Àbbas suit les règles si sages 
d^Hippocrate pour la manière de vivre dans les 
difféêntes saisons et sous les différents climats ; 
il décrit nettement l'influence de l'habillement et 
des eaux minérales sur la santé; il indique un 
moyen singulier pour rendre moins nuisible l'eau 
dHin pays où Ton se trouve accidentellement : 
c'était de porter avec soi un peu de terre du pays 
natal, et de la délayer dans l'eau étrangère que 
Ton boit. Il avait aussi des connaissances anato 
miques très-étendues pour son époque; ainsi il 
décarit trè»-bien les petits muscles du globe de 
l'œiL Enfin, il ne cesse de recommander aux 
jeunes médecins de s'instruire plutôt au lit du 
malade que dans les livres ; et il assure avoir 
fait 9 dans les hôpitaux, la plupart de ses obser- 
vations. 

On n'a pas encore publié l'original arabe du 
lÀpre Royal, bien qu'on en trouve un assez grand 
nombre de manuscrits dans les principales bi- 
bliothèques de l'Europe. La traduction latine, don- 
née en 1127 par Etienne d'Antioche {Stephanus 
Antioehenus), a été imprimée d'abord à Venise, 
1492, in-folio; puis à Lyon, 1523, in-4<*. On en 
a refHTodnit qudques chapitres dans Femel , re- 
cueil des médecins qui ont écrit De febribus, 
Tenise, 1576, in-fol. — La bibliothèque de Goet- 
fîngye possède un autre ouvrage (inédit) {Tra- 
datus de medidna) de Haly-Abbas, divisé 
en trms sections : lÀber sanitatis. Liber morbi, 
et Liber signomm. 

Aboalliradje, HiMt. Dpuut., et Chronie. Syr. — Ca- 
fllrl, BMiotM. arabieO'hUpan. Eicur., t. I. p. S60, trs. 

— Frelad, Hittonf qf phytic. — SprengrI, Histoire de la 
médecine, t. II. — HaUer, Bibliotheca medicinm prac- 
Me». — Wastenfeld, Gesehiehte der Arab. Aerxte, p. 69. 

— Clwalant, Handbueh der BUekerkunde^ etc. — I^lcoll 
ctPusej, Cataloç.Cod. mu. arab.blblioth. Bodt., p. 669. 
~ Rossel, Naiural Mttorf of Aleppo, yo\. If, Append., 
p. t. 

AU-IBW-TOUNIS (Aboul'Hasan) , célèbre 
asbron<»ne arabe, né à Misr (Caire) vers le mi- 
fiendu dixième siècle, mort en 399 de l'hégire 
(1008 de J.-C). n vécut à la cour des khalifes 
iatimitcs Azyz-billah et de son fils Hakim bi-Amr- 

XOUT. BIOGR. UKIVERS. — T. H. 



Allah ; toutes ses observations furent faites au 
Caire et dans les environs. L'ouvrage où sont 
consignés ses travaux porte le titre de Grande 
table; on le nomma encore la Table hakemite, 
du nom du khalife Alhakem , auquel il avait été 
dédié. Les Arabes le reniant comme l'ouvrage 
de ce genre le plus important qui ait paru jusque- 
là dans leur langue. On n'y trouve pas toutes les 
observations faites à la même époque par Aboul- 
Yéfa ; mais il y en a un grand nombre d'autres 
qui manquent dans l'ouvrage de celui-ci. La Table 
d'Ibn-Younis renferme ce qui est relatif à la pra- 
tique des observations, au calcul et à l'usage des 
tables, tant des tables astronomiques propre- 
ment dites que des tables chronologiques et tri- 
gonométriques, auxquelles l'astronome est sans 
cesse obligé d'avoir recours. Son objet est encore 
de corriger les tables rédigées précédemment. 
Voici comment l'auteur s'exprime dans sa pré- 
face : « Au nom du Dieu clément et miséricor- 
dieux! L'étude des corps célestes n'est point étran- 
gère â la religion. Cette étude seule peut faire 
connaître les heures des prières, le temps du 
lever de l'aurore, où celui qui veut jeûner doit 
s'abstenir de boire et de manger; la fin du cré- 
puscule du soir, terme des vœux et des obliga- 
tions religieuses; le temps des éclipses, temps 
dont il faut être prévenu pour se préparer à la 
prière qu'on doit faire en pareil cas. Cette mi^me 
étude est nécessaire pour se tourner toujours en 
priant vers la Kaaba, pour déterminer le com- 
mencement des mois, pour connaître certains 
jours douteux, le temps des semailles et la pousse 
des arbres, de la récolte des fruits, la position 
d'un lieu par rapport à un autre, et pour se diri- 
ger sans s'égarer. Le mouvement des corps cé- 
lestes étant ainsi lié à plusieurs préceptes divins, 
et les observations faites du temps du khalife 
Almamoun étant déjà anciennes, et donnant lieu 
à des erreurs comme celles faites précédemment 
par Archimède, Hipparque, Ptolémée et autres, 
notre maître et seigneur, l'imam Hakem , a or- 
donné d'observer de nouveau les corps célestes 
dont le mouvement est plus prompt (la lime et 
Mercure) , et plusieurs de ceux dont la marche 
est plus lente (les cinq autres planètes). » 

M. Relnaud, Géographie d'Abou{/eda, Introduction, 
p. xcv. 

' ALI-IBH-HAMMOUD, fondateur de la dynas- 
tie des Hammoudites en Espagne, mort en 408 
de l'hégire ( 1017 de J.-C. ). Lorsque les Édrisites, 
descendants d'Ali , furent chassés d'Afriqi>e par 
les Fatimitcs, Ali-Ibn-Hammoud et son frère Al- 
cascm cherchèrent un refuge auprès d'AImanzor, 
le hadjeb ou cliand)cllan tout-puissant de ITes- 
cham n, khalife de Cordoue. Ils reçurent dilTc- 
rents emplois élevés dans l'armée. A la mort de 
cet homme extraordinaire, ils restèrent fidèles à 
la fortune de ses fils : lorsque le dernier de ceux- 
ci eut péri sur la croix , Ali et son frère prêtèrent 
leur secours à Soliman , nouveau hadjeb, contre 
Mohamed, son rival, qui fut vaincu. Pendant 



toutes CEE guerres civiles, le TéritaUe i 
Hesclum était confiiié dans son palais, et était 
tour à tour exploité par tous les partis. Soliioan 
Icfita&saesiaeren 1013. Ali-Baounaud , décidé 
à Tenter Hesdiam, quitta l'Afriiiue, où Soli- 
man Ini avait donné un gooTernnnent ■■ il ga- 
gna une bataille sur Solimau (irËs de SéTille , le 
fit prieoimier, et le toa deaa propre main. Ali, de- 
Teun kboUTe , régna d'alnrd avec des principes 
de justice; mais s'apercerant que les habitants 
de Cordoue ne l'en aicDaieat pas davautaRe, il 
laissa conunetIrB i «es troupes merceaalrQs tous 
les exi^. Hairam profita de la mésintelligence 
qui s'éleva alors mtre Ali et ses sujets, pour 
prendre les annes, sous le prétexte de rétablir 
tur te trûne un prince de ta famille des Omerya- 
des. Battu -par Ali dans deux batailles, il fut 
pris et décapité. Mais AH lu-mËme Tut bit;ntût 
■près étranglé par des pages. Il était vertueux 
et il observait ses devoirs religieux; mais il 
Tut toifjours d'une cruauté impitoyaûe enrers 



thtqus orUxtalA 

ALl-UtH-RODHOITAK (Bm-Àli-Bt»-Dja/ar 
iJl-Anm), consn aussi sous les noms corrompus 
de Balf-RodooM, Eben-Rodan, Rodoltam, Jle- 
ioha», Robwtm, médedn arabe, natif de Dji- 
leb, près du Caire, vivait vers le milieu do on- 
liiiDetitde de notre ère. H était fils d'un porteur 
d'eau, et vint k l'ige de dix ans au Caire, où il 
f todia la pbikisopfaié et la médecine. Sans lor- 
lune, U gagna d'abord sa fie en donnaut des le- 
çons, et disant la bonne aventure lox coins des 
mea.'Ven l'igede trent^^eux ans, Use SI une 
telle r^otalion par sa pratique médicale, que le 
khaUTe El-Haktm, kbaliEe bliinlte de l'Ëi^ple, 
le prit ï son service, en lui donnant le titre de 
raU alalatteba, on d'orcAinIre. Pewlaat la b- 
mine qui désola l'Egypte trtûs Utit dans l'e^uce 
dedMix ans(10U-IOâSdeJ.'C.),il adopUnne 
pauvre orpheline, à laqueUe il conTia tout son 
argent. L'ingrate fille s'enfuit plos tard de la 
maison, emportant avec elle tonte la fortune (en- 
viron 20,000 ducats ] de son père adoptif. Ali en 
perdit la raisoD, et monnit dûs la misère. Aboul- 
faradje (ffii^ Dyntal., p. :23e) place sa mort 
dansl'annéeiso de l'hégire (ioe7-iDaS)i e(Os- 
saybiab, dsus l'an 453 de l'hère (IMt de J.-C). 

Ce médecin parait avoir joid d'une grande eé- 
Iâ>rité parmi sesconlemporains; car, deux siècles 
apiis sa mort, on montrait «score an Caire l'en- 
droit ùtt a vivait. Cependant il a'cat fait moÎDS 
remarquer par ses travaux que par u poléiwqoe 
violente avec les médedns de «M temps , et par- 
ticulièremoit avec Dn-Bottlan. 11 «dressa k ce 
dernier, qui l'avait attelé ■< crocodile du diable ■ 
à cause de sa laideur, une lettre sur les qualités 
du màlecin. On nous a conservé la liste des 



livres qui formaient la bibliothèque d'Ali-Ro- 
dhouan : il y avait cinq ouvrages de philologie, 
di\ traités de jurisprudence, quatre d'agricultum 
et de pharmacie, l'Almageste et le Quadriparti- 
tum de Ptolémée, l'Alhaouy (CoB/iJieju) de 
Rhazès, Hippocrate, Gratioi, Dioscoride, Rufns 
d'Éphète, Oribasc, Paul d'Élite, quelques écrits 
dePlalon, d'Ariftote, d'Alexandre d'Aphrodisiis, 
de Thémistius et d'Abou Nasr AHarabi. VoiU la 
bibliothèque d'un médecin arabe an onziteM 
siècle. Parmi les préceptes d'Aïi, on remarque 
celui-ci : • Quand vons êtes appelé, dit-il, aiq)rès 
d'un malade, coutentei-vouB d'atiord k ne lui 
ordonner que des remèdes inoflensifs, jusqu'à ce 
que vous ajei biai saisi la nature du mal et le 
tempérament du m^ade. ■ Ce seul préoepte dé- 
note un praticien consommé. — Ali a coniqMiié 
un grand nombre de livres sur la médecine et la 
philosoptuc, dont deux ont été traduits en latin : 
1° llaly Ehen Rodan, Comnentarius in ar- 
temparvam Galenl; Venet., 149e, ia-fi>L; — 
fCommentarii iaPlolemxi Quadriparlitum; 
dans les élitioiis de Ptolémée, Venise, 1481 et 
1493, in-4°. Quant aux autres ouvrages, <mi les 
trouve en manuscrit daus les principales biblio- 
thèques de l'Eorope. Ainsi on voit à l'Escutïal : 
CommenCarius in librum Galeni de art» me- 
dendi ad Glauconem; ComtAentariiu in li- 
brum GatenidetrVm-medieorum, netiipeSa- 
lionalîvm, Methodieorum et Empiricorums 
— Apkoriimii et dans ta biUJothèque Bodléienne 
(d'Oxford) ; De pottoniàus guibvsdan ntu*- 




ALi-iBN-BAZM (Abm-itohimmtA) . écri- 
vain arabe, né à Cordoue en 384 de l'hégire 
(994 de J.-C.}, mori en 456 de VM^k (1064 
de J.-C). Il était fils d'Ahmed IbnSald, vizirde 
Hischam II, émir de Cordoue, et hérita de la 
charge de son père. Versé en jurisprudence et en 
théologie, il a été considéré comme le foudateni 
d'une secte particulière, les haiémites. U a écrit, 
entre autres , une Histoire des khalifes qui ont 
régaé en Espagne, et un RIsalah ou Épttrc sur 
l'Espagne, où il traite de la littérature arabe. 
On trouve cette épitre dans Almakkari, Histoire 
de PEspagne, 1 1, p. 168 de la traduction an- 
glaise. 



suraununé Adb-Dharir (l'A- 
veugle), poète arabe, natif de Ilosr, lillage près 
de Caïrouan, mort vers 1095 oe J.-C. Après 



101 



ALI 



loa 



la prise de Cûrouon pas tes Almoravides , il 
éouigra eo Espagne et s'établit à Séville , où il 
loua dans ses vers le sultan Almotamed. Ibn- 
Besaam alUt le recueil des poésies d'Ali-AUiosri. 

nnHUuUdao, DieL kograph. (arabe). 

AU ( Ibn-Iaussou/'Ibn'Tachefin ) , sultan 
d'Afrique et d'Espagne, de la dynastie des Almo- 
ravides mort en 637 de rhégire ( 1142-1143 de 
J.-C. ). n était fils de loussouf-Ibn-Tadiefitt , et 
monta sur le trâne l'an 1106 de notre ère. Peu 
de aourerains musulmans régnèrent sur un 
phis grand nombre de prorinces. Maître de tout 
l'empire de Maroc, depuis TAtlas jusqu'à la mer 
Méditerranée , il exerçait de plus son autorité 
sur TAndalousic, Grenade, Valence , et sur une 
partie du Portugal , de FAragon et de la Cata- 
logne. Les auteurs arabes rapportent qu'on 
foisait la prière en son nom dans trois cent 
mfDe mosquées. Il était d'un esprit élcTé, et les 
sciences ainsi que les arts reçurent de lui de 
aoUes encûuragiemcfils. C*est lui qui acheva la 
construction de la ville de Blaroc, commencée 
par son père. Mais bientôt la Taste étendue de 
ses domaines fut pour lui une cause de mine. 
Pendant qu'il était en Afrique, les cadis et les 
gooTemeurs des provinces d'Espagne abusèrent 
de son âoignement pour tyranniser les peuples. 
Les rois chrétiens de Castille et d'Aragon profi- 
tèrent du mécontentement général pour essayer 
de reconquérir leurs anciens domaines. En vain 
Ali accourut plusieurs fois de Maroc avec des 
armées très-nombreuses; en vain reroporta-t-il 
plusieurs victoires : ses succès étaient presque 
ausai meurtriers que l'eussent été les plus sau- 
vantes défaites. Pour comble de maux, il se 
forma pendant son absence , dans les montagnes 
de FAàas, une nouvelle secte connue sous le 
nom d'almohades. Les sectaires, retranchés 
dans leois positions escarpées, parvinrent à 
rendre tous ses efSorts inutiles. Bientôt même ils 
hn enlevèrent la plus grande partie de ses pro- 
vinces , et 11 mourut de douleur, après avoir vu 
sa pnissance sur le penchant de sa ruine. 11 eut 
pour successeur son fils Tachefin. [£nc, des 
g. du m.] 

Conde, JTut. de la dominât, des Arabes, t. Il, p. 19S. 
— CmM, BitUoth, arab. hlsp. Esc., t. II . p. fis. — Ma- 
rtana, ÛisL gen, de Espaha, Hb. X. 

* AU-IBn-ABI-ALI-AS8AIP OU SAIPEDDIM , 

faiiiiii arabe, né àAmide en 1156 de J.-C., 
nMirt à Damas en 1233. H étudia les mathé- 
■atiquen et la philosophie à Bagdad, fit des 
leçons pnbGques k Damas, et composa phmeors 
— i ia g LS fort estimés des Arabes. Parmi ces 
onvrages on en remarque on qui a pour titre 
Bakir , sor les sciences phOosophiqnes et ma- 
Chématkpies , en cinq volumes. 

Kiru, TmrUth'dkÊkœM.^ Hadjl Khalfah, DiciUmn, 
bioçra^kiqm. 

^ AU-iBH-BBSSAM , historien arabe, natif de 
Santarem, en Portugal, vécut dans le doosième 
siède. H est l'auteur d'un ouvrage excellent 
sur les hauts fiiits des Maores d'Espa^ie ; c'est 



une biographie, des hommes célèbres de cette 
nation pendant le onzième siècle. Cet ouvrage , 
dont on trouve des manuscrits dans les princi- 
pales InUiothèques ûe l'Europe, est souvent dté 
par Ibn-Khallekan. 

Almakkarl, Dfnast. moham., L I. p- 4T1. — Ibn-Khal 
Ickan, Dlctionn. biographique. 

*ALI-IBN-RHARI7P, sumommé Àboul'Ha- 
son , poète et grammairien arabe , né h. Séville 
vers 1155 de J.-C., mort dans sa ville natale en 
1212. On l'appelle aussi Àlhadhrami , c'est-à- 
dire originaire de l'Hadbramant , pour le distin- 
guer d'un autre poëte nommé aussi Ibn-Kharvf. 
On a de lui , à la bibliotbèque de l*Escurial , 
diverses poésies et un commentaire sur l'ouvrage 
granmiatical du célèbre Sibanyeh. 

Ibn-KhaUekao, Dict, 5 io^ap A. — A Imakkarl. Moham 
dfnast., 1. 1, p. 479. 

* ALI -IBN- AHMED -IBlf-ALI-IBN-MOBAM- 

MBD-ABOUL-HASAN, philosophe et mathéma- 
ticien arabe, mort à Bagdad en 1215 de J.-C. Il 
a formé un grand nombre d'élèves célèbres. 

K(ru, Tarikh'jtlhokema, 

ALI {Abaoul'Hasan), sumommé Nour-Eddin 
(lumière de la foi), deuicièroe sultan de la dynas^ 
tie des Ayoubites , né en 1158, mort à Satar 
en 622 de l'hégire ( 1225 de J.-C. ). Il était fils 
de Saladin, qui, ayant réglé l'ordre de la succes- 
sion , ne donna à Ali que la Syrie. Ali, voulant 
frusfrer ses frères de leur part, commença la 
guerre contre eux ; mais son onde Bfdek-Aladdel 
se dédara contre lui, le défit à Damas, et le con- 
fina & Sarkhad. En 1198, Al-Hasiz, frèred'Ali et 
sultan d'Egypte, étant mort et n'ayant laissé que 
des enfants en bas &ge, Ali reprit ses projets 
d'envahissonent. Mais son onde le détrîteia de 
nouveau, et lui assigna Samayzat pour résidence. 
Ali y mourut à l'âge de soixante-sept ans. n 
protégea les lettres, et il nous reste qudqnes-unes 
de ses nombreuses poésies. 

Makrlzl , Khittat Utsr ( en manmerit ). — Tbnoal- 
Atlilr, nratou-l-^éwaHs . aa ch. sor les Ayoubites. — 
D'Uerbelot, Bibl. orientale. 

ALI-IBN^ATD {Ahoul-Hasan'-Nour-Eddin)^ 
sumommé Algamathy (de Grenade ) ou Alnui- 
graby (de l'Occidentale ), historien et géographe 
arabe, né à Grenade <»i 1214 de J.-C., mort à 
Tunis en 1286. H fitses études à SéviUc, etse dis- 
tingua d'abord dans la guerre qui eut lieu entre 
les Almoravides et les Almohades. H visita ensuite 
te Caire, Damas, Mossoul , Bagdad, Basra, la 
Mecque et Médine. A son retour, il trouva l'Es- 
pagne déchirée par des Caictioos , et se retira à 
Tunis. 

A Bagdad, Ibn-Sayd mit à contribution les 
biMiothèques delà ville, aunombre de trente-six. 
En effet, cette capitale n'avait pas encore été sac^ 
cagée par les Taitares, et elle offrait des ressour- 
ces de tout genre. A Alep, où il se trouvait entre 
les années 634 et 658 de l'hégire ( 1236-1260 de 
J.-C.) , il attira sur lui l'attention du prince de 
cette ville, qui était un arrièrc-petit-fils du grand 
Saladin. Ce fut oe prince qui engagea Ibn-Sayd à 



103 



AU 



104 



faire part au public du fruit de ses voyages et de 
ses lectures. Ibn-Sayd achera le travail commencé 
par son père, et publia deux chroniques. L'une est 
intitulée Livre qui renferme des détails singu- 
liers au sujet des habitants du Magreb; Tau- 
ire porte le titre de Livre qui Jette du jour sur 
r histoire des habitants de Maschrec, ou Orient. 
Son petit traité intitulé Djo^rq/ya ou géographie, 
est un simple abrégé de celui d'Édrisi. H est par- 
tagé, comme celui-d, d'aprèsTordre des sept cli- 
mats, et chaque climat est divisé en sections. 
Chaque nom de lieu un peu considérable est ac- 
compagné de sa longitude et de sa latitude. I>e 
plus, comme , depuis Édrisi , beaucoup de nou- 
yeaux faits géographiques avaient été mis en lu- 
mière^ Um-Sayd les a insérés dans son travail. 
n dte souvent un écrivain appelé Ibn-Fathima ou 
fils de Fathime, lequel avait navigué sur les côtes 
occidentales de l'Afrique jusqu'au cap Blanc, et 
sur les côtes orientales jusqu'au pays de Sofala. 
Um-Sayd le cite encore pour le lac Aral et la ville 
de Rome , ce qui donne lieu à croire qulbn- 
Fathima avait composé un traité général. 

« Ibn-Sayd, dit M. Reinaud, n'a pas toujours 
travaillé avec la critique désirable, et il a quel- 
quefois mêlé un climat avec l'autre ; ses des- 
criptions particulières ne sont pas toujours 
d'une exactitude rigoureuse. Quand Aboulféda 
s'occupa de la composition de son traité, il se 
laissa séduire par l'origine occidentale dIbn-Sayd, 
et il lui accordia une foi entière pour les fh)ntières 
de l'Europe et de l'Afrique ; mais ensuite il re- 
connut ses inexactitudes, et la dernière rédaction 
du traité d' Aboulféda est dégagée d'une foule 
de passages qui se trouvent dans le manuscrit 
autographe de la bibliothèque de Leyde. La 
bibliothèque d'Oxford possède un exemplaire 
du traité dIbn-Sayd , qui est intitulé Livre 
sur rétendue de la terre en long et en large. 
Mais on y trouve de plus un livre plus consi- 
dérable, contenant, entre autres choses, de 
nombreux passages empruntés aux écrits histo- 
riques et géographiques d'Ibn-Sayd. Quelques 
savants ont induit de là qu'il existait deux ré- 
dactions du traité d'Ibn-Sayd , l'une plus déve- 
loppée que l'autre. Cette opinion me paraît sans 
fondement. Le second ouvrage se compose de 
deux parties attribuées l'une à Ibn-Ishac, et 
rautre à Ibn-Sayd. Il n'y est pas seulement traité 
degéograpliie, mais d'astronomie, d'histoire, etc. 
C'est évidemment une compilation faite par 
Ibn-Ishac lui-même. » 

M. Reinaod, Géoçraphiê d? Aboulféda , Introduction. 
- Hadjl-Khalfah. Dict, bibl. - Almakkirl . Moham, 
dynatt., 1. 1, 809. - Cailri, BibL arab. hitp. Esc, 

^ALi, surnommé Aboul-Basan, sixième sul- 
tan d'Afrique , de la dynastie des Beni-Abdel- 
Hakh , succéda , en 1331 de J.-C., à son père 
Othman , et mourut le 22 mai 1351. Peu de 
temps après son avènement , il envoya en Es- 
pagne son fils Abdel-Mélek, qui enleva aux Cas- 
tillans Grenade, mais fut battu devant Tarifa. I 



Vers le même temps , Ali ajouta , aux États du 
Maroc, Tlemcenet le territoire de. Tunis. Maître 
de tant de pays, il déclara aux chrétiens d'Es- 
pagne \%djéhad (guerre sainte); mais son ar- 
mée essuya une défaite complète, le 30 octobre 
1340, sur les bords de la rivière deSalado, près 
de Tarifa ; les chroniques évaluent la perte des 
Africains à près de deux cent mille hommes. A 
son retour en Afrique , Ali eut à combattre les 
Tunisiens rebelles et son fils, qui voulait s'emparer 
du trône. H succomba dans une lutte contre ce 
dernier. Ibn-Marzouk a consacré un ouvrage 
spécial k l'histoire d'Ali-Aboul-Hasan. 

Casiri , Bibl. arab. hisp. Eseur.^ t. II, SS3 et 301 — 
Almakkarl. Moham, dpnast., II. — Coode, HisL ds la 
dominât, des Arabes, III, fl. — MarrooU Uigtoire de 
l'Afrique , Ut. II. — Mariana , Hist. gen. dé EspaTta. 
lib. XVi, cap. X. 

*ALMB?r-ABI>-ER-BH AMAN {Ibn-Houkcytl), 

écrivain arabe , vivait k Grenade dans le hui- 
tième siècle de l'hégire (quatorzième siècle). Il 
a laissé un ouvrage intitulé Toh/atou^l-ar^fous, 
oua schiar sohkani-l-andalous (Présent pour 
rÀme,ou sentinelle pour les guerriers andalous), 
qui traite de la tactique et des armes en usage 
chez les Maures de l'Espagne. On y trouve des 
détails très-curieux sur la poudre à canon, dont 
on se servait du temps de l'auteur. Cet ouvrage 
a été dédié à Youçouf-Aboul-Hadjadj, septième 
émir de Grenade, de la dynastie des Nasrites, 
qui régna de 734 à 755 de l'hégire (1333 à 
1355 de J.-C. ). On en trouve des extraits dans 
Casiri, d'après un manuscrit de l'Escurial 
(n** 1647). Ali a aussi composé un Traité de 
l'art vétérinaire, dédié à Mohammed-bcn-You- 
çouf, huitième émir de Grenade, de la même 
dynastie, qui régnait de 1355 à 1395. 

CasIrl , mbUoth. arab. hisp. Etc., t. II, p. S9. ~ Al- 
roakkart, Mohammed, dynatt, I, US. 

*ALi-ASTERABADi, pocte persan, né vers 
la fin du quatorzième siècle, mort à Asterabad 
en 1431.11 fut l'auteur d'un divan ou collection 
de poèmes très-célèbres dans son temps , mais 
oublié maintenant, parce qu'il n'avait qu'un in- 
térêt local. — Hammer mentionne ce poète sous 
le nom de Derwend d' Asterabad, 

Dauladjah, Fies des poètes persans. — Hammer, 
Histoire des poètes persans. 

♦ALi-KUDSCHi,c'est-à-direrOi5c/ettr, astro- 
nome ottoman, né vers la fin du quatorzième 
siècle, mort en 1474. H étudia les mathématiques 
à Samarkand, et fut ensuite chargé par son 
maître', le prince Ulughbey, qui s'occupait lui- 
même de sciences, de terminer l'observatoire de 
Samarkand. Après la mort d'Ulughbey il alla à 
Tebris, d'où il fut envoyé comme ambassadeur 
auprès de Mahomet II. Celui-ci lui fit des offres 
brillantes pour l'attacher à sa cour; il accepta, 
et vint se fixer à Constantinople. Parmi ses 
ouvrages principaux on cite : le Fethrje et le 
Mohamedije, deux ouvrages de mathématiques, 
et un Traité sur le cours de la lune. La science 
astronomique des Ottomans n'a pas fait un pas 



kpuis Ali, qui en est la plus digne représen- 

■ALi-BBSTftMi, Écrivain turc, sumomnié 
Vuttanifek, ott le Petit anteur (parce qu'il 
WnmeDÇA «a carritre littéraire à l'ïge de quinze 
itti) , né en 1400 de J.-C., mort en 1470. 11 était 
>enwi d'origine, et descendait de l'imain FaUi^r- 
Eddin-Bam. En 1443 il Tint en Turquie, oli le grand 
izir HahnMud, grand protecteur dea lettres, 
e combla de trienT&its. Ali devint un des Khdkn 
es plua respectés. Mahmud a;ant condu avec 
e prince de Bosnie une capitulation qoi garan- 
teiait la vie à ce dernier, Mohamet U , qui par 
aapéramait et par politique ne rCvait que l'ei- 
enninalian de ses ennanis, s'adressa à Ali, afin 
l'iAiteiiir quelque prétexte pour annuler le traité 
□ré. Ali se chargea de cet acte délojal, qui de* 
i^t atnînerla dtsgrïce de sonUeÛTaileùi'; et, 
1 force de snbtilités, il fabriqua un fetna qui in- 
innaît U capitulation. U alla plus loin encore : 
e roi c^4ir ajant été introduit devant la cour 
la Hittan, K& le tua d'un coup de sabre, faisant 
oi^Denie l'office du bourreau. 

Les ouvrages d'Ali , écrits en arabe et en per- 
AB , sont au nombre de vingt , d'après la liste 
p'en donne Haminer. Ce sont pour ta plupart 
les cMnmentoirea sur la théolof^e, la morale, la 
, la grammaire et la poésie. Il a 
m poâne en l'honneur de Mahomet, et 
01 gkMsaire arabe sut le Jfotauwul d'Avjcenne. 
(■ta est surtout célèbre par son Prêtent à 
HaJuiuntd, traité de morale extrait d'un plus 
jand oovTBge. 



m (en 






ALi-ABOc-L-iussAEi, Vingtième roi de Gre- 
iadedel3d]iiastiedes!!aaritea,oiort vers 1484 
le J.-C. n succéda hsoopère Mahomet X ea 871 
le l'hégire (1460 de J.-C.]. Les trois premières 
■Diea de son règne fureat tranquilles; mais 
n 1409 le wali ou gouverneur de Malaga ayant 
ait bommage à Henri, ità de CastiUe, dont Ali 
4ait tributaire, il £t irruption sur les domaines 
le «oB suzerain, n n'obtint aucun succès; ses 
iropres sujets se révoltèrent en masse contre 
ni, et les meilleure soldats des Maures périrent 
lins cette guerre drUe , qui dura plusieurs an- 
lées. En 14S1 , prévoyant la guerre i outrance 
[De Ferdinand et Isabelle, auxquels il avait re- 
nte en 1478 le tribut acMutumé, allaient lui 
lire (l'Aragon et la Castîlle étant maintenant 
énnii), Q prit le premier l'ofTensive, et s'cm- 
on de Zabara. En revanche, les chrétiens sor- 
«irenl la forteresse d'Alhama, qu'Ali ticha 
lem îdia de reproidre, mais sans succès, pen- 
[int ce temps. Sa femme Zoraia, craignant 
pie la prédilection d'Ali pour une Espagnole 
1 les enbnts qu'il avait d'elle ne privït du 
rAoe ton fils Abn-Abdalla, appelé aussi Boab- 
Dl, trama une c<Hispiration contre te roi sou 
nari. Il t'cBsnivit une guerre entre k père et le 



I 106 

fils. BoBAdO fiil pris par les cliréliens, mais re- 
lïdié bient^lt après s'être déclaré leur vassal, 
pour entretenir la dividon parmi leurs ennemis. 
Quelques bonunes influents, lassés de ces éter- 
nelles gnerres intestines, firent eiclure du IrOne 
les deux compétiteurs. AU, qne l'Age accablait 
d'Infirmités, y consentit f^icilement, et mourut 
peu de temps qirès. 



■ALi-tBift-AMim, ministre du sultan Hu- 
sain de Perse, né vera 1440, mort en 15U0. U 
encouragea beaucoup les sciences et les (ettres, 
et orna Hérat de plusieurs édifices publics. Son 
divan 00 collection de poésies, en langue tur- 
que , a été pendant longtemps fort estimé ï la 
cour des princes de l'Orient. 



Diulidjili 



- Fllce 



■ali-makhdvh (ill l'Bvnugue), grand 
vizir du sultan Bajaiet II, mort en laij. Eu- 
nuque surveillant du séraO, il fut nommé eu I4S2 
pactia de Semendria, et commanda un corps 
d'armée dans la guerre sanglante contre les Tran- 
sylvains et les Hongrois. En 1497, il enleva la 
Dalmatie aui Vénitiens; en tbOO, il envaliit la 
Horée, et s'empara de HiMlan et de Koron, bou- 
levards de la Grèce. C'est après cette brillante 
conquête quil fut nommé grand vizir par Ba- 
jaiet II , qui avait en son ministre la plus grande 
confiance. H périt dans la guerre contre les 
Kurdes. Ali avait fondé à ses Irais deux mos- 
quées et une académie h Constantlnople. Aimant 
les tdences et les lettres , il avait la coutume de 
réunir chez lui une fois par mois les savants et 
les littérateurs distingués , et ne les congédiait 
quecomblés de présents. C'est sur la recomman- 
dation d'Ali que le sultan Bajaict n chargea le 
Perse Édris d'écrire l'histoire de l'empire ot- 

ALi-WASSi-EFFENDi , écrivain tnrc, natif 
de PbilIppopolU, mort en sao de l'hégire (1H3 
de J.-C. ). n se rendit ctièbre par sa traduction 
des fables de Bidpai; il l'intitula Hoitmadjou- 
name (Livre royal),et l'oflïit en hommageèrem- 
pereur Soliman. On lui attribue aus^ une His- 
toire des sultans Mahomet n, Ba}Bzet 11, Sélim, et 
SoUman. 

Himmerj dont l'Eœtclop^i* allgvuintU d'Ertcli tl 

AiA-xocunt (Ali - Paeha- Muesinade de 
quelques biographes), amiral (capitan -pacha) 
ottoman , vivait dans la seconde moitié du 
seizième siècle. 11 commanda, en 1570, la flotte 
de Sélim ndans la guerre centre les Vénitiens, 
auxquels il enleva 111e de Chypre, Duldgno, 
Anlivari, Budoa, et quelques autres places. 
Mais II fut vaincu et perdit la vie, le 7 octobre 



1S7I, (luis la fomciue bataille de Lapante. (Vas. 

tUlK D'AimilCUE). 

Ah ™"rir«W «rl»l XIlTiiimitoirtic laaiUKMi 

'ALI-ADIL'SHAH, prince indien, mort ea 

1580. Il succéda, ea 1557, à son père Ibrahim 
sur le Irilne île Bùapour ; û u ligua avec quel- 
ques ['rince» voisins contre le rajah de Dizana- 
gar, ipii fiit entiêrcmenl défait, en 1564, i la 
ftmeusc baille de Taliknolc. La ville de Biïa- 
nagar Tut rasée, et il n'en reste plus maintenant 
qu'an monceau de ruines. Kn I5D9, Ali essa]>a 
d'enlcïerGoaauxPortugais;maîg il fut repoussé 
arec perte. H ae borna depuis tors a bien admi- 
nislrer ecs ÉtaU : n embellit sa caplale, en j 
lisant construire des mosquées, de» établisse- 
ments de bains, des aqueducs, el d'autres mona- 
mcnts qui subsistent encore. Ëlanl saus entants, 
il désigna en 1 j73, pour successeur, son neveu 
Ibraliim ; et l'année suivante il M aasassiné par 
un eunuque. 

CûL. nng». Iliuort a/ (** MaiammHlan fOUtr in 
ftdia - Scoil, jyitunr o/ IS« Dct^n. 

AU (Hustafa- Ben -Ahmed -Ben- Abdel- 
mollah), célèbre bislorien turc. Dé t Galli- 
poli en !H9 de lliégire (1541 de J.-C.) , mort 
en fOOS de l'heure (1599 de J.-C.)H entra d'a- 
bord dans le corps des janiisairci, et composa, 
à l'Age de quatcrT.e ans, un pofme, Mihr ae 
Mah (Soleil et L'une), qu'il oITrità Sélira ; celui- 
ci en Tut iù charmé, qu'il s'attadia l'auteur 
comme socréUire. En 1593, il fut nommé secré- 
taire général des janissaires, et mourut pacliide 
Djidda, Son principal ouvrage a pour titre : 
Jftw/iO-MMar ( Mine de notion»); c'est une 
histoire universelle en quatre volumes, dont le 
qoalriÈrao contient l'histoire de l'empire otto- 
man depuis son origine jusqu'au commencement 
du oniièrae siècle de l'hère (sciilime de J.-C] 
Elle finit b l'aténement de Mahommed UI en 
1595, de manière que la Fetlilse de Hadji- 
Khalfahct les,1nna£exdeKayma, qui commeu. 
cenlïl'an 1591 de J.-C, peuvent être regardées 
comme )a continuation de l'histoire d'Ali. On a 
COTO de lui : Kadirelou-l-Slaharib (la SUreté 
des bataliles ), ou le récit des guerres de Sé- 
lim I" contre son père Bajazel et son frère Ali- 
mêd; — IKttssret-Name (le Livre do la vic- 
toire), on riiistdre de la campagne de la Géor- 
gie en 1573. Son mérite comme poète égale ce- 
lui de l'historien. 

lliDiiKr. CtKMeMU drr Oimaaiiclian DlcUtunit, 
c 111, p. lll-m. - D'Herbclol, Blàllot. orUtitalt, au 



■ali-huksi.isade, sumommd le D(f(er- 
dar, jurisconsulte turc, vécut au commence- 
ment du dix-septième siide. H composa en 1619 
une coUecllon des loU fondamenlales de l'empire 
ottoman. Il y traite du sjitème féodal , de la 
cour et des preaciiptioosde police chex lesTurcs. 

Uinaicr. iiini VKnefebipMii alltmaïult ttncb cl 
OrtOcr, 1 111, p. tit. 



AU itKr, (Iroi^nan turc,néà LéopoM en Gal- 

lida, mort en 1G7S à Constanlinoplc. Il était 
Polonais de naissance, mais les Tarlarcs, l'ajaat 
enlevé Irès-jcune, le vendirent aux Tui'cs,4ui re- 
levèrent dans leur rcli^n : son vrai nom était 
Albei-t BoboaakI. Après avoir accompi^ en 
Egypte un seigneur turc, qui lui rendit la li- 
berté, il revint A Constantinople, oit 11 fut, en 
IC71,nommé premier drogman du sultan HuImbv- 
med IV. On dit qu'A la On de sa vie il avait ab- 
juré l'islamisme. It parlait, dit-on, dii-sepl lan- 
gues. On a de lui : Grammaire turque; ^ iliC- 
tionnaire turc ; — le Caiichisme anglaii tra- 
duit en turc, et l'ouvrage de Grotius De verk- 
taie reiigionii cArùfianz, traduit en turc; — 
' deTarcorum lÀlurgia ; — de Peregrinatlone 
Ueccana; — de Circumciiione; — de jCgra- 
torum visilatiane. Ces quatre derniers traité» 
ont été publiés sous le nom d'Albertus Bolovûit 
dans Thomas Hyde, Feristol, OsJard, 1691. 
On conserve encore de lui en manuscrit dans 11 
bibliutlièque deLejidcuneTVaiJufflon lurgutde 
la Bible, et dans celle de Paris des Dialogua 
en turc et en lattn, et A. Coiataiut Jtmua 
tinguarum, trad.en turc. 

HoMn. Dict. Abl. - LaerDii, HMnotni m ftlat çt- 
Biraldcla Turquie.— HIirisEr, ^itDirtduOUOnuiu. 

' AU-iBS-BOCWATB (Aboiil-Soion) , sur- 
nommé Itnadtdaulah. Yoy. Ia*D-Ei>.DuuB. 

* ALi-CHOSLiu , gnuid viiir sou» le sallan 
turc, mort en 1711. Fils d'un paysan du village 
de Cborli, il s'éleva par ses lalenls ju«|n'k la 
première dignite de l'empire ottoman. Nommé 
premier ministre en 1706, il s'a|ipliqua i ;rét>- 
blir l'ordre dans les finances, déposa Anliochus 
Cantemir, bospoiiar de la Moldavie, accusé d'a- 
voir accablé ses sujets d'impôts , et le remplaça 
en 1707 par Michel Rakovita. Sonnt auv sug- 
gestions du rui Charles xn, qui s'était réfugié 
en Turquie après sa défaite ii Piilljn':), et qui 
voulait engager le sultan dans une i^erre contre 
la Russie, il tomba en di^icc, et mourut pa- 
cha de la Crimée. 



e Btufire atlaiiian. — VoJUIrF,tflitalnda CliarlaXII- 
ALI, surnommé Coummaardji (Charbon- 
nier), grand viiir ottoman, tué en 171j. Il s'at- 
tira ta faveur d'Alimet II par sa beauté, devint 
Irès-induent au sérail, et lUt nommé grand vi- 
iXt en I71t, sous Abmel UI. Il fût l'adversaire 
constant de Cliarles XJI de Suède, et contraria 
tous les projets d'alliance de ccini-ci avec le» 
Turcs ; il te fi}rca & quitter Bendcr. Il lit ensuite 
décider la guerre cmitrc les Ténilien^, dans la- 
quelle ceux-ci perdirent la Morée. Cette viola- 
tion du traité de Carlowil» entraîna la Porte dan» 
une guerre contre l'empire d'Allemagne. Ali, qui 
lie connaissait rien à l'art militaire, eut l'amlii- 
lion de « mcsorcr avec le prince Kugène. Il péné- 
tra en Hongrie avec cent cinquante mille liommes; 
mais il fut complètement battu il la hefaitle de P«- 



f09 



ALI 



110 



terwardin, et fl mourut deux jours apn>s, h. la 
suite des Uesmires qu'il y arait reçues en raîliant 
les fuyards. Ali avait beaucoop de présomption et 
d*orgueiI; mais on ne peut que louer son admi- 
nistration h rfntérieur, dans laquelle il s*opposa 
Tfgoureiiscmcnt aux dilapidations du trésor, en 
même temps qu'il fit pré\aloir un esprit de bien- 
TeillanGC inaccontumé. 

HamiDff, Uiêt. de Pempire ottoman. 

ALi-BBT, dominateur de l'Egypte, né en ! 728 , 
mort en 1773. C'est un de ces esclaves qui, 
Ternis des bords de la mer Noire et de la mer 
Caspienne, maintenaient, sous le nom de mame- 
luks, depuis pins de deux siècles , la puissance 
ottomane en Egypte. H avait treize ans quand il 
fîit oondoTt en Egypte ; et il entra d'abord au ser- 
vice d*un kektiya on colonel des janissaires, qui 
jouissait d*une grande influence. A l'âge de vingt 
ans il obtint le titre de kachef, on gouvemenr 
de district, n fut ensuite admis parmi les beys, 
qui , au nombre de vingt-qoatre et sous la direc- 
tion d'an pacba ottoman, s'étaient ps^gé les 
provinces d'Egypte. Enfin il parvint, en 1766, 
à renyerser tous ceux qui lui portaient ombrage, 
et s'empara de toute l'autorité. Secouant alors 
font reste de dépendance envers le souverain de 
Constanfinople, U cbassa le pacba, et, prenant 
lui-même le titre de sultan, fit battre la monnaie 
à son elBgie. 

La Porte Ottomane était alors impliquée dans 
une gnerre contre la Russie et la Pologne, et 
l'empire semblait menacé d'une dissolution pro- 
ctiaîne. Ali , ayant eu occasion de converser arec 
des Européens que la curiosité et le commerce 
avaient conduits en Egypte, forma le projet de 
rendre à cette illustre contrée son ancien éclat. 
D'ivres ses vues, cette monarchie devait recouvrer 
les mêmes limites que sous les Ptolémées et le 
grand Saladin. Après avoir pris les mesures qui 
hn paraissaient devoir assurer la tranquiUité gfité- 
rieore, après avoir fait alliance avec l'empereur de 
Russie ef avec Daher, pacha de Salnt-Jcan-d'A- 
cre, qui avait levé l'étendard de la révolte, il 
commença d'abord par se rendre maître de la 
Mecqne et des côtes de l'Arabie, voulant de nou- 
veau faire de la mer Rouge le centre du com- 
merce entre rorient et roocident. Il se mit ensuite 
en marche vers la Syrie, et s'empara en 1770, 
presque sans résistance, de Gaza, de JafTa, et du 
rest« de la Palestine. Dégà son armée était mat- 
tresse de Damas, et les troupes ottomanes 
avaient été battues complètement; U ne lui res- 
tait plus qu'à prendre le château de Damas, et 
tout annonçait que sa grande entreprise aUait 
être couronnée du succès, lorsque son lieu- 
tenant Mohammed -Bey, qui possédait toute 
sa confiance, se laissa gagner par l'ennemi, et 
rq>rit précipitamment le chemin de l'Egypte. 
Ce fnt poor Ali un coup fatal. En vain il dissi- 
mula son ressentiment pour fahre une nouvelle 
tentatiTe contre la Syrie; son dessein échoua, 
L%igrat Mohammed se révolta même om'erte- 



monf, et Ali fut obligé de chercher son salut 
dans la fuite. Dans son malheur il trouva un re- 
fuge auprès du pacha d'Acre; d'un autre côté, 
la Russie promit de lui envoyer des secours. Mal- 
hcnreusemcnt il n'eut pas la patience d'attendre 
la réunion de forces suffisantes. Trompé par de 
faux avis , il crut que sa présence seule ferait 
soulever l'Egypte en sa lïiveur; et s'étanl avancé 
jusqu'h Salehyé, il fut pris avec la plupart de 
ceux qui lui étûent restés fidèles, et mis à mort. 
Celui qui s'empara de sa personne était on ma- 
meluk appelé Mourad-Bey, le môme qui plus 
tard se distingua contre les Français. 

Ces événements se passèrent m 1773. Ainsi 
finit Ali-Bey , qui voulait régénérer l'Egypte , et 
qui avaft un moment appelé sur lui l'attention de 
l'Europe, de l'Asie ^X de l'Afrique. L'expérience 
prouva que ses talents liaient au-dessous d'une 
pareille tâche. Son aveugle confiance dans son 
favori, et l'irréflexion qu'il mit dans la plupart de 
ses entreprises, cansèrent sa ruine. Pour arriver 
au pouvoir, An-Bey ne s^était pas fait scrupule 
de recourir à l'assassinat et aux crimes les plus 
horribles; mais une fois maître du pays, -.1 cher- 
cha à fah^ régner une justice sévère, et les 
négociants européens établis en Egypte eurent 
beaucoup à se louer de son administration. Il 
était au reste superstitieux, et croyait à l'astro- 
logie judiciaire. [ Enc, des g. du m. ] 

Savary . /.«< f re< sur VEgtpt*^ voL II. — Volney, 
F'oyage en Syrie et in Egypte, II, IS*. — Hammer, Ritt. 
de Fempire ottoman. 

ALi'BET, pseudonyme d'un voyageur es;)a- 
gnol dout le véritable nom est Domingo Badia 
y Lcblich ou Castitlo. Il naquit m Biscaye en 
avril 1766, et mourut le 30 août 181^. H étudia 
à yalence la langue arabe , ainsi que les sciences 
naturefles, physiques et matiiéroatîqucs. Doué 
d'un esprit vif et inqm'et, il forma le projet de 
visiter TAfirique et l'Asie. H imagina de prendre 
un nom musulman , afm d'exciter moins de )é- 
fiance dans ces contrées ; et pour donner plus Vé- 
clat à ce voyage, il se fit passer pour un descendant 
de rniustre famifle des khalifes abbassides , qui 
régnèrent pendlant si longtemps sur Fislamisme : 
telle est l'origine du nom d! Ali-Bey, sous lequel 
il est universellement connu. Pour le succès 
d'un pareil dessein , U avait besoin des secours 
d'un gouvernement. La monarchie espagnole 
était alors sous l'administration de don Godoî, 
prince de la Paix. Ba<Iia s'adressa à lui , et, rat- 
tachant probablement son voyage à quelque vue 
de politique et de conomerce, fl parvint à faire 
agréer son plan. Il se rendit à Londres pour 
adiever de se préparer à sa singulière entre- 
prise. Déjà fl avait acquis une connaissance suf- 
fisante de la langue arabe. Il clkercha à se fami- 
liariser avec les mœurs et les nsages des peuples 
quil devait visiter ; U poussa même la précau- 
tion jusqu'à se faire circoncire. Quand tout (Ut 
prêt , fl repassa en Espagne, et se fit débarquer 
à Tanger au mois de juin 1803. All-Bey séjourna 



111 



ALI 



113 



successivement à Fez , à Mai'oc , à Tripoli , dans 
rile de Chypre et en Egypte. Au commencement 
de 1807 il était à la Mecque, principal but de 
son voyage. 11 visita encore Jérusalem , Damas 
et Constantinople. Il se disposait à rentrer dans 
sa patrie et à publier les nombreux matériaux 
qu'il avait rassemldés , lorsqu'à apprit l'entre- 
prise de Napoléon contre le roi Charles IV , et 
l'invasion de l'Espagne par les Français. Il se 
hÀta de se déclarer pour le vainqueur, et fut 
nommé en 1809 intendant de Ségovie , puis pré- 
fet de Cordoue. Mais lors de l'expulsion des 
Français , â fallut chercher un refuge ailleurs. 
Badia se retira en France, où il publia la relation 
de son voyage. Bientôt après il ionna le projet 
de nouvelles courses , e^ prenant cette fois le 
nom à'Ali^thman, fl retourna en Syrie. On 
prét^id qu'Q avait pour mission d'établir de nou- 
veaux rapports conunerciaux entre la France , 
sa patrie adoptive, et l'Orient. Mais il mourut 
suintement à Alep, et, à ce qu'on dit, empoi- 
sonné. Le pacha de Damas s'empara de tous ses 
papiers , et sa périlleuse entreprise resta sans 
résultats. 

Badia n'avait acquis qu'une connaissance su- 
perficielle de la langue arabe ; n ignorait l'état de 
l'Orient à l'époque où ses prétendus ancêtres, les 
Abbassides, avaient exercé leur domination ; mais 
fl réunissait des connaissances que peu de voya- 
geurs ont possédées à la fois. H avait étudié la mi- 
néralogie, l'astronomie, la physique, et avait em- 
porté avec lui les instruments nécessaires k ses 
(observations. Badia eut l'avantage d'être le pre- 
mier chrétien qui décrivit avec détaU des choses 
sur lesquelles on n'avait eu jusque-là que des 
idées incomplètes : telle est la Mecque avec son 
temple; telle est encore la mosquée d'Omar à 
Jérusalem. Aussi la relation de Badia , qui d'a- 
bord avait exdté des soupçons fondés en appa- 
rence, »-t-elle fini par occuper la place qui lui 
appartient. Cette relation, au reste, n'est que la 
première partie d'un ouvrage plus considérable 
qui parut sous ce titre : Voyages d^Àli-Bey, en 
Asie et en Afrique , pendant les années 1803 
à 1807, précédés d'une lettre au roi de France ; 
Paris, 1814, 3 vol. in-S** , avec un atlas com- 
posé de 89 vues , plans et cartes géographiques. 
L'auteur annonçait dans la ptéfieiGe la publica- 
tion de la partie purement scientifique, qui de- 
vait contenir la preuve de ses observations as- 
tronomiques, météorologiques, etc. Cette partie 
n'a point paru. [Extr. de l'i^nc. des g. du m. ] 

Biographie des Contemportting. 

ALi-PÂGHA (Wéli-Zade-T^lini), sar- 
nommé Arslan (Lion), pacha de Janina, né 
vers 1741 , mort le 5 février 1822. Ce person- 
nage, par le rôle qu'A a joué, peut donner une 
idée de la situation morale et politique de l'em- 
pire ottoman au commencement de notre siècle. 
A ce titre, il mérite ici une place assez large. Ali 
descendait d'un pacha albanais qui périt en 1716 
devant l'Ue de Corfou, alors occupée par les 



Vénitieus. Le père d'Ali , cliassé de la maison 
paternelle par ses propres frères, se mit à la 
tète d'une troupe de kleflhes (voleurs), mar- 
cha contre ses frères, les assiégea dans sa mai- 
son, et les y brûla vifs. La mère d'Ali, appelée 
Kamco, était fille d'un bey, ou grand proprié- 
taire du pays. Douée d'un caraàère vindicatif 
et féroce, die employait également le fer et le 
poison pour se défaire des personnes qui lui fai- 
saient ombrage. Ali naquit à Tébélen dans l'Al- 
banie, et se fit remarquer de bonne heure 
par un caractère turbulent. Ayant perdu son 
père à r&ge de treize ans, sa mère se char- 
gea de son éducation, et lui inspira de bonne 
heure les horribles sentiments qui l'animaient. 
Dès qu'O fut en &ge de prendre les armes, il 
profita de l'anarchie qui régnait dans le pays , 
et se mit à faire des courses dans les contrées 
voisines. Le courage dont fl fit preuve, et les ri- 
chesses qu'fl acquit, étendirent de bonne heure 
sa réputation ; et fl obtint la mam de la fiUc 
d'un bey, appelée Émyneh, femme douée des 
plus belles qualités. Quelque temps après , fl se 
rendit maître de Tébélen , sa patrie, et des 
viUes du voisinage; et la guerre ayant éclaté 
entre la Turquie et la Russie, fl se rendit au 
camp ottoman, à la tète d'un corps d'Albanais. 
Sa conduite h l'armée fut ceUe d'un brave sol- 
dat, et lui valut une bonne réputation mUitaire. 
Le titre de pacha à deux queues , la charge de 
dervendjirpacha ou de grand prévôt des routes, 
et celle de gouverneur de Tricala en Thessalic, 
furent la récompense de ses services. Bientôt 
même, k force d'intrigues et de crimes , il se fit 
nommer pacha de Janina , place qui le rappro- 
chait de sa patrie. Ced arriva en 1788. Le pacha- 
lik d'Arta pouvait s'obtenir par une calomnie; fl 
l'obtint du sultan Sélim ID. L'Acarnanic et 
d'autres pays étaient entre les mains aliommes 
fafli>les ; il s'en empara par la force. A chacune 
de ses conquêtes, il bannissait ou mettait à mort 
tous les habitants musulmans ou chrétiens qui 
lui donnaient de l'ombrage ou dont U convoitait 
les biens. Il ne tarda pas à se tourner contre les 
Souliotes , peuplade chrétienne établie dans le 
voisinage; et k force de ruse et de perfidie fl 
parvint à les détruire ou à les faire fuir. Res- 
taient encore Prévésa et qudques autres viUes 
chrétiennes de la côte qui dépendaient de la ré- 
publique de Venise. £n 1797, cette antique reine 
des mers ayant été renversée, et les troupes 
firançaises ayant occupé Corfou avec les autres 
fies du golfe Adriatique , Ali crut l'occasion pix)- 
pice pour se rapprocher des vainqueurs; fl fra- 
ternisa avec eux, et reçut de leurs mains la 
cocarde tricolore. H se disait le plus fidèle dis- 
ciple de la religion des jacobins, et voulait être 
initié au ciflte de la carmagpole, qu'fl regardait 
oonune une nouveUe religion, n gagna si bien 
leur confiance, qu'en opposition à l'andenne po- 
litique de Valise, ils lui permirent d'équiper une 
flotte. A r^KMiae des (êtes de Pâques, fl fit une 



lis 



ALI 



114 



deseente sur la cô(c i>endant que les habitants 
étaieiità Téglise, et, les attaquante rimproTiste, 
il en massacra (kus de six mille. 

Vers le même temps une armée française en- 
fahit l'Egypte sans aucune provocation , et la 
gnerre Ait déclarée par la Porte à la France. Ali 
se cnil à la veiDe de ûdre la conquête des Ues 
Iwiemies. Voulant connaître les forces que les 
Français y entretenaient , il attira sous divers 
prétextes à Janina un officier appelé Rose , qu*il 
fit mettre à la torture; et quand il en eut ob- 
tenu les renseignements dont il avait besoin , il 
renvoya comme e^on à Ck)nstantinople, où Tin- 
fortuné mourut des suites de ses souffrances. Ali 
commença ses opérations par la ville de Prévésa. 
D^à on évéque grec et divers affidés du tyran 
avaient semé dans la ville Tesprit de discorde 
et de trahison. Un officier du génie qui dirigeait 
les travaux de fortifications mourut empoisonné. 
Les Français , en trop petit nombre, fîurent obli- 
gés de capituler, et la ville fut mise k féu et à 
sang. Le sultan crut devoir récompenser de tels 
expïotts par une pdisse et un sabre d'honneur. 
Bientôt même (en 1803) la Macédoine et la 
nirace étant infestées par de nombreuses bandes 
de voleurs , à tel point que les routes étaient 
devenues impraticables pour les caravanes et 
que toutes 1^ affaires étaient suspendues , Ali 
fut nommé Roumeli-^felissi , c'est-à-dire com- 
mandant général de la RoméÛe, ce qui lui don- 
nait le rang de pacha k trois queues. Il vint cam- 
per à la léte de dix miUe Albanajis auprès de 
Bitogiia, où tous les pachas des environs avaient 
ordre de venir le joindre , et s'avança ensuite 
du côté de Philippopolis à la tète de quatre-vingt 
nûDe hommes. On crut un moment qu'un tel ap- 
pareQ serait fatal à l'^npire même. Mais Ali se 
contenta de faire décapiter quelques chefîs de re- 
bdles, et reprit le chcânin de Janina , levant des 
oontribotions dans les villes situées sur son pas- 
sage, et emportant l'artillerie et tout ce qui était 
en état d'être transporté. La Porte ne voyait pas 
avec indifférence une telle conduite. Un cri gé- 
néral s'était élevé contre les déprédations d'Ali, 
et la voix publique était renforcée par les justes 
réclamations des Russes, alors maîtres des lies 
lomeones. Mais à cette époque la conftision était 
devenue générale dans l'empire, et l'infortuné 
Sâim m avait échoué dans toutes ses tentatives 
de réforme. Ali en profita , et , sous prétexte de 
rétablir le bon ordre , il étendit de tous côtés 
ses conquêtes. Lorsque les provinces niyriennes 
cnreot passé sous la domination française, Ali 
fit sa cour à Napdéon, qui, pour resserrer les 
liens de l'amitié , envoya M. Pouqueville à Ja- 
nina , en quaHté de consul général. En même 
temps un colonel du génie français fut chargé 
d'élever des fortifications à Janina et à Prévésa. 
Napoléon obtint même du sultan, pour le fils 
atné d'Ali, le pachalik de Lépante , et pour son 
second fils celui de Morée, ce qui le rendait 
maître de la plus grande partie du continent de 



la Grèce. AU ne laissa pas de former des rela- 
tions secrètes avec le gouvernement anglais, qui, 
pour se l'attacher, lui fit présent d'un parc d'ar- 
tiUerie et de six c^ts fusées k la Congrève. 

Muni de ces nouveaux moyens d'agression, il 
s'avança vers la ville de Bérat, située dans la 
moyenne Albanie , et qui bornait ses possessions 
du côté du nord. Le pacha de Bérat était beau- 
père de ses deux fds aînés. Ce lien n'empêcha 
pas ATi de le dépouiller entièrement ; et, pour 
donner plus d'éclat à son triomphe, il fit con- 
duire le malheureux pacha à Janina, où il ren- 
ferma dans un souterrain , à l'entrée de son 
palais. Cette guerre s'était fkite sans le consen- 
tement de la Porte. Ali se fit pardonner un tel 
attentat en envoyant aux membres les plus in- 
ùneais du divan une partie des dépouilles du 
vaincu. En vain le sultan essaya de l'attirer hors 
de l'Albanie, sous prétexte de la guerre qui se 
faisait alors entre la Russie et la Porte sur les 
rives du Danube : Ali se disait malade, et fut 
dispensé d'obéir. 

Maître de riches trésors , Ali entretenait des 
ânissaires en Grèce, en Moldavie, en Servie, à 
Constantinople, et jusque chez les principales 
puissances d'Europe. On a lieu de croire que 
ses intrigues ne lurent pas étrangères aux dé- 
sordres qui amenèrent la chute et la mort de 
Sélim m. Vers le même temps fl s'emparait 
des villes albanaises d'Argyro-Kastro , de Kar- 
diki, etc. Les habitants de Kardild s'étaient 
rendus d'eux-mêmes; mais Ali, ayant à venger 
une ancienne injure fkite à sa mère et à sa sœur, 
fit passer tous les hommes au fil de l'épée. 
Quant aux fenunes et aux filles, elles furent re- 
mises k la soeur d'Ali, qui, après les avoir li- 
vrées aux plus horribles outrages, les envoya 
toutes nues dans les forêts, où* elles périrent 
presque toutes de froid ou de fUm. n nous est 
impc^sible d'énumérer ici tous les crimes d'Ali. 
Nous nous contenterons d'iyouter qu'à la chute 
de Napoléon il se fit céder par les Anglais la ville 
de Parga , la seule qui restêt encore aux chré- 
tiens sur la côte; et nous passerons de suite aux 
projets d'indépendance que manifesta Ali , pro- 
jets qui favorisèrent singulièrement les tentatives 
d'affranchissement que nourrissaient depuis quel- 
que temps les peuples chrétiens de la Grèce, 
mais qui amenèrent la ruine du tyran. En 1820, 
Ali, enhardi par le succès qui avait couronné 
jusque-là ses entreprises, et bien qu'il eût en- 
viron quatre-vingts ans, ne disshnulait plus qu'a- 
vec peine ses desseins ambitieux. D'un autre 
côté, le sultan Mahmoud, qui convoitait les im- 
menses richesses du paclia , et qui avait espéré 
qu'Ali ne tarderait pas à mourir, commençait à 
se montrer impatient 

Les nombreux ennemis du pacha profitèrent 
de ces dispositions pour précipiter le dénoû- 
ment. Ali fut déclaré firmanli, c'est-à-dire qu'il 
fut mis au ban de l'empire , et reçut ordre de se 
présenter dans le délai de quarante jours à Cous- 



115 



ALI 



116 



tantinople ,*au seuil doré de ta porte dejëli- 
cité, pour se justifier. En même temps une ar- 
mée fut envoyée vers Janina , et une flotte mit à 
la Toile pour faire une descente sur les côtes 
d*Épire. Dans ces nouvdles circonstances, Ali, 
malgré son grand &ge, sembla redoubler de cou- 
rage et d'activité. Mais on vit bientôt combien 
les idées de cet homme avaient été rétrédes par 
Tavarice, l'égoïsme, Tesprit de vengance, prin- 
cipaux mobiles de toute sa vie; on vit à quel 
point on s'était exagéré son importance politique. 
Ali, pour se défendre, ne pouvait compter que 
sur ses troupes, composées de musulmans et 
de chrétiens; il avait à s'assurer à la fois des 
premiers, q>\\ peat-étre bé&iteraient à combattre 
contre le sultan leur sourerain, et des derniers, 
qui déjà commençaient à prononcer les mots 
indépendance et liberté. Il serait facilement 
parvenu à s'attacher les uns et les autres, au 
moins pour quelque temps, s'il avait vonlo sa- 
crifier une partie de ses trésors. H pouvait en- 
core faire un appel aux milliers d'aventuriers 
épars dans l'Europe chrétienne , et qui , ayant 
jusque-là vécu au milieu du bruit des armes, 
seraient volontiers rentrés dans la carrière des 
combats. La position de ses États était d'ailleurs 
extrêmement favorable pour la défense. En- 
tourés à l'occident et au midi par la mer, ils 
étaient bornés à l'orient par une chaîne de mon- 
tagnes qui pouvait être gardée par quelques 
centaines d'hommes. Enfin, il ne tenait qu'à lui, 
à l'aide de ses émissaires , de susciter des ré- 
voltes partielles dans les diverses provinces de 
l'empire; et, pour i>eu que la résistance se pro- 
longeât , il devenait impossible à l'armée turque, 
composée de bandes indisciplinées , de se main- 
tenir. 

Dès qu'il fut instruit de l'orage qui se prépa- 
rait, Ali convoqua les chefe chrétiens, tant grecs 
qu'albanais , et les appela aux armes. Ce sont 
ces mêmes hommes qui, sous le nom d'artnato^ 
lis, ne tardèrent pas à se distinguer dans la guerre 
de l'indépendance grecque, et qui alors se ré- 
pandirent dans les provinces restées fidèles à la 
Porte, pillant les caravanes et frappant les 
villages de contributions. En même temps des 
ofliciers habiles, y compris ses trois fils et quel- 
ques-uns de ses petits-fils, allèrent occuper les 
défilés et les lieux faciles à défendre. Quîoit an 
commandement des troupes qui devaient faire 
f^ce à l'armée impériale, il fut donné au fameux 
Omcr Brione. Mais dès que les troupes otto- 
manes se montrèrent, les Turcs, façonnés depuis 
si longtemps au joug, firent leur soumission. 
De leur côté , les Grecs , dont Ali ne voyait 
qu'avec effroi les projets d'indépendance, et qui 
n'avaient aucun avantage à attendre du tyran, 
rentrèrent dans leurs foyers. Ses propres fils et 
petits-fils, à l'exception d'un seul, passèrent dans 
le camp ennemi. Dès ce moment Ali se trouva 
menacé dans Janina, et, ne pouvant espérer de 
s'y défendre, U y fit mettre le feu, pour se reti- 



rer dans la forteresse qui domine le lac, voi- 
sin de la ville. Ce fut au mois d'août 1820. La 
forteresse était hérissée de canons servis par des 
mercenaires italiens, flrançais et autres. En 
même temps une petite escadre se rendait mal- 
tresse du lac. D'un autre côté , les dâyris des 
Souliotes , qu'il avait rattachés à sa cause, esn- 
sentirent à faire une utile diversion. Pendial 
tout le reste de l'année il se défendit contre me 
armée où l'on comptait quarant»«x pachas es 
vizirs. Placé ordinairement au haut des remparts, 
sur la partie la plus exposée, il veillait à toat , 
et souvent ordonnait des sorties qu'il commaa- 
dait lui-même. Au commenoemeat de l'année 
1821, le sultan, pour hâter la fin de cette guerre, 
d'autant plus que la Morée et les lies grecqnss 
de l'Archipel et une partie du continent ooiumb- 
çaient à prendre les armes , donna le ooraman- 
demeat de l'armée à Khordûkl-Pacha, qui s'étMt 
déjà distingué dans plusieurs guerres. Dès lors le 
siège fut repris avec une nouvelle vigueur. AU 
ne se montra que plus intéressé à conserver ses 
trésors. Une pajtie avait été déposée par lui dans 
le magasin des poudres, p«Hir les détruire en u 
instant, s'il y était forcé ; le reste fut jeté dans 
le lac, dans des lieux dont lui seul avait le secret 
Ali ne savait pas encourager ses troupes par des 
libéralités faites à propos. Au mois d'octobre, la 
garnison , mal payée , l'abandonna , et il Iht ré- 
duitàtouteextrémité. Son lieu de retraite était une 
palanqiie en maçonnerie solide, ganuede canoas; 
au-dessous se trouvait une vaste caverne , ou- 
vrage de la nature , dans laquelle il avatt en- 
fermé des munitions et les trésors qu'il n'avait 
pas jugé convenable d'eafouir. Tout l'édifice 
d'ailleurs était miné. 

Au commencement de janvier 1822, Afi ne 
conservait plus avec lui qu'environ cinquante 
personnes, y ocm[)ris les instruments de ses 
crimes, et une chrétienne appelée Vasiliki, celle 
de ses femmes que depuis la mort d'Emyneh 
il chérissait le plus , ainsi que certains otages 
chrétiens, entre autres Constantin Botzaris. Khor- 
chid, qui voulait le prendre vivant afin de jouir 
de ses trésors, lui envoya qaelques-uns de 
ses officiers pour l'engager à se soumettre. Ali 
les invita à descendre avec lui dans la ctveme. 
Là il leur montra plus de deux mille barils de 
poudre, et ses trésors placés dessus. Ensuite i 
leur présenta un de ses séides, ^pelé Febim, 
jeune homme dooé d'une figure aussi douce que 
son cœur était intr^>ide. Sa fooctioa consistait 
à tenir toujours une mèche allumée : Ali et lai te 
rdevaient mutuellement, afin de veiller auprès 
du foyer menaçant. Puis le tyran leur dit : « On 
me fait la guerre pour avoir mes richesses; saches 
qu'il suffit d'un moment pour les faire dispa- 
raître. La vie n'est rien pour moL J'aurais po 
appeler à mon aide les Grecs; j'ai refusé de trai- 
ter d'égal à égal avec ceux dont je fus le maître 
absolu; mais je tiens aux personnes qui m'en- 
vironnait. Qu'un pardon scellé de la main dn 



117 



ALI 



118 



ioIUd me soit présenté , et je inc soumets. 
j*irai à Constantinople , dans TAsie Blineure, 
partout où Ton voudra me conduire. » Khorchid, 
intéressé à l'entretenir dans cesdispoâitions , lui 
envoya une déclaration signée par tous ses ofli- 
cierSy et dans laquelle on s'engajKoait à loi obtenir 
son pardon du sultan. La convention portait 
qa'Ali conserverait nn tiers de ses trésors , et 
qn'fl serait libre de vivre à Constantinople ou 
dans quelque ville de l'Asie Mineure. Tourmenté 
pa^le souvenir de ses crimes, il saisissait avec 
empreasement tous les liens qui semblaient le 
nittaclier à la vie. 

Kliorchid lui proposa une entrevue dans Hle 
du lac Ali y consentit. Dès que celui-ci y ftit 
rendu, Kborchid fit entourer Tlle par des troupes 
lidèlcs. Le 5 février au matin , il fit annoncer 
au tyran que sou pardon était arrivé , et ajouta 
que , leurs vœux communs étant exaucés , il 
convenait de donner ordre à Féhim (Véteindre la 
mèche fatale. A ces derniers mots, Ali ouvrit les 
yeu\ ; mais il était trop tard. En vain il demanda 
à se rendre en personne à sa palanque ; on re- 
nouvela les premières protestations, et le tyran, 
à demi rassuré par un reste d*espoir qui n'a- 
bandonne jamais les malheureux , céda. Tirant 
de son sein un signe particnlier, il le remit à un 
affidédeKhofchid, disant : « Présentez cet objet 
i FéUm; à cette vue, ce terrible dragon se chan- 
gera en un agneau timide. » En effet, à la vue du 
talrsaian, Féhim se prosterna, éteignit la mèche, 
et fut ausatât poigûrdé. H était alors midi ; et 
AB, qui était resté dans l'Ile, commença à per- 
dre toute espérance. Tout était silencieux autour 
de lui. Son pouls battait avec une violence e\- 
trftme, mais on ne remarquait sur ses traits 
aucun trouble mtérieur. Tanti^t il prenait sa 
lottgne-vue, et regardait tour à tour le camp, la 
viDe de Anma, le lac théfttre de ses crimes, 
00 le Pfnde, qni terminait l'horizon du cOté de 
l'orient Tantôt il visitait ses armes, et alors ses 
yeux brillaient du feu de la jeunesse. Tantôt 
enfin, les heures ha paraissant trop longues , il 
tirait sa montre, ou se faisait servir du café et 
de l'eaa à la glace, n n'osait fixer le ciel, objet 
de son effirei. Le kiosk qu'il occultait formait 
ravant-scène d'un corps-de-logis en bois élevé 
fur des ooloanes. Suivant sa coutume, il s'était 
assis en fiiœ de la porte d'entrée , pour voir 
tontes les personnes qui se présenteraient. A 
cinq heures du soir, on vit approcher Oiucr 
Briooe et d'antres chefk avec une suite nom« 
fareuse. A leur aspect, AU se leva avec impétuo- 
alé, portant la main sur ses pistolets; et comme 
on lui dit de se soumettre an destin , de faire ses 
ablutions, d'adresser ses prières à Dieu et au 
prophète : « Ma tète, s'écrie-t-il en fureur, ne 
se Hvre pas si facilement. » En même temps il 
toe un des chds et en blesse un autre. Mais on 
tirait de tous les cdtés sur le kiosk. AK est 
frappé à la poitrine; quatre de ses paHcares 
looibent à ses cOtés ; les soldats placés an-dessous 



de Tappariemcnt tirent sur lui à travers le phin- 
cher. Criblé de coups , il chancelle , s'ac/roche 
à une fenêtre, et roule sur un sofa. Alor;; les 
assaillants entrent, et le bourrean, saisissant le 
tyran par la barbe, le traîne sous le péristyle, où 
il lui cou)>e la tète. Cette tète avait conserve 
quelque cliose de si imposant et do si terrible, 
que les vainqueurs ne pun;nt se défendre d'une 
sorte de stupeur en la voyant. Kliorchid , auquel 
on la présenta sur un plateau en vermeil, se 
leva pour la recevoir, et baisa respectueusement 
sa barlie. Telle était l'admiration qu'avait excitée 
la belle défense d'Ali, que tous, surtout ses an- 
ciens sujets, oubliaient ses crimes pour chanter 
ses hauts faits. On parfuma la tète des essences 
les plus précieuses. Elle fut enfermée dans une 
boite d'argent et envoyée à Constantinople. La 
sensation ((ue la chute d'Ali avait causée était si 
grande, que sur toute la route on fut obligé de 
montrer la tète à la population accourue sur le 
lissage, et qu'on finit par la faire voir à prix 
(l'argent. Arrivée à Constantinople, cetto tète, 
comme celle do plus vulgaire des criminels, fut 
exposée à l'entrée du sérail. Sur ces entrefaites, 
Kliorchid veillait à s'emparer des richesses du 
pacha. Malgré les tortures auxquelles on soumit 
les officiers d'Ali, on ne put découvrir que 
60,000 bourses, c'est-è-dire en\iron vingt-cinq 
minions de fVancs. Dans le même temps , les 
enfants d'Ali , qui avaient été relégués en Asie 
Mineure , étaient mis à mort. La femme de Veli, 
le second , qui avait été déshonorée par le tyran, 
fut cousue dans un sac de cuir et précipitée 
dans une rivière. Ses filles furent exposées au 
bazar, et vendues h des pâtres tnrcomans. De 
toute la postérité d'Ali , naguère si florissante , 
il ne resta que deux de ses petits-fils, que Ton 
conduisit à Andrinople. Ainsi finit le trop fameux 
Ali-Pacha. On peut dire qu'il périt par les vices 
mêmes qui avaient fait son élévation, c'est-à-dire 
par son amour des richesses, son mépris de la 
vie d'autrui , et par son insatiable ambition. 

Ainsi que tous les Albanais nourris dans l'i- 
gnorance la plus grossière et dans l'anarchie, 
AU n'avait aucune idée de morale, et ne recon- 
naissait de frein que celui de la force, n Mon 
fils, lui avait souvent dit sa mère Kamco, sou- 
venez-vous que le bien des autres n'est à eux 
que parce qu'ils sont forts : si vous l'emportex 
sur eux, ce bien vous appartiendra. » Ces hor- 
ribles leçons ne tardèrent pas à germer dans le 
coeur ambitieux et cupide d'AH, et on a vu à 
quel iK>int il sut les mettre à profit. H professait 
extérieurement un grand respect pour la religion 
musulmane, et prodiguait surtout les égards aux 
derviches et aux sofis , espèce de moines qni 
mènent en général une vie errante et désordon- 
née, mais qui sont en possession d'imposer à la 
multitude. Plus d'une fois ces moines vagabonds 
le traitèrent avec la plus grande insolence , et 
le tyran ne retrouva pas à leur égard son hu- 
meur féroce; mais au fond U w'^c^^l ^\vcasw\fwir 



119 



ALI 



120 



dpe assuré de religioii : il aTait plus de penchant 
pour la magie, ralchimie et les pratiques supers- 
titieuses. Dans ses maladies, des frayeurs mor- 
telles s*emparaient quelquefois de lui; il s'ac- 
cusait, il poussait de longs gémissements. Il 
conjurait les médecins, qu'il appelait ses frères, 
de le sauver, promettant de les récompenser 
dignement. Il mettait des prisonniers en liberté, 
et invoquait les prières des derviches, et même 
celle des chrétiens. Mais , à peine remis de sa 
maladie, il reprenait le cours de ses excès, et 
accusait ses médecins d'incapacité, afin d'être 
dispensé de les payer. H se pliait à tous les rôles. 
Musulman avec les Turcs, il était matérialiste 
avec les derviches , et chrétien dans la compa- 
gnie des Grecs, buvant avec eux à la santé de la 
bonne Vierge, Il n'était donc pas étonnant que 
beaucoup de chrétiens fussent entrés à son ser- 
vice. Ali, jusqu'à sa mort, mena la vie la plus 
licencieuse. Il avait un grand nombre d'épouses 
et de concubines, et ses émissaires, répandus 
partout y lui amenaient des femmes dltalie et 
d'autres pays. Dans ses honteux penchants il ne 
respectait pas même l'ordre de la nature , et , 
d'après une habitude assez commune en Orient, 
il avait également un sérail de garçons. Le 
nombre de ces victîioes de la lubricité était 
de plus de quatre cents : c'étaient en général 
les enfants des hommes qu'il avait fait périr. 
Le monstre ne respecta pas même l'épouse 
de son second fils et ses petites-filles. La con- 
duite de ses fils , sous ce rapport comme sous 
beaucoup d'autre, était digne d'un tel père. 
Ali, en se livrant à ces excès, obéissait autant 
à une infâme politique qu'à ses penchants luxu- 
rieux. Il ne se croyait sûr de quelqu'un que 
lorsqu'il l'avait avili. — Un jour il dit à Pou- 
quevilie : « Les Albanais me regardent comme 
un homme extraordinaire; mes moyens d'action 
sont l'or, le fer et le bâton : avec cela je dors 
tranquille. » On ne peut se foire d'idée de l'ava- 
rice sordide d'Ali. Indépendamment du butin 
pris en pays conquis et du produit des impôts, il 
possédait des fermes qui étaient gérées pour son 
compte, et où il entretenait environ cinq cent 
mille moutons et six cent mille chèvres. Con- 
voitant incessamment les biens de tout honune 
riche, souvent il le faisait assassiner ou il le ban- 
nissait pour s^emparer de ses biens, en vertu de 
la loi qui, en Turquie, accorde au gouvernement 
toute propriété vacante; souvent encore il le fai- 
sait, accuser de quelque crime qui emportait la 
peine capitale, ou, au moment de la mort, se 
taisait déclarer son héritier. Il s'était même livré 
aux recherches alchimiques de la pierre philo- 
sophale, et avait dépensé des sommes considé- 
rables pour cet objet. Parmiles nombreux traits 
de cruauté d'Ali, nous nous bornerons à citer 
le suivant. Pour varier les supplices infligés aux 
malheureux qui avaient encouru sa disgrâce , il 
avait fait enfermer un énorme léopard dans une 
cage de fer montée sur quatre roues. Au jour 



marqué, cette cage était conduite au milieu de la 
cour du palais, od l'individu destiné à la mort 
était introduit tout nu, et livré à l'animal féroce. 

Quoique dénué d'instruction, puisqu'il savait 
à peine lire , Ali ne manquait pas de sagacité. 
Hautain envers ses inférieurs, il était caressant 
et affectueux envers ceux qu'il voulait gagner, 
n déguisait toujours le véritable motif qm le 
faisait agir : de là les parjures, les caresses, 
les larmes même qu'il répandait à volonté. 
L'activité d'Ali était prodigieuse : levé tous les 
jours avant l'aurore, il prenait d'abord connais- 
sance des dépêches et des requêtes qui lui étaient 
adressées. Il s'informait même de ce qui se pas- 
sait chez les puissances chrétiennes d'Europe. A 
cet effet, il se faisait traduire les gazettes étran- 
gères. Aucun détail ne lui échappait : il donnait 
le plan d'un château en même temps que Toitlre 
de brûler un village. Pendant qu'il écoutait la 
lecture d'un firman, il réglait la dépense de son 
maître d'hôtel. U était parvenu à ^ablir l'ordre 
le plus sévère dans ses États. Lui seul avec ses 
fils pouvait se livrer à la tyrannie; ou si d'autres 
le faisaient, c'était sous son bon plaisir. Partout 
il avait à ses ordres des sicaires toi;gonr3 prêts à 
frapper. Malheur au téméraire qui aurait osé 
se livrer au momdre excès 1 Une telle sévérité 
au milieu d'un peuple remuant et indocile serait 
ievenue excusable, si elle n'avait pas été établie 
dans l'intérêt d'un seul. — Ah avait le goût de 
l'architecture et des constructions : un grand 
nombre de forteresses et d'autres édifices fUrent 
commencés par hd; mais 11 n'avait pas les lu- 
mières nécessaires pout diriger l'exécution de ces 
travaux. Il n'y cherchait d'ailleurs nullement le 
bien public; il ne visait qu'à appeler l'attention 
sur sa personne. 

Les Etats d'Ali , joints à ceux de ses enfants, 
qui y étaient contigus, comprenaient la plus 
grande partie de l'Albanie , l'Épire proprement 
dite, la Thessalie, la Livadie, l'Étolie et l'Acar- 
nanie. Le nombre de ses scyets était d'un peu 
plus d'un million. Ali retirait à peu près dix 
millions de francs , soit des biens qu'il s'était 
appropriés, soit du produit des douanes, des 
salines , des pêcheries , et des avanies qui se 
commettaient journellement. Sur cette somme il 
avait à payer tous les ans au sultan 2,400,000 fr., 
et 2,000,000 aux personnes les plus influentes 
delà cour. U avait, de plus, à veillera l'entre- 
tien de son armée, qui se composait d'environ 
14,000 honunes, musulmans et chrétiens. Les 
faits qu'on vient de lire prouvent à quel point 
on s'est pendant longtemps exagéré en Europe 
l'importance politique d'Ali. On lui supposait 
l'ambition de se rendre indépendant; on lui 
prêtait même le désir d'occuper le trône de se^ 
maîtres. Sa tête n'était ni assez vaste ni assez 
forte pour concevoir de tels pians. Llllyrie, 
rAlbanie et les lies voisines étant tour à tour un 
objet de convoitise pour les Anglais, les Français 
et les Russes, et l'empire ottoman paraissant 



Itl 



ALI - 



Ctre à ta Teille d'om ditaclution, chacune de 
ce* nalioiit M cnit intéreuée à m ménager l'a- 
Toiùi d'Ali. On a vu que le Directoire et ensuite 
RapoléoD ne dédai^reot pas de faire dea aTan- 
ce* an pacha. Lu agents anglais se pressaieal 
wr les routes de Jaoina, et 11 était presque derom 
de mode de visiter Ali : lord B jtod, qui ne TOjait 
qne des tajet* de haine dans toot ce qui lui rap- 
pdait l'Europe Arétienne, et eurtout sa propre 
patrie, semÛait retpia plus ft l'aise à la cour 
dn tyran. [Extr. de l'Ene. des g. du m. ] 

taaqnnule, raïasê it la Cria, !■ (itLt., lU».— Sit- 
Ictnë* la r^ftntrattm Ht la Grlti, toI. I. Il, IJl. 
- Mtmoira nr la tu a laimiuana d'^li-Paeàa, 
rttir MJanina.ft notltt lur la fntratlgai OlÀU- 
^»as. —T.-S. Uaitn, TToH^i tn Cran» and .iUanla. 

lIobboDH, -i iomutit tkrott^X ^tbania, etCr, Irt- 
rm «.41. -^ Dancadrt. Mémoin en ttu Jonian A- 
(*r tl/mand Oaract^ of Ml-Piucha, 

xMf , Tkevaljit Macttionia. — MtlLe- 
kaa , 7aMMii ktitorlqui (t poUllvie lit la vie if^li- 
pgeMm , 4in le iLneiK islunie du fauNtlti ^nnala 
irirOftÊi.— Bnichiilip. Hiiloin iu famtux Mi- 
FatÂa, tUIr (tt Janioa , P édition, inL 

ALI, oaU) d'Aoude, et liiir de l'empereur 
mcca! Scluh-AIeni, naquit en I7SI , et raounit 
^ mal 1817. D'une origine obscure, il hit, en- 
core cnbiit, adi^ par le nabah Assaf-Eddaou- 
]ali,anqaelilsuccâ]a en 1797. Mais déjà, l'année 
tniTaiite. il Ait déposé par le goaiemement ao- 
gbi>, atrers lequel il se montra peu docile, n 
a'en Tcagea en Usant massacrer le rendent an- 
^aîs CbaiTj, et se réfugia sur le territoire du ra- 
jah de Bérar. Celni-ci ne le lina qu'à la condi- 
tkn que ■> tIc serait épargnée. Ali fut conduit à 
Calcutta, et enfermé dans une cage de fer au fort 
WilUan, où Hmonnit k l'âge de trente-six ans. 

Fsrbo, Mtmoim. 

AUAOBDLKT, prince d'Arménie, régnait, l'sn 
de l'hégire 910 (1514), sur le pays qui s'étend 
dqinb Amasie jnsqD'anx confins de la Carama- 
ne. AmlHatTe de Sâim I" , Il le trahit ensuite 
pcsdant son expédiUoo contre le schah de Perse. 
n ftit tnqoé dam les montagnes oii il s'était ca- 
ché ; H Ait découTert dans une csTeme, et mis i 

tiiiMii I . HiMotn it rtmpiTt oUenan. 

T ( Jaeqves ), graveur Trançais, né à 
11718, mort à Paris en 1788. Disciple 
de LdMS, D peifecHonna beaucoup l'art de gra- 
Tcr i la pointe sèche. Biamanl les graveurs qui 
poatiml an noir, ils les comparait aux ac- 
Irar* qni ne savent bire qne des grimaces pour 
jkân i la populace. On estime parliculiËrement 
Ni ealanqiea d'aprto Bergbem, Wounermani, 
Venet Ses priw^anx oonsges sont : une fluine 
«ncjffWM et mtimaux , d'après Berghem ; la 
n» lit eauteaport de Cènes et le Rachat de 
latlaet, d'aprta le mbne peintre; le Départ 
t^tr le *{Mat H ranivée av sabbat, d'après 
IMd Tétera; fes.4miM«nenf( de fAlt'fr, d'à- 
pris Aitka TaMier-Telde. Aliamet a gravé 
wâ denx Bataillei des CMnoft, ouvrage com- 
pté de set» plandiei. 



AUBERT ISa 

Soo lïère Fraiiçoi»-€«rv\ain , né « 1734, 
mort vera la fin da dix-bnltième siècle, Técuî 
longtemps i Londres, où il fit différents portraits, 
et, entre au|jes,les gravures poar l'histoire d'An- 
gleterre de SmolleL 
Relndeo. Aiellgnnaln da artUUi. - Hubcr, lUo- 

aUBauD ( Louis), régicide, né à Nlnies en 
IBID, guillotiné le U juillet lS3e, 11 fut élevé au 
collège de Narboone, et à dix-hnit ans s'cagi^ea 
comme volontaire dans le la* régiment d'infan- 
terie de ligne, où il parvint jusqu'au grade de 
fourrier. En 1 830, il prit part à la révolution de 
juillet, et fut blessé le 2» sur une furricadc. En 
1834 il obtint son congé de réforme, et vécut, 
depuis ce mororait, tantôt à Perpignan, tmtûl à 
Barcelone et à Paria. Ce fut te là juin 183G que, 
poussé par le fanatisme politique, il lira presque 
è bout portant sur le rai Louis-Philippe , au mo- 
ment où il sortait en voiture par le goicliet des 
Tuileries, pour aller à Keuilly. Alibaud fut aus- 
sitôt arrêté ; il confessa bardimenl son crime, et 
Alt condamné à mort par la coar des Pairs. 

ALivKRT (Jean-Louis, baron), médecin 
français, né & Villefranche, département de l'A- 
veyron, le II mai 17GB , mort à Paris le a no- 
vembre IS37. 11 vint à Paris vers le commence- 
ment de la révolutiop , et entra d'abord A l'Ëcole 
normale, oii il eut pour condisciple le philosophe 
LaromiguîÈrc; puis il étudia àl'École de San té, pre- 
mtèreébaoche de la Faculté de médecine actuelle, 
n y «ut pour maître Cabanis, et pour amis Bichat 
etRIcherand. £0 1799 il fut reçu doctenr, et sou- 
tint, k cette occasion, une thèse qd devint la 
base de son Traité du fièvres intermitlenta 
pemicieusa; Paris, 1801 et 1 819, in-S'. Nommé 
vers 1803 médecin de ItiOpItal Saint-Loois, il 
fit des maladies de la peau son étude favorite, et 
consigna le résultat de ses observatioDS dans 
un ouvrage consiilérable, intitulé IVal'^ com- 
plet des maladies de la peau , observées à 
CMpUal Saijit-Louls , etc.; Paria, Barrois, 
1806-1820, grand iu-Tol., avec cinquante et ose 
planches. C'est l'ouvrage qui fait la véritable 
gloire d'Alfhert. U en parut, en 1S31, un abrégé 
{Prêtas on Monographie des Dermatoses), 
in-4° avec quinze planches coloriées , ou 1 vol. 
In-S" avec une planche; l' édition, ibid., 1836, 
1 vol. in-S". Son style est correct et mtaie élé- 
gant ; mais les praticiens lui reprochent de nom- 
broiaes inexactitudes. 

• Jusqu'à la Restauration , dit un de nos mé- 
decins les plus spirituels, AiLbert resta simple- 
ment médecin de l'hôpital Saint-Louis ; mais lors 
de son retour en France , Louis xvm le nomma 
son médedn ordinaire, sans doute en considé- 
ration du genre de maladies dont il faisait sa 
principale étude , plutôt qu'A la recommandation 
du baron Portai, son premier médecin. Le roi, en 
effet, dès cette époque, souffrait de cette maladie 
de jaml>es qui persévéra jusqu'à sa roorl. A C« 



1X3 



titre i»&i.irfîel, qui lit uiliiiilDeot pour u rortone, 
Alibert réunit ccha de proCeuenr de mitière mé- 
dicale 1 l'Éccde de tnÉdecide de Parâ, celui de 
médedD du eoliège Henri IVcldepInsieura autns. 
n proressait sans gravité , mais sa panrie avait 
du dianne, et le son de laioix était enchanteur. 
Ses leçuns étaient remarquas pour ces mots im- i 
prévus et pHloresqnes dont il finissait hii-iDènie ' 
par sourire avec esprit, à l'instigation de ses au- ' 
ditcurs. Mais tes iinpTOvisaliun^ les plus remar- 
qvables et \et plus applaudies étaient p<wr Vb6- 
pital Saint-Louis, oii il professait en plein air «oos 
des tilleuls, à l'ombre detquels il faisait parader 
pciirlani le printemps des malbeoreui couverts 
de dartri-s. C'est à eeconra ccittire que les mé- 
Uednsdu loute l'Europe ont appris pendant vingt . 
an» à connaître les maladies de la peau, qu'A- . 
libcrt a mieux décriles et mieux représentées 
qu'aucun de ses devanciers. Bien que méditatif i 
et distrait jusqu'il l'exrèa, AlibeK fut coustam- | 
ment an des plus fervents apOtres de la mode, i 
S'il approuùt qu'i ta cour <m eti accoolli an 
jeune poète, vanté ses ver^, lu tes ouvrages, 
dès te lendemain l'heureux auteur recevait ses | 
invitations ou aa visite. A ses déjeuners on était 
certain de resooatrer les plus jeunes muses, les 
«ofBgeursrécemmentdélnrrpiés, les poètes lan- j 
léiU , les avocats et les jeuoeâ orateurs d«)t les 
premiers débats étaient aiaplaudis, et même les 1 
actrices et acteurs en vogue : c'était U la bril- I 
lante contre-partie de ses cours de l'hOpital Saint- 
Louis : U l'esprit, les arts et le luxe; id les. lui- ^ 
(iread^sDuIrraiices.AprtsIedéjeunervcuaient i 
ëtt lactaires, puis la comédie. Son petit théllrc 
de la r«e 4e Varennes avait ordinairemeol pour . 
principaux ordonnateurs l'actrice M"* Fleury et , 
le célèbre Harchangy, avocat général. Puis giâud | 
vint régner CbsHes X, des sermons rwDplac^ , 
rcnt le spectaicle : ocpotdaut le déjeuner du di- i 
nancbepenévéra. Ses cabinets de consultations, | 
qui ne s'ouvraient que deux fois la semaine, i 
aeinUMeotunesuGcumleilu Jardin dcsPlantes. [ 
On voyait là des volières qui mettaient ï con- 
tributioa toutes les lëgioas du globe, des col- 
kctîMis mapjifiques de papillons et d'insectes , i 
ks peiolurea célèbres de Redouté, représentant i 
les plus belles fleurs : k cdté de cela les planches ; 
de son grand ouvrage, retraçant des icbibyoses, 
des psoriasis, des prarigos , etc. Alibert a tou- 
jours aimé kt antitlièses et les contrastes; nais 
il sanctifiait ce luxe et cette frivtdilé par de 
bonnes actions. H paraît certain qu'il (ut un des 
hoiiBoes les plus bienfaisants de son époque. Sa 
UaneilUKe était devenue proverbiale; et tels 
étaient l'aménité de son accueil , le ctiaime de ' 
•on entretien, qu'il suffisait de l'avoir entendu et < 
abordéune ou deuifois, pour rester àjamaissym- 
palhiqueisapersoDne.Sonstyledetouslesjoun, | 
MO style uns apprft, avait aussi beaucoup de ^ 
naturel, bienqn'unpeu veiteuxettKV onto. « 
Outre les ouvrages cités , on a encore d'Ali- 
bert : iumenii de theraptulique et de ma- [ 



AUBERT — AUDOSI 

(Uremâfica/e;PariB,]804,3Tol. in-S*; ISH, 



3 vol. tD-8* (S'édit); — iHacowt mr f ex r^- 
porta de la méiteOu avec les Kiejtcet pAgni- 
pies et muraies; Paris, 1799, in-8°; — rëxa- 
primé avec les Éloget de Spailanstoti , de Qai- 
9cmi, de Rotutel et de SiehtU; Paris, 1806, 
in-8' ; — Notologte tuUurettt, ou Ut Maia^a 
du eorpt humain dittriàuéet par fitmiUei; 
Paris, 1S17, 2 v<d. ift^°, avec quarante-quatre 
plandies coloriéei; — Pti/iiologie du pa- 
stons , ou Nouvelle Doctrine det tentimtait 
ittoraux; Paris, I83S, 3 vol. in-S*, arec aenf 
gravures ; — Préeii lur let eaux mittirala la 
plus utiiiei en médeciite, suivi de guelqtut 
rerueignemenli mr Us eaux minâralei ezo- 
liquei; Paris, lR76,in-S°. Alibert a été l'un des 
rédacteurs du iMctionnaire det idettcei mAti- 
eales tA du Journal universel dei i 



* ALiBKKTi ( Jean-CAor/ei ), peintre italien, 

né i Asti en l&RO, mort vers 1740. On a de lui 
quelqncs tableaux assez remarquables dans Té- 



AI.IBIt*l. Voy. DU-IBRAI. 

AUKKAHD (Francis), jéeuite, natir de 
Messine, nwrten 1711, le 14aoOt. D pnUiaq^ 
qu«g. ouvrages , parmi lesquels on remarque on 
opuscule de pollhnique sur le lieu de mkance 
de saint Agostmo Novello : Bisposta ad mu 
scriCto del dotlor Vint. Auria, Venise, 1BCI; 
et un ouvrage, de casuistique ' DelF opiniont 
probabile , etc.; Messine, 1707, in-4°. On lit 
aussi quelques-uses de ses poésies dans les re- 
cueils de l'Académie deHaFucîna, établie A Bles- 
sine, et qui publia plusieurs volumes de prose et 



-iLiBKAflDi ( Jérôme), peintre sldlicn, «nr- 
nommé le Raphaëlde Messine, né en tt70, mort 
a Messine en 151f. n étudia d'abord, sons An- 
tondlo , ï Venise, où il se lia d'amitié avec les 
plus cél^ires peintres d'alors. 'Vers 1 497 il vint 
k Milan, oii il eut pour maître Léonard de Vbd, 
et retourna, en 1514, dans sa patrie. La impart 
de las oeuvres ont été perdues, ou vendues sons 
d'autres noms. Le coloris de ses laUeanx ra^qieUe 
le genre de Rafaël , et le dessin , eehii de Lée- 
nardde Vinci, On cite comme son chef-d'cnvre 
sa Purification de la sainte Vierge dans la ca- 
thédrale de Messine. 

CiEKoDGrina.JVmiiHïds'PlilarilfaiilU. - Linil. 
SUrriàL pttttxrica- 

*AUDOSi (Jean-Nicolas-Pasqvali), anti- 
quaire italien, 'rivait dans la première moitié du 
dix-septième siède. Il a laissé une série d'écrits 
relatifsà l'Iiisloire politique, littéraire, eodésias- 



135 



AUDOSi — AUGNAN 



126 



tiqfiie, €tc.y de la TÎUe de Bologne, où il avait ré- 
flîdé. Ces écrits (iaédits) se trouvent dans les ar- 
diiTes de Bologae. 

OrUDél, Nmsi» étgXk Seritt&ri Bologneâi. 

AUDOSM, Mm de famiUe des seigneiirs dl- 
nola. Alidosio I*' Tirait en 1207, et ses sucoes- 
leitrs restèrent, comme loi, fidèles au parti des 
i, Louis, ta 1422, fîit le dnquièroe et der- 
lenr dlmola , de la famille des Alidosio. 

Marmtorl. 

▲UGHimi OU AJUkfiBiBAi, ancienne famille 
de Florence, principalement connue par un de ses 
membres , Timmortel D^trante ou Dante Ali- 
§kà€r%. Voyez Dante. 

Les Ali^Uieri paraissent ^c origînaires de 
Férrare. Cacd Aguida Elisei, chevalier floren- 
lîB, et tteul paternel de Danle, épousa une 
femme de k ûmille des Aligbieri de Fcrrare. Il 
mourut en Syrie pendant la guerre des croisa- 
des, en 1147, et laissa un fils, qui s'appelait Al- 
dighiero «n AliçbierOf dont les descendants pri- 
rent le nom patronymique Deyli Alighieri, 

ALi«]f JJi (Benoit d'), savant bénédictin, Toy»- 
en Palestine, mort en juillet 1268. H était 
de Notre-Dame de la Grasse, au dlooèse de 
Carcnsaonne, lorsqu'il fut, en 1 229, nommé évoque 
de Marseille. Celte ville était alors agitée par 
des dissensions intestines, nées à l'occasion sui- 
vante. Les vicomtes étaient depuis longtemps en 
possession de la juridiction civile : un de ces vi- 
comtes s*étant lait moine dans l'abbaye de Saint- 
Tktor, aTait laissé à cette abbaye la partie de 
juridiction qui lui appartenait ; mais la commune 
ayant voidu se gouverner elle-même, protesta 
eontre les exigences de Tabbaye. On en vfait aux 
voies de fait, on pilla les biens de Saint-Victor, 
désordres auxquels le nouvel évéque pervint à 
mettre fin en fidsant désister les moines de lem^ 
prétentÎQfns à la juridiction civile, qui dès lors ap- 
partint tout entière aux bourgeois. D*A]ignan se 
joignit en 1239 àThibaut , roi de Navarre , et au 
eomte de Champagne, pour le voyage de la terre 
sainte. Arrivé en Orient, il contribua à la oons- 
tmctfon dhm cfa&teau fort dont nom parierons 
plus loin. Bevcnn dans sa ville, il indisposa les 
Ifarseillais contre lui en écoutant favorablement 
les propositions que lui faisait le comte de Pro- 
vence Raymond Bérengcr, pour l'aider à mettre 
IfarseiOe sons son autorité. La proposition que 
Févêque en fit aux consuls causa une indigna- 
tion générale, et U se vit forcé de renoncer à son 
pn^el En 1248, il assistait an concile de Va- 
lence. Sons sa prélature, en 1252, il s'introduisit 
on nouvel ordre religieux, dit des Frères de la 
bienheureuse Marie, mère du Christ, que Clé- 
ment IV confirma en 1266, et que le concile de 
Lyon de 1276 supprima. 

£n 1260, notre prélat part de nouveau pour la 
tore sainte, et en revient trois ans après. A son 
nlour, le pape Alexandre IV lui adressa une 
IvUe pour lui enjoindre d'exhorter ses diocé- 



sains à se croiser : ce qu'il lit exécuter lui-iDômc 
par les frères prêcheurs et mineurs. Dans sa 
Vieillesse , sans cesser d'être évêque , il s'était 
engagé dans l'ordre de ces derniers rebgieux, et 
il se nommait lui-même frère Benoit. 

Benoit d'Aiignan a laissé quelques écrits, par- 
tie imprimés, partie manuscrits, avec cette dif- 
férence que ceux-ci surpassent de beaucoup les 
autres en étendue. Dans les imprimés se trou- 
vent les ouvrages suivants : Prxfationes Be- 
nedicti, episcopi Massiliensis, in commenta- 
rium suum de sancta Trinitate et fide ca- 
tholica, imprimé dans Baluze; — Sententia 
lata in synodo, de deàmis, à la suite du précé- 
dent; — Epistola ad Innocentium papam IV, 
dans le Spicilegium d'Achery ; — De construc- 
tione Castri Saphet, ouvrage aussi inséré par 
Baluze dans ses Miscellanea : c'est une relation 
historique touchant la construction du château 
deSapheten terre sainte, relation qui remplit si^ 
colonnes in-fotio. Dans le dernier paragraphe, 
l'écrivain raconte « que ce château dominait plus 
de deux cent soixante- dix villages : casalix 
quœ in gallico villx dicimtur; que c'était dans 
l'espace occupé par ces villages que se trouvaient 
les lieux les plus renommés et dont la visite 
était par là devenue libre, tels que la citerne 
près de laqueUe Joseph fut vendu par ses frères ; 
la ville de Capliamaum, où le Seigneur J.-C. 
commença à prêcher et fit plusieurs miracles ; où 
saint Pierre paya le tribut avec une pièce de 
monnaie prise dans la bouche d'un poisson ; où 
Matthieu était assis à son bureau de recette, d'où 
le Seigneur le tira pour en faire un apôtre ; près 
de là le lieu où le Seigneur nourrit cinq mille 
personnes avec cinq pains d'orge ; Bethsaïde, où 
naquirent Pierre, André, Philippe et Jacques; 
Nazareth, leThabor, Canade Galilée, etc., etc.; 
enfin , ce château était placé entre Acoon et Da- 
mas, presque au centre delà Galilée, sur une émi- 
nence entourée de montagnes , de coDines , de 
précipices; et sa position au milieu des défilés 
et des rochers le rendait presque inaccessible et 
inexpugnable. » On ne peut guère détermineravec 
précision la place de ce château : les dictionnaires 
géographiques et les cartes ne le citent pas. 
Hoffmann , dans son dictionnaire universel, au 
mot Sapha, dit que c'était un lieu au nord de Jé- 
rusalem, éloigné de sept stades de cette ville, et 
appelé en grec oxotco^ (spécula), parce que 
dans ce lieu élevé on pouvait voir la ville et le 
temple. Notre Saphet ne devait pas être si près 
de Jérusalem ; il y avait donc un autre Sapha , 
comme le dit Moréri, près du mont Iliabor, dans 
le voisinage de Zabulon. « On y voit encore, dit 
ce dernier, un château presque entier , qu'on 
croit avoir été la maison de Judith. » Peut-être 
ce château n'est-il autre que cehii de notre évê- 
que. Cependant ce château fort, boulevard des 
chrétiens de la terre sainte, tomba en 1266 au 
pouvoir du Soudan de Babylone, qui en chassa 
les tcmphers. H en faisait depuis loDî;lcmps le 



137 



ALIGMAN - 



^ége sant «iccès, quand deux traîtres, un Cas- 
tillan nomme Léon, et un Anglais, dissuadèrent 
les asdégés de se défendre , et unsérent ainsi 
la ruine des chrétiens, qui se virent contrainte 
de sortir du château. Dans la capitulation, le 
Soudan avait promis qu'ils se retireraient en 
toute sûreté btcc armes et bagages ; mois quand 
il Tut maître du chïteau, il en fît périr environ 
XnAt mille, la plupart templiers etreli^enx. Le 
traître Léon, qui pendant trente ans avait été 
dans l'ordre du Temple, apostasia en présence 
de tous ses Trères. C'est par suite de cette perte 
mémorable que le pieuvroi saint Louis, en ayant 
appris la désolante uouieile, convoqua tous ceux 
des barons de France dont le revenu s'élevidt k 
Vems cents livres parisis, et partitpour faire le 
voyage de la terre sainte , accompagné de ses 
trois fîts, des comtes d'Artois et de Bretagne, et 
d'un grand nombre de prélats. 

Le manuscrit [BiblioUi. nation., n° 4224) 
qui contient le grand et principal ouvrage de Be- 
noit d'Alignan est un gros volume in-4° en par- 
clicmin, écrit sur deux colonnes, d'environ cinq 
cents feuillets, dont l'écriture est très-belle et 
bien lUiWe. L'ouvrage a pour titre : Traetatiu 
p}ei contra diversos errores svptr tiCulum : 
De sniHA TaiMTATE et nos catholici in de- 
cretalibus. C'est une vaste exposition de la 
doctrine chrélieDne, ou un traité de Ibéologie 
pratique, fait par demandes el par réponses. 
Ctiacune des parties est précédée d'une lablc 
alpliabétique des matières, avec l'indication des 
chapitres. La méthode que l'on y trouve ne 
semble d^à plus appartenir à cette classe de 
théologiens qui, dans leurs sommes sur le Ta- 
meux {ivr« des Sentences, accablent le lecteur 
par leurs nombreux syllogismes, instances, dig- 
tii»ction8,etc., dont on ne trouve plus iâ de res- 
tige. A ta suite de ce grand ouvrage, l'auteur en 
a bit lui-même un abrégé assez curieux et ins- 
tructif, dont Toid ta construction : Il transcrit 
UD symbole de la foi cbrétienne catliolique en 
vingt et une petites colones de grosse écriture , 
qui occupentie milieu des feuilles ; et, à droite et 
à gauche de ces colonnes, il indique en très-pe- 
tite écriture contre quelles erreurs chaque mot 
de ce symbole y a été inséré. Chacune des notes 
de la marge commence par ces mots; Contra 
illoi gui, etc., el le nombre de ces cofitra illos 
va au d^ de deux cents. Ce petit traité remplit 
onze pages du manuscrit B est sniri d'une Èx- 
potition de l'Oraisoa dominicale et de la Salu- 
tation ansillque, en quatre pages, par le même 
auteur. Le manuscrit finit par un petit trailé sur 
les Dimtt et les Primicei. 

NUloirt UUiraire dt la Frana, I. XIX. p. a. - F>- 
bnchu. Biai. nat. el Iti^n. Mal. - Callia chnttiaia, 

AUCRB (f tienne n'), chancelier de France, 
né i Chartres en 1550, mort le il décembre 
1035. Il fut président au présidial de Chartres et 
intendant de Charles de Bourbon, comte de Sois- 



- ALINARD 1» 

sons, qui le noronu Inteur de son &is. Le mr- 
quisde laVienville, alors ministre d'Ëtst, lui 
procura les sceaux en jafflrier 1S34, et le titre de 
chancelier A ta fin de U même année, après la 
mort de Sillerj. D'Aligro vivait dans aae cour 
orageuse, n perditles sceaux en leio. Cettedis- 
grtce tient, dit-on, de ce que Gaalim d'Orléui 
lui ayant demandé, d'un ton colère et m 
qui avait conseillé l'er ' 
chai d'Omano, 
magistrat Cuvante lui r^Mudit • qn'il n'a sa- 
•t vsit rien, et qu'il n'était pas m conseil Ion- 
• qu'on en avut parlé. ■ Cette réponse pusilla- 
nime pour un chancelier, qui eût da,oorameduf 
du conseil, dire au duc avec fenneU que le roi 
avait fait cet acte d'autorité pour de trèaJnoMS 
raisons, piqua beaucoup le cardinal de Hidi^en. 
D'Aligre lUt obligé de se retirer dans sa terre de 
la Rivière, au Perche, où il unit tesjonrs- 

Sonfils arienne d'Aligre, né en 1&S2, mort le 
25 octobre 1S77, suivit la même carrière, et a'é- 
prouva pas les mêmes revers. II devint con- 
seiller au grand conseil, intendant de jostioe ai 
Languedoc et en Normuidie, ambassadeur à Ve- 
nise, directeur des fmances, doyen de coasotlcrs 
d'État, garde des sceaux en 1672, et chancelier 
deux ans apits. Il mourut avec la réputation 
d'an magistrat intègre et éclairé. 



ALiGRE (Étifnne-François d'), magistrat 
fï-ançais, né en 1726, mortà Brunsnîck en 179S, 
descend de la famille du précédent. En i7tB, 
il fut d'abord nommé président à mortier, puis 
premier président du parlement de Paris. D fit 
plusieurs fois , à la tèle do parlement, des re- 
montrances au roi contre les impdta et ctmtre 
certaines opérations ministérielles. An moment 
oîi Kecker, qui jouissait alors du plus grand cré- 
dit, préparait la convoeatiDO des états généianx. 
d'Atigre demanda etobtint la permisHonde Ure, 
devant le roi et en présence de son ministre , 
un mémoire où il prédisait tous tes malheors qui 
devaient arriver de celte convocation. Cette lec- 
ture n'ayant pas produit l'effet qu'il en attendait, 
d'Aligre donna sa démission en 1788. Le jour de 
la prise de la Itastille ( 14 juillet 1789), d'Aligre 
fut arrêté et conduit k l'hûtel de ville; il aurait 
péri sans la présence d'esprit d'un de ses an- 
ciens domestiques, Ilfutundespremiersàquitter 
[a France, et mourut dans l'exil, en laissant à 
son fils unique, mort en mal 1847 , une fortune 
considérable, qu'il avait placée sur la banqoe 
d'Angleterre. 

UiTdrlIr, Hitlolre de Franc». -Thlen. HtiUHrt d* 

AUMEHTCa. Voy. CiNCius AuHE^ns. 

ALIKARD ou HÀLiNABD, prélat français, 
né en Bourgogne vers 990, mort le 29 juillet 
lOJï. 11 était de famille noble , et fut élevé avec 
soin par son parrain, Vaulier.évéque d'Aulun, 
qui le CMitia ensuite au savant Brunon , évèque 



IM ALINAHD 

4e Lai^M. CeU-d le fit cbanoine etdérdoppa 
fin» In l'aHonr de* (dencet. Refuuat tobt 
maMOMst dnw h cuifère «edésiutiqiM, Ali- 
aard ie rcUn, nuOgrt b ihe oppodtk» de u 
bmakidiu le ooimntda Sdnt-BÂàgDe deDJioa, 
ad a prit nubit de bénédidiD. H deriot UcnUt 
fitent, et qnttn nu aprè* il (bt âo Mté de h 
mmnwinWi Tifii tithi' deiu let witenrs andai* 
■mifi ol prnhBf. Alfatardanitpaiiéduuleur 
leetam lïitdUemee du droit cuMD, et de U philo- 
MiiUe. Cctte4nidilkM remarquable était loutenM 
par iiaenT«<hiqiieMe.Aliiiud l'exprimait nitroe 
avec teilité duu plniinin lan^iei liTintei. 

)m Tfpntt de RcbtI leNoir, rcd do Gemunle , 
qui le lorn en lOie, à Mc^tCT le iMge ucUA- 
plKO)Ml de LjoD , alors Tille impériale, et le pria 
«le ractarafn^Mr k Home. AUaaid 7 conaeotii et 
phif teXementaniBomaiiu, que l'aimée (bjtuiIb 
(IM*) B> Tonlnreat l'âlre ai remplacement de 
GUmait II; mab, Adtlo k Mt peDChantt poor 
la remue, fl «pdtta bnuquemoit Rome, et n'j 
rentn qu'en 1049 , loraque Léon XI y conToqua 
aneoade. LeaoaTorainpontifeiieTaolDtplueM 
•éporer d'Alinard : Il l'emmena ta France où 11* 
ae trouverait ï la dédicace de Saint-Rémi de 
Mam et ao grand condle qui la niiTiL lia ae- 
liatireiit eoMille aux concile* de Rome et de 
VereeM, tenna ea 1050 contre le« erreon de Bé- 
reager. Alinard aceomiiaBna , en lOâi, Léon XI k 
Béoérent, k C^ooe , au Hont-Cauin et lu mont 
Garpn. San ékiqnenee peraoaiif e ht de la plu 
pande nlBIlé an ponSfé, qui remptaya pooT eco* 
dora la paix arec let leipieure Docmaiida dn 
rojrainm de Kaplet. Il se reUn enratte au con- 
wtM de Sai^OrégnIre de Rome. Hngea, chaise 
4b r«i«cM 4e LiRiires k canie de sa mauvaise 
sr la poissante tnterrentli 



de «M caMgne poar rentrer en grlce auprès do 
nintpèK. AKnard loi promît ses bons offices, et 
kddonaaandtaierd'adlen : il en moant, empoi- 
«onaé, 4it-4Ni. Le peuple romain le Gl oiterrer 
avec punp* et loi éleva un riche manaolée avec 



ta n*a de ce prâat que quatre lettrei lelleteui- 
ccfaent les intérêts de son mMiastère. Le strie 
ea est fort remanjuablc. A. de L. 



■itlUoa. 



-aiM. 



surBANDi ( SoHomnife ) , poète italien, 
Mrt en 1417. 11 ht élevé par Franfoii de Gon- 
am, prince de Hsntooe, qui loi St étudier les 
Mirée , le droH et b pfailoso(Aie. Alipnndl prit 
leiaélierdea armes, et eervit trèe-ulilenient sou 
K et comme diplomi 
B TcniOée de Mantone 
Jejnsqn'en UI4. Cet 
«mage, mal écrit et trts-ineuct, se trouve dans 
MOCT. aux». D;<ivEai. — i. 11. 



— ALIX ISO 

Maratori, ÀntiguUala Itatix wudii axiiiÊi- 
laa, 1741, in-M. A. deL. 

TlnlKjwU . noria OUa Utttratura Ualiau. -Cm- 

• n-mkJioK, Bernard), mosldea, nalif de 
la Toscane, vivait k Hanlch dans la première 
moitié <\a dix-hnitiime siècle; il était maître 
dediapellede l'électeur de Bavière. On a de lui 
Irofsopéru: JfifArldote, représenté en 1738; 
Iphigétiîe, ea 1739; et Sifmiroiii», en 1740. 



• ALirPAHni ( mehel-Ange), peintre italiea, 
nabf de Vérone, ^vait au seliième dède. étu- 
dia avec Psul Veronèse à Venise. On ■ de lui 
pInsieoTS tableaux eitiniéi, et des fresques k 
Vérone. 

Dal l-aus, rUt M Pitttrt fmnat. 

ALiaoN lArehlbald), théoto^ écossais, 
né en l7i7',mort en 1B39 k Edimbourg. On a de 
lui un Essag on (Ae naivre and principlei 0/ 
<aife;London, 1790,10-8*, et qoelquee lermcms. 

BiBgrarhlcai ilsttcnrf. — JV<nglr ko EaoiMrg» 
iClwiUiir «vraiaf , U oïl IIU. -^ CtKtieman^i Uagtt- 

;.àLISO.f {ArchUxUd), jurieconsnlle et his- 
torien anglais, fils du pnkédent, naquit k Kenn- 
lej le 19 décembre 179!. Il étudia k Ëdim- 
bouif, et devint, en 1814, avocat dn barreau 
écossais. EnlBlS, illutoommé membredu com- 
seit rojal et ihtrifT du Lanarbihire. Le* prin- 
dpanx ouvrages qall a publiés jusqu'k ce jour 
ont ponr titre : TAe princlpalej of the eriuUnal 
lawo/SeaUand;eAimh.,l631,\n-8';— Prac- 
tkt of erlminal laa; fbid., 1833, in-8°; — 
Ristory tif Xurop»,/rom the eommencemenl 
o/the Freneh revululion to the reilauralion 
qf llie BourbotUfEdimb., 1833-41, in-3*; B'édi- 
tion, 1850,10 vol. irHI°;cetonvTageent un grand 
Bucois : Il Ait traduit dans presque toutes lei lan- 
gues de l'Enrope, et même en arabe (Malle, 1845), 
et en hlDdonstaDl; — Essags; Édimb., 3 vd. 
io-8< ; recueil d'irticles d'histoire contemporaine, 
pubb'ég dans Blackmiod's Maga^ne; — Prin- 
eipttt 0/ population ; £dimb., 1S41, ln-8° : 
l'auteur j combat les principes de HaHhoS: — 
England In 1815, ond 1847, or a rufficient 
and eontaeltd evrrenc'j; Ëdimb., 184S, in-S'; 
— The Uje of the dfdte li/ Marlb&rouglt ; 
iUd,, 1847. 

ALIX de Champagne, flUe de Thibaut rv, 
comte de Champagne, née dans la seconde moi- 
tié dadoosièmetièele, morte en 1M&. Elle était 
épouse deLoni* VU, roi de France, dit le Jeune, 
mère de Philippe-Auguste, et, durant l'expédi- 
tion de son fils en terre ssinte, régente du 
rojaume et tutrice de l'héritier du trtee. Alix 
de Champagne don être placée au rang des prin- 
cesse* célèbres. Le renom de son esprit et de SCS 
grkcea Tùit aux ordtles de Louis vn, qni de- 
manda sa main. Elle monta sur le trdoe qu'Ëléo- 
nore de Guienne et Constance de Castille avaient 
laissé sons héritier, et, après quatre années d'une 



ISl 



ALIX 



13t 



union stérile, die mit au inonde Philippe-Auguste. 
Ce premier-né de la couronne fut accueilli avec 
transports, et surnommé Dieu-donné, Le rare 
mérite d*Alix n'avait point été Tunique cause de 
son élévation : la politique des rois capétiens 
recherchait Talliance de ces riches héritières, 
qui leur apportaient en dot Tespoir de réunir 
quelque jour un grand comté au domaine royal, 
de lui enlever pour le présent son indépen- 
dance hostile, et de Tendaver en quelque sorte 
dans les possessions de la famille régnante; or, 
le comté de Champagne était des plus puissants, 
et, pour mieux s'assurer son fidèle vasselage, le 
roi avait marié ses deux filles aux deux frères 
de sa nouvdle épouse. Ce fut dans la même 
pensée qu'il unit Philippe , encore adolescent, à 
Isabelle de Hainaut, fille du comte de Flandre. 
A la mort de Louis YII , on agita la question de 
la régence : Alix la réclamait , et la maison de 
Champagne s'enorgudUissait déjà de la tutelle 
du jeune roi; mais son beau-père, le comte de 
Flandre , n'était point d'humeur à céder facile- 
ment cette haute prérogative : la guerre dvfle 
allait donc s'ensuivre. 

C^>endant il arriva que Philippe, âgé à peine 
de quinze ans, se crut assez fort pour régner; 
il prouva du moins qu'il était assez habile par un 
usage précoce de ce génie politique qu'il déploya 
plus tard : on le vit opposer à sa mère et au 
comte de Champagne l'ambition rivale de son 
beau-père, et se soustraire ainsi, en les jouant 
tour à tour, à la tutelle et de l'un et de l'autre. 
Alix, qui s'était mise à la tète des mécontents et 
qui déjà en appelait à Henri n , roi d'Angleterre, 
fut bientôt désarmée par la fermeté précoce de 
son fils et par ses négociations alfectueuses : elle 
aima mieux qu'il fût roi sans elle que pupille 
d'un comte de Flandre , et contribua de tout 
son pouvoir à le mettre en possession de son 
royaume. De son côté , Philippe ne voulut le 
confier qu'à elle seule quand il partit pour la croi- 
sade : fl assembla les grands vassaux, et, de 
leur consentement unanime, la prodama régente 
et tutrice de Louis , son fils. Alix tint fermement 
le sceptre : son autorité forte et virile ne fléchit 
ni devant les grands vassaux ni devant les papes , 
et sa douceur et sa sagesse lui soumirent toutes 
les ambitions. La féodalité et l'Église negagnèrent 
rien à l'absence de Philippe-Auguste : sa mère 
l'avait continué en poursuivant le grand travail 
de son règne, la recomposition du pouvoir royal. 
Blanche de Castille et Anne de Beai]ueu purent' 
trouver un noble modèle dans Alix de Cham- 
pagne. [Enc, des g, du m.] 

SIsinoodl, Ifistoiré des Françaii. — VAri de véri0er 
les dates. 

ALIX (Pierre) f historien ecclésiastique, né à 
Dôle en 1600, mori le 6 juillet 1676, chanoine à 
Besançon, et abbé de Saint-Paul en 1652; il 
soutint avec fermeté les droits du chapitre mé- 
tropolitain contre le pape Alexandre VU. On lui 
doit à ce siiû^t un traité intitulé Pro capitula 



imperiali Bisuntino, super Jure eligendi suos 
archiepiscopos aedecanos Cammentarims ;Bt- 
sançoD, 1672,in-4*. Alasuitedecetécritsetrouve: 
Refutatio seripH Romd miper transnUui om- 
tra jura cnqHtuU Bisuntini, iii-4*. L'auteur y 
relève qudques prétentions de la oour de Rome, 
oe quilui attira une censure de la part du père 
Simard , inquisiteur de Besançon; mais il kn ré- 
pondit par un petit traité intitulé V Éponge pomr 
effacer la censure du père Simard jfic, in-4^ 

Le p. LeloDg, Bibliothèque kistmiqye de la Pnmee. 
— OoDod, Histoire de l'éçUse, «te., de Beêomçom. 

*ALix ( Matthieu-François )y médecin, né à 
Paris en 1738 , mort en Briickenau en 1762. Vers 
1 776 il fiit nomméprofesseur d'anatomie et de clii- 
mnçie à IHouiiversité de Fulde, et eut la direction 
de l'école obstétricale de cette viUe. U fût ausâ 
inspecteur des eaux minérales de Briickenau, 
Schwarzenfddt et Altengrcenau. On a de lui : 
Disputatio de duabus prope perinamm Jb- 
tulis; Erftirt, 1769, in-4<*; — Anweisung sur 
Wundarzneyktinst , etc. ( Manuel de chirur- 
gie); Riga, 1772, in-8«; — De noeivis mortuo^ 
rum intra sacras xdes urbiumque muros 
sepulturis; Erfurt, 1773, m-8** : l'auteur insiste 
sur la nécessité d'étaUir les cimetières à quelqaa 
distance des villes; — Qusestiones medico4&' 
gales ex chirurgia dedarandx; Eriurt, 1774, 
in-4' ; — Observata chirurgica, l*' et 2* cahier; 
Altenbourg, 1774 et 1776, in-8''; 3« et 4* cahier, 
Francf., 1778, in-S**. C'est un recueil d'observa- 
tions rares et curieuses , dont on trouve des ex- 
traits dans Creutzenfekl , Bibliotheea chirur- 
gica, t I; dans Riditer, Bibliothèque chirur- 
gicale, t. m; et dans Edinburgh Med, and 
Philos, Commentaries , voL IV et VI. Alix a 
aussi traduit en allemand Raulin, Instructions 
sur les accouchements, et Fermin, Manuel 
d'Économie rurale. 

Biographie imédieale, 

*ALix (P... M..,), graveur français, né à 
Honfleur en 1762, mort en 1809. H était élève 
de Le Bas. H a fîait les portraits de plusieurs 

personnages éminents, entre autres odui de Na- 
poléon , en manteau impérial , à son couronne- 
ment. 

Hdneken, Dictionnaire des artistes. — Nagler, Ifeues 
Allgem. KûnetteT'Lexicon. 

ALIX OU ALLix (Thierry), historien lor- 
rain, né en 1534, mort à Nancy en 1597, pré- 
sident de la chambre des comptes de Lorraine 
sous le règne de Charles ni. Il a laissé plusieurs 
ouvrages manuscrits, qui ont été souvent con- 
sultés par dom Calmet. Ces manuscrits ont pour 
titres : 1** Traité sur la Lorraine et le Bar- 
rois; — 2° Discours sur le comté de Vaude- 
mont; — 3** Discours sommaire sur la nature 
et qualité du comté de Bitche ; — 4" Discours 
présenté de la part du duc Charles III au 
sî^jet de la Ligue, pour persuader aux états 
assemblés à Paris d'élire pour roi un prince 
de la maUon de Lorraine ; — &*" Histoire des 



133 



ALIX — ALKfiOWAREZMI 



1S4 



pays ei duchés de Lorraine y avec dénombre- 
ment des villes, bourgs et châteaux, terres et 
seigneuries, bailliages, prévôtés, chdlellenies, 
collégiales, abbages, prieurés, couvents, mo- 
nastères, chartreuses et commanderies qui y 
sont et en dépendent, et des mines d'or et 
émargent et autres; des rivières , montagnes , 
verreries, raretés, singularités, qui se ren- 
contrent audit pays, 

BéglB, dans la BioçruphU Vniventiie. 

AUX (Ferdinand) , théotogien français, né 
en 1740 à Fraane , mort à Yerceil, près de Pon- 
tariier, le 4 férrier 1 825. 11 fat élevé par un de ses 
oncles. Il étudia la théologie à Besançon, émigra 
pendant la révolution, rentra dans ses foyers k 
i*époqne du concordat , et devint cur^e Ver- 
cefl. On a de lui : 1® /« Manuel des Catholi- 
ques, ou recueil de divers entretiens familiers 
sur la religion; — V les Impies modernes; 
— 31* le dernier Pr&ne Sun prêtre du Jura, 
Ces trois ouvrages ont été imprimés en Suisse, de 
1794àl7d6,in-8o. 

ALIX DE SATOIB. Voy, ÀDÉLAÏDB. 

ALizABD (Adolphe-Joseph-Louis) , chan- 
teor distingué, né à Paris le 29 décembre 1814, 
mort le 33 janvier 18ô0. Il entra d^abord comme 
diantre aax Missions Étrangères, puis à Saint- 
Eostache, et débuta à TOpéra le 23 juin 1837, 
dans le rôle de Gessler de Guillaume Tell, H 
fit easoite une tournée en Italie, et revint à Paris, 
où il remplit avec succès les rôles de voix de 
basse dans Robert le Diable, le Freyschûtz, 
les Huguenots, la Favorite, et le Prophète. 

Adrien 4e la Fafe, dans le DieUtmnaire de la Con- 



( Salomon-ben-Moïse ), célèbre 
rabbin, natif de Sapheth dans la Galilée supé- 
rieure, vivait au commencement du seizième 
siècle. On a de hii , entre autres, un commen- 
taire sur le livre de Ruth , imprimé à Constan- 
tiDople; 1566, fai-4*. 

De Rossf. Dizion. ttorieo deçli autori Eàrei, 1. 1, p. 4T. 
- WolC, BWidh. A«ftr., I, 104t. — Sartoloccl. BlbUoih. 
vtaana rabbin. — I^tong, Bibliotk. iaera. 

* ALKADi»»BiLLAH , viugt^euxième khalife 
4e la dynastie des Abbassides, né à Bagdad 
ea 947 de J.-C., mort en 1041. H succéda, 
et 991, à Attay-Billah. Ce fut un prince juste, 
et de mœurs douces. Il accueillit k sa com* le 
Qâttre poêle Fîrdoosi, cherchant un asile contre 
b Tengeanoe de Mahmoud le Ghasnévide , qui 
Tcoatt de conquérir le Khorasan. 

IlMdo, msL tarac.y Ub. III, cap. vi. — Aboalféda , 
i^UMl. amaJMi. ->Ibn-KliallekaD, ZNcftonn. biogr. 

wUKAUX. Toy. Caîm. 

^iLKAULASHANDi (Aboul'Ahbos- Ahmed), 
^oinln arabe, natif du Caire, a écrit un traité 
SMlogique des tribus arabes, et une descrip- 
^ de rÉgypte, dont Shaw a donné quelques 
ftapacals dans TraveU , Oxford, 1738 : Ex- 
^tffta e Kàlkûseda de Nilo et nilometro. 

ALKBAasMf (AboihDjqfà Ibn Abdillakh 
^ttorloH ) , historien arabe natif de Cordoue , 



vivait vers le milieu du douzième siècle. B a 
écrit une histoire des Arabes depuis Mohammed 
jusqu*à la fin du règne des Almoravides ( 1140 
de J.-C. ). 
AlmaUurl, AfoA. Dytioit., 1 1, p. 194. 

ALKBMADB (Comelius van), antiquaire 
hollandais, né le 11 mai 1664, mort le 12 mai 
1737. B fut premier commis des convois et 
licences à Rotterdam, et publia dans sa lan- 
gue maternelle un grand nombre d'ouvrages dont 
voici les principaux : 1** Verhandeling over 
Ket-Kamprecht, sur les anciens tournois; 1699, 
1740, 3* édition^ enrichie d*additions par Pierre 
van der Schelling, gendre de Tauteur ; — 2** une 
édition de la chronique rimée de Mélis Stoke : 
ffollandsche Jaarbaken of Rym-Kronyk van 
Melis Stoke; Leyde, 1699, in-fol., contenant 
lliistoire de la Hollande jusqu'en 1337, avec les 
portraits de tous ses comtes, gravés d'après les 
anciens tableaux des Carmélites de Harlem ; — 
3* Muntspiegel der Graven van Holland, etc., 
Delft, 1700, in-fol.; recueil des monnaies des 
comtes de Hollande ; — 4° tnleiding tôt het 
ceremonieel der Begraafnissen en der Wa- 
penkunde (des Cérémonies pratiquées dans les 
inhumations et du blason); Deifl, 1713, in-8*; 
— &• Nederlandsche Displechtigheden, 1732, 
3 vol. in-S**; ouvrage très-curieux, qui traite 
des usages des anciens Hollandais dans la vie 
civile; — 6* Jonker Fransen Oorlog, 1 vol. 
in-8°, espèce de journal contenant le récit de la 
guerre singulière entre le parti des Hockscn et 
celui des Kabbc\jauwsen, à Rotterdam, pendant 
les années 1488 et 1489; — 7° Description de 
la ville de Brill et du pays de Voorn ; Rotter- 
dam, 1729, in-fd. 

Kok, yaderUmdseh Woordenbék, II. 606-eil. — Cbal- 
mot. BiograpMteh JFoordenboek der Nederlandem, 
1. I4t-ill. — CoHot d'Bscary, Holtandi Roëtn in Kunsten 
en f^etensehappen, III. 187. etc. — Uffenbach . Betsen 
durch Niedertaehsen, UoUand und England^ in.l67'4r74. 

ALKENDl OU ALKIKDI. Voy, ALCni?fDIliS. 

^ALRHOWARBZMI OU ALKHARIZMT ( Jfo- 

hammed-Fbn-Mousa Abou-DJa/ar) , mathé- 
maticien arabe, né dans le Khorazan, vivait au 
commencement du neuvième siècle. B Ait bi- 
bliothécaire du khalife Al-Mamoun à Bagdad. 
II composa deux tables astronomiques appelées 
Sind'Hind, parce qu'elles étaient basées sur le 
Sindhanta, système des Indiens. Son Algèbre 
fut écrite par ordre du khalife Almamoun ; c'est, 
suivant Haclji-Khalfah , le premier ouvrage arabe 
où se trouve le système de notation indien. La 
traduction latine (par Rodolphe de Bruges), 
dont M. Libri a cité un fragment dans le vol. I 
de son Histoire des mathématiques, parait 
avoir été faite au commencement du douzième 
siècle. Comme c'était le premier livre d'arith 
raétique offrant un pareil système de notation, 
on lui donna le nom d'Algorismus, c'est-à-dire 
l'art d'Alkhowarezmi. Ce n'est donc pas Léonard 
Fibonacci qui a introduit en EuroiMî le système 
de figures d'algèbre arabes. Le docteur Roscn a 

5. 



185 



ALKHOWAREZMI — ALLAOCI 



IS6 



donné le texte arabe sur une traduction anglaise 
de TAlgèbre d*Alkhowarezmi ; London, 1831, 
in-8«. 

Kiat, Tarikh AUhokema, - Plhrist. vol. III, roanat- 
crlt de la bibl. de Leydc. - librU UUttHn tf«i matM- 
matique* en italie, 1 1. — Reinaud, Géographie a'Â- 
boul/eda, introducUon, 1 1. 

*ALK.MAAB {Zochorie van ), peintre hol- 
landais, Ti?ait à la fin du seizième et au com- 
mencement du dix-8e|>tième siècle. Houbraken 
le mentionne sous le nom do Zacharias Pau- 
luzz, qui vivait à Alkmaar et y peignait des por- 
traits, depuis 1620 jusqu'en 1628. On ignore la 
date précise de sa mort 

Hoabraien, Schouburgk der Nederlandsehe Konst- 
ÊChUderi, 

ALKMAAR (jsrenri de), poète hollandais, vivait 
à la fin du quinzième siècle. U était , en 1477, con- 
seiller de David de Bourgogne, prince évéque d'U- 
trecht, et entra, en 148&, au service de René II , 
duc de Lorraine. H passe pour Tauteurde Reineke 
Vos, célèbre poème bas-saxon, qui est une pein- 
ture satirique de la vie des cours au quinzième 
siède. Alkmaar se vengea par là des outrages dont 
il avait été Tobjet à la cour d'Utrecht La première 
édition, dont il ne reste qu'un exemplaire dans 
la bibliothèque de Wofénbùttel , parut à Lu- 
beck, 1498, in-8*. Des motifs analogues inspirè- 
renfNicoIas Baumann (Voy. Baumamn), auteur de 
la secondeédition, Rostock, 1517, in-4*', ainsi que 
de la troisième ; Lubeck, 1522, in-S*'. Quant à la 
quatrième édition, ibid . , 1 539, in-4° , les additions 
qu'on y trouve font aUosion aux doctrines de Lu- 
tiier. D'ailleurs, Alkmaar ne donne son ouvrage 
que pour une traduction du weldie et du fran- 
çais. La légende primitive, dont le fond est beau- 
coup plus ancien, représente, selon M. Grimm, la 
rivalité des tribus germaniques. D'après ce sa- 
vant, Vlsengrim ou le Loup de la fable serait 
Welf le Souabe; le Renard ou Reineke serait 
ReinhartouReginhart, ducfrank de Lorraine, et 
l'Ours ou le Brun, Brunon de Saxe. Les sources 
les plus anciennes du Reineke sont trois poèmes 
latins en hexamètres, composés vers 1100 par 
des moines lorrains ou flamands, sous les titres 
de Rvfanus, Isangrimusei Reinardus Vulpes, 
Ce dernier poème, qui a pour auteur maître Ni- 
vardus, fut publié par Mone; Stuttgart, 1832. A 
ces diverses compositions on rattache deux sé- 
ries d'ouvrages parallèles, et indépendantes l'une 
de rautrc : la légende poétique française et la 
légende flamande. Le premier Reineke ou Re- 
nard (Regnard) français, composé vers 1 1 50, mais 
perdu aujourd'hui, et qui substitue à l'ours le 
Uon, roi des animaux, a été imité en haut alle- 
mand, vers 1200, par l'Alsacien Henri le Glich- 
seneare (le Brillant), et ce dernier a été copié 
à son tour, vers 1 220, par un autre Allemand. Les 
deux versions ont été publiées par Mailath et 
Keoffinger , Koloczaer Codex ; Pesth, 1 8 1 8, et par 
M. Jac. Grimm en 1834 et en 1840. Le second 
Renard français, composé en prose, vers 1250 
par Pierre de Saint-Clost (Saint-Cloud), fut plus 



tard imité en vers dans le Nouveau Renard 
du trouvère lillois Jacquemars GieuUée , et pu- 
blié avec cette imitation par M. Méon sous le 
titre : le Roman du Renard etc.; Paris, 1826, 
4 vol. in-8**; et par M. Chabaille,5upp/^7ii^n/.f ; 
ibid. 1835, in-8*'. Quant k la légende flamande, 
elle remonte directement au poème de Reinaert 
de Vos, composé vers 1170, par Willems, con- 
tinué vers 1270 par un auteur du même nom, 
et publié en entier à Gand, 1836, par un troisième 
Willems (Jean-François), qui fut l'un des res- 
taurateurs des langue et littérature flamande 
de notre temps. Le poème a été traduit ensuite 
ou plutôt délayé en prose hollandaise, Gouda, 
1479, et en prose angliUse, Londres, 1481 et 1487. 
C'est d^s cet état de mélange flamand, français 
et hollandais, que la légende recueillie par Alk- 
maar a servi de base à son poème. Longtemps 
préféré au Spéculum vitx aulicœ de Hart- 
mann Schopper ; Francfort , 1567, qui était une 
version latine du même récit , le Reineke Vos 
d' Alkmaar fut réimprimé par F. Harkmann ; 
Wolfenbtittel, 1711, in-4'*, et en dernier lieu 
par H. Hoffmann, Breslao, 1836. Souvent tra- 
duit en prose allemande, il a été nyeuni par les 
hexamètres de Goethe , Weimar, 1794, et des 
érudits ont essayé de le rendre en latin. Quant 
aux autres traductions en langues modernes, elles 
ont été la plupart faites d'après les ïambes rimes 
de Sottan (Brunswick, i 803) et de Sim vock (Franc- 
fort, 1845). Selon Dreyer, le Reineke Vos est une 
source précieuse pour l'étude de l'anden droit 
germanique. 

JOrdens, texleon Deutgeher Diehter vnd ProiaUten- 
ConvernUiong Lexieon. — Legrand d'Aïusj , ffotieei et 
Extraits dés mamuerits «te ta BUtl. de Paris. — JA- 
cher et Adelung, JUgem. Getehrt. Lex, — J. Grimm, 
Die Sage von Reinhart Fos, Letpz. 18S4. 

* alrodhaI {Ahmed'ibn'Mohammed)^ écri- 
vain arabe, natif de Campos près de Jaên, vivait 
vers le miKeu du onzième siècle. Il est l'auteur 
d'un Dictionnaire biographique , dont on con- 
serve le manuscrit (n"* 1729) à la bibliothèque 
de l'Escurial. 

Casirl, Bibl. arab, hisp. Esc.» t II, p. 16S. 

* ALKODH Ai (Mohammed'ïbn-Mokammed), 
écrivain arabe, natif d'Estepona en Espagne, 
mort vers 1308 de J.-C. Il fiit d'abord khattib 
(prédicateur ) dans la mosquée de sa ville natale, 
puis professeur de grammaire an coflége de Gre- 
nade, n a composé plusieurs traités pédagogi- 
ques (inédits). 

Caslrt, Bibl. arab. hisp. iTfc. 

ALLACCiou ALLATivs(z:^on), littérateur ita- 
lien, né en 1586 dans 111e de Cliio,mort le 19 jan- 
vier 1669. A l'âge de neuf ans, il vint en Calabre, 
où il fut protégé par la puissante famille des Spi- 
nelli. Il entra ensuite au collège Grec à Rome , 
et s'y livra k l'étude des anciens, de la plUtoso- 
phie et de la théologie. Après avoir été quelque 
temps secrétaire de l'évêque d'Anglona , il re- 
tourna dans son pays natal ; mais n'y ayant pas 
trouvé une position convenable, il revint à Rome, 



117 



ALLACCI — ALLAINVAL 



1S8 



et s'y lirra à renseignement du grec. En 1C22 ; 
l'éiectear de BaTÎère aTait fait présent an pape 
Grégoire XV de la magnifique bibliothèque Paùt" 
tint dont le général Tilly Tenait de s'emparer 
par la prise de Heidelberg. Allacd fut chargé de 
diriger le transport de-cette bibliothèque, et s'en 
acquitta avec le plus grand soin; mais la mort 
de Grégoire XV le priva de la récompense méri- 
tée. Le cardinal François Barberini le prit alors 
pour bibliothécaire, jusqu'à ce qu'il fut enfin 
nommé bibliothécaire du Vatican par le pape 
Alexaidre VII. Allacd, Grec de naissance , em- 
brassa la religioD catholique romaine et devint 
on des pins sSés partisans de l'autorité du pape. 
n déclara ses compatriotes hérétiques , et dans 
son opinion tous les hérétiques devaient être 
exterminés par le fer et le feu. Quoiqu'il ne fût 
pas prêtre, il resta toute sa vie célibataire. Un 
^r le pape Alexandre VU, lui demandait pour- 
quoi il ne prenait pas les ordres ; « C'est, répou- 
dii-il, pour pouvoir me marier. » — i Mais, reprit 
le pape y pourquoi donc ne vous mariez-vous 
pas.' — » Cest, répliqua- t-il, pour être libre de 
preadxB les ordres quand je voudrai. « On pré- 
tend qu'Allacci se servit quarante ans de la même 
plume; et fl a énormément écrit. En mourant, 
il légina ses livres à son ami Jean Pastricius, pré- 
fet du collège de la Propagation de la foi, A 
ses manoscrits au collège Grec. Dans tous ses 
écrits AUacd a montré un immense savoir, mais 
pea de critique et une grande intolérance en 
matière de religion. Fabridus, qui donne une liste 
complète de tons les ouvrages d'Allaod, les di- 
vise en quatre dasses : V* Traductions et com- 
roeotaires; tels sont : Socratis Ântisthenis et 
aliorum Socratieorum Epistolx, avec des 
notes et on discours sur les écrits attribués à So- 
crate; Paris, 1637, in-4*; — Philo Byzan- 
titUf de sepiem mundi Spectaculis , avec notes 
et traduction latine, Rome, 1640, in-8*; repro- 
duit dans le VIII* vol. du Thesaur. Antiguita' 
tum grxcarum de Gronovius ; — Salltutii phi- 
losaphi Opusculum dediis et mundo,eum no- 
tis JSro^renti; Rome, 1638, in-12; — Vita Ho- 
meri dans l'ouvrage intitulé de Patria Homeri^ 
Leyde, 1640, in^*; — Excerpta varia Grx- 
corum sophistarum et rhetorum; Rome 1641, 
ia-8*; — Zumuxra, sive opusculorum grxco» 
mm et latinorumveiustiorun% ac recentiorum 
liM X; Rome, 1668, in-4*; — Grxcla orthth 
doxa; Rome, 1652 et 1659 2 vol. in-4* : c'est 
une collection avec traduction latine d'auteurs 
grecs favorables è l'Église romaine; » Georgii 
Âcrepolitde,magni logotheta: Historia, JoeUs 
chronographia eompendiaria et Joannis Ca- 
nani narratio de Belle Constantinopolitano, 
avec des notes ; Paris, 1661, in-fol. — 2* Ouvra- 
ges relatifs aux Églises grecque et romaine; 
les plus importants de ces derniers sont : de 
Ecelesix occidentalis algue orientalis perpe» 
tua consensione libri III, cum dissertatione 
d€ DonUnieis et HebdomadUms Gracontm; 



Cologne, 164S, in-4''; — De jElale et Inlersti- 
tiis in collatione ordinum etiam apud Grx- 
cos servandis ;Rome, 1638, in-8*, — De utrius- 
gue Ecclesix, occidentalis algue orientalis, 
perpétua in dognuUe de Purgatorio Consens 
sione; Rome, 1655, in-8* ; — Joannes Henrieus 
Hottingerus fraudis et imposturx man\festx 
convictus; Rome, 1661, in-8*; — In Roberti 
Creyghtoni appcaratum, versionem et notas ad 
Historiam synodi Florentinx a Sglvestra Sy- 
ropulo scriptam , exereitationes ; Rome , 1 674 , 
ia-A^. -* 3*Ouvrages historiques : De Patria Ho- 
meri; Leyde, 1640, in-8*; — De Joanne Dor 
masceno et ejusdem Scriptis, imprimé dans 
l'édition de Daroascene de Lequien; Paris, 1712, 
in-fol. ; — De Simeonum Scriptis Diatriba; Pa- 
ris, 1664, in-4% -* De Psellis et eorum scrip- 
tis; Rome, 1634, in-8*. — Delibris ecclesias- 
ticis Grxeorum; Paris, 1644, in-4*;— Apes tfr- 
banœ, sive de Viris illustribus gui (U> anno 
1630 per totum 1632 Romx ad fuerunt et alk- 
guid typis evulgarunt; Rome, 1633, in-8*; — 
Vita Juin Cxsaris Lagallx, philosophi ro- 
mani; Paris, 1644, in-8*; —4' Œuvres mêlées: 
Confutatio fabulm de Joanna papissa ex 
monuntenlis grtecis ; Rome, 1 640, in-4* ; — Poe- 
mat a varia grxca; Rome, 1633, in-8*; —Dror 
maturgia divisa in set te indici; Rome, 1666; 

— Pœti antichi raccolti da codici manos» 
critU délia bibliotheca Vaticana e Barberïna; 
Naples, 1661, in-8*. Allacd avait promis une ana- 
lyse détaillée des manuscrits grecs alchimiques, 
presque tous inédits , de Zozime , d'Olympio- 
dore, etc. ; cette promesse n'a été réalisée que de 
nos jours par Feid. Hoefer, dans le tome 1 de son 
Histoire de la Chimie. L. J. 

Lorenxo Ckvno, Moria dut jfotli greei, p. SM. ~ 
Clément, Bibl. curUtae, p. 1S7. — Fabriciiu , Bibliotk. 
çrâfc., XI, 4M. — Adehmg, sopplement à JAcher, Mt^e- 
mêinn GêUhrien-Lexicon, — Fétis, Biographie imirtr- 
setle dei Mwieignt, 

ALLÂiKTAL ( léonor-Jean-Christine- Sou- 
las D*}, littérateur français, né à Chartres vers 
le commencement du dix-huitième siède, mort à 
Paris, àl'hôtd-Dieu,]e2 mai 1753. Il vivait dans 
une misère profonde, et n'avait souvent d'autre 
gtte que ces diaises à porteurs qui stationnaient 
alors au coin des rues. £n 1725, il fitqudqnes 
pièces de comédie, et donna au Théâtre-Fran- 
çais : la Fausse Comtesse , V École des Bour- 
geois, les RéHouissances publiques, ou le Gra- 
tis, et le Mari curieux; au Théâtre-Italien : 
r Embarras des richesses, le Tour de carnaval, 
et V Hiver; à TOpéra-Comique : la Fée Marotte. 

— V École des Bourgeois eut un succès de vo- 
gue. « Cette pîèce, dit la Harpe, a peu dlntrigoe; 
« mais il y a du dialogue et des moeurs...,. Le na- 
ît turel et le bon comique y dominent; on y re- 
« marque surtout une exceUente scène, celle où 
« l'homme de cour se concilie un moment M. Mat- 
« thieo, son Cher oncle. » —On a dumêmeaur 
teur; *** Ana, ou Bigarrures calotines, 1732- 
1733, quatre ^lUes, ViL-n ,tw^\ IaUtw ^ tiAr 



130 



ALLAINVAL — ALLAN 



140 



lord "', au sujet de Baron et delà dcmoUelle 
Lecûuvrcur, 1730, in-i!; Éloge de Car, 1731, 
ia-l2;Aiiiuinacliatlronomigut, géographique, 
tt, gui plui al, véritable j Aneedotei de Rus- 
ste 3om Pierre I", !7*5, 1 puties in-iî; une 
édition corrigte H augmentée de l'ouvrage du 
P. Bigord , intitulé Connaitianee de la Mytho- 
logie, par demandei el par réponies , Paris, 
1743, et une nouvelle édition dea Lettret du car- 
axnat Maznrin, î toI. Id-Iî, 17*S. 
Çïrfrnnl . la Franea Htttrairt, I, It. — U nirte, If- 

bler, eiàminirHUii*. 

MA.kiwM (Julien- Pierre), administrateur 
et agronome frençau, né k Saint-Brieuc le 20 
Janvier 1741, mort le 3S janvier ISIG. Lora de 
l'organisation de radminiatration foreatiére, il 
fut clui^é du contentieux et du repeuplement 
des bois, et a laissé une relation Inédita d'uu 
vojage dans tes forêts dés rivea du Rbin. 
H. SlliFiIrc, nimoini it la SocUU (C^prlcullurc, 

ÂLLaia (Denis VaiRAisED'), grammaiiiai 
flwi^s , ainsi nommé de la viile d'Alais en Lan- 
goedoc, ob il naquit vers 1630. Il passa nne 
partie de sa jeunesse ai Angleterre, et se trouva, 
en less, snr la flotte commandée par le duc 
dTTorii. r revint en France, où il enseigna l'an- 
glais et le franfais. Ses ouvrages sont : 1° nne 
Grammaire Jrançaise méthodique, l6Sl,ia-i2; 
— 3° un atrrégé de cette Grammaire en anglais, 
1083, io-lî; — 3" rflÎj(oire des Stvarambes, 
ouvrage divisé en deux parties : la première im- 
primée en 1677, «I i vol. in-12; la seconde ai 
1673 et 1679, enSvol. in-12; il fut réimprimé en 
1716 à Amslcnlun, en 2 vol. in-11. C'est on ro- 
man poUtique, qui a été tradnit en plosienn 
langues. 

HiRhind, McUniulrg UtEorIfi». — ilorbol, Pott- 
kMor, l, 1*. - WiU, BUUolitta ïrUannica, I, II. 
iLLilS DB BSàrLIBC. Toy. BUDUED. 

ALLALEOna. ¥oy. Alaleonji. 

ALLAM (André), érudit anglais, né & Gar- 
singdon, près d'Oxford, en leM; mort en 16S5. 
Ilfat élevé à Oxford dansie collège de Saint-Ed- 
mond , dont il devint sous-reetenr et reçut les 
ordres en I6B0. H coopéra à l'ouvrage Athenx 
oxonienses de Wood, et U ajouta des préfaces 
anx Epistle eongratulatorie of Lysimaehus 
NieanoT (o the convenanters oj Scotland de 
Jean Corbet ; OxfonI, 1684 ; et aussi ï VEccleiix 
Angticnnx Politeiade Bitdiard Cosin; Oxford, 
1684. Il ajouta des notes au T/ieatrum hlslori- 
cutn, sive chronologie lyitema noimm de Hel- 
vicDS; Londres, 1687. Enltn i» a de lui une tra- 
duction de la Vie ^Ipkicrate de Cornélius 
Népos. 

Wooé, MUmm OnUauêi! ruU Omm. 

ALLAMASD ( /e«n-A'fm{as-M»ai(ien ) , sa- 
vant. Ré à Lausanne en 1713, moK i Lejde le 
1 mars 17S7. U fut professeur de pliHosophle et 
dliisloire naturelle à l'aniversilé de Franeker. H 
«W( membre de U Société rojale do Londres, 



et de l'Académie des sciences de Hariem. On 
raconte que les marins bollandais se faisait^ 
un plaisir de Ini rapporter de leurs longs voyages 

, des plantes, dea animaux, des fossiles, dont il 
enrichissait le jardin botanique et le muséum 

, de l'universilé, placés sous sa sorvolEance. Il Bt 
des observations intéressantei sorl'électridté, 
et expliqua le premier le phénomène de la boa- 
tdlle de Leyde. (Bibliotbè^e britannigue, 
t. XXIV, et Transaet. philotoph. de Londres, 
n- 477 ). 

Le bibliographe Prospcr Marchand et le cé- 
lèbre pbj^en s'Gravûande lui avaient légoé 
le soin de mettre en ordre et de puHier les ou- 
vrages qu'ils avaient laissés manuscrits. 

Les ouvrages puUtés par les soins d'Allaraand 
sont : s'GriTCsande, Phitûiopbi« Neulonianx 
InsMutianes in usut academicos, 3" édit; 
Lejde, 1744, \ii-%'\ — ŒuoresphHosophiqueset 
mathématiguesàe M. G. i. s'Gravesande ; Ams- 
terdam, 1774, 2 vol. {0-4°; — le Dictionnaift 
Alsfori^e de Prosper Marchand ; ^ les (Ettcret 
deDuffon.SSvol. ln-4'^; Amsterdam, 1766-79.11 
a traduit en français 1° les Sermons de Jacques 
Porïter sur divers sujets; Lejde, 1739, in^,; 
le tome I",seul h para;— 2* les Éléments de 
la Chimie de Boeitiaave; Amsterdam, I75ï, 
1 ïoi. In-S"; — 3° l'Essai sur l'histoire dt* 
coraifnMd'Ellis;LaHaye, I756,in-4*;— 4'rft- 
aol tur les comités d'Andr. Oliver, 1777, in-g°; 
— 5' \i ffounelle description du eap de Bonne- 
Espérance, par Henri Hopp; 1778, in-fl", tra- 
duit du hollandes, avec des notes; ^- 6* le Bè- 
gne animal de Brteson, avec des notes; Leyde, 
176S, ln-ff>. 



d«i dlx-H^ FrsWiua dti Pafi-BBt, t. III, p. II*.— 

Bricli. sii^UnuiU d la Frma littéraire; IBOa, p. t. - 
Bubkr. SiaiiM Iricig tu, 1, U. - HircïiDi) , AfcEIR- 
luMn kUtoriqut. 

ALLAMAND ministre protestant à Bex, dans 
le pays de Vaud, vivait dans la seconde moitié 
du dL(-huiliinie siècle. B a publié, sous le voile 
de l'anonrme, one Lettre sur les assembUtt 
des rellgionnaires en Languedoc, écrite à un 
gentilhomme protestant de celte province, 
par M.-D.-L. F.-D.-M., imprimée en France 
sous la lïusse ïndicatian de Rotterdam, 174S, 
in-*" et in-S*. 

Peut-être faut -il attribuer an même auteur : 
r Pensées antiphilosophiques (anonjme); la 
Haye, 1751, in-11;— 2° 4n(i-Bernicr, ou A'ou- 
veau Dictionnaire de théologie, par Vauteur 
des P. A. ( Pensées antlpliilosaphigues ) ; Ge- 
nève et Berlin, 177D, 3 vol. in-S°. 
GIMun, MlHtlIananu ITorls, Mil. de liir<I ShenicJd, 

I[, Mi. 

ALLAH (David), peintre d'histoire écossais, 

née Alloa le 13 février 1744, mort i Éilimbouif 

le 6 août 1796. Après avoir séjourné quelque 

ipmns en Italie, il fut appelé en 1780 \ diriger 

académie fondée à Edimbourg. Il cxcelliùt 

[ite : SCS principaux la- 



141 



ALLAN — ALLARD 



143 



Meaux sont rorigine de la peinture, les Ber- 
gers de Calabre. La plupart de ses tabieaax ont 
été reproduits par la graTure, entre autres V En- 
fant Prodigue, Hercule et Omphale. On a aussi 
de loi de chairnantes estampes à Vaqua-tinta. 

CuonlnfliaB, LÀvet nf thê mott tminent BrtUsk Pain- 
Urs^ Seulptorty and ArchitecU. 

ALUkx {George), antiquaire anglais, mort 
«n 1 800. 11 était procureur à Darlington ( pro- 
TiDce de Durliam ), où il vécut dans la seconde 
nKHtîé du dix-huitième siècle. On a de lui, entre 
autres écrits, une Esquisse de la vie et du ca- 
ractère de revécue Trevor, 1776; la Vie de 
saint Cuthbert, 1777 ; des Collections relatives 
à r hôpital Sherborn. 

NlcboU, LUerarjf Anecdotes oj the EighUenth Cen- 
tmrff, ▼!, «S. 

* ALLâH (Robert), chirurgien an^ais, né à 
Edimbourg en 1778, mort en 1826. H servit d'a- 
bord dans la marine comme aide-major, et s'é- 
labKt ensuite comme praticien k Edimbourg, où il 
lit depms 1812, des cours publics. On a de lui : 
A Treatise on the opération on hthotomy, 
Edimbourg, 1808, in-folio; l'auteur y insiste sur 
les avantage de la taille latérale; — A System 
qfpathologicaland operativesurgery^ founded 
on analomy; Ma., 1821, 1827,3 vol. in-8«; — 
det'articles sur les anévrisroes, dans Edinburgh 
Journal of médical Science, t. I et II, 1826. 

▼te d'Allan, dans Sdinburghi Journal of médical 
Science, toI. Il, décembre 18S6. 

* ALLAH (Thomas), minéralogiste, né à 
Edimbourg le 17 juillet 1777, mort le 12 sep- 
tembre 1833. Dès sa jeunesse il se montra pas- 
sionné pour rétude de la minéralogie ; il visita 
la France, et particulièrement le Dauphiné, les 
lies Féroë, Comouailles, etc. La collection de 
minéraux qu'il a laissée à Edimbourg est une 
des plus riches de la Grande-Bretagne. On a de 
hii un traité de minéralogie et quelques articles 
dans les Transactions qf the Royal Society of 

Edinburgh. 
Bicgraphical DicUonary. 

^allahtsAb ou ALANTséB ( Léonard et 
Lucas ), frères, les premiers libraires de Vienne 
( depuis la découverte de riroprimeiie ), natifs 
d'Augsbourg, vivaient k la fin du quinzième et 
au commencement du seizième siècle. L'alné, 
Léonard, mourut le 7 janvier 1518, et le cadet, 
Lucas, en décembre 1522. Hs entretenaient un 
commerce très- actif avec Augsbourg et Venise. 
Le premier ouvrage édité à leurs frais est un 
poème htm : De flenda Cruce Baptistx Rhe- 
giensis episcopi Carmen; Vindobonae, 1511, 
iii-4°. On lit au bas des titres de leurs ouvrages : 
Leonhardus et frater ejus^ Lucas Alantsee, 
cives et bibliopolx Viennenses, Cxsàrisque et 
rerum Csesarearum studiosissimi, hos Augus- 
taies libelles prodire volverunt in lucem, ex- 
pensis suis, imprimentibus eos et typis effi.- 

giantibus, 
OEHcmiekitehêi BU)(fraph. Letieon g Vienne, tm. 

*ALLABB et AMéLMUD, nom de plusieurs 
gmvenrs hollandais qui vtraient à Amsterdam 



et à Leyde dans les dix-septième et dix-huitième 
siècles. On a d'eux un grand nombre de por- 
traits, de vues de villes, de paysages, de gra- 
vures d'animaux, etc. 

neinekeo. Dictionnaire des Artistes. — Strut, DictiO' 
narf of engravcrs. — Ntgler, Ntues AUçm. Kttnêtler- 
Lexicon. 

ALLAAD (Guy>, littérateur et généalogiste, 
né aux environs de GrenoUe en 1646, mort en 
1716. Conseiller au parlement de GreDoble, il se 
fit connaître par de nombreux oufiages reli 
tifs à l'histoire du Dauphiné et à la généalogie 
des familles nobles de cette province. Aa mo- 
ment de sa mort, il s'occupait d'un grand traviil» 
resté inédit, sur Injustice, la polloe et les finan- 
ces delà France. S^ livres imprimés sont iV la 
Vie et les aventures ie Zizime, fils de Maho- 
met, empereur des Turcs, par G — d M. ( Cl. la 
Bothère), nouvelle historique, 1673, 1712, 1724, 
in-12;— 2*^^/0^65 de Des Adrets, Dupuy-Mont- 
brun Colignon, 1675, in-12; — y* les Aïeules 
de madame de Bourgogne; 1677, in-12; — 
4** Bibliothèque du Dauphiné, avec une courte 
notice sur l'auteur, 1680, petit in-12 ; réimprimé 
à Grenoble, 1797 ; l'édition originale est très-rare ; 
—5° les Inscriptions de Grenoble, 1683, in-4*; 

— 6" la Vie de Humbert II, 1088; — 7° les 
Présidents uniques et les premiers Présidents 
au parlement du Dauphiné, 1695 ; — 8*^ Recueil 
de lettres, 1695;— 9** Nobiliaire du Dauphiné, 
1671, in-12, 1696; — 10* Généalogie de la fa- 
mille Sivfkiane, 1697 ; — 1 1** Histoire généalo- 
gique du Dauphiné, 4 vol. in-4*', 1697 ; — 
12'' État politique de Grenoble, 1698, in-12; 

— U*" les Gouverneurs et lieutenants au gou- 
vernement du Dauphiné, 1704, in-12. 

Lelong, BiMiothéque historUpte de la France, II, 771 

— Quérard, la France liUéraire,l^ SI. ~ Meiuel. ^i- 
bliotheca historica^ IX, part. S, p. 188. — Chorier, His- 
toire du Dauphiné. 

ALLABD (Mademoiselle), célèbre danseuse, 
née le 14 aot^t 1738, morte le 14 janvier 1802. 
Elle débuta à Paris en 1762 , y obtint de grands 
succès, et quitta le théâtre en 1782. Le ^lèbre 
Auguste Vestris était son fils. 

Grtmm. Correspondance. 

ALLARD ( Joseph-Félix), littérateur français, 
né en 1795 à Marseille, mort le 20 octobre 1831. 
Tl se destina à Tétat ecclésiastique, et, après avoir 
enseigné la rhétorique dans les petits séminaires 
de Marseille et d'Aix, il fut, en 1827, attaché à 
la paroisse de Saint-Eustache k Paris. On a de lui 
une traduction de Y Apologétique de TertuUien ; 
Paris, 1827, in-8^, et plusieurs articles biogra- 
phiques dans le Bulletin universel de Férussac. 

Techener, Catalogue des livres etmanuscrits de Faàbé 
AUard. 

ALLARD (Jean- François), général en chef 
des armées de Lahore , né à Saint-Tropez ( Var ) 
en 1785, morile 23 janvier 1839; il servait sous 
l'empire, et ftit en 1815 attaché à l'état-major 
du maréchal Brune. Après l'assassinat de ce 
dernier, Allard résolut de quitter la France. U 



148 ALLARD 

essaya de se fixer en Egypte» puis passa en 
Perse, de là à Caboul, et enfin se rendit à Lahore 
auprès du roi des Sykes, Runjet-Sing, qui vou- 
lait fonder un État puissant en réunissant sous 
son autorité une foule de petites principautés 
indépendantes et agitées par Tanarchie. Allard 
gagna la confiance du maharadjah, et lui inspira 
l'idée d'organiser une année à la française. A 
Taide de cette armée, Ruàjet-I^ng vainquit ses 
ennemis et établit Tunité au milieu des peuples 
sykes. Allard, auquel le maiiaradjah était rede- 
vable de ses succès, fut comblé d'honneurs et 
devint généralissime des armées du royaume. Le 
général français établît dans le Penjab tout le 
système militaire français : l'uniforme, l'équipe- 
ment et la théorie de l'armée française; le dra- 
peau tricolore est devenu le drapeau national 
des Sykes; les commandements se font en fran- 
çais; et le voyageur Jacquemont fUt étrangement 
surpris lorsque , à son arrivée à Lahore, Allard 
hii ayant donné une compagne d'infanterie pour 
garder le pavillon où il logeait, il entendit l'offi- 
cier qui criait à sa troupe: Peloton, halte I... 
fitudt... à droite alignement.. Reposez vos ar- 
mes... Formez les faisceaux!... En 1835, après 
vmgt ans d'absence, Allard revint dans sa patrie, 
et y reçut l'accueil le plus flatteur. Ses concitoyens 
s'empressèrent de lui témoigner l'estime dont ils 
étaient pénétrés pour un homme qui avait ré- 
pandu le nom et la civilisation des Français sur 
les rives de l'Indus. Après un court séjour à 
Paris, où il laissa sa famille, il repartit pour sa 
patrie adoptive. Le roi Louis-Philippe lui donna 
le titre de chargé d'affaires. Allard n'a pas sur- 
vécu longtemps à son retour dans l'Inde : pen- 
dant qu'il passait à Peichawer la légion fran- 
çaise en revue , il fut saisi de violents vomisse- 
ments, et mourut huit jours après. Selon le désir 
qu'il avait témoigné,il fut enterré à Lahore. Il laissa 
après lui le général Ventura et le général Ck)urt. 

MonUmir, «anée 1889. — Le Bas, Dictionnaire encf- 
elopédUpu de la France. 

ALLAÊDB (Pierre-Gilbert Lbroi, baron o' }, 
économiste firàuaçais, né à Montluçon en 1749, 
mort k Besançon le 9 septembre 1809. H em- 
brassa d'abord l'état militaire; envoyé ensuite 
député aux états généraux, il s'y occupa presque 
exclusivement de finances, proposa plusieurs 
plans sur les impositions , et combattit les pro- 
jets de Necker. Nommé commissaire pour exa- 
miner la situation de la caisse d'escompte, il 
s'opposa à ce que l'on donnÂt un cours foncé aux 
biUcts de cette caisse, et réfuta, sur ce soyet, 
l'opinion de l'abbé Maury. En janvier 1790, élu 
membre du comité des impositions dont il avait 
provoqué la création, il répondit au discours de 
Dupond de Nemours sur les banques; fit allouer 
cent trente mille livres au receveur général du 
clergé , pour frais de comptabilité } s'éleva contre 
les propositions de Rabaud-Saint-Étienne sur 
une nouvelle création de petits assignats, et 
prùoTà combien étaient inexactes les assertions 



— ALLÉ 



144 



de ce député sur le papier-monnaie en Angle- 
terre. En 1791, il fit rendre un décret pour hâter 
la reddition des comptes des receveurs des dé- 
cimes ; il obtint l'abolition et le remboursement 
des jurandes et maîtrises, réservant à chaque 
citoyen la Uberté de se Uvrer au commerce cl 
d'embrasser l'état qu'il jugerait convenable'; 
enfin il fit adopter et régler l'institution des pa- 
tentes, et signa la protestation du 6 octobre 1789 
contre les les rapports et les conclusions de Cha- 
broud sur les événements des 5 et 6 obtobrc 
1789. Après la session, d'Allarde quitta les af- 
faires poUtiques pour se livrer à des spéculatioas 
commerciales. Oublié pendant le temps le plus 
orageux de la révolution , il ne repaitit qu'après 
le 18 brumaire an 8 (9 novembre 1799). En 1803, 
il fht nommé régisseur de l'octroi municipal de 
Paris; mais le défaut de payement des sommes 
que lui devait le gouvernement le força de man- 
quer aux engagements qu'il avait contractés. Il 
vendit ses propriétés pour satisfaii'c ses créan- 
ciers, et se fit réhabiUter en 1807. 

Son fils Francis s'est fait connaître par quel- 
ques chansons spirituelles et par de jolis vaude- 
villes , tels que Boileau à AtUeuil, etc. 

Biographie nouvelie det Contemporams. 

ALLABT (Mary Gay)f femme de lettres, née 
à Lyon vers 1750, morte à Paris en 1821. Elle 
était probablement d'une famille d'origine an- 
glaise reçut une éducation fort soignée. Des clia- 
grins domestiques, qui semblent avoir troublé les 
derniers jours de madame Allard, la forcèrent à 
quitter Lyon pour venir habiter Paris, où (elle 
mourut. On a d'elle : Eléonore de Rosalba^ ou 
le Confessionnal des pénitents noirs, traduc- 
tion d'un roman anglais d'Anne RadclilTe; Pa- 
ris, 1797, 7 vol. in- 18; — les Secrets de fa- 
mille, traduction d'un roman anglais de miss 
Pratt; Paris, 1799, 5 vol. in-12 : Chénier, dans 
son Tableau de la littérature depuis 1789» a 
fait un grand éloge de ces deux traductions, aussi 
fidèles qu'élégantes; — Albertine de Sainte- 
Albe; PariSy 1818, 2 vol. in-12. Ce roman, seule 
production originale de madame Allart, obtint 
beaucoup de succès. 

Sa fille, Hortense Allart, a publié : Conju- 
ration d^Amboise; Paris, 1821, in-12; — Let- 
tres sur les {ouvrages de madame de -Staël; 
Paris, 1824, in-8** ; — Sextus, ou le Romain des 
Marennes; Paris, 1832, in-8*' ; — La femme et 
la démocratie de nos temps; 1836, in-S"; — 
Histoire de la République de Florence; Paris, 

1837, ni-8». 
Biegrapk. univ. et port, det Contemp. 

ALLATIUS. Voy, ALL4CCI. 

ALLÉ (Jérôme), religieux italien, natif de ISo- 
logne, fils naturel de Niccolo Borgliesani, légitimé 
en 1582, mort en 1660. 11 entra en 1607 dans 
l'ordre de Saint-Jér6me de Fiesole, et devint 
célèbre comme orateur et poète. Parmi ses ou- 
vrages on remarque surtout quelques drames 
pieux, intitulés rc^resentasioni ; tels sont s 



t-u 



ALLT: - 



lt/aUe*ognodi$eorio;Camena(i, iti3,to-i'', 
— Convinfi et confiul Ebrci ; Femre, 1619, 
ia-4' ; — Oraitone ta Lode del d^oato car- 
dùuUe l/oretoù Ma^oXotti; FerraTe, 1S37, 
■ i* ; — S, tiiieolo , mima Rappraentatk 



Fcrrare, 1638, iD-S°; -^ Prediea fiata ntl ta- 
pUolo ^attralê...; Bologne, 1639, iD-4*; — 
Ettratto tftrititaie ptreurare un' anfn<a;Bo- 
kisne,' 1640, Id-is; — Huomx Sappraenla- 
Uome dalla beata Caterina da Bologna ; Bo- 
logDe, IMl, b-IS; — La Forlunata e Sfi>r- 
tunata ClotUdo Ktyina di Francia, ravira. 
tptnimale; Botogne, 1M2, ia-tH; — la con- 
trtatone triturante ; Boiopte, 1644,^13; — 
Ànatomla detle Rtligiote; Boh^K, iM5', 
iB-13; — L'uvmo eh» parla pocù « ragiona 
meUo; Bolapw, 1646, in-ia ; — La twiw*ciuia 
t MNOKiuta tpota di Sotomcne, rappru. 
fplr.; Bolo^a, 16&0, b-IS;— Hameatenato 
KoneaUntmeiUo deipemitri, etc.; Bologne, 
isu,in4*i — la CliiMtre jHtagorUHe,ete., 
ditiipate dal vento délia verila; Bologne, 
1«H,ÉI-I3. 

ttrUUrt fllaUa. - FiMiiul. «ttUI/i 
- kUtaU, Daltorl Bolatnai dl ttetlo- 



ALLEGRETTl 149 

ALUieHAix(CArbfa]ofte-CaM«I),Bai1p(eur 
français, né k Paris en ITIO, mort le 17 arril 
1795. Il était 8!s d'ÉtUnne ÀtUgraln, hatrile 
peintre et paysagiste (né en lflS5, mort en 1736). 
Q exoelUit à représenter 1e« tignres nnea, et 
recherdia dans totu »es ooTrage* la beauté et la 
grice. On loi rqirocbe d'être sonrent trop ma- 
niéré. Sa Vénus entrant au bain et sa Dlano 
Borpriie par Actéon mdI regardées comme tes 
ehob^'œurre. On dte anaai ton Kardsse pour 
l'élé^mce des formes. Altegraln Tnt directeur £t 
i'Aeadémle des Beaux-arta de Paris ; et madame 
du Barrj le chargea d'exécuter plnsietiTs statues 
pour le jardin de LouTedciuies, près de Mari;. 

Son Mre, Gabtel ALi2Ciixn<,i.morl en 1748, 
saiTït les traces du père , et fut on paysagiste 



, sonrerdn de la Grande-Bre- 
tapie sons les Roroahu, mort tcts 39fl de I.-C. 
H (M d'aliord mtniitre de l'osurpafeur Carau- 
mc, qn^l aaaassina ponr régner i sa place ; Il 
■e mMt alon de la pourpre impériale, et prit 
le Wre d'Augoste. Constance-Chlore, poor ré- 
duire ce rebelle , lil construire et équiper deux 
flottes, l'une pria de Boulogne, l'autre à l'em- 
boodmre de la aeine. H prit lul-roéme le com- 
maa^emcnt de la première, et donna celui de 
rautn i Aidéfiodote , préTet do prétoire. At- 
lectaa, de ion edté, disposa le plan de la déftnse 
for mM de l'attaqne. H posta une flotte i nie 
de Vn^t, pixir obeerrer tes mouTeroents d'As- 
dé|Mote et l« combattre au passage; et il s'é- 
labH loi-mtnie, tur la cAle de Kent, de manière 
k tarir IMfl t Coutance. Celui-ci se mil en ma: 
la prentier, ajant donné avis k Asdéplodote de 
SMi départ. Ma que la nouidle en Tut répandue 
parmi les soldats de la flotte de la Sdne, l'ar- 
denr de partir poor aller combattre aussi Ait 
ItDe, qnlb SMcènat leurs généraux K lerer 
tmen, quoique la mer fut grosse. Un bronil- 
laid épab qiii s'aera lea déroba ï la Tne de la 
ktle qa'AUeetns avait placée k l'Ae de Wight 
Dt abordèrent donc saiu aucun obstacle au ri- 
nge btttmriqne; et, dès qolls entent pris terre, 

TriaMun, afin de ne laisser, comme AgBiboeie 
■ Afrique, d'autre espdr de retour que la vic- 
Wre. Pea de temps après, Constance débarqua 
U-méme sur lei cdtes d'An^eterre, et il fut 
ncn comme un libérateur par les naturels du 
nt, qnl gémissaient sons la tyrannie d'AUec- 
^ CÂd-ci , abandonné des siens', fut tué dans 
^laMée. 

1 ta«H, IZ. IS. - Onm, TIU, U. 



'ALLB«BUITI {Madeleine), célèbre canta- 
trice italienne, morte vers le commencement do 
dix-neuvième siècle. Ule débuta en 1771 à Ve- 
nise, et se fit ensaite entendre sur les lltéAIret 
de Hanheim, de RatiBbonne, de Dresde et de 
IiMidreâ. Elle aiail une belle voix de soprano. 

FMU, BtotraphU niHrHlI* du iiiufcltiu. — Lord 
llDiiDl-Edaeeumb«, Mwfcat atmlnitanen. 

*ALLK6uifZA (Jo*eph), archéologoe ita- 
lien, né k Blilan en 1713, mort à Milan en dé- 
cembre 178S. 11 entra dans l'ordre des Uomhu- 
cains, et pa&sa la plus grande partie de sa fie 
dans te couvent da Saint- Euslorgue. Outre quel- 
ques articles insérés dans les Nacelle letlerarie 
di Firente, eu I7az, et dans le Giomale det 
letterali, 17&5, on s de lui nn ouvrage d'ar- 
chécdo^e chrétienne, intitulé : De tepulertt 
ekristianti imedihuiaerit ; accedunt inserip- 
ttone* lepvleralu ehrUtlanx teculo stplimo 
anCiquioret, in Intubrta Àtutriaea reperlx; 
item , Ijueriptionet seputcralei eccleslarum 
alqw mliumpp.ord. Prmdie. Afedio'.,- Milan, 
1773, in-B-. 

Tlpiido, B^eçrapUa dtf H IlaUui lUuCrl. 

ALLkAKB (Antoine), traducteur Hwtfais, et 
chanoiiw de C^ermoot, natlt de la Tour en Au- 
vergne, vivait vers le milieu du seizième slède. 
Contemporain d'Amyot, il a traduit de l'espa- 
gnol. d'Antoine de Goevare : le Mipn» de la 
Cottr,et la Louange d« la Vienulique;l.jon, 
Dolet, 1545, in-S*, et Paris, tSM, in-16; — 
Décade contenant les Vies de dix empereurs 
(Trajan, Adrien, Antouin te Pieux, Commode, 
Pertinax, Jnlkn, Sévère, Caracalla, HéliogalMle, 
Alexandre-Sévère); Paris, 15^6, in-4% et 1507, 
bi-8°. 

DiiTn«n cl 11 Cnili ta Kilac , BWMMfwj /ran- 

■allbsbrtti (ilnfoine), poète llorenlin, 
vivait au milieu du setuème siècle. Il passa U 
pins grande par '<■ de sa vie * Home. On a de 
lui quelques poéi'rs, insérées dans te Recnei! 
d'AtaiM#, U Bime di dlwrA iiii*vUT«iWi«w*., 



147 ALLEGRETTI 

1. 1, p. 9 ; t. II, p. 54 ; et dans Rubbi, Pamaso 
Italiano, 

MaziuchclU. Scrittori d'Italia.^ Negri, htoria degti 
serittori Fiorentini. 

ALLEGRETTI ( Allegretto degli\ piibUciste 
italien, de la fin du quinzième siècle. U a écrit 
un journal de Sienne : Diarii Sanesif de 1450 à 
149C, publié par Muratori, Scriptor. rerum itor 
lie., vol. XXÙI. On Toit, dans son journal, qu'O 
fut lui-même acteur dans plusieurs des faits qu'il 
raconte; qu'en 1482, il fut élu membre du con- 
seil du peuple, et. Tannée suivante, Tun des con- 
seillers de la république. Muratori déclare, dans 
la préface qu'il a mise aux Diarii , quMls con- 
tiennent des particularités minutieuses et sou- 
vent frivoles. 

Mazzuchclll. Scrittori d'Italia, — Muratori, Scrip- 
tores rerum italicarum. 

♦ALLEGRETTI (Charles) y peintre italien, 
natif (le Monle-Prandone, vivaitdans la première 
partie du dix-septième siècle. Lanzi cite de lui 
tm tableau de sainte Epiphanie dans la cathédrale 
d'Ascoli. 

Orsinl, Pitture d'Ascoli. — Lanzl, Storia pittorica. 

ALLEGRETTI {Jacques) , médecin , poète et 
astrologue italien, né à Forli dans la première 
moitié du quatorzième siècle, mort avant 1406. 
Il fonda une académie ou école de poésie, d*abord 
à Forli , puis à Rimini , et enseigna les belles-let- 
tres à Charles Malatcsta, qui fut seigneur de Ri- 
mini de 1385 à 1429. Allegretti se distingua comme 
poète latin, mais ses ouvrages n*ont pas été pu- 
bliés. Coluccio Salutato lui adressa, pour le dé- 
tourner de Tastrologie, des vers intitulés : Co- 

lucii Salutati ad Jacobum Allegrettum 

Cannina quxdam hortatoria ne prophetare 
vellet, nec sidcrum gerere atrsus. 

Mazzucbelli. Scrittori dltalia, — Tiraboxclil. Storia 
délia letteratura italiana, t. V, p. 009-911. - Marcbeoi. 
^itse illustrium Forolivienslum, IS7 

ALLEGRI. Voy. CORRÉGI. 

ALLEGRE (Alexandre), poète italien natif de 
Florence, mort vers 1597. Le peu que Ton sait de 
sa vie se déduit decertains passagesde ses ouvra- 
ges. On 3f voit, qu'après avoir fait ses études à Pise, 
il fut successivement courtisan, soldat et prêtre : 

Scoiare, cortegian, soldato et prête. 

n passa la fin de sa vie à Florence, et fut membre 
ée TAcadémic florentine. U se fit surtout con- 
naître par ses poésies satiriques et burlesques , 
écrites dans le genre du Berni. Bianchini , dans 
son Traité de la Satire italienne , et Crescen- 
beni , dans sa Storia délia volgar Poesia, par- 
lent de lui comme d'un très-amusant et très-ori- 
l^nal écrivain. L'Académie ddla Crusca le cite 
dans son Dictionnaire comme un modèle du pur 
langage florentin. On a aussi de lui quelques poé- 
sies latines, réunies dans un recueil de poètes 
latins ; Florence, 1 7 1 9. Ses ouvrages, publiés après 
sa mort par son frère François, consistent en : 1° 
Bime piacevoli , en quatre parties ; la l'* et la 
2* furent publiées k Vérone , i 605, 1607 ; la 3* à 
Jrhreoce en 1608, et la 4* à Vérone, 1613 : une 



— ALLEGRI 



f4S 



seconde édition de tont Fouvragc parut en Ita- 
lie, avec la fansse indication d'Amsterdam 1754, 
augmentée de deux pièces inédites mtitulécs la 
Geva et // torricello a Geva ; — T le Lettere 
di ser poi pédante nella carte dei Donati, 
a messer Pietro Bembo, a Messer Giovanni 
Boccacio, e a messer Francesco Petrarca, de- 
dicate a messer Giovanni delta Casa ; Bdogne 
1613; — 3* Fantastica visione di Parri da 
Pozzolatico modemo Poderajo in Pian dd 
Giullari; Lucca, 1613 ; ces deux pièces sont des 
parodies buriesqucs du langage des pédants. 
Alexandre Allegri avait laissé d'autres ouvrages 
poétiques (inédits ou perdus) parmi lesquels se 
trouvait une tragédie intitulée Idoménée, rot 
de Crète. — U ne faut pas confondre cet écrivais 
avec un autre Alexandre Allegri, natif de Ber- 
game et contemporain de l'Allegri florentin. Celui 
de Bergame a écrit aussi des poésies sur Astorre 
Baglione, officier au service de Venise, tné dans 
la guerre de Chypre. 

Mazzuchelli, ScHttori (Fltalia. 

ALLEGRI (^Jérôme), chimiste italien, vivait 
k Vérone vers le milieu du seizième siècle. Il 
présida en 1688 l'Académie des Aléthophiles, 
et s'occupa beaucoup de chimie, d'alchimie et 
d'astrologie. On a de lui : Exposizione sopra 
la polvere del Algarotto ; Bresda, 1666, m- 12 ; 
— Scrutinj astronomici, per alquctnii anni; 
Vérone, 1678, in-12; — Letterafisico-medica, 
in che per varj esperimenti si va dubitando 
intorno à* principj fisici ed a* fondamenti me- 
dici; Vérone, 1684, in-12 ; — Quattro avverti- 
menti contra Vautore delta Triaca (inédit). 

AdrIuDg, supplément à JOcber, Allgem, Ctlekrlenr 
Lexieon. 

ALLEGRI {Grégoire), compositeur italien, de 
la famille du Corrége, né à Bome vers 1580, 
mort le 16 février 1640. Il étudia son art sous 
Jean-Marie Nanini, fut attaché comme chanteur 
et compositeur à la cathédrale de Fermo, et en- 
tra en 1629, pour les mêmes fonctions, à la cha- 
pelle pontificale. Outre deux livres de concerts 
publiés à Rome en 1618 et 1619, et deux Kvres 
de motets ( 1620 et 1621 ), il a laissé des com- 
positions manuscrites, qu'on trouve à Rome dans 
les ardiives do la chapelle pontificale, de Sainte- 
Marie in Vallicella, et du collège romam. Mais 
ce qui surtout l'a rendu célèbre, c'est son Mise- 
rere, qui se citante tous les ans à la cl)a])dle Six- 
tine, dans la semaine sainte. Le pape attacha 
tant d'importance à ce que sa chapelle restât 
seule en possession de ce morceau, quil défendit 
sous des peines sévères d'en prendre et d'ea 
communiquer des copies. Mozart, bravant cette 
défense, parvint à l'écrire après l'avoir entendu 
deux fois. Aujourd'hui ce Miserere est entre les 
mains du public. Bumey le publia, en 1771, à 
Londres, sur une copie qu'il reçut du célèlire 
père Martini ; Choron l'a inséré dans sa collec- 
tion, et il se trouve aussi dans le Musica sacra, 
recueil publié à Leipzig. [Enc, des g. du m.] 

BainI, rUa di Pafestrina. — Klrcher, Bluturgia. — 



149 ALLEGRl - 

7ttUr,l.tUtnfnm liait, -tatney. Mnileallaar la 
nwy. — Ftlli, aWgraplUt mivtriellt ta ttuiltkiu. 

*AiJ.BSBiili {FranpAs), peintre italien, né 
4 Gubbio en 1&87, mort à Rome en 1M3. Il 
Aait élire de Cmci d'Ariûno. On a de lui Ein 
grand nonibre de fresques à Gubbio , à Savane , 
à Gènes et k Rome. — H ne faut pu ie con- 
tbndre arec un «lire ^onfoii Allegrini, gra- 
Tcor de Florence, mort eu 178a. 

Sovnal» RaUt. ^ttoM'pUfari CfliAHri. -nil./'U- 
tan 4i lUmia. — Liml. Staria ptUariea, - GanJeLU. 
Hotblm ulorfcto tfev» IntugtlBlorl. — SFlnckcn, Dic- 

ALLKIH ( yoiepA ), théologien non ccnfbr- 
DÛste, né i Derlies en 1633, mort en 1B«8. Il 
we dîitii^ua par ses prédications Téhémaites , et 
fat mis en piiswi ponr ses doctrines hétérodoxes. 
On a imprimé après sa mort le recueil de u£ 



m de plu 



HrwtDn. Jfrain 0I tktfmtrai <i} Mr. Jiaepk MM*. 
and sn ofronl a/ *U li/i. — Palmn. f/onconformtit't 
JKr>Kor(alf, Ml. v.tTT, 

' ALLBMAIIID OU L'ALLENAXO , 

deurs artistes Trançais. 

George Auxsum, pdutre d'histoire, na- 
tif de HancT, viTait i Pai-is vers le milieu du 
dii-septièiae siècle. 11 était élève de Youet, et 
peignit [dusiairs tableam pour réglise Notre- 
Dame de Paris. Son frère, Pierre Allemand, 
était ansst ponlre. 

Philippe Aixatum, peintre, menfionné par 
Fûssll, vJTait à Paris, oii II fut nommé en I67ï 
membre 'le l'Aradémiedepeinturci ilm.cn 17 lu. 

Jean-Baptiste Allemahs, élËTc Je Joseph 
Ttnel, Tivait ï Rome vers le miUeu da dix- 
hnitièiDe ôicle. En 1750, il peignit, dans le palais 
CoT^DÎ , quatre tnperbes paysages à la fresque. 



Jratlt UtuH^i— tl rrall4H it la tracurt lur bail. 

ALLBXASD {ZacharvB-Jaeque^-Tbéodore. 
comte ), Tke-amira] franfais, ne k Port-Louis 
<■ ITfll, et mort k Toulon le 3 mars ISie. Dès 
rige de douie ans il ftit embarqué comme mousse 
par son pire, lieutenant de vaisseau et chevalier 
de Samt-Luuis. A dii-s^ ans, il servit sur U 
Sévère, vaisseau de i'escadre du bailli de Suf- 
tna, assista aux. teçX combats livrés par ce gé- 
nérsl aux Anglais, et mérib par sa conduite le 
grade de Ëeutenant de Rrégate. Nommé sous- 
Hentoiaiit de vaissean en 17SH, lieutenant en 
17K et capitaine de haut-bord l'année univante, 
il eotumanda en cette qualité la frégate la Car- 
maçnole, qni s'empara d'un grand nombre de 
bitbnaits du commerce anglais et de la fré^te 
la Tamise, prise après un combat opiniâtre. 
Proma en 179â au grade dechefile division, il 
puaa SOT le Duquestte, vaisseau de soixante- 
qmtone casons, et commanda une partie de 
reieadre dn contre-amiral Bicbcri , destinée à 
détruire le* étabËssemcnts des Anglais sur la 
«Me du Labrador. En 1S01 , il se signala durant 
rexpédition contre Saint-Domingue. Lors del'c- 
it de la Légion dlwnoeur, il en fut 



ALLEMAND 150 

nommé chevalier, et peu après ofGeicr. Promu , 
en ISO&, au grade de contre-amiral, il pril le 
commandement de l'escadre de Rocliefaii, lint 
la mer pendant six mois, prit on détruisit cent 
bâtiments anglais du commeire, et Ip vaisseau 
de guerre fe Calcutta. L'année soivanle, il At 
essuyer an comrncrcc anglais des iicrios ipi'on 
évalua à dii-huil millions, tjji ISOS, il commanda 
en second l'armée navale deToidon, cl. en 1R09, 
lesescadresdeBrrat, (le Toulon etdeBocliefort, 
avec le tilre de vice-amiol. Celte aivni'e était 
mouillée par oi-dre du ministre de la marine dnns 
la rade de Ilie d'Ai\, lors'iuc, le avril , lurd 
Cochrane parut avec cinquante brùlols et (rfu- 
sieurs machines infernales, de llnvention du co- 
lonel Congrève; Allemand réunit aussitôt toute 
sa llotte en ligne de bat^lte très-scrri'C, et éta- 
blit à quatre cents toises au lar^ une estocade 
qui c)c\ail arrêter Ifs brûlots. 

L'atlaqnc commenta le II avril, à huit heuies 
et demie du so^, favorisée par un vent Irès-vio- 
Icnt : trente-trois brOtots et trois machines in- 
fernales arrivèrent sur l'eslacade , la fronchirenl, 
à l'exception de quatre qui éclatèrent en cet en- 
droit, et s'avancèrent contre la ligne française. 
L'amiral fit le signal de liler sur les cibles et de 
les couper au besoin ; cette manmivre réussit; 
mais lixiia vaisseaux et une Clùle, atteints parles 
brûlots, s'échouèrent et furent incendiés. C'était 
un mince succès , qui ne pouvait com[i«iiser pour 
les Anglais une dépense de dix millions cl la 
bonté dont ils se couvraient, tl y eut, en effet, un 
cri de ri'probalion universelle dans toule l'Eu- 
rope contre cette manière de faire la guerre, et 
cet attentat aux droits des nations fut ilélri en 
Angleterre même, moins, il faut le dire, parce 
qu'il paiMt odieux, qu'k cause des représailles 
qu'il pouvait amener. « On annonce, disait un 
écrivain anglais, une attaque pour détruire l'es- 
cadre française dans la racle <les Basques. Le 
colonel Congrève est parti avec des brûlots il'une 
int'enfion novvelle, et promet d'inccwlier onie 
vusscaux. Les esprits sont bien partagés sur 
cette expédition, et quelques personnes sont ef- 
frayées de voir qu'on enseigne  l'ennemi et qu'on 
l'autorise à recourir au moyen le plus puissant 
de détruire un jour notre marine, \ivons-nous 
dans un sièdc oii une nation puisse cacher â une 
autre ces horribles découvertes , et se servir d'un 
moyen de destruction qui ne sera pas bienUt 
imité ou surpassé par ceux qui en anronl souf- 
fert? Les Français sont-ils moins avancés que 
nous dans les secrets destructeurs de la méca- 
nique et delà chimie? Ils montrent de l'horreur 
pourccG compositions et ces macliines que nous- 
mêmes nous nomrnons ii^ernales : fautil les 
forcer à y recourir par tous les motifs de la ploi 
légitime vengeance P On ne diange impunément 
ni les lus de la guerre, ni celles du droit des 
gens. Quel intérêt avona-nous à user de brûlots, 
quand nous avons tant de vaisseaux vîctoiieux ? 
Nos plus belles flaUiES ijciwwA iowi *iw^ ^\»st 



Ifil ALLEMAND 

tour, livréei k l'entreprise de qDelqaet intrépide* 
iocendiaim! les védlables farUrësses de notre 
lie peuvent donc s'abîmer en quelques beores 
àans letmeral VoUlce que le colonel CoDgrëve 
et ce que notre ministère veolent approidre k 
an eanemi dont oods *voas i cnîiHire le génie, 
la haine et le courage (1). ■ A la suite de cette 
affaire, il ftit tenn un coiudl de guerre poor 
examiner la condnite des c«[àt«iies français. 
L'nnd'eaifntfiuiUéiQoiiitTed^adé, un tioi- 
■ituie coadanmé k troi* m^ de détention. De 
1809 h isij. Allemand Ait à la tCle de toute* 
BM forces nSTslM dant la tUditerrauée; mail 
■on carediredar MdilScile le fit mettre b la re- 
traite en 1814. Dans u tongnecarTliremarittine, 
il axait passé trois cent dl&-tuiit mois sous viùlei. 

JfMiUu-tmiHruI, lat.-^n 



* ALLBMAinii ( /oiepA ], peintre italien, mort 
en 1 739 , Agé de soixantfr^tre ans. n ëlai t élère 
de C^nani, et appartoiaitï l'ordre des Minorités. 
On a de lui, entre autres, un tablean représen- 
tant la Conceptioa de h sainte Vierge, dans l'élise 
de Rlminî. 

Mtrtbntla.PUtunitlItchimMaimiiit. - FilHU, 
^açtm.MaiutHr.Laieo<>. 

ALLKMAHin {Pietro), passe poor le plus 
ancien peintre d'Aseoli. Un tableau da lui, dans 
l'église d'Ascoli , porte la date de ltS9. 



Vot/. 

'iLLRN (Alexandre), philologne anglais, 
né à Hackney.près de Londres, le 11 septembre 
1814, mort le e novembre 1842. H étudia h 
Londres, et obtint, oi 1840, le grade de docteur 
en philosophie i l'unlTenité de Leipi^. On * 
de lui : An elfinological OHalepiU of lalin 
verbs; Lond., 183S, in-S"; — Eclor/^E Cicero- 
niame, 1839; — X neagreek Deleelus, IS39; 
— AfieiBlaCln Dtteelui, iSiO; — A new en- 
glish Grammar, 184f ;~- ^tn essay on teacMng 
Greek, dans le premier Tolnnwde Central lo- 
dtty 0/ Sdueatlon ; — des articles dsnsPenn;^ 
En€yclapxdia,et dans W. Smilh, Dtclionary 
of Greek and Soman antiqvUiet. 

BloftrapAUat DieHonary, 

'ALLBif (Èthan), célèbre colon américaia , 
natif de Lichtfield , dans le Connecticnt, mort à 
Burlington le 13 février 1789. Il fonda le petit 
Ëtat de Vennont, et commanda, pendant lagnerre 
de l'Indépendance, un corps de partisans qui, 
sons le nom d'eobnts de la montagne Verte 
(GTeen Mountain bogt), s'est rendu redoutable 
aux Anglais. En mal I77i, peu de jours après 
le combat de Lexington, s'empara, par sar- 
prise , des forts ikonderoga et de Crown-Point, 
wr lesbOTdsdniaeCtMmpUin. Le lOseptanbra 
de U mAme année, pendant l'expédition contre 
Hootréal, il tomba entre lesmausdes An^ais, 
qui l'enfennirent dans Pendcnnia-Castle, près 
de Falmoulh, et le retinrent prisonnier jusqu'au 

(D «niKA Antow, ISN. 



— AIXEH 

moment où il fut, au bout d'un an e 

échangé contre le colonel Campbell, i 






Téeaux États-Unis, leSmai 1778, Wasbinglon 
tni fit on accadt distingué, et le congrès lui 
tonléra le gnde de colonel, Allen a pi^lié : A 
NarraUve ttfthe Proeeedlngi o/tke Govemor 
q^JVew-ï'or* ; Hartford, 1774, in-S";— a Vl»- 
dieaiiçn qfthe oppotilion o/ tlu Inhabitaitli 
o/Yermontlo Ikegovemment of Keio-Tork, 
and of Iheir right lo farm an Indépendant 
Slaie, 1779; — A Narrative of colonel ElAaa 
Atlen'scaptivity; Philadelphie, 1779; — dat- 
ion, tàeonty oracle ofman, or aconipUle 
tpstent af NatitroX religion; Benningtou, I7U. 

JamlSpirki. fié i'Jllm , im IM/rure a/ Jmiri- 
am BlofTHfkf, (. 1. p. 111, ~ LIclier cl WlgglnxorU, 
Encfciojmdla amgriaana. — AUm, ^t%erican àtcçra- 
p»leat an* MUtarteal Olcllaiurj. 

■allbk ou tLLKV.t (Jean), mâdedn in- 
^s, mort le )« septembre 17*1. On ne sait 
riendesaTie, sicen'est qu'il fut i«ta, en 1730, 
monbre de la Société rojale de Londres, et 
qnll résidait i Bridge»ater. H s'est fUt aurtool 
connaître par son ouvrage intitulé Sgnopslt 
vnioerue medieinx prailcx; Loodrei, 1719, 
in-8°; 1719, 1 Tol. in-S*; Amsterdam, 1730, 
fn-8°, traduit en français; — Aàrigi dt toute la 
médecine pratique; Farii, 1718, 3 toI. io-li; 
plusienrs fois réimprimé. On 7 a ImaTé le ré* 
anmé des médedni les pins câèbret sur lea 
cansea et le trattement des prindpalea maladies. 

Allen puUia aussi une petite brochtire fort co- 
rieusa, mais qui n'attin pu l'attoitiiHi dea coa- 
temporaius ; die a pour titre : Speetmtna lelau- 
graphica ; or a brief Narrative ofteveral Hem 
Inventions and ExperimaUs; Londres, 1730, 
petit in-4° (de 44 pages), avec nne plandie. 
Cette brochure, dédiée au t>n George Û, nn- 
fenne trois diEsertadoni , dont la preniière traite 
d'une nonreUe mëtbode de chauffer Teag et 
d'autres liquides avec une tris-petite quantité 
de combustible, d'aprte un principe qui rappelle 
notre chaudière ft Tapeur. Hais on n'T trovre 
pas encore de données rraimoit pratiques, e( 
l'écrit est un pamphlet plutôt qu'une tn«ciinre 
sdeutifique. 



* ALLKK (Jean), théologien protestant, prédi- 
cateur tKew-Yorli,TlTSJt dans la seconde moitié 
du dix-huitième siècle. See principaux ouvrages 
ontpourtllre ; Therojialtpiritùal Magasine, 
17S2, 3 vol. in-8'; — A ckain nfTrutiu, or a 
Diisertatlon upon Ihe Harmong t^f the Gos- 
pel, 17S4. 

*AL|.KK (Richard), théologien protestant, 
mort è Londres en fÉTrier 1717. Son principal 
ouTTUge s pour titre : Biographla eecletio*- 
lica, Lond., Ifi90, i vol. In-H° cm:' 
vies des principaux Pères de l'^se. 

'ALLSx {Thomas}, Uiéologien ai 



1S3 



ALLEN — 



à Oxford en 1682, mort le 31 mai 1755. Il fat 
pendant quarante ans pasteor à Kettering dans 
le Northainptonshire. Entre antres écrits théolo- 
pqjae& , on a de lui : The Praciice qf a holy 
lift» 1716, in-8^; — The Christian* $ sure Guide 
to eiemal giorff, 1733, in-8*. 

HIchoU, ttlwgtratimu of tke lUerarf kUtorf ef tk* 
tigfkUaUà eentwnf, t lU, p. TN-800. 

ALUur (Guillaume ), Foy. Alan. 

ALUUI on ALLETH ( Thomas)y mathémati- 
cien anglais, né le 31 décembre 1542 k Utoxe- 
ter, dans le Staflbrdshire, mort le 30 septembre 
1632. n étodia dans le collège de la Trinité , k 
Oxford. Le comte de Northomberland, protec- 
ieor des mathématiciens, le reçat qnelque temps 
cbez loi 9 et le comte de Leicester lui offrit un 
érèctié, qn'O reftisa par amonr pour la solitude 
et poor les travaux qu*il avait entrepris. Les 
connaissances d*Allen en'mathématique^ le firent 
considérer par le vulgaire igporant comme un 
soiTcler ; l'antenr d'un livre intitulé République 
de Leêeester^ Faccusa d'avoir employé la magie 
pour servir le comte de Leicester dans son pro- 
jet d'épooaer la reine Elisabeth. Q est certain- que 
le comte avait tant de confiance dans Allen, que 
rien dimportuiLne se faisait dans TÉtat sans 
que eehiî-ci en eût connaissance. Allen recueillit 
avec soin de vieux manuscrits concernant This- 
loire, l'antiquité , l'astronomie , la philosophie 
et les matfaématiqnes. Plusieurs auteurs les ont 
cités comme ayant formé la Bibliothèque Al- 
ienienne. Outre les collections précieuses que ce 
savant a laissées, on a de lui : l* Ptolonud Pelu- 
iiauis de astrorum judiciis , aut , ut vulgo 
voeantp quadripartilix constructionis, liber 
seeundus, cum expositione Thomx Alleyn, 
Angli Oxonieneis; — 2* Claudii Ptolomesi de 
asironan judieiis liber tertius, cum exposi- 
tUme Th. Alleyn. Ces ouvrages sont inédits. 
Selon Wood, Digby a fait usage des manuscrits 
d'Allen. 

BloçraphietA DktUmarf/. — Wood, MlUnae Oxo- 



AtAMm (Jean ) , prélat et canoniste irlandais, 
né à Dublin en 1476 ou 1477, mort le 28 juillet 
1534. Après avoir fait ses études à Oxford et à 
Cambridge, il lut envoyé à Rome par Warliam, 
archevêque de Cantorbéry. A son retour, le car- 
dinal Wolsey le pritpourctiapelain.Allen,peu8cru- 
poleox dans le choix des moyens, aida ce cardinal 
à sopprimer plusieurs monastères dont les révé- 
lèrent appliqués à la dotation des deux col- 
qm, à Oxford et à Ipswich, portent le nom 
de Wolsey. Pour prix de ce zèle , il fut nommé, 
es 1528, archevêque de Dublm et chancelier d'Ir- 
lande. Une révolte du comte de Kildare vint bien- 
tdC le mettre en danger. Assiégé dans Dublin, et 
forcé de se réfugier dans la dtadelie de cette 
ville, il essaya de s'enfuir, fut pris dans le village 
de Tartaine et assassiné par Thomas Filz-Gérald, 
fis du comte de Kildare. Allen a laissé : Epis- 
toia de PallH HgnificatUme activa et passiva ; 



ALLENT 154 

— DeConsuetudinibusac statutis intuitioHis 
cousis observandis. Ces deux écrits sont inédits. 

Wood. Âtkmm Oronietuet. — Tanner. Bibliotheea Bri- 
tannico kibêmiea, - Strypc, EceUsiostieat memoriais. 

— Bioçrmphia BHtannUa. - Bosc. Ntw Bioçraphieal 
IMctionarf. 

ALLEN (Thomas), historien anglais, né en 
1803, mort du choléra le 20juilet 1833. il a fait 
paraître les ouvrages suivants : l"* The Mis- 
tory of antiquities qf the parish of Lambeth 
and the archiépiscopal palace in the ccunty 
oj Surrey, including biographical sketches 
ofthe most eminent persons who hâve been 
born, or hâve resided therefrom the earliest 
period to 1826; Lond., 1827, in-4'; — 2" The 
History and antiquities of London, West- 
minster, Southwark, and parts adjacent, 
4 vol. in-8*, 1828; — 3" i4 new and complète 
History of the counly oj York, illustrated 
with engravings , 1831 , 3 vol. va-V* ; — 4* >1 
new and complète History qf the county of 
Surrey, illustrated by a séries qfviews, 1829, 
2 vol. in-8®; — 5° The same work with the 
addition of some parts of the county ofSus- 
sex , illustrated by views ; — 6" The Pano- 
rama qf London and visitors pocket compa- 
nion in a tour through the metropolis, with 
75 plates, 1830 ; — 7* A History qf the county 
of Lincoln ; — 8* A guide to the zoological 
Gardens and Muséum^ 

Centteman's magazine. Juillet, tSSS. 

ALLEN (William aux Guillaume), Voy. Alen 
ou Alan. 

* ALLENT (Pierre-Alexandre-Joseph) , gé- 
néral français, né à Saint-Omer en 1772, mort 
le 3 juillet 1837. Après avoir fini ses études clas- 
siques, il se voua à la carrière militaire, et débuta 
en 1792 au bombardement de Lille, comme 
simple canonnier; admis au corps du génie, il 
parvint en 1795 au grade de capitaine. Le gou- 
vernement l'employa ensuite à des travaux im- 
portants, et le nomma chef d*état-major du génie 
aux armées de Mayence et du Danube. Promu, 
sous l'empire, au grade de chef de bataillon et 
de major, Allent fut placé k la tète du comité de 
fortifications, et se distingua en 1814 par les ef- 
forts qu'il fit pour la défense de Paris. Après la 
restauratiout, il devint chef de rétat-major de la 
garde nationale, et, fidèle à ses nouveaux enga- 
gements, il refusa pendant les cent-jours les 
propositions que lui faisait l'empereur. Depuis 
le retour des Bourbons, il fut aide-major général 
de la garde nationale et conseiller d'État; C*est 
en cette dernière qualité qu'il rendit des services 
signalés. En 1832, il fut promu par Louis-Phi- 
lippe à la dignité ^e pair de France. Comme 
écrivain, Allent occupe aussi un rang dii^tingué. 
En 1798, il remporta le prix proposé par l'Ins- 
titut national sur l'influence morale et politique 
de la peinture, Sesautres ouvrages traitent spé- 
cialement de l'art militaire; voici les princi|)aux : 
Histoire du corps impérial du génie, des sièges 
et des travaux qu'il a diriqés , e(c.\ Ç^xfe»^ 



ISS ALLENT 

ISOi; Précis de l'hitloire da art» et 4ei ini- 
tUutioHS mililairti en FrancedepuU le* Bo- 
i(Hwu;Paiis,l803. Alleot aeinléen manuscrit 
un troisième ouvrage qui paraK être la Euite da 
premier ■■ /llsloire de France eonsidérée datu 
les rapport* aeee rélabltuement dei Jron- 
lièra de ce royaume et avec le* gnerra dé- 
fttuivei. [Enc. da g. du m.] 



ALLÉox-DCTLAC (Jetm-Lou^) , nafainliste 
n-ançais, né k Saint-Etienne le 11 renier 1733, 
mort en ITCS. Il étudia d'abord le droit, et oc- 
cupa ensuite la place de directenr de la poste 
aux lettres k Saint-Ëtienne-eit'Fom , ilbi àe 
M livrer k son goOl poor l'histoire naturelle, 
n a publié : \' Mémoires pour servir t Vhii- 
loire naturelle des provinces du Lyonnais, 
Forez et Beaujolais; Lyon, J76i,î Tol. petit 
ln-8'; — 3* Mélanges d'histoire naturelle, 
1762, 1 vol. petit in-B°, réimprimés en 17B5, 
fl vol. petit m-S'. On trouve dans ces deux ouvra- 
is la Frnnce Hfffraire de Qaérard, 
■es et fort intéressantes. 

Bfnurd (A.), Biùçrapliiê forésieant '.MDntbrlson, IBBi, 

ALI.KmSTKII< OU HALLEBSTSIN [le P. Au- 

juste), utronome et missionnaire allemand, de 
l'otiIredesJéBuitcs, né vers 1700 près de Vienne, 
mort ï Pékin vers 1777. Il alla de bonne heure 
en Chine, où ses observations istronomiquet le 
firent appeler à la cour de l'empereur Kliieo-long. 
n devint plus lard mandarin et président dn tri- 
bonal des mathématiques à Pékin. Il s'e^t Eur- 
toat rendu célèbre par u Traductions des état» 
statistiques de Heoupou ou Triimnal des fermes 
des OMnûa I7GD el I7di, qui furent les Tingt- 
cinquième et iln^t-sixième du règne de Klrien- 
loog. Ces états donnent pour la population de la 
Chine, en 1760, le nomln-e de 196,837,977 baU- 
taBts,etpourraDnéei;BI,cduidel<JS,3U,6U; 
(Voy, Description générale de la Chine, 
p. î83 de l'édit ln-4*. ) On a encore du P. AI- 
lersteîii : Observaliones astronotnicx ab a. 
1717 ad I75Î, a patribus Soc. J. Pekini/ac- 
tx, publiées par P. Hell; Vienne, I7&8, '2 vol. 
iii-4° ; — Astronomieat observa/ions, tnaden 
ai Pekingin 1744 et 1747, dans les Philoso- 
phlcal Transactions; — Observaliones co- 
mttas visi Peidni 174S, dans les Phikaopk. 
Tram., n- 494; — Mercuriiu tn sole obser- 
valUs Pekini Stnorum die 7 nov. 17&e, dans 
ATovi eommentofil Acodemix Scitne. Pefropo- 
lU(Di«;lom.X, 17G3etl76g; — Vberetneim 
Jahr 1770 g^fundene Méthode, etc. (Sur une 
métliode de calculer les éclipses du soleil), dans 
P. Hell Àstronomitcbe Ephemeriden:\iaae, 
1774 ; — De Différentiel meridianorwn Petro- 
ftoUlani et PelUnentis, dans les ftov. àeta 
Acad. Petrop., t. XIX, p. 103. 

Eneb ti Grubcr, Allamtim Etiefcl. 

Li ALLESTKBC {Riehoriï}, tbéo- 



- ALLETZ ISI 

logien aurais, né en 16194 Uppùi^u dans k 
comté de Shrop, mort en 1684. Il eitn en I63S 
an collège dn Christ è Oxford, et Ion des troo- 
Ues de la guerre drile il embrassa avec les ca- 
marades la cause de la royauté. Après la ba- 
taille de Kineton-Fit]M,il futenlevé par on parti de 
cavaliers parlemenlaireiet conduiliBroiqlili»- 
Houte. Délivré par l'armée royale, Q retonraa 
à Oiford où il prit le grade de maître es-arto, 
en 1 643, et entra ensuite dans un régimeot de vo- 
lontaires royaux, formé des étudiants d'Oifind. 
Il resta soldat jusqu'k la fin de la guerre dvile, 
mettant k profit pour s'instruire tous les mo- 
ments queluilaissaieutsea occupations militaires. 
Après la chute de son parti, AUeetry entra dans 
les ordres (1M8), mais sans pouvoir encore trou- 
ver le repos. Les persécutions des autorités ré- 
publicaines , les voyages qu'il 6t sur le ctmtinent 
dans l'inlérél de Charles II, son emprisonne- 
ment un peu avant le retour de ce prince, le tinreot 
plusieurs années éloigné d'Oxford. Il y revint 
aussitAt après la restauration, et fut attaché o 
qualité de ctianoine i l'Eglise du Christ (1660); 
dans la même année il prit le grade de docteur ai 
tliéologie. Le dévouËinent inâltéraUe qu'il avait 
mraitré pour la cause de Charles I" et de sco 
fils fut récompensé par la chaire de proTesseur 
royal de tliéologie, qu'il occupa avec beaucoup de 
dignité et de succès jusqu'en IBTS, A cette époque 
le mauvais état de sa santé le força de renoncer è 
l'oiseignement. Il conserva néanmoins la placede 
prévâtdo collée d'Élan, qu'il remplissait depidi 
16e&. 11 consacra les appointements considéra- 
bles de cette charge i relever le collège, et fit 
même bStir une partie de l'éditice k ses tnit. 
Allestry publia quelques ouvrages peu impor- 
tants sur l'uni veraité d'Oxford; on a aussi im- 
primé de lui (Oxford, I6S4] quarante s( 
plupart prononcés devant le roi. 

Wood, Mhaue Oiùniauti tt roui (k 
WiU, BI6HD(A«o Britannica. - " 



'ALLBSTBT, poêle uigliis, TQort dam la 

misère en IBSe. Il était fils du célèbre libraire 
James Allestry, et étndia à Oxford. On a de M 
quelques pièces de vers, qui se trouvent impri- 
mées dans MIseellany Poems, 1717. 

- urm, Burranut 



'ALLBT (Jean-Charles), gravenr et 4eui- 
natenr français, natif de Paris, mort vers IM8. 
Il pas» presque toute sa vie i Rome, et gi*va 
des sujets de religion, d'histoire, et des portraitl, 
signés indifféremment Corolitf, Jo. Caroliu,et 
Giov. Carlo Àlt^. 

Botrv del ÀrUtUi. — Stmlt, Dietionarglof êncrureri^ 

■ALLETZ {Pierre- Edouard), littéraleor 
français , né il Paris te 33 avril 179S, mort fc 
Barcelone le le février IgSO. D était fila d'ut an- 
àeo CDnunisaaire de police, auleor du Diction- 
naire de poliet moderne; Paris, 1S33, 4 vtd. 
in-8°. Après avoir été profeaseur de philoao- 



157 



ALLETZ - 



phie morale à la Société royale des bonues-let- 
tres, il embrassa la carrière diplomatique, et 
Alt nommé consul à Barcelone. Outre plusieurs 
poésies de circonstance (IHthyrambe sttr Vinau- 
(furation du monument élevé à la mémoire 
de Lamcignon-Malesherbes , 1826; — Poème 
sur rinslitutton du jury, 1819; — Dévoue- 
wunt des médecins français et des sœurs de 
Sainie-Cauvillef poème couronné par rAcadéroie 
française, 1822; — Abolition de la traite des 
noirs; poème, 1823; — WcUpole, poème dra- 
matique 1825), on a encore de lui : Essai sur 
fkomtme^on Accord de la philosohhie et de la 
religion ; Paris, 1835, 2 toI. in-8°; ~ Esquisses 
de la souffrance morale; Paris, 1836, 2 toI. 
ln-8* : c'est son principal ouvrage; — Études 
poéiUfues du cceur humain ; Paris, 1832, in-8" ; 
Tableau de f histoire générale de V Europe de- 
puis 1814 Jusqt^en 1830; Paris, 1834, 3 toI. 
ith9^ ;— Maladies du siècle ; Paris, 1 835 et 1 836, 
iii-8* ; — la Démocratie nouvelle, on Des moBurs 
et de la puissance des classes* moyennes en 
France ;Ven%, 1837, in-8»; — Aventurés d^ Al- 
phonse Doria ; 1838, 2 yoK in-8^ ; — Esquis- 
ses poétiques de la vie; 1841,in-8°; — Har- 
monie de Vintelligence humaine; 1845, in-8®. 

Qaénrdr, te France Httiraire. — DUabnnaire d« ta 
GMwraofiom «« édit 

AIXBTK ( Pons-Augustin ), littérateur fran- 
çaîB, né à Mootpdlier en 1703, ancien oratorien 
et «Tocat, mort à Paris le 7 mars 1785. Il com- 
posa lin grand nombre d'ouvrages , dont les 
prittdpaoi sont V Agronome, 2 vol. in-8®, abrégé 
àeïk Maison rustique; — Dictionnaire théo- 
logique, in-8* ; — Dictionnaire des conciles, 
in-8**, l'on et l'antre écrits avec concision et 
daité ; — Manuel de V homme du monde, in-8*', 
et Encyclopédie des pensées, in-8« : deux com- 
pQatioDS ftlles sans beaucoup de soin; — Sy- 
nopsis doctrinx sacrse, in-8*; — Recueil des 
passages de VÉcriture sainte sur les vérités 
de la foi;— Tableau de V Histoire de France, 
3 Tol. in- 12 : écrit avec négligence, mais les 
principanx faits de cette histoire y sont exposés 
avec fidâîté; — les Princes célèbres qui ont 
régné dans le monde; Paris, 1769, 4 vol. in-1 2 ; 
— Histoire des papes, 2 vol. in-1 2; — His- 
Unre des sin^, in-12; — Les Ornements de 
la mémoire : c'est un recueil assez bien fait des 
phift beaux morceaux des poètes français, in- 12, 
les Leçons deThalie, 3 vol. in-1 2 : ce sont des 
poftraits, des caractères, des traits de morale 
tirés des poètes comiques; — Connaissance 
des poètes français, 2 vol. in-1 2; — Cathé- 
ekisme de Vdge mûr, in-1 2 : abrégé par de- 
Biandes et par réponses des preuves de la reli- 
gion; — VAlbert moderne, 3 vol. in-12; — 
t Esprit des journalistes de Trévoux , 4 vol. 
iii-12; — r Esprit des journalistes de Hollande, 
2 vol. in-12 : ce second recueil ne vaut pas le 
précédent, qui offre plusieurs morceaux curieux 
et bîai écrits. Alletz a fait aussi divers ouvrages 



ALLEYN 158 

d'instruction élémentaire, dont les plus connus 
sont, Selectx e Novo Testamento historïa' ex 
Erasmi parnphrasidesumptœ, 1763, in-12, et 
Selecta e Cicérone prœcepta, 1762, in-12; — 
Abrégé de V histoire grecque,^ il ùk, in-1 2;— le 
Magasin des adolescents ;Pms, 1774. in-12 ; — 
Nouvelles Vies des Saints ; — T Esprit des fem- 
mes célèbres du siècle de Louis XTV, 1768, in- 
12 ; — V Aima nach parisien, 1785, 2 vol. in-12- 

Nouveau Dictionnaire historique. — Qaérard, la 
France littéraire. 

xvhiRY {Otiillaume), évèque d'Exeter, né à 
Great-Wycomb dans le comté de Buckingham , 
mort le 15 avril 1571 , d'après Tumer, et selon 
d'autres biographes, en 1570 ou 1576. Élevé au 
collège d'Éton, Alley montra pour la réforme un 
zèle qui, sous le règne de la reine Marie, le força 
à se réfugier dans le nord de l'Angleterre. Il re- 
vint à Londres lors de l'avénement d^Élisabeth, 
et prêcha dans l'église Saint-Paul, en 1559. La 
reine, qui prit goût k ses sermons, le fit évèque 
d'Exeter. On a d'Alley nTU)xo|i.u<j6Îov, ou The 
Poor man's library (BibliothèKiue du pauvre) ; 
Londres, 1565, 1571, 2 vol. in-fol.; c'est un re- 
cueil de sermons sur la première Épltre de Saint- 
Pierre, prêches en 1559 à l'église de Londres; — 
une Grammaire hébraïque; — une Traduction 
du Pentateuque; — un Jugement concernant 
la doctrine et la discipline de V Église; — 
Epistolœ très Archiepiscopo Af. Parkero. 

Hanvood, Alumni Btonienses. — Bioçraphia- Britan- 
nica. — Tanner, BiMiotheea Britannica- mt)erniea, 

ALLBY (Jérôme), poète et publiciste irlan- 
dais, né en 1760, mort vers 1827. II futpa<;teur 
à Drumcarr, dans le diocèse d'Armagh. On a de 
lui, entre antres : The widowed queen ; or Eli- 
sabeth, dowagerof Edward IV, a poem and 
oration , 1778, in-4** ; — Review of Ihe politi- 
cal principles ofthe modem whigs, 1792; — 
Observations on the government and consti- 
tution ofgreat BrUain, 1782, in-12. 

Biographical dictionnarn ofthe living authors of 
çreat Britain and ireland, I8t«. 

alleth (Edouard), acteur anglais, né à 
Londres le 1**^ septembre 1566, et mort le 25 no- 
vembre 1626. Contemporain de Shakspearc et 
de Ben-Johnson, il fut regardé comme le pre- 
mier acteur de son temps. Cependant il serait à 
à peine connu aujourd'hui s'il n'avait attaché 
son nom à l'établissement du collège de Dut- ' 
wich, qui fut à la fois un hôpital pour les pau- 
vres et une maison d'éducation pour les enfants. 
Il consacra 10,000 livres sterling à la construc- 
tion de ce collège, commencé en 1613, achevé en 
1619, et lui assura un revenu de 8,000 livres. 
Cette fondation pieuse venant d'un comédien parut 
si extraordinaire qu'on l'expliqua par le merveil- 
leux : on prétendit qu'Alleyn, représentant le dé- 
mon dans une pièce de Shakspeare, vit tout à coup 
le diable devant lui, et fut si frappé de cette ap- 
parition qu'il fit vœu de consaccr sa fortune à 
une œuvre de charité. On n'a pas besoin de cette 
légende, qui paraît empruntée ii VHistrio Mas^ 



169 



ALLEYN -- ALLIOLl 



160 



tix de Prynne, pour comprendre la libéralité do 
célèbre acteur, enrichi par Texploitation heu- 
reuse de plusieurs théâtres, et par trois maria- 
ges qui le laissèrent sans enfants. Aussi humble 
que charitable, Alleyn Toulot vivre dans Thôpital 

qu'il venait de fonder. L. J. 

Failer, ff^orthiei of Engtand. — Kippls, Biographia 
Britannica, — Collier. Memoirs 0/ Âllegn, publiés par 
la Shakespeare Society. — Malone. Hislorical Account 
qf the Englith ttage, 

ALLBiN. Voy. Allen. 
' ALLIBR (Achille), graveur et antiquaire, né 
en 1807,mortÀBourbon-rArchambault le 15 avril 
1836. n a passé sa courte vie à étudier Thistoire 
et les antiquités de sa province. Ses travaux 
sont : Esquisses Bourbonnaises; Moulins, Des- 
rosiers; et Paris, Chamerot, 1832, in-4*' de 82 
pages et 13 lithographies; — V Ancien Bour- 
bonnais (histoire, monuments, mœurs, statis- 
tique), par Adiillc Allier; et continué depuis sa 
mort par BiM. Ad. Michel et L. Batissier ; gravé 
et lithographie sous la direction de M. Aimé 
Chenavard, d*après les dessins et documents de 
M. Dufour, par une société d'artistes; Moulins 
et Paris, 1833-1837, 2 vol. grand in-fol., et atlas 
de 125 planches : cet ouvrage est un des plus 
beaux monuments que les arts aient élevés pour 
b réédification de Tancienne France ; — la Jolie 
Fille de ta garde, ballade bourbonnaise, gravée 
à Teau-forte par Célestin Nanteuil, 1836. 

Huot, r^irt en province, — Qûérard. Complément de 
ta France littéraire^ conUnuatton. — Général Beaavab. 
Biographie universelle, t. ¥1. p. 174. 

;; ALLIEE (i4ntoin«), Statuaire, né à Embnm 
le 6 décembre 1793, fils d'un ancien payeur gé- 
néral des armées impériales, trésorier du roi de 
Rome, et député des Hantes-Alpes. H suivit d'a- 
bord la carrière militaire, et se retira en 1815, 
avec le grade de capitaine de dragons, pour se 
livrer à son occupation favorite, l'art plastique, 
où U a fait preuve d'un véritable talent. On dte 
de lui, entre autres morceaux pleins d'expres- 
sion et d'originalité, les statues de PAt/qpcemen, 
à* Ariane, de V Éloquence (à la chambre des 
députés ), le buste de Sully ( à la bibUothèque 
de l'Arsenal ), d'un Jeune marin mourant, 
M. Allier, d'un caractère loyal et indépendant, a 
été envoyé, après la mort de son père, par le dé- 
partement des Hautes-Alpes à toutes les cham- 
. bres ou assemblées législatives qui se sont suc- 
cédé depuis 1839 jusqu'au 2 décembre 1851. 
A. 1\i\er%fSaUm de iStt. 

ALLIER (Ctot«de),curéde Chambonas (Gard), 
fusillé le 5 septembre 1793. Il s'opposa constam- 
ment aux principes révolutionnaires. En 1790, 
il fut le cher du rassemblement formé à Puy en 
Velay, sous le nom de camp de Jalès. Le 18 juil- 
let 1792 l'assemblée législative le décréta d'ac- 
cusation ; arrêté l'année suivante, il fut condamné 
à mort par le tribunal criminel de la Lozère et 
subit son jugement 

Biographie des Contemporains. 
ALLIBR (Dominique), chef royaliste, parent 
du précédent, guillotiné en noveinbre 1798. Il 



I était l'un des chefs du raMemUenent de Jalès, 
^et partit en mission auprès des princes français à 
Coblentz. En 1794 , il rentra en France avec le 
comte de Saillant pour soulever le midi , et es i 
1797 il se mit avec Saint-Christol à la tête de 
l'insurrection du Gard; mais, ayant été battn, il 
se réfugia dans le Vivarais, où U fut arrêté. Ses 
papiers fournirent la preuve qa'tl correspondait 
avec le comte de Surville, agent des princes; 9 
fut donc condamné à mort et exécuté. 

Biographie dê§ Contemporains* 

ALLIBR (Louis), numismate et antiquaire, 
surnommé Hauteroche, né à Lyon en 1766, mort 
à Paris en novembre 1827. Nommé en 1795 di- 
recteur de l'imprimerie fhmçaise à Gonstantâio- 
ple, U profita de ses loisirs pour visiter les lies 
de l'Archipel, la Troade et l'Asie Mineure. Lors 
de la rupture de la paix , il quitta Constanti- 
noplc pour suivre l'expédition française m 
Egypte. Nommé en 1802 vice-consul d'Héraclée, 
il eut Toccasion de se livrer à son goôt pour la 
numismatique et l'achéologie. Après la suppres- 
sion de ce vice-consulat, il accompagna Faix de 
Beaujour au Levant, et occupa pendant quelque 
temps le vice-consulat de l'Ue de Cos. Ce fut, 
dit-on , (i pour expier les fautes que son trop 
vif amour pour la numismatique lui avait Diit 
commettre contre la délicatesse, » qu'il fonda 
un prix annuel de 400 francs pour l'ouvrage de 
numismatique jugé le meilleur par l'Académie 
des Inscriptions. Sa riche collection de médailles 
grecques fut en partie seulement acquise par la 
Bibliothèque nationale. Allier a publié : l* Es- 
sai sur Vexplicaiion d'une tessère antique 
portant deux dates, et conjectures sur Vère 
de Bérythe, en Phénicie; Paris 1820, in-4**: — 
2* Notice sur la courtisane Sapho, née à Éré- 
SOS dans Vile de Lesbos, lue à la Société asia- 
tique; ibid., 1822, in-8*'; •» 3** Mémoire sur 
une médaille-anecdote de Polémon P', roi 
du Pont, inséré dans le recueil de la Société 

d'émulation de Cambrai, année 1825. 
iteoiM eneyelopédique^ t. XXXVI, p. m. 

*ALUO (Matthieu et Thomas), deux frères 
sculpteurs , vivaient à Milan vers le milieu du 
dix-septième siècle. On a d'eux des bas-reliefs et 
des statues dans les églises de Milan et de PaYie. 

Brandolese, J'itturc, seuUure, etc . di Padovet. — 

*ALLiOLi (Joseph-François), théologien 
allemand, naquit le 10 août 1793 à Sùlzbach. n 
étudia à l'université de Landshut, où il d<Nrint, 
en 1825, professeur de théologie. L'année sui- 
vante, il fut appelé à l'université de Munich, 
dont il obtint, ea 1830, le rectorat. Depuis 1831, 
il est grand-vicaire à Aogsbourg. On a de loi : 
une traduction ( allemande )(ferilnci^ et du 
Nouveau Testament, d'après la Vulgate ;XiQ- 
remberg, 1830; Landshut, 6* édit., 1839-1845, 
6 vol. in-8« ; — Biblische AUerthumer (Anti- 
quités bibliques); Landshut, 1825, in-S*'; — 
Handbuch der biblischen AUerthumskunde 

(Manuel d'archéologie biblique) ; ibid. 1 84 1 , in-8*. 
Conversations-Lexicon, éOIt. isst. 



161 



ALLIONI — ALLIOT 



162 



ALUon (Charlei)f médeda et botaniste 
Haficn, né à Turin en 1725, mort en 1804. H n'y 
eol gaère dans sa Tie d'autres incidents remar- 
qoahies que la publication de ses différents ou- 
Tngw. Docteur en médecine et en philosophie, 
il professa la botanique à TuniTersité de TÎirin. 
L'ardenr et le succès avec lesquels il cultiva cette 
sde&oe le firent admettre dans beaucoup dV 
endémies saTantes d'Europe. Il était membre de 
la société de botanique de Florence, de l'Institut 
de Bologne, des sociétés royales de Londres, 
de Montpellier, de Gottingne etde Madrid. Allloni 
paUla de nombreax ouvrages, particulièrement 
sur la Flore de lltalie, partie de la science qui, 
JDsqa'à hdy avait été tr^négligée par ses com- 
patrides. Son premier travail fut une description 
snecinte des plantes les pins rares du Piémont : 
PedenumtH stirpium variorum spécimen pri- 
mifflii; Tarin, 1755, in-4^. Une seconde édition 
de ce Ûvre parut à Gottingne en 1 756 ; on y trouve 
on certain nombre de plantes nouvelles, indi- 
gènes des montagnes du Piémont , décrites pour 
la première fois et dessinées en douze plan- 
ches. 

AUioiil ne se oonfhia pas dans l'étude de la 
botanique : touies les parties des sciences natu- 
rdles avaioit pour lui de l'intérêt. Il publia une 
description des fossiles du Piémont avec un es- 
sai sur la géologie générale de ce pays : Orycto- 
grapMm Pedemontan« Spécimen ; Paris, 1757, 
in-8*y et k même année, un ouvrage sur la Flore 
de Nice avec un essai sur quelques animaux ma- 
rins da même pays : Stirpium pracipuarum 
iittoris et açri Ifiexensis enumeraiio metho- 
diea^ cum élencho aliquot^janimalium ejus- 
dem maris f Paris, 1757, in-S**; livre souvent 
cité sans le titre abrégé de Enumeratio stir- 
pium Nicxensis. Les matériaux de cette Flore 
avaient été rassemblés par J. Giudice, ami d'Al- 
fioai ; les plantes y sont rangées suivant la mé- 
thode proposée par Lndwig. Quoique contempo- 
rain et ami de linné, Allioni fut un des rares 
botanisles qui résistèrent à l'introduction du sys- 
tème artificiel de classification créé par l'illustre sa- 
vant snédois. n ftit soutenu dans cette entreprise 
par son ami Albert Haller, non moins éminent 
comme botaniste, qne comme poète, anatomiste 
et physiologiste; et, en classant les plantes de 
Mice d'aprâ le systèoie de Ludwig, il ne fit que 
suivre l'exemple que Haller lui avait donné dans 
sa classification des plantes de la Suisse. Allioni 
pnbfia dnq, ans plus tard , une description des 
plantes cultivées dans le jardin botanique de Tu- 
rin : Synopsis methodica horti Taurinensis ; 
Turin, 1762, m-4** ; mais il attendit plus de vingt 
ans encore pour faire paraître le grand travail de 
toute sa vie, la Flore des montagnes de son pays 
natal : Flora Pedemontana, sive enumeratio 
methodica stirpium indigenarum Pedemon- 
ta ; Turin, 1785,^3 vol. in-fol. Les deux premiers 
volumes* contiennent une description des plantes 
avec leurs synonymes, et de très-judicieuses ob- 

TiOCV. BIOGR. VmrERS, — T. Jl. 



servations sur celles qui sont employées en mé- 
decine ; le troisième consiste enquàre-vingl-doaze 
planches, renfermant des figures de toutes les 
nouvelles espèces. En tout, l'ouvrage donne la 
descriptioor de deux mille huit-eent-treize plantes, 
dont deux cent trente-sept espèces nouvelles. 
Ces plantes sont disposées suivant le système de 
Rivin, modifié, d'après les idées de Knaat, 
Ludwig, Haller et autres botanistes câèbres. 
Comme complément à son grand ouvrage, Allioni 
pubUa sous le titre de Auctuarium ad Floram 
Pedemontanam , Turin, 1789, une description 
de nouvelles espèces, avec sept planches de 
figures. A ces travaux de longue haleine, il lyouta 
de nombreuses dissertations sur divers sujets do 
botanique, insérées dans les Mémoires de VA- 
cadémie de Turin. Il donna dans les deux pre- 
miers volumes des Miscellanxa Taurinensia^ 
la description des plantes de la Sardaigne et de 
la Corse. Les plantes de Sardaigne d'AUioni furent 
rassemblées par M. Ant Piazza, et ce recueil 
est intitulé : Fasciculus stirpium Sardinix in 
diacesi Càtaris lectarum à M, Ant, Piaaa; 
celles de la Corse furent recueillies par Félix Vallé, 
etleur description, qui fut publiée après sa mort par 
Allioni , porte le titre de Florula corsica, Nie- 
Laurent Burmann donna une nouvelle édition de 
cet opuscule avec de nombreuses additions de 
Jaussin dans le quatrième volume des Nova acta 
AcademisB Curiosorum, 

Tout en cultivant la botanique avec le plus 
grand zèle, Allioni ne laissa pas de consacrer 
tous ses moments de loisir à la pratique de la 
médecine; ses principaux ouvrages à ce sujet 
sont : Tractatio de Miliarum origine, pro- 
gressu^natura et curo/ione; Turin, 1758, in-8^; 
dans ce traité sur les fièvres mihaires, Allioni 
établit que l'éruption miliaire est la suite de cer- 
taines autres fièvres , et ne constitue pas en elle 
même, une maladie particulière : ce livre obtint de 
la réputation, et ftit réimprimé à léna et Leipzig, 
1772, et à Turin, 1792; — Conspèctus prxsen- 
tanex morborum condiiionis; Turin, 1793, 
in-8''; cet ouvrage, divisé en vingt-six chapitres, 
traite des maladies en général ; c'est un abrégé 
complet de la pratique médicale. Allioni est ce- 
pendant plus connu comme botaniste que comme 
médecin, et sa Flore piémontaise lui assure une 
réputation durable. Lœfflmg a donné en hon- 
neur du botaniste de Turin le nom d'i4^/iona à 
un genre de plantes appartenant à la famUle des 
Nyctaginacées. L. J. 

Bneta et Qniber. Mlçem. Bncfû. — Adelang. supplii- 
ment à JOctaer, AUgem. GeUkrten-Ltxiecn. — Altlonl 
Opéra. 



ALLIOT ( Pierre) f 
de Bar-le-DÙc, vivait 
du dix-septième siècle, 
raine la réputation de 
la guérison du cancer 
de LouiH XIV, l'appela 
elle-même l'efficadtô 



médedn français, natif 
dans la deuxième moitié 
n s'était acquis en Lor- 
posséder un secret pour 
: Anne d'Autriche, mère 
à Paris pour essayer sur 



163 



ALLIOT — ALLIX 



IM 



dit Canrère, se rendit en 1665 à Saint-Germain ; 
et la princesse se mit entre ses mains, après 
avoir quitté Gendnm. On oommoiça d'abord 
par conduire la reine-mère an Val-de-Gréoe, à 
Paris, où ce médecin fit la première applicatk» 
de sa poudre le 24 août. Mais les douleurs s*élaot 
excessivement augmentées, la rdne abandonna 
Alliot, et se mit, le 9 janvier 1666, entre Ws 
mains d'un homme qui se disait natiîde Milan, 
et dont les remèdes n'eurent pas d^autre effet que 
de bâter sa mort. HaJler prétend que la poudre 
qu'AlUot employait dans la cure du cancer était 
faite avec de Tarsenic rouge dissous dans Teau- 
forte et ensuite précipité par Taddition du vi- 
naigre de Saturne. Il édnlcorait ce précipité par 
douze lotions d'eau simple; et dès quH lui pa- 
raissait insipide, il y faisait brûler de Tesprit 
de vin de dnq à six fois. ■ 

On a d'Alliot : Thèses medicx de Motusan- 
guinis circulato^ et de nqrbis ex aère, prae- 
sertim de Arthritide; Pont^ Mousson, 1663, 
in-8® ; — Spistola de cancro appcarenU ; Bar- 
le-Duc, 1664, in-12; — Nuntius proJUgatï sine 
ferro et igné carcinoTncttis missus ducilms 
itineris Hxppocrate et GaUno ad chirurgiâs 
sfudiosos; Bar-le-Duc, 1664, in-12; réimprimé 
dans Acta HafnUnsia, 1672. L'auteur y soutient 
([uc le cancer est formé par une humeur acide 
qui obstrue les glandes, à qu'il fiuit neutraliser 
par un alcali. 

Ce médecin laissa denx fils : Jean-Baptiste et 
Fauste Alliot. Le premier, qui fût médecin de 
Louis XIV, publia : Traité du Cancer, où fou 
eacplique sa nature, et oà Von propose le 
moyen de le guérir^ etc.; Paris, 1698, in-S"*. Mais 
on croit que le véritable auteur de ce livre était 
son fils Hyacinthe Alliot, reli^eux bénédictin* 
On y trouve que le fameux seoret d'ÀlUot &xSi 
du réalgar (suUure d'arsenic), digéré dans une 
solution alcafine concentrée, et précipitée par 
l'acétate de plomb. Le précipité, lavé à l'eau 
tiède et à l'alcool, était pulvérisé et répandu sur 
les ulcères cardnomateux. 

Fauste Alliot , mort à la Martinique où D 
exerçait la médecine, a publié un traité intitulé 
An mùrhus antiquus syphilis; Paris, 1717, 
in-4*, dont Astruc parle dans son traité De Mor- 
bis venereis; édit. 1740, in-4'>. 

Carrère, BiblMhégue de la Uédecine, 1. 1. 

*Âixisoiff (ThoTMs)^ voyageur anglais, d 
eontre-maltre au service de la Russie vers la 
fin du dix-septième siècle. H publia, en 1699, la 
relation d'un voyage intéressant, intitulé An 
Ancount ofavoyage/rom Archangeî ia Bnssla 
in the year 1697 ; of the S?Up and company- 
wintering near the North cape in the latitude 
q^71* ; thetr manner of lïving and what they 
wjjered by the extrême cold; also remar- 
kable observations qfthe ctimate , country, 
and inhabitants, together with a chart des- 
cribing the places where they lay, tond in 
View, sotmdings, etc.; London, 1699, Sn-S**. 



Les voyageurs subséquents obI ooofinBiérexae- 
titudes des détails que l'on troBve dant cette 
relation curieuse et rare. 

BJOjfrapMifâal dietUmary. 

A LLix ( Jacques - Alexandre - Ftançois), 
général, né è Perd, département de U Mttche, 
te 21 septembre 1776, mort le 26 janvier i$3f. 
U était fils d'un mathématiden qid prolSesBiit 
dans une écde d'artillerie. C'est par oélte «nae 
quH débuta dans la carrière oùlitNre, Cité 
avec hoonenr dans un décret de la oonventioé 
pour sa conduite à l'armée du Noid , ooload à 
vingt aas, il prit glorieusement part à la cam- 
pagne de Mareago et à l'expédikion de Saint- 
Domingue. Républicain , et par conséqneat par- 
tisan peu zélé du 18 brumaire, il fiit oui4ié par 
Napoléon, et prit du service auprès de Jéréoie, 
roi de Westphalie, qui lui conféra legrade de gé- 
néral de division. L'invasion étrangère le fit ren- 
trer en France, et il contribua avec énergie à la 
défense du pays. Dans les Cent-Jours il obtint 
un commandement supérieur et la tâche impoi^ 
tante de fortifier Saii^-Denis. PliMcrit par l'or- 
donnance du 24 juillet 1815, n se réAigia en 
Westphalie; rappelé depuis en France par l'or- 
donnanoe de 1819, H fut rfîtabli dans le cadre 
des officiers généraux. Le général Allix est au- 
teur d'un Nouveau Systems du monde^ où les 
gaz jouent un grand rfile : œ système, qd devait 
renverser celui de Newton , n'a nas obtenu le 
succès dont Fauteur s'^t Oatte. Le général 
iUlix a publié encore un Système d^artilterie de 
campagne; Paris, 18!17, in-S^'xet en 1830 il afatt 
paraître, dans le Journal mtUtàtre, une rela- 
tion des Journées de JulDet. [ Snc, des g, du m.] 

Moniteur, im. 

ALLIX (Pierre) , ttiéologien protestant, né à 
Alençon en 1641, mort à Londres le 3 mars 1717, 
n Alt d'abord pasteur à Rooen , puis à Cbaren- 
ton, où fl travailla avec le célèbre Claude k ana 
nouvelle version delà Bible, ce qd le fit aocnser 
de sodnianisme. Il fut obligé, en 168% par la ré- 
vocation de l'édit de Nantes, ae se rétia^at on An- 
gleterre où il fut bien accoeOli. Le dogé angli- 
can le choisit pour composer Fhistoire des Con- 
ciles, qui cependant n^a pas été imprimée parce 
qu'on ne put réomr le nombre de souscripteurs 
nécessùres. Les principaux ouvrages d'AIlix 
sont : De TertuUiani Vita et Scriptis, 1680^ 
m-8*; — De Condliorum guorumvis d^fini^ 
tionUnu ad examen retfocandis^ 1680^ in-8*; 
— AnastasH sinaitas anagogicarum contour 
plationum in ffexahemeron; Londres, 1682, 
in-4* ; — L'OMt;er^re deVÉpUredesaint PatU 
aux Romains par VexpUcation du verset 27 
du cm, et Lettre en forme de traité touchant 
la justification et la lecture des Pères; Ams- 
terdam, 1683, in-t2; — Douze sermons sur 
divers textes; Amsterdam, 1685, iD-12; — 
Determinatio P, Joannis Parisiensis prx' 
dicatoris, de Modo existendi corpus Christi 
in sacramento Altaris, aHo quam sit ille 



166 



yVLLlX — ALLORI 



166 



gmem Unet Mccluia; Londres, 1686, iii-12; -^ 
les Maximes du vrai chrétien, à la tuite det 
Bonnes et saintes Pensées pour tous les Jours 
du moii ;Aii»terdam, 1687,in-24 ;^ Réjiexkms 
sur les cinq livres de Moïse, pour établir la 
vérité de la Religion chrétienne , tome pre- 
mi^; Londres et Amsterdam, 1687, hk-^; ■— 
E^exions sur les livres de t Écriture sainte, 
pour établir la vérité de la Religion chré- 
tienne, tome second ; Amsterdam, 1689, fn-8*; 
Nuremtwrg, 1702, în-8*; — Thejudgment of 
the andentJewish Church againstthe Unita- 
rions in the eontroversy upon the holy Trinify 
and the div^ity o/our blessed Saviour; Lon- 
dres, 1689, ln-8°, traduit en allemand par Sel- 
'l-^lios, avecpréfoce de G. Arnold; Berlin, 1707, 
f 0-4** ; — Some Remarks upon the ecclesiasti- 
cal History qfthe ancien t churches of Pied- 
mont; Londres, 1690, in-4*; — Remarks upon 
the ecclesiastical History qf the ancient 
churches qf the Àlhigenses; Londres, 1692, 
iB-A^ : Allix essaie dans ses deux derniers ou- 
vrages de réfuter ce que Bossuet a écrit sur les 
Albigeois et les Taud(Mâ; — De Messiœ du- 
plici adventUf Dissertationes dux adversus 
/tidxos ; Londres , 1701, in-12 : l'auteur y pré- 
tend gœ J.-C. reviendra sur terre en 1720 oo 
an plas tard en 1736 ; -^ Prejàce and Argu- 
ments on the Psàlmy; Londres, 1701, in-8^ : 
Pantear donne aux psaumes un sens différent de 
eehû qui est accepté généralement; — Nectarii 
Petriarehte HierosolfnUtanicoi0itatio Papm 
in Seelesiam; Londres , 1702, in-d"^ ; — Augusti 
Eermanni Franche Manuductioad lectionem 
Scripturx Sacrx; Londres, 1706; — De Jesu 
Chfisti Domini Nostri anno et mense NataU; 
Londres, 1707 et 1710; — în-Ô*; — The Pro- 
pkecies wlUch M, Whiston applies to the 
times inunâdiately following the appearanee 
ofthê Messkih, etc.; Londres, 1707, in-8*; 
— Pr^arahons à la Cène;Gesàie, ln-8*; 
(sans date). A. deL. 

meéroa, Mêmùtru. - Bayle , L§ttn». - Wood , Ftutli 
OmiiIimi. - II«ilÉ«lll«, DUêWft kUfUHitm et erM- 
fWÊ.^ i,A. Ffebrtitati f^acUtns de Seriptaribms pn 
rtriSaUm rdielonU ehriOUnue. — Ulonff , J5i6/iotM- 
ffw meréê. — Des Makeanz. Notn tut BayU. - Dom 
>. iflit é» Mtirart merés et melisimsU^tm, art 



Aixix (Pierre), poète français, mort an 1793. 
11 fet jogeda tribunal de premièreinstance à Pa- 
ris^ flt flMwmt subitement à l'audience, au mo- 
moift où il rendait compte d'une affaire. On a de 
hâ yelqnes pièces fu^ves insérées dans VAl- 
menoeh des Muses et le Mercure de France, et 
M poém« em quatre cbants, intitulé les Quatre 
Ages de thonme ; Paris, 1783, in-12 ; V édition, 
avgnwalée; Paris (Ifontard), 1784, in-18. 

Qirfrart, to rtmoê Uttéraire. 

AMAMVWiMXM (d'), nom d'une amâenne fti- 
voSÊB française de la Beance, dont les prind- 
pan ui e u îbc i m sont fi^t remarquer par leur 
aUKhement à la dynastie des Bourbons. Ar- 
mand-FrançoU , eoMie d'ABonrlUe (néea 1764 



mort vers 1832), servit dans l'année de Ck>nd«, 
et publia, entre autres, les Mémcires secrets de 
1770 à 1830, et succéda à Alphonse de Boau< 
champ dans la rédaction <les Mémoires tirés 
des papiers d'un homme d*État; Paris (Mi- 
diaud),.1831-1837, 13 Vol. in-8**. Son finère, Loués- 
Alexandre (né en 1774, mort en 184&), préfet 
et conseiller d'État sous la restauration, a publié 
uue dissertation intéressante sur les Camps ro- 
mains du département de la Somme ^ su^ 
vie d'éclaircissements sur la situation des 
villes gauloises de Samarobrivie ei Bratus* 
ponce, etc. ; Clennont-Ferrand, 1828, is-4'*. 

Quérard, la Frauoe UUérairê. — DicUommmirB de la^ 
Conversation. ' 

ALLOEi (^/essane/ro), peintre italien, né à 
Florence en 1535, mort en 1607. Il n'avait que 
cinq ans lorsqu'il perdit son père, et lUt élevé par 
son oncle Angelo Bronzino, pebtre célèbre; de 
là lui vient le nom de Sronzino qu'on lui donne 
et quil se donne quelquefois à Itû-mème au 
bas de ses tableaux. Dès l'Age de dix-sept ans il 
se fit connaître à Florence par un Christ en 
croix et d'autres tableaux. A dix-oeuf ans , en 
1554, il vint à Rome, et compta bientôt parmi les 
meilleurs disciples de Michel-Ange. 11 dirigea 
presque toutes ses études du côté de l'anatomie, 
et déploya dans ses oeuvres une sdence peut-être 
trop sévère. Il écrivit même on traité d'anato- 
mie à l'usage des artistes, publié en 1590. Allori 
peignit à fresque et à l'huile ; ses peintures sont 
très-nombrenses dans les églises et les palais de 
Florence ; on en trouve aussi dans la galerie im- 
périale. Son plus grand travail est la chapelle 
MontagMt dans l'église de l'Annunziata. Il y pei- 
gnit 4 l'huile en 1682, un Jugement dernier; 
— un Christ disputant contre les docteurs; 
•^ un Christ chassant les marchands du tem- 
ple. I>ans son Jugement dernier il copia plu- 
sieurs figures du célèbre tableau de Blichel-Ange, 
et dans son Christ disputant contre les doc- 
teurs il plaça beaucoup de ses plus illustres con- 
temporains, entre autres Michel-Ange et Giaoomo 
da Pontormo. Cet abus du portrait lui était ha- 
bituel, et il y excellait. Le sacrifice d^ Abraham 
dans la galerie impériale, et la Femme adultère 
dans l'église du Saint-£^>rit à Florence passent 
pour ses chefs-d'oeuvre. U termina les fresques 
hiacbevées d'Andréa del Sarto, de Giacomo da 
Pontormo et de Frandabigio à la Villa de Poggio 
a Casano, et y igouta quelques peiotores origi- 
nales. 

Baldloaeci, Notitie de" Pro/essori del Diteçno. — 
Land, Jtoria pittorUa. — Florlllo, Ce»eMekte der Mah- 
lerep, vol. I. 

ÂLLomi {Christofomo), pehrtre italien, fils' 
du précédent , né h Florence en 1677 , mort en 
1619. n porta conmie son père le nom de Bron- 
zino ; mais U eut une manière toute difRérente et 
brilla surtout par la rieheaae du coloris, la vé- 
rité et ladéiieatesae de l'eiLécntion, qualités qu'on 
ne trouve pas dans les tableaux de son ^lère. 
Gristofimo toi ^paà aAmkaXRNx ^^ C^^ ^ ^ 



Santi di Titi et Paguit. D commenç;! son «duci- 
tioo dans l'atelier de son père ; pui» il pam 
bienUt dans celui de Gregorio Pagani, avec lequel 
U eiécata de furt beaux ouTrages. Lea tableuix 
de CriatoGuo «ont rares. Enclin à la parease H 
&dle idécMuager, il n'a terminé qu'on petit nocD- 
Ire de pdntorea. On trooTe beaucoup d'eftqufe- 
setde lui dans les galerie» florentine», et ceux 
de ta oDTTages qull a acheré* Boni d'un fini ex- 
quis. On j remarque de» paysages représentant 
les enTirons de Florence, genre de peinture peu 
cultivé à cette époque. Les tableaux les plus 
importants de Crislobno sont le MiracU de 
San GMiano,dui» la galerie Pittii — m San 
Manetto, dans l'église de' Serri à Florence ; — 
une Judith et Bolop/ieme , an musée de Parts, 
et une Madeleine. La Judith et U Nadeteine 
sont peintes sur le modèle de aa maîtresse, la 
belle Hazzafirra, et raotopbeme est fait d'après 
le portrait d'Allori lui-mbne. La Judith a iU 
gravée par Gondolfl poar le Mtaée Napoléon. 
Cristobno fit Bossi quelques cofriea de la Ma- 
deleine du Corrége, mais II eut soin de modifier 
le fond, qui avait été manqué dam l'original. 

BtÉOlnuctl, HaUiU i^ PrahuoTi M Dingna. - 
UBil.noriapttiort(sa. - FMrliii, GneAlcHUdtr MaA- 

;alloc (CAarles-Kieolas), archéologne 
français, né à Paris le 18 novembre 1787. Ingé- 
nieur en diefdes mines, il a publié : Deseripilon 
det monuments des difftrenti dçes observé* 
datu le département de la Haute-Vienne, avec 
un précis des annales de ce pagi; Limites, 
I8ÎI, in-*% ouvrage couronné par l'Académie 
des Inscriptions et Belles-Lettres;— 5sf al Jur r«- 
niversalité de la langue françaiie, ses cames, 
ses effets, et les motys qui pourront conti- 
nuer à tarendredurable;Paiia{Vam\DT)iàot), 
18!8, in-ff>: on j trouve des idées nouvelles k 
ùûtë d'un résumé succinct des travaux de Henri 
Estienne(/'rA;e;iBncerfa/anffaj«^QnfEïfa),de 
l'écrit de Joachim du Bellay ( Défense et iUus- 
trationdela langue française), àtix'ox deHi- 
varol et de Schwab, qui avaient traité le inémê 
sujet. Cet Essai contient aussi des détails curieux 
Bur la date précise de certains mots établis au- 
jourd'hui dajis notre langue; — Études sur Us 
casques du moyen Age , dans les t. X à XII des 
Mémoires de la Société des antiquaires de France 
(1834 à 1838); — Description de feglise de 
l'ancien prieuré' de Solesme, près de Sablé, 
département de la Sarihe ;nM.,t.XIl (tS36); 
— Sur les manuscrits conservés au séminaire 
et à l'hStel de mile de Limoges; Paris, 1837. 
On a en outre, de H. AUou, plusieurs mémoires 
on articles insérés dans les Annales des Minet, 
dans ta Revue eneyelopédiçue, àRia l'Encyclo- 
pédie des gens du monde, et dans l'Annuaire 
de la Société de Fhtstoire de France. 



ALLORI — ALLtT tM 

arts A Paris. On a plusieurs grvTures d'après Ici 

tableaux de ce peintre. 
nanrkiB, DIetlewiairt ta ^HlitM*. — Cil«do Dm. 



iU'VVKm.lFrançoUdei.'), Kii)A^DAla» 
(faniu, antiquaire françaii, néàVertusenlâSO, 
mort à Sedan en iflOS.Baillidu comté do Vertus 
en Champagne, président de Sedan et malin 
des requêtes, il est représenté par la Croix àt 
Maine comme un • liomme docte es langues, et 
des mieux versés et plus curieux de Iliistaire 
tant ancienne que moderne. >■ On a de loi : 
1° Traité des nobles, et des eertus dont Ui 
sont formés, etc., avec une hUtotrâ et detaîp- 
tion généalogique de FUtiistre et ancieniu 
maison de Couc!i;Van»,lST},\a-t'i—V Gé- 
néalogie de la tris-illustre maison de La- 
marck,de laquelle est issu U comte de Mm- 
levrier; Paris, lâS4, in-fol.; — T Des maré- 
chaux de France et principale charge d'ieeux; 
Sedan, 1 5M in-4° ; — 4° ites ..^olres d-Bslal, 
de financé, dvprinee, delà noblesse; Pui», 
1&97, in~8',et Meti, même année, in-4°; — 
3° Impostvru d'impiété des fausses jmit- 
sances et dominations attribuées à la lune et 
planètes , sur la naissance, vie, maurt, ele., 
des hommes; Sedan, isoo, ii^* ; — a* Jurh 
avilis Romanorum et Gallorum nova et «*• 
guisila Traditio; Sedan , 1001, in-le. 

LtCroliiJa Mil». BU(birM(iiafrufa4Hf,-<CLii^ 
Tltar, I. »- - LrtiHii, «UHoCMtM klitorlqmt U f ' 
Francf.- L« PP.QutuI tl toitrii. StnpUriM anUaU 
PrMdUattrvK. tir, p. 18t. -BaiUlhit,Mcwnq>iUfB^ 

«■•LOCBTTB (Ambroise et Fnmçcit'Phi- 
lippe l' ), Voi/ei L'AuLocsm. 

■ ALUTON ( Washington ) , pdntra et potle 
américain, né en 1779 dans U F(oaTeIIM:aro> 
lîne du Sud, mort le 8 juillet 1843. H audit 
d'abord lamédecine à Newport dans le Rode-Is- 
land, et \ l'université de Harvard. 11 abaDdwM 
ensuite cette profession pour se livrer i la pein- 
ture. Il visila en IBit Londres, Paris et Riune, 
où il se lia d'amitié avec Vanderljn, ThorwaldsM 
et Coleridge. Depuis 1818, il ne quitta plosTAmé' 
rique, et y vécut k Cambridgqiorl, prfes deBostOB 
Il a laissé nn grand nombre de tableaux tnr de> 
siÙ^ l>ibl'iues {le Songe de Jacob; àliedans 
U désert; SaiU rt la sorcière d'Endor, ete, ) ■ i 
le sljleet lecolorbeo sont remarquables. Parmi 
sesouvragesimpriméson remarque : riïcip(pAi 
ttfthe Kosoni; Londres, 1813, in-8*; — tk 
naldi, nouvelle; Boston, 1843; en allemand 
par Kabldorf; Leipz., 1843. 
Htaçrapluait CMlMori. -~ imM«e Ftnkol, itm te 

ALLirr (^nfolne), avocat. Dé A Montpellier 
1743, guillotiné le 2S juin [79*. Il prit part 
i la collaboration de la grande Bnetctopédie. 
Dès Forigine de la révolution, Allut s'en montra 
partisan : ses condloyeni l'appelèrent aux rooo* 
Uona de procureur de la commune, et en mb- 
terabic 1791 le département du Ganl ledéfMita 



ALLUT — ALMADA 



170 



TûMée législatiTe. fl ne se fit gnèw re- 
r à la tritKme; mais il Ait soccessîYemeiit 
e de drrers comités. Un décret du 10 août 
rnat conToqné une ctmyention nationale^ 
sxercer la profession d*aTOcat à Uzès. A 
B da 31 mai de Tannée snivante, AUnt se 
^ avec chalenr pour le parti de la Gl- 
1 rédigea même et signa quelques adresses 
celai de la Montagne. ProôcrH sous la 
nation de fédéraliste , U parrist long- 
se soustraire aux poursuites dont il était 
Enfin il ftit arrêté et traduit derant le 
réTolutionnaire, qui le condamna à mort 
on ALLUT, traducteur firançais, né à 
lUer, mort en 1786, cousin du précédent, 
, sous le Toile de l'anonyme : Nouveaux 
es de poésie grecque, etc.; Paris, 1779, 

pMe âM Contemporsiiif . 

rr (Jean ), dit rÉclalreur^ pseudonyme 
MT un fanatique français qui, au commen- 
tai dix-huitième siècle , essayait à Londres 
i ) de fonder une religion nouTelle. H ayait 
(otres ou associés Nicolas Fatio, Jean 
i Charles Pprtalès. Son Trai nom était Élie 
il était natif de Barre , village des enyi- 
MontpeUier. Ses ouyrages, aiy ourdirai 



ALM4GI1I on BLHAGHi , Dom doDué par er- 
nnr à Jeigis (George) Ihnonl-Omayd Ahoul- 
Yasar, arabe chrétien, né en 1223 de J.-C., mort 
an Caire en 1259. H composa une chronique 
(Àttabari) dont Alroadn, qui vivait au qua- 
torzième siècle, fit un abrégé, et en donna une 
suite jusqu'en 1334 de J.-C. Erpenius en publia 
le texte arabe avec une traduction latine, Leyde, 
1625, in-fol. On trouve dans ce même volume 
V Histoire des Arabes, par Roderic Ximenès, ar- 
chevêque de Tolède. 
MioçropMcal DietUnutrp. 

*ALMADA (i>. Àlvaro Vas db), comte d'A- 
vranches ,^ né au commencement du quinzième 
siècle, mort en 1449, célèbre chevalier portu- 
gais, frère d'armes de D. Pedro d'Allkrrobeira. 
n faisait partie, dit-on, des douze preux qui al- 
lèrent venger l'honneur outragé des dames an- 
glaises ; et Camoens l'a célébré en cette occasion, 
en altérant toutefois son nom. Ce qu'il y a de 
bien certain , c'est que c'était l'un des cheva- 
liers les plus braves et les plus remplis de 
loyauté qnll y eût alors dans la Péninsule. 
Comme D. Pedro, le fiuneux duc de Coîmbre, 
auquel le tenait lié une si étroite amitié. Al- 
mada avait voyagé dans toute l'Europe, et 
partout il avait recueilli des marques de la haute 
», ont pour titre : 1» DiseemetiUnt des J estime quH inspirait En Angleterre, le roi Ta- 
r (Favec la lunUère, c^n d'exciter les ^vait créé chevalier de l'ordre de la Jarretière, et 



i à chercher la lumière; Londres, 1710,/ 
- 2^ Éclair de lumière descendant des 
et du relèvement de la chute de 
B par son péché (sans nom de lieu), 
-8* ; — 3° Plan de la justice de Dieu 
terre dans ces derniers jours, pour 
tr sur la nuit des peuples de la terre 
iption qui se trouve dans leurs ténè- 
'14, in-S**; — 4'' Quand vous aurez 
t vous serez saccagés; Car la lumière 
true dans les ténèbres pour les dé- 
1714, in-d" : ce sont des lettres signées 
[arion, Fatio et Portalès; — 5^ Aver- 
tis prophétiques d^Élie Marion, etc.; 
, 1707, in-S*»; — O*» Cri d^alarme, ou 
lemen^ aux nations qu'ils sortent de 
le (des ténèbres pour entrer dans le 
9 Christ), 1712, in-8^ 

e Gébelln , Histoire des troubles des Céeennes, 
, Dictionnaire des anonymes , t* édit, n« M09. 

TiiTS, prince des Celtibériens. Voy. 
l'Africain. 

roBEDm (Henri de), théologien alJe- 
atif de Stade, vivait dans la première 
a dix-huitièine siècle. Il étudia à Helms- 
is le célèbre Mosheim, et publia, sur les 
de ce dernier, la vie de Servet sous ce 
istoria Michaelis Serveti, Hélmstaedt, 
-4*, avec le portrait de Servet. On en 
e:Ltrait dans les Acta erudit. Lipsiens., 
dans la Bibliothèque raisonnée des oti- 
es savants, I, 328. 
, SnfpUm, à JOcher. Lexicon, 



un précieux manuscrit de ht Bibliothèque na- 
tionale en foK foi; en Allemagne, il s'était acquis 
la bveur particulière de l'empereur; et enfin, 
ce qui est d'un certain intérêt pour notre histoire 
locale, Charles VI l'avait créé comte d'A- 
vrancfaes, en raison des nombreux services qu'il 
avait rendus à la France. Quelques historiens 
cependant veulent qu'il ait reçu ce titre du roi 
d'Angleterre, à l'époque des guerres désastreu- 
ses du quinzième siècle. En 1439 , nous retrou- 
vons Vas de Almada dans la Péninsule, où il 
est attaché plus que jamais à la fortune de 
D. Pedro, nommé régent du royaume durant 
la minorité d'Alfonse V ; et il ne sort du Portugal 
que pour aller faire la guerre aux Maures 
dans Ceuta; il ne revient d'Afrique que pour 
défendre de son crédit et de son bras le noble 
infant D. Pedro, que Ton calomniait avec un 
si cruel acharnement Dès lors sa vie se trouve 
si intimement unie à celle du régent, que 
nous renvoyons à l'article détaillé consacré à 
ce grand homme, pour tout ce qui regarde les 
dernières portions de sa biographie. A la suite 
de la communion qu'il avait reçue avec D. Pe- 
dro, Vas d'Almada avait juré solennellement de 
ne pas survivre à son ami. En effet, lorsqu*à 
la bataille d'Alfarrobeira il eut appris que cc- 
lui-d avait succombé, il rentra uq moment <lans 
sa tente, pnt quelque nourriture pour se for- 
tifier, puis se jeta au fort de la mêlée, où nom- 
bre d'ennemis succombèrent devant lui. On dit 
que lorsqu'il fut las de frapper, il s'étendit à terre 
dans son armure, e&%'écd«sXv(^\&J^fw%\ IB^n^- 



171 



ALMADA — ALMAGRO 



173 



taaUi-mmM, pcvçosf I 11 ftiâ tiaé à ViMtent par 
oiox qui MrakNitaieit plm Mn bftty et iMi noUe 
penonBage q«i Kfwà été |idb sob ami «eapa 
w tète, poBT la porter au jeuoAioi. 

Daarte Ifuqcs de Uaa^ Deuripfmm 4€ i^^ftugoi — 
Perd. PenlSj te Portuçai (DniTers pittoresque), et la 
notts d» Ai frodiuit. ée» Lmiadet, par MM. OHalre, 
Vomnàtr «I DnavttA. 

surnommé Aboulcacim, nkatthémalicwft et as- 
tronome arabe, natif de lladiaritt ( Jjojwrtli— ), 
aiyourd'fciiii BAadrid, saort yen 1ÛCK7 de J.-C. 
ParnM aes <»yTaf|M<|iii Msi inédits, on remarque 
m Traite 6'AkhMo (BiUMh. «aHonale, bm. 
R« 973 ); «D TnM de l'Aatrgtebtt, et dea TaUcB 
aatroQomjkiiKea^ 

Ibai^WOaMTklali. ^ Ctstfi. INM. ai^nk M«p. £Kk. 
1. 1, 810. — \liiitakk9ri» 4f«Aaq», dunaiL» *« U V> ^t^- 

ALMAGEO {Diego J>z)t voyageur espagpot, 
compagnon de Paarro» cûn<|uérant du Pérou, 
naqutt de parents iaconnos, en 1472k, àAldea 
(tel Rey. suivant Herrenu U fut élev4 comme ua 
enfant de troupe, et se joignit de boane beure 
aux aventuriera espagnols partant pour le nott- 
yeau monde, que l'on venait de découvrir. 

Noua allons suivre id le récit de Zarate, bisr 
tonenespagpol» témoin oculaire de ee qui s'est 
passé au Pérou jusqu'en 1^8 (1) ; « L*aa Uaa, 
dit-il, trois habitants de la ville de Panama, 
François Picarro^ Diego d'Almagro» dont on n'a 
jamais bien su l'origine ( quelques-uns disent 
qu'il avait été trouvé à la porte d'une égMse >, 
et un ecclésiastique, Femaod do L»que, for* 
roèrent une société dans l'espérance de s'ewichir 
par des découvertes que l'on ferait sur la côte 
orientale de la terre ferme. Après avoir ol^nu la 
permission de Pedro Arias d*AviIa, qui comman- 
dait alors dans ces parages, François Pizarro 
commença Fentreprise avec un vaisseau monté 
par cent quatorze hommes. Il découvrit d'abord 
à cinquante lieues de Panama une petite et pauvre 
province nommée Pérou , ce qui depuis a fait 
donner improprement le même nom à tout le 
pays qu'on découvrit le long de cette côte par 
l'espace de douze cents lieues de longueur. II dér 
couvrit ensuite un autre pays que les Espagnols 
nommaient et Puebîo quemado (le Peuple 
hrOlé). Les Indiens de qe pays lui tuèrent une 
si grande [partie de son monde , qu'O fut contraint 
de se retirer à Chinchama (Cuchama, à 3** lat. 
nord ) ^ qui n'est pas éloigné du lieu d'où il était 
parti. 

« Cependant don Diego d'Abnagro, qui était 
demeuré è Panama, y équipait un navire sur le- 
quel il s'embarqua avec soixante-dix Espagnols, 
et s*en alla chercher don Trançois Pizarro le 
long de la côte , jusqu'à la rivière à laquelle il 
donna le nom de Satnt-Jean. XL débarqua avec 

(1) Xarut» Ao Ç»rate, Bistoria deè DueuvHmiento y 
conqumm (M Pm^ hWkytn, Mis. In-t» ; traduit es fran- 
çaK par S. D. U . .imsUrdam, 1700, S Toi. In-lt. 



son MMBdo an Peapie brâlé, oà U wnÊk fcmné 
tel traeea de yw ^ aaaociéLLta i* M<if | aiAétde 
k victoire q«1te «laical rempoiten e» ckasant 
de leur paya don Vrançoia Pianii», «tti|faèf«B( 
doA DlegD a^ec boa MCO Bp (te vtgnear; ite teroè- 
KflA dea ivtfaMhemeMteetnirentlea BqagMis 
eo déroQteL Dpn Diego, qoi perdit vu eiil dus 
eiÉte iwMoiitra, se lenhaïqiML là 
ei HDvaMl ta^^ura la cAte jusqu'à 
il lioiiTaPiagi9DisFiiarm.IlsfîBrentlBrtaiaMdc 
•a revcir;el, aprèa a'étre procmé des renfarhi , 
îb feeemmiocèrenA à "vopier le loag de la cMc 
a[?ec denc eento Fjpegpote» moBtés s«r dem 
navires eÉ trais eaiiots. ils «Mfliiraat beweoop 
pesdant cette nAngatm, parce 910 teste eetle 
ciftte est pleine de rivières qui sojetteot diaa la 
laer, et dans l'emboneteMre dt-wigiieltof o» triKfe 
une grande quantité de lézards que les indigÉBM 
nomment cairaant (cfoeedites dm naiivcaD 
monde). Bs sottdrireBt aussi beeueoMp de la 
Uim, parce q^'Oa^e tronvaicnt riea 4 nanger, 
sinon les friiite de quelques «teea qn*oei aKwBe 
mamglet^ dont on voit une grande qnantite aw 
eette câté. Cet arbres ( r AteojiAora man§U ) 
sont d'm boia fort dnr; ite sont haute et droits, 
et ooraae 3a se troavent «m le heid de te acr, 
et que leurs nKnnea sont abrenvées d'une ean 
lalée, lenra fimite sont aœsi salés et amen. Gt- 
peodant U nécessité contraignait nos gêna de 
a'en nourrir avec fnelqne peii de poisson qn'Hs 
prenaient; ear sur tonte cette odte on ne tronve 
point de mais. Comme ite allaient vers le sud, 
ite éteiettt obligea de ramer continueUement dans 
lenrs canote contre les courante de te mer qni 
vont du côté du nord. De plus, les Indiens tes 
harcelaient sans cesse, les attaquant avec de 
gicands cris , et les appelant par injure des gens 
bannis et qui avaient des cheveux aiî visage, 
sans doute à cause de leur longue barbe. Us 
joutaient qu'il (allait qu'ils fussent formés de 
l'écume de te mer, puisqu'ils étaient venus par 
la mer, et que, puisqu'ils erraient atesi par 
le monde, il fallait qu'ils fussent de grands (ai- 
néants. Ces deux capitaines ayant donc perdu 
plusieurs de leurs soldats , tant par la disette des 
vivres que par les attaques des Indiens, ils con- 
vinrent que don Diego retournerait à Panama 
pour y faire quelques recrues; il en tira quatre- 
vingte hommes , avee lesquete et ceux qui leur 
restaient ils allèrent jusqu'an pays qu'on noaune 
Catamez ( Catamaz, près de la haïe de San-Matooi, 
dans le voisinage de Quito), pays méditocrement 
peiq)lé , et où ils trouvèrent abondamment des 
vivres. Ils remarquèrent que les Indiens de ces 
lieux , qui les attaquaient et leiu* foisaient b 
guerre, avaient le visage tout parsemé de clous 
d ur enchâssés dans des trous qu'ils se taisaient 
exprès pour porter ces ornemente. Ayant décou- 
vert ce pays ainsi peuplé, ils ne passèrent pas 
outre, jusqu'à ce que don Diego d'Almagro ffit 
retourné encore une fois à Panama pour en tirer 
pins de monde. Cependant don François Pizarro 



178 



ALMAGRO 



174 



alla attendre tan compagnon dana ime petite lia 
qui ii*élalt paa loin de la grande terre, qii% 
■ODunèrent IHe de Coq (isla del Galto)^ à 
riat nord.) 

« A aoa retour à Panama, Almagro lût aoeneHK 
trèa-firoidemeat par le goaremeiir, Pedro de loa 
Bios : œhiM loi déflsndit même dVnrôler des 
TokHilalre8| ef donna ordre de bisser parttr tons 
eeux qui éteient dans file du Coq. Ptzarro se Tit 
ainai abniiikjnné de tons ses soldats, à Texeep- 
floD de 4ooce qoi lui denaeurèreot fidèles, ainsi 
qn*Aliiiagro , qnt était terenn seid joindre wn 
compagnon. Cte ftit cette poignée de gens résolns 
qui exécuta une entrmrise plushardîe, et surtout 
(dus flmcfnenaeetréeOey qoe ceOedes Argonautes. 

« Ha se retirèrent d'aiwrd dans une He dé- 
serte, à atx ttenes plus ayant en mer. Cette fle, 
mnpKe de sources et de ruisseaux , ils la nom- 
mèrent Gorgnie. Ifs s'y nourrirent d'écrerlsses, 
de cancres et de grandesconleurres, qui y étaient 
fort conrnunes; Us forent oontndnts de Tlrre 
ainsi mlséraibtementlnsqn'au retour du Tatsseau 
qol leor qiporta desTirres de Panama, mais point 
de soldats; parce que le gouremeur ne Tonlait 
pas qu'un pras grand nombre dliommes allas- 
sent périr inutOnient dans une entreprise si pé- 
ifllense, comme plusieurs y araient déjà péri (1). » 

Pliarra et Almagro ne se laissèrent pas dé- 
coarager. « Sous la conduite du pilote Barthé- 
lémy Ru27| Us Toguèrent avec beaucoup de peine 
et de péril contre la force des vents et des cou- 
rants, Jnsqn*à ce quHs arrivassent à une province 
qu'on «ppdie Mostripe, située entre deux en- 
droits habités par des chrétiens, qui leur ont 
donné les noms de Truxfllo et de Saint-Michel, 
h peu près à égale distance de l*nn et de l'autre. 
Pizarro avec le peu de gens qull avait n'osa 
passer outre; Q se contenta seulement d'entrer 
un peu dans la rivière de Pncchos ou de Chi- 
ra^et de prendre quelques brebis du pays, et 
quelques Indiens pour lui servir de truchements 
dans la suite, n se remit donc en mer, et se 
rendit au port de Tombez, oh fl apprit que le roi 
du Pérou avait là un beau palais, et qu'il y avait 
aussi des Indiens riches. TÎxiis Espagnols de ses 
gens rabandonnèrentdans ce Heu et s'enftilrent; 
on apprit depuis quHs avalent été tués par les 
Indiens. Apiès cette découverte, pizarro et Al- 
magro reto u rn è ren t à Panama, ayant employé 
trots ans dans ce voyage avec beaucoup de peine, 
de fttigoe et de périls, tant par la disette des 
vivres que par les fréquentes attaques des In- 
diens, À pins encore par les murmures et les 
motiniefiea de sea proprea gens, dont la plupart 
avalent perdn le courage en perdant l'espérance 
de réussir. Pizarro les apaisait et pounoyait 
à leurs besoins autant qu'il lui était potsible, 
avec beneonp de prodenco et de fermeté d'âme, 
se confiant sur les soins que don Diego d'Al- 
magro prendrait sans doute de les pourvoir de 

(Il Zante, 1. 1, p. 8. 



foules les choses nécesasireai de vivras, d'hom- 
mes, de cfaevanx et d'amies. Ces deux officiers, 
qui étalent les pina riches habHanta de Panama 
quand ils commencèrent leur entreprise, s'y 
ndnèrent entièrement, et noo-aenlement y dé- 
pensèrent tout leur bien, mais s'endettèrent 
même beaucoup. » 

Sur l'avis de ses compagnons, Pizarro alla en 
Europe, pour rendre compte à Charles-Quint des 
découvertes que l'on venait de Mre, et solliciter 
tes encouragements nécessaires à les poursuivre. 
Pizarro devait être nommé gowemeur, Almagro 
vice-gouverneur, et de Luqueévèque de ees con- 
trées nouvelles. Mais II ne demanda pour Al- 
magro que la place de commandant d'une for- 
terœse prcjetée à Tumbex, et stipula tous les 
postes importants pour ses trois frères, Ferdi- 
nand, Jean et- Gonzalo, qu*U emmenait avec M. 
Almagro , se croyant lésé dans ses Intérêts, ro- 
Ibsa à Pizarro toute coopération. Celui-d ne 
parvint à calmer la colère de son compagnon 
qu'en lui abandonnant une partie de son auto- 
rité, et hil promettant qu'il renoncerait en sa 
ftKvenr à la diarge de gouverneur. Pizarro partit 
de Panama en janvier i&dl , avec trois petits 
v ais seaux montés par cent quatre-vingts cava- 
liers et trente-six , pour Aire la conquête du 
Pérou. Almagro le suivit peu ie temps après 
avec cent cinquante-trois hommes l'infanterie 
et cinq uan te cavaliers, emliarqués Mir deux 
navires; il doubla le cap San-Francisco , et dé- 
barqua sa petite troupe à la pointe Sainte-Hé- 
lène, sous 2* lat. nord. De là fl longea la c6te 
jusqu'à Puerto-Viego ( Vfeux-Port), à t* iat.sud, 
oà apprit les exploits de Pizarro, qui venait de 
&ire lînca prisonnier. se rendit à Caxamaica, 
où fl ftit bien accoeill] par Pizarro, qui partagea 
avec lui la rançon du roi captif. Almagro prit 
aussi part au jugement Inique qui condamna le 
malheureux inca Atahullpa {voy, ce nom) à 
une mort cruelle. Pizarro retourna sur la c4te , 
où fonda la ville de Lima , qu'il appelait de 
los Reyes, Il envoya en même temps son frère 
Ferdinand en Europe, avec des trésors inunenscs 
pour l'ompereur. 

Charies-Quhit, par lettres patentes datées de 
Tolède le 20 juillet 1528, avait confirmé Pizarro 
dans ses anciens titres , et conféré à Almagro le 
gouvernement de tout le territoire situé à deux 
cents lieues au sud du gouvernement de Pizarro. 
Cette ligne de démarcation devint le sujet de 
nouvelles disputes et de nouvelles découvertes. 
Ahnagro , et les deux frères de Pizarro , Jean et 
Gonzalo, s'étaient alors tous les trois mstallés à 
Cuzoo. Le premier occupait cette place comme 
faisant partie de sa province ; le dernier en lui- 
sait autant. Le sang allait couler, lorsque Fran- 
çois Pizarro vint de nouveau rétablir la con- 
corde; On jura une réconciliation solennellement, 
avec cette clause que si la province de Chili 
qu'Alma^nt) allait conquérir, était trop petite, on 
lui donnerait unu \mrt\c Ack V^twi. 



176 



ALMAGRO 



176 



Almagro, nommé d'avance gouverneur de la 
province quil devait d'abord ooncfoérir, se mit 
en marche avec dnq cent soixante-dix nommes, 
tant cavalerie qu'infanterie. « Dans ce voyage, 
dit Zarate, Diego et ses gens souffrirent beau- 
coup en chemin tant par la &im que par la soif, 
et outre leurs antres fatigues , ils eurent souvent 
à combattre contre des Indiens de fort grande 
taiDe qui leur tiraient des flèches, ce qu'ils fai- 
saient avec beaucoup de force et d'adresse. Us 
étaient vêtus de peaux de loups ou veaux ma- 
rins. Mais une des choses qui les incommoda 
le plus, et leur causa le plus de mal pendant ce 
Toyage, fut l'extrême froid qu'il eurent à souf- 
frir surtout en passant quelques montagnes cou- 
vertes de neige. Il arriva à un des capitaines 
qui suivaient don Diego, qui s'appelait Ruydias, 
que plusieurs de ses soldats et de ses chevaux 
demeurèrent en chemin transis par le froid et 
gelés, sans que leur vêtement ait pu les garan- 
tir, ni empêcher qu'ils ne (lissent pénétrés et 
glacés. En effet, le froid est si violent sur ces 
montagnes, que cinq mois après, lorsque don 
Diego retourna à Cusco, fl trouva en plusieurs 
endroits les corps de ceux qui étaient morts et 
avaient demeuré glacés à son premier passage, 
debout appuyés contre quelques rochers, et te- 
nant encore entre les mains la bride de leurs 
chevaux , qui étaient gelés aussi bien qu'eux , et 
dont la chair était aussi fraîche et exempte de 
corruption que sH n'y avait eu que quelques mo- 
ments qu'ils fussent morts. Aussi au retour on 
se servit, pour nourriture, de la chair de ces che- 
vaux, qu'on trouvait ainsi gelés sur le chemin. 
Parmi ces déserts, dans les lieux où il n'y avait 
pas de neige, ils manquaient d'eau. Pour y sup- 
pléer, ils firent des outres de peaux de brebis 
qu'ils remplissaient d'eau , et les foisaient porter 
h d'autres brebis yiyantes; car il faut remarquer 
que les brebis du Pérou (Alpacas) étant fort 
grandes , servent de bêtes de somme : elles res- 
semblent assez au chameau par leur taille, sinon 
qu'elles n'ont pas de bosse sur le dos comme cet 
animal ; elles peuvent porter une charge de cent 
livres au plus , ce que les Espagnols ont éprouvé ; 
et même ils s'en sont servis comme de chevaux 
pour se faire porter eux-mêmes, et ils pouvaient 
faire ainsi quatre ou cinq lieues dans un jour. 
Quand elles se trouYent fatiguées, elles se cou- 
chent à terre, et il n'y a aucun moyen de les faire 
lever, ni en les frappant, ni en leur voulant aider : 
il faut nécessairement les décharger. Quand il y 
a un homme dessus et qu'eUes sont lasses , si on 
les presse de marcher, elles tournent la tête 
vers celui qui les monte, et lui envoient des ex- 
halaisons et une espèce de rosée de très-mau- 
vaise odeur. Cet animal est d'un grand usage, 
et apporte beaucoup de profit à ses maîtres , 
parce que la laine en est très-fine et très-bonne, 
particulièrement celle de cette espèce de bre- 
bis qu'ils nomment pacos , qui en portent de 
/bif longue : elles font fort peu de dépense pour 



leur nourriture en travaillant, pourvu qu'on 
leur donne un peu de maïs , et eUes peuvent de- 
meurer quatre ou cinq jours sans boire.^Lenr 
chair est fort saine, de fort bon goût, et aussi 
bonne à manger que celle des moutons gras 
qu'on a en Castille. n y a présentement bouche- 
rie publique dans tous les endroit du Pérou, où 
l'on vend de la chair de ces animaux (1). » 

Almagro était depuis deux mois au Chili, quand 
il apprit que les Indiens du Pérou s'étaient révoltés 
et avaient massacré la plupart des Espagnols ; que 
Ferdinand et Gonzalo Pizarro étaient assiégés dans 
Cuzco, et que Jean avait péri dans un combat 
A cette fâcheuse nouvelle , Almagro retourna an 
Pérou en suivant le littoral sablonneux par le 
désert d'Atacama, où fl eut autant à souffrir de 
la chaleur qu'il avait souffert du froid en passant 
les Andes. A son arrivée fl battit les Péruviens, 
et leur fit lever le siège de Cuzco. Cependant 
les frères Pizarre lui refusèrent l'entrée de la 
ville, n y pénétra pendant la nuit, fit prisonniers 
ses adversaires , et se proclama mattie de Cu2co. 
Averti de cet état de choses , François Pizarro 
envoya des troupes pour dâivrer ses frères, 
sous les ordres d'Alvarado, ancien officier de 
Cortès. Almagro vint à leur rencontre, les mit 
en déroute, et fit prisonniers les principaux offi- 
ciers. On lui conseilla alors de se débarrasser de 
Ferdinand et Gonzalo Pizarro ainsi que d'Alvarado. 
Mais il leur laissa la vie, et se retira à Cuzco. 
Cette générosité fut son arrêt de mort Ahnagro 
s'endormit sur les protestations d'une feinte sou- 
mission. Gonzalo et Ferdinand parvinrent à s'é- 
chapper, et à réunir autourd'eux sept cents hom- 
mes. Le 26 avril 1538, une bataUle acharnée s'en- 
gagea , dans la plaine de Cuzco, entre des chré- 
tiens qui auraient dû s'ainier comme des frères, 
loin de leur patrie , et au milieu d'une popula- 
tion ennemie. Almagro , usé par l'âge et les fati- 
gues , avait donné le commandement des siens 
à un officier distingué, Orgofiez, qui avait servi 
en Italie. Placé sur un tertre, fl fut témoin de 
la défaite de sa petfte troupe (d'environ cent 
quarante hommes), qui fut massacrée sans pitié^ 
avec leur commandant en tête. Almagro fut lui- 
même fait prisonnier. Après deux mois et demi 
de captivité, on ne le tira de sa prison que pour 
lui lire sa sentence de mort. Mi pleurs ni prières 
humiliantes ne purent le sauver : fl subit le 
supplice du garot, et sa tête fut ensuite séparée 
du corps par le glaive. Cette mort est une tache 
dans la vie de Pizarro. 

Herrera , Historia gênerai de lot ffeckos, etc. — 
Zirate, historia del descubrimiento y conquitta del 

Peru. — Goroara , Historia gênerai de las Indiat, 

Xeres , Ferdadera rtlacion de la conquista del Peru. — 
RoberUon. History of the discovery and settlement ef 
America, 

ALMAGRO (Diego DE ), gouTemeur du Pérou, 
fils du précédent, et d'une femme indienne de 

(1) Zarate. 1 1, p. 14S. — C'est h première meoUon qu'on 
aU faite des lamas et des alpacas , anlmaax si uUles , 
qu'on essaie aujourd'hui de natnraUaex en Borope. 



ALMAGRO 



178 



ma, naquit vers 1520, et moanit en sep- 
re 1542. n fut légitimé par l'empereur Char- 
uint en 1528, et placé par son père sous la 
illanoe d'un ancien officier, Jeand'Herrada. 
les détails que nous donne sur lui rhistorien 
e : 

ïe jeune homme était bien fait, adroit, et de 
x>up de cceur ; Q avait surtout une adresse 
alière pour monter à cheval, et y fiûre plu- 
I tours avec beaucoup de grâce et de dex- 
; il savait aussi parfaitement bien lire et 
i. Jean d'Herrada avait le soin et la charge 
s jeune homme en qualité de son gouver- 
à qui son père don Diego l'avait fort re- 
nandé. Us demeuraient dans la même maison 
. Reyes , et cette maison était le rendez- 
de quelques amis et partisans d'Almagro 
talent errants et vagabonds dans le pays, 
1 que peu de gens les voulaient recevoir 
eui. Jean d'Herrada voyant que Femand 
To était allé en Espagne, et Gonzale 
To è la découverte du pays de la cannelle, 
e don Diego d'Almagro et lui, qui jusque-là 
nt été tenus comme prisonniers, venaient 
( mis en pleine liberté par le marquis 
açois Pizarro ) , crut que le temps était 
« pour travailler à l'exécution d'un dessein 
. avaient formé. Ils commencèrent donc à 
provision d'armes et à préparer tout ce qui 
paraissait nécessaire pour y réussir, et 
«r comme ils l'avaient projeté la mort de 
Diego , père du jeune d'Almagro. Us étaient 
•e animés à la vengeance par la considéra- 
de la mort de plusieurs de leurs amis et 
ors partisans, dont ils conservaient chère- 
la mémoire dans leur coeur,, avec une 
xir accompagnée d'un grand ressentiment 
^ Pizarro avait souvent fait son possible 
gagner leur amitié par la douceur et les 
traitements qu'il leur faisait : mais il ne 
amais y réussir. Cela l'obligea d'ôter au 
doo Diego quelques Indiens qu'il avait, 
pie par ce moyen à ne fût pas en état d'en- 
lir des gais qui se voudraient joindre à lui. 
» ces précautions furent inutiles; car les 
sansd'idmagro étaient si bien unis entre eux, 
oos leurs biens étaient en quelque sorte com- 
ï , et qu'ils se secouraient très-bien les uns 
litres : de manière que tout ce qu'ils pou- 
tt gagner soit au jeu, soit par quelque autre 
», Us le mettaient entre les mains de Jean 
rrada pour fournir à leur dépense com- 
ï. Leur nombre grossissait donc tous les 
aussi bien que leur amas d'armes, et de 
ce qu'ils jugeaient nécessaire pour l'exécu- 
de leur entreprise. Plusieurs personnes en 
irent le marquis; mais il était là-dessus si 
défiant, et vivait avec tant de sécurité, 
répondait à tout cela qu'il fallait laisser en 
i ces pauvres malheureux, qui étaient assez 
( par la honte de leur défaite , par la haine 
que, et par la misère qui les talonnait Don 



Diego et ses gens , de plus en plus rassurés par 
cette indulgence, en devenaient tous les jours plus 
hardis. » 

Enfin, le 26 juin 1541 , treize hommes du parti 
d'Almagro entrèrent dans la maison de François 
Pizarro, qui se défendit longtemps en désespéré. 
« Enfin, dit Zarate, ils en vinrent à bout, et 
achevèrent de le tuer d'une estocade dans la 
gorge : en tombant il demanda à luiute voix 
confession, et, ne pouvant plus parler, il fit à 
terre une figure de croix qu'il baisa , et rendit 
son Ame à Dieu. Ainsi le conquérant du Pérou 
périt par les mains mêmes du fils d'Almagro, 
son ancien compagnon, qull avait fait tuer. 

Les meurtriers prodamèrent immédiatement 
Diego gouverneur du Pérou. Le conseil de la 
ville de Lima fut obligé de dissfanuler, et d a- 
.gréer un chef élevé par les f)ictieux. Le nouveau 
gouverneur notifia son élection à la ville de 
Cuzco, et autres lieux du Pérou ; il fut reconnu 
dans quelques-uns , el dans quàques autres il 
fut rejeté. Peralvarez Holguin s'était emparé de 
Cuzco, et s'y fit déclarer capitaine général, en 
attendant qu'O plût à l'empereur de nommer un 
gouverneur. Dès que le jeune Almagro en fut 
averti. Il rassembla des troupes pour marcher 
contre cette ville ; mais à peine était-il en chemin, 
qu'O apprit que Christophe Baca de Castro, 
auditeur de Yalladolid, était arrivé à Quito 
avec les pouvoirs nécessaires pour bformer du 
meurtre de don Diego Almagro le père, et déclarer 
le fils gouverneur général après la mort de Fran- 
çois Pizarro. Tout le Pérou se soumit à cette 
décision; mais don Diego de Afanagro n'en pour- 
suivit pas moins son chemin, et obligea la ville 
de Cuzco à le recevoir. Là, se voyant à la tête 
d'un assez bon nombre de soldats, il résolut 
de disputer le terrain à Baca de Castro , no- 
nobstant les ordres du roi et les forces dont il 
était appuyé. Les deux armées se rencontrèrent 
dans la plaine de Chupas, aux environs de Gua- 
manga. Baca de Castro fit offrir une amnistie 
générale au jeune Almagro et à tous ceux de son 
parti, pourvu qu'on mit bas les armes et qu'on 
obéit aux ordres du roi; mais le jeune homme, 
livré à de mauvais conseils , rejeta cette oflre ; do 
sorte qu'on en vint aux noiains. La victoire ba- 
lança assez longtemps : enfin die se déclara pour 
le parti du roi, et ce jour, qui était le 16 sep- 
tembre 1542, vit détruire le parti des Almagro. 
Le jeone Diego voyant ses affaires ruinées prit 
la fuite , et à U faveur des ténèbres il prit le 
chemin de Cuzco, laissant beaucoup de ses 
partisans entre les mains du vainqueur. Baca 
de Castro les fit tous pendre ou décoller. Le 
jeune Almagro ayant été pris eut le même sort. Il 
n'en échappa qu'un très-petit nombre , qui pour 
sauver leur vie se retirèrent dans les montagnes 
chez Manco Ynca. Le jeune Diego d'Almagro fut, 
d'après son propre d^ir, enterré dans le tom- 
beau de son père. 

Herren, ffiitorUi ocMral d« Um HmIim «a Vi\ Cq^- 



ALMAGRO 




'LUtAmm {AAou-ltoltamiMd-Obefdul- 
lah) , EmiIsleaT de [a dynastie des Patiniites on 
Obeïdftet d'Afrique et d'Expié, né oi 100 de 
rh^re(a73-ST4<)eJ.'C.),inorten934deJ.-C. 
Duceadant de Fatime, fiUedapnipbite, etdtef 
de la Ktte des tcMlei, Il détrteu, ftTec l'aide 
deUtrUm becbire de KoUmab , Zeradatollah , w 
demler dasAgiaUtee, et se fit proclaraerkludile 
d'une grande partii: de L'Aliique aeptcntriaiule. 
Almalidi r^gna Tingt-six ans aiec gLûire, et' 
fonda la nUe de Hahdijah, pris de CidroaaB. 
Ses deox flUG^eiAeur^ JTprp^'tft n'étendirent 
pas Icare conquêtes au deik d«& provinces de 
Tonta, Cairouan, Baica et Tripoli. Hais Hoix- 
leddin . le ooatrièiïke aoccesseDr d'Alcoahdi ^ u 
rendit maître de l'Égjpta, et 6u sa rtsideoce an 
Caire, ville de ta fondation. La djuastie des Fati- 
mites avait doré jnaqn'oi llS9de J.-C., braque 
Aladbed-LidiniUah , l6 qwtoniènM Boorerain de 
cette djnaatie, fnt détrûné px Salatieddi», le 
roodaleor de la djnastie des Ajoulùtea. 



*ai.HÂHDi ■iLLaH.lrailièniekhaUredela 
race des Abbasides, mort en jiûn 785, succMa 
eu 77Q i son père Aboa-Djaf&r-Almanaour. 
Il s'est bit connaître par aes libéralités eo- 
vcr» les pauvres et les poètes. Aimant passion- 
néMGBl la «basse, il avait fait construire aa 
magniSque palais au milieu d'une Torét, entre 
Hoaaoal et Bagdad. Un jour 3 poursuivait un 
antilope juaque dans on bUiment en runes ; 
voulant; pénétrer par un passage étroit, il tomba 
de cheval et expira sur-le^^bamp. n Ait enterré 
par son fila Uaroon-Al-Baacbid, an pied d'un 
peuplier qu'il avait beaucoi^) aimé. 



niiiilrm. — Ita-KliiUFkiii. 

ALMaiif {Jaeçtia ), tliMo0en français, né i 
Srns vers te imNeo do qainrième slide, mort 
en I&15. Il étaK en ISll professeur an c«Bëge 
de Navarre. On a delnl [dnalenrs traités de logi- 
que, de physique, denoraleetdeUiéologie; les 
den\ ptôs importants sont : !<■ De Avtoritett 
EccleH/e, stu saervran eoncfliorum eam re- 
prasentcaitlum, etc., contra Th. de Vio, jvi 
Afi dietna itiii seriptu nims est Sttlesi/s 
C/iritH tpotux poteitattm enemore ; Paris , 
1^13, fai-4*. Almafai, tout Hgueur qn'il était, j 
défend la doctrine du ccHtcile de Pise contre 
Cajétan; — î* De Potestale eceUsioitica et 
lateall eontra Oehan. Ces dem traités sMtt 
dans réditiao des ouvrages d'Ahnain; Paris, 
1517, in4il. D)^ le< a Insérés dans celle des 
<Benw de Gmtm. On a ernson de ce tbéoh»- 



- ALMEfDA 180 

gl« on ouvrage intibiM MtnUia, Parti , 1935, 
ln-S*;il nese tTDDVepasdaosréifltloadelSI?. 

Doptll. BOlHotHqttt 

* AUMÂKHEOCMi iAboul-Motrtf-Abmaâ), 
UstDrien et paWe arabe, né tPj wiw h Bh i lrir 
(Ue de Xnoar ou AIdra) eo IIS» de J.-G., 
mort A man IS&A. Puni *m eanafM, qv 



descrlptir deYaleace,dnnrec»dlder(U^ 



«i.waKMii. Vof. Haiub. 
MJiaMOini. Vof. ll*aoa>. 
■AUia)in8 00 altmuviib, n Mta ÀU- 

moHliw, hajSoRTBphe , moine *i eowMnt * 
Raetmtlcrs (diocéee de Retas ), mort apcte 
8SÎ, époque uarquée par les ravage» de* ReiA- 
maaa. D a «nit les vies de idrt Stadolb.^e 
mM Menmrfe , et la tisMlalicM d« eeipe de 
seMe Béitae de Rome * ~ ' ~ 



AUiAaiora. Yof. Hàmooa. 

^auiaxu {Jfepk ), litténtenr hébra^ ai 
iPadooeco tSI4. Qolreptwievs tottirenM- 
qoaUei, on a de )iri, sou le Mre Âtné Sitanm, 
~ •■ iBKrlftiaB ■ 




AUiAtno*. Fojr. HaMom. 

*ALMKIDA (Sriton'), surnommée Al AaMNC 

(Tjireporfuîniiï.NéedanslequBtDnlfaDeiiècIe, 
selon toute probabilité i Aliubarotta, morte dans 
le Toéme pays au quiniléme siècle. Brites fAl- 
meida était nne slmpte paysanne, exerçât le 
métier de boulangère. Au temps des guerres de 
Jean I" le mestre d'Avii, elle eut occasioD de 
donner des preuves d'un courage pn uumuiuu; 
mais elle ne prida jamais les arméee. La hovr- 
gade où eBe vivait ayant é(ë assaflle par les 
troupes du roi de CastMe en I^S, elle »'Gvt^ 
contre l'ennemi avec la pelle i oafùaraer qo'eDe 
tenait klamain, et dansuneaenleactîaiieÛetaa 
sept soldats espagnols. Camoetu a cdOiré k cou- 
rage tout vbH de la paysanne d'Aljnbanitta, et 
plusieon poètes l'ont imité; nais on a fort pen 
de détaQs positif sur cette héroïne : earlaiBs édt- 
vains assez modernes avatmt mtew nngë SM 
existence parmi ces mythes Ustoriqoea qnldr- 
coteot sons preuves. Un auteur que l'opinion gé- 
nérale range an premier rang parmi les oîtlqMi 
de son pays, M. Hermiano, éprouvé récomneat 
qve les exploHi de Brites d'AlmcMa n'étaint pu 



181 



ALMEIDA 



183 



eere Tiwrt» daat It pays qo'eUe IttMtill; mais 
I lé— Ito des dernières recherelies que, mIqd 
F. ItaMil doe SanlM, l'hiftnrio«raplie da 
royaane, F. Fraocieeo Bruidio aurait fini eo 
164Sy 8V lea lieu nteee, des iiiTeatigatmiscc»- 
f^^f/màfm^ An dire dea plus yieiix habitanta, la Ta- 
leoreoie bodangère aTalt la somom ëa Pif- 
yn eir» , et leaaitioafiMif daia la rwacftrrtlo du 
boai^y prèa do cettler dea frères d'Akobaça. 
lyap^ use antre antorNé (œDe de José Soares 
da SytT«f l'Miteor des Mémofrea sur le mestre 
d'ÀTii ), une teeande enquête, faite an eonnne»- 
eenMBt da dix-MtièiDe siècle, aurait produit iee 
remei^MnMirts aoKants : Ou ooMerrait depuis 
le qnaloraièBM sièele, dans la bourgade d*Ak^ 
barotta, lapeSe qui «raltsenrl à Brites pour ae- 
eompRr ton exploit; au temps de Philippe n, oè 
tontes les trndMana glorieoaes du royaume étalmt 
motif à penéeotioii, on avait même eaelié eet 
fautrament dans ose muralNe, et il arait été re- 
eouTert da ciment : la Ibmeaae pelle n*aTait été 
tirée de sa eacbette, et eela à la )oie extrême des 
popniilieM, que lors del^scdaniationdeJoiolV. 
fl parait eertÀi qua rame asseï singulière de 
b T al e uf u uae Britea d*Alraelda oecvpett fort la 
ooor de Madrid, H que désordres formels aralent 
été donnés afin qu'on TexpédiAt pour cette ca- 
pitale. Tera 1739, la maison da la Pisqueira exis- 
tait eneore, au dire de tous les baUtauts , mais 
ele ne prd ae nt a lt plue que dea ruinea. Selon les 
Mnctiona du surant bistorien dé$à eHé, l'ama- 
lone p n r tu ga lea n'aurait probablement paa été 
tfcer c h crIea aaeaii l an tasnrIecbaHipdebataHIa; 
■Mda aie lea aurait asaomnéa dana son fournil, 
oà Ito seraient vcous dMrolMr un reftige. La tra- 
ditioB qui oedonoait une proeeiaion coraménoo» 
ratîve «a nioonenr dea exploita da Britea proore 
que le peapto kn aasi^iait ime origine plus glo- 
rieuaa. 

La célèbre boulangère d'AIjabarotta de?ait être 
imitée deux siècles pKis tard, en ie44, par une 
antre Portogiise, durant les guerres du dix-aep- 
tièmesiède. La plaee d'Ourguella, dans T Alentéjo, 
ayant été assiégée par les forces dn roi Catho- 
liqiie,IaabelPereira, qui défendait les remparts, 
reçnt une balle, et ne consentit jamais à aban- 
donner son poste, qu'elle n'edt yu l'ennemi lever 
le siégn. Fbiid. Dcms. 



-aodi|raei Lebo, Poewui do Smtto Omdei' 
tmwei, caat U. ^ P^Luii GarckMo, Dict. gé^g., L 1 , 
p. tlS. Joao-Biptista de Ga«iro. Mappa dt Portugal^ 
t II, p. Ml. — Rercobno o Panorami, Jomat tttterario 
• autTMfiM. 

ALHBiiM (itjM/Knnire) , missionnaire por- 
tagala, né à Lisbonne le 22 juillet i5S7, assas- 
siné le 9 juin 1638. I> entra ebei les Jésuites le 
27 arril 1601, et devint éréque de Nicée en 1626. 
11 partit aos^tdt pour Goa, et en 1630 se rendit 
en Étidople. CbMoépar le sultan Feltadas, il se 
relira d*abord pvèa dé la mer Rouge, puis il re- 
vint à Tigré avec denxda ses ooUègoes Francisco 
Bodriguez et Jackito Franceaeo ; ils y forent arrê- 
ta -et lapidés dwa le bourg d'Ondagn. Almeida 



a laissé ht fie du père Franceseo Mendoça, 

ALMBWA (Mamoël ) , missionnaire portu- 
gais, né à Ylieu en 1580 , mort à Goa en 1646. 
Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1598, et 
partit aussiMM ponriea Indea, où il devint rec- 
teur du collège de Baieam. Envoyé en 1622 en 
Étbiople, il 7 demeura dix ans , aocupé à caté- 
cbiser les habitants et à s'bistruirc de leurs 
usages; mais la sulten Segned, qui le protégeait, 
étant mort, son suecesseur crut devoir expulser 
les Jésuites dn royaume. Almeida fot alors 
noramé piuvincfaU da son ordre et inspecteur 
des Indea; tt méditait un nouveau voyage en 
AlHque lonqna la mort la frappa. U avait réuni 
dea mitérii na pr éaJanx, qui ont servi au père Bal- 
thazar TelBer pour son Histoire de la haute 
Ethiopie^ OoinOiffu, 1850, bi-fol. Almeida a en 
outre laHaé, en raanuacrit, un Troàié des numtrs 
des AbfesImSf et des Ltêtrte histmiques pu- 
bëées à Roma^ 1829, in-8*. A. de L. 

MÊmnoênê 4ê i^tvdipal.- AlegMBbt« tmMkêca Scrip- 
torum SociêtatU Jhsu. — Nicolas Antonio, BWiottuxa 
teriptorum HUpanUe, — Temanx-Cooipai», Bibl. ÂtUk- 

AUiBiDA (D. IVemcisco ne), premier Tice- 
roi des Indes portugaises , né à Lisbonne vers 
le milieu du quînziènie siède, mort le 1^ mars 
1510. Il appartenait à l'une des plus gramies 
fomiltes du Portugal ; sa maison Drait son origins 
de Payo Guterrez , surnommé Alracydfto , qui 
avait conquis la Tille d'Almeida sur les Maures;, 
au tempe de Saneho I*'. Ce Payo Guterrez était 
lui-même petit- 8ts de Pelayo Amadeo, le favori 
de D. Henrique, fondateur de la monarchie. 
Fils du deuxième comte d'Abrantès , qui avait 
occupé les plus hauts emplois sous Jofio II, allié 
par sa femme D. Joanna Pereira au comman- 
deur de Panoyas, Yasco Martins MonhE, Almeida 
était donc un personnage marquant à la cour 
d'Emmanuel , quoiqu'il ne fftt que le septième 
enfant issu d'une noml)reuse famille; aussi le roi 
lui sut-il quelque gré d'accepter le poste de gou- 
verneur des Indes , lorsque Tristam da Gunha , 
nommé précédemment par lui à ce poste, ne pot 
le remplir, en raison d'une cécité complète qui Ta- 
vait éloigné de la vie active pendant plusieun. 
mois, et qui en 1505 le contraignit i refuser 
l'emploi éminent qu'on lui ofAratt. 

Almeida partit de ÏÏelem le 25 mars 1505, 
à la tête d'une flotte plus considérable que 
toutes celles qui avaient été expédiées jnsquV 
lors pour les Indes, puisqu'elle ne comptait 
pas moins de vingt-deux voiles, emmenant 
quinze cents hommes. Au nombre des person- 
nages énunents qui faisaient partie de Texpédi- 
tion , il fiiut placer d'abord D. Lourenço d'Al- 
meida, le fils du gouverneur; puis Joîlo da No- 
va, l'étemel compétiteur d'Albuquerque, Diego 
Gorrea et Joflo Serrfio« Emmanuel vouhit être 
témoin do départ de la flotte ; et, pour être juste 
envers ce monarque, il faut dire que les instnio- 
tions oull laissa en ^axtMa\ «n wwn^wi ^^n^k^ 



183 



ALM£IDÀ 



184 



neur témoigaent assex et de la hante sagadté 
qu'il mettait dans le choix des hommes, et de 
la vive inteUigeoce qu'il déployait dans l'appré- 
ciation géographique des localités qn'on vou- 
lait soumettre alors à la couronne. Almeida avait 
ordre de bâtir d'abord une forteresse à Sofala, 
puis de se rendre maître de Guiloa, d'y cons- 
truire également un fort , et , après avoir touché 
Gochin, d'atteravant tout explorer la mer Rouge. 
L'ennemi du commerce portugais venait de ce 
point, et c'était là qu'il faUait aller reconnaître 
sa position avant de le combattre. 

La navigation d'Abneida ftit interrompue par 
des calmes déplorables; et ce fut aussi à cette 
époque que les Portugais , craignant les tempêtes 
que l'on essuie presque toigours en doublant le 
cap de Bonne-Espérance, s'élevèrent dans l'hé- 
misphère du sud à une hauteur telle, que les 
froids les plus rigoureux se firent sentir, et 
qu'une neige abondante même couvrit les bâ- 
timents. Quoi qu'il en soit, la flotte était par- 
venue devant Quiloa le 22 juillet 1505. Cette 
place tomba pour ainsi dire sans coup férir 
entre les mains des Portugais, qui en assurèrent 
la suzeraineté à Emmanuel ; puis ils se dirigèrent 
sur Mombaça, où l'action devait être plus 
chaude. Après un combat terrible, où les habi- 
tants prouvèrent, comme ils aimaient à le ré- 
péter, que les chevaliers de Monbaça ne devaient 
pas se comparer aux poules de Quiloa , la ca- 
pitale de l'Ue tomba avec ses trésors au pouvoir 
d'Abneida, qui, pour sa part d'un immense butin, 
se contenta de prendre parmi les armes une 
flèche, et donna dès lors une preuve de ce dé- 
sintéressement dont les vices-rois offrirent plus 
tard tant d'exemples mémorables. 

Après avoir accompli ces exploits, qui devaient 
avoir un si grand retentissement chez les Maures 
commerçants qui fréquentaient les ports de 
l'Afrique orientale et de l'Inde, Almeida toucha 
À Melinde, dont le roi était déjà l'allié des Por- 
tugais; puis à l'Ue d'Anchedive, où il arriva le 
30 septembre ; et enfin il gagna les côtes de l'Inde. 
Cochin, où dès l'origine les Portugais avaient 
trouvé un accueil si favorable, devait être le lieu 
de sa résidence; mais avant d'y parvenir il pu- 
nit le roi de Onor, qui avait d'abord accepté la 
paix , et le fit repentir d'avoir failli à ses ser- 
ments ; puis il alla surgir à Cananor, où il reçut 
l'ambassade du roi de Narsingue, le souverain le 
plus puissant de ces régions, au dire de tous les 
historiens portugais contemporains et même du 
vieux Barthema, dont la relation si précieuse 
coïncide avec leurs écrits. Enivré de cet honneur 
hiespéré , ce fut alors seulement qu* Almeida prit 
de sa propre autorité, mais toutefois avec le con- 
sentement des capitaines de la flotte, le titre de 
vice-roi. Un de ses admirateurs les plus zélés , 
Fernand Lopez de Castanheda , convient de Tin- 
croyable vanité qui le guidait en mainte occar 
aion ; et il en donna certes une preuve bien con- 
TêiacsDie à cette époque, puisque le titre qu'il 



s'arrogeait ne lui était nullement accordé par les 
provisions royales dont il tirait ses pouvoirs. A 
Ck>chin, l'orgueil de ce représentant d'Emmanuel 
eut tout lieu d'être satisfait : Ahneida eut l'hon- 
neur de fkire on roi, et de placer sur sa tête la 
couronne d'or que le monarque portugais en- 
voyait à son feudataire, en affectant de lui per- 
mettre de battre monnaie, et en lui assurant dé- 
sonnais sa protection. Immédiatement après 
avoir accompli cet acte, qui abaissait tant en 
réalité un souvarain de ûit , et qui en agran- 
dissait tant un antre , D. Francisco d'Abneida 
donna une preuve à Emmanuel de l'habileté 
de son admiidstration et de l'activité de son ztie, 
en expédiant pour le Portugil une flottille de 
huit navires chargés d'épices: le commandement 
de ces navires fût dévolu à Fernand Soarea. Ces 
bâtiments, après avoir été compléter leur riche 
cargaison à Cananor, où les Portugais étaient 
désormais les maîtres, poursuivirent leur route; 
et ce fut durant ce mémorable voyage que , le 
1*' février 1506, fût vue pour la première f6is, 
depuis Marco Polo , l'Ue de Madagascar, que les 
navigatevs étaient tentés alors de prendre pour 
un nouveau continent , et qu'ils nommèrent plus 
tard l'Ue de Sâo-Laurenço (l'Ue de Saint-Lau- 
rent). 

Après avoir pourvu aux besoins du ooromerce, 
Almeida songea à exécuter les ordres du roi; 
et U dirigea sur l'Ue de Sofala un des phis 
braves officiers de la flotte portugaise , Pero 
d'Anhaia, avec ordre d'y construire un fort Un 
vieux roi aveugle, d'une rare énergie, comman- 
dait dans cette Ue; U permit d'abord l'érectioa 
du fort qu'on voulait bâtir près de son palais, 
puis, à l'instigation des Maures, il voulut chasser 
les chrétiens. Quelques mois après, etmalgré une 
héroïque résistance, sa tète placée au bout d'une 
lance s'élevait sur les remparts de la viUe, et 
attestait la puissance toujours inflexible et tou- 
jours croissante des Portugais. 

Le système politique d'Almeida n'était pas 
cependant d'accord avec celui du conseil d'Em- 
manuel. Selon lui, l'érection de forteresses était 
la ruine du royaume, et c'était sur l'Océan même 
qu'U fallait aUer chercher l'ennani du nom chré- 
tien pour l'anéantir. Sa bravoure personneUc et 
la valeur impétueuse de son fils , en multipliant 
les combats sur mer, servirent puissamment la 
cause des Portugais, mais eUes n'eussent cer- 
tainement pas consoUdé leur pouvoir. Le roi 
de Calicut fut à cette époque profondément 
abaissé, et celui de Cananor paya cher ses ter- 
giversations, n était temps toutefois qu'AIbu- 
querque arrivât aux Indes pour y fonder défini- 
tivement sur des bases solides la puissance por- 
tugaise. Quand ce grand homme y parvint, revêtu 
du titre de gouverneur, Almeida était affligé du 
coup le plus rude qui pût frapper sa vieiUesse : 
son (Us avait trouvé une mort héroïque devant 
Daboul , et U ne pouvait plus opposer son fou- 
gueux courage aux efforts du Soudan d'Egypte» 



18S 



ALMEIDA 



186 



qui enToyait une flotte fonnidable pour ba- 
layer les mers de lin de, disait-il, d'une poi- 
gnée d'infidèles. En présence de son sucoesseur, 
Ahneîda ne put nier la validité de ses pouvoirs^ 
mais il les âuda; et, ayec une arrogance (ju'fl 
puisait dans les privilèges de sa naissance et 
dans le titre qu'il s'était donné, il reftisa d'aban- 
donner le gouremement ayant d'aToir Tengé» 
disait-fl, sur ces Soumis partis de Ck)nstanti- 
nople et dn Cabre , la mort de son fils. Tout en 
faisant sentir à son riyal que l'honneur de com- 
battre la flotte partie d'Egypte lui appartenait, 
Albuquerque eut assez de modération et de con- 
descendance pour ne pas faire yaloir tous ses 
droits. Almeida, fl faut en conyenir, se montra 
plus grand homme de guerre et plus habile quil 
ne rayait peut-^e été dans le cours de son admi- 
nistration. A la tète d'une flotte de dix-neuf voiles, 
montée par treize cents Portugais, il se dirigea 
d'abord yers le port où son fils ayaitpéri, et là il 
remporta une yictoire. Elle fut souillée, il faut 
bien le dire, de tant de cruautés, que dans llnde 
entière, raconte un vieil historien, on répétait 
comme une forme proverbiale : « Puisse la colère 
des Frcmguis venir sur toi comme elle est yenue 
sur Dabool I » Ced avait lieu en décembre 1508. 
Quelques semaines après, Francisco de Almeida 
mettait le comble à sa gloire militaire en anéan- 
tissant, devant le port de Diû, les forces com- 
biflées du Soudan d'Egypte et du ngah de Cali- 
cut II est à remarquer que l'émir Hossein n'avait 
pas seulement à bord de sa flotte des Arabes et 
des Hindous ;fl comptait parmi ses troupes huit 
cents mameluks admirablement armés et un 
grand nombre de chrétiens, parmi lesquels on 
distinguait surtout des Slaves et des Vénitiens. La 
bataille dura depuis onze heures du matin jus- 
qoTaa coucher du soleil; et quoique leurs ma- 
noeuyres lussent criblées de projectiles, les Por- 
tugais ne perdirent dans cette journée mémorable 
que trente-deux hommes. On évalue la perte des 
musulmans à trois mille hommes, sans compter 
la destruction des mameluks , dont il ne resta 
que yingt-deux seulement. Ces calculs, admis par 
les écriyains nationaux du seizième siècle, poui>- 
raient bien être taxés de quelque exagération, et 
phisieurs historiens réduisent à quinze cents le 
nombre des musulmans qui périrent dans cette 
action décisive, en bornant la perte des mame- 
luks à quatre cents. Quoi qu'il en soit, la vic- 
toire remportée par Almeida sur les Roumis eut 
un immense retentissement dans la presqulle de 
rinde, et commença, on peut l'affirmer, la ruine 
du commerce des musulmans dans ces régions. 
I/allîé du Soudan, qui n'avait point pris part à 
Faflaire, et qui était demeuré sur la plage tandis 
qne l'émir Hossein déployait tant de courage, 
Mdek-laz se hâta de conclure, pour le souverain 
de Calicut , un traité de paix avec le vice-roi ; et 
tout en refusant de lui livrer Hossem , qui s'^t 
enfui y disait-il, aussitôt après la bataille, et qui 
t'était léftigié dans l'intérieur, fl restitua à Al- 



meida tous les prisonniers chrétiens et lui aban- 
donna les débris de la flotte, qui furent immé- 
diatement brddé». 

Après ce grand combat naval , qui le plaçait 
désormais parmi les capitaines les plus éminents 
de son pays, satisfait d'une yengeance qu'A mé- 
ditait depuis longtemps, et certainement enor- 
gueilli outre mesure du succès de ses armes, 
D. Francisco de Almeida retourna à Cochin. Là, 
commencèrent ses fatals débats avec Albuquer- 
que, débats durant lesquels la fierté orgueilleuse 
du vice-roi alla jusqu'à hi violence. En 1509, 
lorsque le maréclial D. Fernando Coutinho eut 
rétabli Albuquerque dans tous ses droits, il fal- 
lut bien que le vainqueur de Diù abandonnât les 
Indes. Son départ s'effectua de Cochin le 19 no- 
yembre 1509, et l'on dit qu'A donna alors une 
dernière preuve de sa fastueuse libéralité, en ac- 
cordant à quelques gentOshommes , sans doute 
nécessiteux , dix mflle crusades sur ses propre» 
biais. 

Francisco d'Almeida ne quitta définitivement 
Cananor, où il était allé compléter le chargement 
de ses trois navires, que le 1*' décembre. Mal- 
heureusement il se trouva dans la nécessité d'al- 
ler faire eau à la baie de Saldanha, non loin du 
cap de Bonne-Espérance. On était sur le point 
de remettre à la vofle, lorsqu'un homme de l'é- 
quipage, qui s'était procuré un de ces moutons 
du Cap si renommés par leur grosseur, donna aux 
capitaines de la flotte le âém de ravitailler leurs 
navires, et d'emmener, pour terminer la cam- 
pagne, une certaine quantité de bétail. Ce trafic, 
entamé avec les Cafires, s'efTectua d'abord avec 
facilité, jusqu'à ce qu'un pur malentendu eôt 
irrité les noirs, qui croyaient que l'on en voulait 
à la vie d'un d'entre eux. Les hostilités com- 
mencèrent; et le lendemain Francisco d'Ahneida 
ayant voulu porter du secours aux siens, des- 
cendit à terre avec la bannière royale, et ne 
craignit pas de s'avancer à plus d'une lieue dans 
l'intérieur. Ce fut ce qui causa sa perte. Comme 
il revenait vers la plage, avec un troupeau de 
bœufs que l'on avait enlevé de vive force aux 
Cafres , ceux-ci , au milieu des tourbillons de 
poussière que soulevaient les pas des bestiaux ,. 
se réunirent en eertain nombre, et poursuivirent 
les chrétiens en les attaquant à coups de fronde 
et à coups de zagaies. Almeida comprit que sa 
dernière heure était arrivée ; fl remit la bannière 
à un jeune chevalier plus vigoureux que lui , en 
lui recommandant de la soustraire aux efforts 
de cette misérable horde ; et il ajouta que là finis- 
saient les services qu'il avait rendus au roi et au 
pays. La bannière Ait sauvée en eifet ; mais celui 
qui naguère faisait trembler les souverains les 
plus fastueux de la presqu'fle de l'Inde par sea 
exploits et son nom , trouva la mort au milieu 
de quelques nègres. Il venait de gagner l'aiguade 
où l'attendaient les chaloupes , et fl espérait en- 
core se sauver, lorsqu'fl se débarrassa de la bar- 
bote de son casque. C« \gse2^ii^^«âQa\i^\M^V>^\k 



187 



ALMEIDA 



188 



Cafre, qui lui plongea dans la {$orge un pleo 
dupci au reu, et la traTersa de paît en part 
Almeida tomba à genoux, fit un geste pour ar- 
racher Tarme fatale; puis, sentant que cet effort 
était inutile, leva les bras au ciel, et retomba sur 
le sable en expirant. Les hommes qui accompa- 
gnaient le Tîce-roi ne cherchèrent pas à enlerer 
son corps: ils lui firent courageusement un ho- 
locauste de leur propre vie, qu*ils pouvaient 
sauver, et la plupart d'entre eux périrent volon- 
tairement avec lui. Parmi ces loyales victimes, 
(lit une chronique contemporaine, on comptait 
onze chevaliers de hante renommée. DamiAo de 
Goes évalue à soixante-cinq le nombre des Por- 
tugais qui périrent dans cette échaulEMirée mal- 
licurcuse ; un antre historien n'en compte que 
cinquante-sept Le lendemain, lorsque Lourenço 
de Brito et George de MeUo Pereira, qui com- 
mandaient la flottille da vice-roi, se rendirent sur 
la plage, ils trouvèrent le corps du malheureux 
Almeida outrageusement mutilé: on lui avait 
ouvert la poitrine et le ventre. Les funérailles se 
firent à la hâte, et les cadavres de tant de braves 
furent simplement enfouis dans le sable, sans 
que les deux capitaines, qui se disputaient d^à 
le commandement, songeassent à rapporter celui 
du vico-roi en Europe. 

Cedoulourenxévénement sepassaitle 1*' mars 
lôiO; le jour suivant, les bâtiments remirent à 
la voile, et après une navigittion de quelques mois 
allèrent surgir heureusement au port de Lis- 
bonne. La nouvelle qu'ils apportaient jeta la 
consternation dans la ville, et Ton dit mémo* 
qu'Emmanuel ayant fait part de la mort d'Al- 
meida à Ferdinand d'Aragon , le mari dlsabeUe , 
ce monarque fit immédiatement foiner les fe- 
nêtres de son palais, en signe de deuil. 11 avait pu 
juger de la valeur personnelle du vice-roi au si^e 
de Grenade, et il en gardait un grand souvenir. 

Femand Lopes de Castanheda, qui avait pu 
recueillir sur Almeida des renseignements positifs, 
nous apprend que c'était un homme de moyenne 
stature, membru, comme on disait au seizième 
siècle, d'aspect fort grave, et d'une grande ma- 
jesté. Malgré son extrême orgueU, il alliait aux 
qualités que nous venons de signaler une extrême 
courtoisie. Sa postérité s'est conservée par les 
femmes. Dona Léonor de Ahneida, sa fille, se 
maria d'abord avec D. Francisco de Mendoça, 
le flrère de la duchesse de Bragance, puis avec 
D. Rodrigo de Mello, comte de Tentu^^, premier 
marquis de Ferreira; et elle s'est peipétnée dans 
cette-^smille. FEanuiAMD Demis. 

Pcmaml Lop€td« CulMiheda , Hitt, do d4 $e obr b mmU» 
dm india, — JoSo (te Barrot, Deead, da InMa. — Farta 
y Soaza, jMa portuguêaa, t. II, part, t, cbip. ici. — 
Osorlo, D« r^us Bmnum^ tlb. IV et tib. Vl. — An- 
tonio de S. Romlo, HMoHa de ta tndia oritmial, 1. 1 , 
eap. Tii. — Pedro de M arfz , Diaioçot de varia Aùfo- 
ria, DUL 4, cap. xv. - Blaffel . Hist. Ind., Ilb. IV. - 
FraoclBCode Santa Marta, Diario Portagutx, pag. ts. 
— Fonaeea, Evora çlorioêa, — Barbndo, Bmppêxat mi- 
Mares dé lAuitamm, foL 144. — O Pamorama, Jomai 



*ALMBiDA ( Fernando h^), musicien porto- 
gais , natif de Lisbonne, mort en 1638, dans le 
couvent de Thomar. 11 fut des élèves les plus dis- 
tingués de Duaite Lobo, et composa Lamenta^ 
tioneSf Responsiones et Miserere dos très qffi- 
cios da quarta, quinta e sesia/eira da êemama 
santa, ei fnissa a i2 vocU 

Macbado, SMiotkêea Lusitama kisturka. 

*ALMBIDA (Greçorio os) , pseudonyme dn 
P. Jo&ode VasconœUos, jésuite, né 4 Ltiria en 
1592, et mort au collège de CkMmbre en 1661.— 
Yascoocellos passe pour l'auteur du livre bien 
connu et intitulé Bestauraçâo de Portugal 
prodigiosa afjerecvda ao serenissimo eJeliciS' 
simo rey D, Joûo IV do nome entre os regs^ 
pelo D, Gregorio de Almeida Vlyssi poneme^ 
Lisboa, 1643. Quelques auteurs n'admettent 
point le pseudonyme. 

La Restauraçâode Portugal est mise an rang 

des livres classiques par l'Académie des sciences 

de Lisbonne. Fsao. ï>Ents. 

Caialogo dos autores, dans le grand Uettoanalre de 
TAcadémle portogalic. 

ALMBIDA MBLLOB CASTEO (dom JUan h\ 

comte das Galvêas, ministre d'État portugais , né 
à Lisbonne en 1757, mort à Rio-Janeiro le 1 8 jan- 
vier 1814. Q entra de bonne heure dans la carrière 
diplomatique, et fUt successivement ministre àb 
Haye, à Rome, à Londres, et devint, en 1799» 
ministre des affaires étrangères et de la guerre. 
Après le traité de Bad^oz entre la France et le 
Portugal , il fut congédié , et se rendit au Brésil, 
où O devint conseiller d'État et ministre. 
Conatancio, daa» la Bioçrv^Mê univenelh. 

ALMBIDA {Antonio D*), chirurgien porls- 
gais , né dans la province de Beira vers 1761» 
mort en 1822. £lève infirmier à lliâpital Saint- 
Joseph de Lisbonne, il étudia à Londres tons le 
célèbre Hunter. On a de hii : 1* Tratado cons- 
pleto de Medicina operatoria. Lente de ep^ 
raçôes no hospitaX de SancUhJose; LisboBDê, 
1801,4 vol. in 8";— 2*" Ùfrras cérur^lcas; iUd^ 
1813-1814, 4 vol. fai-8'»; — 3* Quadro etemem" 
tos da Historia natural dos animdes ; Lott- 
dres, 1815, 2 vol. in-8". C'est la traduction dft 
l'ouvrage de Guvier. 

Conatancio, dam ta BioçrapkU univors^U, 

ALMBIDA (D. Lourenço d*), surnommé le 
Macchabée portugais, fils du vice-roi des Indes » 
né vers la fin du seizième siècle, mort en 1508. 
H partit avec la flotte qui emmenait son père 
aux Indes, et il se fit remarquer dans l'Orient 
en multipliant des exploits qui lui ont valu 
l'honneur d'être chanté par Camoens. Douéd'une 
force herculéenne, D. Lourenço d'Almeida qo 
tarda pas à être l'effroi des mahométans et des 
Hindous. Pour donner une idée de la terriUo 
énergie qu'il montrait dans les combats, noua 
rappellerons, avec unjde ses historiens, que de- 
vant Paname il pourfendit d'un coup de dme- 
terre un naire jusqu'à la ceinture. Avant de 
raconter ses grandes actions guerrières^ se bio- 



189 



ALMEIDA — ALMELOVEEN 



i90 



;r(l*aiitres faits phuourieux 
pour la science. En 1505, c'est4i-dire peu de 
temps après son arrivée aux indes, son père loi 
ayant ordonné d'aller explorer les MaldiTes à la 
tète de neuf Toiles, comme fl eut gagné le cap 
Comorîn, les courants rentrainèrent sur les 
côtes de Ceylan. Il aborda cette lie célèbre, à 
un port que Damiio de Goes désigne sous le 
nom de Go^o/ictfo, et que les Portugais appellent 
Galle. Le nyab qui commandait à cette portion 
de rtle reçut la jeune capitaine portugais en 
grande pompe, et, grâce à la terreur qu'il lui 
inspirait, accepta la suzeraineté du Portugal; 
en s'of^agint à charger les navires portugais 
annuellement de quatre bahar de cannelle. Al- 
meîda ae procura à Ceylan le premier éléphant 
qui soit Tenu de ces r^ons en Europe. Au re- 
tour de cette expédition, Almeida parcourut les 
odCes da Malabar à la tète d*une flotte dont son 
père hii avait donné le commandement, en le 
soumettant toutefois à un conseil composé des 
capitaMBs les plus expérimentés : ce fût en ce 
tennps qull livra, devant Cananor, ce fameux 
ooraibal naval durant lequel trois mille maho- 
nétanta succombèrent, tandis que six ou huit 
Foftngaia seulement pMrent. 

EfKnfé des progrès que les chrétiens faisaient 
dans ka Iivles et de la prépondérance qulls acqué- 
muàf Je aoltan de Babylone , comme on disait 
ators, expédia «ne lotte sous le commandement 
de l'émir Hossein, que les écrivains portugais 
d^ijgprnf aoosle nom de Bfirbocen. Cet amiral, 
■é dans le Kardistan, et qui était d'une habileté 
inoonteatable , opéra aa Joiiotion avec Melek-laa 
daaa la port deChoul. Ce lut là queLourenço de 
Almeida trouva une mort digne de son cou* 
rage, et que les plus grands poètes ont célébrée 
à feavL Cené par les deux flottes, abandonné 
par ka aafires qui prudemment se mettaient en 
s4i«té, 11 voulut résister seul à l'émir Hossein. 
Dm habile mancenvre , suivie d'une effroyable 
dédiar^B d'artillerie, dut lui fkire voir qu'Q n'a- 
vait plsa aliyre anx sambusques de la côte, qu'il 
avait d aouvent coulées bas. Un boulet l'avait at- 
leiBti la coisae : l'intrépide jeune homme se fit 
lier, aaais sur une chaise , au pied du grand 
fûât^ et là fl commanda encore la manœuvre : 
m boulet vint le frapper en pldne poitrine, et il 
eipôra, comme dît Camoëas, sans savoir ce que 
efétaitqne ae rendre. 

a qiÉ fMHtaoi toAoê m aaliaoï. 
A ver o aobre ardor, qoe aqal se aprende : 
Oatro S«evi ferto, qoe espedaçado 
Vm «dbt lar reaatio Bcm doaado. 

Caa., eanL Xpit.9ù, 

F. Daras. 

loto de Barros, Deead. IF^ Uv. I*', chap. u. — Firii 
y Soaai, A»ia porUtguêza. 1. 1, part. 4. — JoAolBapUata 
4e Castro, Mappa ë« PortugcU^ t. Il, p. iao. 

ALMBIOA (NieoktihToURUno d'), poète 
pwimisiny néèlisbeoneen 1745, raortdanaaa 
ville Balaie en 18H. 11 étudia à l'univeraité da 
OaiBaisey oMâit obb piaoa de OMMnii au mi- 



nistère de l'intérieur, espèce de sinécure qui lui 
permit de ae livrer à «es travaux favoris. Il 
excelle dans le genre satirique, et offre quelques 
points de resaemblance avec Gresset Le reôieil 
de ses poésies fut publié sous le titre : Ohrai 
poeticas de Néoûlo^-Tolentino de Almeida ^ 
3 vol. in-8°( Lisbonne, 1902 ; réimpriBDéeen.lB26» 
2 VOL fai-16. I 

ALMiiDA on AUfBTBA {TÂéodose ou 
Théodore ), oratorlea portugais , né à Lisbonne 
en 172S, mort dana sa ville natale le IS avril 
1804. Il était membre de l'Académie royale des 
sdenoea de Lisbonne et de la Société royale dt 
Londres. Ses écrits, empreints d'un certain carac- 
tère philoaopliiqoe amenèrent des modifications 
sérieuses dans l'enseignement universitaire du 
Porlagal. S'étant prononcé vivement pour la 
cour de Rome dans les discussions du pape Clé- 
ment xm et du roi Joseph , relativement à la 
suppression de la bulle in Oœma Dominé,, il 
ftat exilé de Portugid, et se retire en France. 
Il ne rentra dana aa patrie qu'aprèa la retraite 
du marquis de Pombal en 1777. Il a laissé qua- 
rante^eux volumes snr divan sujets, cinq volu- 
mes de traductions et pluaieure maniMcrits. On 
cite principalement de loi Mocrêëçâo fUMofica^ 
6 voi.in-3^, 17&l,etc;-- VEmu^uxindépen- 
dami , raman que les critiques d'abord appelè- 
rent Heureux impertineni. A. de L. 

ChalMen • Bi ^ çrap k i ml XNctiMMry. — CmUlêmam'i 
Mmgmzinê voi. XXIV. — rcUer, DtcUonnair^ JUstortçuê 
taUvertêtitûVL. de M. Ch. Weltt; Parti, 1844). 

AL-HBLIK Voif. Bliua. 

AUiBLOTBBK (Tkéodore Jansion van)\^ 
médecin etaavant écùlaur hollandais, né le 24 juil- 
let 1667 à Mydrecht, près d'Utrecht, mort à Ams- 
terdam le 28 juillet 1712, fils d'un ministre pro- 
testant, et neveu du célèbre imprimeur Jansson. 
Son grand-père Jean Jansson, que le roi de Suède 
nomma son imprimeur, fut un typograpiic égale- 
ment distingué. Almeloveen reçut sa première 
éducation à Gouda et Mordwyk; puis il vint, 
en tftM, étudier à Utrecht la littérature clas- 
sique sous Gncvitts , la philosophie sous Gé- 
rard de Vries , la th6)logie sous Lcusden , et la 
médecine sous Munniks et Jacques Yallan. 
Reçu docteur en 1681, il épousa, six ans après, 
la fille de Jean Immerseel , bourgmestre de la 
ville de Gouda, oh fl s'établit d'abord comme pnb> 
tiden. En 1697. il fut appelé à Hardenvyk poor 
y professer la littérature grecque et la médecine. 
Ses connaissances bibliographiques et linguis- 
tiques lui attirèreirt un grand l'enom parmi les sa- 
vants, et il fut admis dans l'Académie des curieux 
de la nature, sous le nom de CeUus secundus. 
Comme il mourut sans enfants, il légua k l'uni- 
versité dlJtreoht toutes les é<litions de Quintilien 
qu'il avait pu amasser, et tous les livres manus- 
crits à un de ses amis. Almeloveen a laissé des 
éditions et des commentaires fort estimés. Voie! 
la liste de ses travaux principaux : P Hippth 
eruiis ApAorinnA» 9r«oe«4 lôUaKia; hxc«XHàasAh^ 



191 ALMELOVEEN 

IflSii , in-14 ; — V ÀurelU Cekl de Mtdidna 
Ubri oeto, etc., stcc des addilioiu de ConiUn- 
tio, de Cauabon et d'AlmeloTHo, etc.; iïtd., 
1M7, in-lî, 1713, in-8*; Padooe, 17ÎÎ, in-B", 
STec SoroHi Sammimiel de medlctna Prxcepla 
talubarima; — 3* Âplcti CaUideObioniit et 
Condimentit, lire d* Arle eogvtnarta Ittrt X, 
avec dn atAet de Martin Lltter, Hamelber. 
Rhis, TU der Liodcn, etc.; Amstdad., 1709, 
in-S*; — t'DnenoordleéditioQ des bnttlhrrei 
dei Maladies atguii et chronique* de Ctàioi 
Aureliums, d'aprài Jean-Ckuirad Aiamui ; Ams- 
todam, 1709, in-*", arec fi«.; — 1° Biàltotheea 
promiita et latetu, à laqudle tout itdniM le* 
^Itrec de Tdicbhii sur les terit» de médedne 
btédUs, Goode, 1688 et 1098, iD-8*; 1093, 
iii-ll;Nurenib., 1699, m-%°,amaeceuionibuM 
Rodolphl Martini Kelfuhreri; — 8° Anato- 
mie de la moule, en langue flamande, avec àtt 
obserratioiu anatomiques, médicalea etchimi» 
glcalei; Amst., 1084, iii-g<; — 7° Ononualiton 
rerum inventaruM et Inventa rum. antiqua, 
id est, brevi* enanatio ortut et progretsui 
OTlis medicx ; Amst., 1084, iB-8' ; — 8' Optu- 
tvla, sive oHti^uitatvm e tacrii pro/ananim 
Spécimen eonjeetax» veiervmpoetaram frag- 
menta, et plagiariorum tyllabus; AmgtelO' 
dami, 1080, in-8°. A ces traTaui U Tant ajouter 
une édition de Straboo, Amsterdam, 1707, !toI. 
in-fol.; des notes *nr JuTëosl; un Tableau des 
Fastes consulaires de Rome, Amsterdam, in-8° ; 
de Vitis SIephanorum , Amslelodami , 1683, 
in-8°,q)udJans>oaio-Wawbergios.t>o ^tronre 
des rensdgDcnients prédeux sur Is râ des cé- 
lèbres imprimeurs de Paris, les Estiemie; et par 
ce IrSTail , qui n'est point conçu avec l'esprit de 
rléni^rement de son prédécesseur MaUinlirol, 
AlDiclovueu a ouvert la Toie à Maittaire et à 
M. A.-A. Renouard pour leurs Annales des £i- 
tienne. Le 6* Tolume de YHortus Malabaricvs, 
fait CD collaboration arec Drakestein, est de 
Thomat Àlmeloveen, et non de Théodore. 

EIdt. IMclluaMrt *Marl«ii> âa ta mtiteliu. ~ 
GddUb, ita» l'Encfclop. nUCkod. — BUigrapàU att- 



*ALMBU>VBlf (Jean], peintre et graveur 
bollandait. Tirait dans la première moitié du 
dii-septitme siècle. On a de lui pinsieun pay- 
•ages estiinés, dans k tpoK de Hermann 
Sanieeren. 

RFlBekn.i>MI«nMlnri«arUitu.-HDtintEini»i, 
Banilmck far KvuUtMkatrr. - tIrUch. I* Pitntrt 

ALHKnAB(/ean), mMedn espagnol, TJTait 
à la Sn dn quiniiètoe et au eoDunencemenl du 
MJtiène liècle. C'est un des premiers «yphilo- 
graphes : il a décrit parfaitenient le traitement 
uercurid dans son ouTrageM morbogatlieo, 
Tenise, 150!, iD-4*, rébnprimé àPane, 1510, 
in-rnl.. fc Lyon, 1618 et 1S3S, in-S', k BAle, 
IS3G, in-4''. n nplique la prapaKatiou de l'af- 
ftetiun syphilitique par ua viras particulier, ex- 
eqiiédans les couTents, où il l'attribue pieusemeit 



ALMfalARA. Von. HeUTAS. 

ALHBNniKCBH ( Louis Herscher D*) , jnrît- 
consulte, né k Paris le 15 mal 1700, mort le 10 
Janvier 1837, fils dn ministre de Rcsie-Dann- 
Btadt è Paris. Il étudia le droit i Goettii^M, 
prit part ï la i^dactim de la Bibliothèqiu du 
droit criminel, recneO pérlodiqoe pvbUé par 
PeueTl)Bch et GroUnunn, at derint conseiUv 
do duc de Nassau. On a de loi , entre anint 
□uTTAges, presque tous écrita en alleouad : 
l'Deroriginedelaguerre.etdeKmii^ueiie* 
*ur la civilisation, 1788, in-8*; — 1* sur Itt 
Progrès et ta Décadence des sciences, 1789; — 
3° RKkercha sur les droits et la forme éi 
la diète germanique pendant la vacance d» 
Irène impérial, 1792; — i° Essai philosopU- ' 
que sur les lois pénales de la rtpubliqiu I 
française, 1798; — b" sur /m Ratiooèsiioraes- 
ticte des Romains du temps de la république, 
1801 ; — 0° sur l'Imputation légale, et sa 
rapports avec l'imputabilité morale, 1803; — 
T Recherches sur ta nature des crimtt et 
des peines, 1804) — 8° Essais pratiques ntr 
la métaphysique du procia dvU, 1800; — 
9° Métaphysique du procès ciDil , 1808; — 
10* Mémoires sur la jurisprudence et Féeo- 
nomie politique, 9 vol. (1809-1813). 
ZatfpntuHn (Contnnponlni), Toi. I. 

■auiBK (Jean-Chrislian), peintre danois, 
né à Copenhague en 1742, mort en 1793. H ftit 
proresseur de l'Académie des beaux-arts de Co- 
penhague, et laissa des tableaux peu nombreux, 
mais d'un grand mérite. 

KKIcr, tttuMlçtm. Stiutltr-Ltrtcm. 
ALMéus (le baron Louis), ffininl fran- 
çais, né le 15 mars 17a8 i Vienne en Dauphiné, 
mort à Bordeaux le 7 janvier 1878. Engagé dam 
les Alpes en l''94 , il tut attaqué par un eorpa 
sarde de mille cinq cents hommes, et, t la 
tête seulement de deux cents botnmea, il parvint 
à le mettre en déroule, et demeora roaltre du 
chïmp de bataille. A la suite de cette action d'é- 
cJat, ii obtint le commandement d'un «npi, dis- 
persa dans le déparlcmcnl du Gard les nsson- 
bleinents des royalistes, et arrHa Salnt-Christol 
et Allier, deux de leurs cbeTs. 11 saiTJt le généra] 
Kléber en Egypte, où II se distingua de nouTrau. 
Revenu en France, il assista aux dlITérentes ba- 
tailles livrées contre l'Autriche et la Pnisse. £a 
1810,11 était général de brigade; en 1813, il Et 
la campagne de Russie et celle de France. En 
1833 , il reçut le comnuudement de la ville de 
Bordeaux. 
BiouraphU HamtlU 



'iLMSTDA (0. Francisco dk), né k Lis- 
bonne le 31 juillet 1701 , mort dans U seconde 
partie du dix-huitième siècle, théologien portn- 
g*istrès-réooBd. n était Gis du comte d'Assomar, 



1S8 ALMEYDA 

andaiiadcur eitrurdioalTe prêt la coor A'Eê- 
p^fte. n flt de brilTantM étude» à l'Oratotre; 
pois 11 passaàCoimbre, etdevint licencié en 1730. 
n t'éttài (Ufloat appliqua à l'étude du droit e»- 
non, et acquit Mas ce rapport une répotation 
mériUe. Q derint membre de l'Académie royale 
le 13 mai 1718. Pannl lea ouTrages noos cile- 
roos : CeRfwra dt huma opinldo do P. Pas- 
chatioQiusntldi» Oratorio de Jexv Christoit 
Paris quenolivro, etc. ;— Discipline de! 'Égliae, 
tirte dn Konnan TeaUmenl et de quelques an- 
dcM coBcOet, perlentU provar que a dliei- 
fUJUi teeletUutiea dai Igrija* da Penintula 
M d^tendente d<u de rrança ; Uibot, 1731, 
grand In-t*. Sa diuertation mit l'éviché de 
Goarda est cnrimM, nafi «on onvrage aur let 
litM et la dlxipline eecléilattique de Portugal 
re«l encore daTaotage; nous en reproduiMOS 
id le titre dana aon intégrité ; car ce livre, rare 
ai FfaMe, eil esaentîdlenient ntile à l'hialotre 
eecléaiaattqoe : Aparato para a disciplina 
e ritot tecletiailicoi de Portugal parte pri- 
tMira, wa quai te frala da origem e/undaçào 
dot pattiarchados de Roma, Alexandria « 
Anttoehia, eie detereve com especialidade o 
patiiardtado do Occident»; mottrandoque 
at Igrtjaâ de Btpanha Ihe pertenciâo por dl- 
rtilo parOeular, e por oceasido dtsta maleria 
te dispuUo battanlet gvestoent perteneente* 
a ditOpliiM «cdetiasttea curiotia, e ndo wl- 
gare*: UlbcM, 1735, grand in-t'; t. n, ibfd., 
1735; L m, OM., 1730-, t. IV, Itûd., 1737. 
FiaoïNAiiD Denis. 



[ IPfeire-CamllU), MTant italien, 

■i h Breada le 1 nofemI»re 17U, mort le 30 

déccsobn 177B. n entra de Imone lieure dans 

la eongrégriion de rombdre, a'^çllqna avec 

ardear mix élodea pUkwopbiqnes Uiéologiques 

(t Mab)rii|MS, «t l'aeqoltiiiM grande autorité 

paml le dergé callMdiqae, dont co même temps 

i dtCBtdit avec beaucoup de zèle les idées et les 

doctrines. On a de lui : Sopra I Martiri delta 

Ckitta Caiholiea , publiés sons le voile de l'a- 

aooyme, dana les JOitterlaiioni recitate nelP 

fldiouDuii Letteraria dtl conte MasiuehelU, 

II, 171 ; BrtMM, 17«5. — Riflasieni critlcke 

Hym II libro dt Givslo Fa^onio .- De Slatu 

SnUtix et Ufitima Potatatc romani ponti- 

une CriliqMt du SiicU de louit XIV, 

une Critique de l'outrage de 

Uri DeMti e délie Peut; — 

snr de« matières diTerses, 

imii IcBqnellea est cdle intitulée De la maniire 

^Mnletviei dei Aomnui illustres, suivie 

*ls maniire d^éerire ta propre vte; — plo- 

■Mn ODTrages restés Tnaouscrlts, notamment 

*<I^n;d(lle sacrée; — àtê Méditatians sur la 

^latetécnttdeFr.-Paolo Sarpi,t\e. Son 



- ALMOLI 194 

frire Jean-Baptitte, a écrit nn Utto intUnlé : 
Sofgio lopra la Ragqtone umana. T. R. 

MtiHlEin. muRia llacctIIttil'tpMieiiltieltiiHJIettfh- 
lovlcl, TMïlll, irtlelet, ITM. 

ÂLMODOYAK (le diK de), dJ[doinate espa- 
gnol, mort ai 1794 à Madrid. Il fut ministre 
dTapagne en Russie, «n Porlugal, et m Angle- 
terre. En 1779, il notifia la rupture delà paix, poor 
prérenir rattaqnedesAnglaia contre Cadii et lea 
Ilea Phtlipidnes. Il passa le reste de lea Jours à Ma- 
drid dans la culture des lettres. On a de lui : Z)e- 
eadoepistotariobreel Bstadode las Letra* in 
Franeia, Madrid, 1781, In-S", et une traducUoa 
de l'ounage de l'abbé Hajnal/riJfoirepAltoJO- 
pkique et politique des deux Indes , en espa- 
gnol, sons le titre : Bistoria polUiea de lot Et- 
tableeimientos ultratnarim» dé las naciones 
mropeni.-Hadrid, 1784-1796, 5 toI. in-8°. Dans 
cet outrage, publié sous le pseudonyme de Malo 
de Luque, et qui est plus qu'une simple traduc- 
tion, jûmodovar déTend la mémoire des premiers 
conquérants de l'Amérique. Quant à l'Aii^elerre, 
dont il avait toujours oombattn rioflucDce, il 
regarde le nUe de cette puissance comme tempo- 
raire et deiant finir arec la drilisation univer- 
selle du globe, et il voit déjk le commence- 
ment de cette décadence dans la délivrance des 
Ïtats-Unis de l'Amérique. Cb. R. 

BoDiTtitPï, rot'am di CEipaçm nsilm», UCT, I, 
>0i. - CDtE, Mmolrt B/ilu Slngs itfSfat*, ISIS, V. u. 

*aLHODOTAK(don lldefonio Bios de Ri- 
bera, comte de), général et bomme d'Ëtat espa- 
gnol , natif de Valence. Réfugié en France en 
1813, il rentra dans sa patrie après li mort de 
Ferdinand vn, devint préaident des eortès, ca- 
pitaine général de Valence, et ministrede U guerre 
dana le cabinet de Mendiiabal. En 1843, il Ait 
ministre des affaires étrangères , et suivit la for- 
tune de son ami Espaitero, 

Canvtrialiain-Uiiioa, MIL it 1SI1. 

aLMoKADSs, on plus exactement Almova- 
heddoun, c'est-k-dire iftiUorlenj, nom d'une 
djoastiearabequi régna pendant plnn d'un siècle 
(de 1130 à 1SB9 de J.-C.) sur le nord de l'A- 
frique et sur une grande partie de l'Espagne. 
Vûi/. ALioukoKS dans \' Encyclopédie moderne 
de MH. F. Didot. 

ALMOBALLABi (Ben- Ahmed -Boston), 
géograptie, llorlssalt au diiièmo siècle de J.-C., 
en Egypte, à la cour du khalife Fatimite Aiji- 
Billah. On a de lui un traité de géograpbie qui 
a pour titre : Livre des voies pour déterminer 
laliinlttdtt royauntM. Cet ouvrageest souvent 
cité par Aboulféda. On ne le trouve dans aucnne 
de noi bibliottièquei. 

M lit\B>ai,CtBsrapliliâ-ÂHxilféda,lianllaeUoa,t.i- 

*At.iiou (Safonutn), rabbin du Levant, v(> 
vait vers la dn du quinzième siècle et au cont- 
mencemeut du seiilème. On a de loi , mtre an- 
tres, un Uvre sur l'interprétation des songes {P(- 
thron Khalmooth), imprimé 4 Constanlinople 
et è Amsterdam, 1837 et 1643, in t*. On y 
trouve l'opinion de tons les andens sur ce Bujet. 



195 



ALMOLl — ALMOR 



196 



Woir, Biblioth. hebr., 1. 1. l&it: III, torr. — I>e Rossl, 
Dizionario storico deçH autitri ebrei. — Barlolocd, 
BMiottL magna rabùin. — Lclong, BibUoth. sacra, 
:il, 1179. — UOtUûgcr, Biblioth, orientalU. 

ALMOX {Jean)f publidste anglais, né à Li- 
Terpool en 1738; mort le 12 décembre 1805. 
Après avoir parooum diverses parties de l'Eu- 
rope et de i*Asie, il vint k Londres vers 1768, et 
s'y lia, entre autres, avec Goldsmith et Wiil&es. 
En 1759 il commença sa carrière littéraire par 
un écrit intitulé : The co»duct o/a UUe nobU 
commander examined; c'était Texameo de la 
conduite de lord George Sack\ille à la bataille 
de Mindcn. Ce pamphlet fut bientôt suivi d*un 
Dictionnaire Militaire, contenant le récit des 
sièges et des batailles les plus remarquables 
depuis Charlemagne jusqu'à 17(>0. Appelé vers 
1700 à la rédaction du Gazetteer, Alinon signa 
ses articles : tin Whig indépendant ; ils furent 
réunis en 4 vol. in-12 et 2 vol. itt-8°, sous ce 
titre À collection of interesting leitert from 
the Public Papers. Parmi les écrits politiques 
qu*n publia vers la même époque, on remarque 
un Examen du règne de George II, en 1761, 
et un Examen de V administration de M. Pitt, 
à cette époque Wilkes attirait l'attention de 
l'Angleterre et tenait le pouvoir en éclicc ; Almon 
se déclara pour lui , et la part active qu'il prit 
à la polémique soulevée par Taudadeuv tribun le 
mit en rapport avec les chefs de l'opposition, 
qui l'engagèrent à ouvrir une librairie de pam- 
phlets politiques. Presque tous les écrits de ce 
genre, publiés pendant ces années où Wilkes et 
lÀberté était le cri populaire, sortirent du ma- 
g^n d'Almon. 

En 1767 il, commença le Political register, 
revue mensuelle, illustrée de caricatures, qui 
n'alla que jusqu'à la fin du second volume. En 
1770, il fut poursuivi comme éditeur du Lon- 
don ifujanim, qui contenait la Lettre au roi, de 
Junius. Il fut condanmé à une légère amende et 
à fournir caution de sa conduite ultérieure pour 
deux ans. Cette condamnation augmenta la popu- 
larité d'Almon, qui réalisa une belle fortune par 
son commerce de librairie politique, et se retira 
dans une charmante vflla à Eoxtnoor dans le 
comté d'Hertford, en 1783. 11 y épousa la veuve 
de Parker, éditeur du General Advertiser, devint 
propriétaire et rédacteur de ce journal , et obtint 
un siège à la chambre des conununes. Mais ses 
liabitudes de pamphlétaire lui nuisirent; il fut 
condamné au Banc du roi pour un libelle, et 
forcé de se retirer en Amérique. 11 en revint vers 
1790, et publia encore trois ouvrages dont le 
plus important est la Correspondance de John 
Wilkes diaprés les manuscrits originaux, 
avec des mémoires sur sa vie, 5 vol. in-8°. 11 
avait commencé en 1774 le Parliamentary Re- 
gister, destiné à rendre compte des débats des 
deux chambres. 

PuMie Ckaractert de 180S-18M, p. l»-lts. — Centle- 
moH's MaçoKiw de décembre iSOS. — Ciulmen, Bio- 
graphitai Dietionnary. 



*ALMONACiD (Sébastien de), sculpteur es- 
pagnol, vivait à la fin du quinzième siècle et an 
oonunencement du seizième. En làOO, il exé- 
cuta des statues pour les cathédrales de Tolède 
et de SéviUe. 

Bermudez, Dieeionario historico de toi mas UmUres 
prqfesores de tas bellas artet en EspaSka. 

ALMOXDB on ALLBMOIVOA ( Philippe Yak), 

amiral hollandais, né à Brielle le 29 décembre 
1646, mort à Haaswyk près de Leyde le 6 jan- 
vier 1711. Capitaine en 1666, il assista, à la ter- 
rible bataille, dite des quatre jours ( 1 1-14 jvB ), 
où il commanda le Dordrecht sous les ordres de 
Ruyter, contre les Anglais, commandés par le 
dnc d'York. En 1672, il commanda la flotte sta- 
tionnée devant Corée, d'où fl fut rappelé en iido- 
bre 1673 {wur rejohidre, en 1674, l'amiral Tromp, 
qui croisait sur les côtes de l'Espagne et de la 
France. En 1676 il fut chargé de ramener de 
Naples en Hollande la flotte de la répnUique, 
avec le corps de l'amiral Ruyter, qui avait péri 
le 22 a\Ttl dans un comk»t livré à la flotte fran- 
çaise près d'Agosta en Sicile. Nommé vice-ami- 
ral en 1677, il secourut, avec l'amiral Gomeflte 
Trump, le Danemark contre la Suède. La même 
année fl fut chargé de réduire les corsaires algé- 
riens ; mais son escadre fut trop faible pour frap- 
per un coup décisif. En 1688 il Ait nommé vice- 
amûral de la flotte qid conduisit Gufllaome TII 
en Angleterre. En 1690 il fît avec ramiral an- 
glais Evcrfsen un débarquement en Triande, qui 
eut un plein succès. En 1694, fl commanda en 
clief les flottes anglaise et hollandaise réunies, 
qui bombardèrent les ports de la France et de l'Es- 
pagne sur l'Antlantique, Dieppe, Saint-Malo, 
Brest, Lorient etc. En 1696 il bombanla Copen- 
hague, et le 11 octobre 1702 il attaqua encore avec 
l'amiral Rookc la riche flotte espagnole , arrivée 
des Tndes occidentales dans le port de Vigo. Rookc 
l'avait dissuadé de cette entreprise à cause de ki 
saison avancée , par crainte de la petite escadre 
française sous les ordres du lieutenant de vaisseau 
Château-Renaud, qui accompagnait la flotte es{)aj(- 
nole. Les deux amiraux prirent 10 vaisseaux de 
ligne et 1 1 galions, et firent un butin de 2 mil- 
lions en numéraire et de 5 millions en marchan- 
dises, n commanda enfin, en 1705, la flotte hol- 
landaise , qui , soutenue par une flotte anglaijie 
sous l'amiral Shore et une armée de terre an- 
glaise sous le comte de Pet«rsborough , soumit à 
Charles d'Autriche, prétendant an trâne d'Espa- 
gne , toutes les villes de la Catalogne et de la 
Valence. La surdité qu'fl avait contractée dans 
ses nombreux combats le força alors à quitter 
le service actif. Il se retira dans sa propiété de 
Haaswyk, près de Leyde, où U mourut. Ses neveux 
Pierre et Guillaume lui ont fait ériger un magni- 
fique mausolée dans l'église de Sainte-Catherine 
à Brielle. 

Van der Aa , Biographitch ffoordenboek der Nêdet' 
landden. 

* ALMOR (don Juan)t peintre espagnol, fit 



t97 



ALMOR — 



pimimre taUeaax pour le oouTent des CbutreuT 
près de SaragoMe, où il mourut Ten la fin du 
dix-huitièiiie siède. 

Bensodez , Diecienario hitiorieo , etc. 

AUiORAViDBS, OU plus exacteme&t ii/fRo- 
rabettin, c'est-à-cûre Dévoués au service de 
Dieu, nom d'une dynastie arabe qui régna sur 
le nord de rADrique et sur tonte l'Espagne ma- 
mhnanfi, depuis 1067 jusqu'en 1140. Voy. Al- 
wMULTmBs dans YEncpclopédie moderne de 
lOf. F. Didot. 

* AUiosnuro {Moyse-Ben-Baruch ), célèbre 
nUin, né à Saloniki en lô23, mort yers la fin 
du wriiàhnft aède. H résida longtemps è Cons- 
tetinople, et écrivit un grand nonobre d'ou- 
vrages, pûmi lesquels on remarque : la Prière 
tfeJfoûe; Saloniki, 1503, in-4°, et une dcscrip- 
lioa de Constantinople , dont on ne connaît guère 
qoe la traduction espagnole, intitulée Extremos 
f çrandezas de Constantinopla, compuesto 
par Rabi Moysen Àlmosnino Hebreo, tradu- 
cidopor Jacob Cansino;Uaànd, 1638, in-4°. 

Woir, Bibi. heb„ I, 8ûi. — Bartulocri, BIM. maana 
rabtin. — Leloog, BibliotlL taera. — De Roui, DiMion. 



▲UnOSTAKSlR-BILLAH. Voy. AlbAKEM U. 
AUIOTÂMED. Voy, MOTAMMED. 
AUIOTBHABBI. Voy. MOTERABBT. 

lAUiQUiST {Charles-JonaS'Louis), littéra- 
tenr soédds, né en 1793. Il vécut d'abord retiré 
m miiîea dés paysages des montagnes, étudia 
ensoite la théologie , et vint s'établir à Stockholm. 
O a eon^MMé on grand nombre d'ouvrantes d'ins- 
tmclkm élémentaire; mais il s'est surtout fait 
eonnaltre en Suède par ses romans, et par un re- 
cueil de poésies intitulé : Tômrasens Bok (livre 
de Roses d'églantier). 

C9U9trsai.-lêxicon . édiUon de 18S1. 
AUfCDAFAR. Voy, AlHA&EH l*'^ 

AUiAHDBR ( Olaf-Jean ), antiquaire et bibUo- 
graphe suédois, natif de NorriLôping, vivait à la 
fin dn dfa^-septième siècle et au commencement 
dn dix-huitième. On a de lui : Uistoriola artis 
typographiœ in Svecia, thèse publiée k Upsal 
€B 1 722, réimprimée à Rostock en 1 725. Cet 0|his- 
cole « diTisé en quatre chapitres , contient un ex- 
posé snodnct et dair des progrès de l'imprimerie 
en Suède depuis 1483 jusqu'au commencement 
dn dix-hnitièsne siècle. U &i existe une traduction 
nédoiseavec des additions nombreuses dans les 
wanscrits de la bibliothèque d'Upsal. * 

Fut, Jnmalës tfpographM seeuli decimi uxti to 
^*Kia, ITH. - WarmbolU, lUbtiotheca historica sveo- 
fMMca, XV, «S. 

UXAXDBK (Samuel-Jean), bibliographe 

'Bédois, fils du précédent, mort en 1772. On a 

^loi : Ânviêning til et udvaldt Theologiskt 

^oîhek (Introduction à une Bibliothèque théo- 

^iqoedioisie), Hesselberg, 1772, 2 vol. in-S*»; 

- Bistoria librorumprohibitorum in Suecia; 

^^, 17«4, fa-4». 

'Warmhoitz, mbUotheea hUtorica sveo-gothiea. — 
*""«»«, CtUatogut bibtUftheae UptaiiehtU, I,fl. 



ALOMPRA IW 

*ALHPERB [Ditleb von)f chroniqueur alle- 
mand, vivait à Reval vers la fin du treizième 
siècle. Il a écrit une Chronique de la lÀvonie, 
en vers, depuis les temps les plus reculés jusqu'à 
l'année 1296. On en trouve un manuscrit com- 
plet è la Bibliothèque de Heiddberg. Bcrgmann 
en a publié un fragment : Fragment einer Ur- 
kunde der àltesten lÀvlàndischen Geschi- 
chte, ^.; Riga, 1817, in-8*. 

Gervlnos , Getehiekte der pottiseken IfatioRol-Lite- 
ratur der Deutschcn , t. II, 71. 

ALOADIK. Ï'O//. Al.VDIN, ALA-£dDYN. 

*ALOis (Jean'François\ poëie italien, natif 
de Caserta près de Naples, Ât accusé d'hérésie, 
et brûlé, le 24 mars 1564, sur la place publique 
de Naples. Il laissa quelques poésies, qui se 
trouvent insérées dans divers recueils , entre au- 
tres dans Raccolta in morte d'Irène di Spi- 
/tm&er^o; Venise, 1561, in-S^ 

GlaDnooe , Storia civile del reçno di Napoli. 

J ALoIs ( Marie-Joseph-Joachiinr François ), 
prince actuel de Liditenstein, duc de Troppau 
et Jàgemdorf, né le 26 mai 1796, succéda en 
1836 à son père. Il épousa en 1831 la comtesse 
de Kiusky (née le 8 août 1813), dont il a huit 
filles et un fils, Jeau-Marie-François Placide, nû 
le 5 octobre 1840. Le prince Alois passe la plus 
grande partie de sa vie à Vienne, où il préside 
la Sodété impériale d'agriculture. 

Conversât. -Lexicon, édil. de 1851. 

*ALofs {Pierre), poète et tliéologien, natif 
de Caserte, mort en 1667. U entra dans Tordre 
des Jésuites, et fut professeur aux collèges de 
Naples et de Lecce. On a de lui : Centurix epi- 
grammatum; Lyon, 1635 ; Naples , 1646, in-8* ; 
— Commeniarii inFoangeliaquadragesinuc; 
Paris, 1658, in-8^ 

Mazzucbelli, Serittori d'Itaiia. 

ALOisi (BaWiazar)f dit Galanino, peintre 
italien, né à Bologne en 1578, mort en 1638. Il 
était parent et élève de Carrache, et se fit re- 
marquer par le rdief de ses tableaux. On dte de 
lui surtout une Visitation ^ qui se voit à la Cha- 
rité de Boulogne. 

BagUoDc, rite de' pittori, etc. — Lanzl, Storia pit- 
torica. — Hdneken, DicUonwUre de» arH»Ut. — Bartseb, 
le Peintre çravemr. 

*ALOJA (Joseph), graveur napolitain, vi- 
vait vers le milieu du dix*huitième siècle. B fut 
au nombre des artistes que le gouvernement dé- 
signa pour graver les planches des antiquités 
d*Herculanum(/e Àntichità di Ercolano), pu- 
bliées par ordre du roi de fUsflieB en 1757 , 1760 
et 1762. 

GaDdelUnl. KfoHzie iOoriche degF JMÊtglkUoH. 

ALOMPBi (Âlmnrprà, Àlompraw, ou plus 
corredement AUumg-t)*houra), fondateur de 
la dynastie actudle des souverains bûmans, né 
vers 1710 (et non en 1705), mort en 1760. Si 
la grandeur des actes et la supériorité du carac- 
tère se mesurent au niveau sodal dans lequel 
les hommes sont placés par le hasard de la nais- 
sance, Alomprà fot un grand \»ff&3ns6 ^\i&. vs«r 

1. 



199 



ALOMPRA 



200 



Terain digoe du rang suprême. D*une humble 
extraction , bien que les généalogistes birmans 
le fassent descendre des anciens rois de Pagân, 
PrOme et Tagoung, il s'était élevé an poste de 
chef d'une petite Tille murée, située dans l'ouest 
de Kecum-Méoum, à douze milles environ de 
llrrawaddy et à cinquante milles d'Ava, dans le 
nord-ouest de cette capitale. Le nom actuel de 
cette petite ville, Maxsobo ou MoutzohOy lui 
aurait été imposé ( selon le docteur F. Bûcha- 
nan) par Alomprft qui y était né , en mémoire 
de sa première profession, celle de chasseur, et 
signifierait « la ville du capitaine-chasseur. » 
Lorsqu'il en fit plus tard sa capitale, on au moins 
sa résidence favorite, il lui conféra le titre de 
Ratna singa, « la Perle des lions, m C'est de ce 
point, de peu d'importance à l'époque où la 
lutte entre les Pégouans et les Birmans était 
dans tonte sa force, et où les deux nations rivales 
s'aidaient tour à tour de l'appui que leur four- 
nissaient, dans nn intérêt mercantile, quelques 
spéculateurs européens ; c'est de ce point, alors 
presque ignoré, que le fier chasseur assista au 
triomphe des Pé^uans, en 1762. 

Tout le pays était soumis. Le serment d'obéis- 
sance avait été prêté par tons les chefs birmans 
de quelque importance ; et la nation Inrmane 
semblait s'être prosternée sans hésitation aux 
pieds du vainqueur. Alomprft, cet aventurier, 
oublié dans son petit commandement par l'ar- 
rogante imprévoyance du monarque piégouan, 
indigné de l'humiliation de sa patrie, doué d'une 
force de volonté peu commune, d*une vive in- 
telligence, d'une habileté égale à son audace, 
résolut d'affranchir ses compatriotes d'un joug 
odieux ; et il y réussit par une des révolutions les 
plus inattendues qui aient jamais marqué le cours 
des affaires humaines. Alomprft, comme tous les 
hommes supérieurs, exerçait sur ceux qui l'en- 
touraient une influence sans bornes. H sut 
profiter de la première occasion qui se présenta 
d'agrandir le théfttre de sa vie, et le remplit 
bientôt de l'éclat de son nom et de ses merveil- 
leux exploits. Au moment où il accomplit sa 
première tentative de révolte, fl avait sous la 
main une centaine d'hommes dévoués, tandis 
qu'on ne comptait à Montzobô qu'une cinquan- 
taine, au plus, de soldats du Pégou, qui trai- 
taient les habitants avec le plus outrageant mé- 
pris. Saisissant pour prétexte de sa rébellion 
quelque acte particulier d'iniquité et d'indigne 
violence, fl ordonna à sa bande choisie de 
tomber sur les Pégouans, qui furent tous passés 
au fil de l'épée. Jugeant utile, toutefois, de dis- 
simuler encore ses véritables intentions, il écri- 
vit au gouverneur Apporatza, frère du roi de 
Pégou, et gouverneur en son nom des provinces 
binmanes, pour lui représenter l'affaire comme 
un acte de violence non préméditée , résultat 
fatal d'une irritation mutuelle. Apporatza, peu 
convaincu de ki légitimité de cette explication , 
mais faisant trop bon marché des moyens de 



résistance de son obscur adversaire, ordonna 
qu*on envoyftt un corps de troupes à Moutzobô 
pour réduire cette place à l'obâssance, et qn'A- 
lomp^ft fût, emprisonné jusqu'à son retour de 
Pégou, où l'avaient appelé des affaires pins im- 
portantes. 

Les troupes chargées de l'occupation de Mont- 
zobô et de s'assurer de la personne du dief lé- 
fractaire, trouvèrent le bourg fortement palis- 
sade, et furent accueillis par les plus insultants 
défis. Alomprft n'était pas homme à leur dcmner 
le temps de revenir de leur surprise. A la chute 
du jour, il se mit à la tête de sonbataillon sacré; 
et se ruant avec furie sur les Pégouans, qui étaient 
à peine un millier "d'hommes, fl les mit dans 
une déroute complète. Après cet exploit, fl en- 
gagea les populations voisines à venir se ranger 
sous son étendard. 11 y eut quelque hésitatioo 
dans les premiers jours , mais les sympathies dn 
peuple étaient pour le noble aventurier ; et tandis 
que le neveu d'Apporatza, qui gouvernait en son 
absence, hésitait s'il marcherait sur Alomprft, 
s'fl attendrait des renforts ou s'A se retirenût 
sur Prôme, Alomprft, instruit de tout ce qai se 
passait par les fidèles émissaires dont l'affectioD 
de ses compatriotes secondait les actives dé- 
marches, s'avança lui-même sur Ava, et le bruit 
de son approche suffit pour déterminer les Bir- 
mans à se lever en masse contre leurs oppres- 
seurs. Dotatchéou (le neveu d'Apporatia) prit 
la fuite, et les Pégouans restés en arrière famâ 
massacrés. Par suite de cette coopération spon- 
tanée et décisive , Alomprft put se contenter d» 
faire occuper Ava par un détachement dont H 
donna le commandement à son fils Schembn^ 
chassa les Pégouans de la vallée supérieure de 
llrrawaddy, et rangea les cantons voisins d'Ava 
sous son obéissance. Le roi de Pégou, au com- 
mencement de l'année 17S4, parvint à réunir une 
nombreuse flotte de bateaux armés , qui, sous le 
commandement d'Apporatza, remonta llrra- 
waddy, et, bien que harcelé par les attaques des 
Birmans, parvint jusqu'à la capitale Ava, tou- 
jours occupée par Schemboén. 

Alomprft avait pendant ce tempe réuni dans 
le voisinage immédiat d'Ava, ft Kéoum-Méoom, 
une puissante flotte et une armée de dix mflle 
hommes. Apporatza , préférant les chances d'une 
bataiOe aux douteuses opérations d'un long 
siège, laissa Ava de côté, et s'avança pour livrer 
batoflleaux Birmans. Il fut complètement déiajt; 
et Schembuén, sortant du fort d'Ava, acheva la 
destruction de son armée. L'insurrection gagna 
de proche en proche. A cette époque , les Anglais 
et les Français, ayant rétabli leurs factoreries i 
Syriam , y avaient naturellement des intérêts qn 
posés : les Français secoururent les Pégouans, 
les Anglais épousèrent la cause des Birmans Les 
deux partis, cependant, se contentaient d'aider 
dandestinement leurs alliés par leurs intrigues, 
et par quelques secours d'armes et de munitions. 
Dans l'automne de 1764, Beinga Délia, roi de 



901 



ALOMPRA — ALOJSSO 



209 



Pégon , ayant fait les plus grands eflbrts pour 
réunir de nouveUeslerées, remonta llrrawaiddy, 
et mit le siège devant Prôtne. Alomprà, à la tété 
de ses meilleures troupes, descendit la ririère sur 
une flotte formidable de bateaux armés, attaqua 
les Pégouans sur le fleuTe et sur ses deux rives , 
et, api^ une lutte sanglante, les força à diercber 
leur salut dans la fuite. Cette fois tout le delta de 
Mrrrwaddy entre Bassdn et Pëgou se soumit ; et 
Alumprà, avant de retourner à Montsobô, fonda 
le florissant port de mer deRangoun sur les ruines 
d'une grande et populeuse dté. 

La lutte, soutenue par les eflbrts expirants 
dea Pégouans, étendit encore longtemps ses ra- 
Tages sur les districts riverains de Bassein ( Per- 
jonfi), Syriam et Ifartaban. Exaspéré par les 
premrea de duplicité et de faiblesse que lui don- 
naient tour à tour les principaux personnages des 
ftctoreries anglaises et françaises , toujours prêts 
à se ranger du côté du plus fort, et trahissant 
copségneinnient les deux partis, Alomprà en 
tira pfais tard (1769) une vengeance sanglante 
en meltuit à mort plusieurs Européens des deux 
nations, et détruisant les factoreries. Il investit 
enfin Pégou, la capitale rivale, où l'attendait une 
courageuse résistance et do suprêmes eflbrts , si- 
giud de Tagonie d*une nation puissante qui se re- 
fiisait h mSir les dernières humiliations dont la 
menaçait nn siège rigoureux. Le roi de Pégou , 
dont rimbédllité semble avoir égalé la mauvaise 
Cbrtone, termina une lutte, désormais inégale, 
en se mettant lui-même avec toute sa famille i 
la discrétion du vainqueur. Sa malheureuse ca- 
pitale tat livrée à un impitoyable pillage en 1757. , 
En cette même année, Alomprâ, qui, depuis 
1753y avait pris les titres et les insignes du pou- 
voir suprême, écrivit au roi d'Angleterre une 
lettre sur une feuille d'or enrichie de rubis : cette 
lettre, conçue dans les termes les plus pompeux, 
tat confiée à un certain John Dyer, qui parait l'a- 
vnîr reçue des mains d'Alomprà, àRangoun ; mais 
on ne sdt ce qu'elle est devenue; il s'en trouve 
une copie dans la collection du colonel Bumey. 
LliiiÀoire des négociations des Anglais , à cette 
époque y présente un tableau déplorable des hé- 
titidons perpétuelles, de llgnorance, du défaut 
éb toute di^dté et de bonne foi du gouveme- 
HBDt de la compagnie et de ses agents. Les Bir- 
mns ont été, de tout temps, trop ignorants de 
ta npériorité européenne et trop insouciants dans 
te imperturbable orgueil , pour songer à établir 
te relîtions profitables avec les peuples de l'Oc- 
4ite sur des bases mutuellement honorables; 
>rii il ftut convenir que les négociations enta- 
>ifei avec eux par les gouvernements chrétiens 
^Aierses époques, dans l'intérêt momentané 
^ Wor politique ou de leur commerce, n'ont pas 
{m ntàoB avant la grande expédition an^se 
^18U-1825) été coàiiites de manière à ébran- 
V ta mauvaise opinion qu'Alomprft et ses suc- 
J^Murs avaioit de nos princi|)es et de nos mo- 



En 1756, un simple ensetgno, Lester, mala- 
droitement envoyé comme ambassadeur extraor* 
dinaireà la cour d'Ava, recevait, par ordre d'A- 
lomprà, en édiange des présents humblement 
offerts au nom de la compare , dix-huit oranges , 
vingt-quatre têtes de maïs et cinq concombres! 
Les triomphes qui avaient signalé les premiers 
pas du conquérant birman l'accompagnèrent 
jusqu'au terme de sa courte mais brillante car- 
rière, n se rendit maître de toute la ligne de* 
côtes maritimes depuis l'embouchure de llrra- 
waddy, à travers la péninsule de Ténassérim, 
jusqu'à Tavoy et Mergui; et, voulant tirer une 
vengeance éclatante de l'appui donné par les Sia- 
mois à une révolte des provinces du sud , il 
marcha sur Siam , avec la résolution d'incorpo- 
rer ce royaume à ses États : mais à trois mar- 
clies de la capitale, Youthia, il fut saisi d'une 
maladie mortelle qui lui fit rebrousser chemin, 
dans l'espoir de revoir sa terre natale avant de 
rendre le dernier soupir. Cet espoir fut déçu : 
Alomprê expira en route, à deux jours de mar- 
che de Martaban, le 15 mai 1760, dans sa cin- 
quantième année. 

Le court espace de sept ans avait suffi à Alom- 
prâ, non-seulement pour assurer l'indépendance 
de son pays et étendre sa domination au deliors, 
mais encore pour laisser, dans de nombreux édils 
relatifs à l'administration de la justice et à la po- 
lice de son royaume, des preuves éclatantes de 
la solidité comme de l'étendue de son esprit. 11 
assit l'empire birman sur des bases telles, que la 
puissance colossale de l'Angleterre a pu seule 
les ébranler, et les a sagement respectées. Bien 
que quelques provinces éloignées du cœur de 
l'État soient passées sous la domination britan- 
nique, l'empire d'Ava est encore intact, et la |k>s- 
térité d'Alompr porte encore son sceptre. Les 
nouvelles reçues au moment où nous écrivons ces 
lignes nous apprennent que le gouvernement bir- 
man , dupe une seconde fois des illusions de son 
orgueil, est retombé dans les vaincs espérances de 
vengeance qu'il paraissait avoir abandonnées de- 
puis que les Anglais ont renoncé à entretenir un 
président à la cour d'Ava. Les hostilités provo- 
quées de nouveau par les Bûmans ont déjà pris 
un caractère sérieux, et se développeront peut- 
être , cette fois encore, sur une large éclielle. Mais 
la lutte ne saurait être de longue durée. Les des- 
cendants d'Alompr comprendront, par le triom- 
phe inévitable des armes britanniques, la nécessité 
de se soumettre aux conditions qui leur seront 
indiquées, et achèteront à ce prix la permission 
de continuer à s'asseoir sur un trône dont l'An- 
gleterre est trop raisonnable pour envier la pos- 
session. D. DE Jakcicky. 

Historieal Iteview of the polUical relations betwetn 
thê Britiih çovemment in india and the empire <j/ 
Wo, etc.; CalcutU,l8W.- Dairymple, OrientalHeper- 
tort (t voL ln-4«), voL I. - Crawfuid, Journal o/ an 
embassif to tke court of Ava, Toi. I, etc. 

^ALOKSO DE LOS EI08 {^PedTO\ SCUlvil»l£ 

espagnol , né K \«AadoM enV^^^TiGis^TV^xiVî^. 



ALONSO — ALOS 



204 



Élève de son père François Aionso, il a fait des 
Inminx estimés pour plusieurs églises de Madrid. 
Bcmradn, DiceUmario hUtorico. 

*AL0H80 de Mercadillo, Toyageur espa- 
gnol , da seiiiènie siècle, fonda, en 1546, an 
Pérou la Tille de Loja ou Loxa dans le district 
de QuHo. Les enTirons produisent la fameuse 
éoofce lébriftige, le quinquina, connu d'abord 
soDB le nom de easearilla de Loxa, 

Georfe Joan et Antoine de UUva . Fùyage de VAmi' 
rifiM mtriAioxkalc- 

*AL09I80 de Mendoza, Toyageur espagnol 

da seizième siècle, fonda, en 1548, la Tille de la 

Paz , au Pérou , sur le penchant des Cordillères. 

George Juan n Antoine de Ulloa, Voyagé de l'Ami- 
riqae méridionale. 

ALOPA {Laurent de), imprimeur italien, 
fils de Vrançois d'Âlopa, plus connu sous le nom 
latin de Laurentius Francisci de Àlopa. H était 
natif de Venise, et exerçait son art à Florence 
Ters la fin du :|uinzième siècle. H se liTra par- 
ticulièrement à rimpression Jes ouTrages grecs. 
De ses presses sont sorties : 1'* Anthologie grec- 
que, publiée par les soins de Lascaris ; elle est 
accompagnée des scholics, et dédiée à Pierre 
de Médicis, 3 août 1494 , in-4° ; — 2Mes Bym- 
nés de CalUmaque, sans date, in-4®j — 3* Gno' 
mœ nionoslïchx, avec le poème du Musée; sans 
date ( li95?) in-4'' ; — 4" quatre tragédies d*Eu- 
ripide(Médée, Hlppolytc, Alceste, Andromaque), 
sans date , petit in-4'* ; — 5<* la première édition 
delUr^onaM^i^ue d'Apollonius de Rhodes, 149G, 
in-4<*. Ces éditions sont remarquables par la beauté 
du papier etTélégancedes caractères; toutes sont 
imprimées en capitales grecques. Elles forent en 
partie corrigées par le célèbre Jean Lascaris. La 
première édition de la traduction latine des œoTres 
de Platon, par Ficin, sans date, dont Tédition Ait 
commencée en 1483 dans le monastère de Saint- 
Jacques de flipoli à Florence, porte à la fin du Con- 
vivium le nom de Laurentius Venetus, que Ton 
suppose être le même que celui de Laurentd' ATopa. 
Cette édition est imprimée en caractère gothique. 

Antoine Francisci ou de Francescho, de Ve- 
nise, de la famille du précédent, était élément 
imprimeur à Florence, de f487 à 1492. A.F.-D. 

Panzcr, Jnnale» typographici , l. T, p. «7». — Pelg^iot, 
JMfrtfonn. dtt WiUolttgiê, t. 1, p. 18. -> Maittatre, Annales 
tfpograpMd^ t.l, p. ifl. Haln. R. bibl., paniecoad., p. 117. 

ALOPJiVS {MaximUieH)f diplomate russe, 
naquit le 31 jaoTier 1748 à Wiborg en Finlande, 
et mourut à Franefort-sur-le-Mein le 16 mai 
1821. 11 fit ses études 4 Abo en 1767, et en 1768 
à Gœtttngue. A peine âgé de Tingt ans , il fut em- 
ployé an département des affoires étrangères à 
Pétersbourg, et par le diaiieeUer de l'Empire, 
comte Ostermann, éleré à le charge de directeui* 
de la chancellerie. Il géra aussi cet emploi sous 
le ministère du comte Panin. En t788 il fet 
nommé ministre à Eutin (Hohtein), et trois ans 
plus tard à la cour de Prusse. Il s'acquitta aToc 
talent de plusieurs missions dont Catherine II 
Vandi cliai]gé; ce fut par ses mains que passa la 



correspondance privée du ^and-duc Paul avec 

Frédéric le Grand. De Berlin il fut euToyé en 

Saxe , et ensuite il représenta la Russie près de h 

diète de Ratisbonne. En 1 802 il retourna à Berlin ; 

et en 1806, après aTohr négocié aTec la Suède la 

cession du duché de Lauenbourg, il. reçut une 

mission pour Londres. Ici finit sa carrière ifi- 

piomatique. [Enc, des g. du m. ] 

ComvenatUmt'LextetM, — EnttikUtfêdeekmkW'lM^ 
eon, t. Il, p. 11. 

ALOPJEUS {David, comte n*), frère du pré- 
cédent, diplomate russe , né à Wiborg en 1769, 
mort à Berlin le 13 juin 1831. Après de bonnes 
études faites à TAcadémie militaire de Stuttgard, 
il entra dans la diplomatie, et taX ntfmmé ministre 
de Russie à la cour deGustaTe IV, roi deSnàde. 
Ce prince le fit arrêter et fit mettre les acdlés. sor 
ses papiers, au moment où U apprit la nonreUe 
de riuTasion de la Finlande par les troupes ru»- 
ses ; invasion par laquelle Tempereur Alexandr» 
Toulut forcer le roi de Suède à accéder au sys- 
tème continental, que GustaTe refiisait de recon- 
naître. Élargi quelque temps après, Alopttus fut 
dédommagé par son souTerain , qui lui fit don 
d'une terre assez considérable, et lui accorda la 
clef de chambellan. Ce fut lui qui signa, an non 
de la Russie, la paix de Frederikshamm , parkh 
qoelle la Suède fut dépouillée d'une partie de ses 
provinces. En 1811, il alla à Stuttgard, comme 
ministre près de 1^ cour de Wurtembei^; et m. 
1814 et 1815 U Alt chargé de radroiaistration dt 
la Lorraine, au nom des puissances dont les 
troupes marchaient sur Paris. Alopœus y laissa 
d'honorables souvenirs : les habitants de Nancy 
Ini offrirent , à son départ, un témoignage de 
connaissance. 11 devint ensuite ministre 
tentiaire et euToyé extraordinaire à Berlin; j 
qu'à sa mort il remplit'ces fonctions importantce, 
à la satisfaction des deux cours. Chai^Bé, afirès 
la formation du royaume de Pologne, d'en ré|^ 
les frontières du câté de hi Prusse, il fut Dommé 
comte de ce royaume. U mourut ministre pléni- 
potentiaire russe à Berlin. {Ene. des g. du m,} 

Historieat Skêtck of the last f«ar$ of Gmtmvm èV. 
- FoUfnl, CataL bibliotA. MagUabewh, III, p. zxio. 

^ALOS (Jean), médecin espagnol, Tivaii à 
Barcelone dans la dernière moitié du dii-sep^ 
tième siècle. En 1664 , il Ait nommé profeaaew 
d'anatomie et de pharmacie à l'Académie de Ban» 
celone. On a de lui : Dissertatio de VipereU 
irochiscis ad magnam senioris ÀndromacM 
Theriacam rite cum pane parandis per quaT" 
tam fuxta mentem Galeni; Barcelone, 16ft4, 
111.40. _ criticum Apologium adversus sta- 
teram Jatricam Michaelis Villar; Barcelone, 
1625, in-4«;— PAarmocopana CataUma; Bar- 
celone, 1686, in-fol. ; — DisquisUio de Corde 
hominis phffsiologica et anatomica ; Barce- 
lone, 1694, in-4<*. — Le premier de ces opus- 
cules , omis dans presque toutes les bO»liogri- 
phies médicales, traite des proportions de pain 
que Galien {Antidotes, liv. I, chap. 8) aTaU 



205 



ALOS — alp-arsla::^ 



Î06 



ordonnées pour la pt-(^>paration des trocbis<iucs ou 
pastilJes de clialr de vipère, Tun des ingrédients 
de la fhériaquc d*Andromaquc. La question 
alors si controversée parmi les médecins es- 
pagnols, italiens et français, portait sur le mot 
grec tiTopTov (quatrième); il s'agissait de sa- 
voir si Galien désignait par là une partie de pain 
sur trois ou quatre de chair de vipère. Alos 
adopta la dernière version. La DisquisUlo sur 
le coeur est l'ouvragp le plus remarquable d'Alos. 
La description anatomîque en est assez exacte. 

Ilaller. BiàlMJkeca medicinx practiem^ t II. 

^ALOYsivs {Jean- Baptiste) y compositeur 
de musique italien, natif de Bologne, vivait à la 
fin du seizième et au commencement du dix- 
septième siècle. On a de lui : Cœlum harmoni- 
cum, Venise, 1628; — Contcxtus musicus : 
motetti à 2, 3, 4, 5, 6 voci; ■— Cœlestls Par- 
nassus : motetti e canzonnetti ; — Motettafes- 
torum totius anni^ à 4 voci. Milan, 1587; — 
Corona Stettarum; \enine, 1637. 

FéU», Biographie des musiciens^ 

^ALPAGO, en latin alpagvs (Andrée), 
médecin italien, natif de Bellune, vivait au 
eommenccment du seizième siècle. On ignore 
les dates de sa naissance et de sa mort. Il est 
aossi connu sous les noms d*Andrée de Bellune 
(Andréa Bellunese) et de Bongajo ou 3fon- 
gajo, nom d'une ancienne famille. Alpago voya- 
gea, dit -on, pendant trente ans en Orient, 
pour bien apprendre Varabe, dans le but de lire 
le texte original d'Avicenne. H visita l'Ile de 
Chvpre, PÉgypte, et séjourna longtemps à Da- 
mas. A son retour en Italie, il fut professeur de 
médecine à rÉcole de Padoue, et mourut peu 
de mois sçrès son installation. 

Alpago avait fait une étude spéciale des mé- 
decins arabes, conune le montre la liste sui- 
vante de ses travaux : Johannis Serapionis 
Praetica dicta , interprète Andréa Alpago; 
Lugdnni, 1525, în-4*; Venet., 1550. în-fol.; — 
Avieennx Liber Canonis, de medlcinis cor- 
dialilms, et Cantica,jam oîim quidem a Ge- 
rhardo Cremonensi ex arabico sermone in 
UUinum conversa ; postea vero ab, Andr. Al- 
pago infinitis prope correctionibus et indice 
ieeorata; Venet., lû-U, 154G, 1555, 1595 et 
1608, 2 vol. in-fol. On y trouve quelques autres 
tFritésd'Avîcennc (Déremovcndis yoctimentis 
et De Syrupo acetoso) ; — Averrois Libri VII; 
Cmtica item Avicenncc, cum ejusdem Aver- 
roii CommentnriiSf et Tractatu de Thcriaca, 
oft Armeijando Blasio, ex arabico in lati- 
fttan translatis et ab Andr. Bcllunense cas- 
ti9atis; Venet., 1552, în-folio; — Gtossarium 
luminum arabicorum ex Avicenna, aliaque 
Miscellanea Arabica; în-12; — Embitaris 
Tràctaius de Limonibus, ab Andr, Alpago 
ktinitate donatxis; Parisiis, 1602, in-4". 

Alpago dit, dans sa préface au Canon d'Avi- 
cerme, qu'il avait traduit de Tarabe en latin une 
^iograpirie des médecins et philosophes anbes et 



grecs. Peut-être cet ouvrage existe-t-il encore 
quelque paît en manuscrit, ainsi que la traduction 
des'ti'aités d'Avicenne ( De Venenis ; de Medici" 
nisprincipum non terribilibus ; de Lapidibus 
pretiosis) filoni parle Ciacconlus dans sa BibUo- 
tlièque. Alpago avait laissé ses papiers à son ne- 
veu Paolo Alpago, qui Tavait accompagné dans 
ses voyages. 

Mazucbclll. Serittori dTltalia. 

ALPAfDE OU ALPAfs, sumommée la Belle, 
femme de Pépin d'Héristal et mère de Chavies 
Martel, vivait au huitième siècle de J.-C. Elle 
captiva le coeur de Pépin d'fléristal , maire du 
palais, qui répudia Plectrude pour sSmir è elle. 
L*évéque de Liège, Lambert, condanma Pépin, 
et refusa de bénir à table le verre que Ton pré- 
sentiit à la nouvelle épouse au festin des ncees. 
Alpaidc, outrée de Tinjure, excita son frère 
Dodon à la venger; et celui-ci fit périr Lambert. 
Bientôt, suivant les chroniques du temps, le ciel 
punit le meurtrier par une maladie infecte qui 
couvrit son corps de vers, et le força, pour s'ar- 
racher à SCS tourments, à se précipiter dans la 
Meuse. Ce qui peut justifier Pépin et Alpaîde, 
c*est que le divorce était admis et commun sous 
la première race. Pépin resta très-attaché à Al- 
paîde jusqu'à sa mort. Inconsolable de sa perte, 
et aussi pour échapper à la haine de Plectrude, 
Alpaide s*enferma dans un monastère près de 
Namur. 

Chrmi^ue de Saint-Denit, I. V, ch. zxir. - Bayle. 
Diet. eriL — Meemeil des MUorimu des CauUs «< dû 
France, t. III, p. 197. 

ALP ARSLAN ( Mohammed • Lfiaz-cd- Dyn- 

Abou^Chou4ja) f second sultan seldjoukidc, né 
enTurkestan vers 1028 ou 1030 de J.-G. mort le 
15 décembre 1072 5 Berzcm. En 1053 il monta 
sur le trône du Khorassan après la mort de Daoud, 
son père; et en 1063 il succéda à son oncle Togroul 
Beg. Le premier il réunit tous les Étits seld- 
joukides en une vaste monarcliie, et y après avoir 
embrassé Tislamlsme, il prit le surnom d'Alp- 
Arslan (très-courageux) dont les auteurs by- 
zantins ont fait Apolasaros, Le khalife de Bag- 
dad lui donna le titre d'Adhad-cddin (soutien de 
la religion), avec la prérogative de faire dire la 
prière en son nom. Le premier acte d'Alp- Ars- 
lan fut la mise à mort du vizir Amid-al-Mulk , 
qui fut remplacé par Nisam-al-Mulk. Celui-ci, 
condisciple d^Hassan Ssabah , chef de la secte 
des Assassins, sous le poignard desquels il tomba 
plus tard , fut le fondateur de toutes les écoles 
et académies du royaume des Seldjoukides. 
Pendant que ce vi/ir dirigeait les affaires, Alp Ars- 
lan fit lui-même la guerre avec succès. En 1064 
il réprima la révolte d^un chef khowaresmien, 
Khazan, et recula, en lo65, les limites de l'em- 
pire au delà de TOxus dans le pays de Yond. De 
retour de cette campagne, il visita le sépulcre 
du huitième imam, Ali-Riza, et convoqua tous 
les princes fcudataires à Radécan, oii il leur dé- 
clara, qu*il avait choisi Maick-Scliali, son tîk 
' aîné, pour soû sucetss^vkt <i\ >asC\^^\^Tv>\^\ ^ 



207 



ALP-ARSLAIN — ALPEDRINHA 



308 



tous ses États. En 1067 et 1068 il poursuivit le 
coure de ses conquêtes. A Césarée, capitale de 
la Cappadoce, il euleya les portes de Téglise de 
Saint-Basile, enrichie d*or et de perles, et battit 
les Grecs sous Nicéphore Botoniatc. En 1069, il 
envaliit l'Arménie et la Géorgie, royaumes chré- 
tiens. L'incident le plus remarquable de cette ex- 
pédition fut le blocus du couvent de Mariam- 
Nlshin (s^ourde Marie) situé au milieu d'un 
lac et réputé imprenable; un tremblement de 
terre en ayant fait tomber les mure dans le lac, 
cette forteresse se rendit Alp-Arslan ôta laliberté 
à tous les grands seigneurs de ce pays et les 
obligea à porter un fer à cheval pendu à ToreiUe 
en signe de leur esclavage. Ayant laissé Malek- 
Schah pour achever cette conquête, Alp-Arslan 
se retourna vera les Grecs, qui, sous le vaillant 
empereur Romain IV, surnommé Diogènes, 
avident, dans trois campagnes successives, re- 
jeté les Tnrcs au-delà de l'Euphrate. Romain, 
fort d'une armée de 100,000 hommes, ayant ré- 
clamé pour gage de la paix, la remise entre ses 
mains de la ^e de Râ, résidence du sultan 
dans le Haroadan, Alp-Arslan jure de vaincre ou 
de mourir. Un combat acharné fut livré en août 
1071 prèsdelaforteresse de Malaskerd, entre Wan 
et Erzeroum. AIp-Arelan remporta la victoire, 
et r'eropereur grec, devenu prisonnier, baisa la 
terre, en signe de soumission , pendant que le 
sultan lui posa le pied sur la tête. Au moyen 
d'une rançon d'un million et d'un tribut annuel 
de 1 60,000 livres d'or, Romain recouvre la liberté, 
et fut, peu de temps après, assassiné par ses pro- 
pres sujets. Alp-Anlan lui-même tomba bientôt 
sous le poignard du commandant de la for- 
teresse de Berzem près de Caryr en Turkes- 
tan, Yousouf Cothuol, que le sultan, irrité de 
sa défense opiniâtre, avait insulté, et menacé 
d'un supplice ignominieux. Sa mort fit échouer 
le projet de soumettre tout le Turkestan , patrie 
des princes seldjoukides, qui devint le siéjge de 
la dynastie des Khowaresmiens. Alp-Arelan fut 
hihumé à Mervé , une des quatre capitales du 
Khorassan , où se trouvent les tombeaux des 
princes selcÛonl^es* 

D'Herbelot*, BibUatMque orimtaie. — Hammer, UiS' 
toire des Ottomans, 

*ALPBDEi!fHA (2>. JoTçe da Costù), arche- 
vêque de Lisbonne, né au bourg d'Alpedrinha , 
dans la province de Bara, vers 1406, mort plus 
que centenaire à Rome le 19 septembre lô08. Il 
était plus généralement connu sous le nom de 
cardinal d'Alpedrinha, en souvenir du lieu de sa 
naissance ; mais il était en réalité cardinal de la 
capitale du Portugal, et c'était l'un des plus ha- 
biles théologiens de son siècle. Né d'une famille 
noble, jouissant d'une réelle opulence, il reçut une 
éducation brillante, entre dans les ordres, et fut 
promu d'abord à l'évêché d'Évora, d'où il passa 
à l'archevêché de Lisbonne : il fut comblé de 
biens par Edouard et par son fils, et l'on affirme 
même qu'il posséda plus de revenus ecclésias- 



tiques qu'aucun prélat de son temps. Nommé de 
bonne heure conseiller d'Alfonse V, sa faveur 
à la cour datait de loin, et c'était lui cpii avait élé 
cliargé de diriger l'éducation de l'infante dona 
Catharina, fille du roi D. Diiarte, qui se fit pins 
tard un nom dans les lettres, et qui traduisit 
même du latin le traité de la Perfection de 
la vie monastique, de saint Laurent Justi- 
niano. Le crédit du cardinal Alpedrinha était 
devenu proverbial, et son influence dans les af- 
faires se maintint durant tout le règne d'Al- 
phonse V. 11 n'en fut pas de même à l'époque où 
Jûfio II, comme prince régent, prit en main la 
direction des affaires. D'anciennes causes de dis- 
sension existaient entre l'infant et le cardinal , 
et elles tenaient, dit-on, à l'influence que celui-ci 
aurait exercée sur l'esprit du roi brsqu'il avait 
été question d'unir l'héritier de la cour de Por- 
tugal à la fille de D. Henrique, dit l'Impuis- 
sant, à cette infortunée Beltraneja qui fut cause 
de dissensions si désastreuses, et qu'Alfonse V 
avait eu l'imprudence d'épouser au détriment 
de son fils. Ce fait curieux a été réoenune&t pro- 
duit par M. Rivera, et il donne un sens à une 
anecdote populaire citée par tous les hisliK 
riens portugais. On raconte, en effet, que, lors- 
que Aifonse V revint de sa visite en France, la 
nouvelle de l'arrivée du roi fut apportée an 
prince comme il se promenait dur le bord de 
la mer, en compagnie du cardinal d'Alpedrinha 
et du connétable duc de Braganoe. Le message 
sembla d'autant moins opportun au prince, que, 
dans un accès de misanthropie rdigiease qui 
allait le conduire jusqu'à la terre sainte , le mo- 
narque portugais avait investi définitivement son 
fils du gouvernement de ses États quelques mois 
auparavant. Allait-il rendre au roi le pouvoir? 
allait-il le conserver ?D. Jodo hésitait. Il demanda 
à ses deux compagnons quelle devait être sa con- 
duite dans cette occurence difficile, et ce qu'il 
fallait faire : « Recevoir le roi comme votre père et 
seigneur, » répondirent les deux hommes d'État 
La réponse était peu du goût de l'infant; et, pour 
f^ire divereion à ses luttes intérieures, il prit un 
des galets de la plage, qu'il lança sur la surf^ 
des flots. La pierre bondit en ricochant : « Je vous 
jure que cecafllou ne m'atteindra pas à la tête, » 
dit tout bas le cardinal au duc de Bragance, qui 
se tenait côte à c6te près de lui. Quelques jours 
après, Alpedrinha se mettait secrètement en route 
pour Rome, et échappait ainsi aux débats ora- 
geux qu'il croyait devoir se former entre le père 
et le fils. 

Grâce à son rare savoir, le cardinal d'Alpe- 
drinha acquit à la cour de Rome l'influence qnH 
avait eue à Lisbonne. Sa prodigieuse carrière lui 
permit de vivre sous les pontificats de Sixte IV, 
d'Innocent Ym, d'Alexandre YT, de Pie m et de 
Jules n. Par la seule prépondérance qu'il sut 
garder dans les affaires, il servit les intérêts du 
Portugal sous ces divere pontificats, et il ne cessa 
pas surtout d'être en correspondance avec Em- 



209 



ALP£DRIKHA — ALPHERIOS 



310 



manuel, sous lequd tant de grandes clioses de- 
vaient s'accomplir pour son pays. Les fragments 
de ses lettres qui nous ont été conserrés sont 
empreints d'une haute sagesse, et pèuTent faire 
supposer que, du fond de son palais de Rome, llia- 
hile vieillard put diriger celui qui devait être un 
^randroL Ferd. Denis. 

Uemoriag da Jeademia dot sciencioê de Lisboa , 
t. Viil. — PanoremaJonuU iUerario e instructtvo, t. V, 
«n. 18(1. 

*ALPHACAR (JudaS'Ben-Joseph), rabbin 
«spagDol, exerçait la médecine à Tolède vers la 
fia du douzième siècle. On a de lui quelques 
lettres, imprimées avec celles de Maïmonide , 
Tenise, 1646, in-^; réimprimées dans BoxtorfT, 
hulUutio Bpis^larU Mebraica , BAle , 1629 , 
ii-12. 

Wolf, BMUML Htàr., K Ml. - Bartolocct, BMioth. 
magn. mMta., ni, il. 

* ALPAàSUS ou ALPHANi , médedu de Sa- 
leme du seizième siècle, a éciit Optu de Peste, 
fèbre pestilentiali et /ebre maligna, necnon 
de 9€uiQlis , et morbillis, qtuUenus nondum 
pestilmUis sunt; Naples, 1677, in-4% et Ham- 
bomg, 1698 et 1018. Cet ouvrage fut composé à 
roocasioii d'une épidémie qui ravageait alors 
ntalie et une grande partie de l'Europe. 

ALPHARABiiJS (/ocçues), antiquaire italien, 
natif de Léonessa dans le royaume de Naples , 
virait au conunencement du dix-huitième siècle. 
Oi a de lui : Panegyricum in divi Ludoviei 
régis et christiani/xderis celehrUatesenahii 
AposMieo dictum, imprimé en 1606; — De 
Vsu conmarwn et earum génère apud vête- 
res Romanos , publié par Vogt; Leip^ , 1769, 



Jàckter, jtttgemébiês Geiekrte»'Lezicon.— i.Aûeïaae, 
St Ê ^ p Um . d JOcher. 

*Al«FHte ou ALPHBUS ('AXçsidç), poetc 

p«e, natif de Mitylène, vivait sous le règne 
^Angnste. H nous reste de lui douze épigram- 
»y d'un style très-élégant, dans VAnthologia 



Wahhdn», BibUaîh, graea, II, ti ; IV, MO. — Jacobc, 
Jwtm^êëtrtiomêi i» ArUhot. grme., III, t. — Brunck, 
Jhalarf g, a. it^ 

«ALPBSH (Daniel van), jurisconsulte hol- 

Indalty né le 7 novembre 1713, mort le 16 

'féM 1797. Il ut professeur utriusque ju- 

rit (droit civil et droit canon) è l'université 

4eLeyde. On a de lui un traité sur les pré- 

ngatives de la magistrature ( en hollandais ), 

1^4e, 1766, in-8* (sous le voile de l'anonyme), 

et la eontinnation de l'ouvrage si intéressant 

^lanMieris, Beschryving der Stad Leyden 

(I^Mcription de la ville de Leyde), dont le 

Pi«mier vohnne parut en 1762 ; le travail d'Al- 

pka comprend la moitié du 2' volume, publié 

O1770, et tout le 3' vol., 1784, in-foUo. Alphen 

*lilMé des matériaux pour un quatrième volume, 

9i ne parait pas avoh: été imprimé. 

K*k, rçderUwduh fToordenboekt t. II, p. 69T. 
^ALPSEX ( Eusèbe-Jean ), peintre allemand, 
•É k Vienne en 1741, mort en 1772. Il y a de 



lui plusieurs tableaux au crayon dans la galerie 
de Vienne. 

Hlchel, Catalogue des tableaux de la galerie impé» 
riate et royale de tienne. 

*ALPRBif (Jérôme van), théologien hollan- 
dais, né le 9 mai 1700, mort le 20 avril 1758. 
n fut pasteur protestant successivement à Lceu- 
warden et à Amsterdam. On de lui : De terra 
Chadrach et Damaso opus; Utrecht, 1723, 
in-12, réimprimé dans Ugolini, Thésaurus 
antiquitatum sacrarum ; — un commentaii-e 
sur les chapitres XXIV et XXV de saint Mat- 
thieu; Leeuwarden, 1734, in-8^ 

Chalmot, Biograpkiaeh ff^oordenboek der Nederlan- 
dêH, 1,170. 

*ALPRBN (Jérôme-Simon van) , théologien 
protestant, né à Uanau le 23 mai 1666 , mort 
à Utrecht le 7 novembre 1742. 11 étudia à Leydo 
et à Franeker; et il fut, pendant vingt-sept ans» 
professeur de théologie d'Utrecht, après avoir été, 
pendant le même espace de temps, successive- 
ment pasteur à Warmond , à Zutphen et à Ams- 
terdam. Il se maria trois fois : la première femme, 
il l'avait, disait-il, prise pour tenir son ménage; 
la deuxième, pour soigner ses enlants, qui étaient 
nombreux; et la troisième, pour avoir soin de 
lui-même. Son principal ouvrage a pour titre : 
Specimina analytica in Epistolas PauH quin- 
que ratione ordinis temporis quo scriplx 
sunt priores ; Utreclit, 1742, 2 vol. in-4». 

Kok , F'aderlandsch jy oordenbœk., II, 704. - Ab- 
koude, Naamregi$ter ran ffederduiUche Itnekai, 1779, 
p. 14. — A. Drakenboreh , Oratlo funebrit in obUuui 
H, S. van Mphen ,• Utrecht , 174S, ln-4«. 

ALPHEN (Jérôme van), poète hollandais, 
né à Gouda le 8 août 1746, mort à la Haye le 
2 avril 1803. Il était peUt-fils de JérOme d'Al- 
phen, le théologien. Il étudia le droit à Tunivcr- 
sité de Leyde , et devint procureur général à la 
cour d'Utrecht, puis pensionnaire de la ville de 
Leyde, enfm conseiller et trésorier général de 
rUuion. Lorsque les Français envaliirent la 
Hollande en 1796, il résigna ses fonctions, et se 
retira è la Haye. On a de lui ( en hollandais) s 
Essais de poésies édifiantes ; Utrecht, in-S" , 
1771 et 1772; Poèmes et méditations, 1777; 
Chants belges; Poésies pour les en^fants, 
1781 : ouvrage souvent réimprimé, écrit avec 
une grâce et une bonhomie charmantes; — 
Mélanges en prose et en rers; — des cantates^ 
genre de poésie dont il a donné Texemplc en 
Hollande; — Essai d* hymnes et de cantiques 
pour le culte public, 1801 et 1802. — le Spec- 
tateur chrétien; — Moïse considéré, sous le 
rapport de sa législation, comtne supérieur à 
Solon et à Lycurgue ; Inséré dans le vol. IX des 
Mémoires de la Société Teyierienne de Harlem. 
— En 1813, on a publié les ouvrages ix>stliuincj: 
d 'Alphen. 

Col lot d'Escarj, Hollande Roem in^ Kunsten en ffe- 
tensckappen, t. I, p. 15i. — Kampcn, Ceschiedenii der 
Letteren en ff^etenschappen in de fiederlanden^ 1. 11^ 
p. 37S. 

* ALPHERIOS, ALPHERIUSOU 4LPER1 (/a- 

cinthe de) , médecin , ne à Elche «ol ¥5j^«a^<(^ ^ 



311 



ALPHERIOS 



Yiyait à Foggia (royaume de Naples) dans la 
première moitié du dix-septième siècle. On a de 
hii : De peste et vera distinctione inter fe- 
brem pestilenUm et TTuz/i^oin; Naples, 1628, 
in-4° ; — De prxservatione a calcuUs atque 
cunctis/ere morbis, deque renalium medela; 
Naplcs, 1632, in-4**; — DemodoconsuUandi, 
sive utvulgus vocat, co/Ze^ioncft; Foggia, 1646, 
in-fol. 

Mazzuchrlli, Scrittori dTItaUa. 

ALPHRBY {JS'icéphore) , théologien da dix- 
septième siècle, appartenait à la famille impériale 
de Russie. A la suite de quelques troubles, il se 
réfugia en Angleterre, où il devint, en 1618, curé 
de Warlen dans le Huntin^^onshire. Phis tard, 
il fut à deux reprises différentes rappelé dans 
sa patrie , pour monter sur le trône ; mais il 
préféra sa pauvre cure à Tempire de Russie. 11 
mourut fort âgé , sous le règne de Charles TI. 

Walker, JccomU of tbe ivfjering» o/ tkê eUrn in 
ihe grand rebeUion, part. II, p. 18S. — Biographia Bri- 
tannica. 

^ALPHéus ('AXçsuc), graveur grec, vivait 
dans le premier siècle de notre ère. On a des 
pierres sur lesquelles il a gravé les tôles de 
Germanicus, d*Agrippîne et de Caligula. 

Ilraccl, Dé antiquis Sevlptoribus. 

^ALPHivs ATiTUS, poëtc romain, vivait 
probablement sous le règne de Tibère. Il ne nous 
reste de lui que six vers dans YÀntholagia 
latina, t. n, p. 267, édit. Burmann. 

ALPHONSE. Voy* AlFONSE. 

ALPixi ou ALPIN {Praspei'), plus eonnn sous 
le nom latin à*Alpinm, médecin et botaniste ita- 
lien, né à Marostica, petite ville du Tlcentm, le 23 
novembre 1563, mort à Padoue le 5 février 1617. 
n quitta de bonne lienre Técolc pour s'enrôler, à 
Texcmple de Paul, son (Vère, dans un réghnent 
an service de l*État de Milan. Cependant , sur 
les conseils de ses amis et de son père François 
Alpinus, médecin distingué, il renonça bientôt à 
la carrière militaire pour reprendre en 1574 ses 
études à Padoue, où il fut, quelque temps après, 
élu vicaire du recteur et syndic des étudiants. 
n rempKt ces deux emplois avec tant d'adresse 
et de prudence, qu!U se fit aimer à la fois des 
étudiants et des professeurs; en même temps il 
s'appliqua avec tant de zèle à la philosophie et 
à la médechie, qu'il obtint le grade de docteur le 
28 août 1578. Il se mit ensuite h pratiquer la 
médecine à Campo-San-Pictro, petite ville du 
district de Padoue. Mais, entraîné par un goût 
irrésistible pour la botanique , particolièrement 
pour la connaissance des plantes médicinales , 
il résolut, à l'exemple de Galien, de voyager à 
la recherche du végétal qui produit le baume, et 
il accepta avec empressement la place de m^e- 
cin de George Emo, qui venait d'être nommé 
consul de la république vénitienne au Caire. Il 
partit de Venise le 12 .septembre 1580 ; et, après 
une longue et périlleuse navigation, il arriva en 
Egypte au commencement du mois de juillet de 
l'année suivante. 



— ALPINI 212 

Alpinus demeura, selon Tomasini, environ six 
ans en Orient. Il habita trois ans le Caire, visita 
les bords du Nil, Alexandrie, parcourut les lies 
de Ta Grèce , surtout Candie , consultant la na- 
ture et les hommes pour enrichir ses connais- 
sances ; mais, dans plus d'un endroit de ses ou- 
vrages, esquissés en Egypte , il se plaint de ce 
qu'U avait rarement trouvé des gens capables de 
le renseigner. Peu de temps après son retow à 
Venise, c'est-à-dire en 1586, il fut attaché eoniroe 
médecin au câèbre amiral André Doria, prince 
de Melfi , et résida quelfae temps k Gènes. Mais 
les Vénitiens, jaloin de la renommée de toar 
Gorapatriote, le rappelèrent, en 1503, pour loi 
donner la chaire de botanique et la charge de 
démonstrateur des plantes à l'université de Pa- 
doue , avec deux côits florins d*appoiiiCanaits, 
qui fldrent, par la suite, portés à sept cent dn- 
quante. 11 créa en quelque sorte le jardin bota- 
nique de Padoue, qui eut pendant tout le dix- 
septième siècle une réputation européenne, et il 
remplit ses fonctions avec le plus grand zèle , 
quoiqu'il ftlt d'une santé délicate , et que ses 
voyages hii eussent fait gagner plusieurs mfir- 
mités, an nombre desquelles étaient les itkmna- 
tismcs et la goutte. Vers la fin de sa vie n de- 
vint presque sourd , ce qui l'engagea à composer 
un traité de la surdité, que la mort Tempécha 
d*achever. n mourut dans sa soixante-quatrième 
année, et fut enterré le lendemain de sa mort, sans 
aucune pompe, dans l'église de Saint-Ant<âie à 
Padoue (1). 

Alpinus avait été marié deux fois; de sa p^^ 
mière femme, Bartfiolomea TYiarsia, il eut quatre 
fils : Marc-Antoine , jurisconsulte , mort de la 
peste en 1631 ; Alpino Alpini, mort le 12 dé- 
cembre 1637, professeur de botanique à Padooe; 
Maurice y théologien, moine du mont Caswi, 
mort en 1644 ; et Pauî^ qui se distingiia dais h 
carrière des armes. Sa seconde femme se non- 
mait Guadnguinn, morte en 1600 : il en ftit 
mention dans son livre De prcna^enda vita et 
morte. 

Le premier ouvrage qu 'Alpinus publia, après 
son retour de TÉgypte , a pour titre : De Bal- 
samo ^ dialogvs; in que verissima balsami 
plantx , opobalsami , carpobalsami et xylo- 
balsami cogmitio,plerisque antiquorumaUpu 
Jvniontm medicorum occulta, nunc etuces- 
ct^; Venetiis, 1592, in-4"; Patavîi, 1639, in-4% 
réimprimé à la suite d'autres ouvrages du ni6ni& 
auteur, et traduit en français par .^itoine Colin, 
Lyon, 1619, in-8". On donnait alors le nom de 
balsamum, banme, à tous les sucs végétaux. 

fl) Tomasini dit, dtm tes Élogn, qo'Alpioos moaraC 
d'one fièvre lente le flS novembre iSie, ■nnlTerMlre dP 
•a naissance; oials , dans son d/mmoHwn PttawiUMm, 
qnll publia dix ans après ses Éloires, Il semble recUAer ce 
quMI nvalt avancé sur le Jour de la mort d'AIi»liuu, en dl' 
saot qoll moamt le B février 1917. Celte denlère date 
parait d'autant plus certaine, qu'elle est tirée dt» regis- 
tres de J'nnivrrsité de Padoue , que Tomasini avait tons 
les jeux. 



213 



ALPWI — ALPTÉGHIN 



214 



gpnimo-résineux , 'Ton! on faisait an grand usage 
en médecine : le hauroe pouvait donc provenir 
de beaucoup de planter difTércntcs. Suivant 
Sprengelf 1c baume dont fl est id question pro- 
Tfendrait d*une espèce â'amyris , que Bartholin 
dît ayoir vue dans Je jardin d'Alpinus à Padotie. 
L*ouyrage qui valut â Fauteur en grande par- 
tie sa renommée a pour titre : De plantis jSgypti 
liber, in quo non pauci , qui circn kerbarum 
materiam irrepserwit, errores deprehendun- 
twr, etc., Yenetii!!, 1592, in-4"; cum observa- 
tkmiàus et notis Joan. Veslingii; accessit 
Uber de Balsamo, Patavii, 1640, in-4^ On y 
tnmve la description , avec des gravures dans 
le texte, d'environ cinquante plantes de l*Égypte, 
dont Tii^gt-trots n'avaient pas encore été décrites. 
Cet ouvrage fut refondu, et réuni à un autre tra- 
Tiil d'Alpfnus sur THistoire naturelle de 1*É- 
Qrpte , qnf resia longtemps en manuscrit, et ne 
parut qa*en 1735, sous le titre : ffistorùe nalu- 
ralis jEgypti libri quatuor, opusposthumum, 
nunc primum ex auctoris autographo dili- 
genfissime recognito , edUum Lugdun. Ratav., 
2 Tol. m-4', avec de nombreuses gravures et les 
cofnmentafres de Veslîng, qiiî avait visité le 
Caire, et succédé à P. Alpinus dans la cliairo dn 
botanique; le cinquièrne livre est resté inédit. On 
y trouTe , outre l'histoire des plantes , celfc de 
divers animaux et des productions naturelles de 
FÉgypte, ainsi qu'une description détaillée du In- 
serpiihim et du lotus du Nil. Le manuscrit de 
cet oorrage était tombé entre les mains de Lnd. 
Cimpolongns , qui l'envoya à B. le Clair, et ce- 
hû-d parait ravoir le premier publié. 

A cette histoire naturelle , dont les matériaux 
avaient été recueillis par l'auteur pendant son 
nfymr en Orient, il faut Joindre: !• De medicina 
Mgyptiorum libri /f; Venise, 1591,in-4'*;avec 
te traité deJ. Bontius, DemeAlclna Ijidorwm, 
?lris, 1646, in-4^ ; et celui sur le Baume; Loyde, 
1718, ln-4*. Le Traité de la Médecine des Égyp- 
fla» Mt, entre autres curiosités, pour la prc- 
lAre fols connaître le café. On y trouve aussi des 
Waîls intéressants sur diverses espèces d'^cffc/^, 
fanumntm,fïe easse,eic.;—^* De plantis ero- 
tkis, libri duo, ouvrage postume, publié par 
k 8otn d'Alpino Alpini, fils de l'auteur; Venise», 
Wl7, ln-4»; ibid., 1056, avec une préface do 
hwpcr Alpini, écrite en 1014, et des planches 
hterêalées dans le tc%te. On y trouve la descrip- 
fion d'un grand nombre d'espèces nonvdies , que 
IWair OTftivait dans le jardin de Padoue, et 
9l lui avaient été envoyées par Capcllo, pouvcr- 
■»r vénitien de l'ile de Crète, et par Pdlmerius 
'Aaeôoe , résident au Canne ; — 3* De prœsa- 
9i^n(Ia vîta et morte œgrotantium lilnri Vif; 
^nrf«e, 1601, în-4"; Padoue,^l601, in-4''; Fran- 
fcrt, 1801, in-4% réimprimé sous le tîtro : Me- 
*rtar//i7im observationum historico-crlticn- 
nmi libri y II; Francf., lC!ît, in-S"; Lnydc, 
1700, avec une préface de Boerluiave; Ham- 
bourg, 1734, et Venise, 1735, avec des notes de 



Boerhaave et de Gaubius. Cet ouvrage , qui re- 
pose sur les doctrines d'ffîppocrate , de GaKen 
et d'Aristute, passait autrefois pour un chef- 
d'œuvre au\ yeux des médecins {Journal des 
savants, août 1710; Mémoire de Trévoux, 
avril 1711, p. 735); — 4* De medicina me- 
thodica lit>ri XIII ; Patavii, 1611, in-foHo; 
Lugd. Batav., 1719, in-4*. L'auteur y essaye de 
rétablir les principes de l'ancienne s€«te des mé- 
thodistes; c'est le moins connu de ses écrits. 

Prosper Alpinus occupe le premier rang parmi 
les naturaTistcs de son époque. Il était animé de 
l'esprit de ces grands hommes qui, au seizième 
siècle , imprimèrent auv sciences une direction 
nouvelle, Linné lui dédia le genre alpinia , de 
la famille des zJngibéracée^. H. 

Tomaslnl, Elogia Firorum Uteria et $apienUa illus- 
trinm, p, 901. - IfIcéroB . Mewutires, t. XI. — Adrlangr, 
sappléinent a Jfcher , Mlgemnues (ietehrten-Uiicnn. 
— flaller, Biblioth«ca botanica. — Sprengei , Uistoria 
rei herborise, t. l. 

*ALPi!rrs, poëtc latin, contemporain d'Ho- 
race, n travaillait à une histoire do la mort de 
Mcmnon tué par Achille, lorsque Tlorace coniiK)- 
sait ses satires : « Tandis que rcnllc- Alpinus, dit 
le poëtc saliri(iuc, égorgo le fils de l'Aurore, 
qu'il dessine à gros traits la tête limoneuse du 
Rhin , j'ai pris le parti de m'amuser sur de petits 
sujets qui n'iront jamais retentir d.ins le temple 
d'Apollon, où Tarpa juge les rivaux, et qu'on ne 
verra point paraître et reparaître sur les théâ- 
tres. » Quelques critiques pensent que ce poëtc 
est le même quo Gallus, surnommé Alpinus, 
parce qu'il était originaire de Fréjus. 

Horace, 1. I, sallrc X, ren SB. 

* AtPRrNrs {Jean- Rapt isfe ), médecin alle- 
mand , vivait à Vienne dans la fiMionde moitié 
du dix-septième .«siècle. Il était mé.lecin de l'hn- 
pératrice Éléonore, ft'mme de Léo\M>ld f**^. Il a 
fait des n^iî*rches curieuses .^ur la matière des 
Iwibons ptrslilentîcls , et publié ses rtsultats sons 
['}. titre : De contngione Viennensi Experimen- 
(irm; Prague, 1680, in-4'*. 

JOclicr, .tWiftn. Cflehrtfn-Ijex. 

ALPTÉGHiiï, fondateur de la dynastie des 
Gazn.'viwPS, mort h Gasna en 970 de J.-C. { l'an 
nc:> de rh<'i;iro). Turc de nation, il avait été es- 
clave d'Achinrd, fils d'Isma»?!, scc<)nd sultan des 
Snmanirlos. Affrnnchî par son maltn?, il s'adonna 
à rr\crc.ice dos armes, et parvint à la charge 
i'i' gouverneur «lu Khorassan, sous le rè-gne 
{l'Alidiî-Mélek , cinquième sultan samanide. Ce 
prince étant mort en 901, Alntéghin conseilla aux 
prinrii>au\ dignitaires de l'Etat de choisir pour 
success<'ur un frère du feu roi ; mais les habi- 
tants de Bokhara proclamèrent sultan Mansour, 
fils d'Abdel-Mélck. Alptéghin allait se rendre dans 
cette capitale pour en témoigner son Tuéc^ntente- 
ment, lorsque Mansour le déclara rebelle, et en- 
voya quinze mille hommes à sa rencontre. Alpté- 
ghinn'avait que sept cents cavaliers, avec lesquels 
il fit tomber ses ennemis dans une embuscade, 
habilement dressée : il fit prisonniers tous ceux 



2f5 



ALPTÉGHIN — ALSACE 



316 



qui échappèrent au massacre. Sa petite troupe, 
s'aiignienti bientôt de trois mille Mamelouks, à 
!*aide desquels il s'empara de la ville de Ghasoa. 
Il s'y soutint contre toutes les attaques du nou- 
veau gouverneur du Khorassan, et en fit la capitale 
de sa dynastie. Il y régna quinze ans , et laissa 
son empire à son gendre Sébegtéghin, qui di- 
rigea ses forces vers Tlndoustan. 

UHerbelot, BiMlothéquê orientale. — BioçropMcal- 
JHetionatTf. 

ALQUié ( FrançoU'Savinien d*), littérateur 
français du dix-septième siècle. On a de lui : 
ies Mémoires du voyage de Ghiron François, 
marquis de Ville, au Levant, ou V Histoire 
du siège de Candie en 1669; Amsterdam, 167i, 
2 vol. in-12; ouvrage rédigé sur les mémoires 
de J.-B. Rostagne, témoin oculaire; — les Dé- 
lices de la France; Amsterdam, 1670. 2 vol. 
in-12; 2' édition, 1699, et 3^ édition, Leyde, 
1728, 3 vol. in-8<»; — VÉtat de Vempire d'Al- 
lemagne, traduit du latin de Severinus de Mo- 
zambane ( S. de Puffendorfr) ; Amsterdam, 1699, 
in-12. Quelques bibliographes lui attribuent le 
Voyage de Galilée, publié par D, S, À. ; P^ 
ris, 1670, in-12. 

Qoérard , te France littéraire. 

ALQUiBR (CharleS'Jean-Marie, baron), di- 
plomate français, né à Talmont, département de 
la Vendée , en 1752 , mort à Paris le 4 février 
1826. Avocat du roi à la Rochelle au commen- 
cement de la révolution , il fut élu maire de cette 
ville et député du tiers étal en 1789. Dans l'as- 
semblée nationale , dans la convention , dans le 
conseil des anciens , comme membre des co- 
mités, rapporteur, commissaire, secrétaire, il 
prit une part active et influente à tous les tra- 
vaux. 11 vota la mort de Louis XVI, avec cette 
restriction : que « l'exécution n'aurait lieu qu'à la 
paix générale , époque à laquelle le corps légis- 
latif pourrait commuer la peine; mais que l'ap- 
plication aurait lieu en cas d'invasion étrangère. » 
Depuis l'année 1798, sa carrière fut toute diplo- 
matique. Sous le Directoire, ministre plénipoten- 
tiaire auprès de l'électeur de Bavière, il demanda 
hautement la retraite des troupes autrichiennes , 
alors qu'on accusait son gouvernement ({'insurger 
la Bavière ; après le traité de Florence, envoyé a 
Naples pour négocier la paix, il exigea d'abord la 
destitution du ministre Acton, et il se retira, sans 
prendre congé, le jour même où les flottes an- 
glaise et russe violèrent la neutralité. C'est lui 
qui fut chargé de résoudre les graves difficultés 
qui s'étaient élevées entre le saint-siége et la 
cciur impériale : pénétré du bon droit du pape 
Pic VII, il eut le courage de s'en expliquer avec 
Napoléon. Celui-ci toutefois l'envoya en 1810 à 
la cour de Suède, avec la mission de faire exé- 
cuter le blocas continental, que repoussaient in- 
vinciblement les intérêts du pays. Il était en Da- 
nemark quand la restauration arriva, et il fut rap- 
pelé en 1814. La loi de bannissement du 12 jan- 
vier 1816 lui fut apiiiquée, et il se retira à Vil- 



vorde, près de Bruxelles ; mais le 14 janvier 1818 
elle fut rapportée à son égard, grâce à rinten'en- 
tion généreuse dn comte Boissy-d'Anglas. Le 
baron Alquier accepta ce bienfait avec reconnais- 
sance. Rentré en France, il y vécut dans la re- 
traite jusqu'à sa mort. [ Ency. des g, du m, ] 

Biographie du COnleaiporaliu. 

*ALRAKi (Josué'Ibn-Vihesch)^ rabbin es- 
pagnol, vivait probablement vers le donzlëroe oo 
treizième siècle. Il écrivit un Herbier arabe, qui 
fut traduit en hébreu et en espagnol par le rab- 
bin Joseph Vidal, sous le titre : IS'erem Ham^ 
maaloth ( le Sommet des astres ) , ouvrage qui 
se trouve, d'après le catalogue de Ne^selins» 
parmi les manuscrits de la bihiiotlièque de 
Vienne. Hottinger avaiten sa possession une copie 
de cet herbier en arabe, hébreu et espagnol ; fl 
appelle l'auteur Josuah-lbn-Veibesch-Sdiclrakl. 

Woir, Biblioth. hêbr., I. 460. - Bartolocd. Bèbiieik. 
magna rabà^ III, TTI, 779. - Hottinger, BiMioUkigue 
oriêntate. 

ALRED. Voy. Alfred. 

*ALS (Pierre), peintre danois, né à Copen* 
bague en 1725, mort en 177à. 11 vécut long- 
temps à Rome, et a fait plusieurs portr«iits es- 
timés. 

Nagler. Neues Allgemeinee KÛnttlrr-I^êrieoK. 

AL8ACB {Thomas- Loitis d'Heni?s-Liètakd. 
cardinal n'), prélat belge, né à Bruxelles en 
1680, mort le 6 janvier i7à9. Fils de PliUippe 
d'Hénhi, comte de Boussu, prince deClilinay, 
il occupa d'abord le siège épiscopal d*Vpres. 
puis il fut dioisi pour arclievèque do Malines et 
primat des Pays-Bas. En 1719, Clément XI le 
nomma cardinal du titre <le Césarée. Après la 
prise de Bruxelles parles Français en 1746, re- 
cevant Louis XV sur le portail de Sainte- G udule, 
le cardinal d'Alsace prononça ces paroles mé- 
morables ; « Sire, le Dieu des armées est aussi 
« le père des misériconies; tandis que Votre 
<t Majesté iui rend des actions de grftces pour ses 
« victoires , nous iui demandons de les faire hea- 
« reusement cesser par une paix prompte et du- 
« rable. Le sang de Jésus-Christ est ie a«Hil qui 
« coule sur nos autels; tout autre nous alanne : 
« un prince de l'Église peut .sans doote avouer 
« cette crainte devant un roi très-chrétien. C'est 
« dans ces sentiments que nous allons catooner 
« le Te Deum que Votre Mi^esté nous ocdoone 
« de clianter. » — • Le cardinal d'Alsace laissa 
trois neveux : 

1» Thomas-Àlexandre-Marc d^Âlsace, prince 
de Chimay, grand d'Espagne, colonel aux gre- 
nadiers de France, capitame des gardes du roi 
de Pologne Stanislas, et tué à la bataille de 
Minden. 

2* Philippe-GabrielrMaurice, héritier des do- 
maines et dignités de Thoma.v Alexandre, che- 
valier de la Toison d'or, mort à Paris en 1802* 

3* Charles - Alexandre - Maix - Mareellin, 
prince d'Hénin, maréchal de camp au service de 
France, capitaine des gardes du second frère de 



sir ALSACE 

Louis XTI, et gaiUothi£ k Paris en 1794. Aucun 
de ces tro» IMm n'ajant lalaaé d'enlant» , la 
ttgte dcaprincMdeChhnajd'Béntnest âdola, 
et il ne rette d« la malaon if Aluce que dea 
btaacfafs eoUatrirvlea. 



ALa&BAKAVli». Voy, 

'ALa&Kio on ALSABio (en latin Àltaritu ) 
nnXiA CKOfs ( fiiuent ), médecin itaLeo, né 
àGlnea en 1676. On ignore l'année précise de 
M mort, qai n'arrira pas avant IS31. 11 étudia 
de borne iieore le latin et le grec, et avait k 
pcbe dis-«eaf uu qull publia an opuKole In- 
Hnlé : Se itteidia elfiucino vetenim, Lnc- 
qnea, IS95, in^°; rânprim^ dans le t. Xn du 
naoNTiu anttq. Roman., p. 8Ba. Il étudia en- 
«te la médeciiK, et la pratiqua avec «accès i 
Botogne, i Raveone et à Borne. Dan* cette der- 
aifare fille il proTeasa la adeace médicale pendant 
vingt ant, et ht premier médecin du pape Gré- 
goire XV. 

Ses ounages ont ponr titre ; Ephetneriâun, 

id tMtdiutttmarumobservirHonuniMridvt); 

Bcdogoe, 1599 et 1600, lii-4° ; — Dt epiltpsia, 

*eM eomltaii nun-bo Uctionvm Banonteiuium 

Itàri III, in qtiibiu prxter magitiiUius tnorbi 

tktortam, hoc eit definUionem Qiugue pro- 

MfMMM, di^ferentUu , coûtas et signa, etc. ; 

Ttidaf, 1S03, ln-4*i — CoittUiumde attfanat» 

pn Bontf. Cajetana, Cardin., cum ditputa- 

Hone de màotMus, etc. ; VenÎM, 1BD7, in-4'; 

— CaittUiMm de vaHis symptoTOatilnu in 

frinapibus UltutrissimiJ ad Hieronimum 

Mereûrialem ; Venise ; -~De venue admirando 

fer narta egre$tt> commenlartiu ; etc.; Ba- 

mue, (CIO, in-4' ; — De lugiltalione, quam 

Grxd bxMrfav, id ett sut oaUi$, wxant; — 

CMui/hiM de eatharro; — Diiiertatio de 

wlit et talUorum uiu jn /«brifrut ; — De 

uedicbix praetk» lauditut pne/atlo;IloaMi 

~- prxfatto in ronono Gymnasio habita, 

(Hi Vil Mmiti novembris, année 1611 ; Borne, 

M>; — De morbis eapitis fi-equentioribus, 

fWTKM eoffiUio et ettratio ita tradtmtw, ut 

eiaUoMeiican eognoieendoi et curandoi mi- 

fijice eonducant : Hoe est de eatarrko phre- 

wnde, tetMargo, epllepsia, etc., liM tep- 

Um; — Interta est disputalio de liquore 

cWranfAj, «eu elfrloil, ejusque aàusu in 

f^rlmm etutorborum calidorum curations; 

■OM, 1S16, lel7, 1ih4°; Venise, ISIS, in-4*; 

—De qitmtitit per epitlolam In arte medica 

Wwte quatuor, uM varil catui, observa- 

^uti, eotuilla, responsa, disputalionet at- 

fw fltnitlonef non «fnaproniMciia doetrina 

'acrliiniliir; TeniK, \in,iorfo\.; — Dispit- 

Wto jenrmlU ad historiam fcetûs nonimet- 

frli TMiifïm et orjonici serf emortui ac parvM 

*detiiutlis, ut vtx quadrimestrlt fuerit exil- 

"Mw, In adoletetittHla primiparii; Borne, 



' ALSOP 318 

Ifli7, in-4'i — Consultatio medica pro nobtii 
adoleseent«lo,obliBlone, tarditate srcundum 
alteratii aurem, tuàsurditie et ab audiCione 
ex tinnilv sectindum opposiltim, nempe si- 
niâtrani, laborante, etc. ; Rome, lai9, in-4'; — 
Providenia methodiea per preiervarti d'aW 
ivaninenle peite, discorso prattico, etc.; 
Rome, 1630, in-4*; — Comilitim prophi/lae- 
ticam, a l«e pestifera grassanle, etc. ; Roine, 
1631, in-*"; — Vesuvitis ardent, tive exercita- 
Ho phgsieù-mediea,1fpimvfiTm, ideslmodum 
in ineendtum VeiuiHi monfii in Campania, 
XVI mentis decembris, onnl 1631 ; Rotnc, 
1633, iiv-t'; — Dein(ir6ijp«e(oi-Ji/reïHen(to- 
ribut fuemophthiti, phihiii, asthmale, perip- 
neumonia, pleurilide, tibri très. Il ncxisic 
plus de ce tTBTail que l'écrit iotituM ; De /tX' 
moptifii, hocest sangwinis ipulo,liv.i;Home, 
1633, ln-4*. Allacci et Sopraai <loniient, en uiilrc, 
la liste d'ouTTRgeg manuscrits ( inédits ) de l'au- 

A\\tccl,Âpa wbme, ilnilo^lrU UJwrrlhu.- Sa- 
pnni, ScrIUari Utta Uçnriic ; Ocnoi, IH1. p. 1t. 

■alscieik ( Moite ) , rsbbJn, natif de U Ga- 
lilée, mort Ters 1S9I K Saphatli. U a laissé un 
grand nombre de commentaim sur les livre» de 
l'Andeu Testament. 

De Hoitl. MlMUrto hM. — Wolt, «IW. Uàr, — Bit- 
- Lclo'iw, BM. laerB. 

■ALBUioT ( Daniel van ) , peintre flamand, 
né ï Bruxelle» vers 1550, mort vers 1813. H vé- 
cut i la cour de l'arcliidac Albert, i^uvemi'iir 
des Pays-Bas. On a de lui, k la galerie du Vienne, 
plusieurs payées estimés. 

De«iiD(ii. riri dei Ptinlra flammil.-Hetlitl, Ca- 
taleçiu ia tabicaat d> M irofcHa de rUnm. 

it^OP (Antoine), littérateur armais, mort le 
lOjuin 1717 (etnon 1716). 11 prit ses gradesen 
tbéologle k l'université d'Oxford, et dciint cha- 
pdaïn de sir Jonatlian Trelawney , évéque de 
Winchester, qui lui donoa ensuite unepr<ïhenJe 
dans la cathédrale de Winchester et le rectorat 
de Brightwcll dans le comté de Berks. >ln 1*17, 
sa femme Elisabeth Astrey demanda ia rupturu 
de son mariage, et l'obtint avec 1,000 Kv. île 
dommages-intérêts ; cette aflairc décida ALup il 
quitter son pays pour quelque temps, li revint 
en Angleterre vers 1710 et mourut d'une chute 
qu'il flt ai se promenant Jans son jardin. 

En 1698, pendant qu'il était encore étuilianl il 
Oxford, Alsop publia, à la suileii'une polémique 
avec le célètH^ philo1<^G Bicliard Bentley, uc 
volume in-S° , intitulé Fabularam jEsopica- 
rvm delectvt, contenant 137 làhles en vers la- 
this, accompagnées de l'original grec, de la 1**^ 
la 168*. Ce recueil est dédié au vicomte Scuda- 
more, et précérié d'une préface ob Alsop atta- 
qne i-ivement Bentliley. Alsop n'était pas seule- 
ment philologue, il étajt aussi poète, et ses amis 
le comparaienl à Horace. Ses poésies latines ont 
été publiées sous le titre : Anlonii Alsopi xdis 
Christi oUm alutnni Odormn lUri dwt.'at 



319 



ALSOP — ALST019 



1752, 1 Tol. iiK4*'. On trouve quelques poésies 
anglaises d'Alsop dans les premiers volumes du 
Gentlenum's Magazine , et dans les collections 
de Dodsiey et Pearcli. 

Un autre also» (Vincent), théologien an- 
glais non-confonniste, mort en 1703, dans un 
Age ayancé , est Tautecr de VÀntiSozio, in^, 
1675 ; et du Melhu inquirendum, i vol., in-8", 
1679. 

Wcbols , LiUtrarf AnecdùUt of ih» eigkteenth Cen- 
tury. — ChaliDcrs, BioffrapMcal Dictionary. — Pal- 
mer, Non-eonformUV» Memoriai. 

ALSOUFT (AbouhlIassan'Âbderrahman'ben* 
Omar ) , astronome arabe, né à Réi en Hama- 
dan, le 7 décembre 903 (291 de l'hégire), mort 
le 25 mai 986 de J.-C. ( 1 3 mobarrein 376 de Thé- 
gire ). n vécot à la cour du sultan bouïde Adhad- 
Eddaulah, pour l'instruction duquel il écrivit ses 
traités d'astronomie. Le premier parmi les astro- 
nomes arabes, il dressa un Catalogue des étoi- 
les fixes avec une Table astronomique, con- 
tenant les figures des constellations. C'est de ce 
catalogue , que Tliomas Hyde a publié des frag- 
ments étendus dans ses IS'otes on the Observa- 
tioîis of Oulovgh Beij, Oxford, 1665, in-4", 
reproduite par. ik^mard dans les Philo$op/Ucal 
Transactioîis, 1693, n" 163. La Bibliothèque 
imp. de Paris possède plusieurs exemplaires du 
Catalogue d*Alsoufy, dont parle Caussin dans 
les Notices et Extraits des manuscrits etc. 
tome VII, p. 154. Le traité d*AIsoury s'appuie 
sur deux sources principales, sur le catalogue de 
Ptoléméc et sur la tradition des Arabes, chez 
lesquels les noms de beaucoup de constellations 
se conservent depuis la haute antiquité dans des 
strophes rimées. Alsoufy avait aussi écrit un 
Traite géométrique sur la projection des 
rayons ; cet ouvrage ne nous est pas parvenu. 

Ibo-Khalif kan. — Bailly, Histoire de l'Jttronomie mo- 
derne, I, 67. — Wfidler, Ilittoria Âitranomim, p. MS 
et ftuiT. — Griisae, Allgemeine Ceschichte der Litera- 
tur. 

ALSTBD ou ALSTBDivg (Jean-Henri ) théo- 
logien et historien allemand , né à Ballersbach 
près Herbom ( Nassau) en 1588, mort à Weis- 
sembourg en 1638. Il fut professeur de théologie 
protestante et de philosophie à Herborn, jus- 
qu'en 1629, où il accepta la même chaire à l'u- 
niversité nouvellement fondée de Weissembourg 
( en Transylvanie ). Il a écrit un nombre très- 
considérable d'ouvrages dont les principaux sont : 
Theatrum seholasticum ; Herbom, 16 1 0, in-S** ; 

— Lexicon theologicumi Hanovre, 1612, in-S""; 

— Theologia naturalis; Franc, 1615 et 1622, 
m-4**; — • Thésaurus chronologie; Herbom, 
1624, in-8»; — ÀrtiJIcium perorandi; Francf., 
1612, in-8'; — Encgelopxdia ; Herbom, 1610, 
îù-k^y réimprimée en 2 vol. in-fol.; Herbom, 
1630, et Lyon, 1649; 4 vol. in-fol. « L'auteur 
« s'y est proposé, dit Nicéron, de donner un 
<t abrégé méttuMlique de toutes les sciences : 
« quoiqu'il soit peu exact en beaucoup d'endroits, 
« ce livre n'a pas laissé d'être reçu du { ublic 



« avec de grands applaudissements. » Alstediut 
mourut âgé de claquante ans. Sa fi^oondité avatt 
fait trouver dan» son nom ranagmnme Sedm- 
lUas ( activité ). 



Vosstas, dé Mathemat., cap. LUI. | n. — 
1er, p. II., Histar. — JOcber, jiltgem. CtUhrL-Laietm. 

ALSTOff (Charles) y botaniste et nédecaa 
écossais, né à Eddlewood en 1683, mort le 22 
novembre 1760. Sonpè«Y avait une petite lerroe 
dans la partie occidentale de l'Ecosse, et était allié 
à la famille noble d'Hamilton. Le jewie Alsloo 
étudia d'abord la médecine , voyagea avec filu- 
sieurs gentilshommes sur le cootineoi, pub re* 
nonça à la pratique médicale, et se retira dans 
son patrimoiue. Après la mort de son père, il re- 
nouvela ses études à Glascow. Ce fut là que ia 
duchesse d'Hamilton le prit sons sa protection : 
elle aurait désiré qu'il se destinât à la juriepre- 
denoe; mais AUlon eut un goût prononcé pour la 
botanique et l'étude de la médecine, et depuîs 
1716 il se consacra entièrement à ces sciences. A 
trente-trois ans, il se rendit à Leyde pour étudie? 
sons Boërhaave , et il y resta près de trois ans. 
n contracta dans cette ville une liaison Intiroe 
avec le câèbre Alexandre Monro, et ce fut avec 
lui qu'à leur retour à Edimbourg il forma le 
projet d'un vaste enseignement médical. On 
avait fait peu de chose pour oettepartic de Vkut- 
truction, dans la capitale de l'Éoosse, depuis 
le premier établissement des chaires de méde- 
cine en 1665, sous sir Robert Sibbald et le doc- 
teur Pitcaim. Le plan de l'enseignement fut formé 
d'après celui de Leyde : Monro fut nommé pro- 
fesseur d'anatomie et de chirurgie, et Àlston 
professeur de botanique et de mati^ médicale. 
Us eurent pour collègues Rutherford, Sinclair et 
Plammer. C'est aux efforts réunis de ces hommes 
célèbres que l'université d'Edimbourg doit l'ori- 
gine de sa réputation. 

Alston , chargé depuis 1716 de la direction du 
Jardin des Plantes , continua d'enseigner la bofa- 
nique et la matière médicale avec un lèie et une 
assiduité infatigables jusqu'à sa mort. On a de 
lui : Index plantamm pnscipue qfficimgUum; 
quœ in horto medico Edimburgensi studiosis 
demonstrantur ; Edimbourg, 1740, in-8"; — 
Index medicamentorum simplicium triplez ^ 
in-8°, ibid., 1752. C'est un résumé de matière 
médicale à l'usage des élèves de l'auteur; — 
Tirocinium botanicum Edimburgense , 1753, 
in-8'' : le principal ouvrage d 'Alston. C'est une 
réimpression de V Index; mais en tète l'aulenr 
développe ses principes de philosoplne botanique, 
remarquables par leur opposition à ceux de Linné, 
qui commençaient à se répandre. « Alston, ditDii- 
petit-Tbouars (dans la Biographie Universelle), 
fut un des plus redoutables adversaires du natu- 
raliste suédois, parce qu'il l'attaqua en habile dia- 
lecticien , en érudit profond , et toujours avec dé» 
cence et dignité. Il s'opnosa fortement aux inno- 
vations que Linné introduisait dans la botanique, 
et il s'obstina à regarder le sexe des plantes 



ALSTOK — ALïrROEMER 



«omnic une liy|iuUiëse peu rondde. En cela il eut 
le iQrt de ne pas séparer deux choses Iris-dis- 
tïDCtes : [i'abord le fond matériel de cetle dccou- 
TFiie, entrevue depuis lonjjlenips, confinnËc et 
iliknontrée tout récemmeut, sans que I.inné </ 
eût aucune part; tecondcment, l'application que 
ce MturalialG en avait faite pour établir son sys- 
tème. On ne pouvait &e dispenur de rCi;ilider 
celui-ci comme trëi-lngénleu^ ; mais oa L'AI lu 
SUIS Mirpme qij'un vétéran, accoutumé dès son 
oiGuice aux m^tbodei de Ray, de Toumerort et 
deBoèrhdaTe,trouvJit que la science pentaitplus 
qu'tA ae gag^t en adoptant ce nonvel arran- 
geaMot. ALitoo, d'nn autre câté, montra une 
panile fmpulÛité «n (àisAUt imprimer tcxtud- 
tamt dons ton ouvrage les Funttnntrnta bo- 
taniai de linné, dont il recommanda furtemcut 
Il kctnre à ses «lèveg. > 

On t encore d'Alstan une dissertatton sur i'é- 
tain, comme antlidmlatbique ; une dissertation 
Hr roplom, et le récit d'un cas d'extntvasion de 
uns diule péricarde, imprimés dans les Essais 
de médedae d'Edimbourg (ffifinAur; A médical 
A((i]U}.&i 1743, Alston découvrit dans la cliaui 
ytre une propriéW qui le portait * croire qne la 
brultéde 11 chan^ calcinée n'était point épuisée 
far la déilUtioD ( addition d'eau) : les preniièrcs 
aptnitioni de ce paradoiLe, comme il l'appelait, 
hrent eonimnniiinées l ta Sodété royale, et en- 
Hiite imprimées dans le 47* volume des Transnc- 
fioiupAiJMqpAi;ii«.Cet(eopiniontutcontfstée, 
et Iid attira une controverse avec le dodenrWhjtt, 
sm ami et cnllègue. Après avoir continaé ses 
expériences et étendu ses observations, il publia, 
en 17&!, sa Dùsertation sur la chaux vive et 
tUT teau de cAnux, réimprimée en ITS4el 17ô7, 
dan£ laquelle il répond aux critiques de VFliytlj 
et , q)rès avur Tait l'énumérafion des diverses 
maladies dans lesquelles on avait trouvé l'eau de 
chODX utile et eTIlcace, il coaBrnie l'opinion de 
nMi collègue rclatiieraeut aux vertus liltiotrip- 
tiques de cette solution. 

Les leçons d'Alstou sur la matière médicale 
avaient été mises en étal d'être imprimées avant 
ta mortj elles furent publiées sous le titre 
■iiivaiit ; tectttns on Ific niateria medica, can- 

l Imning thenatural history oj dnigs, etc.; 

j tdimboarg, en 3 vol. io-i", 1770. Le célèbre 

Mmiste espagn(d,'MutJs, ami d>'. Linné, a 

' é,eBboDoeur d'AlsIon, \e nom à' Aie lonla 

genre de plantes de l'Amérique. H 



ILvroK 01 ALLSTOH {William), peintre, 
Mit des États-Unii, mort en 1B30. U T«st« 
Vtique tenqw k Bume , et s'est Tait remarquer 
pr M( laUcanx de pays^es. D a aossi publié un 
■«ne iotitnlé BinU lo soung Praclioners 
'^thttludy ii/ Laiulteape-Pamms; IS14, 



Jllgm. Aanltlrr-liiic 



rtcilcklr 4t 



Ai^TOBPH (Jean), antiquaire liollandais, 

né vers l(iSO k Grouingne, mort en I71'J. Il 
étudia les langues anciennes et 1« jurisprudeuoe 
i l'Université de Harderwyk. On a de lui ; 
\° Diticrlalio phiMogica de Lectica ;iubjici' 
tur de Lixticis If lentm Diatriàa ; Amslerdam, 
I704,in-I2,avecû|;.;— y Diaert. juridica de 
<isylit;GTon.,i70l,ia-i°i—3°Coiijeclancaphi- 
tolagica super nanuito CHia in vienoriam obsi' 
dionisûl libûralionisiirbis Groniuga'un. 1870; 
Gron., 1719,10-4°; — i' De Hatltt vetemm; 
Ameti'rdani , 1767, in-A", figures. L'auteur 
monrnt pendant l'impression de cet ouvrage, 
qui traite de l'oriipBc, des usage* et des dilTc- 
rentes Tonnes de piques, 

alSTrOmbR on «LfiTkdM [Jm-nas), a;;ro- 
nome et industriel suédois ; né le 7 janvier ifiii 
à Alingsas dans la Ve^terguHiip , mort le î juin 
1761 JiStocklMlm. Sépanvre.il vint jeune à Lon- 
dres, où il se RI courtier de commerce , et gagna 
bifintôtune fortune considérable. Il remploya en 
grande partie à la prospérilé de sa patrie, en y 
Introduisant divers procédé» industriels. Après 
s'être assodé â Nicolas Sahlgrcn, directenr de la 
compoRnie des Indes, pour fonder nne grande 
maisœi de commerce à r.ollienbourg, il parcourut 
l'Allemagne , la Hollande e( la France , pour étu- 
dier les maniifaduret de ces pays et les plantes 
aptesà être cultivées en Suède. De retour en 1723, 
llétablitA Sioklaunc fabrique d'impressions sur 
coton. L'anni^ suivante il fonda une fabrique k 
IJs'^r les bu. Plus fard, il ajouta i ces élaldls- 
lements des raffineries de sucre, des manorae^ 
tures de tabac, des teinturerie!: , des fabriques 
de drap et d'autres étolTes. Il fit ensuite venir 
d'Espagne. d'Angleterre eld'Eydcrstedt, diverses 
races de bétes à laine, et même des chèvres 
d'Angora. Tons ces étaldissements se trouvaient 
réuDis à Alingsas , oîi AlstrAner culdrait aussi, 
le premier en Suède, des pommes de terre. Il in- 
tiDduisit dans son pays ^osicurs plantes tinc- 
toriales, telles que la giude et le pa'^tel. La 
coutellerie , la taiaierie , la conslniction des rais- 
seaux lui doivent aussi d'importantes améliora- 
tions, de même que le filage de l^ne et de soie, 
pour lequel il lit venir des Hinises d'At^sleterre. 
En 1739,11 contribnaà la fondation de l'Acadé- 
iniedes sciences de Stockbolm, dont les pre- 
mières séances (brent ternes dans sa maison. 
Parmi les rix premieni membres de ce corps sa- 
vant Qgnre le célèbre Linné, amf intime d'Als- 
tr6m. En 1749, un incendie détruisit une grande 
partie de ses établissements, qui furent, recoas- 
truits aux frais de l'Etat. En 1751, lors du con- 
ronnement du noovean roi, il tiA anobli et son 
Dom Alttr6ra changé en celui d'Alstromer. En 
1760, sa statne fui placée dans le palais de la 
bonTM avec l'inscription ; Janat KULramia^ 



«8 ALSTHCEMER 

arttum/abriliUM in patria instawator. Dtx- 
huit cents peraonitel étaienl occupées dans nés 
filatures de «ofe et de laine i l'époque de m 
mort. On a d'AlttrOmer (en saédois) : Gmde 
du berger avec un appetidUe tur tes pom- 
mes de terre; Stockholm, 1737, in-ll; — 
Secrets de l'élève des moutons; iUd., 1733, 
in-S' ; — ta Prospérité /ultire de ta Suède; 
OÂà., 17*5, în-8»; — Jnslruclion sur Feittre- 
titn de3l>rebis;VliA., 174S, iu-B';— SurrÊ- 
iabliuaneKt des bergerie»; ibkl., f7&9; — 
— Instruction pour la culture dis pommes 
de terre ( sant date ). 
Itrficr, ^mlvulu-Tiil Sfttr C. Alitràmur. - Anrl- 



tUeUUIcrariichtl Hanàiitch. J, I 

alstiOmk* {Clai ou Claude), botaniste 
anédois, GIi du précédent, né le 9 août 1738 à 
Alingeas, mort à Gasewadsbolm le 5 mars 1796. 
11 rut enTojé à l'uaiTerBité d'Upsal arec ses 
deux frères aînés Auguste et Patrick, et s'appli- 
qua paiiiculièrement aux acieoces naturelles sous 
la direction de Linné, Waller et Berch. Il jr ent 
pour camarades et émules Forskal, Bergman el 
Solaoder, En 17&0 , Alstrômer se rendit en Espa- 
gne, avec des lettres de recommandation de Linné. 
Après aToir parcouru pendant quinze moii les 
montagnes de la pi^rnsule hispanique, il arriva 
m Praoce au moisde novembre 1761, visita ce 
pajs, ainsi que l'Italie, el revint en Angteterre, 
«n repassant par Paris. Son séjour h Londres se 
prolongea jusqu'au mois de juin 1764, et au 
mois de Doverobre de la mtme année il était de 
r^ar à Alingsas. Ces longs voyagea, semés de 
laborieuses recherches scienliAquei, avaient pro- 
fondément altéré la unie du jeune botaniste 
Miédois. Peu après son retour dans sa patrie, il 
Dit atteJQt d'une sorte de paralysie qui linil par 
le priver de l'usage de ses membres. Alatrdmer 
avait eu soin de noter toutes ses observations 
pendant ses royages. Mais ce journal précienx 
périt malhenreusemenl presque en entier dans 
un JDceodie. Les fragments conservés par Dubb 
(Biographie d'Àlstràmer) prouvent que le bo- 
taniste d'Alingsas possédait des connaissances 
étendues, et que, non content d'étudier les pro- 
ductirais de la nature, il obaerrait avec beaucoup 
de awn lea arts et les maonlactum dea pays 
qu'il parcourait On a de lui de nombreux ar- 
ticles dans les Mémoires de l'Académie des 
sciences de Stockholm, el un discours pi'O- 
Doncé en qualité depréaîdentde cette Académie. 
( Tal om dea finulliga Fâr A/veln; Stockholm, 
1770, bi-S".) C'eat l'ouvrage le plus Important 
d'Alstrfimer, Il y expose les résultate de ses 
études sur les troupeanx de la péninsule hispa- 
nique, et lir« de ses kmgueH et minutieuses ob- 
servations de hautes considéralions physiologi- 
ques. Linnée donna en l'honneur de son disciple 
et ami le nom d'Alstranieria k un beau genre 
de plantes de la famille des Amargllidacéfs. 
L. J. 



(Elias), pemlre alle- 
mand, vivait k Tutàngue dans la seconde moi- 
tié du seizième siècle. On a de lai une lérie de 
portraits des professeurs de l'nnivcrsitd de Tn- 
Ungue, gravés sur bois, el pubUés août le Htte : 
Imagines ProfessoruM Tublngentium ; Tab. 
1S95, fn-i". 

m ftarMMUr ^tntt. - Hurler. ;Vnw JUfem. Câmil- 

tLT (François-Joseph-yicolas, baron B'), 
historien suisse, né k Fribourg en I6S9', mort 
le 17 férrier 1771. D'abord militaire au Mrvicc 
d'AntrIche en 1718, il rentra bienl<H dans ses 
foyers , et devint avoyer de son canton. Il a 
publié une Histoire de la Suisse en dis volnines 
iD-S'ïFribourg, 1750 ï 17 j3.Zurlauben apprécie 
ainsi cet ouvrage : « L'entreprise de M. le baron 

■ d'AJt mériterait de plus grands éloges, si, indi- 
K pendammenl deslïiules trop mulli)ili&es contre 
« la langue française, il avait appuyi5 les bi^s 

■ de son Histoire sur des preuves et snr une 

■ saine critique; s'il avait retranclié les bits 
■I étrangers à l'histcHre de la Suisse, qui remplit- 

• sent une grande partie de sonouvrage; s'il av«l 

■ mieux fait connaître le gouvernement de la 
" Suisse, et plus exactement décrit la topographie 
« de qudques cantons; enfin, s'il avait passé aou« 

• silence les événements incompatibles avec le 
« plan d'une liistoire générale, et sll n'avatt pas 
' épousé avec trop de chaleur la cause des can- 
' tons catholiqucd. » 

ZorLinbcn, Hlilolrt mUlinirt de In JhUw. V[il, m 

ALTAHi, famille noble du Frteul, dont les 
membres étaient d'abord comtes de San-Vllo, 
puis coït les de Salvarolo. Les plus célèbres sont : 

Antoine Ki-Ti^m, prélat et diplomate italien, 
mort k Barcdone en 1450. Nommé audilenr de 
la Rota par le pape Eu|^e IV, il fut 6Ie*é k la 
digniU d'évèque d'Urbin le 8 lïvrler 1438, et se 
distingua dans plusieurs missions en qualité de 
nonce apostolique. Il M envoyé deux fois au 
concile de Bile, en 1431 et 1436; une fois en 
Ecosse, pour rétablir T'andennc discipline ecdé- 
siastique; une autre fois près du roi d'Anglelerre 
et du duc de Bourgi^e, poiv terminer leors dif- 
férends. Il s'entremit aussi pour la p^x «tire 
Henri VI, roi d'Angleterre, et Charles Vil, rai de 
France, cnlMl. Lademière mission it'Altani eut 
pour o^et le mariage de l'empereur Frédéric III 
avec Leonora, InbQtede Portn^. 

MuiDcbtUI, .fertUiiH d'ICotla, — UraU, UMalrUti 



Antoine altahi , wrriommé le Jeune, 
poète italien delà famille des préeédenU, naqnit 
en 1505, et mourut en 1570. Comme la plupart 
des Altani, il étudia à Padoue, puis il revhit i 
Castello (li Salvarolo, oii il partagea son tonp* 
ntre les lectures tliéologiqueii, la poéwe et la cof 
réspondance avec tes pincipaux savants de l'i- 



ALTANl — ALTAROCHE 



326 



poqud. Sesmanascrits, recueilis après sa mort 
par le comte Balthazar Altani , son neTeu, sont 
derenas la possession d*ApostoIo Zeno, qui les a 
légués aux dominicains de Venise. Ils portent le 
titre de : Rime e prose spirituali, e volgari 
insieme con alcuni peomi Latini del conte 
Antonio Altano di Salvarolo. \. R. 

LlroU, Hist. det hommes illustres du Frioul. — Hai- 
xacbelll, ScrUtùH d'itatia. 

Henri altani, surnommé le Vecchio (l*alné), 
poète dramatique, mort en 1648, a composé plu- 
sieurs tragédies ( VAmerico, la Prigionera, etc.) 
inédites. 

Benri altahi, surnommé il Giovane (le 
jeune )« né en 1653, mort en 1738, a publié 
lliistoire de sa famille sous le titre : Memorie 
d^ signori Altani, conti di Salvarolo , 1717. 

MazxaefeelU, JcrICtori d^ltalia.— Tfrabotichi.— Caloge- 
n. RacoUa di opuscol seierUiJicisJltologiei, 175S.— Cres- 
cbnbeoi, Storia délia volçar poesia, 1. 1, S7i ; t. IM. — 
Qoadflo. JMIa itorta e delUs raifione dCogni poesia, 
ptff-lM. 

*ALTAPHL1S1 (Hobaïsch), médecin juif, 
dont nous avons un recueil d'aphorismes parmi 
les manuscrits de la bibliothèque Boldéienne 
d'Oxford. On ignore la date de sa naissance et 
de sa mort. Son recueil, écrit en arabe avec des 
eandères liâ)reux , porte la date de Tan du 
monde 5295 (1535 de J.-C.) 
Un», Catalog. mss. orientai, bibl. Bodteian, 

ALTAEDJBMAN, c*est-à-dire interprète 
{Sallam), Toyageur arabe, vivait vei*s le milieu 
du neuvième siède. H fut chargé par le khalife 
Vatdi-BiUah d'aller explorer les régions si- 
tuées an nord du Volga, de la mer Caspienne 
et da Yaxarte, limites qui n'avaient pas en- 
core été dépassées par les expéditions musul- 
manes. Sa mission avait surtout pour objet 
de rechereher les peuples de Gog et de Magog, 
dont fl est parié à la fois dans la Bible et dans 
le Coran. Altardjeman se rendit en Arménie et 
m Géorgie; il traversa le Caucase, visita les 
Kboxars, qui, à cette époque, formaient un 
État florissant; tourna la mer Caspienne; et, 
l'^Tançant vers l'Oural et l'Altaï, il eut occasion 
de traverser des contrées qui n'ont été explorées 
que dans les temps modernes. Il revint en Mé- 
lopotamie, par la Bokharie et le Khorassan. La 
rebtioD de ce voyageur nous a été conservée 
pir Édrîsl^et par d'autres auteurs. Malheureu- 
wment elle est surchargée de récits fabuleux, et, 
dès son origine, elle excita l'incrédulité desmu- 
adroans eux-mêmes. 

M. Setnaod . Géographie d'Àboulfeda . 1 1. Introdve^ 
thu. — Edrisl. Géographie, trad. de M. Amédée Jtabert; 
hris, i Tol. ln-4«. 

^ÂLTAftOCHB (Marie-Michel), littérateur 

IrançaîSy né le 18 avril 1811 à Issoire, départe- 

nent du Puy-de-Dôme, où il fit ses études au 

QoUége communal , est fils d'un avocat distingué, 

fii le destinait au barreau. La vocation littéraire 

dttjeone étudiant et les événements de 1830 en 

^^ddèrent autrement. Il vint à Pai'is peu de 

ROGV. BIOCR. UNIVERS. — T. H. 



temps après la révolution de juillet, et aban- 
donna l'étude du droit pour se jeter dans le jour- 
nalisme. 

Le Courrier des Électeurs, et pUi<; tard les 
Communes , la Révolution de 1830, le Diable 
boiteux, fondé par le colonel Lennox , la Tri- 
bttne, le Populaire, le Journal du Peuple, In 
Caricature, le National et le Commerce, lo 
Courrier Jrançais et le Siècle (ces trois der- 
niers pour le feuilleton ) , le comptèrent succes- 
sivement au nombre de leurs collaborateurs, jus- 
qu'en 1834; époque à laquelle il entra au Chari' 
vari, qu'il avait contribué à fonder (et que di- 
rigeait alors Louis Desnoyers), mais dont il p/it 
bientôt la rédaction en chef, qu'il a exercée sans 
interruption, avec un esprit toujours plein d'o- 
riginalité et une verve inépuisable, jusqu'au 
24 février 1848. Ce journal plaisant, dont la dé- 
pense quotidienne de causticité gaspillait en 
quelques mois les trésors d'une imagination ri- 
chement dotée, vécut durant qiuitorzc années 
des spirituelles saillies et des mordantes épigram- 
mes d'Altaroche, sans absorber l'exubérance de 
ce génie railleur, qui ouvrit même d'autres issues 
à son intarissable fécondité. 

C*est ainsi qu'en dehors de sa tâche de clia- 
que jour, il produisit en 1834 , dans Pcaris révo- 
lutionnaire, une étude historique remarquable, 
intitulée Peste contre peste ; et, dans Paris au 
dix-neuvième siècle, des études de mo»iirs, 
V Avoué de Paris et les Commissaires de police ; 
— en 1835, un petit volume de Chansons poli" 
tiques (in- 18), qui dut au mordant de ses cou- 
plets l'honneur d'une seconde édition bien vite 
épuisée ; — en 1836, un second volume de Chan- 
sons politiques (in-32), qui eut trois éditions; 
—'une comédie-vaudeville en un acte, Lestocq, 
ou le Retour de Sibérie, représentée sur le théâ- 
tre delà Porte -Saint-Martin le 14 ao()t, sous le 
pseudonyme de Dupuy, et en collaboration avec 
M. Laurencin (Chapelle) (grand in-8*, à 2 col. ; 
Paris, 1836); — en 1837, des Contes démo- 
cratiques (Paris, in-32 ), dont plusieurs avaient 
déjà paru dans divers journaux, et qui obtinrent 
trois éditions successives; — en 1838, les Aven- 
tures de Victor Augerol , ouvrage en deux vo- 
lumes in-8'* , bourré d'aventures à la Faublas , 
dontlebut est peut-^tre moral, mais dont la lecture 
serait assurément pernicieuse pour des imagina- 
tions irréfléchies; — enfin la Rtforme et la Ré- 
volution (Paris, 1841, 1 vol. in-32), deux études 
historiques, l'une sur le pape Alexandre VI et 
les Borgia', l'autre sur Louis XV et sa cour, 
avec cette épigraphe, qui révèle l'espritde l'œuvre 
et la pensée de l'auteur : « La réforme est née 
« des fautes , des abus, des vices et des excès 
« de la papauté; la révolution est née des fautes, 
« des abus, des vices, des excès et des crimes 
« de la monarchie. » 

M. Altaroche fut aussi l'un des auteurs du 

Dictionnaire politique, dirigé |)ar Gamicr-Pa- 

ès 'eune et l'un des collaborateurs de l'Arma* 



nr 



ALTAROCHE — ALTENSTEIN 



»8 



nach populaire , auquel il a fourni, de 1836 à 
1848, un morceau chaque année. 

n a pris part à la fondation de la Société des 
gens de lettres, au comité de laqudle il a été 
élu quatorze fois; et il était, en 1847, secrétaire 
du comité de l'association du Mont-Carmel, 
formée pour protéger les chrétiens d'Orient. 

En 1848, nommé commissaire du gouverne- 
ment provisoire pour le département du Puy-de- 
Dôme, son pays natal, fl se porta candidat anx 
âecUons du 23 avril , et Ait au le premier de la 
liste, et à la presque unanimité , par cent onze 
mille suffîrages. Sur les questions de principes 
soumises aux scrutins de la constituante, M. Âl- 
taroche. vota constamment avec la droite, n 
n'obtint pas de nouveau mandat pour l'assem- 
blée législative. 

En 18S0, le 21 août, il remplaça M. Bocage 
dans la direction du second Théfttre-Français 
(Odéon), qu'il a conservée depuis lors, et dont 
la possession, longtemps contestée par son pré- 
décesseur. Tient de Id être confirmée par un 
arrêt du nouveau conseil d'État. 

En résumé, l'ensemble des productions de 
M. Altarochc dénote une imagination riche, ac- 
tive, capricieuse, qui bondit sans frein dans 
les champs de la fantaisie, improvise toujours, 
et ne travaffle presque jamais. Les exigences de 
la critique quotidienne ont d'abord éveillé puis 
entretenu en lui une surexcitation de génie propre 
â enfanter, à l'heure dite, de charmantes créa- 
tions qu'une conception plus lente eût peut-être 
rendues viables, mais que le vent emporte avec 
la feoflle du Jour; la promptitude d'édosion a 
fait de ses oeuvres de brillantes éphémères. 
M. Altarocfae enfin a trop de facilité pour être 
jamais un littérateur sérieux, et trop de malléa- 
bilité pour résister longtemps aux pressions de 
parti. Ce n'est ni un grand écrivain, ni un homme 
p(^tiqtte; c'est un homme d'esprit 

J.-F. Destigity (de Caen). 

Qaérard,/a France Uttéraire, complémeat 
ALTDOEPKft {Albert), peintre allemand, 
né à AHdorf, près de Landshut, en Bavière, 
en 1488,mortàRatisbonneen 1538, élève d'Al- 
bert Durer ; fl était à la fois peintre et graveur, 
et prit le nom de sa ville natale , qu'il ne ftiut 
pas confondre avec Altorf, dans le canton d'Uri. 
On le connaît en France sous le nom du Petit 
Albert. Parmi ses peintures on distingue la Vic- 
toire d^ Alexandre sur Darius , an musée de 
Schleissheim , et la Naissance du Sauveur, à 
la galerie impériale de Vienne. Bartsch indique 
de cet artiste quatre-vingt-seize gravures sur 
acier, et soixante-trois sur bois. [Bne. des g. 
du m.] 

Helneken, I>ietionnair9 dei artistes.— Stnitt, Dictio- 
narif of tngravers. — BarUcb, le Peintre graveur. 

ALTEif ( Charles-Auguste, comte de), géné- 
ral hanovrien, né le 20 octobre 1764 , mort le 
20 avril 1840. H entra fort jeune dans le service 
militaire , se distingua en Espagne sous le duc | 



de Wellington, qu'Q aida plus tard à la bataille 
de Wateriioo , et ftit longtemps ministre de la 
guerre du roi de Hannovre. 
ConverscMon-Lexiccn. 

ALTBNHBTM. Voycz SouMET {GahHélle), 

^ALTBIfSTEIG OU ALTBHSTAIG (JeOh)^ 

théologien allemand cathdique , vivait dans la 
première moitié du seizième siècle. H fut quel- 
que temps professeur à Tubingue, et a publié : 
Vocabutarium vocum qux in operUms gram- 
maticorum plurimorum continentur; Tûb., 
1508, in-4<*; Hagenau, 1512 et 1515, nF4''; — 
Vocabularium theologicum; Hagenau, 1517, 
in-fol. ; — Commentarius in Henrici Bebelieà 
Triumphum Veneris ; Strasbourg , 15 1 5 , in-4* ; 
— Ars Epistolandi ; Hagenau, 1512, ii^*. 

JOeher, Mlçemeines Ceiehrien-Lexicon, ï, SM. avec 
Ir Supplément d'Adeluog. — Bnch et Graber. Angàne^t^e 

Encyclopstdie. 

* ALTExsTEix ( le harou Charles S^emn*), 

ministre d'État prussien, né le 7 octobre 1770 à 
Anspacli, mort à Berlin le 14 mai 1840. fl étudia 
la jurisprudence à Erlangen et entra dana les af- 
faires en 1790 , sous l'administration du prince 
de Hardenberg, qui l'appela à Berlin. Il avança 
promptement , et fut nommé en 1806 conseiller 
privé des finances. Pendant la guerre de 1806, 
il suivit la cour à Koenigsberg, où il se fit remar- 
quer par une grande activité. Après la paix de 
Tiisit, il concourut avec zèle et talent à la léoiga- 
nisation du royaume de Prusse. Altenstein déve- 
loppa dans cette circonstance , non-seukmeiA 
les qualités d'un homme très-versé dans les af- 
faires administratives, mais encore les vue» 
sages et profondes d'un philosophe qui avait su 
se mettre à la hauteur de son siècle. Aussi a-t-il 
puissamment contribué à l'introduction de nom- 
breuses améliorations et à la suppression d'ua 
grand nombre d'abus, n insista surtout sur l'a- 
doption du principe de l'égalité des citoyens 
devant la loi, et sur l'abolition des privilèges de 
la noblesse. Après le retour de la cour à Berlin^ 
Altenstein fut successivement chargé de diverses 
fonctions administratives; il eut une grande 
part à la fondation de l'université de Berlin 
en 1809, et devint à cette époque miniatre des 
finances. Lorsque Hardenberg reprit la direction 
suprême des afiaires, Altenstein s'en éloigna et 
vécut dans la retraite jusqu'en 1813, <»ù il fiit 
nommé gouverneur de la Silésie. En 1815, il 
accompagna le chancelier à Paris , et dirigea 
tout ce qui avait rapport aux réclamations de 
la Prusse. La même année, U fut nommé mem- 
bre de la commission chargée de déterminer les 
limites des possessions prussiennes en West- 
phalie et dans les provinces rhénanes. En 1817, 
il fat appelé au ministère des cultes, de rinstruc- 
tion puldique et des affaires médicales. C'est sur- 
tout dans ce poste important qu'il a rendu à 
son pays les pÂus éminents services. Protecteur 
édairé des lettres et des sciences, c'est sous sa 
direction qu'a été fondée l'université de Bonn , 



ALTENSTEIN — ALTHEN 



330 



que beaucoup de gymnases furent ouverts ou 
réorganisés , et que cPutiles réfonnes ont été in- 
troduites dans diverses branches de l'instruction 
publique. H régla aussi les rapports . de l'Église 
cattu^que, dans les provinces nouvellement ac- 
quises, avec le gouvernement central. Altenstein 
Ait Tun des plus zélés partisans du célèbre phi- 
losophe Fichte. [£nc, des g, du m. ] 

Prtusttni Staatsmdnner, I, Il et IV. — Ntme Jchr- 
Mleher/ar Philologie und Paedagogik, XXIX, p. SS6. 
— Bilan, CeseMehte Deutsehlands von ISOe-tSSO. 

ALTBA {Franç€is-€harlcs)f savant jésuite 
aDemand, né à Engelsberg, en Silésie, en 1749, 
mort à Vienne le 29 mars 1804, professeur de 
langue grecque au gymnase de Sainte-Anne à 
Tienne. Il s'occupa particulièreroent de philolo- 
gie etd*exég^. U a publié on très-grand nombre 
de dissertations ou articles insérés dans les Me- 
morabilien de Paulus, et Allgem, Litterat. 
anseiger de Leipxig. On en trouve dans YAl- 
Umagne savante de J.-G. Meusel. Les prin- 
dpain ouvrages sont : 1* Normm Testamentum, 
ad codicem Vindobonensem grœce exprès- 
nrm .- varietaiem leetionis addidit F.-C. Al- 
ter, professer gymnasii Vindob.yt 1, 1786; 
t. n, 1787, in-8* : cette édition a pour base le 
codex LambecH /, de la Bibliothèque impé- 
riale à Vienne ; — 2* une traduction allemande 
de la Bibliographie classique d'Edouard Har- 
voody arec des notes; Vienne, 1778, in-8*; — 
3* les Tariantes quil a tirées des manuscrits 
de Is Bibliothèque impériale , et dont il a en- 
richi les éditions qu'à a données de Cicéron, 
QusesL aead. Tusc, De Fin, et de Faio (1786, 
in-S*) ; Lucrèce, De Rerum Natura ( 1787 , 
iB-8* ); Homère, //ios (t. I, 1789, in-8% t H), 
et Odffssea et min. Poem. ( 1794) ; — 4<> quel- 
qMs dialognesdePlatoB, 1 784, in-8* ; — S'^Thucy- 
ëâe (1 785, in-8*) ; — 6"* la Chronique de George 
Pbrnza on Phrantzes, grand logotèthe de 
Oenstantin; Vieme, 1796, in-foL; — 7* nneiVo- 
060 MUT la Uttérature géorgienne (en aile- 
■nd, «tee une gravure. Vienne, 1798, in-8*). 

Mael. CêUkrt» auêd^mOrdender Jetuiten, p. in. — 
iittmetm UUrmtwr-ZêUung, 1804. — /utemptiuMotl, 

iLTBAMBa { André) ^ connu aussi sous le 

nom de Paldo Sphyra ou de Andréas Bren- 

^, était né en 1498 à Brentz, près de Gun- 

ddfingen, en Souabe, mort à Anspach vers 

1540. n ftat pasteur luthérien à Nureniberg et à 

Aiupacb. n prit une part active à la cause de 

Il réfonne, et fut consulté dans les controverses 

ftédogiqoes de l'époque ; U assista, en 1527 et 

IttB, au coOoque tenu à Berne , sur le mode de 

lipréseDoe du Christ dans la sainte cène. Il a 

PÂUé : 1* Diallage, sive conciliatio locorum 

^pturx qui prima /acte inler se pugnare 

•Wenliir, centurUs II; Nuremberg, 1528, in-8' ; 

-^ 2* Seholia in Tacitum, de Situ et Mo- 

***« Germanorum; Nuremberg, 1529, in-4% 

'^primée dans le Germanicarum Rerum ve- 

mtUfres Chronographi de Simon Schard , 1. 1. 



u Tle d'Althamer daoi Hittoria mo/ntotUrii Esal, de 
Arn. Ballenittad« MkO. - Le Met. de Bayle et l'Histoire 
dv Imthéranitmet par Seckendorf. 

* ALTHEX {Ehan ou Jean ), introducteur de 
la garance en France, né en Perse en 1711, mort 
en 1774. Le luxe et l'opulence entourèrent son 
berceau et les premières années de sa ^ie. Fils 
d'un gouverneur de province, il put rêver le plus 
brillant avenir, et se promettre de succéder aux 
dignités de son père, qui avait représenté son 
souverain à la cour de Joseph I*'. L'usurpation 
de Thamas-Kouli-Khan vint bouleverser l'empire 
persan, et renverser la fortune de la (kmille Al- 
then : elle fut massacrée, hormis Ehan ou Jean , 
qui par la suite échappa à la proscription; mais 
ce fut pour tomber aux mains d'une horde arabe 
qui, sans pitié pour son Âge, le vendit comme 
esclave. 11 fut conduit en Anatolie, et, pendant 
quatorze ans, U travailla à l'exploitation de la 
garance et du coton; mais la dure condition de 
l'esclavage ne put abattre son courage, ni arra- 
cher à son cœur les souvenirs du passé, l'espoir 
d'un meilleur avenir. Doué de ce caractère per- 
sévérant, de cette énergie réelle que les obstacles 
excitent, il parvint à fuir la demeure de son 
maître, et se réfugia à Smyme , auprès du consul 
français. Là il fut mis en relation avec l'ambas- 
sadeur de France auprès de la Porte; l'ambas- 
sadeur écrivit à la cour de Versailles, et Jean 
Althen s'embarqua sur un navire qui faisait voile 
pour Marseille. U emporta avec lui de quoi payer 
largement l'hospitalité de la France : dans son 
modeste bagage, il avait caché de la.gFaine de 
garance, ravie au sol de Smyme. En agissant 
ainsi, il jouait sa tête : l'exportation de cette 
précieuse graine était punie de mort La fortune 
le favorisa : il échappa à toutes les recherches 
d'un pouvoir ombrageux et despotique. Mais, 
arrivé à Marseille, il ne rencontra aucun appui 
dans cette cité; le manque d'argent l'empêcha de 
partir pour Versailles, où les recommandations 
de l'ambassadeur étaient d^ oubliées. 

Le Persan ne se découragea point : il savait ce 
que peut une volonté énergique; il attendit tout 
de ses eflbrts et du temps. U fatigua les agents 
du pouvoir de constantes sollicitations. Le hasard 
le servit mieux que toutes ses démarches auprès 
de l'autorité. Il était jeune et beau; une jeune 
fille de Marseille remarqua l'étranger : eUe devint 
son épouse, et lui apporta une dot de vingt mille 
écus. Personne à Marseille ne s'étonna d'un ma- 
riage dont les exemples se reproduisaient firé- 
quemment : d'ailleurs, Althen embrassa la reli- 
gion catliolique. 

Il se rendit alors à Versailles; la correspon- 
dance de l'ambassadeur et du consul, qu'il invo- 
qua, lui ouvrit l'accès des salons ministériels : il 
obtint même une audience de Louis XV. Cette 
audience dura deux heures, et le langage judi- 
cieux du Persan (hippa vivement l'esprit du 
roi, qui ne manquait pas de justesse et de ^- 
nétration. AUtoi teçoX \^ icÀ&^\Qiiv o^çi^'^ %^^^ 



331 



ALTIÏEJS — ALTHUSEN 



983 



tait, n voulait introduire un nouveau système 
de culture et de fabrication de la soie. 11 établit 
son exploitation auprès de Montpellier; mais les 
préjugés des populations ignorantes ou prévenues 
entravèrent ses efforts; Louis XV Toublia; le 
gouvernement, absorbé par de graves intérêts, 
ne lui transmit aucun secours pécuniaire. Al- 
then dévora en infructueux essais le patrimoine 
de^ femme. H écrivit, il sollicita, il fit plusieurs 
voyages à Versailles : on le repoussa constam- 
ment. 

n retourna k Marseille. Dans ses diCTéreuts 
voyages, il avait traversé plusieurs fois le comtat 
Venaissin ; la nature du sol Tavait frappé par son 
analogie avec le sol de Smyme et de TAnatolie : 
même température, même climat. O pensa que 
la garance réusrirait merveilleusement dans le 
Comtat. Avec cette promptitude qu'il apportait 
à toutes ses décisions, il vint, après avoir réalisé 
les débris de sa fortune , à Avignon , dont le ter- 
ritoire faisait alors partie des États de TÉglise. 
11 y rencontra un puissant patronage dans ma- 
dame de Clausenette, qui Tautorisa à tenter un 
premier essai sur une de ses terres. La garance 
réussit, et en 1762 le marquis de Seytre-Cau- 
mont donna l'hospitalité à la famille Althen. De 
1702 à 1774, le Persan résida dans une petite 
maison qu*il tenait des bontés de son protecteur. 

En 1765, un autre essai de culture de garance 
tai tenté sur la rive gauche du Rbône, dans une 
terre de M. de Caumont : cet essai réussit, mais 
les débouchés n'existaient pas encore. 11 fallait 
qu'Avignon et le comtat Venaissin fussent réunis 
à la France; il fallait l'immense essor de l'in- 
dustrie du coton, résultat du blocus conti- 
nental ; il fallait le développement de toutes les 
manufactures; il fallait enfin le concours de 
ces diverses circonstances pour que le dépai*- 
tement de Vaucluse récoltât , année commune , 
vingt millions de francs de garance, valeur agri- 
cole, sans compter les bénéfices de trituration 
et de commission qu'en tire le commerce. Un 
fait suffira pour caractériser l'immense service 
rendu au Comtat par Althen : Tout le territoire 
de la commune de Monteux, arrondissement 
de Carpentras, a depuis centuplé de valeur. 11 y 
a cinquante ans , on jouait aux dés , on échan- 
geait contre un dîner un carré de terre qui cons- 
titue aujourd'hui la fortune d'une famille. Ces 
résultats, Althen put les pressentir pendant 
qu'il s'éteignait dans un état voisin de l'indi- 
gence, n mourut à Caumont, laissant une fille 
unique qui mourut pauvre comme son père. 

« Je me souviens confusément, ajoute M. Al- 
phonse Rostoul, d'avoir vu cette infortunée. Elle 
était grande et maigre; elle portait sur toute sa 
personne l'empreinte de la souffrance et de la di- 
gnité. Des travaux de couture suffisaient à peine 
à ses besoins. Elle fatigua de ses sollicitations 
nos gouvernements successifs , puis elle mourut 
aussi de misère. C'est toujours avec des larmes 
gue Xai Ju ces quelques lignes qu'elle adressait 



aux habitants du Comtat, dans une supplique 
qui ne fut pas entendue : 

« Une femme infortunée gémit parmi vous 
« dans l'oubli le plus profond et dans la misère 
« la plus grande , et vous jouissez en paix des 
« bienfaits que le ciel daigna répandre sur vous 
« par la main de son père. La fille de celai qui, 
« par son industrie, vous affranchit de Templre 
n du besoin en vous apprenant à fertiliser les 
« champs les plus stériles, sa fille, dis-je, languit 
« en ce jour dans une triste servitude, et gagnt 
« à peine un pain qu'elle humecte de ses larmes. 
« Cependant, dans sa douleur, à qui doit-eOe 
« adresser ses prières? Déjà vingt fois elle a (ait 
« parvenir une voix plaintive jusqu'aux oreUles 
« des grands et des princes , et tous l'ont oo- 
a bliée; mais il lui vient une pensée qui la son- 
« tient 5t la console : c'est que vous ignorez ses 
« maux... Elle veut vous les apprendre, certaine.. 
« dans la simplicité de son cœur, que vous ne 
« pourrez les entendre sans vouloir y porter au 
« moins quelques faibles remèdes... » 

Enfin, en 1821 , le conseil général de Vau- 
cluse se souvint d*Althen , et, pour acquitter la 
dette de la reconnaissance, vota une tablette de 
marbre avec cette inscription, qui fut placée dans 
le musée Calvet, à avignon : 

A Jean Allben, 

Persan, 

Introducteur et premier culUrateur de la séance 

Dans le territoire d'ÀTlgoon, 

Sous les auspices de M. le marquis de Caamont, 

CD M. DCC. LXV, 

Le conseil général de Vaucluse. 

M. DCCC. XXI. 

Le jour où l'on posait cette tablette de marbre, 
la fille de Jean Althen mourait à l'hôpital. 

Alphonse Rostoul, dans PortraiU et histoires dêt 
hommes utiles , publiés par la Société Montyoo, t II, 
p. 148-lSt. 

^ALTHOF {Louis-Christophe), médecin al- 
lemand , né à Detmold en 1758, mort en 1832. 
Il étudia à Halle et à Goettingue, et s'établit en 
1801 à Dresde, où il devint roédedn du roi de 
Saxe. On a de lui : Observadones defébrepe- 
techiali, Diss. inaug,; Goetting., 1784 , iii-8*; 
— Praktische Bemerkttngen iiber einige Arz- 
neymittel; ibid., 1791, in-8'* (observations 
de matière médicale , principalement sur le mer- 
cure, l'arsenic et la douce-amère ) ; — Pro- 
gramma de efficacia terrx ponderosœ salitx; 
ibid., 1794, in-4«; — Comm, de cautelis qui- 
busdam in corporis motitatione haud negli- 
^renc/is; Wetzlar, 1788, in-8«; — traduction al- 
lemande de S. Gallini Saggio d'Osserv.j Beriin, 
1 794, et de J-. A. Murray, Apparatus medicami- 
num; 5 vol. iii-8», Goetting., 1792. 

CalUsen, Medic, Schriftsteller-Lexicon. 

ALTHORP ( lord ). Voy, Spencer. 

ALTHUSfiN OU ALTHUSivs {Jean ) , célèbre 
jurisconsulte hollandais, né en 1557 à Emden 
dans rostfrieslande , ou, selon quelques-ims, à 
Diedershausen, dans le comté de W'ittgenstein- 
Berlebourg, mort à Emden en 1638. Il étudia 



3S8 



ALTHUSEN — ALTING 



m 



k runiversité de Bâle, et devint , yers 1590 
pirofessear de droit à Herborn. Il rerasa une 
chaire à runiTersité de Leyde, fut élu, en 1604, 
syndic de la Tille d*£mden, et prit une part ao- 
lire aax déméléa de cette yille avec les comtes 
ostfrieslandais Eonon m, Rudolphe Christian, et 
Ulric n. n défendait les libertés civiles et reU- 
gîeoses avec on talent remarquable, qui lui fit 
autant d'admirateurs que d*ennerois. Il s'élevait 
avec ft>ree contre les procès de sorcellerie, 
alora très-communs en Allemagne. Par ses prin- 
cipes politiques, il devança son siècle. Démo- 
crate ardent , il soutenait que les rois ne sont que 
des magistrats {omnes reges nihU aliud esse 
quam mafistratus ) ; que toute souveraineté ré- 
side de droit dans le peuple seul {summam rei- 
publiex eujusvis jure esse pênes solum po- 
pulum) ; fiiSak qu'il est permis de déposer un 
roi et de loi ôter même la vie, dans le cas où il 
n'y aurait pas d'autre remède. Ces principes , 
que la révciutioa française devait, deux siècles 
après, mettre en pratique, furent alors vivement 
applaudis par les uns , et violemment attaqués 
par les aub^. Au nombre des adversaires d'Al- 
thosioson remarque les jurisconsultes Conring, 
Grotins, Ziegler, Boehmer, et le chancelier ost- 
frieslandais Brenneisen. — Ses écrits les plus 
miportants ont pour titres : 1" Jwrispnidentix 
Roman» methodice digestx libri II; Bàle, 
15M et 1689, in-S**; Herborn, Iô92etl599, in 8*; 
— 2* avilis conversationis libri II; Hanovre, 
1601 et l«ll,in-8* ; — 3» Diaeologicas libri III, 
totum et universum jus, guo utimur, metho- 
dice complectentes ; cum parallelis htijus et 
Judaiei juris, tabulisqtte insertis , atque in- 
diei triplici; Herixnn, 1617, in-4'' et 1649, 
îi-4*; Francf., 1618, in-4*; — k* Politica me- 
thodice digesta, cum oratione panegyrica 
denecessitate, utilitate et tmtiguitate scho- 
temm; Herborn, 1603, in-8**;Groningue, 1610, 
m4*i Leyde, 1643, in-12; Amsterdam, 1651 , 
«-13. Ccst dans ces derniers ouvrages qu'Althu- 
lias expose les principes que nous venons de 
aeotSooner. 

Iiyle, Dietkmiudr9 kUtoriçuê. — Brennelten. Ostfrie- 
mcàt autorUi Aorteh, 17M,4. i. llb. Vil, p. ise. - Tla- 
4a,G«r«ArtM Oitfritgland, t. II. p.rs. 

«*ALTICHKR10 OU ALDI6IBEI DA ZBVIO , 

lûtre italien, vivait à Vérone dans la seconde 
■Hitié do quatorzième siècle. 11 décora plusieurs 
HUsde sa ville natale, et on cite de lui les 
PMtnits de plusieurs hommes éminents , entre 
artres œfaii de Pétrarque. Son style ressemble 
à ttini de Giotto. 

Vttwl, rite de' pittori. - Lanzt Storia pittorUa 
MteiColta. 

U.TICOZZI { Laurent )f jésuite italien, né à 
Cwtooe, d'une illustre famille, le 25 mars 1689, 
*ort en 1777 à Rome, où il avait demeuré plû- 
tes années. Son principal ouvrage est une 
9fmm$ de st^nt Augustin ; Rome, 1761, 6 vol. 
^*. On a aussi de lui différentes dissertations 
^tet ancienf et les nouveaux Manichéens; 



sur les mensonges et les erreurs d^Isaac Beau- 
sobre ^ dans son Histoire critique des Mani- 
chéens et du manichéisme, etc. 

MazzacbeUI, SeriUorl dritalia, 

ALTicozzi {Menoud'Àngellieri), patike 
de Cortone, publia en 1749, à Florence, VEpi- 
dicuSf comédie de Plante, traduite en vers li- 
bres (sciolti), avec le texte latin, et quelques 
notes du prieur Gaetano Antinori, in-4'*. 

Arfeilatl, Biàlioteea d4gUvolganuatori,yiol.y, éûïU 
dR mun, i7«T. 

ALTiLius OU ALTiLio (Gabriel), poète 
italien, né vers 1440, mort, selon Ughelli, en 1484, 
et, selon Mazzuchehi, vers 1501. La même in- 
certitude existe au sujet du lieu de sa naissance, 
qui fut Basilicate , dans le royaume de Naples , 
an rapport des uns, et Mantoue d'après d'autres. 
Quoi qu'il en soit , c'est à Naples qu'il étudia et 
établit sa résidence. Cette ville était alors -le 
centre des lumières. Grflce à l'appui éclairé d'Al- 
fonse I*% Altilius, d'abord précepteur du prince 
Ferdinand, appeléà régner en 1495, devint évèque 
de Policastro, sous le pontificat de Sixte IV, et 
en même temps, secrétaire du prince Campano. 
n ne reste de lui que quelques poésies, qui suffi- 
sent pour donner de son talent une haute idée. 
Parmi ces compositions, la plus remarquable est 
son épithalame sur le mariage disabelle d'Ara- 
gon , fille d'Alfonse U, roi de Naples, avec Jean 
GaléasSforza,ducde Milan. Giraldi, Jules César 
Scaliger, Sannazar etPontanus, ont unanimement 
loué l'auteur et l'ouvre. Le jugement de Scali- 
ger n'est cependant pas aussi absolu qu'on l'a dit. 
Voici comme il s'exprime : Gabriel Altilius 
Epithalamium cecinit longe optimum , excel- 
lentissimum verofuturum, si sibi ille tempe- 
rasset. Dum enim vult omnia dicere, qfficit 
auditorem aliquando fastidio tanto, quanta 
in aliis voluptate. L'épithalame et cinq au- 
tres compositions d'Altilius ont été imprimées 
dans les Raccolta délie poésie latine de San- 
nazar, Venise, 1533, in-8*, et avec les poésies de 
BazileZanchi ; Bàle 1555, mS"*. L'épithalame seul 
a paru dans les Carmina illustrium poetarum 
italorum, de Matteo Toscano, et dans les Deliciœ 
poetarum italorum de Gruter. 

Mauuchelll , SeriUori d'Itatia, — P. Jove, Elogia 
virorum littris Uluitrtum Bàle; im. ~ Giraldi, De 
PoetU tuorum temporum. — UffheUl, ItaHaioera^ VII, 
S64: Venise, t7t7-t7ts. 

ALTING (Fenri), théologien réformé, né à 
Embden le 17 février 1583, mort le 25 août 
1644. n étudia à Groningue, devint précepteur 
du prince électoral palatin, puis directeur du 
collège de la Sapience à Heidelberg, et signala son 
éloquence et son savoir au synode de Dordrecht, 
où il était député de la part du Palatinat, après 
la prise d'Heidelberg par le général TSIly en 1622. 
Alting faillit y perdre la vie. Comme il gagnait 
précipitamment la maison du chancelier, pour se 
dérober à la fureur de la soldatesque, un lieu- 
tenant-colonel l'arrêta, en lui disant ; « Cette 
hache a fait périr au^outd'VinV ÀVk\>s»fieKfts»\\^ 



S86 



ALTING — ALTOMABl 



236 



docteur Alting serait bientôt le onzième, si je sa- 
vais où il est.. » Alting échappa en lui disant 
qu'il était régent du collège de la Sapience. Il 
occupa ensuite la chaire de théologie à Gro- 
, ningue, jusqu'à sa mort Alting fut un des coo- 
pérateurs de la traduction hollandaise de la Bible, 
n a laissé beaucoup d'ouvrages, parmi lesquels on 
cite : 1° Historia ecclesiastica PakUina ; Ams- 
terdam, 1644, in-4"; — T Theologia hutorUa; 
ibid., in-4% 1646; — 3* Explicatio catachesis 
Palatinœ; ibid., 1646. 

Bayle, DictUnmalr^ critiqué. — bioçraphieml Dictio- 
TxatTf. — NOsselt, Ânwêisunç xur Kenntniu derbaUn. 
Bûcher in cUlên TheiUn der Theologia. 

ALTiiTG (Jacques)y fils du précédent, pro- 
fesseur d'hébreu et ensuite de théologie dans 
Tuniversité de Groningue, naquit à Heidelberg 
le 27 septembre 1618, et mourut le 20 août 1679. 
n eut de vives disputes avec le ministre Samuel 
des Maréts, théologien qui ramenait tout à la 
scolastique, et ne pouvait souffrir ceux qui fai- 
saient de l'Écriture et des Pères la règle de la 
théologie. Ses ouvrages ont été publiés par Bal- 
thasar Becker à Amsterdam , en 5 volumes in- 
fol., 1687. On a publié séparément -. V Hebrxo- 
rum Mespublica scholastica; Amsterd., 1652, 
in-12. On voit par ses commentaires sur la Bible, 
sa grammaire syro-chaldaïque, et son traité de 
ponctuation massorétique , qu'AlUng était sur- 
tout versé dans la littérature des Hébreux et 
dans les sciences des rabbins. Ses ennemis di- 
saient « qu'il ne différait d'un juif que par le 
prépuce; » encore regruttait-il beaucoup de n'ê- 
tre pas circoncis. 

H. Becker, yie d'^ttin^. dan* le tome I de ie« OBuvres. 
— Elirhhorn, Spraehenkunde, — Geaenlas, Ceschichte 
des Hebrâiihen Spraehe. 

ALTING (Menso)y théologien hollandais, né 
en 1 54 1 à Fléda, dans l'Ost-Frise, mort à Emden, 
en 1617, past^r et président du consistoire à 
Emden. 11 a écrit des ouvrages de controverse 
contre Jean Ligorius et iEg. Hunnios. 

Christophe Sai, Onamait., t V, p. 1B4. 

ALTIITG {Menso), géographe hollandais, né 
en 1636, mort en 1713. Il fut bourgmestre de 
Groningue, et publia : r Notitia Germanix in- 
ferions; Amsterdam, 1697, ta-fol. ; — 2* Des- 
criptio FrisUe inter Scaldis portum velerem 
et ÀnUsiam; ib., 1701, in-fol. Son Commenta- 
ritis in tabulam Peu/^ln^eri est resté inachevé, 
et il a souvent changé de propriétaûre depuis la 
mort de l'auteur. 

avtotopbe Saz, OnoMMt., part. I, p. Mt, et part V, 
p. «M. 

ÂLTissiMO, poète italien, natif de Florence 
vivait probablement dans la seconde moitié du 
quinzième siècle. Selon Cresdmbeni, il s'appelait 
Cristqforo, et, comme lauréat couronné, il prit 
le surnom d*Altissimo. « Ce poète, qui annon- 
çait tant de prétention par le nom qu'il s'était 
donné , dit M. Ginguené, et qui les soutenait si 
mal par son style, mit tout simplement en vers 
«t en quatre-vingt-dix-huit chants les Reali di 



Francia; » Venise, 1534, in-S". n Ce sont bien 
des rimes perdues, ajoute le même critique ; car, 
lorsqu'on a la fantaisie de lire ce vieux roman 
on préfère toi^ours de le lire en prose. » Ce- 
pendant Altisdmo improvisait avec facilité et 
même avec succès.. 

Creftclmbeni , Istoria délia volgar poetie, — Mazsa- 
chelli, Scrittori d^ltaiia. — Vasari, A^lto deT PUtoH. — 
Lanzt, Storia pittoriea, — iBgMramI , De$eriwitm 4e 
timpérial tt ro§al pataU Pim.- Qiaftmè, UUL UU. 
de ritatie, lil et IV. — RasceUl. Modo di cowtpom te 
versi italiani, ch. VII. 

* ALTISSIMO (Cristophcmo delF), peintre 
florentin, vivait vers le milieu du seizième siècle. 
On a de lui un grand nombre de portraits esti- 
més à la galerie de Florence. 

Vasarf. rite de' Pittort, — Uod. StoHa pittoriem 

ALTMANN {Jean'Goorge)y savant allemand, 
né en 1697 à Zofinguc, ville de PArgovie, et 
mort en 1756, curé dinns, village du canton de 
Berne. Il f\it pendant quelque temps professeur 
de morale et de langue grecque à Berne , et a 
publié un grand nombre de mémoires concer- 
nant la géographie, l'histoire et les antiquités de 
la Suisse. Il a rédigé avec Breitînger le recueil 
intitulé Tempe ffelvetica; Zuridi, 1736-43, 
6 vol. in-8*. On a encore de lui Meletemata 
philolog. critica, 3 vol. in-4*, 1753, et une 
Description des glaciers de Cffelvetiei Zurich 
1751-53, fig. (en allemand). 

Ersch ctUruber, Encyclopédie allemande. 

* ALTOBELLO, nom de deux peintres italiens : 
l'un, François' Antonio, du dix-septième siède, 
a laissé quelques tableaux d'église, où le rouge 
écarlate et le bleu d'outrc-mer sont trop proÂ- 
gués ; l'autre, natif de Crémone, du seizième 
siècle, a fait quelques fresques estimées dans la 
cathédrale de Crémone. 

DomlDici. rite de' pittori NapolUani, - Vatarl. rOt 
de^ pittori. — Ottley, History of engravinç. — BrnUioC, 
Diet. des tmonoçrammes . 

Mazzuchelll, ScriUoH d'itaha. 

ALTOMABl (Àntoine-Donat ), appelé en latiB 
Donatus ab Altomari, médecin italien,, né à 
Naples vers le milieu du seizième siècle. Il exerça 
d'abord la médecine à Naples, où il fut en butte 
à des calomnies qui Toblig^ent de se réAigierà 
Borne. Il ne lui fallut rien moins que l'I ntenr c B 
tion spéciale du pape Paul IV , pour le bhre re- 
venir à ^'aples. C'est lui-même qui nous appreifti 
ces particularités, les seules que Ton connaisse 
de sa vie. Le recueil de ses ouvrages a été pu- 
blié à Lyon, in-fol., en 1565 et 1597; àNajJes, 
en 1573; et à Venise, en 1561, 1574 et 1600. 
Quelques-uns de ses écrits ont paru séparément 
sous les titres : 1*^ Deuterum gerentitms, 1543; 
— Methodus de alteratione, concoc/tone, 
digestione, prxparatione ac purgationCf ex 
Hippocratis et Galeni senientia; Venise, 1647 ; 
Lyon, 1548 ; — 3* Triumquxstionum nondum 
in Galeni doctrina dilucidatarum Compenr 
dium ; Venise» in-8°, 1550; — 4** De medendii 
humant corporis malts Ars medica; Naples, 
hi-4*', 1563; Venise, 1568, iurS"* ; Lugduni, 



3S7 



ALTOMARÏ — ALTOUVmS 



238 



1559, etc.; — S" De medendis Febribus; Na- 
ples, 1554, ia-4"; 1562, m-4°; — 6* De man7i« 
d\f/erentu$ ae viribus deqtie eus dignoscendi 
via ae raiione; Venise, 15C2, in^** : l'aateur 
y fait Toir le premier que la manne de CaUbre 
etl le prodnit d*un arbre, et non une espèce de 
rosée; — 7* De vinacem^m facuUate et usu; 
Venise, 1562, in-4«. 
MazxucheUl, Sertttori (Pltatta. 

* ALTOMiRi (Jean ), médecin italien, fiis du 
précédent» Tivait à Naples vers la fin du sei- 
liènae siède. On a de lui : Saloo SeUmo phi- 
iosopko ac medico, quod ea, quœ Donatus 
Antoniiu ab ÀUomari de artis medicx divi- 
âiame, mdicationis descriplione, circtUtus eau- 
su ^ AnaxÊonis Histona^ etc,^ verissima sunt 
amnia, née aliter in Galeni Hippocratisque 
doctrina interpretari, considerariue possunt ; 
Haples, 1583,in-4''. C'est un panégyrique d'An- 
toiœ Donai Altomari, et une diatribe contre Scia- 
nus, que l'auteur invite à cesser toute polémique. 
Cette invitation ne parait pas avoir été accueillie, 
à en juger par la réponse: Sain Selani ad Joh. 
AU, Apologia, quod ea, qux dixit in commen- 
tants ad Aphorismm contra Àltimarum sunt 
verissima^ et adducta ab eo in oppositionem 
Mhitpeniius condudant ; Venise, 1584, in-4^, 
inséré dans Liponius, Bibliotheca medica. 

*AL.TaaioiiTB (Martino), peintre italien. 
Dé à Naples en 1657, mort en 1745. Il étudia à 
Rone, et dcraenra trois ans à la cour de Jean 
Soliiesky, roi de Pologne. H s'établit ensuite à 
Tienne, où il fit piusieoTA tableavx d*égli8e es- 
timés. On a de hd , à la galerie de Vienne, tme 
Susanne au bain. 

'itafteëorn, ËjMtb à wi amaUwr dé peUUurt. — Bel- 
DieL dêB artUtet. - Nagkr, Nnteê dU. KUnU- 



ALTOS ( Richard y comte de ), général autri- 

I, né à Lachand en Irlande le 27 avril 1732, 

laort à Trêves le 16 février 1790. En 1787,U re- 

çtt le commandement militaire des Pays-Bas au- 

tridiienty et, pour combattre une insurrection, il 

fit, en 17889 le premier couler le saugà Bruxelles. 

Après avoir perdu la ville de Gand, il se retira 

dîu leLuxembouig. Pendant ce temps on apprit 

Il trêve coodne avec les insurgés par Trâutban»- 

dorif ci le remplacement d'Alton par Ferraris. Al- 

t«Mcité devant nn conseil dcguerre:ilpritdu 

psiiOD^ et roonrot près de Trêves. Son frère 

Éêmard d^ Alton (né à Grenanstown en li^ 

lirie le 9 août 1737, mort devant Dunkcrqne le 

% aoM 1793 ) servit contre les Français en 1792. 

Afrès «ne courte détention, subie en mars, il 

i^do service en avril 1792, et succomba peo- 

^ le Uocos de Donkerque. Ce. R. 

fWitoii nfcA. MiOffrapk.'l£xieon. 

*ALTOii (Josep/hGuiUaume'Édouardïi*), 
viviliste et antiquaire allemand, né en 1772 à 
AviMjft, nort en mai 1840. 11 se destina d'a- 
W« à la carrière mflitaire, visita ensuite l'Italie, 
^vécot longtemps à Tiefliirt près de Weimar, 
« finant à l'étude des beaox-arts et de l'his- 



toire naturelle, particulièrement de celle du 
' cheval. Il s'établit ensuite à Wurzbour^, et 
voyagea ( 1817 et 1818) avec son ami Pander en 
France, en Angleterre, en Espagne et en Portu- 
gal. A son retour, il fut nommé professeur d'ar- 
chéologie et d'histoire des bcanx-arts à l'uni- 
versité de Bonn , où il eut pour élève le prince 
Albert, mari de la reine d'Angleterre. Il laissa 
une belle collection de tableaux et de gravures, 
qui fut en partie aclietéc par l'université. 

On a d'Alton : Naturgeschichte des Pferdes 
(Histoire naturelle dn cheval); Bonn, 1810 
2* partie (anatomie), 1817, in-fol. , avec des 
figures ; — Ostéologie comparée (en allemand), 
12 livraisons in-4'^; Bonn, 1821-1828. Alton a pris 
aussi une part active aux reclierches de DoUin- 
ger et Pander sur le développement du poulet 
{Beiiràge zur Entwickelungsgeschichte des 
/TuAncAenj); Wijrzbourg, 1817, in-S*". 

Son fils, Jean-Samuel-Édouard d* Alton 
médecin, né à Samt-Goar en 1803, professeur 
d'anatomie à Halle depuis 1834 , a continué l'Of- 
téologie comparée (2 livraisons, sur les autru- 
ches et les oistaux rapaces; Bonn, 1827-1838), 
et a publié, en 1850, le premier volume de son 
manuel de V'Anaiomie comparative de Vhomme 
(en allemand). 

Convtnaiiona-Leacieon, édtt. de I8S1. 

;; ALTON-SBÉB ( JSdmond, comte n'), ancien 
pair de France par voie d'hérédité , naquit le 
2 juin 1810. U Ait substitué, par ordonnance 
royale du 11 décembre 1816, à la pairie dn 
comte Shée, son grand-père maternel, avec au- 
torisation pour Ini et ses descendants de joindre 
son nom à* Alton è celui de son aïeul matei^ 
nel (1). Il entra à la chambre des pairs en 1836, 
et s'y fit connaître par son opposition très-vive 
aux derniers actes dn gouvernement du roi 
Lonis-Ptiilippe;il adhéra, le 22 février 1848, an 
fameux banquet réformiste du douzièroe arron- 
dissement. Après la révolntion du 24 février, il 
fax nommé colonel de la deuxième légion de la 
banlieue, et posa dans les dobs sa candidature 
à l'assemlrïée constituante, mais ne fot pas élu. 
Au mois de décembre (1848) , il devint prési- 
dent du comité démocrate et socialiste pour les 
élections, et au mois de janvier suivant il ftat 
arrêté et gardé longtemps an secret. Malgré ses 
avances, M. d'Alton-Shée n'a pn se rendre po- 
pulaire. 

Dictionnaire de la CùnvtruUion, f* «dit. (ISR). 

ALTOnFBB. Voy. Altdohfeb. 

ALTOinriTis OU ALTOTITI8 (mademoiselle 
o'), femme poète, née à Blarseille en 1550, morte 
dans sa ville natale en 1606, s'est ÎêSX connaître 
par quelques pièces de poésies, insérées dans 
les recueils du temps. L'abbé Goojet a conservé, 
dans le t. Xm de sa Bibliothèque françaUê, 

(U u conte Heorl Shée. cootelller d'^Ut. anctan lé- 
natenr et préfet dn Sas-Rhin, nommé pair de Fraoee le 
4 )nln 1814, et mort en mars 1810, ne lalasa qu'âne flllB| 
Françoise Sbée, Tenve de iaoqaea-W«i;(a«a,VMX^tL^%ii> 
ton, dont H. BAmoA tf k\to%«M« tsXV^ «)» xai^af^ft» 



M» ALTOUVmS 

p. 441,iiiK odede mBiI«noiselte Altouvllis â la 
louange de LouU Bcllani] et <1g Pierre Paul , les 
Kitiarateiire de la poitie proTençale. 

IM«t<(. BltHol^./rmtaïu. t. XIII. 

ALTOVITI (Antoine), théolt^ien ilalien, né 
i Florence le 9 juillet l&3f , mort dan» la m£me 
Tflle le 18 décembre 1573. D'abord clerc, puis 
dojren de la chambre apostolique, il fut élevé 
par Paul lH krarcherteiié île Floroice en 1548. 
il ne prit poMCMlon de Mn dIocJM qu'en I5S7, 
après une loi^e ommslUon da grand duc 
Cosme I", et m dlstingna au concile de Trente 
par l'étendoe de m* coonaiseances en métaphj- 
eique et en tbéolagle. Pocdantl, Gbllinl et N^ri 
Dons ool cooMrré les titres de plusieura traités 
d'AlluTiti en lattn , sar la mélapfa jsiqne , nuis ils 
«mt reatéa manuiolts, ainsi qoe «a déTense de 
Dante ambt lea critjques de CastraTilla ( psea< 
donyme prësaméde Bellisario Bulgarini), men- 
tionné daoi les Faiti coniolari delV Âcadimia 
Ftorentina, de Salvini. On n'a d'AItoTiti que 
denx dédiiona, publiées dans les Decblonei 
S. Rotx Somatuecoram Remboldo, Germano, 
«fuidem Rotx auditore , in wiinn eoltectx, 
i^tera Joi. DoMltii; Rome, lB7e, in-lbl., et 
kl décrets de deni synodes préaidés par lai : 
Décréta dloeesaïue, Florentins ssnodi, ^.; 
Florence, 1569, in-*"; Décréta provlnciall* 
tj/nodi Florenlinx etc.; Florence. 



ài.T»ineKtL{jean). Voy.AuaKmctK. 

^ALTBGHrL ( Étiai), médecin allemand, issu 
de parents Israélites, naqnit à Pragne le 8 avril 
1813.11 étudia i Vienne, et se livre partlcnliire- 
ment au traitement des maladies des yenx. Il a le 
premier introduit l'enieignemait de l'homéopa' 
thie dans leiraCDltésButricbiennes. Depuis 1S4B, 
Il est proresseor d'boroéopatliie théorique et pra- 
tique à l'école de Prague. 11 a publié, entre an- 
tres, un IMcfionnaire detnAJecineorafairefen 
id}i Vkauie, 183e, ivol. in-12. 



ALnHNO (Franfois), mathématicien et phi. 
lologue italien, natif de Ferrare, mort ï Venise 
ei novembre I55G. Il nous approid dans ses 
ouvrages que ion pire te nommait Piieeolo del 
Ballo, et qu'Q se donnait à lui-même les titres 
de maChémaiieien et de ealligraphe. H pn- 
ratt, eo eflet, qu'il excellait dans l'art de la cal- 
ligraphie: Pierre Aretin In] dit, dans une lettre 
du Î7 novembre 1537 ; " Le grand empereur 
(Cbaries-Quint) a passé tout un jour ï Bologne 
à contempler la grandeur de votre art, admirant 
de voir le Credo et Vin Principio (premier cha- 
pitre de l'évai^e de Saint-Jean), écriti sans 
aln^alioa, dans l'espace d'un denier. • Alunoo 
tint nneécoledecalligraphie et probablement aussi 
degrammaireà Venise, Ferrare et Padoue. On a 
delui; 05ierva:fûnl toTM-d l{i'etrara],pabl<ées 
avec les œuvres de Pétrarque; Venise, 1539, 
MS"; — JiieAeae délia Ungwt Ualiana lopra 



- ALVARADO 149 

ilBoccaecio;yttAsa, I>t3,in-foi.:c'eslun voca- 
bulaire des mots de Doccace ; — La Fabbricm 
del lUondo, nella quale si eontenjono tiUte 
le voci di Dante, del Fetrarea, del Bœeùc- 
cfoe tt'dJ/re; Venise, lS4S,in-raI. Ces draxdoï 
niers oorrages n'ont pas édiappé an: 
saliriqnes de Tassoni et Saltiatl. 

«hiiuchrlli. ScTilloTi i'Italia. — PobudIuI, B 

■alvkko (jVIcm/o), peintre italien, vivait 
à F(4igno vers 1450. Il a fait un granil sombra 
de tableaux, dont les principaux sont : la Ifatt- 
tance de Jéms-Ckrist, pièce d'autel de Té^Ue 
de Follgno; une Pi^Mavec deux anges porlaat 
des torches, dans l'église de Saint-Francs k 
As^se; des scèoes de la Passion (tatrieau du 
Louvre, n' 854). On a aussi de lui quelques 
pdntures à la détrempe, portant l'ioscriplioD : 
fficolai Fulginatis opvt, 1480. Alunno contri- 
bua t>eaucoup, par son EtyUrlarge et dégagé, wa\ 
progris de û peinture. 

Vuv1,^K(d('p<l(0rl. -MlFlotU, UtttrtpUtoHrk* 
Pmifitt. ~ LiDil, Storia pUlarica. - Higtir. Hna 
Allffem. Mùoitlrr-Lertcon. 

»LT» T AiTOBGA ( Pierre de), rel^ienx es- 
pagnol, né vert la fin du seiiiime siècle, ntort 
dans lea Pays-Bas en 1067. Il prit l'hatU de saint 
François au Pérou. De retour en Espagne, G 
vojagea en difTérents endroits de l'Europe, d pu* 
blia ; Funletili nodi indissoiutilit de coneep- 
Itanentii et conteptu ventrii, hoc est, etc.; 
BniMlles, I SA3, in-4*, très-rare. L'auteur a vonln 
7 démontrer la conceptioa immaculée delà Vierge. 
Dans son Naturx prodigiuta et gratix por- 
tentitm, hoc ett, Serapk. P. Francitel vU* 
aela ChrUtivitam it morlemregulataeteMp- 
tara ; Hadrlti, 1651, in-fol., il renchérit beau- 
coup sar le livre des Coofbnnités, de Barth. dl 
Pise. Celui-d n'avait trouvé que quaranle cen- 
formilés; notre aoteur en trouve quatre mStt 
dont la soixante-dix-linltiime fera jiiger des au- 
tres : • Le Sa'ivcur fut dans le ventre de sa mire 
■ pendant neuf mois complets, et saint Franfols 
■1 aussi. ■ On a de lui beaucoup d'autres ouvrages 
qni ne méritent aucune mention. 

n. jtnlonlo, «Itljotlacii Utipana ii»a.- IMlMCW- 
mnt, BitUatÀéfiu nrliau. 

'ALTjimADO (Pedro di), eompagnon d« 
Femand Cortci et conqnéraint do Guitanak, 
naquit à Badajoz vers la fin du qulniième sitde, 
et mourut en 154t. 11 partit pour la pootisr 
monde avec quatre de ses frères, et se Iraon 
en 1518 à l'Ile de Cuba, d'ob il {at eojoji, aom 
les ordres de Grijalva, i>our erplorer, avec kt 
navires équipés par le gouvemear Vâasqna^ 
les cétes du continent américain. Après aroir 
tOQcbé k nie de Coturael ou Acoiamil (Ile des 
Hirondelles), et à plusieurs plaines dn YncalM, 
la petite Hotte remtmta les rivières de Tabases 
et de Banderos (ainsi nommé i cause des ban- 
nièree blanches que les indigènes déplojinnt 
sur les Imrds de cette rivière). Grijalva (M ■ 
cncbanté delalieautédu pays, avec sesckua)» 



341 



ALVARADO — ALVARE 



343 



puftileiiient cnHiTés, qu*fl lui donna le nom 
de Nouvelle-Espagne. H y troqoa des perles 
de Terre, de petits miroirs, des clochettes 
«1 d'tatres bagatelles contre des bracelets, des 
pendants d*oreiUe en or, et en rapporta degrandes 
riebesaes. Ce fot là que les Espagnols entendi- 
rent pour la première fois parler de Montézuroa 
et de son Taste empire. Alyarado Ait chargé de 
retoamer à Cuba, pour informer Vélasquez du 
réaoltat de l'expédition. Dans cet intenralle, 
GrijalTa, auquel le gouremeur avait défendu 
de fonder aucune colonie , continuait à explorer 
les côtes et à recueillir des trésors. La vue de 
For stimula Tardeur de Vâasquez, qui, mécon- 
tort de ce que Gr^jalva n*ayalt pas pénétré plus 
Mb dam le pays, hii ôta le commandement à 
in anÎTée à Cuba. 

En février 1519 , Cortez sortit du port de la 
Havane arec onze navires, portant cinq cent 
huit officiers ou soldats , et cent neuf matelots 
oo artisans. Alvarado commandait Tim de ces 
navires, et, séparé du reste de la ftottille par 
one tempête, il arriva, trois jours avant Cortez , 
i Cozomaî, rendez-vous désigné. Là , Cortez 
passa sa petite troupe en revue, tint conseil avec 
ses eue officiers , et se prépara, avec cette poi- 
gpée d'aventuriers intrépides , à la conquête la 
pins extraordinaire dont lliistoire fasse men- 
tion {Yoy. Cortez). Le nom d' Alvarado figure 
tes tous les incidents les plus remarquables de 
cetteoooquête du Mexique, dont le récit, tout vé- 
lilsble qa*il est, ressemble à un roman. I>oué 
dW valeur et d*ane activité prodigieuse , Alva- 
rado contribua aux succès de tous les combats 
qMles Espagnols livrèrent aux Indiens , notam- 
MA à Tabtfoo et à Otomba. Les Tlascalans, 
iléi des Espagnols, lui avaient donné le nom de 
Tmaikmhizin (fils du Soleil), à cause de sa 
chevfhire blonde. Pendant Tabsence de Cortez, 
^ était allé combattre Narvaëz , il eut le coro- 
laidement de la ville de Mexico ; mais il encou- 
nl les reprodies de son chef, pour avoir fait 
■Uttcrer, au milieu d*une fête, un grand nombre 
^ nobles aztèques , accusés de conspiration, 
tels fameuse retraite nocturne du 1*'' juillet 
liSO ( la Nochê triste ), Alvarado commandait 
VWrière-garde, poste le plus difficile à garder 
Mre les Innombrables essaims d*Indiens. Pour 
^dÉpper aux mains des Aztèques, qui Tauralcnt 
Mi^fablement sacrifié à VitzUoputchU, leur 
^ de guerre, sauta un fossé d'une largeur 
^vme , connu jusqu'à ce jour sous le nom (Vel 
Irifo de Alvarado, 
tM 1523 , il reçut le commandement de trois 
^■li fiuitMins, de cent soixante cavaliers, de 
M« pièces de canon et d'une troupe d'auxi- 
fciresmcilcains, pour soumettre les tribus in- 
^^(■les qd occupaient les bords de l'océan 
'Mqoe , dans la direction de Guatemala. H 
''Uit les provinoes de Zacatnlan , de Tehuan- 
^ee, de Sooonusoo et dlJtlatlan. A Cayacatl , 
^ les bords de Fooéan Pacifique, il fut blessé 



d'un coup de flèche à' la cuisse, reçut la soumis- 
sion des Indiens, et fonda la vhle de Sant-iaço 
de los Caballeras (ai^ourd'hui Guatemala-ta- 
Veja), Il envoya son frère Diego former Té- 
tablisseinent de San-Jorge à Tecultran , et fit 
construire le port de la Possession, à quinze lieues 
de Sant-lagi). 

Après tant d'exploits il revint en Espagne, oii 
l'empereur Charles-Quint lui fit un accueil magni 
fique, et le nomma gouverneur de Guatemala. 
Pendant son séjour au pays natal , il épousa 
doua Beatrix de la Cueva, parente de l'illustre 
famille des ducs d'Albuquerque. Il retourna en 
Amérique accompagné d'un grand nombre d'amis 
et de chevaliers cherchant fortune. Son esprit 
aventureux le lança bientêt dans de nouvelles en- 
treprises. Il s'embarqua sur les bords de l'océan 
Pacifique avec une troupe d'environ cinq cents 
soldats, dont deux cent vingt-sept cavaliers, 
pour se diriger du côté de Quito, qui, selon ses 
calculs , devait être en dehors des limites du 
gouvernement de Pizarro. Mais le mauvais temps 
l'obligea de débarquer dans la Bahia de los Ca- 
raques, près du cap San-Frandsco. De Caraques 
il pénétra dans l'intérieur ; et, après une marche 
d^ plus hardies à travers les Andes, marche 
dont il faut lire les détails dans les Décades 
d'Herrera , il atteignit le pays qu'il cherchait. Il 
allait en venir aux mains avecla troupe de Pizarro 
dans la plaine de Rio-Bamba, lorsqu'il se décida 
à rebrousser chemin, après avoir reçu une forte 
indemnité ; et revint dans le Hondouras pour aider 
les colons à fonder plusieurs établissements, en- 
tre autres Gracias-a-Dios et San-Juan de Puerto 
de Caballos. 

Cependant FerdUiand Pizarro alla en 1534, 
en Espagne, représenter l'expédition d'Alvarailo 
à Quito comme une infiraction aux ordres de 
l'empereur. Alvarado revint aussi en Esiiagne, 
et se justifias! bien, que l'on ajouta à son gouver- 
nement de Guatemala celui de Hondouras. A son 
retour en Amérique, il reprit sa carrière de décou- 
vertes. Il s'embarqua au port de la Possession 
avec une troupe d'environ mille soldats , sans 
compter les auxiliaires indiens, et longea la cdte : 
mais une tempête le jeta dans le port de los 
Puebk>s de Avalos, sur la c6te du Michoacan. 
Là il périt à h suite d'une chute de cheval, dans 
im combat contre les Indiens. La même année 
(1541), une inondation, accompagnée d'une tem- 
pête affreuse , renversa les deux tiers de la 
ville de Sant-Iago : la maison du gouverneur fut 
détniite , et la femme d'Alvarado y trouva la 
mort avec tous les siens. H. 

Herrera , Historia çtneral de los heehos de lot CaS' 
tellanot. — SolU, CenquUta tfi Mexico, — Preacott, 
ConquiUdu Mexique. — Hamboldl, Btiai polUique sur 
la ffouvelle-Espagnê. — Fernando de Alva IitlIUocMtl, 
Histoire des CMcAimiques ^ publiée par H. Tcrnaux- 
Compans; Paris, 18M. «^ Zarate, ConquiU du Pérou, 

ALTARB p£la€R (don Alvar ' FrançoiS' 
Paez)f théologien e<tpagnol, né vers la fin da 
treizième siècle , mort ii SévvVV^ «i V^Vl* '^ 



348 



ALVARE — ALVAREZ 



344 



étudia le droit canon à Bologne, fnt le disciple 
de Scot et le confrère de Guillaume Ockam et 
de Raimond Lulle. U devint grand pénitencier 
du pape Jean XXII à Avignon, évéque de Sylves^ 
dans les Alf^anres, et nonce apostolique en Portu- 
gal. On a de lui : T de Planctu Ecclesûs itdri 
duo; Lyon, 1517; Venise, 1560, in-fol. Il en 
existe une édition de 1474, Ulm, in-fol., pleine 
de fautes et très-rare. Cet ouvrage , commencé à 
Avignon en 1330, achevé en 1332, respire Tul- 
tnunontanisme le plus prononcé. Trithème loi 
attribue encore : — 2** Spéculum regum liber 
unus; — 3** Super sententias libri quatuor; 
— 4* Apologia, et quelques antres ouvrages 
inédits. 

,. Trilbelm, jiimalei. — Biogr. uuiv. (Sapplém. ). 

ALTABEZ, nom de plusieurs artistes espa- 
gnols , dont voici les deux principaux : 

Lorenzo Alvarez , peintre de Valladolid 
vers 1640, a fait plusieurs tableaux d'église es- 
timés. 

Manuel Alvarez, sculpteur, né à Salaman- 
que en 1727, mort en 1797. En 178C, il fut nonuné 
directeur de TAcadémie des beaux-arts. Son 
principal ouvrage est une statue équestre de Plii- 
iippe«V, roi d'Espagne. On trouve d'Alvarez un 
grand nombre de bustes et de statues dans les 
^ises, couvents et palais de l'EsiKigne. 

Bermudez . Diccionario historico de lot mai ilustrei 
profesortt de Icu beUas artet en Eipaha, — Seminario 
ptntoreteo EspaAot, d« It. — Nagler, Nntes Allçtm. 
Mûnstier-LBxicoH. 

"^ALTAREZ OU ALTAECS, nom de plusieurs 
médecins espagnols et portugais du seizième et 
dix-septième siècle. Voici les principaux : 

Antonio Alvarez professa la médecine à Al- 
cala de Hénarès et à Valladolid , et fîit attaché 
au duc d'Ossuna, vice-roi de Naples. On a de lui : 
Epistolarum et eonsiliorum medicinalium 
Prima pars; Naples, 1585, in-4°. Les neuf pre- 
mières lettres traitent de divers si^cts de méde- 
cine ; la dernière contient une défense des opinions 
de Donato Altomare contre SalTus Selanus. 

Jean Alvarez-Borgès fut attaché comme vé- 
térinaire , pendant soixante ans , à Philippe IV et 
Charles II , rois d'Espagne , et écrivit sur les ma- 
ladies des chevaux. Peut-être est-il l'auteur (/o- 
hannes Alvarez) de V Histoire naturelle de 
quelques animaux, et particulièrement du 
cheval, mentionnée par Antonio {Biblioth. His- 
pana Nova), et qui se trouve en manuscrit (es- 
pagnol ) à la Bibliothèque nationale de Paris. 

Ferdinand Alvares^Carral, mort à Santarcm 
en 1636 , composa plusieurs traités de médecine 
( inédits), dont on trouve la liste dans la Biogra- 
phie médicale. 

Alvarez de Castro est mentionné par Anto- 
nio ( BibL Hisp, Nova) comme l'auteur de deux 
manuscrits {JanuavitXyCt fundamenti medi- 
corum, dux partes) conservés dans la biblio- 
thèque ecclésiastique de Tolède. 

DmACCs-ALVAREz-CHACON cst meutionué par 
Manget {Biblioth, scriplor, mcdic) comme 



l'auteur d'un livre snr le traitement de U ple»- 
résie : Para curar el mal da Coslado; Sévflle, 
1506, in-4". Peut-être est-ce le même que JMa- 
eus Alvare%f qui, suivant Jôcher {AUgem. Gtr 
lehrten-Lexicon) a écrit : Commenium no- 
vum inparabolas Amoldi de Vilkt-Nova, 

Blasius Alvarez de Mira val, docteur en mé- 
decine et en théologie de Salamanque» a oom- 
posé la Conservation de la sahtd del cuerpo^ 
y aima para el buen regimiento de la Salud; 
Medina-dd-Caropo, 1597, in-4'*; SaUunanqne, 
1601, in-4^ 

NuREz Alvarez a publié AnnottUioneê ad U- 
bros duos Fr, Areei de recta curandorum vul- 
nerum ratione; Anvers, 1574, in-S**. 

Pierre Alvarez est, selon la Biograpjkk 
médicale, l'auteur de quelques CommentMres 
manuscrits sur Galien et Hippocrate. 

Thomas Alvarez, médecin de Sévine, fat 
chargé par dom Sébastien, roi de Portugal, de 
surveiller les progrès de la peste qui avait édité 
en Portugal en 1569. U est cité par Zacutua Ia- 
sitanus , qui en fiiit le plus grand cas. On a de 
lui : Tratado à regimento para preservar dM 
peste; Coimbre, 1569, iA-4"; Lisbonne, 1580, 
in-4*'. 

N. ADlonlo, BibUoth . hUpana nova. — Haller, JiMioCè. 
med. praet. — Mauget , Biblioth, âcrtptorum wuéêeê- 
rum. — Biographie médicale. 

ALTAEBZ DA GfJlffHA (D. Antonio), écrf- 

vain portugais , né à Goa le i" mai 1626, mort 
à Lisbonne le 26 du même mois 1690. 

On sait peu de chose sur cet antenr, é ce 
n'est quil était officier tranchant en chef de 11 
maison royale, et quil appartenait à ime ùmSk 
distinguée. H a donné les ouvrages suivants : 
Campanha de Portugal pela provineia de 
Alem Tejo na primavera do anno (le 1 663; 
Lisboa , 1663 , in-4® ; — Escola dos verdadm, 
aberta aos principes na Hngua iialiana psr 
padrejuglares de companhia de Jesu , e 
patente a todos na Portugueza por D. An 
tonio Aluares da Cunha, secretario da Acad, 
dos Generosos de Lisboa; Lisboa , 1671, în-4*. 
Alvarez est admis parmi les écrivains dassiqnes 
de son pays. F. D. 

Cataloço dos jtutores, Dtctionnalre de rAcadémle ûm 
•dences. 

«ALVAEEZ {Baltazar), théologien et jéanile 

pottugais, chancelier de Tunivenité d*£vora| 

mort en 1628. Il a publié, sous les auspices dn 

grand inquisiteur de Portugal Mascarenhas, on 

livre fort curieux , intitulé Index expurgato- 

rius librorum ab ortu Lutheri; Li^, 16M, 

in-S". 

N. Antonio, Bibl. higp. nova. — historiae w u mo r i m 
da Academia real dai tciencUu de Lisboa, toL V. 

*ALVAEEZ {Bernardin de), fondateur de 
Tordre de charité de Saiot-Hippolyte, né à Se* 
ville en 1514 , mort le 12 août 1584. Il vint à 
l'âge de quatorze ans chercher fortune dans l9 
nouveau monde, s'engagea dans l'armée dm 
Mexique, et fut, pour sa mauvaise conduite, con^ 



345 



ALVAREZ 



24G 



danmé à être transporté aux Iles Philippines. U 
«'échappa de la prison, et se réfugia au Pérou, 
où il amassa beaucoup d'or, qu'il employa à fonder 
des hùpitaux à Meiûco en 1567, à Oaxtepec , à la 
Yera-Cruz, à Acapulco , et dans d'autres yillés de 
la Mouyelle-Espagne. Ces hôpitaux étaient des- 
4enris par une association charitable de Saint- 
Uippolyte, dont les statuts furent approuvés par 
le pape Innocent Xn. Ces statuts de l'ordre re- 
rigpeux de Saint-Hippolyte ont été miprimés à 
Mexico, 1621 et 1718, in-4^ Alvarez n'a pas en- 
core été canomsé. 

EfiUani et B^uren, Bibtiotkeca sMXicana / Mexico, 
im, 1. 1, p. 4i6-«ti. 

*ALTABBZ DE PAZ (Diego), théologien et 
ésoite espagnol , né à Tolède vers 1560, mort à 
piotosi le 17 janvier 1620. Après avoir fini ses 
études, il se rendit au Pérou, et remplit succes- 
«veiuent les fonctions de recteur des collèges de 
Quito, Cazeo et Lima. Il fut provincial de son 
ordre an Pérou. Ses principaux écrits sont : De 
vUa sfièrUucUij ejusqite perfectione libri V; 
Leyde, 1606 et 1611, traduits en français sous le 
titre : Sxerciee jmirnaliei- des vertus; Douay 
1626, iii-12 i — De exterminatione malt et 
promoiUme boni libri V; Lcyde, 1613. 

V. Aatonlo, BiM. kùp, nova. 
ALTABBX ( Dieço ) , théologien espagnol de 
Tordredes Dominicains, né vers 1550, à Médina 
Bd-Rio-Seooo, dans la ViciUe-Castille; mort à 
Na^es en 1635. H fut , en 1596 , envoyé à Rome 
four soutenir la dochrine de saint Thomas sur 
h ptee contre les Jésuites, disciples de Mo- 
Iw. Pois fl enseigna la théologie au collège de 
h Minerve, jusqu'à ce que Paul V le nommât 
«tteféqnedeTrani, le 19 mars 1606. On a de 
U : Commentarius in lesaiam ; Rome, 1 599 et 
lt(k2, 2 vol. in-4° ; — de Àuxiliis divinas gra- 
^^de virtttte liberi arbitri ; Rome, 1610, 
MdI.; Lyoo, 1611, et 1620, in-fol.; c'est ic prin- 
cyil ouvrage d*Alvarez. Sans déroger aux prin- 
ce de l'école thomiste , l'auteur y adopte un 
Sfitènie mitoyen qui n'a que trop prêté aux rail- 
leries de Pascal par les contraires qu'il veut 
■cQre en harmonie. En attribuant à la grâce le 
<wwnenfffinent de la loi, et à la prédestination 
pituite tontes les bonnes œuvres , Alvares ne 
Mierve an libre arbitre qu'nn semblant de vo- 
te à bire le bien ; — Concordia liberi ar- 
^^eiÊmprxdestinaiione; Lyon , 1611, 1614 
tl 1622, bt^; —- De înearnatione divini 
^trhi dispuUUUmes 80; Lyon, 1614, ia-4'' ; — 
Aiqwte/ionej qwedam deprimaparte Summa 
mnm Àquinaiis; Trani, 1617 ; — De Origine 
f^lagianx iùtresiSyetc. Trani, 1619. in-4° ; — 
tetief pour tes prédicateurs , tiré de plu- 
^^ncn passages choisis de VEcriture et des 
'to; sans date ni lieu d'hnpression. 

Hckirt et Olrard, Bmiotkiqus $acrée, 

âLTAEBK (Diego ), jésuite, natif de Grenade, 
*^ vert l'an 1617, a publié un ouvrage intitulé 
'^Wo casuum occurrentium in articulo 



mords; Hispali, 1604. L'auteur s'y est déguisé 
sous le nom de Melchior Zambrano. 

Nie. AntoDio, JtiOliotheca IJispana Nova. — JOclier 
Mlgetn^inet Cêîekrten-Lezicon; Adclung, SuppleMtent 

ALVAREZ ( ^mmanue/), grammairien portu- 
gais, de l'ordre des Jésuites , né à Ribeira dans 
l'Ile de Madère, le 4 juin 1526, mort à Lisbonne 
le 30 décembre 1583. Après avoir été recteur 
des collèges de son ordre à Coïmbrc et Évora, 
il dirigea le collège Saint-Rocli à Li.sbonnc. On 
le connaît surtout pour sa grammaire latine, 
qui a joui longtemps d'une autorité cla*^.si(iiic ; 
elle est intitulée : De Institutione grammahca 
libri très; Lisbonne, 1572, in-4*; Dillingen, 
]574,in-4° ; il en existe un grand nombre d'édi- 
tions et d'abrégés. Parmi ces derniei*son cite ceux 
de Ricliard Hess, de Richard Ridiardi et surtout 
d'Horace Torsellim*. On a encore d'Alvara/ : De 
Mensuris, Ponderibus et Nutner'is, traduit en 
portugais par le R. Franco, dans YIndicuto uni- 
vcrscr^ ; Évora , 1716, in-8°. Quelques-uns lui 
attribuent Cartas de algunos padres que an- 
dan in la Indiade Portugal el anno de 1557 
hasta 1561; Cmmbre (sans date). 

BarboM Machado , BibL hist. — Nie Antonio. Oiblio- 
thecn hispana nova. — Ersch et Graber, Mlgem. En- 
eifclopadie. 

ALVAREZ DO ORiBNTB ( Fcr^do d' ), né à 
Goa au seizième siècle, mort vers 1595, l'un des 
écrivains les plus élégants du Portugal. Les seuls 
renseignements que nous ayons sur ce poète 
nous viennent de Diogo de Couto. Cet historien 
nous apprend qu'Alvarez avait eu le commande- 
ment d'un bâtiment de guerre dans la flotte avec 
le secours de laquelle le vice-roi Antonio de No- 
ronha avait été en décembre 1572 au secours de 
Damâo; puis, qu'il servait avec le même grade 
à l'époque où partit la flotte commandée par Fer- 
nand Tellez, et qui fut expédiée vers la côte du 
nord par le gouverneur Antonio Moniz Barreto. 
Selon le même auteur, le poète écrivait son œu- 
vre vers 1595, et serait mort vers cette époque. 
Ce serait même cet événement qui aurait été 
cause des lacunes qu'on y remarque, puisqu'il 
n'est pas même achevé. En eflet , son éditeur 
Domingos Fcmandcz déclare, dans le prologue, 
qu'il lui a fallu faire retoucher le livre par gens 
de bon entendement. 

La première édition ne parut que dans le dix- 
septième siècle, sous le titre suivant : Lusitania 
transformada, composta por Fernâo d*Alua- 
res do Oriente, dirigida ào illuslrissiino e 
mui excellente senhor D. Miguel de Mené- 
zes, marquez de Villa- Real, conde de Alcou- 
tim e de Valença, senhor de Almeida, capi- 
tâo mor e gouvemador de Ceita, impressa 
em Lisboa por Luiz Estupiham, anno 1607; 
in-8*. Ce livre a été réimprimé pour la deuxième 
fois à Lisbonne en 1781, in-8*, et, dit-on, revu 
avec goût, n faut revenir néanmoins à l'original. 
Alvarez do Oriente est de tous les iK)ctcs de 
cette époque celui qui se rapproche le plus , par 
le style, de l'auteur des Lusiadcs \c'^V<u^<âk&^- 



347 



ALVAREZ 



14S 



militode sans doute qoi n fait supposer à Tim 
des hommes les plus instruits de notre temps, à 
Lecussan Verdier, né en Portugal, et qui profes- 
sait un yéritable cuKe pour la littérature portu- 
gaise du seizième siècle, que la Lusitania trans- 
foTTnada pourrait bien ayoir été dérobée à Ca- 
raoens, qui se plaint, on le sait, d^avoir perdu 
un ouvrage auquel donnait tous ses soins. 
Nous signalons cette opinion d'un savant esti- 
mable , sans Fadmettre et sans la combattre. 
Avant de se faire une opinion définitive sur 
cette question, il faut nécessairement attendre 
d*autres documents que ceux qui sont aujour- 
dliui à notre disposition. Le livre d'Alvarez, 
mClé de prose et de vers, n*a jamais été traduit 
en français, et malheureusement ne reproduit au- 
cune des sofenes grandioses de llnde que Tauteur 
avait sous les yeux. Perd. Denis. 

Cataloço doê Àutores, dans le (n'and Dictionnaire de 
VJcadémie des seienees, — Birbosa Machado. Btb. La«- 
sit. — Sa né , Irad. des Odes portugaises de Francisco 
Afanœido JVasctmento. 

ALV A RBZ ( Francisco ) , célèbre voyageur por- 
tugais , né à Coimbre dans la première moitié 
du seizième siècle, mort après Tannée 1540, 
très-âgé. Ce religieux si sincère et si modéré 
dans sa relation a été apprécié par nombre 
d'historiens, et n'a pas trouvé parmi ses conci- 
toyens un seul biog^raphe ; si bien que l'on man- 
que des plus simples renseignements sur les 
événements qui ont marqué sa longue carrière, et 
que l'on ne commence à en recueillir quelques- 
uns qu'en l'année 1515, où il entreprend ses longs 
et pÀibles voyages. A cette époque il était déjà 
avancé en âge, et il remplissait l'office de chape- 
lain du roi Emmanuel, qui, dit-on, appréciait ses 
vertus et sa science, à est aisé de voir, en effet, 
qu'il avait fait des études approfondies ; que la 
lecture des Pères de l'Église lui était familière, et 
qu'à des connaissances variées il joignait un 
sentiment du génie de sa langue maternelle, qui, 
bien des années après la publication de son livre, 
l'a fait considérer par l'Académie de Lisbonne 
comme une des autorités qu'elle aime à suivre. 

Bien qu'il fàt un écrivain habile et un théolo- 
gien consommé , Francisco Alvarez agrandit le 
domaine des sciences géographiques : à son nom 
se rattache une des plus grandes explorations 
des temps modernes , celle de l'Abyssinie. Nous 
joindrons donc à la biographie du chapelain 
d'Emmanuel les circonstances les plus impor- 
tantes de ses voyages. 

Vers l'année 1509, quatre ans après son arri- 
vée aux Indes, le grand Albuquerque avait mi 
arriver devant lui un prêtre nommé Matthieu, 
en assez pauvre équipage, et qui se disait cepen- 
dant envoyé comme ambassadeur à la cour du 
roi Emmanuel, au nom de l'impératrice Hélène, 
régente de la haute Ethiopie. Les capitaines qui 
faisaient partie du conseil d'Albuquerque ajou- 
taient peu de foi au dire de ce prêtre arménien, 
voyageant avec un seul domestique , apportant 
pour tout présent au roi de Portuf;al un frag- 



ment de la vraie croix, enchâssé tant «Ita pei 
d'or. Mais l'habile gouverneur des Indes, qpî avait 
appris jadis à Ttle de Gameram tout ce qui poar- 
rait résulter d'avantages pour le Portiiigpl de 
relations suivies avec l'Abyssinie, n'hésita pas à 
écouter l'humUe messager, et l'expédia à la 
cour de Lisbonne, sous la protection d'un ofi- 
taine qui maltraita indignonent le raalheiifeiii 
prêtre, et qui eut plus tard à répondre d'une 
duite odieuse. Blatthien n'en parvint pu 
auprès d'Emmanuel, et, muni de lettres en 
forme , fut reçu en audience solennelle. Ce m 
fat toutefois qu'en l'année 1515 qu'on songes à 
répondre au message de la reine d^Étfa&opie: 
Emmanuel fit choix alors, poor accomplir cette 
mission importante, d'un homme éminent diM 
les lettres, qui remplissait en ce temps les pai- 
sibles fonctions de grand chroniqoeor ds 
royanme, mais qui avait visité jadis ITupagr, 
l'Italie, l'Allemagne, comme ambasiadev. 
Doarte Galvâo, malgré son grand âge, fiA dé- 
signé pour aller porter des paroles d*alliaiiM 
contre les mahométans à ce n^oos d'Abyssinii^ 
qu'on décorait si improprement da titre de 
Prestre Jebean des Indes. Francisco Alvares M 
attaché à la mission comme devant remplir kl 
doubles fonctions de conseiller et de chapefam. 
Matthieu, comblé de présents, devait goider fas- 
bassade. La mission se dirigea d'abord vers les 
Indes orientales , où elle arriva en 1515; et co 
1517 elle partit pour la mer Rouge avec les am- 
bassadeurs. André Corsai nous à conservé le 
récit des calamités qui arrêtèrent cette expéfr 
tion à son début. Il suffira de dire id qoe ^in€D^ 
tuné Duarte Galvfto ne put arriver que jusqoei 
à Cameram , devant les c6tes de la hante tÀà^ 
pie. Sur cette Ue aride, ravagée jadis par Alfooia 
d'Albuquerque, il acheva douloureusement a» 
carrière consacrée tout entière à retraov k* 
gloires de son pays, et même à les accroître. 
Parvenu à une si fkiUe distance de l'Abyssinie, 
Matthieu fut reconnu par quelques-uns des ha> 
bitants notables qui avaient eu des relatioos 
avec lui : ils lui rendirent en présence des Por- 
tugais une sorte d'hommage, et alors seulement 
les doutes que l'on avait conçus sur la réalité de 
sa mission furent dissipés. 

Aux portes mêmes de l'Abyssinie, la mort de 
D. Duarte Galvfio s'opposait à l'aocomplissemeat 
de l'ambassade. La flotte portugaise quitta 111e 
de Cameram, alla brûler Zeila, visita ensuite 
Orrouz, puis se rendit de là aux Indes, où Tan- 
den gouverneur était remplacé : c'était alors 
Diogo Lopez de Siqueira , à l'iiabileté duquel 
était remis le soin de l'administration. Ce gou- 
verneur comprit toute l'importance de l'entre- 
prise confiée jadis à Galvio : il résolut de U 
poursuivre, en ne lui donnant pas toutefois U 
pompe qu'dle devait avoir primitivement; et ce 
fut une faute grave. La plupart des présents des- 
tinés jadis au Prestre Jelian furent gardés dan» 
les magasins de Cochin , où l'on affirme mêro» 



ALVAREZ 



250 



ntétéfort entamés par Lopo Soares ; et 
rambassadeur f\it diminuée. Le choix 
I à réiectîon du chef de la mission ne 
s plus de prévision. Le droonspect et 
Tfto fut remplacé par un soldat peu 
surtout d*un caractère Tiolent. D. Ro- 
ima fut chargé par le capitfto mor de 
'aUer établir les premières relations 
ït tentées jusqu'alors ayec un souve- 
les intentions duquel on n'avait re- 
les notions les plus vagues. En réalité, 
ire qu'à partir de cette époque, la 
sagesse et le caractère conciliant de 
Ahrarez sauvèrent la mission, 
sade mit pour la première fois le pied 
de l'Abyssinie, on, pour mieux dire, 
I à Mesoah le 6 avril 1520. Mais 
UTivé à Arkiko, le premier lieu de 
iportance où il s'arrêta sur le conti- 
tmprit mieux, par la nature du pays 
Hfficultés qu'on lui suscita, quels ai- 
les obstacles qu'il devait rencontrer 
irvenirjusqu'au Prêtre Jehan. Ses res- 
rar entreprendre ce pénible voyage 
t surtout dans une provision de poivre 
idérable, denrée que l'on considérait 
oute l'Abyssinie comme le moyen d'é- 
[)ltts facile et le plus profitable. Ses 
>lus réelles pour résister aux agrès- 
ribus errantes se montaient à seize 
, dont nous donnerons ici les noms, 
s ont été partout altérés, et qu'ils se 
ins cette biographie autour de la figure 
dont nous consultons la rdation on- 
que l'on n'avait pas encore fait même 
le Ramusio. Les Portugais de la suite 
isadeur marchaient dans l'ordre sui- 
!8 D. Rodrigo de Lima, que la traduc- 
ise change (nous ignorons pourquoi ) 
ke de Luna, venaient Jorge d'Abreu, 
inent, habile dans la connaissance de 
rabe; Lopo da Garoa, Jofio Escolar, 
le l'ambassade; Joflo Gonçalvez, Fin- 
ie facteur de la mission ; Manoel de 
nusiden chargé de toucher les orgues 
li^ au Prêtre Jean; Pero Lopez, 
) le médecin, qui plus tard, demeuré 
ge, fat revêtu du titre de patriarche 
sous le nom de Bermudezi; Gaspar 
stevâo Palharte, tous deux serviteurs 
îgue; Joâo Femandez, Lazaro d'An- 
intre, Alfonso Mendez, et enfin Fran- 
lez, qui se nomme le dernier. Avec 
sur Matthieu venaient trois Portugais ; 
lent l'un Magalhâes (peut-être parent 
navigateur, qui faisait en cette année 
tour du monde), les deux autres Al- 
Diogo Femandez. 

î arménien Mattheus , que nous nom- 
tthieu avec nos vieilles relations, ser- 
de aux Européens ; mais, il faut le 
osition était presque aussi délicate 



qu'elle l'avait été jadis dans llnde et en Portugal, 
où l'on «ûontait si peu de foi k son ambassade. 
En effet, il n'avait pas été envoyé par David le 
négous alors régnant, mais par Hélène l'Unpéra- 
trice régente, qn'efRrayaiait les envahissements 
toujours croissants des Turcs, et qui appelait à 
son aide les souverains chrétiens. La mobilité 
caprideuse de cette souveraine, ses excentridtés 
voisines de la folie, étaient alliées quelquefois 
par son fils lui-même, et servirent de motifs 
pour nier la validité des pouvoirs de l'Arménien, 
lorsque des dissentiments s'élevèrent entre le 
négous et l'ambassadeur. Matthieu comprenait 
mieux que personne sa position; il voulait at- 
tendre à la fhontière, et tftter le terrain. Ce fut 
sans aucun doute la raison qui l'engagea à con- 
duire les Portugais, à travers des chemins pour 
ainsi dire inextricables, au monastère de Bisam, 
dont les vidlles relations de Temporal et de 
Plantin ont Ikit te couvent de la Vision , et où il 
semble avoir eu parmi les moines de l'ordre de 
Sahit-Antoine un véritable crédit. Dès l'origine, 
l'ambassade se trouva là dans une position em- 
barrassante, si ce n'est fort difficile. Les choses se 
simpfifièrent par la mort de Mattliieu , qui ex- 
pira entre les bras d'Alvarez dans un village ap- 
partenant aux mornes, et voisin du monastère. 
Une épidémie qui r^ait alors l'emporta en 
quelques jours, et jeta la terreur dans le pays. 
L'ambassade ne songea dès lors qu'à gagner 
dans le plus court délai la résidence du négous. 
Nous ne la suivrons pas dans ce long et péniUe 
voyage; mais nous aimons à répéter quelques 
paroles d'un écrivais distingué, mitié par ses 
vastes connaissances à toutes les choses de l'O- 
rient, et qui le résument on ne peut mieux. « a 
pdne Matthieu était^H mort, dit M. Noël des Ver- 
gers en parlant des Portugais, que, voulant hâter 
leur voyage pour échapper à l'épidémie, ils ren- 
contrèrent de toutes parts des empêchements et 
de la défiance. Tantôt on refuse de leur fournir 
des guides, tantôt les porteurs chargés de leurs 
effets les abandonnent; et cependant les diffi- 
cultés semblent augmenter à chaque pas. Ils se 
trouvaient alors au milieu de ces montagnes es- 
carpées du Tigré, qui forment entre la mer et 
llntérieur du pays une barrière presque insur- 
montable. Au moment où ils croyaient avoir 
découvert un passage plus facile, des rochers 
droits et nus se dressaient devant eux comme 
une muraille, et les forçaient à retourner en ar-. 
rière. La nuit, ils étaientcontinuellementinquiétés 
pas les cris des hyènes, ... qui s'avançaient quel- 
quefois jusqu'au milieu de leurs camps; le jour, 
ils avaient à redouter l'attaque plus dangereuse 
encore des tribus, qui ne vivent que de butin. » 
( Univers, article sur l'Abyssinie.) 

Après avoir surmonté d'incroyables difficultés, 
Frandsco Alvarez arriva avec l'ambassade, non 
pas à Gondar, comme le dit la Biographie uni' 
venelle (cette >ille n'était i)as encore fondée), 
mais bien à Axum*, et daa^% c«^ ^SL<àeDi&ib ^as^ 



951 



ALVAREZ 



SSt 



taie de l'Ethiopie il put admirer , au commence- 
ment du siècle, des monuments pleins d'intérêt, 
et souTent remplis d'une sorte de magnificence 
que la barbarie des musulmans a renversés de- 
puis. Mais le négous n'était pas alors à Axum, 
qn'AlTarez appelle Aquaxumo; c'était dans le 
pays de Choa, si curieusement exploré de nos 
jours par M. Rochet d'Héricourt, qu'elle deyait 
le rencontrer. L'empereur David se trouTait par- 
fiûtement au fait de la marche des Portugais; et 
il en donna la preuve en envoyant à leur ren- 
contre un moine abyssin qui portait le nom de 
Zangazebo, et qui plus tard devait être envoyé 
comme ambassadeur à Rome. 

Parvenu aux montagnes qui séparent le Tigré 
de la fertile province d'Angote, si abondamment 
alors couverte de bestiaux, dans le pays de 
Lasta, Francisco Alvarez visite pour la pre- 
mière fois les splendides églises de Lalibela on 
Lalibala, que, selon la tradition éthiopienne, des 
hommes blancs ont creusées dans le roc dès le 
temps d'Abraham , sans employer, pour accomplir 
ces travaux gigantesques, plus de vingt-quatre 
ans. En présence de ces magnificences architec- 
turales ignorées jusqu'à lui, le vieux prêtre, si 
sincère dans s<m aihniration, n'a qu'une seule 
crainte, c'est qu'on ne veuille pas croire à son 
récit; mais il dut bien le dire, c'est dans ce 
même récit si minutieusement exact, et où toutes 
les mesures sont données , qu'il faut lire sa des- 
cription ; elle est altérée dans le texte de Ramusio, 
et par conséquent dans les traductions françaises. 
Nous signalons surtout cette différence aux ar- 
chéologues, qui depuis trois siècles acceptent 
l'étrange version de Temporal, et même ses 
plans à coup sûr fantastiques, dont on ne trouve 
aucune trace dans l'édition originale de 1540, 
la seule, du reste, qu'on ait jamais imprimée en 
portugais. La seigneurie d'Abrigima (et non d'^l- 
bugana), où se trouvent ces merveilleux édifi- 
ces souterrains, fut donnée à Zangazebo par 
le négous, et lui fut concédée sans doute par 
avance, en compensation des périls qu'il allait 
affronter. 

Ceux que devaient courir Alvarez et ses com- 
pagnons n'étaient pas encore écartés. Plus le 
récit en est simple, plus on compatit aux souf- 
frances qu'enduraient les Européens dans une 
région qu'ils ne connaissaient pas et qu'ils de- 
vaient faire connaître au reste du monde, et où 
d'ailleurs un isolement absolu des autres peuples 
créait sans cesse dans les relations sociales des 
obstacles inattendus. Quelquefois ces obstacles 
étaient d'une autre nature, et ne pouvaient être 
surmontés sans un grand courage. Au sortir d'A- 
brigima dans la province d'Angote, par exemple, 
l'ambassade fut cruellement lapidée à coups de 
fronde ; et elle faillit perdre mestre Jo&o, son mé- 
decin, qui plus tard devait jouer un si grand 
rôle en Abvssinie. 

Après avoir traversé l'Amara, l'ambassade 
entra. Je 1 •' octobre 1 520, sur les terre de Choa ; 



et enfin, le 15 du même mois, Frandsoo Atrarei 
put découvrir dans la plaine les tentes éparset 
qui environnaient la tente spleodide du Piêtie- 
Jean; la vallée, dit-fl, en était couverte. 

Nous n'hisisterons pas ici sur la pompe napen 
barbare déployée par le négous pour aecoefllir 
les Portugais. La réception sotenneDe de l'am- 
bassade n'eut lien que le 20 octobre 1520 ; et les 
pouvoirs de D. Rodrigo de Lima, qui ne se pié> 
sentait qu'au nom du gouverneur des IndeSy fo- 
rent si peu contestés, qu'on défraya ma^rii- 
quement sa table et cdle de ses serriteort. Mais 
D. Rodrigo avait trouvé à la cour du sovfenlB 
d'Ethiopie un bien plus grand nombre de Fnn- 
guis ou, si on l'aime mieux, d'Enropéens qaHiie 
le supposait. Outre Pedro de Covilham, randei 
envoyé de Jofto n, qui vivait en AbywÎBiB àb- 
puis plus de trente-quatre ans sans pouvoir ^ 
gner le bord de la mer, et un peintre vénitien, 
nommé Brancaleone, résidant presque awsi m- 
dénuement dans le pays, où O avait exéooté 
d'innombrables peintures religieuses, et où 9 
comptait pour compagnon un certain Thoms 
Gradenigo , il y avait une quarantaine dlodi- 
vidus, Génois, Biscayens, Catalans, Ajlffmamit 
même, que les hasards de l'esdavige on de 11 
navigation avaient amenés dans ces pangei et 
qui y étaient parfaitement traités, ainsi que les 
Portagais envoyés naguère par Tristan daConba. 
Ce ftit de cette réunion d'Européens qoe parti- 
rent les calomnies qui devaient ruiner momen- 
tanément le crédit de l'ambassade : on aooott 



hautement D. Rodrigo de Lima d'avoir 
la plus grande partie des présents destinés an 
négous, et de s'être même approprié ks WMr 
breux sacs de poivre qui luiétiiient réservés; oa 
nia même la validité de ses pouvoirs, et on sffli 
jusques à affirmer que l'Arménien Hattfaka 
n'avait reçu aucune mission légale pour se pié> 
senter devant Emmanuel. Le dédain se tradoirit 
de mille manières, les approvisionnements joa^ 
naliers cessèrent d'avoir lieu; mais des explica- 
tions fort explicites ayant eu lieu entre le négous , 
l'ambassadeur et Francisco Alvarez, ces nuages 
se dissipèrent et la bonne intelligenoe se rétablit, 
sans aller toutefois jusqu'à la bienveiUance delà 
part du souverain éthiopien , ce que l'on peut 
attribuer sans doute au caractère de D. Rodrigo ; 
car pour Alvarez, il avait complètement conqas 
la faveur du monarque. 

A partir de ce moment, c'est en eCEet le digne 
prêtre qui sauve la mission, on pour nuenx aie 
qui la soutient de son crédit. Il accomplit alors 
la charge qui lui a été déléguée par le capitlo- 
mor à Messoah, et sur laquelle se tait Ramu- 
sio ; sans être ambassadeur, c'est la sagesse de | 
ses consefls qui dirige l'ambassade et qui la , 
mène à bien. 

Avant tout, et quoique pourvu de certaines 
connaissances générales , Francisco Alvarez est 
un habile théologien, c'est ce qui lui assure la 
faveur du négous ; il remplit tous les devoirs 



ALVAREZ 



254 



Biastiqne, c'est ce qui lui attire Tes- 
jergé abyssin. A tons les instants du 
lever de l'aurore même , rempenar 
!r dans sa tente, où sans ôCIre tq de 
l'étiquette de la cour, il demande des 
18 sur les dogmes de la religion eatho- 
'émenreille fréquemment de leur oon- 
ec ceux que professent ses anottres 
intiquité. Malgré son jeune âge (fl 
igt-quatre ans ), non-seulemeol il s'en- 
condles qui ont été eélâvés jadis 
s et des livres religieux en usage en 
lais il veut que le digne chapelain 
peuple en célébrant la messe. C'est 
t qu'un sayant, dont nous respectons 
i dit que ces discussions tliéologiques 
is lieu sans une extrême aigreur de 
ntre. La meiUeure preuve d'ailleurs 
té que Francisco Alvarez finit par ao- 
s ses discussions religieuses peut se 
l'ambassade qu'il remplit solennelle- 
^ du pape de la part du négous , et 
lait à rien moins qu'à remettre immé- 
l'Abyssinie sous son autorité, en dédi- 
lel'Abouna Ck)phte, qu'on avait suivie 

• 

de février 1521 , la couronne d'or que 
destinait au roi Emmanuel avait été 
. Rodrigo de Lima, avec d'autres pré- 
lui et les siens; les lettres adressées 
[ue portugais et au pape avaient été 
igneusement , et placées dans leurs ri- 
te de satin cramoisi. Francisco Alvarez 

l'investiture du patriarcat futur de 
)n se préparait en un mot au départ , 

graves dissentiments éclatèrent entre 
lâir et George d*Abreu, qui avait su 
la faveur du négous. Après le départ 
l'ambassade pour Messoah, et lorsque 
léjà fort avancé dans le voyage , ces 
nts prirent un tel caractère d'hos- 
les Portugais en vinrent aux mains , 
e caractère conciliant d'Alvarez pût 
. Dès lors l'autorité du négous dut 

L'ambassade fut contrainte de rétro- 
les individus qui composaient la mis- 
t rester encore six longues années en 

A partir du chapitre CIX de sa re- 
digne Francisco Alvarez s'interrompt 
lent, et se tait sur les débats déplora- 
. compatriotes, pour ne s'occuper que 
jion des Abyssins ou de Fadministra- 
T beau pays. Pendant ce séjour forcé, 
an courant du mouvement inteUectnel 
., et il peut multiplier ses précieuses 
Ds deux ans avant Fépoque où une 
volution suscitée par l'invasion de 

changer l'aspect de l'Abyssinie, et 
ervention armée des Portugais : il part, 
y riche d'observations de tout genre, 
connaître enfin ce vaste pays à l'Eu- 



Ce ne fM en effet qu'au mois d'anrril de l'an- 
née 1526, cinq ans après la mort d'Emmanuel , 
que l'ambassade portugaise put se mettre défini- 
tivement en route pour Messoah avec Zagazabo, 
l'ambassadeur abyssin, chargé de remettre à 
Jofio m la ôouronne d'or jadis destinée à son 
père. D. Hector de Sylveira, capitfio-mor d'une 
flottille de trots galions et de deux caravelles, 
attendait, dans le golfe d'Arkiko, l'ambassadeur 
et sa suite. Malgré les efforts du négoiis pour 
retenir les Portugais, rembarquement définitif eut 
lieu le 28 avril. Durant une relâche à 111e de Ca- 
meran, Frandsoo Alvarez reooeiUit pieusement 
les cendres de Duarte Galvam; et, après avoir 
gagné le port de Cochin, il les remit an propre 
fils du grand historien, qui servait dans ces pa- 
rages et qui leur donna la sépulture. Ce fut de 
Caoanor que D. Rodrigo de Lima s'embarqua 
définitivement avec Alvarez et l'ambassadeur 
abyssinien pour le port de Lisbonne. H y arriva 
le 25 juillet 1527 ; mais la peste régnait, alors 
dans cette ville, et une caravelle dirigea, par 
ordre du roi, la misskm sur Santarem. Ce fut 
dans Coî'mbre même, au centre du mouvement 
intellectuel qu'il favorisait tant, que Jo&o 111 
reçut l'ambaîssadeur éthiopien. Seize ans plus 
tard, au mois de janvier 1533, Francisco Al- 
varez, déjà chargé d'années, alla à Rome en com- 
pagnie de D. Martin de Portugal. Il lui restait à 
accomplir la mission dont l'avait chargé le roi 
David : ce fût à Clément Vn qu'il remit les let- 
tres de ce souverain, qui errait déjà en fugitif 
dans son royaume. 

La cour de Lisbonne avait enfin décidé que la 
relation de Francisco Alvarez paraîtrait. Le noble 
et persévérant voyageur vint à Paris pour rendre, 
dit-fl, l'fanpressiim de son livre plus parfaite: il 
en rapporta des caractères qu'il jugeait préférables 
à ceux des Valentin et des Galharde ; et le volume 
qu'il destinait aux curieux , car on le tira sans 
doute à petit nombre, ftat imprimé en 1540 à Lis- 
bonne; il parut soos le titre suivant : Verda- 
deira informaçam do Preste lodo dos Indias, 
em que se contdo todos os sitios dos terras e 
dos tratos e corner dos délia et dogue passaram 
no viagem de D. Rodrigo de Lima, que for por 
mandado de Pedro Lopes Siqueira, e assi dos 
cartas e présentes que ho Preste Joâomandou 
a el rey nosso senhor. — Nous n*avons pas vu 
ce titre ; il manque au précieux volume de la Bibl. 
nat. L'image en bois qui précède l'ouvrage l'a- 
brège abisi : Verdadera ir^formaçamdas terras 
do Preste Joam, segundo vio e escreveo ho 
padre Francisco Aluarez, cappella del reg 
nosso senhor. Agora nouaméle impresso por 
mandado do dito senhor em casa de Luis Ro 
driguez, liureiro de Sua Alleza. Et à la fin du 
volume on lit : i4 honra de deos da gloriosa 
Virgem nossa snora , se aeabou ho liuro do 
Preste Jodo dos Indias em que se conta todos 
hos sitios dos terras, e dos tratos e corner- 
dos deltas, e dogue passant no viagem de Dioqo 



ALVAREZ 



ModrigodelÀnuif que/Hpor mandadode Diogo 
Lopez de Sequeira, que antam era gaver» 
neuior na Jndia : e a$$i das cariai e présentes 
que ho Preste Joà mandou a el rey nosso 
senhor, cô outras causas notaueis que ha na 
terra ho qwU via e escreuco, ho padre Frd" 
Cisco Àluarez , capelld del rey nosso sehor, 
con muita diligencia e verdade, acabouse no 
anno da encamaçam de nosso snor Jesu 
Christo a hos vinte dou dias de outubro de 
milequinhentos e quarenta anos, L*apparition 
de ce beau lirre fit une Téritable révolntioii dans 
les idées confuses que Ton avait jusqu'alors en 
Europe sur la géographie , Tbistoire et même les 
productions naturelles de la liaute Ethiopie. La 
sincérité dénuée de toute exagération dont il of- 
firait tant de preuves , la correcte simplicité avec 
laquelle il était écrit, dépouillèrent de tout son 
merveilleux la légende du Prestre Jean , dont il 
existe tant de manuscrits, et que l'imprimerie 
venait de vulgariser. Les richesses fantastiques 
de ce souverain imaginaire s'évanouirent; mais, 
en remplacement d'une sorte de fable populaire, 
les vrais savants possédèrent un trésor d'obser- 
vations judicieuses et de documents géographi- 
ques absolument nouveaux pour l'époque où ils 
parurent. Malheureusement le précieux volume 
dont nous avons reproduit minutieusement le 
titre Ait peu répandu hors de la Péninsule ; il \ 
était déjà rare au temps de Dami&o de Goes, qui 
lui a emprunté !a meùieure partie de ses obser> 
vations sur les Éthiopiens, et dont la plume facile 
vulgarisa tant de précieuses obser\'ations. Fran- 
cisco Alvarez était vieux lorsqu'il partit pour son 
périlleux voyage. Goes, en parlant de l'Age de 
Duarie Galvfto et de celui de son compagnon auquel 
il rend hommage, dit ilsquoquesenexetmoribus 
inculpatis. Or Galvfio avait soixante et onze ans 
lorsqu'il mourut, et Alvarez devait être plus qu'oc- 
togénaire lorsqu'il publia sa relation. La mort ne 
lui laissa probablement pas le temps de la faire 
réimprimer; et lorsqu'elle entra dans la circula- 
tion européenne, si l'on peut se servir de ce 
mot, elle y parut altérée dans la version ita- 
lienne de Ramusio , et en 1556 plus altérée en- 
core dans la traduction française publiée par 
Jean Temporal, que reproduisit deux ans plus 
tard lehan Plantin à Anvers avec de légères mo- 
difications, dues sans doute à un certain Jean 
Bellère. La traduction espagnole de Thomas de 
Padilla, Anvers, 1557,réimpr. en 1561 in-fol., 
et improprement attribuée à Selves , est préfé- 
rable, mais les noms y sont encore travestis; il 
en est probablement de même des versions alle- 
mandes que cite M. Temaux Compans dans sa 
Bxhliotlâque Asiatique et Africaine : il faut 
donc de toute nécessité revenir à l'original. Dans 
le mouvement scientifique toujours croissant 
qui nous attire aijgourd'hui vers l'Afrique, le livre 
de Francisco Alvarez ne saurait être négligé : il 
renferme sur l'Abyssinie les plus précieuses ori- 
gines pour l'etlmographie et l'histoire, et il 



n'est pas même à dédaigner en ce qui regude 
l'histoire natureDe. Pour n'en offirir qa*ui 
exemple, le savant et infortuné Petit, dont les 
mémdres sont insérés dans la beBe reiatioD de 
M. Lefebvre, doute, en énumérant les fruits de 
la contrée, si les limons, les cédrats , les onn- 
ges, sont cultivés depuis longtemps dans cette 
portion de l'Afrique, et ne se montrent pas avec 
l'invasion portugaise. Un simple coap d'ceQ sur 
la relation du seizième siècle eût UÎi énmumr 
l'incertitude du naturaliste. 

Francisco Alvarez habitant rAbyisinie denx 
ans environ avant l'apparition de ce cmd Gra- 
gné que Bermudez appelle Goronha, et dont on a 
comparé avec raison les ravages à ceux que fs- 
nouvelait sans cesse dans sa marche âestradife 
le terrible Attila, il avait vu le pays non pas td 
qu'il fut après l'invasion des guerriers impitoya- 
bles du pays d'Adel et celle des GaUas, mais 
soumis à l'autorité d'un seul négpus : oda seul 
rendait précieux le récit du vieux prêtre portu- 
gais, pdsque ia relation de Bermudez, qui 1^ 
compagna sous le nom de mestre JoSo, ne peiiil 
d^à plus que des scènes de désolatkm. H n'eit 
pas jusqu'aux réflexions d'Alvarez qui godooii- 
rent à mieux faire saisir dans leur ensemble les 
observations des voyageurs modernes; et lors- 
qu'on sVst initié avec hii à certains faits intd- 
iectuds, à certaines lois fondamentales qui ont 
régi cette antique contrée, et même à la fatale 
ignorance dans laqudle on resta longtemps ^ 
son égard , on sent mieux la justesse d'une opi- 
nion émise par M. Théopldle Lefebvre dans 
l'Ûitroduction de son vaste ouvrage : « Si l'Abys- 
sinie, dit-il, n'a fait aucun progrès , oed résolte 
avant tout de sa position isolée, de TahM^e 
complète des rapports avec des nations qui lui 
furentsupérieures en dviUsation ; car il n'y avait 
aucun peuple qui par le fait ne la séquestrât da 
monde entier : c'est au point qu'avant Alvarei 
et les Portugais , on chercherait vainement k 
moindre trace des rdations directes de l'Abys- 
sinie avec aucune des nations européennes mo- 
dernes. » Ferbinako Denis. 

Legatio David, jEtkiopim régis, ad demmUem pa- 
pam y^Il^ ^uidem David legmtio ad Emmeptuelem Par- 
tuçaillm rtgem, M. ad Joannem Portugatia vêgem de 
regno Ethiopim ae populo , etc.; Bononic, ISM, Ui-4».— 
Barrot, Dwadalda India, liv. iv, cap. t. — Le F. Bal- 
Uiaiar, Telles historia da Kthiopia alta , Ur. II, oap. S. 
—Nicolas AntoDlo, Bibliotheea kispanieanova, — Guer- 
reiro , IMaçdo annal das caosas do Oriente, do asmù 
1607 et 1606, p. y78.-Ubescas. Historia potU4A«al, parte t. 
Ht. VI , cap. ti. — Andrade, Chronica del rep D, Jode 
Terceiro, parte t, cap. 4. — Jarric, Thesauntt remta te- 
diearwn, t. Il, cap. 14.— Fernando- Lopes de CaaUohcdai 
Historia do deseubrimento da India, llv. VII, cap. s.— U- 
liolph, HUtoria jEthiopiea, p. 4.— Godinbo. De jtbpesia, 
rebusy Hb. I, cap. M et 94. - DamlSo de Goes, Fides, reU- 
gio moresque jEthiopiutn, p. 10. — Catalogo dos dtdH' 
res, daoi le grand DicUonoalre de rAcadémie des adencM 
de Lisbonne , in-fol., dont on seul Tolame a paru.— Fer- 
dinand Denis, le Monde enchanté, cosmoçrt^hie et 
histoire naturelle fantasque du moyen dge , acee la 
légende du Prestre-Jean. 

* ALVAREZ DE RiBERA (Franço'is)^ juris- 
consulte espagnol, né vers 1530, mort à Vdls- 



S57 



ALVAREZ 



3» 



dolid ai 1605. n étudia le droit à Salaroanquey 
«errit comme soldat en Italie, devint en 1570 
président de la chambre royale à Naples, et entra 
dans les ordres en 1589. Son principal écrit est 
vn plaidoyer en faTCur de Philippe II : Pro au- 
,guàisshMo Phiiippo II Respomum de succès- 
skme regni Partugaiix; Bladrid , 1621, in-4^ 

N. Antonio, BWMh, kUp. nova, t 11, p. Mt. 

* ALTABB ( P, Ocnçaio ), jésuite portugais, 
fondateur des études à Macao, né à Villaviâosa 
dans la première moitié du seizième siècle , mort 
dans on naufrage le 2 juillet 1573. Ce religieux 
appartenait à une ikmille noble; et, après avoir 
étudié à Goimbre, fl prit l'haut de jésuite dans le 
collège de cette Tille le l*' jauTier 1549. Homme 
d'une Instruction profonde , fl fut choisi par saint 
Françob de Boija pour occuper le poste si im- 
portant de visiteur des Indes. H partit en 1568; 
et, afvès avoir éprouvé une tempête épouvan- 
table au cap de Bonne-Espérance, il arriva à Goa 
le 10 septembre de la même année, sur le bftti- 
ment qà conduisait D. Luis de Attayde. Après 
s'être acquitté des principaux offices des Indes 
portugaises dans llnde, il se rendit à la Chine, et 
ce ftit lui qui organisa le premier système d'é- 
tudes à Macao. Il se rendait au Japon pour 
continner sa vie laborieuse avec le P. Manoel 
Lopes, lorsque son navire sombra. On a de lui 
Carta a Sdo Francisco de Borja, gênerai de 
Companhia. Cette lettre a servi à plusieurs his- 
toriais, et entre autres à Souza : Oriente Con- 
guistado. F. D. 

Barbota Machado, BibUotkêea Lusitana, U II. 

* ALTABBi DB GOLMBHAA (Jean), nom es- 
pagnol, probablement supposé, d'un écrivain 
fininçais qui a pubKéun ouvrage sous le titre : les 
Délices de t Espagne et du Portugal; Leyde 
(Yander Aa), 1707, 5 vol. fai-12; ibid., 1715, 
6 Tol. in-12. Cet ouvrage a servi de base aux 
Annales d'Espagne et de Portugal; Amster- 
dam, 1741,4 vol. in-4*. 

Léon PInedo , BibUoteea oriental y oeeidmtal, t III, 
p. uoa, édU. flis. 

«ALTAEBZ {F. Jean), né à Torres-Novas 
dans le quinzième siècle, mort au commence- 
ment du seizième, écrirsin portugais. Frère 
Jean Alvarez accompagna D. Fernando, sur- 
nommé le saint Itrfùnt, en Afrique, et partagea 
sa captivité. H ne revint en Europe qu'après la 
mort du noble martyr, et (\it, peu de temps après 
•on retour, nommé abbé commendataire de la 
câèbre abbaye de Paço de Souza, dont on attri- 
bue la fondMion au fiemoeux Egaz Moniz, et qui 
appartient à l'ordre des Bénédictins. Il entreprit 
dfc porter la réforme dans ce monastère ; et, gÀce 
à sa fermeté, il en vint à bout Diverses affaires 
rayant appelé à Rome et en Belgique, il envoya 
à ses moines, parmi certains ouvrages relatifs à 
la règle de Saint-Benott, une copie de Vlmitor 
tum de Jésus-Christ. Les lettres de Joio Al- 
varez ont été reproduites dans le grand ouvrage 
de J. Pinto RibeiTo ; mais le livre qui surtout 

HOVV. BlOCa. UNIVIBS. — T. II. 



le recommande an soureair de rUstorien est 
celui dans lequel il a raconté les souffrances et U 
résignation du noble fUs de Joio l*^ Ce rédt, 
fort altéré depuis, a été publié sons le titre sui- 
vant : Chronica das/eitos vida e morte do if- 
fante sancto D. Fernando, que morreo em 
Fee%, etc.; Lisboa, Germfto Gallharde, 1527, 
in-8*. M. Figanière n'a jamais pu se procurer 
cette édition; il cite la seconde publiée en 1577, 
avec des changements par Frey Hyeronimo de 
Ramos. Comme c'est la seule que l'on puisse se 
procurer aoyourd'hui, nous reproduisons l'un 
des deux titres qu'elle porte : Chronica da vida 
e feitos do mujfto vMuoso o sancto \ffante 
dom Fernando, que morreo em terra de 
Mouros : scripta antigamente por fre$ Joào 
Alvarez, cavalleiro da ordem d'Aviz, secreia- 
rio do dito senhor, que corn elle esteve cap- 
tivo atee sua morte despois ctnquo annos. 
Agora nouamente emendoda e concertada 
pelopadre Fretf Hyeronpno de Bamos, da or- 
dem doi Preegadores, por mandado do sere- 
nissimo cardeal Iffante, ete. A la feuille 144 
on a placé la suscription suivante : Foi iin- 
pressa esta chronica do sancto iffante D. 
Fernando , filho del reg D. Joâo primeiro 
deste nome, em Lisboa per Antonio Eibeiro; 
1577, fai-8*. Fesd. Denis. 

Barbou , Maekado Ub, Lm. — Cataioffo doi Jutorts. 

— BtbUograpkia hittoriea Fortueuna. 

*ALVARBZ T BAEJtkiJoseph-Antoine), bio- 
graphe espagnol, né à Madrid vers le milieu 
du dix-huitième siècle, mort vers 1803. Il s'est 
fait connaître par son ouvrage intitulé H\fos de 
Madrid, ilustres en santidad, dUgnidades, ar^ 
mas, seiencias y artes; Madrid, 1789-1791, 
4 vol. in-4**. L'auteur nous faiforme, dans la pré- 
face, qull a commencé, de concert avec son 
frère Juan Antonio, à recueillir dès 1769 les ma- 
tériaux de cet ouvrage, et qu'il a eu à sa disposi- 
tion la bibliothèque ( 8,000 volumes) de son oncle 
Santiago, roi d'armes de Sa Majesté Catliolique. 

Alvarez a encore publié : Compendio de las 
grandezas de Madrid; Madrid, 1786, in-8*. Il 
allait mettre au jour une histoire détaillée de Ma- 
drid, quand la mort le surprit 

Mesonero Romaoot, Manual de Madrid, s* édtt, p. 9. 

— J. Ant. Alvarez de Qolndot y Baena, Deseripeion de. 
Aranjuex, 1W4, prologoe. 

«ALVABBZ ( le P. Luiz), jésuHc portugais, 
né au village de San-Romfio, dans l'évêdié de 
Coîmbre, en 1618, mort à Lisbonne en 1709. Cet 
écrivain ascétique est regardé comme classique, 
et a donné un grand nombre d'ouvrages. Nous 
citerons : Amor sagrado, ojfercceo P, Luiz Al' 
varez, da companhia da Jésus; Evora, 1673, 
iii-8* ; — Ceo de Graça, ittfemo custoso; Colm- 
bra, 1692 ; — Sermoes de Quaresma , offéred" 
dos ao illustrissimo senhor D. Juan Mascaren- 
has, bispo de Portalegre, etc.; Lisboa, 1688, 
in-4®. Lei deuxième et troisième parties ont pani 
en 1693 et 1699. F. D. 



259 ALVAREZ — 

Ctttotoiô àm JÈutôfHÈ, Otns le DteUomuare dé VA- 
tademieéet Seitneet, 

alvarKK Un cAstMo (Mariano)i général 
ej!pagildl,né no btmrg d'Osma yen 1775, tliott êa 
1810.11 entra de bonne heure an aenioe, comme 
cadet y dans an régiment des gardes espagnoles, 
et était |NirTemi an grade de eokmel Uttê de Tin- 
tasion de la Pénintole par Ifapcdéon. Chargé da 
èbnmutndetnënt du fbrt HonWouy (^ dotitifle 
Bareelone^ fl tint quelque temps en édiêc te gé- 
néral Dubesme après la pfiné de cette placé; un 
ordre etptès du gotttremeur de la Catâkfgiie ptit 
senl le décider à se rendre. Bientôt éftpendflnt itr- 
rivèrent les raiforts que le marquis de Pallado 
amenait de Mahon ! Altarez aDa y prendre de 
l'emploi ^ et sa belte «mdoite liri mérita d'être 
désigné pour commander Qirone, dont les Fran- 
çais pressaient le siège deftois soixante-dix 
joors, et sur laquelle ils avaient lancé déjà dix 
mille bombes ou grenades. Les assiégés Hrisaléhit 
bonne contenance : bourgeois et soidati, tons ri- 
Talisaient de zèle. Cependant AlvaTes eut leur 
communiquer eneore tm Uoutel élan , an point 
que les femmes dles-mèmes tcohirent partager 
les fittigues et les périls do siège. Il s'en ftirma 
un corps de cinq cents , prises Sans distinetiôn 
de rang parmi les plus vigoureuses. Mais pour que 
les efforts héroïques de Girone ne demeurassent 
pas stériles, il fallait qu^ils dissent secondée par 
les populations enf i foft h a n t es , et AlratH» Ue ces- 
sait de provoquer leUr levée éh tnassè: Uh fléau 
plhs désastreux eneote que le f^ et la flatome, 
une épidémie, suite de la fiutaiue et du carnage, 
achevait de dévorer le reste des défenseurs de la 
nouvelle Sagonte. Alvarez j atteint de la contagion, 
résigna son commandement plutdt que de subir 
une capitulation hiévitaMe ; et, retenu captif après 
l'évacuation de la place , fl etpira bientôt de dou- 
leur dans sa prison à Figaières.[i7ne.tfei^. d«fn,] 

SodUiey. Nittorf of thé PentniuMr «or, (. Il, p. MO 
et salT. — Toreno , Hittoria del tevanUtmiento, guerta 
V revolueUm de Etpalia, t. II^ p. U-61. — Napier« iJii- 
tory 0/ the war in the PentnsUlà, t. Ht, p. 1748. 

ALVARfii {Martin doti)^ comté de Cdlôiiiera, 
général espagnol, né en Andalousie en 1714, tholt 
en 1819. Il embrassa de lM)nne heui-ê la profes- 
sion militaire, et fit ses premières armes dans la 
guerre dttalie en 1:^33. En 1779 eut le comman- 
dement de ce fameux camp de Saint-Roch et de 
ce long blocus de Gibraltar, qui inspira la verve 
satirique de Pamy. 

En juillet 1794, il fut appelé au commandement 
de l'armée de Navarre et Guipuzcoa, avec le titre 
de capitaine général ; mais il ne put empêcher 
les Français de franchir la Bidassoa, et de pren- 
dre Fontarabie , Saint-Sébastien et Tolosa. H fut 
remplacé en février 179S par le prince de Cas- 
tel-Franco dans le commandement de l'armée 
de Navarre, et obtint sa retraite. Appelé au con- 
seil d'État, y prêta, en 1808 serment à Joseph 
Bonaparte, et se tint, depuis 1814, éloigné des 
affaires. 11 mourut à l'âge de cest cinq 

Jfipprgphie det Contemporaine. 



ALVENSLEBEN 



260 



ALTABBZ, sculpteur eapagHel^ M i Vâdence 
t^s le milieu du dix-htfltièltfle HMé, itkirt à 
noihe en 1830. H fbt au fftMffédea MéM dé- 
signés pariVapolédH, atifèsl'tfccttttatiuuaèstfalts 
du pape, pour ontef le ptAéÉ àë MddfMSavitflo. 
Ori a de lui uhe béUë étothë en tûaMë, hipf^ 
sétftant Adonis. H tnoulUt d^ tinéttl tolsiUde 

t'indigeriëe. 
Haiter; iVMMi ;#»#. Émntef'UMtm 

àhYàUvz {Thrnné^, né 1 hMà m à tila- 
vidosa dans le seiaMnié tiàti»; mort éaos le 
dix<HM^èihe^ èélèhrë aaHofrista pCirtagils. Tré- 
sorier de la citfifielle f«yaie; peMntiè rie se 
htdntra fflul MMè 4^ Hli| dM-M^ élans tM èe 
qui regatdéla dIsdplUié éëdéMaatt^ : fl alaissé 
plusieurs outragée; Nous faHerMS tes trahéa sui- 
vants : Seholium ifi ruMctts 17 HUêaHt ro- 
fnani Cimentis YTII alufutriiate rëeo§nUi 
de ordhte genUflBeteMi In missa pHvatot H 
solemnif ulysaipoRCj iai9^ to-^^.—JfototUmm 
M mMeas bnifiafH rohumi es éecrelo io- 
crO'santH cmeiM ÎYidënHM^ i-ettUmH Pii f 
pmtifléU nUiwimB fuitu , ëdiiî et €lené^ 
tis fin authorUùté rëmtHnm ; inyasipons, 
ia29> ist-9?. 

On lui attrflMte également la vte Oe D. lorgs 
de Attayde, aumdniér éë l'ét (que de Yiaed. Sou 
DirBctorio cto C&ro parn a Capelln ¥eali est, 
dit Barbosa, ufl ctav^agH parMt dans son gea^. 

F. D. 

BarbOM Micbado, BihtmMeû iMttUxnu. 

" ALTAfto ( Jean ), peintre italien du dit-hai- 
tièroe si^e. On cite de hd une Sainte Fatmilef 
comme un tableau fbrt esthné: 

Heineken* Dictionnaire deijirtiiteié 

* ALT ABOTTO ( Jacob)f légiste italieÉj aé à 
Padoue en 1385, mort le 18 juiii 1453. Il en- 
seigna le droit féodal à Padoue , et fut juge à 
Florence et à Sienne. On a publié après sa mort : 
Lectura in tuiM/eiM^omm / Venise^ 1479, sou- 
vent réimprimé. 

Mazzachelli, Serittori d^ItcUia. , 

* ALT A RUS (Paulus)^ Alvarm OU Corda- 
benêis i écrivain espagnol, luKif éë Gordoùe, 
mort en 801. On a de lui une vie de Sahit-Ba- 
logé^ dans Schott, tÊispaiHa ilimtrata^ Td. lY, 
pag. 2^3 (édit Prancf.) 1008), et dans Ada 
sanct.f 11 mars; et quelques tettres iaaérées 
dans Bibliotheea Patram^ PariS, 19^, t IX, 

p. 332. 
Fidres. Btpàha Sa§r9dàt t. X^ Mt-tS7 ; XI, M^tM. 

J ALVBivsLEBBii (Albert, comte n'), homme 
d'Etat allemand, né le 23 mars 1794, suivit d'a- 
bord la carrière militaire, étudia ensnHe le droit, 
iieSint en 1823 conseiller d'État prussien^ et fat, 
de 1836 à 1842, ministre des finances à Beriin. 
Vers la fin de 1850 , U reçut la nûasion de repré- 
senter la Prusse aux conférences de Dresde. 

Convertat,'lAxieon, édft. de 1881. 

ALVENSLEBEif (cAaWes-Ge^Aord ), géné- 
ral prussien, né à Sciiocb^niz le 7 septembre 
1778, mort le 12 février 18^1. Ù fit les campa- 
gnes de 1792 à 1794 oans l'année au doc de 



ALVENSLEBEN 

. En 1806 il combattit à léna, et pal^ f 
anzlow le sort du corps d'année de 
. En mars 1813 il commandait tm 
s la garde, avec lequel U combattit 
;tà la bataille de Bautzen U contribua 
i la prise du village de Preititz. Il 
général en 1817, et avait demandé 
quelque temps atant sâ mort. 

'[jBxiconm 

Leben ( Philippe^harles , comte 
re d'État prussien, né le 12 déoertibre 
oTre, mort le n octobre à BerHll , en 
idia lé dtt)it à Halle, et suivit la car- 
Qoatique : Frédéric-iStiiilladnie n lui 
iessivement des missions en Bavière 
en Hollande et en Angletems. Pw- 
:rre pour la succession de la BAvière, 
fut mis à la tête du dépàrtemeht des 
ingères. On a de lui un Esiai d'un 
rtmôtogiqUe des événements de la 
puis la pnix de MunÉèef Jusqti^à 
)âbertshour^ ; Berlin, 179i j 111-8'». 

'Ltxicon. 

(Robert), poète écossais, né à Elgin 
nbre 1745, mort le 1**^ janvier 1794. 
publia un choix d'odes et d*élégies, ' 

dettx poèmes, Edinburgh et The 
(trd. Un volume posthume, publié en 
r titre : The Banks qfEsk and oiher 

tntrodnetion to the Htttwrf of Poetrw in 

Ml. 

( Barthélemi ), général vénitien , 
milieu du quinzième siècle, mort lé 
1515. En 1508, Alviano surprit ei 
ces l'armée de l'empereur Maxnnilien, 
vancéedana leFrioul. Il recouvra Ca- 
B siège devint Gorice qu'il emporta 
jurs ) et enleva Trieste. L'année sui- 
ominandait en second l'armée véni- 
ordres du comte Petigliano. Alviano 
iquer les armées alliées avant qu'elles 
éré leur jonction. Ce plan ofTrait l'a- 
porter le théâtre de la guerre sur le 
anemi. Mais le projet timide du gé- 
ef prévalut : il consistait à rester sur 
3. L'armée française, commandée par 
ivait passé l'Adda sans rencontrer la 
nstance. Alviano qui commandait l'ar- 
dc l'armée vénitienne, cédant iroprur 
i son ardeur, engagea l'afTaire d'A- 
14 mai 1509, avant que Petigliano 
» de prendre position: Toute l'armée 
fut culbutée , et l'impatient Alviano , 
îures auparavant demandait à grands 
lie, lut blessé au visage, et tomba entre 
'u vainqueur. 

traité d'alliance conclu à Blois entre 
!t la république de Venise ( 14 mars 
iano recouvra sa liberté. Les Suisses 
a la Trémoullle à Novarre , l'armée 
bandonna les Vénitiens ses alliés^ et 



— ALVmCZY M2 

repassa les Alpes à la hAte. AlTiano fut Mdult à 
s'enfermer dans Padona Lé sénat , MoutAnt lé 
fougueuse imp^uosUé du j^l^lral, lui défendit 
de fah^ sortir ses tnmpéfe sous aucun prétexte. 
Le général espagnol Cardonlie ptroflta de cette 
circonstance pour ravager lé pays des Vénitltas. 
Alviano demanda inatatmnent la penMssion de 
sortir pour tomber aur ce pillard, dont il assurait 
la facile défaite; et l'ayant eilfUi reçue, il ooiilrul 
sur l'ennemi et rattefglilt Hî 7 octobre 1313, à 
deux milles de VlbencO^ près de la Motta. L'ac- 
tion s'engageA entre sort ârihéé et tselle des Ea- 
pagnols, exténuée de Atfgue el ehârgée de butin. 
OnaOùt ttn teprothe à AlViëilo d'avoir attaqué 
lea ennemis dans une poiitfdii OQ il pouveit.les 
forcer à se tendre sans oombattfe^ mAis les cri- 
tiques de ce getile ioai très-hasardéeè. Les 
troupes de la république trotaipèrëflt l'espémncc 
de leur général : elles lâchèrent pied dèe I& pre- 
mier choc, abandoniièrent lenr artillerie et leur 
chef, qui fut obligé de se jeter dans Trévise. Cette 
affah'e couvrit dé gloiHe Tannée espagnole, qui, 
un instant aupahivant, désespérait de son salut. 
Cependant Alviano réunit à la hâte quelques 
troupes, et reprit TofRettsive an commencement 
de l'année suivante. Il battit les Autrichiens et 
reconquit plusieurs places. Toutes les biographies 
et même la Biographie universelle disent 
qu'Alviano contribua beaucoup à la victoire de 
Marignan , que François 1" remporta sur les 
Suisses le 14 septembre 1515; tniiA l'armée vé- 
nitienne n'arriva que sur la fin de l'action, pour 
se mettre à la poursuite de Tennemi. Au bruit 
du canon Alviano aoconmt auprès du roi , mais 
avec un piquet de cavalerie s^ement, et suivit 
François I^' pendant une partie de cette journée. 
Après la bataille dé Marignan et la retraite des 
Espagbols, Alviano reprit les villes que la répu- 
blique avait perdues. La mort le surprit au mo- 
ment ob , a^rès être rentré dans Bergame , il 
allait tommencer le siège de Brescla. Les M- 
ghCB de cette campagne avaient épuisé le reste 
de ses fbrcés. Le gouvernement vénitien ordonna 
que son ciot^s fût transporté à Venise, pour lui 
foiiie des Obsèques magnifiques. [Enc. des g. 

dUtn] 

CorbtaeiU , tflbltàtifèà «iilt^êrtoitê ioerû^prqfiana ; Ve- 
Dite, lT«f. - sUmondl, HépnMqnes itattennes^ t. XIII, 
p.Wl;ctt. XIV. p. 190; 1818.— Bttttbo, HittorUe rd- 
ntUe, Hb. VII, p. îM-i'TO. 

ALTiNCZT bu ALTMtlr (pron. Alvintch\, 
Joseph ) y fëld-maréchal autrichien , naquit en 
1735 au châteaii d'Alvincz, bourg de la Transyl- 
vanle, stu* ie Marosch, et tooukiit à Budc le i>7 
novembre 1810. Il entra atl service militaire 
dès l'Age de quinze ans; il signala son courage 
dans là guêtre de sept ans , pendant laquelle il 
reçut de graves blessures et gagha le grade de 
major. Après s'être distingué à Torgau et à la 
prise de Schweidnitz , 11 se battit glorleusemeiit 
à raffkire do Tœplitz , oti on lé vit charger l'en- 
nemi l'épéc à la mairi. Pendant là paix U &'«.v 
pUqoa à introdiiùie d»n& Vvnnibb V» ^eisran«s»x 



2G.". ALVÎNŒT 

r^ements militairM de Lascj; et ta guerre 
pour la snacestion de Banfere^ le rap|idut 
MIT les cbBmpi de bataflie, loi Mhit de aoureaiiK 
laurioB. JOMph n le WMnma inqoT génAtal , en 
mime tempa qnl le durgn d'ense^ier à aoo 
nereo FnùçoU IM prindpes de U twUqiie. En- 
Toj'é eoBoite, MU* Ltndon, contre les Toru, il 
tu pronm aa grade de fËM-martdial Ueutcnut, 
Uen qnll eOt écttoni derant Belgrade 

En 1790, Abinci; dot putir en tonte hlte 
pour la Belgique, où le* buraiatloai Impru- 
dentes de Joseph n anlait amené une îDtnrrtG- 
tioa générale contre l'en^wreor et contre Téit' 
qoe de Udge. L'sttaqoe d'AlTioczy anr la fille 
de Uége ne réoaiH pas ; nue diôte de cheval 
l'olriign de quitter too commandaMot, et U 
rrtoania k Tieme , oA Léopold U lui conKra 
k litre de t*""*"^;— Hais n reparut i la tMe 
des armén dans la goare de 179S et 1793, et 
conmuiiida une AtUmi «Hitre la France. Il eut 
une grande part i la Ttdoire que les Autri- 
chiens mnporlèrail t nerwinde, EsTojé en- 
suite pour renToTCCT le doc d'York, généralis- 
sime des coalisés, a ftit batta ï Hondtsdioot le 
e septembre 17113. L'aimée suivante, il Tut mis 
à la tSted'on antre csaf» aoxîUaire, et reçut la 
nussion de défendre contre les Français Im- 
portante forteresM de Landredes, pendant le 
siège de laquelle U reçot encore une blessure qai 
l'éloigna du combat. Le jeune archidac Cbariea 
prit un instant sa place; mais bienUt Alvinczj 
reparut k sob poste, et les aouveann serricci 
qu'il rendit Ini valurent le pade de grand maître 
de t'artJUeTle. Placé auprès duienoe prince d'O- 
lange pour éloigner les Français de la place de 
Cliarleroi, Il ne se borna pas k le guider de ses 
lumières, mais il lui donna aussi l'exemple de 
la bravoure. Deux chevaux furent tués sous Int 
dans la mêlée, et luI-mSRie fbt atteint d'une 
balle, ce qui n'empêcha pas pourtant le suçota de 
l'opération. L'empereur François D , son anden 
élève, l'appela vers 1796 k Vienne pour siéger 
au conseil auUque; mais AlvinczT d^ resta pas 
longtemps : les malfaenrs de l'armée aulri- 
chleone en Italie demandaient nn prompt t«- 
mède, et on porta snr loi les regards ponr ré- 
parer des pertes si cmellea. Après avoir réor^ 
Dise dans le Tyroi l'armée de Beaulleu, démora- 
lisée par sea ntHnhrenses débites, cl préparé 
daoscepaït une vigooreuse résistance, il entra 
«n toute bite en Italie, pour d^ager le général on 
chef Wunnser, que les troupes républicaines te- 
naient étroilement bloqué dan* Hantoue. D'abord 
il eut quelques sucts, et Temperear pat croire nn 
instant qu'il vengerait les deux années que les 
Français avaient d^è détruites. Alvinay se 
battit avec acharnement, et qudqnes combats 
partiels livrés k Scalda-Perro et k Bassano 
tournèrent k son avantage; mais le 15 novem- 
bre il fat battu par Bona^rte à la bataille 
meurtrière d'Arcolc, et du 14 au is Janvier sui- 
vant ( 1797 ) k celle de RlvoU , qnl délmUt ■!• 



- ALVISET 9G4 

core une fbfs l'armée autrictûenne et amena la 
reddition de Mantoue. Alors Alvinrar IM lap- 
pdé : ses ennenùa raccosérent d'incapadté M 
même de trahison ; maii il eut peu de pdne k te 
justifier de cet cnellee imputalious. L'empenor, 
qui l'estfanait, n'ea tint aucun compte; car Q U 
confia en 1798 le commaDdement géoénl de h 
Hongrie, durant lequel Alvioca; réoiganlsa l'ai- 
mée hongroise. Fnstoi* H rnalt ansdBoouné 
membre dp coasdl intime, d 11 ^a«l> k tnotcs 
ces hvenrs le don d'usé belle terre titnée dans 
le banat de Temesvar. Enfin, en 1808, 11 k 
nomma feld-marédwl génétaL AtviMzr fnt en- 
levé en IBIO par nne attaque d'apo^exie, k 
Bnde, o<i on l'eoteiTa an dmelière ndUtaiie, ai 
mifien de ses compagoons d'armes. Sa bnfle 
s'ételgiA avec hd. ËUgant daM ses manièret, 
formé aux habjtndes de la eoor, et trè»i>nvre k 
briller par ses qoaUtét perscHuidles, AMn^ 
était simple dans les canqw , adcué an tiMil, 
exact dans tout ce qoi tea^ao serriee, et sé- 
vère k l'égard de ses subordonnés. [ Exir. A 
rfnc. deig.dum.] 



ALTiHzi (Pierre), tbéologlai hraipais , né 
k la fin du seizikme siècle k Nagsr-eajad «a 
Tnnsilvanie , mort après I5M k Kaidan ou 
Cassovie en Hongrie. Il s'est biteonnanpe sv- 
lout par la polémique contre le jésuite Piètre 
Paimany , archevêque de Gran et foodateor 
de l'anivtraité de Tymau. On a de lui : Fer- 
$^)leatio» de la grammaire lattM dt Ortferj 
Motnar; Waradin, oitre 1603 et 1607; - 
/tinerortuffi Catholiettm, os os netwMto *«■ 
tilktdés , afeUl ha os BvangtlMttok lu df 
manféU ty' mçf tu mtatanl Sonu* eoUssea- 
valo PtgHitat-é; Cassovie, 1616; onnageMO» 
npne: c'est une longue contravene aor laques- 
lion de savoir si les doctrines des prntwti* 
sontphis nenvesqMcdleedescaflioltqma; —S, 
T. D. Pt» Kmdetett stina «tUveUèrttraa 
sarmd valo nieUt (R^MNise oanvsaUe am 
dnq lettres de P.); Cassovie 1610; — RMrf «fi 
iYÂfliofto ( court sennon de voyage) ; Cai 
1937; — Postula , at <a umapi tiemt . 
fttiumok tserenf , rùvid maçtana a) 
es vilagos tianuagolikat ( Pos 
ou série de sermons pour l'explication des pé- 
rtoipes du dimanche) ; Cassovie 1634-1036, 1 
vol. in-4*. 

onttntUMtetM KefrfUiflurLnlem.— atOMt 
~ ■ ■ ~ ■ ■■■ L ~ HoruTi, Mtm. 



ALTinzT. Fojf. AiTnicn, 
ALTI8KT (dont BtnoU), skvant I 
Dé au commencement du dix-septième sltde k 
Besançon, mort en 1873. Pendant les gnerres 
qui déMtaieot alors la Franche-Comté, 1 ae 
rendit en Italie, et entra dans ta oonpégatiaa de 
Hont-Cassin , aooa te nom de VtrgMtu. On a 
de lui im traité snr le* prifflég» dea BBolMi, 



ALVI8ET - 

n : Muranttx Moent vestu tpontm 
iil t)«miieutaf«,- oput de prMUgiii 
rtgularium; Pni«fili, itei, 1ih4*. 
ft mit à l'index par !■ oour de Rome, 
Imé i Kempten {Campidona), ab- 
■xe, 1B73, 10-4", eat aojoiird'boi fort 



|0-C«i(ficiuli, pan ]l| ] 

KHDi. Vos. Wàudi m Tum. 
ID. Foy. Walid 00 Tujd. 

■ IK-BILLAM ( C'«St-Mira CSlMi fut 

jNw, (onuim A'ÂboU'Dji^ar-Sa- 
altk de Bagdad , mccâda ea janïter 
pire Almuluem, et monnit «i aodt 
rigM n'eat Temirqnable que par la 
l« U SkOe en S43, à U anHe d'une m- 
NumaDdée par l« gtoiral Aglab, qui m 
^wndaot «t Tonda la dyoaitîe dea 
Alwalhlk ainuit Im adencea et le* 
avait fait uiw ritnde qtécUle de la né- 
nr H guértr d'une hjdnçUie, ti m fit 
0" one plandie à la tampératore d'an 
«langer, dont on Ttnait de retirer I* 
noarat k moitié l>r<ilé. 

. j<natu «MHlm.. I. H. - PrWc C*nm. 

iCB IJean-SaplUU i>'), poMe alle- 
è Vienne le M jaiiTler 176&, mort le 
n.nétodia h Viorne aoot le célèbre 
) EcUkI, qui loi donna le goOl de« mo- 
'utiqDilé. Sea premlen OMaJa poMt- 
■ent dana let Moft Ilff A^ai^«l et dan« 
:A det Mute», de Vienne; il en cotn- 
«idl, publié en 1784 & Lelpdg,et ai 
igeofbiili, aoiTi bientAt d'an f/ouveau 
■■ poéiies, k Vienne en 1794. La plnpul 
lies étaient des pièce* de drcMiataace; 
ira le «trie Ucbe et incorrect ; mai* 
*a T^mtstioa de poète , ce sont deux 
beraleresques : Doolin dt Mayeiteê, 
int* {Viecne et Leipi^, 1787, iB-S*); 
•érit; Liàpiif,, 1791, en doiue cbants, 
9-bnitaWieknd. Enfin, ona de loi nue 
allemande da ;vumii PompUiut de 
'ienne, 1791. 



og. Au. 

IT. Vov. Ali-bbt. 

ira (ffmtr-JVUam-ef-Aot-H'aiMin}, 
)éte p«rt«n, né, dan* le DjagaU, Ter* 
> de l'hégire), mort en 1500 Ji Hfrit 
badonr, grand dignitaire du soltan mo- 
. il reful nne éducation soignée, et s'é- 
,'k la dignité de grand Tidr du sultan 
Hbia. C'est k lui que la littérature 
Il toot ion éclat. Mirkbond et MO fil* 
ô^iDanladgah et Ppmi, étaient se* con- 
I. nfitc(»istmiredan*iaril]edelléTal 
gidnafennattoM nMxqnée etnae aea- 



ALTATTE 9M 

demie; ) T établit HirkbMid, hd donnant ton* 
les aecoora nécesaaire* à la corapo^tkm de son 
grand ouTrage sor l'hf*lolre de la Per*e. All- 
Cbjr rrinuftotcore, k grand* frai*, k Hérat, nne 



Khondémir. EnOn 11 protégea efficacement les 
art* et les lettre*. Plu* tard , il se démit de ea 
charge da viibr et de gouveneur d'Asterabad 

K livrer h se* goU* ponr la poésie. Dana 
*es poésies turqnes il se donnait le nom de JVe- 
wq/1, tandis que dan* ses poèmes persans il 
t'appela Fatti. Void *e* pdw^aiu oorr^es, 
«a dialecte tnrc dn Djapttf : Mtdiebatn at- 
•mrau (SociétéB prédensH), bUoire des 
poétea do DjiffW; — ÂroOH turtt (Prosodie 
"—ne) ; — quatre reeoelU de poMes, Intitn- 

MenelUa de reï\fi>tuei Rareté* de la 
jeaneue; CtaioiUi* de Vdge mûr; Tr<Âti de 
la Yieilkue: — sii recueSs en persan : un 

1 de six mille diitlqnes; Natmeddfche- 
uoAir (Oordon de perles); Netaalm el^no- 
habbe (Sooplr* d'amour); Ken ellMli (Jet 
de perles ) ; Chanuet twtabaeAehariri ( les 
anq n«Tlg*leurs}; MacMoub-^Kolmb ( les 
BIsi-BimésdesCœius); — Cinq poèmes bi^ri- 
que*, intitulés : Ferhad et CAtrin; iteliJnouK 
et Léila ; la Digue d'Alexandre ; Ut Sept Pla- 
lUlui^i'Étontiementda Purs. CeaouTrages 
sont en manuscrit lilaBiblloUitque impériale de 
Psii*. 

BUT. de Suej, tu» NMUa tt ntrMtf itt Maawcr. lU 

la«M.dal>.,tV,tlM*B;— IIimDcr,Hlit.MJaHU.|Mn. 

ALTATTKCAliuamK), roi de Ljrdie, monta 

■or le tnlne tws 6lB atant J:-C. , et mourut 
361 ans avant J.-€. H fit la guerre aox Hèdes et 
tCjraxare, petit-fil* de D^jort*, chassa le* Om- 
méiien* de l'Asie, prit Smjme, uiiégea vaine- 
ment OlaicHntne, et nragaa pendant onze an* 
le tenitobe de* HDésieiu. Atteint d'une maladie 
gnv^il «nojra à Delphes coosolhr lîontcle. La 
Pythie reAia* de répondre avant qm les ennemis 
eussoil tebUi le temple de Minerve, qo'ilsavaienl 
brtlé, dans le pa}* des Hilésien*. Au lieu d'un 
temple , Alyalte en fitbiUrdeox prèsd'Assos; 
et ce fid là, dtl-on, le lemAde qni lui fit recou- 
vrer la santé. 

Quelques Scythes, échappés des mains des 
lUdes et itfn^ k la cour du roi de Lydie , 
devinrent un nijet de guerre entre Alyatte e( 
Cyaxare. Cette gnecre dura pendant dnq ans 
avec des soccis partagés. La bataille qui se 
donna la sixième armée fut remarquable par nne 
édipae de aoleil qol, *el«i les historien*, chan- 
gea tout ieoop le jour en Dtdt très-obscure (1). 
Cette éclipse avait «té prédite par Thaïes leMi- 
léden. Les HMes et les Lydien* , alors effrayés 
de cet événement Imprévu , qu'il* regardafènl 
comme on signe de la eoUa^ des dieos , firent 



5W ALYATTE - 

1(1 \ait par l'entremiM de Syennesis, nû d« 
CilicÏR, et Ht LatijnËte, roi de Babjlonc. Aljatte 
ilonna sa lille ft) mariaiia à Astyafc, (ils de 
C)'ii\are, et iiioiinit aiii^s un règn^ ^r cin- 
quanle^nq «i; : il eut pour succei(«ur Crésui, 

MU (1)9, 

Lm Lydiaiiit érigèrent II Àlyatlfl lin tombcao 
i|ui suiWfil en ^ndeur les pins hauts Ëdî- 
Oces, SI j'pn tm nr*litf ceii\ fl'ÉgyptP et île 
Bflbjlonei n a™il PI^S 'le mille pas ilc tour, t;t 
iipTiron quatre cents <}e largaar. On yoit pris île 
Sari ( l'ancien ^lies ) va tcrf>^ <iuc fliandlcr, 
Hamillun ^ d'autres voyageurs regardant 
commi: to tunibeau d'Alyatle- 



,.r;.- 



- MtmtlrniStr, 



ALYMou B4|.TI|-fipRB*I, trente-quatrième 
k)un de Crimde, vivait au miUeu du dit-huj- 
tiËma siècle. Fils de Uanghelr II, il succéda k 
Arelaq, le )! aoOt '765, et r^a soqs la suze- 
rflinet^, de 1« Portç, jusqu'au 31 octobre 1758. 
Ciiarles de fejsoiuie], contnl de France ï la cour 
d'Alfiti I nom a l^W dee détails intéressants sur 
•I ce prince ind^oissable, le plus judicieuj., 
le (dus éclairé, le plus éloquent, le plus justi', 
le plus libéral et le piu^ aimable qui ait jamais 
peut-Èlrc gouTerné les Talars, celui qui s'est le 
plus mal rooduil, qui a cummis le plus de fautes, 
qui a faille plus d'injusticed,quiafait 1« moins 
de bien, et qui eat parti le plu» déleslé, malgré 
son adreaae et UHi ambiljoD, > Iji clTel, en dépit 
des belles qualités et des bonne* iolentioas que 
l'historien français attribue un peu gialuilentsnt 
au kbau tartare, le rtgue de ce prince fut une 
suite lie désastres qui ameoërent rapidement la 
ruine rl'AljiB-Gberai, ut hâtârent celle de la Cri- 
mée, Comme ses prédécesseurs, il écboua con- 
tre les Nogaia, qui, après avoir été longtemps les 
auvillairea IndiKiplinés et redoutables des <lf- 
nastiea tartarea du Caucase, eoTabirent la CriiuËe 
nu comineiiceineat du dii-geptiËme siècle, et «'y 
maintinrent dans un dt«t d'indépendance presque 
compléta, KouTeroés (lar un prince de la maison 
de Gheraï, élu par eux et ronfirraé par les khans 
de Crimée. Les réballions n'étalant pat rares 
parmi ces Tartarcs belliqueux et noiuades i mais 
celte fois , leur levée du boueUera avait un ca- 
ractère plut sérieux, puisqu'elle a<ait lieu à 
l'instigation de leur général, Krym-Clieraï, am- 
biticui qui Gomoitait le IrAne. Ils prirent pour 
prétexte l'augmentation des irnpâls, et le* de- 
mande* de blé faites par Alym pour l'approvi- 
aionnenient de Conttuiliaople. l4 khan de Cri- 
mée marcha contre les Nogais , k la tête d'une 
armée de aO,000 homnwB, en septembre 1758, 
mail il ne pot surmoMter la réajslanoe de son 
habile et audacieux cousin Krym-Cher^. Pour 
détruire les espérances de cet ambitieux compé- 
Utfur, il fit aux rebt'llea les plus larges ctwcea- 
sioiis, et finit même par leur onvrir le Budjic, 



- ALYPIOS afiS 

principal grenier de Constaotinople. Cet acte 
amena sa destitution par la Porte , qui , n'ayant 
plus le vaillant Arslan ï sa disposition, (U forcé 
de nkettreïla tète de la Crimée le reM)eK'7P>' 
Gbyrai. 



ALVon(Pien-e-fAfJijipe), botaniileeCidiar- 
macien français, né dans l'Auvergne en 17&S, 
mort à Paris en 18lfl. Avant la révoInlloB, H fut 
lecteur du duc d'Orléans, et chargé d'easagner 
l'histoire naturelle aux enfants de ce jirinoe. Eii 
1783, il présenta à la Société de rnédedne un 
mémoire sur les préservatifs du vimt vénérien ; 
mais il fut détourné da aes retharebec hilérta- 
santee par les scri>pule« d'un da iea anda, qai 
triHLvait convenable de laisser la syphllisiepio- 
pa{wr, comme un frHB contre 1m déaordrM 
d'une jeunesse trop ardente. Apre* U mort du 
due d'Orléans, en I7M, Alyon lut débnn i 
Naote* pendant plusieurs taon. Depuis, il éri- 
gea la pharmade dn Valda^îrAce , et aanlta 
celle de l'bApilal de la svde impériale. Malgré 
son ige d ses Infirmités, il tlt Iea campagnes da 
1S12, 1813 et 18U, devint prisoBnier de gnerre, 
et resta k Znaim en Moravie jusqu'à la dobcIb- 
siun de la paii générali^. Ses ouvrages sont : 
]* Ssiai sur les propriëiéM ta<!dieinalei de 
l'oxygène, et sur l'appCicalion de ceprintipe 
dans lamatadiei vénérieimes, pioriguei et 
dartrewtui Paris, an V, ln-S°, réimprimé m 
l'anVD (1799),eltraduit en aIlefnand;Leipu^ 
nvt; — 3° rouri dJAncnlaire de botfmiqv»; 
Paris, an vn, In-fol. Ce sont dea tattleana ly- 
nopllquea qu'il avait composés dans l'origbM 
pour les enfants du duc d'Orléans ; — 3* Court 
êlimimtaire de ehimie Morlfue et praliqur ; 
Paris, 1787, in-a*, et 1799, ï vol. in-8>. Alyoa 
a r«rrif(é la partie tétanique de l'édition de J.-J. 
Rousseau que le libraire trfTrit à la eonveation 
nationale. Il a, de plus, traduit de l'anglais 
l'ouvrage de Rollot t>tr les maladies gastriques, 
in-«-; Paris, 1798, et,da lllalien, le traité de 
Vacca-BerUn)diieri aur les Maladiet viiie- 
riennes. 
Blonrapliie Aii Contemporain; - Quenrii, la Ptawt 

AI.VPIUi('A).ûnia;),d'Autioclie,archilKleel 
ingénieur, vivait vers le milli'udu quatrième siJ- 
Lit', soua le règne dr Julien l'Apostat. Ce dernier 
le chargea de faire rebâtir le templ£ de Jérusalem. 
Alypius le mit ï l'œuvre, et fut secondé en cela 
par le gouverneur de la province. Mais bienlét 
il fallnt renoncer à l'entreprisi', parce que, dit- 
on , les feux sortaieet de dessous terre , et ren- 
daient le lieu impraticable Huit années après, il 
se trouva impiiqné dans le procès dee persdu- 
nes accusées de ma^c et d'avoir vonin prédîi^e 
l'avéaement du successeur de Valens. Il M 
banni, et tous ses biens confisqués. Son (Ai, 
Hiéroclès, condamné à mort [lour la même aC' 
CDsatran , fut £auvé lieureusi'jnent au moment 



ALTpIUS 
OOndolMlt au Hppliœ. On peufte ifue 
inl est le ft^me que ccini Quj dédia i 
le description géographique de l'anj^ep 
pie Godeiroy a pu))Iite t» ffttf «I (iliii 
1, 1835. 
I, BliMf,. jjrfFO. jri, - Pf iHfiiLM.¥J, ». 

IPBIV«"M), pbi)twp|«i ^ref, (Mijt- 
n de Jambliope, jiy^i % ^ejairirie flsn» 
in^ siècle, llétâit ai petif de \^e, gu'on 
«nipalt le p;gm£e. « Mais Ijt Halare, 
ipe, dépensa pour déveliqiper son c$- 
pe ^'eUc emploie ij'ordiiiBlre pour for- 
îojpB. « Al^pius eut fie nombreui dlçci- 
; Inquels il discutait saga avoir pcours 
Ivre. Un Jour ga'il rencoqtra Jamlillaup, 
la cette quesnup ■■ ' Un homine rjcbe 
u UD honi[)ic iiijuste, ou l'hiritier d'un 
aJDjte? > Jambllque ae répondit rieo ; 
i^jra Alyplus comme un dialecticien 
int souvent caqser avec loi: et, lorsque 
iifiosoytiç ipourut, il écrivit un récit de 
pnt Eunape a donn^ nn extrap dans \fi 

UlJMIque. 

titUcU. «dit CoameUa, p. M. .• IbIU , Die- 

CrNct Bité Baai, autrapk. 

iOT,éerivMa et muiUcIta greo, vivait, 
Mfodere, aotérisu rodant h Ptoiépiée at 
Eocliilii. De la Borde le pla£e dau la 
imnlié du quatrième siècle. De tout lea 

anciens sur la musique qui oatu ont 
ni», il est le»e)jl par lequel uouii uod- 

Im notes des Grecs i iod ouvrage El- 
uiMinJl, latrodiicUott à la t»atiqut, 
ntalaUiéorieito cet art en sept partiea, 
les MHS, des intervalles, des STsIèinet, 
M, des tons, dat duinf|gment* et do la 
Iod; mats il ne s'occupa que d'une de 
s, les loDs. Il a été puÙié par Me<ir«ius 
Uin], S0U9 le titre t Arulo3C4»iu, Aï- 
4, Àlypiut, autîOTK muiicei nnli- 

haeteua» non «fi(i; Layds, Igid, 
fboin l'a aassi publié dans «on Recueil 
dena grecs. ICfil, in-4'. 
i, Bl*l. eraca- - Feui. «ogr. uili'. dcf ma 

PS, arcJiejÊquE i)p Césaréj. Qfl ^ ^e lui 
•flt d'une leltj-p cqnservé daqs PliflliltS 
(., p. (3,^iï, édjl. Bekher). 
■^.j %^m}\f^i,i^ Joseph- Antoine), 
e fi Biographe inevicain [d'orieinc pa- 
Dort fera 179^- 1) lit ufi jtrand nqm- 
«rraljoM astrôoomiqoesi 4 w' 4àns 
I de HCeraiura, qu'il pqblia longtemps 
'j inspirer i la jeunesse meiicaine le 
«dence». AJi^te était corresponJap( de 
le des sdences de Paria. Outre Bel tra- 
ronomiquea, on a de lui ; r Pfouvtlle 
l'4nérigu' $tplfi'lrUiniile , 'iùMÉe i 
ie n>ja)e des sciencea de Paria , 1708; 
o de la gtografia de la l\'ueva Es- 
modo de ptr/eàon/irla, pcriodico de 
décemb. 177S, n. 7, p. àS ; — 3" Vapa 
Oitpado de Mexico : c'est une carte 



- AHAC 170 

manuEQritp, dessinée en 17U, revue par i'aiiiei» 
PDI773, mais peu estimée; —i'Letlretsvrdlf- 
fi'renlt objets d'histoire ualurelle, adressée à 
l'Afadéinfe de; scteocei di' Paris, et iqiprimée 
4.W3 la relation (ix\ voyage 4a Cl»appai — s° Jf*- 
mqift sifT (a limite des neiges perpétaellei 
au rolcnn Pexocatexctl. Alzale avâll fixd la 
position de Mexlpo ^ 19* ^' lat. sept, et 100' 30 
long, ptrid. P'ayrè» SJ. lie HumbQldt, elle esl à 
ir Î5' ift" iBt: et 101" îa' *I" long- 



iinhilUt r 






c. kailBçnttlilr a 



AMABLB (sHQt), prêtre frascais, mori à 
Rioni la 16 oolobK 475. Il fut d'abord diantre è 
OlermonL L'évtqoede cette ville lui donnd en- 
suite la cure de Riom. AroaUe y lit bltir deux 
é^isea, de Saint-Jtaa-Bapiisie et de Sainte-i:é- 
nigne,dont il esl encore le patron. On attri- 
bue à Ma rdiques une grande vertu contre 
la mor«uredea aniinaui venbneuv. De son vi- 
Tant , Taisant le voyage de Rome, Dieu lui ac- 
corda, dit le légendaire, on rayon de Kol^l qui 
lcguidai(,luiobéiasalt,oomme un Hdèle serviteur, 
et lui portait son maaleau. A. de L. 

Sâlat' Or^icHre dt Toun, 4e 'ilorUt Coniworvm — 
Burliu, >'U in SaUd-AmiM: ~ Sinrop. «rif iiu; itt 
ttlim •" CtoriuM. - Aalll'^l. ^i* "« SaMi. - L'iBbc 
ftfia. fit il iilnt Amaltle. 

A^AC OU AMI» yuKHAB) (Abottl-yaghib), 
pocte persan, né prQbahlement à Bokbara, nii il 
mourut prpaquc ccnten^irp. Sa <rte n;in])ltt tout 
le ouiliine siMe, qui eit efM de la plus li<-.iile 
puisswipe ^e« Se|djouk|i(es, Amak fêtait l(-fiivurj 
i)e P(l)ëd£r-|(f)ai), Tundateur d'une nrudémle, qui 
e0ii)ptsit paimi se* membres Ijaschidi, Ki'Iami, 
KcgbiMbf^iabi, Ali-Schatnuuii, Scltandl, etc. 
Apuk devint pr^ident de cefte acarlémie, et 
Alt pomblé de liclkBSses. C'est ce qui lui attira 
pariicu1ièren)e(it ja jalousie du |>o«te Raschi.li, 
auteur du poemc Uadaie-nl-Scher, on l« /ar- 
din-Eneltaitté. Vers la fin de sa vie il Tut appelé 
auprès de Sandjar, prince seldjoiiliide de Fars, 
Mais, è cause de son grasd Age, il ne put ie int^I - 
tre m roule; il eut cependant rocore assez de vi- 
gueur ponr composer une de ses plus belleii élé- 
gies, qui remporta le prit , Bur la rnoii prématurée 
de la sceur de Sandjar, Malii-Hulk, mariée i 
Mahmoud, neveu «1 successeur présomptif du sul- 
tan ; cette éégie commence par ces vers : • Au 
temps qae la rose commence ï More dans les 
jardins, celle qui éldt déji épanouie s'est flé- 
trie en un instant ; et nous la voyons déjà converle 
àf poussière; et, lorsque les recelons des ar- 
bres sucent l'eau des nuées printanières, ce 
narcisse s'est desséché, faute d'eau, an mlllen de 
la n-alclienr d'on Jardin, « Outre ses élégies, très- 
eslimées , nous avons de lui : Histoire des 
omoKM de l'«HOi(/'e(ZoaI«t*tt, roman en vers, 
tiré de ta vte du patriarche Joseph, si altérée, 
comme aa taii, dans le Rorao. 



m amadE — 

■ AMADi (IMitlea.buoTijt'), poMe iKUigrats, 
trf à Kueban le 13 nwn 1703, mort k FeUar le 
33 décembre 17S4. Il niiTlt la curlire militaire, 
«t parrlnt au grade de mIomL Od ■ de lui quel- 
ques poéakt tjrtlqaei et énrfkpKS (ygaga* 
én^tet, ntrehMi, Btag^tknuk, etc.) ; Vienne, 
1765, In-S*. 



kHABBi {Charla-Àntoitu ) , médeda et bo- 
(aiUste, né à Bologiie rera le milieu du dix-aep- 
titme siècle, mort a ITIO. 11 déoouTilt dan 
o^tces de plantes , trtc-nrea m Italie, et qui M 
retroureiit dans les régioni AqnatMialea. L'une 
de ces espèces ï bit établir le genre A&fiwututa. 
Il n'a laissa aueim ooTrage. 



*UUJ»I (fitralamo ) religieux ilalioi de l'or- 
dre di servi di Mario Vtrgbu, té vers 14S3, 
mort à Lucqne*, te la Etnïw 1543, professa la 
Uiéologio i Boloipw et à Siion*. Le général de 
son ordre l'enToja m Alleiiiagne comme son ri- 
calr«, pour a'oppoaer un propta de l'hérésie 
(te Luther. Amvld U oonbatÇt, non-seolement 
par ses préfficattoM, mab aussi par un traité sur 
llmmortaliU At lime , dans leqDel il rcAitait 
les doctrines do mofaw aDemand. Cet ounage, 
d'abord publié fc Boa» et dédU au cardbud An- 
toine de Padoue,tkit rétmfirtmé soue le titre d'i- 
poUtgia tulV ^mnortailtà dtU' anima ;HOan 
1&18, i»4*, arec une dédieaeaaa cardinal Roberto 
Pnccio. Amadei tH nommé rleatre-géaéntl dé" 
urvl par la cape Adrlsn VI, et eonflrmé dani 
cette plMe par le cbaptlTe de Fajnia en 1S34 
et par celai de SiMne en 1533. U s'efibrc* à» 
Tébimer les cooTente de son ordre. Outre l'ott- 
Tr^ d^à dté, Amadei a laissé phisienn écrits 
encore Inédits ; entre autres, nn tnité De Jure 
dtvlno, contra Luttwr. L. J. 

Olul, JnamUt anHiUj rr. wmm B. M. r., toi. 
n. - NuinclwUI, SeritiOT^ a-Iialia. 

■amadh (^{ieiins}, pdatreitalloi, né k 
Perugia en 1589, mort en IMt. On a remarqué 
comme uw particularité de sa vie qn'D naquit 
et moarot k lamttne heure et au même jour du 
moiB (30 janvier, k minait}. H a fUt plusieurs 
pMtraits et sujets d'histoire, eriiméa. 

PuenU. ftltH^ pUlen.iaiaoHiareMUiiU. ~ Luul, 
SUria pMerita. 

■ahaobi ou ahadro (Jean-Antoine), 
seul plear italien, natif de PaTie, mortiers 1471. 
SMt cltef-d'iEutre lut le mausolée du général 
vénitien Barthélémy CoHeonl, dans l'église da 
Bergame- 

Clcognin, JtoUa tfUa leulturm. 

AKADBSi (Donànique ), poète italien, né k 
Bolo^elB4 août 1657, mort dans u ville natale 
le U s^tembre (730. Riche marchand BoIodaù, 
il ctmascra ses loisirs à des études littéraires , 
et compoaa des poésies qui lui acquirent une 
grande réputatloD. Ses premiers écrits parurent 
•ou* l'uagramme de Stmonide da Mtœo, 



AHADUZZI 373 

dans le recueil de Gotdii, Seelta di Soiutti e 
Cantonl de" più exeeltenti Kititatori itog^ 
tecolo; Bologne, 1709. D'autres poésies d'Ama- 
desi forent pubOéea, en 1713, par son ami da. 
PletroZanoUi. Son iils Lelio-Alberlo cultivaansn 
les lettres avec succAs. Quelqnea-tiMs de tes 
poésies te troovent dans le recueil de GobbL 

KutncbEUk, Serittori d'/laNa. 

AMADKsi {Joteph-Louii), catMoiite et an- 
tiquaire italien, né k Livoume le 38 août ITOt, 
mort 1 Rome le 8 février 1773. II ndvit dèsl'e»- 
ûmce sa bmUle k Ravenne, et passa dans cette 
Tille presque tout le reste de ta vie. H entra dos 
les ordres, el fut nommé, par l'arcbevéqoe de 
Raveime, gardien des archives arciiléplseapaks; 
vaste dépôt qu'Amadesi mit ta ordre, etdonti 
protita pour ses recherches lùstoriqnes. Ses prin- 
dpaui ouvrages sont : de JurUdictUme Raoett- 
natum Epàcoporum in eioitateetdUecetiFtr- 
rarienei; Ravenne, 1747 ; — de Jure Bovn- 
natum Archiepitcopontm deputandi notariée; 
Rome, 1751 ; — de Comitatu ArgenCato;Btgiia, 
1763; ~ un grand nombre d'opuscules, pabHfS 
dans le recueil dn P. Calogera (Jiaecoffa dl 
opuscoli KienttJM el filologtei, vol. XID et 
xnv ; le dii-septième chant aooompagoé da 
notes du Bertoldo, Bertoldino, e Cacmenme, 
Quelques beaux esprits de Boloéne avaient pris 
l'engagement de mettre en ven et tt'annôlat 
l'Histoire populaire du paysan lombard Bertaldii, 
écrite par Glulio Oesare Croce. Amadeti, qui cul- 
tivait à la fols l'érudition rt la poésie, fournit son 
contlitgent k cette docte et burlesque o 



AMADKirn. Voy. Amédéb. 

AMADOR BEBELLo (le p.), jésuite portB- 
gais, né dans le bourg de Heiamrtîo, évécUdt 
Porto, en 1539, mort k Lisbonne en 1031. On a 
de lui : Algunt eapttales tiradoi da* eartm 
que vieram este anno de 1538 dotpadretd» 
cotRponAia de Jesu, que andam nat portée 
da india. China, Japào e reino de Angola, 
impreuoî para se ptniereM eom titaitfaeilt- 
dade eommunicar a muUat peuoai que ce 
pedem. ColUgidot par o padre Amador Se- 
bello, da metma eompanÀia, proearador dM 
protiinclat da India e Braail ; Llaboa, 168S. 

Ce livre est asses rare, et m sa le piMon 



au nombre des écrivains qui (ont autorité. 
Febd. Dros. 
Cotaiofs du datera.'- Kirtou If aebids, MNW- 

AHADUZZI (/ean-CArisfopAc ), en latin Ame- 
dutlut, philologue italioi, né pria de Rtndni m 
1740, mort en 1791 i Rome, où 11 dirigeait Im- 
primerie de la Propagande de la foi. On a de lai : 
1* une quatrième édidon, avec des notes, dt 
l'ouvrais de Bellori, intitulé Fragmenta vei^ 
frit ivterU ilonut i Borne, 1764, liïfbl. ;— ri*- 



373 



AMADUZZI — AMALAS0I9TE 



374 



fo Mooell» quinque anecdotx imperatorum 
JheodoiU juniaris ei Valeniiniani III, cum 
mUrantm eiiam novellarum editarum titu- 
ftf y ei «oriit Uctkmibus ex codice Ottobo- 
ataso ; quitus aecedunt oIUb Valentiniani III 
CauUhUiomu Jam éditas, qux in codice 
TkeodOÊiano desiderantur ; ac tandem lex 
rofluma, «eu re$ponsum Papiani, titulis, 
tmeedoUs , variisque lectionUms auctttm ; 
lome, 1767y in-fol.; c'est uq supplément à Té- 
dtton da oodeThéodofiien donnée par Ritter; — 
TÀnecdoia Uiteraria e manuscriptis codici' 
ka enUa; Rome, 1773 et 1774, 3 toI. grand 
!•-<*; — 4* Vetera monumentaqux in hortis 
(IMmunUanis ei in xdilms Mathiorum adser' 
', eoUecta et annotationibns illustrata; 

y 1779y 3 Tol. in-fol., avec 270 planches; 
— &* Ckaraeterum ethicorum Theophrasti 
etpêia duo, hactenus anedocta, grec et latin, 
itee me préboe et des notes ; Panne, 1 7S6, in-4*'; 
— 6^ Alpkabetum bramanum seu rcmanum re- 
pU Aine , JUUtimarumqtie regUmum ; Home, 
177»-1787, iB-8*; ~7* Epistola ad Bodonium, 
Mtionem Anacreontis: Parme, 1791, 

; — 8* Discorso JUosophico sut fine eVu- 
mUù éêUa AcadenUa-, Rome, 1777, in-8% 

npaUt, MoyrMa ^U ItalUuU UbutH, U III, p. M9. 
jMai.âlRIl on AHAULRIUS POATITNATUS, 

français , mort en 814. H (tit éleTé 
de Medeloc, et nommé en 810 
arehevèqoe de TrèTes. Chariemagne le chargea, 
r—MkiinlTinff, d'instruire les Saxons dans la re- 
H^ùm duélienne. Amalaire fonda l'église d'Ham- 
bourg» et partit en 813 avec Pierre, ahbé de No- 
— p*y*»^ oomme ambassadeur près Michel Curo- 
piUte , empereur d'Orient â réussit dans sa 
ttjsaioo, et mourut à son retour. Amalaire a 
Uasé on firre sur le Sacrement de Baptême, 
dédié à Chariemagne, et faussement attribué à 

A. DE L. 

., JmuUêi êcelniastiei Trevirorum. — 

I. ConeiUa anti^ua CtUlim. — Le Mire, Op«ra 

UftotàoSif 9t kUtorUa. — Hist, ttU. de la Franc«, 

LIT. 

AMA&AIRB 00 ÂMALARIUi 8T1IPHORIU8, 

IPétai français, Thrait en 841. Il fut d'abord dis- 
dple d* Akoin, pois snoeessiTement prêtre à Metz, 
ilbé de Hon^Âch et co-éféqoe de Trêves. Louis 
la MboBoaire hn fit composer plusieurs ouyra- 
fM c u Dc ein ant le service divin. Ce ftit également 
par ordre de ce monarque qu* Amalaire fit un 
voyaige à Rome en 831 pour arrêter avec le pape 
Gi égo ir e IV un choix d'antiennes et de prières. 
imrH^ à laissé : De ecelesiasticis seu divi- 
uiâ CfffleUs^ publié et approuvé par le concile 
d'Aix-ln-Chapene en 813; — De Ordine anti- 
pkiMarlo : écrit vers 832 ; — Forma institu- 
titmés eanonkorum et sanctimonalium cano" 
méee vicentium, imprimé avec notes de Lemire, 
&ÊÊÈB ie Code des Règles des Clercs; Anvers, 
1638, ia-fol. : Pierre Damarin critique ce code, 
cemroe fadJHant le pécnlat en accordant trop de 
■onrritive aox religienx; — Cinq lettres^ 



adressées, la première à Jérémie, archevêque 
de Sens, sur la manière d'écrire le nom de Jésus; 
la deuxième à Jonas d'Oriéans sur le même su- 
jet; la troisième à Rangaire, évêque de Noyon, 
sur le sens de ces parole : ific est calix san- 
guinis mei, non et xtemi testamenti; la 
quatrième à Hatton, mobe, sur le nom de S^ 
ra^him^ pour savoir quand il est masculin et 
quand fl est neutre ; la cinquième à (xuntard, sur 
la défense de cracher après la commuuion. Ces 
lettres ont été publiées dans le Spicilegium de 
dom Luc d'Acheri, et réimprimées dans les Anee-' 
dota de Martenne. Amalaire trouva dans saint 
Agobard, archevêque de Lyon , un antagoniste 
véhément. Dans sa dissertation JDe dMna Psal- 
modia , Agobard s'exprime ahisi sur son adver- 
saire : quia nuper stultus et improàus ipsa- 
que stultitia et improbitate sua omnllnu 
notus calumniator erupit , qui sanetam Se- 
clesiam nostram id est , Lugdunensem , non 
solum verbo, sed etiam scriptis laeerare non 
cessât. Ce langue rappelle celui des humanistes 
de nos jours. A. db L. 

Honoré d'Aaton, de iMminiàns eeeiêrtattieU. — Slfo- 
bert, CaUUoçus. — Adenurd d'Angooléiiie, Cknmiûti, — 
SlmMod. CtmeUia antiqua GiMUe." Dom Loe d'Acheri 
SpMUçe, — Le Mire, Re§ulm eoHitUutm Clericorum., 
— Balaie, ad jéffobardHm. — Dupin, BibUothiçue d9$ 
auteurs eecUâlastiquês du IX sUelê, — Histoire iiUé- 
raire de la France, IV. ISI.— Dom Cellier, Histoire gé» 
nérale des Auteurs sacrés. 

AMALARiG, roi des Visigoths, né en 502, tué 
en décembre 531. Après la mort de Théodoric, 
son aïeul, il fût reconnu roi d*un consentement 
unanime, par les Visigoths, en 51 1. Peu de temps 
après son installation, il fit avec Athalaric, son 
cousin, petit-fils et successeur de Théodoric, un 
traité par lequel la Provence demeura sous la 
domination des Ostrogoths, et Amalaric eut tout 
ce que les Goths possédaient en deçà du Rhône. 
Amalaric épousa en 526 Clotilde , fille de Clo- 
vis I^, princesse aussi zélée pour la foi catho- 
lique qu'Amalaric l'était pour l'arianisme. Ce 
prince n'épargna ni caresse, ni menaces, ni vio- 
lences, pour lui foire adopter sa croyance : Clo- 
tilde ftit inébranlable. Enfin, après avoir beau- 
coup souffert, elle prit le parti de porter plainte à 
ses frères, et envoya au roi Childebert un mou- 
choir teint de son sang. Childebert, indigné, se 
mit à la tête d'une armée, défit Amalaric, qui, re- 
venant à Narbonne cheroher ses trésors, y est tué 
d'un coup de lance par un soldat franc. £o lui 
finit la race des Théodorics, qui avait régné cent 
onze ans. Childebert, après avoir Hrré Narbonne 
au pillage et ravagé la Septimanie, reprit la route 
de France, ramenant Clotilde sa sœur ; mais elle 
mourut en chemin. Theodis succéda à Amalaric 

Procope. De beUo Gothico, Mb. I. — Jomandes, De 
rébus GotMeis, e. M. p. ikS. — Itidore. Ckronieon Go- 
tkorum, — AseiaMeb , Gesehichte der ff^ettçotheu in 
Spanien. 

AMALARIUS. Voy, AlULÀmE. 

AMALASOHTB (en goth. Amalesucnta, la 
vierge de Amales), reine des Ostrogoths, étran- 
glée en 535, était fiUe de Théodoric et d'kod^ 



rrs AMAlasonue: 

fléda. Elle ent pour époux Eothéric, de la fiunflle 
des A maies dont elle-piéroe était issue, et que 
Théo<loric éleya à I4 dignité coosulaire. Euthéric 
mourut avant son beau-père , laissant un héri- 
tier du nom d'Atbalaric , 4gé de dix ans seule- 
pient. Tbéodoric V^ lui-même termina sa glo- 
rieuse carrière Tannée suivante {576), après avoir 
pommé pour successeur le jeune fils cjnÈuttiéric, 
dont la tutelle devait rester entre les maips d'A- 
iiialasonte, sa mère. Cette princesse parlait, 
outre la langue nationale , le grec et le latin ; elle 
cultivait les lettres avec gpût, et travaillait à ré- 
pandre cheï son peuplie les bienfaits de la civi- 
lisation. Soutenue par le sage Cassiodore, ellp 
régna arec doupeur, poursuivant le projei de 
non père d^ fondre insensiblement C9i up se^) 
peuple l^s Romains et les Goths, leurs ym- 
queur^. Sa prudence et sa sagesse firent fleurir 
le royi^ifpe d'it^ie, indépendant par le fiMl, 
Inen que pominalcin^nt soumis à Tempire de Bjr- 
SEance ; enfin ell^ mit tous ses soins à donner k son 
fils une éducation qui le rendit propre à conti- 

^ nuer son ouvrage. Celui-d, au contraire, re- 
belle aux maîtres grecs et romains cliargés de 
rélever suivant las principes des peuples civi- 
lisés, préférait les morars otMsleres dès Gottis, 
et se livrait, dès quH en trâivait l'occasion, aux 
amusements barbares de ses jeunes compatriotes. 
Sa mère en ftit vivement affectée ; et , le trou- 
vant un jour dans une position des plus indé- 
centes , elle ne put s'empêcher de le frapper. 

Ce n'étajt pas ainsi que les Goths avaient cou- 
tume d'élever leurs enfants; fls ne voulaient pas 
qu'une seule offense impunie laissât dans leur 
âme un souvenir d'humiliation ou de crainte. 
« Celui qui aura tremblé devant la férule d'un 
ft pédagogue , disaient-Os , ne regardera jamais 
« sans crainte le fer des ennemis. » 

Athalaric sortit en jetant des cris ; 11 se plai- 
gnit aux principaux chefs des €k>ths d'être ac- 
cablé de mauvais traitements pour ne vouloir 
ni apprendre une science inutile, ni écouter des 
maîtres ennuyeux; et ce langage mit dans ses 
intérêts les vieux guerriers de Tbéodoric, dont 
l'ignorance méprisait la science des livres. Us 
reprochèrent à la reine de corrompre, par des 
occupations futiles et des traitements indignes 
d'un roi, la nature énergique d'un prince qui leur 
promettait un souverain digne de ses ancêtres. 
Les vieux maîtres furent donc renvoyés , et l'on 
donna au prince un certain nombre de jeunes 
compagnons qui ne tardèrent pas à déraciner en 
lui tous les germes que l'éducation avait pu y 
semer. Non-seulement il se livra à la débauche 
et à l'ivrognerie, mais il mit de câté tout senti- 
ment filial. Aussi, quand éclata en 533 contre 
elle un complot qui menaçait à la fois sa vie et 
son autorité, Athalaric ne fit rien pour la dé- 
fendre ; et il ne cacha pas son humeur quand il 
la vit triompher de ses ennemis. La malhou- 

^ reusc mère pressentit le sort qui attendait le 
royaume : elle hésitait si elle devait contracter un 



— AMALGER 



976 



nouveau mariage, qi déposer son poofpir entre 
les mains de Vempenepr d'Orieiit^ qd oonsarvaH 
des Goths sur l'Italie des droits de suzeraineté! 
La brutalité de son fils excitait en eUe de vives 
appréhensions, et elle craignit (|u*aprè9 la mort de 
son fils , auqud ses dérèglements avaient attiré 
une bcqrable maladie, eUe ne restât senle, expe- 
sée à leur humeur grossière et faroodtt. Peu 
après la mort d'AU^alaric, arrivée le 20 oetobra 
534, elle partagea son trône avec Théodat , soa 
cousin, qu'elle épousa le 8 octobre 534; mais cette 
mesure ne fit qu'ajoutera son infortune. Ed 535, 
l'empereur Justinien envoyai Ravenne, résidence 
d'Amalasonte, des ambassadeon» diar^ de de- 
mander aux Ostrojgoths la cession delà Tusde, et 
de rappeler k la reine les ouvertures que, dus 
un moment d'incertitude, elle avait d^ Mies à 
l'empereur, au scget de la résignation de l^urfo* 
rite souveraine entre ses mains. En même tmps 
l'un des députés avait reçu de Théodora , femmi 
de Justinlen , la commission d'eaga^ Vhéodit 
à se débarrasser d'une odieuse tutéUe pour ré- 
gner seul ; celui-ci n'eut rien de pins preeié me 
de suivre un pareil cooseB. Llmpératiies haïs- 
sait Amalasonte, et craignait ipie lee hantes qm- 
lités de celte princesse n'exerçassent amr JMli- 
nien une influence fatale à son crédit. Ibéodit M 
hâta de reléguer, le 30 avril 535, Amalasonte dans 
un châleap du lac Bolzéna, oà elle Ait fivréeà 
la vengeance de quelque^ parents de ces Gothi 
qui jadis avaient payé de leur vie une opnspiia- 
don contre la reine. Surprise au ixiin , efie M 
étranglée après un règne d'environ neuf aM. 
Justim'en la vengea. Bâisaire descendit en Rafa^ 
mit è mort Jhéodat en août 536 , et, après dii- 
sept apnées de guerre , Narsès acheva, en 551» 
la destruction complète du royaume fondé pir 
Tbéodoric V, [Extr. en partie'de VJSnc.detf, 
du m] 

Manso, Getehiektê de» Ott-Gotkiiekm Mâieheê to As* 
li^. p. 176. — Procope, De Bello Ccthico, t. I, p. | ai. 
- ilitt, Arcana, c. is. - Mftcoff, Histo^n ifi >f»- 
fl«M Oemaim. 

AHALBBECUB, fille de Itiéodonc. Vo^. Ubêt 

MEiNFROI. 

AMALKG éf^t, selon quelques historiens, pe- 
tit-fils d'Ésaù, et passe pour avoir été le père des 
Amalécites. Seloii les Arabes, Amalee était fils 
de Cham et petit-fils de Noé. Cette opinion n'est 
pas à dédaigner. Dans la B9)le, on voit presque 
tongours les Amalécites joints aux Ghauanéens et 
aux Philistins , et jamais aux Iduméens ; et lors- 
que Saiil fit la guerre à Amalee, les MuoiéaDS 
ne se donnèrent pas le moindre mouveneit 
pour le secourir, ni pour le venger, n est donc 
moins vraisemblable que les Amalécites, dont I 
est si souvent parlé dans l'Écriture, étaient uii 
peuple de Chanaan , fort différent des descen- 
dants d'Amalec, petit-fils d'Ésau. 

Genéw, XXXVI, il, 16; XIV, 7. — Namer.. XXfV, » 

"* AMALGER, en latin Amalgerus, rellgienx 
du dixième siècle, de Fabbayo de Saint-GaHm 
Suisse. Il est cité par un auteur contemporalBi 



377 AMALGEa 

frmeDndi, cammp trè^-liabile dans les beaux- 
)rfs, et surtout dans i'arcbi(ectiii*e. 

Fragmenta ex Itàro Ermenriei, monachi Jlugietuli , 
ID MabiUon, Fêtera Analecta, t. IV, p. n». 

AMALiB, duchesse de 8axe-Weimar, née le 24 
octobre 1739, moite le 10 aTril 1S07, sedistbi- 
gna par la protection généreuse qu'elle accordait 
ausL scjences et aux lettres. 8a oour était, yers 
la lin du dix-liuitième siècle , et au commence- 
ment du dix-neuyiftme, lerendei-Tous des littéra- 
teurs les plus distingués de rAllemaçie, parmi 
lesquels il suffit de citer Herder, Goethe , Wie- 
laiid et Schiller. Veuve, à Tàge de dix-neuf ans, 
Al dnc fn^t-Auçpste-Const^ntin , elle répara, 
par iwe hûàoe admiaiâtratioo, les perles que la 
goerre de w^ ans avait causées au duché de 
Wehnar. Elle fonda des établissements de bieq- 
£lisance, et donq^ Wielaqd pour gouv(îrneur à 
son ^s. ^ t775, eUc déposa Tautorité gouvcr- 
pementale c^tre les inains de soq (ils atné , et en 
1788 ^ fX pin voyage en Italie , en compagnie 
du c^^we anteiir de Wprther, Elle inpunit 
quelques w^ après fferder. 

Goetlie, ^unk 4n4€nken dér FUntin jifma-Jtfialia, 
ete., dam set ooTrageA, t XXXII. p. m, «dit. de itio, 
SlBttfard (CotU). — QervtniM, CeseÂiehi§ der dn^, 
f i m tiu m al 'iÀtermt^ 1. 1 , p. M8 

*ÀiiAU« OU AMéLiB {Ânnê)f princesse de 
Prusse y sœur de Frédéric le Grand , née le 9 no- 
fwnbra 1723, morte le 30 mars 1787. Elle s'ac- 
quit un grand talent dans la musique, qui iiit , 
pour aiiui dire, Toocupation de toute sa vie. 
Vmk caraet^ original , elle avait pour ma^re 
Uraberger, l'un des élèves les plus distingués 
de J.-Sâiastien Bach. Attachée aux anciennes 
traditions musicales, elle dédaignait Haydn, 
eomme un novateur. Elle a composé , sur la mort 
de Jésus ( texte de Ramier ) , un oratorio où elle* 
déploie dès connaissances profondes dans Thar- 
nonie du contre-point. 

Biadi et Gr«i>er, Allgem. Enafelop. 

^AMAUE (^ Catherine)^ femme poète, fille 
du oomte Dietrich de Waldek, née en 1640, morte 
à Erbach en 1696. EUa épousa, en 1664, le comte 
George-Louis d'Erbach. On a d'elle plusieurs 
kymnes , publiés sous le titre : Àndâchtige Sin- 
fdmnMt; HOdburghausen, 1692, m-S**. 

Wetxd , BetehreUnxng lier b«rûkmtesten Liederdieh- 
lir, Ll.p.iS. 

*AHALIB OU AMÉLIE (Elisabeth), land- 
grivise de Hesse-Cassel , née le 29 janvier 1602, 
Mrte le 8 août 16&1. Fille du comte Pbilippe- 
Lmn , comte de Hanau-Munzenberg , elle épousa 
àdix-eeptans Guillaume V, surnommé /e Cons- 
fmUy laodgrave de Hesse-Cassel , et en eut qua- 
lone eaCuits, qui moururent presque tous en 
lu i^e. Après la mort de son mari en 1637, 
4k» fut nommée régente. AttaclK^e à la religion 
pw lMtiite , elle vit ses États , à plusieurs re- 
prisée, dévastés, |>endantla guerre de trente ans, 
|ir les troupes unpériales. A la paix de West- 
ihaHe , elle obtint en dédommagement l'abbaye 
ie Herafdd, la petite principauté de Gellingen, 



— AMALEIC 



378 



quelques domaines du Schauenberg, et la somme 
de six cent mille thalers. C'était une princesse 
fort instniitCi et douée de rares qualités morales. 

R.-W. Jiistl, jÊwutlie Elisabeth, Lawigràfin vcn Ues- 
«011, etc.; Gteuen, llll, lo-S*. 

AMALIB. Voy. Amélie. 

AMALBiG OU ARMAiTLB, ftuneux clicf de la 
croisade contre les albigeois, né vers le milieu 
du douzième siècle, mort le 29 septembre 1225. 
Il fut d'abord abbé de Poblet en Catalogne , puis 
abbé de Grandsel?e, enfin abbé de Ciieaox. Il 
possédait cette dernière dignité, lorsqu'en 1204 
Innocent m Tadjoignit aux légats Raoul et 
Pierre de Castelnau,cliargés d'extirper en France 
l'héréi^ie des albigeois. Il })r^clia contre eux une 
croisade à laquelle prirent part plusieurs princes 
et seigneurs du temps, et fut nommé généralissime 
des croisés. En 1209, après la prise de plu- 
sieurs châteaqx, la déroute ou la fuite de plusieurs 
troupes, il assiégea et prit Béziers. Soixante mille 
habitants y furent impitoyablement massacrés ; et 
cette ville, pil}ée, dépeuplée, devint la proie des 
flammes. Avant de commencer le massacre , les 
croisés demandèrent à leur chef Amalric com- 
ment on pourrait distinguer les catholique.^ des 
hérétiques <|e cette ville : « Tuez-les tous , répon- 
dit l'abbé, car Dieu connaît ceux qui sont à lui. » 
Cette expédition sanglante terminée, Amalric 
conduisit son armée vers Carcassonne, dont il 
fit le siège. La garnison, commandée par le vi- 
cornte Raimond Roger, après une résistance 
longue et opiniâtre, fut forcée de capituler. 
Amalric consentit qu'ils sortiraient en oheinise 
et en brayesj et, contre la foi du traité, il retint 
le vicomte, et le fit périr dans une étroite prison. 

Les terres qu'il venait de conquérir furent of- 
fertes par Amalric au duc de Bourgogne, ({mî 
avait combattu dans cette croisade. Ce ducrefîisa 
généreusement les dépouilles du vicomte Rai- 
mond Roger; les comtes de Nevers et de Saint- 
Paul, principaux cliefs des croisés, firent le 
même refais; mais Simon de Montfort, moins 
délicat, accepta l'offre. Amalric commanda au 
comte de Toulouse de lui livrer tous ses sujets 
suspects d'hérésie. Le comte refusa, fut excom- 
munié , ainsi que tous les habitants de ses ter- 
res, et particulièrement ceux de Toulouse. Les 
plaintes du comte et des habitants de cette 
ville furent portées au pape, qui ordonna à 
Amalric d'absoudre les excommuniés : il le fit ; 
mais comme les habitants de Toulouse ne pu- 
rent payer sur-le-champ une s^mune qu'il exi- 
geait d'eux, il les excommunia oe nouveau. Le 
comte de Toulouse fut traité tout aussi rigou- 
reusement, n ne cessait de protester de son or- 
thodoxie et de sa soumission au pape; mais 
Amalric , continuant la guerre, força le comte 
de Toulouse à se défendre. 

Ce fut pendant ces cxi)éditians déplorables 
que, le 12 mars 1 212 , Amalric fut nommé arche- 
vêque de Narbonne , et qu'il s'arrogea le titre do 
duc do cette ville. U ne t^\a. v^ V>iQs^«5Q!s^ 



>T« 



AHALRIC- 



tranqullle dans soo doutwii tiéffi. Son hnmeoi 
ioqnùte et guerrière le porta t rauembler det 
troupeiiet, il& Utedeceat cbertUJen franfaii 
et d'uD coipi d'infanterie, il roarcha en Espagne 
contre IDruiiolin, roi de Maroc, qui Tenait de 
dire une Impttim dans la péoiasale. 11 contiilnu. 
ta uccia d^ne bataille dédsiTe (le juillet 1211), 
comme nie dit luî-meme dam u relstioii adres- 
•rie au diai^tre général de CIleanx, et inférée 
dana U^ell), Ilalta sacra, 1. 1, p. 1S8-I91, el 
dana Galtla chriidana, t TI, p, &3-5S. A aoii 
retour, il reçut, ainai que Simon de HontTort, 
une Mire du pape, qui contenait de viTs repro- 
die* lar U eoôdulte violente etii^uite de l'un et 
de l'autre. Ib j étaient accoaéa d'avoir enntii, 
noD-aeulement les lerreadet héiétiqnea.maia en- 
core odk« de* catboliquea, de s'être onparéi du 
Ueo d'autnd avec ai peu de ménagemoit, qu'i 
pdne,de tooatea domâinei du comte de Toulouse, 
lui reatalt-il U Tille de ce noin ; et d'avoir commis 
pluaieura autre* veutlons. Simon de Hontlbrt 
diapnla à son protecteur le titre de doc de Nar- 
bonne. Amalric, furieux , lança, en lllS, une 
eicoaunnoieatiaD contre Simon, qui s'en moqua. 
n se réconcilia ensuite avec le comte de Tou- 
hnue, et parut embrasser ses intérêts avec cba- 
leur. Ce prélat turiMlent et sanguinaire, dont 
reaiitence aggrava les calamité* de son siècle, 
larmina sa carriire un ta avant le règne de saint 
Louis. Son corps Tut transporta k l'aUMye de 
Ctteaut, où on lui éleva un auperi)e mausolée. 

■ Quand jeTdi, dit l'abbé de Fleury, les 
évtqoes et les abbéa de CIteaux h la tËte de ces 
année* qui lUsaient un si grand carnage des hé- 
rétiques, comme h ta prise de Béziers , quand je 
vols l'abbé de Ctteaux désirer la mort des tié- 
réttqnes de Minerïie, quoiqu'il n'omit les y con* 
damner ouvertement, parce qu'il était moine et 
prêtre, et les croisés brûler les msUieureui avec 
grande joie , comme dit le moine de Vani-Cer- 
aaj en plusieurs endroits de son histoire, en 
tout cela je ne reconnais plus l'esprit de l'Eglise. » 

Amalric n'en a pas moin* été placé par Heu- 
riquec , dans le ménologe de CIteaux , avec le 
titre de Bieubeureui. • Enflammé du zèle de la 
tbi chrétienne, dit Henriquei, il comttattit ri- 
gonrenseDient les alUgeois. CtieT de l'armée ca- 
tholique, il soumit plusieurs villes à Jésns-Chrisl. 
Après aToir investi saint Dominique des fonctions 
d'inquisiteur, el s'être livré lui-même à d'im- 
menses travaui pour le* intérêts de ta religion, 
il mourut en paix et en odeur de sainteté. • Ajon- 
lona c^)endant que ce qu'on dit <d de sabil Do- 
minique n'est pas tout à Tait exact. Ce formi- 
dable ennemi des hérétique* ne tenait point sa 
miasion de l'abbé de CIteaux. Les pouvoirs ex- 
cessUs qu'Amahic et les autres légats avaient 
reçus du papelnDoceatTII ont amené sans doute 
l'établissement des tribunaux de l'inquisition; 
mais aucun de ces légats ne les a fondés ni pré- 
aidés. Saint Dominique parait avoir été le véri- 
bUe fondateur de cette iiutilation, qui se déve- 



AMàLTHKE 380 

loppa aaccestivemeat durant les cjnqointe pre- 
mière* année* du treixième slëcle, hnu Imifr- 
cent M el ses successeurs. 

Au mOieu de* nuuKBarre*, de* eonree*, de* 
querelle*, de* expéditioD* Kdlit^rw qui ool rem- 
pli toute U vie d'Amalric, H n'a pn tmorcrla 
temps de composer aucun oavrage pruprtotcit 
dit; mais il nous reste nn ânes grand noatn 
de ses chartes et de *«• litres, dont on trom 
la liste dans VHUlotit UtUrtOn de ta FnaM^ 
tome XVn, p. 338. 



IM ^ FmMiiM. — VdHcUc, H 
f««d«, tsB. 111. — mmotrét et r, 
«ipHni, L IX, p. Ht. 

AHALEiG (Avgier s') (en latin ^moMcm 
iu^erji), historien eccléaiartlqnedni 
siècle, dédiaau pape Urbain V, âna 13«t,m 
histoire des papes sous le titre de CAronkoi 
pontificale, on Actus pontijicum Somtmorm», 
pour laquelle il ae vantait d'avoir ooDMdté pin 
de deux cents écrivains. Cette histoire n jus- 
qu'au pq»e Jean XXn. On la Iroave dal 
Eckbart, CorjtuM hutorieum m«dli avi, vol. n, 
b-fol.; Leipiig, 1713, et dans Muratui, Xvws 
nafi«[irumi(rip(oret,t. m, Milu, 1734. 

— Filirldos, BiliiUt»4ea mtdlw * taAiw «CMi». 

*Ai(ALTBO{PompoRlo), peintre tttfea.^ 
en I&D5 & San-Vlto dan* k Frioul, mort vcfsli 
milieu du seUùne siècle, n a bit im gnal 
nombre de b^Mpies et de lableux k l'hais, 
qui n'<»it pas tous le même mérite. Sa* nettei- 
res pièces sont un Jvgtfmvnt de Salomo», m 
Jugement de Daniel, va Jugement de TV^*^ 
ei un Saint François dans l'église d'Ddiaa. 

Ses frères, Jérôme et Antoine, tateiA M 
principaux élève*. Sa fille excellait à (kka iM 
portraits. 



AMALTHÉK ou aMALTBa, famiUe ilaliaM% 

établie d'atrard à Pordanone dans le Moiil, pris 
A Odeno dans ta marctie de Trévite, a fMÉ 
A t'tiistoire littéraire : Françoit, Paul et Jto» , 
Antoine, frères ; Jér&me, Jean-BaptUte et Cet- 
neille, fils de François; enfin OctOM et Alti- 
JiiM, fils deJériteie. Le* voici dan* la irtHi 

LAJ*ALTB£B(fya)içoit),litténtenrtl*lK, 
vivait à la fin do quinrième et ao ocumiMDBHMCi 
du seizième siècle. Il professa les beHas-kttM' 
dansqueiques villes du aurd-e*t de l'Balie,priMit 
paiement i Odeno , et se fit comuHM par dt* 
poésies latines. On trouve de loi, dau la reendl 
de Calogera ( Raceolta d'Opmeuli eeient^M 
filologici) un petit poème en vera bauintint. 

MiuDcbell^ Struori tFlbMe, - OcslU, tU /Mfll 



AMALTHEE 



383 



HALTHéB (Paul), poëte italien , frère 
$dent, né à Pordcnone, en 1460, mort 
. Il entra dans Tordre des Frères M!- 
st (MiTiity en 1495, une école de belles- 
i Pordenone. H eat pour disciple le célè- 
me Aléandre, qni fîit depuis cardinal. H 
npé à mettre en vers la vie de Maximi- 
"sqa'fl péril à Vienne de la main des 
es, à ce que prétend le père Gio. degH 
(Miscellanea di varie opérette). On 
?aal Amalthée : Poema de Bello ger^ 
adversus hxreticos , poème inédit , et 
ies latines imprimées avec VAustrias de 
> Bartolini; Strasbourg, 1516, in-4^ 

ein, ScHttoH dritalia. 

KALTHÉE (Marc- Antoine), littérateur 
rère des deux précédents, né à Pordenone 
mort en 1558. On Toit, par les lettres de 
;, (jue Marc- Antoine voyagea longtemps, 
avait un fils nommé Vittorino, mort 
3. Il laissa en manuscrit un recueil d*é- 
lines. 

beHt, ScHttori d'Italia. 

lÂLTHÉB (/é'<5me),médedn, philosophe 
y fils atné de François Amalthée, né à 
m 1506, mort le 24 octobre 1574. Il 
docteur à Padoue , et y enseigna suc- 
lent la médecine et la philosophie. Il 
os tard Padoue, et vint exercer l'art de 
iepnis 153e}usqn*en 1558, à Serravalle 
quelques autres villes de son pays. Il 
3derzo ses dernières années. On ne con- 
n seul poème de lui en italien; ses au- 
rages sont en latin. Inférieur comme 
son frère Jean-Baptiste , il doit sa célé- 
tont h deux ou trois épigrammes, res- 
I la mémoire de tous les latinistes. La 
àease, qu'on a souvent traduite dans les 
modernes sans jamais l'égaler, est inti- 
Gemellis Luscis. 

AeoD dextro, capta est LeoDllU sintetro} 
eraC forma Tlncere uterque deoi. 
oer, lamen qaod habet concède sororl 
CKcns Amor, sic erit Ula Venni. 

(nme intitulée Horologium Pulvereum 
h« moins connue; quant à la Giganto- 
fueretica , elle dut son succès plutôt 
setWes contre les hérétiques qu*au mé- 
'anteor. Les poésies de Jérôme forent 
par Aléandre sous le titre suivant : 
fraJtrvm, Amaltheorum Hieronymi, 
, Baptistx, Comelii Carmina, Accès- 
Tonymi AUxandri Junioris Amaltheo- 
fnati poematia; Venise, 1627, hi-8*; 
aimées par Grœvius. Amsterdam, 1689, 
1 1718, in.8«. 
leU, Serittori tTItaHa. 

ÂLTHÉB (Jean-Baptiste), poète italien, 
la de François, né à Oderzo en 1 525, mort 
en 1573. H étudia à Padoue, où il s*acqnit 
de Lodovico Dolce, de Giraldi, de Pie- 
Ino et d'autres littérateurs éminents de 



cette époque. H fut quelque-temps secrétaire de 
la république de Raguse, et Vint à Rome en 
1561. Le cardmal Charles Borromée remmena 
avec lui à Milan, et ne le laissa repartir pour 
Rome en l.'»68 qu'après l'avoir comblé de ta- 
veurs. Quelque temps avant sa mort, Amalthée 
fut secrétaire de Pie IV. H accompagna, en 1554, 
l'ambassade vénitienne à Londres. 11 excellait à 
faire des vers en latin, en grec et ai italien. Se» 
poèmes latins (églogaes, élégies et épigrammes) 
sont très-estimés, et on les préfère à ceux de 
ses contemporains. Ses poésies italiennes, pea 
nombreuses, mais faciles, pures, gr&cicuses, 
sont dispersées dans plusieurs recueils; on en 
trouve dans la Scelta di Stanze di diversi 
auctori Toscani raccolte da M. Agostino Ft- 
ren/tZ/i; Venise, 1779; et dans les RitMdi di- 
versi da Lodovico Dolce. 

MazzacbelU, Serittori â^Italia. - Crcfclmbenl, 5<oHa 
âella volçar poe$ia. 

VI. AMALTHÉE (Contei/^), troisième fils de 
François Amalthée, né à Oderzo en 1 530, mort en 
1603. n se fit connaître par ses poésies latines, et 
Riccoboni (de Gymn, Patav. VI) l'appelle poe/a 
eximhts tanguant in Musarum domicilio JlO' 
rens, A juger par son titre à'admodum rêve* 
rendus, il était daçs les ordres. Il travailla avec 
PaulManuce à purger la mauvaise latinité du 
catéchisme romain pour la belle édition de cet 
ouvrage que Manuce publia à Rome, 1566, in-fol. 
De tous ses poèmes latins celui qui lui fit le plus 
d'honneur c'est son Proteus, imprimé à Venise, 
chez Onuphre Farri, 1572, in-4° , et dans un 
recueil de poésies latines sur la victoire de Lé- 
pante (de Curzolari) par P. Gherardo; Venise, 
1772, in-8°. On y remarque que la victoire de don 
Juan d'Autriche avait été prédite par AmalUiée, 
et un poète latin du temps célébra cette ]>eu- 
reuse inspiration dans un distique où il disait 
qu'Amalthée,en chantant les vainqueurs, était lui- 
même vainqueur des autres poètes. On trouve les 
poésies de C. Amalthée dans Aléandre, Fralrum 
Amaltheorum carmina; Venise, 1627, in-S**, 
et dans Groter, Delicix poetarum italorum. 

Glnmiené, HUÎ. Htt. de ritalie. — TIraboscbi, Storia 
délie letteratura itatiana. 

VIT. AMALTHÉE (Octave), fils atné de Jérôme, 
né à Oderzo en 1543, mort en 162C, après avoir 
professé la philosophie à Padoue, embrassa 
comme son père l'état de médecin, et mounit à 
Venise, âgé de quatre-vingt-trois ans. On a de 
lui quelques ouvrages en prose et en vers, im- 
primés dans le Recueil d*opuscules scientifi- 
ques et philologiques de Calogera. 

MazQChelU. ~ Glnguené. 

Vm. ÂMkVTBàE(Attilius), second fils de Jé- 
rôme, né à Oderzo en 1 550, mort à Rome en 1 633, 
prit l'état ecclésiastique. Grégoire XIII lui confia 
des emplois distingués, et Clément VIII, plu- 
sieurs nonciatures importantes. 11 fut aussi ar- 
chevêque d'Athènes. 

Qlngnenô, Hitt. litLdê PItaUê. 



283 



AMALTHÉE — AMAN 



284 



AHAMA (Six/in)y orientaliste et théologien hol- 
landais, né à Franeker le 13 octobre 1593, mort 
le 9 noTembre 1629. Après aToir étudié à Tuni- 
Tersité de sa tIUc natale, il passa plusieurs an- 
nées en Angleterre, et en 101 8 devint professeur 
de langues orientales et de tliéologie à Tuniver- 
slté de Franeker. Il refusa plus tard la place 
d'Erpenius, et contribua à réformer la discipline 
des étudiants. On a de lui : Dissertatio, qua os- 
tenditur, prœcipuos Papismi errores ex igno^ 
rantia Hebraismi et milgata versione partim 
ortum, partim incrementum sumsisse; Frane- 
ker, 1618, ^-4°; — Censura vulgaim atque a 
TridentinU canonizatx versionii quihgue H- 
hrorum Mosis; Franeker, 1020, in-4**;— De 
recta Lectione Lingux sanctœ; ibid., 1620 et 
1623, in-12; — De Nomine tetragrainmato ; 
ibid., 1620, in-8«; — Bybetsche Conferentiénf 
in welcke de Nedeflandscheoversettinghe des 
Bybels aan de Hebreeuwsche,eic. (Conférences 
sur la Bible, ou la Comparaison âe la Bible 
lioUandaise avec le texte hébreu et les meil- 
leures traductions dans d'autres làngiies ) ; Ams- 
terdam, 1623, in-4"; — Parxnesis ad synodos, 
Episcopos et Superintendentes ecclesiarum 
protestantium de excitandis S. S. tinguarum 
Studiis; Franeker, 1624 ; — Dès corrections et 
des annotations à la traduction fwllandaise de 
V Ancien Testament par P, Éockins; kmsXtT' 
dam, i625,in-fol.et2*édît., 1630,in.fol.;— £fc- 
breewsclie Grammatica of Taelskunsi ; Ams- 
terdam, 1627,in.8°;— irc^ceua>sc/i Woerden- 
ftocA; Franeker, l628,in-8'* ;—Antibarbaruscri- 
ticus; Amsterdam, 1628; cet ouvrage, publié 
d*abord sous forme d*une lettre adressée aii 
P. Mersenne, traite des livres historiques de F An- 
cien-Testament. — Son fils, rficolas Amama, phi- 
losophe hollandais, né à Franeker en 1618, mort 
en 1656, a publié : ÎHssertationum Âfarinarutn 

decas; Franeker, 1641, in-8". 

Iiiographical Dicttonary. — Biyle , tHtioniiaire cri- 
tUfue. — Hsne^Onomast., IV. nk. — Van der Al, BlOfTO- 
phUckê f^oordenboek dêr Nederianden. 

* AMAMA, peintre danois, yivait à la fin du 
dix-scptièmc siècle. II résidait à Altona, et fut le 
maître du célèbre Balthasar Denner. On a de lui 
des paysages, des oiseaux et surtout des fleors, 
à Vagua tinta^ fort estimés. 

Nagler. Neue$ Jllçem, Kûnitltr- l.eticon. 

AMAN, seigneur perse, pendu en 453 avant 
J.-C. Il était fils d'Anûsulath Gogéen, et descendait 
d'Agag roi des Amalécites, peuple de TArabie- 
Pétrée que les Hébreux avaient en partie exter- 
miné sous le règne de David. Aman fut pris en af- 
fection par Assuérus, roi des Perses et des Mèdcs, 
qui le fit son premier ministre, lui donna rang 
au-dessus de tous les princes de la cour, ordon- 
nant même que chacun se prosternât sur son 
passage comme représentant le monarque lui- 
même. Le Juif Mardochée se refusa seul à ren- 
dre cet honneur à Aman. Celui-ci irrité de cette 
résistance et se souvenant des motifs de haine 
qu'il avait contre les Hébreu , résolut leur 



; perte. Les Juifs étaient fort nombreux, en Perse 
; depuis que Nabuchodonosor, avait emmené en 
! captivité Jéchonias, roi de Juda, et tout son peu- 
ple. Sans s'arrêter devant rùninensité do mas- 
sacre. Aman dit ao roi Assuérus : a U y a un 
peuple dispersé par toutes les provinces de votre 
royaume, gens séparés les uns des antres, les- 
quels ont des lois et isA cérémonies étranges^ 
et qui de plus hiéprisenl les ordonnanoes du roi 
et vous savez foit iiien qu'il est de llntârèt de 
votre royaume de ne pas souffrir que ilmpunté 
les rendent encore plus insolents. Ordonoa 
donc, s'il vous plalt, qu'il périsse, et je paierai aux 
trésoriers de votre épargne dix mille talents. » 
— « Alors le roi , continue le récit de la Bible, 
tira de son doigt l'anneau dont fl avait ooutnme 
de se servir, et le donna à Aman, fils d'Amadatli, 
de la race d'Ag^ ennemf des Juifs, et hn dit: 
Gardez pour vous l'argent que vous m'offrez, ë 
fiiites de ce peuple ce que vous voudrez. Ai 
premier mois appelé nisan, le treizième jour, 
on fit venir les secrétaires du roi et Ton écrivit 
au nom d'Assuéms en la manière qu'Aman Ft- 
vait commandé à tous les satrapes dn roi, anx 
juges des provinces et des diverses nations ce 
autant de langues différentes qu'il était néoessairi 
pour pouvoir être lues et entendues de chaque 
peuple; et les lettres furent scellées de l'aimeia 
royal et envoyées par les courriers du roi dans 
chaque province, afin qu'on tuAt et qn'on exter- 
minât tous les Juifs, depuis l'enfant jusqn'as 
vit^iliard, les petits enfants et les femmes, en os 
même jour, le treizième jour du douzième moii 
adar, et qu'on pillât tous leurs biens, et cet édi 
fut alTIché à Suze dans te même tem|»s qiÉ 
le roi et Aman célébraient un festin » (Esiher^ 
c. lll). 

Mâhlochée, à cette nouvelle, se rendit an pa- 
lais et informa sa nièce Estlier, femme d'Assoéhiï 
de la destinée préparée à leur nation, l'exhorÛI 
à mettre en usage tout son pouvoir sur te ni 
pour faire révoquer le fatal arrêt. Par uneooÎMi- 
dence heureuse; Mardocliee avait antérieuremeflt 
découvert un complot tramé contre la vie d'As- 
suéms par deux eunuques , Bagalhan et lliarès, 
et en avait fait avertir le roi par EsÛier. Le 
souvenir de ce service le sauva. Le roi fit venir 
Aman et lui demanda; « Que doit-on faire à «■ 
homme que le roi veut honorer.' » Le ministre, 
croyant qu'il s'agissait de lui-même, répondit: 
qu'il devait être revêtu des habits royaux, plaoé^ 
avec le diadème en tête, sur le cheval que ie roi 
avait coutume de monter, puis promené dans la 
ville par le premier des grands, criant : C'est 
ahisi que sera honoré tout homme qu'il plaira 
au roi d'honorer. » Le roi dit alors : « Uàlei- 
vous, et faites tout ce que vous avez dit an Juif 
Mardochée, et prenez bien garde de rien oublier. » 
Aman fut donc obligé de promener ainsi et 
triomphe son ennemi ; mais sa colère ne fit qu'as- 
croître, et, sur le conseil de Zarès, sa femme, et 
de ses amis, il fit élever dans son palais une po« 



AMAW — 

e cinquante coudées pour y attacher Mar- 
Ôn sait c|ae c'est Aman qui y fut péoda. 

JID ( Jacques ou Jean- François }, gra- 
Dçais^ né à Gault, près de Blois. en 1730, 
*ari8 en 1 769. Il fut membre de 1 Acad^e 
ix-arts. On a de lui plusieurs paysages ; on 
ortoui ses vues de Rome et des euTiroiis. 

». DietUnuUre des artittet. — FfiiaU, Àllgewi. 
•/«rleon.— Nagier, Neéet MIgêm, Eûnttler^ 

m (atM), éréque françaisi mê k Bor« 
TÎTÎdt dans le oommeoeHnent do dn« 
riède. Il Alt éleTé à la prêtrise par saint 
^ étêqoe de Bordeaux; H derint à son 
kàésto et parrain de saint Paulin pins 
que de Hole, atec lequel il entretint une 
loduioe qnl aété conservée. Saint Amana 

5 an siège épiscojMd de Bordeaux en 403^ 
mort de saint Delpliin. Saint Séverin, 

le Cologne^ ayante disent quelques ao- 
I temps, quitté son siège pour se retirer 
MX, saint Amand par nn rare sentiment 
lé, lui confia le gomrememeot de son 
t ne reprit ses fbnctions qu'après la mort 
Sérerin. On n'a de saint Araand qu'une 
tressée à saint Jérdme et rapportée dans 
res. A de L. 

e de Tours, de Glorid eonfntorwn.— Baillet. 
SakKU. — Dom Rivet, Histoire Httéraire. — 
ictorum. ~ D6tfi C^lHen ÂUttun saefés. — 
lrth«. Gatlia tkrtstktna. 

ID (saint), évéque fï*ançais, né à HeN 

lt«tegne)i en 589, mort à Saint Etalon le 

* 0^9. DMbendant d'une famille noble, 

ra à Tingt-aits dans un monastère de 111e 

I fit pliis tard le voyage de Tours, et àé 
i6l!K à Bourges, où Térèque Austn^ile 
i ttee cellule près de la cathédrale, dans 

II (tassa qumze ans en reclus. En 627 
lêteHhage de Borne, et fut envoyé, ) son 
ttlttne éVéque mlraionnaire, en Flandre. 
«|[Dbe!i, auquel 11 avait reprodié sa con- 
Cgtilière, Texila dans rAqnltaine, mais le 
btentOt pour baptiser son fils Sigebert. 
«tlHt ei1«uite6es pfédications, et se rendit 
oQ il fbt battu et jeté à l'eab. Son dévone- 
lâ fol ié Ht élire éVéque de Maéstricht en 
Mbtdé |>ltiMeiir0 inonastères, entre autres 
Ttlomay qdi |iorte son nom, et Tabbaye 
od 11 tilbfififi dette abbaye afaisl que la 
Tàtolsfaié poHent abJouM'huI le nom 

-Atnatld. 

n; JieUt SanétolîMn. - Bsfllet^ rUées SaMs, 
let, JÊiogrtsphi» saM&n§eaise. 

TD {Pierre), cliihirgien de la commn- 
9 Saint-OOme, né à Riez en Provence 
mUfeu du dix-septième siècle, mort à 
2S juin 1720. n se livra surtout à la 
I obstétrieele^ et publia les résultats de 

6 Irxpérience (recueil de cent trente cas 
tatéressants) sons le titre : Nouvelles 
Hem sur la pratique des accouche- 

Paris, 1713 et 1715, in-8^ A la place 



AMANIEU 



206 



du forceps, il Imaghia une sorte de filet propre 
à tirer la tête de l'enfant hors de la matrice. 

Éloy, Dieu hist. de la itédscine. 

ÂMÂHDirs (u£neai-Sj(/t;tu5), général romain, 
vivait à la fin du troisième siècle après J.-C. 
C'est un des chefs des paysans gaulois qui, vers 
Tan 287 , furent poussés ii la révolte par la du- 
reté de leors maîtres. Sous le nom de Bagou- 
des, mot dont l'origine n*est pas bien connue , 
cette mottitode ind^plinée, se faisant des ar- 
mes avec des instruments champêtres, se sou- 
leva simultanément dans les provinces gauloises 
entre le Rhône et la Loire, livra aux flammes 
les villages et les villes ouvertes, et força ceux 
de ses oppresseurs qui échappèrent à sa furie 
à s'enfuir dans les villes fortifiées ou hors de la 
province. Les bagaudes élurent deux chefs, 
iElianus et Amandus, qui prirent le titre et les 
ornements d'empereurs romains, et firent frap- 
per à leur coin des médailles dont quelques-unes 
existent encore. Mais leur autorité fut de courte 
durée : ils furent pris et exécutés par l'ordre do 
Maximien , ooUègoe de Dioclétien. L. J. 

Dncange, Glossaire, aa mot Baçudm. — Dubos , HiS' 
tor. CriUe. Monarch, Franeorum. — SaUten , De vero 
Jitdie,, et PrcMâent. — Botrope, IX , 10. — Anrf Ilot 
Victor, MaximioMms. — Hleronymtrty la BmseMi Cktfh 
nicon, 0CI.XZXT1. 

AMÂNIBU DBS B8GA8, troubadour, vivait 
dans la dernière moitié dn treizième siècle, sous 
Jacques II, roi d*Aragon. Ses productions n'at- 
testent pas beaucoup dinspiration poétique ; mais 
elles renferment une foule de détails intéressants 
et prouvent qu'Amanieo était un gentilliomtne 
d'un rang âevé; elles consistent 1* en une épttre 
à une dame dont il déplore l'absence ; on y trouve 
peu de passion et de sentiment, mais beaucoup 
de proverbes encore usités avûourd'hui ; 2«en ins» 
tractions (en^eiit^man ) à une jeune demoiselle 
de qualité, qui , sur le point d'entrer au service 
d'une dame , désh^ apprendre l'art de se con- 
duire selon les convenances. Ces instructions 
du poète ont pour ob^et les belles manières du 
temps, et la galanterie alors en usage ; on verra 
par la citation suivante que ses conseils ne sont 
pas sévères. « Si aucun homme, au printemps, 
lui dit-il, vons somme et vous requiert d'amour, 
point ne soyez de revéche compagnie; défendez- 
vous par des discours agréables, et s'il vous 
tourmente teUement que son entretien vous im- 
portune, demandez-lui quelles dames sont les 
plus belles, des dames de Gascogne ou des An- 
glaises ; quelles sont les pins courtoises, les plus 
loyales et les meilicures; et s'il vous dit que ce 
sont les dames de Gascogne , répondez-lui sans 
crainte : Seigneur, sanf votre lionneur, les dames 
anglaises sont pittê belles que celles de tout autre 
pays. S'il est pour les Anglaises, répondez-lui : 
Ne vous déplaise, seigneur, plus belle ei;t Gas- 
conne. Et vous le mettrez de la aorte en souci. ^ 

Une troisième pièce d'Amanieu contient des 
avis à un jeune gentilhomme (damotseoif). 
Comme il y est qui»tion de former un chevalier 



( 



2S7 AMÀISIEU 

da trdzièroe fttède , l'amour et la galanterie y 
tiennent la première place. En 1278, Amanieu 
adressa à sa maltresse nne longue épltre, cpii ne 
consiste guère qu'en lieux communs, et ne ren- 
ferme pas même, comme .ses autres poésies, des 
détaQs curieux sur les moeurs du temps. On 
trouve des extraits du texte original des trois 
premières pièces dans Raynouard, Choix des 
poésies originales des Troubadours, et les ins- 
tructions à la Jeune dame et au jeune gentil- 
homme ont été traduites par Tabbé Millot. 

L. J. 

Baynouard , Choix des poésies originates des Trouba- 
dours, t. V, 10-S4; 11, i6S-flTl. - Millot, Histoire litté- 
raire des Troubadours, III, IfS-flU. — Hist. littéraire 
de France, t. XX. 

kUkWT.'Voy. SÂfifT-ÀMAirr. 

«AMANTHON (Claude-Nicolos), publidste 
français, né à Yillers-les-Ports le 20 jauTier 
17G0, mort le 28 septembre 1835. 11 fut membre 
de la Société des sciences, arts et agriculture 
de Dijon, avocat au parlement, puis adjoint an 
maire de cette ville ; enAn maire d'Auxonne , 
conseiler de préfecture du département de la 
COte-d'Or, et juge suppléant an tribunal de pre- 
mière instence de Dijon. Outre un grand nombre 
de mémoires judiciaires et quelques articles de 
journaux, il a publié : 1** ( avec Ligeret) Apothéose 
de Rameau, scènes lyriques; Dijon, 1783, in-8*; 

— 2** Mémoire et consultation sur une ques- 
tion de séparation d'habitation, soumise au tribu- 
nal de famille; ibid., 1792, in-8*; — 3* Adresses 
des sections de la commune d'Auxonne, sur 
les événements du Jura; ibid., 1793, in-4"; — 
4* Adresses du conseil général de la commune 
d'Auxonne, lues à la barre de la convention na- 
tionale le 25 germinal et le 23 prairial an m 
( 1795), in-8**; — 5* Mémoire adresse au corps 
législatif, por V administration municipale 
d'Auxonne, sur la nécessité de conserver Tar- 
senal de construction et l'école d'artillerie éta- 
blis dans la commune , 1799, in-8*; — e** Mé- 
moire pour le grand hospice civil de la ville 
d^Auxonne, sur une question de la liquidation 
de la dette publique, 1800, in-8<'; — 7"* Juge- 
ments remarquables des conseils de guerre et 
de révision de la dix-huitième division militaire, 
1800; — 8* (avec GiUe) Coup d'œil sur les 
finances de la ville d'Auxonne, 1801, in-8''; — 
9° Aperçu des moyens provisoires qui pour- 
raient être employés pour faire cesser la 
mendicité dans la ville d'Auxonne, 1 802, in-8°; 

— 10<* Recherches biographiques sur le pro- 
fesseur d^ artillerie Jean-Louis Lombard, 1803, 
in-8*'; — 11* Recherches biographiques sur 
Denis Marin de la Chasteigneraye, 1870, in-8*; 
» 12* Notice biographique sur M, Léonard 
Meule, de Dijon, nouvelle édition, 1810, fai-8*; 

— 13* Annuaire du département de la Côte- 
d^Or pour tannée 1828; Dgon, Lagler; Bonne- 
fond-Dumoulm, 1828, in-12; — 14* Notice sur 
M, François C haussier (exttdit du Journal de 
b Côte-d'Or); Dijon, 1828, m-S»; — 15* iVo- 



— AMAR 



288 



tice sur M. le comte de Gassendi, ancien gé- 
néral d'artillerie (extrait du joamal de b 
CAte-d'Or); Dijon, 1828, in-8*; — 16* Notice 
sur M, de Boisville , évéque de Dijon ( extrait 
du Journal de la CôteD'Or); Dqon, 1829, in-8* 
de huit pages ; — 17" Notice sur M, ChatUUm 
et sur M, Torombert ( extrait du Joamal de la 
CAte^'Or); Dyon, 1830, in-8* ; — 18* ParaibôU 
de Vanfan prodigue et le livré de Ruth, re- 
virai po lai premdre fai en borguignon , par 
cin habitan de lai rue ScAn-Félabar^ai D^m 
Dijon, 1831, in-8* de trente-deux pages; — 
19* Galerie ûuxonnaise, ou Revue générale 
des Auxonnais dignes de mémoire, compre- 
nant la réimpression des biographies de Mail- 
lard du Mesle, intendant des îles de France 
et de Bourbon, et de madame Gardel, pre- 
mière danseuse de r Académie royale demm- 
sique; Auxone, 1835, in-8* de cent-vingt-buit 
p^^es, avec une gravure et deux plandies. 
Amanthon est mort au moment où il terminait 
l'impression de cet ouvrage, dernier tribut de 
son zèle pour l'histoire de la Bourgogne. H a ea 
outre inâéré un grand nombre d'articles biogra- 
phiques et arcliéologiques dans le Journal de 
Dijon et de la Céte-d'Or ( dont fl ftit proprié- 
taire depuis 1813 ), dans la Gazette des trib^ 
naux, dans le Moniteur universel et dans le 
Magtuin encyclopédique. 

Qoérard, la France littéraire, sappl. — Bio^ra^ 
des hommes vivants.— Rabbe, Biographie des CeaStah 
porains. 

AMAE (J.'B, -André), homme politique, oé 
à Grenoble vers 1750, mort à Paris en 1816, 
avocat au parlement de Grenoble , et trésorier 
de France. H fut nommé, en 1792, dépoté de la 
convention nationale par le département de In- 
sère. D'abord partisan modéré de la révolnlioa, 
il en devint bientôt un des plus fougueux défen- 
seurs, n débuta à l'assemblée en dénonçant « kl 
machinations de l'aristocratie du Bas-Rhin. » 
se prononça ensuite contre Lanjuinais, qui pié* 
tendait que la convention était incoropdiaito 
pour juger Louis XVI. H vota succesaivemeÉl 
contre l'appel au peuple, pour la peine de mort, 
pour l'exécution dans les vingt-quatre tienres, 
et contre le sursis. Bientôt après, il propoee 
une adresse aux départements sur la oondoHe 
de l'assemblée dans cette affaire; dénoooe une 
addition faite au plan de constitution, et appoie 
le projet de Robert Undet sur l'organisation d« 
tribunal révolutionnaire. Prétendant que la répu- 
blique était trahie du côté du Mont-Blanc, oft 
Kellermann commandait, il accuse ce général à 
la tribune, et demande qu'il soit mis en juge- 
ment En mars 1793 , il fbt envoyé en làs* 
sion dans le département de l'Ain. Son lèlé pa- 
triotique fht loin d'être modéré, à en joger par 
les réclamations que les habitants de œ dépv- 
tement firent parvenir à la conveotioa natio- 
nale, au sujet des nombreuses incaroérationB 
qu'il avait oidonnées. Rentré au sein de la oo«- 



789 



AMAR » AMAR-DURIVIER 



390 



TeotûMiy fl demanda TenToi de commiMaires 
dans lé départemeDt de la Lozère poar y apaiaer 
ka troubles, et provoqua le décret d'aocusatioo 
oootre Buzot Après révasion de Pétion et de 
LaqjiiinaiSy fl demanda que les députés qui, 
depuis le 31 mai, s'étaient abstenus de paraître 
aux séances, fussent enfermés dans une maison 
nationale. H fit décréter l'arrestation de Duprat 
jeone et de Mainvielle, comme complices de 
Barbaroux ; flaccusa Carra do recevoir chez lui 
des « aristocrates, » puis proposa la suspension 
dn comité de surveOliuice de Clamecy, et Ten? 6i 
de Forestier dans le département de la Nièvre. H 
Itai nommé secrétaire le 8 août, vota la réclusion 
des suspects jusqu'à la paix, et confirma les dé- 
positions faites contre Lesterp-Beauvais, comme 
complice des Lyonnais. Le 14 septembre suivant, 
il devint membre rapporteur du comité de sûreté 
générale, et provoqua un grand nombre de me- 
aorea révolutionnaires. Le 3 octobre, il présenta 
le fomeax rapport sur la faction Brissot, à la 
aoite dnqud soixante-treize députés furent mis 
en arrestation, et quarante-six décrétés d*accu- 
aation. Cet hoomie farouche et soupçonneux ne 
cessa de poureuivre les girondins. Il n'épargna 
pas même les gais de son parti, et fit contre 
Chabot , Bazire et Fabre d'Églantine , un rapport 
pour prouver que ces députés, de concert avec 
Ddaunay d'Angers et Jullien de Toulouse, avaient 
voulu s'enrichir aux dépens de la république, et 
<)iie les dispositions du décret qui réglait les in- 
lérftta de la nation dans les comptes de la com- 
pagnie des Indes avaient été falsifiées par eux. 

Celte manière d'agir ne manqua pas de lui 
frire des ennemis dangereux : Hébert le dénonça 
mx Ccrdeliers comme noble, comme conspira- 
tenr, et romroe un aristocrate déguisé qui vou- 
liit Aire périr les amis de la liberté , en les ani- 
liant les uns contre les autres. Loin de succom- 
ber sons le poids de ces accusations, il dénonça 
ki-mème Hébert et ses adhérents , qui ne tar- 
dèreot pas à suivre à l'échafaud Bazire, Chabot 
d Fabre d'Églantine. Nommé président de la 
coaveotioo nationale le 4 avril 1794, il fit en 
eette qualité un don au canonnier Gechter; et, 
nr une pétition des habitants de Fronciade 
(Saint-Denis), fl proclama les titres de J.-J. Rous- 
seao à rimmortaUté et aux honneurs du Panthéon. 
Le 8 ttiermidor (25 juiUet), U se réunit aux 
députés qui, comme lui, redoutaient les 
de Rob^pierre ; fl osa s'élever contre ses 
Kcoailkmn , et le somma de les préciser. H con- 
tatma de ceftte manière aux succès de la journée 
ài 9. Cela n'empêcha pas qu'A ne fût dénoncé 
Is 11 fructidor (28 aot^t), par Lecointre de Yer- 
nfllea, comme complice de ce même Robes- 
|isre; mais fl parvint à obtenir un décret qui 
iécteasa conduite « conforme au vœu national. » 

Collofe-dlleriwis, Bfllaud-Yarennes et Barrère, 
membres de Tanden comité de salut public, 
tyantélé, dans la journée du 12 germinal an XHI 
(t*' avril 1795), condamnés à la déportation, 

ROfJV. BIOGR. UNIVERS. — T. H. 



Amar prit leur défense : son dévooment l'en- 
traîna dans leur perte ; fl Itat arrélé, et conduit 
au chAtean de Ham. On découvrit alors une 
lettre de lui , par laqueQe fl reprochait au comité 
révolutionnaira de ne pas indiquer la quotité de 
la fortune des individus qu'U mettait en arres- 
tation. Amar Ait rradn à la Uberté par l'amnistie 
du 4 brumaire an IV. n vivait à Paris, éloigné 
des affaires et dans l'obscurité , lorsque le Direc- 
toire ordonna son arrestation , comme oomplico 
de la conspiration de Urouet et de Babôeuf. 
Transféré k Vendôme devant la haute cour na- 
tionale, fl y fit l'apologie de sa conduite politique 
et dn gouvernement révolutionnaira, et cria à 
l'ii^ustice. On ne le trouva pas exempt de blâme 
et de cruauté; mais aucune preuve l^ale ne s'é- 
levait contre lui. Reconduit en prison, U fht ren- 
voyé devant le tribunal de la Seine pour Ysp- 
plication de la loi du 22 floréal , qui exilait do 
Paris plusieure ex-conventionnels. Amar vécut 
dans la retraite pendant tout le règne de Napo- 
léon , sous lequel il ne voulut jamais prêter au- 
cun serment , ni accepter aucune place. Aussi 
à la rentrée des Bourbons ne se trouva-t-il 
pas compris dans la catégorie des proscrits du 
12 janvier 181C. 
Bioçraphte det Contêmporaint. 

AMAE-DUEiTiBR (Jean-Àugustin), litté- 
rateur français, né à Paris en 1765, mort le 
25 janvier 1837. Il fit ses études au coUége de 
Montaigu : voué par goût à Tinstruction pu- 
blique , fl entra de bonne heure dans U congré- 
gation des pères de la Doctrine chrétienne, et y 
professa avec succès à Bourges et à la Flèche, 
jusqu'à la fin de 1791. 11 rempUssait à Lyon les 
fonctions d'instituteur, lora du siège de cette ville ; 
fl en partagea les dangen, et n'échappa à l'arrêt 
de mort porté contre lui que par le dévoue- 
ment énergique de l'un des membres de la com- 
mission même qui l'avait condamné. Quelque 
temps après, Amar reprit à Lyon son cours d'en- 
seignement, qu'il conânua jusqu'à la fin de 1802. 
Appelé à cette époque dans la capitale par le 
ministre de Thitérieur, il fut nommé en 1803 
conservateur de la bibliotlièque Mazarine, et U a 
depuis occupé ce poste jusqu'à sa mort II a pu- 
blié un grand nombre de livres d'éducation, dont 
les principaux sont : i'* le Fablier anglais, ou 
fables choisies de Gay, Moore, Wilkes et au- 
tres, traduites en français avec le texte anglais, 
1 vol. in-12; Paris, 1802; — 2** Cours complet 
de rhétorique, 1 vol. in-8°; Paris, Langlois, 
1804 et 1811; — 3^* les Comédies de Térence, 
traduction de Lemonier; nouvelle édition revue 
et corrigée, avec des notes, 3 vol. in-12; Paris, 
1812; — 4° Bibliotheca rhetorum, auctore P, 
G.'F. Le Jay, e societate Jesu : éditio nova; 
3 vol. in-8°; Paris, 1809, 1813; — 5* Pharsale 
de Lucain , traduction de Marmontel, revue et 
augmentée de tous les passages omis dans la pre- 
mière édition^ et du Supplément de Thomas 
May, traduit pour la pronlère fois en français; 

10 



291 



2 vol. în-12; Parfi, 1816; — 6° les deux pre- 
miers Yolomes d'Ovide , dans la collection de la 
bibliothèque des Classiques latins, de Le- 
maire; — ?• Œuvres complètes de J.-B. Mous- 
seau , avec des notes critiques y et un essai 
historique sur la vie et les ouvrages de fau- 
teur; 5 vol. in-8**; Paris, Lefèvre, 18i0; — 
8** Chtifs-d'cBuvredeGoldoni, traduite pour la 
première fois en français, avec le tétte Ua- 
lien : un discours préliminaire sur la vie et 
les ouvrages de Goldoni, etc.; 3 toI.; Lyon, 
1 801 , in-8** ; — 9* Condones poetica grmes, Sêu 
orationes varix e pœtis grxcis excerptê!; 
Paris, 1823, in-12; — 10* Éléments de this- 
toire de France; 3 toI. ; Pari3, 1801, in-12; — 
11° PamélayOU la Vertu récompensée ; Lyod, 
in-8» ; — i7? Les vrais Incroyables, ou les Mé- 
tamorphoses modernes, comédie; Lyon; — 
13" CatheHne H, tragédie; — 14« la Dot de 
Suzette, comédie; — 15° Narrations extraites 
des meilleurs poètes latins, Horace, Vir- 
gile, etCy texte et traduction, 2 vol. in-8**; Pa- 
ris, 1834. On a âicore de lui un grand nombre 
d'articles dans le Moniteur, dans la Quinzaine 
littéraire et dans la Bioyraphie universelle. 

Biographie nouvelle des Contemporains. — Moni^ 
t«ttr, année 1887. — Qaérard, la Fnmce Mtéraire. 

ÂMÂKÂ-siiiHA, célèbre poëte et grammairien 
lûndou, ylTait yers le milieu du premier siècle 
ayant J.-C. C'était n une des neuf pierres pré- 
cieuses c[ui ornaient le trûne de Vikromâditya. » 
n composa des ouvrages nombreux cpii, & l'ex- 
ception d*un seul {VAmara^Kosha, ou ttésor 
d'Amara ), furent perdus à Tépoque (vers le cin- 
quième siècle de notre ère) où les brahmans 
persécutaient les sectateurs de la religion de 
Bouddha ; car Amara était bouddhiste. 

VAmara-Kosha est un vocabulaire sanscrit, 
divisé en trois livres et dix-huit chapitres. Les 
deux chapitres du premier livre comprennent les 
objets surnaturels, et contient les termes relatifs 
aux qualités morales de l'homme, à la philoso- 
phie et aux beaux-arts. Le second livre, composé*, 
de dix chapitres, traite des objets naturels, des 
différentes occupations de l'homme, etc. Le troi- 
sième livre comprend six chapitres consacrés 
plus spécialement à des matières grammaticales. 
Cette division a valu à cet ouvrage le nom de 
Trikanday c'est-à-dire Tripartite , sous lequel 
il est souvent cité. Tous les noms substantifs (il 
n y a pas de verbes) y sont rangés avec leurs 
synonymes en une ou plusieurs lignes de dix- 
huit syllabes chacune , et forment l'espèce de 
mesure qu'on appelle vaktra ou s'ioka. Le 
nombre total des noms, y compris les synony- 
mes, ne dépasse i)as dix mille, ce qui est peu, 
comparativement à la richesse de la langue sans- 
crite. On supplée par les traités de Maitreya , 
Mâdhava et d'autres. Presque tous les gram- 
mairiens et lexicographes dellnde imitèrent, tra- 
dnisirent ou commentèrent l'ouvrage d'Amara. 



AMAR-DURIVIER — AMARAL M3 

primé pour la première fols à Rome, €d 1798, avec 
des caractères tafnoul , sont le titre t Amara^ 
Sinha, seu DictionarH samcrudamia seetio 
prima de cctlo, et tnbUâ inedOiâ todiei^ 
indicis mss. , curarUe P. PouHm a S. Barihokh 
mxo. Tout Touvrage parut à Calcutta, arec d'an- 
tres vocabulaboes : theAmafOrKoshayTrikanda- 
S*esha, Medint and Bardvali, 1807 , in-8*, 
édition de H.-t. Cold^rooke; Calcutta, 1808, 
in-i", avec une tfaductton ân^lalâe, one préftee 
et cm Index. En 1831 , le texte sanserit Ait réim- 
primé à Calcutta j et dans la même année il Ait 
tradidt en ben^ par Ramoyada Vtdyfttankar. 
Loiseleur-Desiongcnampa dmina l'oric^hial arec 
une traductkm fhm^ëe , Paris, 1839. R eiisle 
aussi une édition de rAmarA-Koislia , imprimée à 
Taigore en 1808. On n'a pn encore déootmfirim 
autre ouvrage souvent cm du même aotenr, le 
Amara-Mdla, 

Wilson . SanseHt dietumarf, pTèhee. - CtfleMMfcf, 
Esiapt. Il, 18. M: LoiidoB, IST. — ÂHAtie MêimrckH, 
1 . t84 : VUI , iit. - Joummi ^tiatifu», X, t4t. - Jls- 
cktnzieCoilectUm, n,n.—Foeabulaired:jâÉkarthSi»kg, 
par LoUeleor-Detlongcbamps, Pfifacê. 

âhaeal (^mfref do\ Poriogals, ehaoeelfer 
de Tordre de SaintrJean-de-Jénisalefti , exénté 
le 5 novembre 1522. Jaloux de l'élection de TB- 
liers de l'Isle-Adam (22 janvier 1521), D di- 
sait tout haut que ce serait là le dernier grand 
maître de l'ordre. Pendant le Mége de Rhodes 
par les Turcs (juln^novembre 1522), fl Ait coo- 
vamcu d'avoir entretenu une correspondance 
secrète. avec le sultan SoHman, au moyen de 
flèches lancées des remparts; fl Ait solemMiie- 
ment dégradé, et eut la tête tranchée. Les ehefa* 
Kers de Saint-Jean rendirent la place . le Jour de 
Ifoél, Akute de munitions. 

Jacipies, bâtard de Bourbon, Oyif^wUim àêlawMt 
et ehevalereuie cité de Mkodêêf Pirls , IM. «^ fotSê- 
niM. De bello Bhodioo, tibri III { RMBe, ISM. - Ha- 
raUl, yite d^ gran maestrUdelknaera rel^Umê à 
SanGiovani; Rome, 1894. — PanUléon , MUttarit ortf!- 
nU JohannUorum Êiittoria nova; BIM, 1181. — mm 
Cronica de la religion de San^uan; Valeoet, MM.- 
Vertot . Hietoire des ehevaliert hoipitaUert de SoM- 
Jean. 

AsiARÂL {Antonio Caetano do), écrivain por 
tugais, né à Lisbonne le 13 Juin 1747 , mort le 
13janvier 1819. H fut membre de TAcadâniedes 
sciences de Lisbonne et inquisiteur. On a de loi 
un grand travafl sur les costumes lusitaniois, soitf 
le titre : Memorias sobre a forma do çovemo 
e costumes dos povos que habitdrdo o terreno 
Lusitano, mémoires qui parurentsuccesslvémeot 
dans Memorias de Litteratura portugueza 
et dans Bistoria e Memorias da AcademiA 
real, deux séries distinctes de volumes pidiÛél 
par l'Académie de Lisbonne ; la première série 
contient quatre de ces mémoires, et la seconde, 
le reste. C'est sans doute cette droonstaoce qui 
a induit M. Constando en erreur ( Biographie 
universelle), quand il dit qu'Amaral avait écrit 
deux séries d'Essais sur le même si^et — 
Amaral a en outre traduit et édité difTérents oif 



iioii^^u» vu uviiuuc^uw;icuii ■ vuTiofjfcu Aiuaia. Aiuoiai a eu uuui; irauuik Ch vuiic uuicicuw uir> 

Le premier diapitre de TAmara-Kosha Ait im- I vrages. Parmi ces derniers, on remarque Diogo 



AMAKAL — AMAS£0 



394 



0, Soldado practico; Lisbonne, 1790, 

e de Mendo Trigoso, dans Hiatoria • wumùriaà 
n»éa rtai dos ieleneiaê de LUboa, t. VIII. — 
o. dans la Biographie univtneUe. 

El iMic?iel)t historien itaUeo, né à 
le 7 juinet 1806. Dès son enfimce II Ajt, 
lirection du professeur Domenioo Sdnà, 
K principes de la résolution française, 
ença , dès l'âge de quinze ans, à suivre la 
administrative. Son père ayant été oon- 
& 1822 , par suite d'une conspiration 
, à la peine de mort, commuée en 
18 de détention , le jeune Amari, avec 
ins de son modeste emploi , pourvut no- 
k l'entretien d'une mère, de deux sceuri 
X frères, plus jeunes que lui. n employa 
ents de loisir k étudier l'histoire et la lit- 
étrangère, particulièrement l'anglais et 
lis. A l'époque des ravages du eholéra 

fl rendit de grands services à la popu- 
i Palerme, par les mesures sanitaires 
ea fl avait concouru dans les limites de 
lens. Peu de tetiips après , il Tut changé 
œe, et appelé à un autre emploi dans le 
I delà justice à Ffaples. C'est là qu'A finit 
jpal ouvrage : la Guerra del Vespro 
*, Palerme, lê42, 2 vol. in-8*; Paris, 
nol. in-8* ; 4' édit. , Florence 1851, in-1 2. 
"agp, qui eut, dès son apparition, un 
xîès, et qui a été traduit en anglais par 
smere (Londres, 1850, 3 vol. in-12 ) > 
Demand par Schrôder, (Hildeshefan, 
roi. in-8*), Ait prohibé par le goover- 
apolitain ; les censeurs, qui n'en avaient 
iché rimpression, perdirent leurs places : 
skflien (îit exilé à l'Ile de Ponza, où fl 
len de temps après; et l'auteur, pour 
anx poursuites qu'on allait lui intenter, 
a en France. 11 vint à Paris , et fl s*y 
depuis plusieurs années à réunir les ma- 
rine Hlstofa^ de l'occupation delà SicUe 
nnsnlmans , lorsque la révolution de 
ramena dans le champ tumultueux de 
ne. Débarqué en Sicfle le 2 mars de la 
inée, fl Ait nommé membre du comité 
nnalre, et député au parlement par la 
alerme. Enfin, U occupa le plus diffldle 
(tères en temps de révolution, celui des 

Comme tous ses collègues, U refusa 
iotements, et passa, pour nous servir 
ipreseions, cinq mois de martyre entre 
Mes d'hommes toujours mécontents, 
X qd doivent fournir le budget et ceux 
Mit en vivre. En août 1848, fl ftit 
nue misdon en France pour soUiciter du 
ment r^mUicain une intervention ef- 
'en ayant obtenu que des promesses , fl 
, le 22 avril 1849 , à Païenne, qn'fl 
ftjoora aprèe, pour vedr àParis prendre 
de ses travatx paisibles, et se proeo* 
'étndn, cette truquOtté d'âme qoe les 



} stoïciens désignaient par le nom si expressif de 
YoXi^ , le calme après l'orage. 

Outre les Vêpres siciliMneSy M. Amari a 
publié jusqu'à ce jour : une tradoetion italienne 
de Marmion, nouveUe de WaHor Scott; Paleraon, 
1832 , 2 vol. in-12) — Staria ctnutUuiUmaie 
ihUa &mia, di Niecolo Pahnimi^ avec 
introduction et des notes (sous le voUe de l'i 
nyme); Lausanne, 1847, fat-S**; et aveo le nom 
de l'auteur, Palerme, 1848; •* laSieiieei Im 
Bourbotiif Paris, 1849 , fanfi*' ) — Solwan al 
Mota^f otsia eon^forti polUiei di nm-Zqfar, 
Arabo SieUkttio del XII tecolot Florence cl 
Londres , 1852 , in-12 ; — DeêcripHon de Pa- 
lerme, par Ibn-ffaucalf traduitde l'arabe, dans 
le Journal Asiatique^ 4* série, voL V (1845>; 
— Voyage en Sicile de Mùhammied'Itm'Djo- 
haïr, traduction de l'arabe; UM., t. VI et VU 
(1846-1847). 

AMARiTOur (/«m), Jnriscansulte français, 
né à Nonette (Auvergne) vers le commencement 
du seizième siècle, mort en 1590. D fut d'abord 
coUègue de Cujas dans rtinitrersité de Toulouse, 
et at ensuite à Paris exercer la profession 
d'avocat. On a de lui des commentaires sur les 
Épltres de Cicéron et d'Horace, Paris, 1553, 
et des notes sur le trente-neuvième livre dlJl- 
pien; Toulouse, 1554. D'autres manuscrits furent 
l)en]us dans le piflage de sa maison. 

Jûclicr, Atiçemeinn Celehrten-Lexicon. 

AMAflA, général de l'armée d'Absalon, mort 
en 1019 avant J.-C. Après la défaite du parti 
d'Absalon, Dsivid offrit 4 Amasa le pardon de sa 
faute, en haine de Joab qui avait tué Absalon, et 
lui promit même le commandement général fie 
sou année. Après la révolte de Séba, Sis de Bo- 
chri, David dit à Amasa de rassembler les troupes 
de Juda, et de marcher à leur tète contre Séba. 
Peu de temps après fl fut assassiné par son rival 
Joab, au moment où U le saluait 

* AMASBO (Grégoire), littérateur italien, mort 
en 1541. n succéda, en 1501, à la VaUa dans la 
chab« d'éloquence latine à Venise. MazzucheUi 
cite de lui : Panegfricus in laudem card. 
Grimani, 1498, fai-4*' (à Udine?); — Oratio 
de laudUms studiorum humanitatis ac eUh 
quentiês; Venise, 1501, in-4°; — Deicriplio 
geographica Italie et profHnciœ Forqjulàensiê^ 
ad Leandrum Bononiensem (manuscrit de 
l'abbaye de Saint-Germain ). 

MazzacbeU, ScrittoH ^ttèlim. — MoatlNeon ifIbtUh 
t/teca Bibiioth^ maa.. t. Il , p. lia». 

*AilA8BO(iIofiloto), littératenr italien, né a 
Udine en 1489, mort à Rome en 1552. Il étudia 
à Padone, et professa les lettres à Bologne. Il 
avait été choisi par le pape Clément VII pour 
prononcer, le f janvier 1530, devant lui et de- 
vant l'empereur Gharies-Qnin^ une harangne la- 
tine au sujet de la paix conclue à Bologne entre 
ces denx souverains. So 1643 fl flit ippdé 

10. 



ME AMASEO - 

in-4*. Maizocbelli die encore de lui aDourrage ' 
manaBurit ; De lui temporit PoetU Nittoria. 

HiiuclHlU, Scrutai d'ItaUa. 

AMASBO ( Romolo), littérateur italien, né k 
Ddioe en 1489, mort à Rome eo 1553. n étudia 
à Padoue, et pnfea» le» lettres i Bologne. H 
■nit été choisi par le pape Clément VII poor 
pToooDcer, le i" ianvier lâ30, défaut lui et de- 
vant l'emperear Cbarles-Quiol , nne liarangne 
latine au sujet de la paii conclue ^tre ces deux 
souverains. Amaseo fui appeléà Rome eo 1 543 par 
Paul 111 et par un neveu , le cardinal Alexandre 
Farnèse. Le pape l'emploja dans plusieurs mis- 
sions pdiliques auprès de l'empereur, de quel- 
ques princes d'Alleniagne et du roi de Pologne; 
enlîn, en 1550, apris la mort de sa femme, 
Jules Ili lui conféra U charge de secrétaire des 
brefs. On a de lai : r deux traductions latines : 
ÏExpédilion de Cyrui parXéuophon; Bologne, 
1533, in-rol.; et la Daeription de ta Grtce, 
par Pausaniaa; Rome, 1547, iu-i"; — î" un 
volume de harangues, ou dix-huit discours la- 
tins ( Orationes ), prononcés en différentes oc- 
casions; Bologne, 15Sa, in-4-. 

MmachcUL - ao\ntotaÈ, HMoire luuralrt detl- 

AHÀSBO (Pompilio), mort en lSft4, BIsdn 
prêchent, eut une carrière moins brillante que 
lai; mais il se livra aux mêmes études, et en- 
sdgna aussi les lettres grecques k Bologne, où 
il mourut vers la Sn de 1581. H traduisit deai 
fragments de Polybe, imprimés à Bologne en 
1543. n avait écrit aussi en latin l'histoire des 
poètes de son temps, qui n'a pas été imprimée. 

HauKliFJU, SeHttBTi i-Balfa. - \>t Than, KUt^ 
Uk. XXI. ». ta. — Bue 1, fwclifrUlii(rrpr(tuw,UlLn, 

AHigiAS 00 AMAZiAs, huitième nd de Juda 
filsde Joas, néenBe4avant J.-C.,mort enSlt. 
Il niccéda à son père en 835 . Après avoir cbAtié 
£ prince, il s'occupa du réta- 
it de l'ordre dans son royaume. Puis 
il entreprit de faire la guerre aux Iduméens et 
oigagea h cet elTet cent mille hommes apparte- 
nantau royaume d'Israël. Mais un prophète vint 
au nom du Seigneur inviter Amasias t renvoyer 
CCS auxiliaires, en lui disant : >< O Roi ! ne soul1>ei 
pas que l'armée d'Israël mwxhe avec vous ; car 
Dieu n'est ptrint avec Israël ni avec les enl^nts 
d'Éphraîm; que si vous les retenez, vous imagi- 
nant que le succès de U guerre dépende de la 
force de l'armée, allez, agissez avec valeur; niais 
comptez que Dieu vous fera succomber sous vos 
ennemis; car C'est de Dieo que vient tout le se- 
cours, et c'est lui qni met en luite. •• Amasias 
se montra docile ï la voix de Dien : Israël fut 
congédié, et Juda combattit seul contre les en- 
fanta de Séir, qu'il délit complètement. Amasias 
glta sa victoire eo adorant les idoles des Idu- 
méens et repoussant le prophète envoyé pour le 
rameier k la piété. Plus tard ayant demandé en 
mariage la flUe dn roi d'Israèl, et obtenu pour 
r^ionse l'apotogne da cèdre et du chanh», il 



- AMÀSIS 390 

marcha contre ce prince; mais il fiit Tainca à 
Bethsame et fait prisonnier. Rentré dans *m 
royaume , Amasias fut assassiné k Lachis oi'i i 
était vent) chercher un refuge contre de* rebellet. 
i^-floii, chXlV. 

AMASiA§, prttre de Béthel. Voi/. Aboi. 

*AHASis \- CAïuuit), roi d'Egypte, ré^, 
selon Diodore de Sicile, plusieurs f/^tatàam 
aprts Sésostris n. Il est dépeint comme un tfni 
cruel : il fit mourir plusieurs de ses siùets pmr 
confisquer leurs triens, et se porta à nue vMtnn 
extrême. Ses peuples supportèrent le joug, laM 
que l'autorité absolue tes tint dam U cniitt 
et dans le silence. Mais Actisanès, roi d'ÉUliafi^ 
ayant déclaré la guerre t Amasîa, ils proliltnri 
de l'occa^on pour blre édater leur haiae contn 
leur roi en l'abandonnant. Amasis fut vaincu , (C 
rf^(ypte tomba sous la poissancede* Ëthiofina. 



intcrlpttotu tt Mla-MtTti, L XIX, p. 1* et«BlT. 

AMASis , roi d'Éyypte , né k Slooph ( now 
de Sais) dans la seconde moitié du leptUm 
siècle avant J.-C, mort, selon Diodore, danib 
troisième année de la LXni- otympùa (SM 
avant J.-C.]. Ce llit un des rois les plus ngn^ 
les pins exempts des préjugés de u Htioa. B 
succMaï Apriès, abandonné par uu gnnie 
partie de ses troupes, et détrOné k U suUe 
Insurrection militaire. An rapport d'Hère 
les Égyptiens faisaient d'abord pea decai Sàr 
masis, parce qu'il était d'une origine otMcm (t 
plébéienne. Mais, par son habileté et ■> onodrik 
prudmte, il parvint à se concilier leur esttane. U 
commerce de l'Egypte avait été jusqn'nlOTt !•■ 
terdit aux étrangers : fait singulier qoi rappel* 
la Chine. Amasis facilita le premier Vteétit 
l'Égjpleaux étrangers, et particalièrancat an 
Grecs. Il concéda k ces derniers la «llla etiepsri 
de Naucratis, et leur assigna même dea temiM 
oA ils pouvaient élever des autels et de* (» 
ceintes sacrées pour le culte de leun dienx. ifr 
mais l'Egypte ne paraît avmr été dan* uéM 
aussi florissant que sous le règne d'Amaiis. (k 
y comptait alors, dit Hérodote, vin^ miDe tHm, 
toutes halHtéea. On attribue iAmastsww M qrf, 
obligeait chaque habitant à déclarer ton* le* ans 
BU préfet du nome de quel genre dlnteMe I 
tirait sa aubdstance : cette k>i pumuaStda mail 
ceux qui ne faisaient pas leur dMuattM, M 
qui ne pouvaient indiquer des moyeu U^tbMS 
d'existence. SoIod l'empronta aux Égypbtw et 
la donna aux Athéniens, qui l'ont longtenai 
maintenue en vigueor, Amasis orna son pays d( 
monuments nombreux etmagnlBque)i,pHi*tlN 
quels on cite les propylées du temt^e de HiMf^ 
à Sais, dea sphinx gigantesques à figures d'hom- 
mes, te colosse couché en face du temple dt 
Vulcain à Hempbis, et le temple dliU à Me» 
phis. n agrandit ausd ses domaine*, «a enlevai 
aux Phéniciesu les ville* fiorissante* de l'Oe d* 
Chypre (vers 550 avant J.-C.). Oit ai Ifrii 
avec le* Cyrénéeu, et éponsa Ladee, In 0* * 



197 AMASIS 

^ leur roi. Yen cette époque, Cambyie, 
de Cyrns , chercha un prétexte pour 
CBiafair l'Egypte. H fit demander en mariage ]a 
flle d'Amasis : celui-d envoya au roi des Perses 
HiléttSy fiDed'Apriès. Lasupercherie fut déroflée, 
et h guerre éclata. Quel que fût le motiT de 
cette guerre, Amasis mourut ayant que les Per- 
ses eussent mis le pied sur son territoire, après 
dnquaDte-cinq ans de règne , an dire de Dio- 
dore. H. 

■érodote, liv. Il, duo. CLXxn et iiiiT. — Dfodore, 
■v. I , elup. ucTUL — RolHn , HUtoir» aneimne, L 1 , 
p^ sa. — Mémoirei de VJcadémiê dês tiuertptioiu 9t 
«MftffHltflrw, L r?. p. iM, IM} t VII, p. Ut: t X, p. 7; 
t. XII, 9. 77;!. XIV, p.!»; L XIX, p. 11, Ul; L XXI, 

^AMASIB, général des Perses, vivait sous le 
lègpe de Darius , fils dHystaspe ( 495 avant 
J.43.). n commandait llnÂnterie au siège de 
Baroe. Après plusieurs attaques inutiles, Û eut 
recourt à h rase. A cet effet, il fit creuser pen- 
dant h Doit un grand fossé, sur lequel on 
init des poutres que Ton pouvait faire tomber 
aisément ; puis fl les fit couvrir de terre , afin 
d*eB masquer rapparence. Aussitôt le jour venu, 
Amasia aaiiûiica aux Barcécns qu'il voulait avoir 
■le onfrenie avec eux. Ceux-d, désirant un ao- 
csBiiiodflnMDt, y consentirent volontiers. On 
s^ngiBBa par un serment réciproque à garder 
las coDveatîoDS stipulées, tant que la terre où se 
trouvaient les parlementaires (Us étaient sur le 
teaé) restmit intacte. Les Baroéens promirent 
an roi de payer un certam tribut, et les Perses 
jvimt de n'attenter rien de nouveau contre les 
BareéesB. Cenx-d sortirent donc librement de 
kviBe, et y laissèrent entrer les Perses sans dé- 
inee. Les Perses firent alors tomber les poutres 
qui eouvraient le fossé, et se répandirent dans 
•IMB les quartiers de la ville, qu'ils saccagèrent. 

BérodoCe, IV. i<7,MletMilv. 

*AHA8Tori, graveur italien, natif de Fos- 
ssBBbrane , vivait à Rome vers le milieu du 
fc-lniitlème siècle. H s'occupait surtout k imi- 
ter les gravures antiques, et s'acquit ainsi une 
graode fSdrtune. 

«Mille, tTMMmmnn und teên lahrkMmdêrt. — Ma- 
^, Jfëmi Jttgtm, KûnaUer-Lexiam» 

AMAflmis, fiQe d'Oxathre, frère de Darius- 
Oodoman, an quatrième siècle avant J.-C. Lors- 
fne Alexandre épousa Statira, il donna Amas- 
tris en mariage à Cratérus. Après la mort d'A- 
Inaodre, se voyant négligée par son époux, die 
le quitta d'accord avec lui, et se maria avec 
DeoySy tyran d'Héradée, dont elle eut deux 
ib et onefiOe. Denys la laissa, en mourant, tu- 
trice de ses entants, et die se remaria à Lysi- 
maqoe, roi de Thrâce; mais ce prince ayant 
époQsé Arsinoé , eDe ne voulut plus rester avec 
lui, et retourna dans ses États, où elle fonda 
une viDe à qui eDe donna son nom. Ses fils , 
étant devenus grands , la firent périr en faisant 
couler à fond un vaisseau sur lequel die s'était 
embarquée; Lysîmaque, qui avait eu d'elle un 



— AMATI 



398 



fils nommé Alexandre, vengea sa mort On a 

d'Amastris qudqnes médsfllM. 

Memnon, dé Htraelêa PonUcti, apad Pkat. MMiofJb., 
p. 11*, édU. Bekker. 

*ABIASTRIS. Voy, AmBSTRIS. 

* AM AT {Félix )f historien ecdésiastique, né 
à Sabadelle , dans le diocèse de Barcelone , le 
10 août 1750, mort dans un couvent de francis- 
cains près de Sallent, le 28 septembre 1824. n 
fonda, avec rarchevéque de Tarragone , la So- 
dété des amis de la patrie {amigos del pais ), 
et ftit nommé en 1803, par Charles IV, abbé 
de Saint-Tldefonse et ardievéque de Palmyre. 
Ses prindpanx ouvrages ont pour titre : Tra- 
tado de la Iglesia da Jesu Cristo , ou Histoire 
ecdésiastique depuis la naissance de Jésus- 
Christ jusqu'à la fin du dix-huitième siècle; 
Madrid, 12 vol. in-4^ 1793-1803; — Observa- 
ckmes sobre la Potestad ecUsiastica, Bar- 
celone, 1817-1823, 3 vol. in-4°, publiés sous le 
pseudonyme de don Maoario Padua Melato; 
— Seis eartas à Irenico; Barcdone, 1817, 
in-8<' ; — Deberes del Cristiano en tiempo de 
revolucion; Madrid, 1813. Ces deux derniers 
ouvrages ont été publiés par le neveu de l'au- 
teur. 

Torres Aouit , Diecionmio critieo de loi eteritores 
MrtotefM», p. is-Si. 

* AMATI {André), célèbre fabricant de vio- 
lons , vivait à Crémone vers le milieu du sd- 
zième siède; son fils Antoine, né vers 1665, 
mort vers 1620, continua avec son flrère Jérôme 
le métier patemd. Us firent, entre autres, pour 
Henri lY, roi de France, un violon richement or- 
nementé, qui porte la date de 1595, et qui existe 
encore. Cet instrument est une rareté historique 
du plus grand prix. « Son patron est de la plus 
grande dimension : le filet qui l'entoure est en 
écaille. Son vernis à l'huile est brillant comme 
l'or. La table inférieure est décorée des armoiries 
de France et de Navare, entourées des ordres de 
Saint-Michd et du Saint-Esprit, que surmonte 
la couronne de France. De chaque oété des ar- 
mohies se trouve la lettre H émaillée d'outre- 
mer, et parsemée dans ses jambages de (leurs 
de lis en or. Cet H est traversé par la main de 
la justice et le sceptre, et une couronne soute- 
nue par une épée semble se poser dessus. Aux 
coins de la table dliarmonie sont aussi des fleurs 
de lis en or, et sur les édisses se trouve la lé- 
gende : Henri IV, par la grâce de Dieu, roi 
de France et de Navarre, » 

Nicolo, fils de Jérôme, suiritles traces de ses 
ancêtres. Les Amati fabriquèrent aussi des bas- 
ses et des violoncelles. « Leurs basses , dit 
M. Fétis, dont on ne connaît qu'un petit nom- 
bre, ne méritent que des éloges pour le beau fini 
du travail et la douceur de leur son. Charles IX, 
roi de France, grand amateur de musique, 
chargea les flrères Amati de la confection des ins- 
truments de sa chambre, n parait qu'ils furent 
tous construits par André : ces instruments con- 



909 AMATI - 

piatoiest en vingt-quatre violoiu, dont doue plni 
p«tils, six vielles et huit baM». M. Cartier, qoi 
a v|ii]eeeiTiokHU,anirinequerieD ne Burpatse 
la perfectioD de leur travail, lis étaient revltiu 
d'an vernis d'hime d'nn ton doré, avec des redets 
d'un brun raugeitre. Surledoidennitruroent 
nn avait peint les srraei de France, compoléea 
d'un cvtel renfennuit tnns Qenrs de lis «ur un 
cbanip d'aïur, entourées du collier de Saiol- 
Michel , et uimiiHitéeE de la coiiroune royale 
fleurddiiée, et aupportne |mr deux anges. Deux 
colonnes entourées de liens en nibaos blancs, 
avec la devise Juitice et pitié, étaient placëea 

W» de couronnai royales que porlaient des an- 
ges. La tête de ces instruin^te était décorée 
d'une sorte d'arabesque torse, d'un goilt fort éli- 
sant. M. Cartier et M. Boisgelan conjecturent 
que les violons de grand patron étaient destinés 
à la musique de la chambre , et qoe les autres 
servaient pour les bals des petits appartements 
de la COUT. An reate, il est bon de remarquer que 
les violons n'ont jamais servi dans la ctiapelle 
de Charles IX; car ce n'est qne sens la rtgQcde 
Louis XIV que les instruments, et particullire- 
ntent les violons, ont été bitroduîts dans U mu- 
iique de la chapelle des rois de France. 

1 Les petits violons d'Antoine Amati, d'une 
qualité de son doux et moelleux , n'ont pu Atre 
snrpaués saut ce rapport. MalheureutemËnt ce 
ion, si par et si dont, a pead'inlen«té. Antoine 
chercha i balancer l'exigiûlé du patron et le 
peu d'élévation des éclisses par la tiauUar et 
l'éliindue des voûtes. Les ^laiseeurs de la tabla 
MHit coRsidénbles au centre, let vont en diini- 
nwint prograsaiveuientiusqu'aux extrémi tét dans 
liinte l'étendue ds la drcouféreDce. La cliaatA- 
relie #1 la seconde des instruments de cet ar- 
lisle rendent un son brillant et argwtin; U 
tioisiénie est moelleuse et veloutée, mais la qua- 
triitinn est laible. On attribue généralement ce 
défaut à l'obseBce des proportions entre laa 
(ïpaisseure et la capacité. Pour y porter remède 
autant qu'il est en leur pouvoir, les luthiers ds 
nos jours, ïqui l'onconÂeees instruments pour 
les monter, élèvent souvent un peu plus le 
chevalet vers la quatrième qu'ils ne le Toat aux 
violons de Slradivari et de Gnarnari. ■ 

FiUt. Biographit unitrtrutit du mujicidni. 

'AMATI IJérônu), antiquaire italien, né 
en I7e8i Sevignano, mort k Borna le iâ avril 
IH34. 11 fut bibliothécaire du Vatican, et Touniit 
des matériaux aux travaux de Honti , de Bor- 
gliesi, d'Ackerblod, etc. H collationna les manus- 
crits du Vatican pour l'édition de Weiskc du 
Traité sur le sublime, qu'il attribuait le premier, 
non à Longin, mais à Unuys d'ilalicamasse; il en 
ût autant pour l'éditiDn de Gai] de ['Anabase de 
XénophiHi, et copia plusieurs poésies de trouba- 
dours f<-nii l'ouvrage de M. Raynouard. On a de 
lui quelques notices intéressantes dans les actes 
de Pontificia Accadr-nHa Romana di archco- 



AMATO MM 

fopla , et dans le Jounutl de VAtaiémU ëa 
Areadu. 

Clornait ÂrcadUa, t. LXl. p. lB-4lt. watt Ma. 

'AMATI IJS'alluut), médecin joiT, Induii^'l 
en l'an du monde bû^ (1378 de i.-C.) lo 
œuvres d'Avicenne de l'arabe on bdbreu. il 
écrivit aussi utt abrégé des tcuvres iI'Ancenai^ 
et traduisit quelques dissertations d'Arriiaii tt 
les Aphoritmei (TBippoeraU. 

■I. - L'rut.' Cala'09. m$t. orieiaal. bUI. Bodl..l,n 

AMATirs (Cirluj ), Romain d'iUK orif^ne ohfr 
cure, qui prétendit, en qualité de pefil-lilt de 
Manus, disputer à Augusla l'Iiéritage de Cinr 
(l'an 42 avant J.-C. ). Aprrâ le meurtre du die- 
tâleur, il reparut à Rome. Des gens du peoplr, 
qu'attirnient les noms de Marins et de Cém, 
et encore plus le désir do pillage, conuidmt, 
sous «a conduite, les plus grands désofdre«i 
mais Antoine, qui désirait se concilier le aénsl. 
fit arrêter Amatius, et ordonna qu'on rétraqjUI 
dans sa prison : ce qui lot exécuté sans antre 
fonnalité. 
Clrsro.orf Jttleam. Itl.U. TIV.a-Tle.Uvc^M. 

AMATO ou AHATifs, rellgleox du noat Ca»- 
■fai, et ensuite évAque, vivait an ondème siMt. 
n composa diverses poésies latines , et , eatit 
aatt«i , quatre livres quil dédia an papa CM- 
golre vn, et qnl avalent pour titre ; de Gvtli 
apottolùTuM fietri «I Pavll. Ces aavn^ 
sont perdus , et c'est une gronde perle, si I'm 
ta eroit Pierre DIacra, qui appelle Anatai on 
versificateur admirable. Le ehaiiolne Mari, dMt 
ses notes sur ce passage (cbap. 10) dePiem 
Diacre , parle d'un manuscrit conservé à la bi- 
bifoihéque du moût Cassin, et qui contient om 
histoire des Nonnonds en bi^ livrei, OMipaaM 
par Amatus. Tiroboschl regrette (t. Itl, pL M) 
que cet ouvrage n'ait pas vu le jour. 

iMn(ni«i4. — Tlrtbnichl. ~ /Aitotrs Utttrairt Of H 
Fmaa, X. IX. p. tu. 

'AMATO {Klie 0'), polïgraphe italien, se 
en 1166 i Montallo, mort en i'47. Il entradav 
l'ordre des Carmélilfs, et devint provincial M 
son ordre, Parmi fCB nombreux licrits qui roo- 
lent sur toute espèo; de malières , on rcroan)iK 
priocipelement : LelUit enidite Chieauttta- 
tivili, accad«iniro«ritlcAe; parte prima, 1711, 
parte seconda , I7U; — Consiesû accadeaùei 
sullo disoMabile stûHco délia Biblia, 1721, 
6 vol. in-S" ; — Muséum literarium , m fM 
pmne omnium scriptorum dubia, svppasitit, 
vialedira ,/nlsa , /abulosa , jo/yjico, p«- 
icripla,ajionsiaa,ii{ffaraia, Insulta, ptUida- 
gue momimenla , erudUorum ct'if«rio ifric- 
tim e.rpoHif«nfur; Naples, 1730, in-l* : u 
titre promet [dos que l'ouvrage ne renierme. 

HauuctaciU, SrriUori ifltalia. 

■amato (/ean-4nfoinc •'), dit U Fi«iu, 
peintre italien, né à Naples en I47â, ntort 
en l.îjj. U était Irés-religirux, et ne til que des 
tableaux d'église. Avant de 



301 AHATO- 

rragCf B ■'nit rbabltiide de conunoiikT, et 
refuu lie décorer l'arc de lriiHiii>he élevé hxs 
(k U TÛitt de Chartes-Ooint à N^tl», ptm 
qd'a dar^ j avoir dea fignret nuei. Oo a de 
lai phuioura freuiueg et des tableaux h l'huile 
deni le« églitBf de Napiei : Hsnppdlentlegesre 
stinple da Péru|^n. 

JtoM'/intoine Avato. dit /e Jewru, oevea du 
précM«ot,iié«|iia3âi mort en laSS, a Ut des 
UUewn (NRiHuce da Jéia^-ChriitJ (pu, par la 
ricbeue du ulorïH, rappellent oeui dn Titkii. 

DealDld, ffU *i t\W,T\ rtapoItlaïU. 

■jIhato [Jtw-IHaTie) , antiquaire (idlien, 
aé h Païenne eq IM6, mort eo I72â. H eotra 
dans l'ordre des Jésuites, et fbt profesMur Je 
bdles-lettrei ia aémînaire de ^ ville nstale. Son 
principal ODTnic l pour titre ; JM principe 
femph Pmonnitano, libri XIII, in juiiiw 
tttenduw Panormitana cathedra a S. Petro 
apottoln laililula, etc.) palemw, I7?S, In-fol. 

>lii»el>elU, Scrltten fllaHi. 

•AMATO {Joseph h'), mlssioiualrâ ttalieo , 
oé à I(*plei vers ITaT, mort à Hoalha , dans le 
rojuune d'An, su rununencement d'avril 1831. 
n fut oivojé en Asie, en i 783, par Is Société de 
ta propagation de la fbl, et deviot curé de cinq 
Tiliaget catholique; dans le district de Dibaj'en, 
oiTiroii dix lieoes au nord-ouest de la Tille d'A va. 
Ce* villages étaient habités par les descendants 
da Franfait qa'Akrapre avait foita priaonnleri 
de gnerre eo 1757. n savait le pelvi et le birman , 
et eomidsselt l'blitoire naturelle. Il possédait 
in berblct de plus de deux cents espèces végé- 
tales facoimues, et une collectioa d'animaux , 
pndo* pendant la guerre des Birmans en IS34. 

LcttR de Biroer . <l>iu r.on<f« Aitatte /ournal , 

AHATSfWIcAe^D'), théologien italien, né t 
lartM en léSÏ, mort duu sa ville natale le 15 
■Dvenibn 1719. Il fat protonotaire et premier 
iMr'^'''n ^ Obltean-flêaf. On a de lai : i* De 
ipsiabamf ipeci» tut taerw» chrismn eonfl- 
NfMtwM reqvisUai Naplei, 1731, in-S°, réim- 
primé la nftrae année avec des ûlditions ; — 
I* De piteiw» atqtu ovlum mus comuetv- 
tae ofwd qvotdam Ctiriili fidèles , m emte- 
raKMatiJeJuniojWM., 1733, in-11; —3* Dis- 
mrtatlOHet fmttuor : 4e catuii tx antiqvis 
fiàei sfmàolit fUcano et Constant inopolii. 
irtiaUiu ille : Discunin' ui nrutoi , /uerit 
frxtermissus ; — De mfernl Situ ; — Qao- 
Mtto Chrittus i» ttlftma cmna BucharUtiam 
tnedixerit, et utrum uno oui pluribus cali- 
eOtatuut /uerit i — De Situ quo In priml- 
Heu Seelesia fldeU* tanetam Evcharistinm 
ptrerpivri «UMlbiti excipieboTïti 17IB , in-i*. 



* AMATO (5clpfon ) , polyglotte et juriscon- 
lulte italien , vivait dans la première nioitié du 
dix-aeptifme siècle. Il savait un |;raii.l nuirbre 
de laides, et servit de trudiement ii l'ambas- 



AHATUS ECS 

•adeuT japcHialienraTéaiiprt(dDpa(ieP£iilV,n 
rendit compte de celte ambassade dans un on- 
vrage intitulé Ittoria del régna di Voxu dcl 
Giappon* , delC antichità, nobillà e valiirr 
del tua re litote Masamune , e deW ambat- 
data inviata alla tanlità di papa PaoCo V 
et detti tuecesti; eon altre varie cote di edi- 
jfcosione e gusto tpiriluaie de' letton; Rome, 
1615, in-4°. 

Miii^cbFlU , Scrillori iTItallA. 

AHATo ( ViTKtnt ), historien ftaUen, gentil- 
homme de Cantazaro, ville du royaume deNaples, 
publia , en IG70 , des Hémoirea historiques de 
sa patrie, qu'il appelle ['iUustrissima, /amosis- 
slma et fedeliuima città di Cantoioro. — 
Au\To [VineenO, Sicilien, né en 1629, compofi- 
teiir de musique, a laissé : 1* Socri coneerti, à 
deux , trois , quatre et cinq voix , avec une 
taeae à trois et quatre; Palerme, 1656; — 
1° Meisa e saltni di vapro e eompieta , i 
quatre et dnq voix ; iMd-, 1656; — STiwHro, 
opéra di Yieentia iPÀmato; Aquila, I6B4. 

'ANATOBB, nom de deux anciens pdnlres 
de Rresce, /ojepft A Paul; on a d'eux qnelquer 
plteea d'antd dans les églises de leur ville natale. 









*AafATRICB.«OLA (FiMetbi delf) ,v^^ 
et archil«cte napolitain, vivait dans la première 
moitié dn selxiènie sièrin. Son clief-d'cBiivre est 
une sainte Cène dano l'ttglise d'AscoK. tMnht 
dam une profonda mëlaneolie depuis la mort de 
aa faune, qui s'était prédpitte du liant d'unniiir 
pour éclw]^«r i des acrtdâta qui voulaient l'on- 
ti«ïer. 

VuvI , ^Iti ac yUori. — (Mda fJttMI. — LInil. 
Stor-ia pitloric^. 

'AMATraou AMATI (Fincenf)i abbé musi- 
cien , né i Cimmina en Sldle le fl janvier ISIS, 
roort le 39 juillet 1670. Après avoir fait ses 
études au séminaire de Palerme, il devint maître 
de chapelle de la cathédrale de cette ville en 
1605. On a de lui -. \° Stnri concerna due, ire, 
qvattTo e cinque voei, con una mesia a tre e 
qualtTo,\îb. l°,op, l"i Païenne, 1656, in-i"; 

— 2° Messa e salmi di vespro, e eompieta a 
qiialtroecinqveiMM,Vii. i°, op. 2';ibid., iftM; 

— 3° l'Isaura, opéra; Aquila, 1664. 
Maiiuchelll, ScTilUiri ilMIa. 

AKATDB LVSITANCS OU AMAiy LK POR- 
TOGAisf/oannet KtnJericui.enporbigaisJodO 
Roderiguei) , mé^cin, né en 1511 à Castel- 
Braucu ( CiufelftH» afbum), petite ville de la pro- 
vince de Beira, mort en 1568. Il étudia la mé- 
decine à Salamanque, sous Atderetus, et, dès 
l'igededix-buitans, il pratiqua la chirurgie dans 
les deux hApitaux de cette ville. 11 voyagea en- 
suite en France, dans les Pays-Bas, et en Italie, 
n reéta quelque temps k Venise et h Perrare, 
Dans rettf dernière ville il enseitma en ijW 
la niédcriiie, et disiaéqua, d'après son pniprc 
aveu , douie cadavres iiumoins, ce qui était brâti- 



803 



^MAÏDS — AMAURY 



304 



ooop pour une époque où les pr^ogés religieux 
s'opposaient encore fortement à Tétude de Tana- 
toinie. En 1549 y on le trouye à Ancône, ensei- 
gnant et exerçant son art avec tant de succès , 
([ue le pape Jules m le faisait plus d'une fois 
venir à Rome pour le consulter. 

Amatos était Juif de religion et d'origine. Ce- 
pendant il ne parait pas aroir été inquiété pour le 
culte de ses ancêtres jusqu'en 1555, année de l'a- 
véneroentde Paul IV. Dès ce moment, d'après ce 
qu'il raconte lui-même, il s'oiAiit d'Aneône k Pe- 
saro , pour échapper aux poursuites de l'inquisi- 
tion ; de Pesaro il se réfugia à Raguse, et de là à 
Salonikl en Macédoine, après avoir perdu sa bi- 
bliotbèque et une partie de sa fortune, pour sauver 
sa vie. 11 y avait à Saloniki (Thessalonique) une 
câèbre synagogue de Juifs. C'est là qu'il mourut 
à l'âge de cinquante-sept ans. 

On a de ce médecin : Bxegemata in prier es 
duos IHoscoridis de mtUeria medica libros; 
Antwerpiœ, 1536, in-4*'; — In Dioscaridem 
Ânazarbœum commentatio ; Lyon , avec des 
notes de Robert Constantin et des figura tirées de 
.Fuchs et de Daléchamp ; — Curtttionum medi" 
cinalium centurise septem, quibus prxmUti^ 
tur commenttttio de introitu medici ad œgro- 
tantem, deque crisi et diebus critids; Venise, 
1557, 1566, in-8''; Lyon, 1560, 1580, in-12; 
Paris, 1613, 1620, in-4''; Bordeaux, 1620, in- 
4°; Barcelone, 1628, in-folio; Francfort, 1646, 
in-fol. La première centurie parut seule à Flo- 
rence en 1551 , in-8*; la seconde à Venise en 
1553, in-12. Il écrivit les autres en différents 
endroits, particulièrement à Rome, à Raguse et 
à Thessalonique. Chaque centurie comprend cent 
cas remarquables de médecine et de chirurgie, 
suivis de schoUes ou de commentaires. On en 
trouve une analyse dans Haller, Biblioth. chi- 
rurgica, 1 1, p. 204 ; BibL tned. pract., t. n , 
p. 28; Bibl. botan,, t. I, p. 251, et daiÉis As- 
truc, De marbis venerMs, p. 735, édit. 1740. 
Dans la préface de la cinquième centurie , l'au- 
teur dit que dans sa ftiite d'Ancêne il perdit 
quelques commentaires manuscrits sur le qua- 
trième/en du I*' livre d'Avicenne ; U y parie aussi 
d'une traduction espagnole d'Eutrope. 

« A juger par ses écrits , dit Haller, Amatns 
a fait une lecture assidue de Galien et des mé- 
decins arabes; c'est un excellent clinicien; mais 
il est vanitKix, et on lui reproche plusieurs er- 
reurs. » Amatus est un des médecins du seizième 
siècle qui ont le plus encouragé les études ana- 
tomiqnes. n (ait l'un des premiers mention des 
valvules des veines. A propos de la saignée dans 
la pleurésie, U dit , contre Vésale, que « le sang 
que la veine azygos reçoit de la veine cave su- 
périeure ne peut pas retourner dans cette der- 
nière, à cause des valvules ( astiola sive oper^ 
cula) qui sont situées à l'orifice de la première. » 
(Centur, I, curât. 52, Schol.). Parmi les 
élèves qui assistaient à ses dissections, il cite 
J.-B. Cananus, pour lequel on revendique la 



découverte des valvules des veines, et qd pu- 
blia le résultat de ses recherches en 1543. 

Amatus passe pour avoir l'un des premiers 
foit usage de bougies dans le traitement des 
maladies de l'urètre; mais l'orig^e de ce traite- 
ment remonte an moins au seomid siècle de 
notre ère. 

On ne confondra pas avec Amatus le Poitugiis 
les trois médecins solvants : 1^ Cintio d'AmâYo, 
chirurgien-barbier italien , qui a publié un ma- 
nuel de petite chirurgie sous le titre : Nuova et 
utilissima prattica di tutto quelle eh'al dili- 
gente barbiero fappcartiene ; Naples, 1671, 
in-4°; — 2* Jean-Chœrles Ahâtds, médecin 
espagnol, auteur de Fructus medicinse e taras 
Galeni locis decerptss; Lyon, 1623, fai-12; 
c'est un traité de matière médicale, dédié à la 
sainte Vierge, gardienne de Montserrat; — 
3^ Leonardus Amatus, médecin sicilien, natif 
le Sdacca, mort en 1674, autenr de Advenor 
riorum catena de jure Gdeni veteris pro as- 
thmate; Païenne, 1667, in-4". Il laissa ansd 
ieux manuscrits, l'un sur les bains, l'antre 
sur les antiquités de Sdacca. H. 

Haller, Biblioth, — Sprenget — Biographie wtédiMU. 
— Mongltore, Bibliotheea Slcula. 

ÂBIAURT, en latin Amalricus ou Stmeri- 
eus, dit de Chartres, célèbre philosophe, théo- 
logien f^^çais, natif de Bène, village du payi 
chartrain, vivait à Paris vers la fin du douxiièaie 
siède et au commencement du treizième, n y 
donnait des leçons de dialectique et des antni 
arts libéraux compris dans lo Trivium et le 
Quadrivium. Pour son malheur il 8*itin 
d'expliquer les livres de métaphysique d'Arii^ 
tote, qui venaient d'être traduits en latin, sur 
de nouvelles copies du texte, ou sur des veniov 
arabes récemment rapportées de l'Orient G'eit 
dans ces livres qu'Amaury foit sortir tous kl 
êtres d'une matièîre première qui « n'a par eOe- 
mèrae ni forme ni figure, mais en qui le mouve- 
ment est continuel et nécessaire. » H y avait laiig> 
temps que les Arabes avaient comm^oé dintro- 
duire cette philosophie en Occident, car dès te 
neuvième siède Jean Scot Érigène enseîgpait 
que la matière première était tout et qu'elle éliit 
dieu. Quoiqu'on se fût plahit de la témérité de ce 
docteur , la doctrine dont il s'agit n'avait snbi 
aucune condamnation particulière. Amanry ne 
craignit donc pas de la renouvder : 

« Un être simple, disait-il, est cdui qui n'aâ 
quantité ni qualité ; tel est Dieu, tdle est aussi la 
matière première. Mais y a-t-fl deux êtres simples? 
Non ; car ils ne seraient distincts que par des qosr 
lités ou des parties que l'on aurait de plus ou de 
moins que l'autre ; or ces parties , ces qualités, 
en plus ou moins, répugnent à la nature de l'être 
simple. Par conséquent il faut que Dieu et la ma- 
tière première ne soient qu'un. » Loin de sentir 
les dangers de ce système , Amaury prétendait le 
condlier avec le rédt de Moïse et avec toute la 
théologie. Du mouvement continuel et nécessaire 



AMAURT 



806 



i matière première, il oonebiaU que toos les 
5 particalkrs devaient finir par rentrer an 
de I*Être des êtres, seul indestructible, et 
vant cette consommation dernière les Ticis- 
ies de la nature auraient dÎTisé l'histoire du 
ide et de la religion en trois époques corres- 
lantes aux trois personnes de la sainte Tri- 
. La loi mosaïque avait été l'époque de 
I le Père; la loi évangélique était celle de 
I le Fils, et allait bientôt être remplacée par 
igné de rEsprit>Saint. Sous la seconde épo- 
, diacun devait se regarder comme un mem- 
ûe Jésus-Christ, dont le corps était en tonte 
e, disait Amaury , autant qu'au pain encha- 
îne. On rapporte qu'il soutenait aussi que 
1 avait parlé par Ovide aussi bien que par 
; Aogu^. Mais Amaury se donnatt surtout 
le prophète de la troisième époque, sons 
sDe bientôt les sacrements cesseraient; et 
nie Infusion intérieure de la grâce du Saint- 
it suffirait an salut des hommes , sans 
n acte extérieur. L'une des conséquences 
e système était de nier la résurrection des 
I , ou du moins de n'en admettre d'autres 
a rentrée de tous les êtres dans la matière 
ière, à la fin de la troisième époque. En 
mblant ces idées d'Amaury, éparses dans 
Scits des chroniqueurs et des théologiens du 
n âge , on y trouve encore tant de liaison 
eocbalnement, qu'on pçut regretter de n'a- 
phis l'ouvrage où il les avait développées, 
li portait le titre de Physion, Traité des 
Bt naturelles. Ce livre lUt condamné par 
bdle dinnocent m , à laquelle on a quel- 
Ms donné la date de 1198, mais qui n'est 
ie 1204. Amaury, obligé de se rétracter, ne 
, dit-on, qu'à contre-cœur, et mourut peu de 
• après de chagrin et de dépit. Il fût enterré 
dn monastère de Saint-Martin-des-Champs. 
s disciples étendirent ou exagérèrent sa doo- 
I : ils enseignèrent que Dieu le Père s'était 
rné dans Abraham , comme Dieu le Fils dans 
s-Christ. Os qualifièrent le pape du nom 
lechiist, et appliquèrent à Rome les textes 
fis qui concernent l'antique Babylone. On 
sait les disciples d'Amaury de nier la dis- 
ioD dn vice et de la vertu, de regarder 
ss les actions corporelles comme indiffé- 
», et de se livrer en conséquence aux plus 
eux excès. Ce qui est plus avéré, c'est 
I annonçaient l'établissement du règne du 
t-Esprit, et par conséquent l'extinction des 
qoes et institutions du christianisme. 
I plus lettré d'entre eux s'appelait David de 
ut; c'est, selon toute apparence, le seul qui 
vit : composa des apologies de la doctrine 
lanry; mais elles ne subsistent plus, et 
manquons de renseignements particuliers 
la personne. 

I antres disciples d'Amaury étaient deux 
es sexagénaires^ Ulric et Pierre de Saint- 
1; quatre antres prêtres, Guerin ou Garin, 



Jean les Undnes, Éttenne, euré de Vieux-Cor- 
beO, Etienne de Celles; les diacres Étiome et 
Odon ou Endes; les sous-diacres Guillaume de 
Poitiers et Bernard; Élimand ou Elmang, aco- 
lyte; Dudon, derc, et un orfèvre nommé Guil- 
laume. Ce dernier était le prophète de la secte, 
n se donnait pour l'un des sept personnages 
dans lesquels le Saint-Esprit devait s'hicamer. 
H prédisait quatre fléaux qui allaient se succé- 
der dans le cours de dnq années : la fiunina 
qui désolerait les peuples , le glaive dont les 
princes s'armeraient l'un contre l'autre, les 
commotions de la terre qui s'entr^ouvriraitponr 
engloutir les dtés; enfin le feu du del qui dévo- 
rerait les prélats, tous membres de l'Antéchrist 
Mais Guillaume promettait à Phflippe-Auguste 
les destinées les plus glorieuses; fl réservait à 
ce monarque et à son fils Louis toutes les ft- 
veurs et les bénédictions divines : l'empire 
fhmçais embrasserait tout le ^be, et Louis ré- 
gnerait sur la terre aussi longtemps que le Saint- 
Esprit sur le monde, c'est-àndire jusqu'au terme 
où tous les êtres rejoindraient l'Être suprême. 

Cependant deux commissaires furent envoyés 
dans les diocèses de Paris, de Sens, de Troyes 
et de Langres, avec ordre de faire semblant de 
professer les opinions d'Amaury , afin de décou- 
vrir ses véritables disciples. Sur les dénoncia- 
tions de mettre Raoul de Nemours et de son 
a4ioint, l'évêque de Paris se fit amener plusieurs 
de ces sectaires, et les retint dans sa prison. 
Un concile de Paris les jugea en 1209. Le ftarent 
interrogés, condamnés, dégradés et litlés au 
bras séculier, les quatorze disdplcs dont nous 
avons rapporté les noms. L'anathème prononcé 
contre les ouvrages d'Amaury fat expressé- 
ment étendu à ceux de David de Dinant, à tous 
les livres de théolog^ écrits en langue vul- 
gaire, et même à la métaphysique d'Aristote. 
On traita un peu moins rigoureusement les li- 
vres de physique du même philosophe : on se 
contenta d'en interdhre la lecture pendant trois 
ans. Philippe-Auguste était alors absent; il fiillut 
attendre son retour. Les malheureux ne furent 
ainsi livrés aux flammes que le 20 décembre 1210. 
Cette exécution se fit aux Champeaux, hors de 
la porte de Paris, c'est-à-dire aux halles. On 
voulut bien réduire à dix le nombre des vic^ 
times; Ulric Garin et le diacre Etienne furent 
seulement emprisonnés pour le reste de leur vie, 
et Pierre de Saint-Cloud en fht quitte pour se 
faire moine. A l'égard des femmes et autres per- 
sonnes, on daigna les déclarer gradables. Mais 
on exhuma le cadavre d'Amaury, on brûla ses 
08 avec ses livres, sans oublier la métaphysique 
d'Aristote. 

Cinq ans après, en 1215, se tint le quatrième 
concile général de Latran , qui condamna de 
nouveau Amaury et ses disciples. Leur sup- 
plice, s'il faut en croire les chroniqueurs, n'ex- 
cita aucun intérêt, aucune compassion. « Per- 
sonne ne douta, dit Césaire d'Heisterbach, qu'ils 



807 



AMAtJRT — AMBÉRIEUX 



nuisait en marehant T«n le Mcher litété rat- 
chanment la tatipArabire de l'atmoipUre; et 
tout le mmHle leur attriboB l'bdémeiUK de l'air, 
aerU inclemenlia, qu'^rouTèmit , le. 30 dé- 
ennbre, le« «pectateun de leurE damien tour- 



AMArRT, Ah^lric ou Almaric. Deux rois de 
Jérusalem ont porté ce nom, d'origine goUiiqoc 
(de amal, ciel, et rie, rishe). 

AMAVRV I", comte de Jappé, né nn M3ï, 
mort le II juillet 1173. n IM cmiroonë roi lia 
Jiîrusalem le 16 Tévrier lies, à 11 mort de «on 
frËnt Itaudouln m , igé seolenient de Tfnet-*^ 
luis. Ce fut un princevain , ambitieux et STide, 
et l'iiistotre lui reproctie une extrême avarice. Il 
pa^sa MU règne de huit ans h ipierroyer avee le 
Rourlan J'Égjrpte, l'allié naturel des Francs 
contre les Seldjoucide«, et avec le célèbre Nonr- 
Kdiiin, sultan d'Alep; S rechercha l'amitié 
lantCt Ae l'un, tantAt de l'autre, HuÎTant tes in- 
térêts (lu moment, sani se lUrele moindre icru- 
pule lie rompre det traités A peine emidus, lors- 
qu'ils mettaient obstacle h de noureanx deûdna. 
Il échoua dana son projet de conqnerir l'Egypte, 
qui Tut réunie aax Tastea Ëtats du sultan d'Alep. 
Après la mort do sultan Nour-Eddlo , le jeune 
et taillant Satah-Eddbi (Saladin), gouTemeui 
à't^ptc, recueillil llmmense héritage i^u aul' 
lan d'Alep, et menaça de l'emparer du petit 
royaume de Jérusalem , qui , puur comble de 
malheur, était agItéparleshctioDsdes tempUen 
et des hospitaliera. Amaurj implora te aeooim 
des chri<tiens d'Ocddent, et se rendit lui-même 
k Constantlnople pour obtenir l'intervention de 
l'empereur d'Orient Le territoire de Jérusalem 
allait être envahi par le puissant ennemi, quand 
Amaurj tint à mourir et laissa la cooronne i 
son fils Baudouin IV. 

irKrtantçt,}V,%.- 



AMAURT II, deLusiRnan, mort le i" atril 
12m, était d'abord roi de Chypre, et fut appelé 
ou IrAnc taciUant de Jérusalem après son ma- 
riage avec Isabdie, teute de Henri, comte de 
Champagne, dernier titulaire d'un royaume re- 
iletenn la proie des musulmans. Bon r^e no- 
minal dora de II9*à 1205. Soutenu par l'empe- 
reur llmri VT, il obtint quelques atantages sur 
les Sarrasins; mais, après la mort d'Henri et le 
rappel de ses troupes , Amaury fut accalilé par 
les fui'ces des Sarrasins, et il ne fat e»oié que 
par In discorde- qui régnait dans la foniilte de Sa- 
ladin. 11 fit prèclier une croisade dans toat l'Oc- 
ddimt; mais les croisés, au lieu dedélltrer Jân- 
salem , prirent Conslantinople, dont ils ataienl 
enti'n[lu tanter les trésors. A celte noutellï, le 
petit nombre de gnerriers qui g'étaleat dirigés 



ter* Il PalMtiM rebrouMtrent litft dunin, 
pour tiier parlagar atec leurs frères d'armei le 
ridie butin de Byiance. Amaury retia aeui i 
Fttriémais où il mourut, laisaant le ivjamtt de 
Qiypre k ion Ma Hugues de Luaignu. 
WlIlM. - NlcIuuiL - Du Caim. 

'AMADnr, AMALsiG ou AiMRsic, pitiiar- 
ciie de Jérusalem, mort es IISO. U occupa <■ 
siège patriarcal depuis 1169, et eoolribaa beu- 
CMip ï l'élection d'.\maurT 1"' comnie roi de Jé- 
rusalem en UGâ. I! était lié d'wniâé nec le cé- 
lèbre historien GuUlanine de Tyr, 

OunUuDe de 1)1. tiùtaila BiUlMacri, llli. xl 

•amata ( François ), jurisconsalte esp 

nalif d'Aolequera (province de Grenslc),' 

dans la première moitié du dix-septième sitde. 
11 (ïit professeur à Salamanque. Outre quelipa 
écrits inédits, on a de lui : 06iervall9)im 
Jurit UM m i Salamanque, IBSa, hi- 
Desenganos de lot Bienes Humanoi 
drid, lOBl, in-4' 



'AMATA, peintre espagnol, élève de Tlneot 
Carduccio , vivait dans la aeconde nuIM ài 
dix-septième siècle. En IG81, il fit lot laUetoi 

du grand autel de l'église Saiot-HartinkS^ne. 

' iMstnv-» i François n' j , pcinti« et icBlp- 
leur, natif d'Anvers, est connu par les tranni 
qu'il fil, de I5QI à 1510, par onlredu cantÎHl 
Ximenès , pour ta catliédnle de Tolède. 

A.-aBBB6EK (ChrUtophe ), péntre, né t H»- 
remberg vers le conuDcncemeot dn tr'i>itr' 
siècle, mort à Aug&bourg en I5fl0. n imita li 
manière de son maître Holbeln le jeune, elsnlK 
faire un nom par la correction de son dassii et 
l'excelleate disposition de ses llgares : ses p»- 
ductions se distinguent surtout par le mérite dl 
la perspectrve. Son histoire de Joseph en don 
tableaux paraît être ce qu'il a hit de mieni. U 
gBkrie de Munich possède plusieurs de sa M- 
vrages; c'est J'après lui qu'on » gravé 1* décnl- 
latiao de saint Jean-Baptiste en denu-figurei. 
Charies-QuinttecomtiIadL'[Bteiirs,et ledtariB, 
en 1 530, de faire son portrait, tableau qui se vol 
au musée de Berlin. 

Sind.rl, r.ït.tfe Acatemit. - KcL Htkkcl, £»«■ 
toçue dtt tobt^avr. 

AKBÉBiErs (Pierre Dujatn'), Ilttéralnr 

français,néàAmbérieuxenlT38,mart IcModO' 
brelS2f .11 passadons SCS foyers ictempsoTagOH 
de I793,aimédeseseonciloyens,quircci'vainllde 
lui de nombreux bienfaits. On a de lui un ofio- 
cuteenverset en prose, sous le titre Au lin^a. 
Son fds B composé des romances qui ont eu d« 
succès , et a travaillé à la Flore publiée t Lyo* 
chei llruyset. 
til''-jr-ipi,icn<imflle d,-s nnlcmparabu. - KmUMt, 



909 



AMBIGAT — AMBIORIX 



810 



àMmwoàj lÀmbi§aiiu), roi det Gtoles dans 
le septième siècle aTant J.-O. A Tépoqne où 
Tarqniii rancien régnait à Rome, la CelUque, 
rnnedes trois parties de la Gaule, obéissait anx 
BitnriffBB , qui lui donnaient on roi. Sous le gou- 
Temetnent (1*Aiiibigat, que ses vertus, ses ri- 
ebMtes et la prospérité de son peuple avalent 
rendu tout-puissant, la Gaule reçut un tel dé- 
yelopperaent i»ar U fortiUté de son sol et le 
nombre de ses habitants, qu*il sembla impossible 
de contejûr le flébordcment de sa population. Le 
roi, d^ Tieo\, voulant débarrasser son royaume 
de cette multitude qui l'écrasait, engagea itello- 
vèse et Sigovèse, fils de sa sœur, jeunes guer- 
riers ennemis du repos, à aller cherclier un autre 
s^ur dans les contrées que les dieux leur indi- 
queraient parles augures, leur permettant d'em- 
mener avec eux autant d'hommes qu'ils vou- 
draient, afin que nulle nation ne pût repousser 
les noovcaox venus. 

TilC-liire, V. s*. 

AMBl|«LOL\ Voy, Boccavr. 
AJiBiuRiX, Omeux roi des Eburons ou des 
Nenrlens, peuple de la Gaule, vivait vers le mi- 
lieu dn premier siècle avant Tare chrétienne. A 
cette époque les i!i>uroos, peuple puissant de la 
Belgique, obéissaient à deux chefs élus par le 
peuple : Cativulcus et Ajnbiorix. « Le premier, 
d^à vieux et cassé , ne possédait plus rien des 
qualités qui l'avaient rendu jadis populaire parmi 
les siens; le second , jeune » actif , joignait au 
courage le plus déterminé un esprit opiniâtre, 
dâiéy et fertile en ruses. De lK)nnc heure les Ro- 
mains avaient distingué Ainbiorix, et César fit 
tout pour so rattacher à Tissue de cette campagne 
on les Adoatikes furent si cruellement traifate : il 
rendit à Amhiorix son fils ot son neveu, détenus 
oomme otages cliez ce peuple; il lui donna en- 
core d'autres marques do sa faveur. Toutefois, 
cette amKié intéressée ne séduisit point le chejf 
Aoron. Plus que tous les autres cliefs patriotes, 
pins qnindutiomar lui-mfime, au fond il haïssait 
les RoroaUis; mais, habile à dissimuler ses sen- 
limentSy il attendit avec patience l'heure favo- 
rable. L'absence de César pendant son impru- 
dente excnrsion en Bretagne, et l'incurie do Lar 
hienuSy lui permirent de se concerter à son aise 
avec les mécontent*» des diverses parties de la 
Gade; il le fit malgré l'opposition de son col- 
Kgne Cativolke, que l'âge et la maladie rendaient 
timide et inonlain. Déjà s'organisait par ses 
loins une vaste oonspiration qui, ayant son foyer 
CD Belgique, s'étendait de là dans les cités du 
centre et de l'ouest , lorsque le retour de César 
en arrêta les progrès. Tout fut conduit avec tant 
de mystère y que non-seulement les Romains, 
mais encore celles dos nations gauloises qu'on 
savait dévouées aux Romains, n'en conçurent 
aucun soupçon. Le Trévire Indutiomar, rentré 
dans ses foyers après réexpédition de Bretaisnc , 
mit au service d' Amhiorix son crc^dit et son in- 
fkttgable activité; il alla trouver Calivolke , l'ai- 



guilkmna, finit par entraîner le vMllard indécis, 
et obtint de loi quil ne s'opposerait pas à l'ar- 
mement en masse des Éburons , et qu'il aiderait 
même son oollè^me dans toutes les ocraidons im- 
portantes. Il fût convenu, entre lesconjnn*âl>t'lp:os 
et armoricains, qu'on attendrait l'arrivée doCt'sar 
en Italie et la dispersion des troup«'» romaines 
dans les quariiers, pour donner le signal i]o la 
guerre et attatpier en même temp^ sur tou<( les 
points. 

Cette vaste conjuration nationale , dont Ain- 
biorix était en droit d'espi'riT la délivrance de 
la Gaule, échoua par la précipitation d(>A Cnr- 
nutes. Leurs mouvements donnèrent Talanme h 
César, qui resta dans les Gaules et envoya <leii\ 
de ses lieutenants, T. Saburius et Q. Cotta, 
prendre leurs quartiers d'hiver dans le fort d'A- 
duatuca, sur le territoire même des Éhiiron^. 
AmUorix, sans se déconcerter, arriva anpK*^ 
d'eux, les assura de son amitié et leur fournit 
des vivres; mais dès qu'il apprit le soulèveinent 
des Camutes, H tomba snr les Romains qui 
étaient sortis pour eouper du bois , les battit et 
les poursuivit jusque dans leurs retrancht^nents, 
qu'à investit; Il ne put toutefois triompher du 
courage des légionnaires. Mais il tenta un auti'e 
moyen : il fit crier aux Romains « qu'il avait û 
communiquer à leurs généraux des choses du 
plus haut intérêt, concernant leur vie et le salut 
de leiur armée. » On lui adressa aussitôt deux 
parlementaires , auxquels il déclara qu'il était dé- 
voué à César; que les Éburons faisaient la guerre 
aux Romains , parce qu'Us y étaient forcés par 
tous les antres Gaulois; qu'il croyait que son 
amitié pour César l'obligeait à prévenir les Ro- 
mains qu'une armée nombreuse de Germains ve- 
nait de passer le Rhin et arriverait dans deux 
jours; qu'alors les Romains seraient écrasés. Il 
les engageait à évacuer le fort d'Aduatuca, leur 
promettant de leur livrer le passage. Les lieute- 
nants de César, effrayés, acceptèrent l'avis tks 
Gaulois , et sortirent de leurs camps sans pré- 
caution. Mais quand ils furent au milieu des bois, 
Amhiorix tomba sur eux et les tailla en pièces. 
Après cette victoire il souleva tous les peuples 
voisins, et alla attaquer le camp de Q. Cicéron; 
mais César arriva à temps pour sauver son lieu- 
tenant. Amhiorix marcha à sa rencontre avec 
soixante mille hommes. Le général romain n'a- 
vait que deux légions incomplètes , et qui ne 
formaient pas sept mille hommes; il eut recours 
à la ruse, affecta d'avoir peur, et se renfenna 
dans ses retranchements. Ambiorix les fit atta- 
quer ; mais les Romains , sortant tout à coup , 
tombèrent sur les Gaulois surpris , les défirent , 
en massacrèrent un grand nombre, et aussitôt 
opérèrent leur jonction avec Cicéron. Cette vic- 
toire effraya la Gaule entière, qui posa les armes. 
Après la défaite d'Indutiomar, Amhiorix fit une 
nouvelle tentative, et parvint à entraîner avec lui 
plusieurs pv'uples; mais cmix-ci furent successi- 
vement vaincus par César, et les Éburons atta- 



311 AHBIORIX 

qués i l'Émprovùle turent dlipenéi; les nw h 
MUrèreot ou food de* Ardconei, le« autres dm 
Im peuples Td*ioi, qui, effnjit des meaaoe» de 
Céaar, leur rdiutreut l'entrée de leur piTi. Am- 
Uorix, De gardut près de lui que quatre uTilien 
dévooés, te tint au milieu des txÀt, doat 11 cod- 
oatsswt Ion* lei détours. Qiuat à Ma coUèf^ 
lerieui Catifolke, malade, infirme, accablé de 
chagrin, bora d'état de tupporter le* ûttigues 
d'une telle goerre on In privationi d'une leUe 
retraite, il mit fin à u fie en buTintnn poiMD 
composé avec le suc de l'ir. Ses demiires paroles 
furent des paroles de douleur et de malédictioD : 
il dévoua à la vengeance du ciel et de U terre 
llwmrae qui était venu troubler te* vieux jours, 
et verser sur sa patrie de si enrojimbles cala- 
miles. 

Le pafsde* Éfauroos foleaTahldelonscMés; 
les Ëburons cernés ftireot massacrés par les Ro- 
mains et par tous les aventuners de la Belgique 
qoe César invita à c^te eipéditioD, en Uvront 
les vaincus corps fi biaa au premier occupant. 
Jamais César ne put s'emparer d'Ambioriï^ Il lui 
échappa , grâce an dévouement de ses quatre 
compagnons et aux faux rapports de set cooci- 
lojrens, qui parvinrcat ainsi à dérober ï la vcs- 
geance romaine l'un des héros de l'indépendance 

<:Bir,il(M(,CaU.,V.S>-ll. -Dhm. I.t'l*. ~ Ftoni, 
III, ». —Ontt.-EcklielDtetr bul, 1. 1, p. 71; VI, k 
~ siDidtc TI1IH17, aut. <ta UaulMt. I. tri. p. M fiioIt. 

*AMHiTBHi (François), littérateur Italien, 
né k Bd^ame vers 1592 , mort le 4 mai 1SI7 i 
Tréri. Il tut recteur de l'école Canobienne à No- 
vaire. On a de loi , entre autres : Dt D. MarUe 
Bomanx virfftnii et martyru laudibus car- 
mina lalina et italiea; Bergame, iei3, iD-8°i 

— À^ti Poetici; Bergame, IBU, in-8*; — 
rotlcinaflonei VlrgUUnue de J. BaplUtaBor- 
romeo; Hovarre, IB31. 

Clin. Stma llOtraria d^tl (crlttori tiraamateàf , 

■iiuiidicin. ScrÙUirt d-ltaila. 

* AMBiTira ( Luciw-TurpU)), célèbre acteur 
romain, soavoit cité avec Rosdos et fsopus. 

actTea,DluiuctTilt, IL- TidV.Df oroUrltau,». 

— SjmlUJIUB, MpUL, J, tt. 

*ÀBBLBTILLK (CAorlu D'), musicien ec- 
déslastiqne , vivait dans la première moitié dn 
dix-seplifane siècle. Il était jésuite de la maison 
professe de Clennont , à Paris. On a de lui : 
1* Oclonarinm laerum, seu eanticum beatx 
Virginit per divenas eceUsix tonos décanta- 
h»m;PariB, 1634, io-i"; — 1" ffamumia la- 
tra, teu yetperx In diet tun daminicos , tvm 
fettoi totivi anni, una cum mlua ae lUaniii 
beatai VirginU, tex voeibus; Paris, 163e, ift^". 

rtUA, »iotraphlt ta MuiMmt. 
AHBLIMOKT ( FcsCBEVBERC , comte d'), 
^néral de la marine française à la fin du dix- 
huitième liécle. Pendant la révotutiou, il entra au 
service de l'Espagne, et tut tué en 179é, dans 
la bataille ob l'amiral lord Saint-Vincait mn- 



- AHBOISE SIS 

porta la victoire, n ft laissé nne nKMfwa xoMfe; 
Paris (Didot jeune), 17U, in-4% Ig. 

AMBLT (CJaiidfr^reiiN-iUUotM.narquIi»'), 
génial flrantals, né i Suanne, boms ^ Cbtni- 
pa^, en 1711, nxut t Bamboorg en 1797. DU 
tontes les guerres que b France sootlnt *MM4t 
règne de Louis XV; aasal MA aommt en 17«7 
maréchal de cunp et oommindeur de Tordre de 
Saint-LouîB. Hais ee Ait OMiiaie dépoté >nx éWt 
généraux qn'Q se simula par mu (^tpmttkm vio- 
lente I toutes lès mesures rérohiUoniiaires. D ea 
vtnl un jour jusqu'à pmoqner m duel Uribeau. 
Aussildt qtris la aetaion , d'Amhly énipa, et, 
malgré aoo tge avanoé, Bt sncow ptodears cam- 
pagnes dans l'armée de Condé. 



■AHBQOiK {Arutor-tf(uimof)i(cA),néd«cli ' 
russe, né «I 1740 t Veprik, vOlage du gouver- 
nement de Pullawa, mort en 1B13. Il élwlh 
d'sbord k l'université de lUev , paie k ItiApilil 
militaire de Saint-Pélersbourg, etsedt recevoir 
docteur A la taciillè de Strasbourg en j77B. U 
devint accoucheur de la bmille impériale, et tx 
i Saint-Pétersbourg des cours d'ohstéhiqoe ei 
allemand et en russe. C'est un des premîat 
médecins russes qui écrivirent en leur langue. 
On a de lui grand nombre de tradnctians oa 
compilations , dont le* principales sont : Vra- 
eheènoe Veeluelteslvoslovie (maUtn médicale); 
Saint-Pétersbourg, 1783,in-B°i — Attatomieo- 
pMtiologlchtuki slovar (Dictionnaire analo- 
mico-phyiiDlogiqiie, en rosse, latin e( fnm^)i 
ibid., 17S3, la-8°i — Ukuulvo Porttuitlfa 
{ l'Art obstétrical ), 1784,ln 8°; — PAi^toyifo, 
1787; — Oftottinlga Botaniki (Éléments de 
botanique), 179fl, in-S°; — Novnii/ BotaHieheskj 
tlovar (Nouv. DicL Botanique); 180C, ifrt*, 
en russe, latin et allemand. 

BntMUiptàêeluiU-lJiiKn, L II. p. 7t. 

&HBOISC (o') , maison noble de France, tiaà 
dénommée d'après la petite ville d'Ambolae, ssr 
les bords do la Loire. Elle se divisait eo quatre 
branches: les seiijucuiii d'Amboise, de Chau- 
moot, de Dussy et d'Aubijoux. Chacane Je ta j 
branches a produit des hommes célèbres, dost j 
le principal est le cardinal George (f Anaonc 1 
Pierre d'Amboise, seigneur de Chaumont, père 1 
du cardinal, fut chambellan sous Chartes VII 
et Louis Xi. Il eut liuil filles et neuf garrots 
de sa femme Anne de Beuif. Des huit filles, l'use 
fut abbesse de Sain te-Ménéhould ; ta seconde, reli- 
gieuse i Fontevrault; et la troi^ènne, prieure de 
Pu! ssy;les cinq autres furent mariées aux premiers 
sogneurs du royaume. Des neul garçons, l'aloè, 
Chartu, fkil successivement gouverneur de Roo- 
gogipie, de Champagne, de l'Ilc-de-Franoe, et conll- 
dent de Louis XI ; Jean fut évéque de Langres % 
.4lnieric, grsud prieur de France ;IouU,évéqne 
d'AIbi; Jeaa, chef de la bnnche de Bussj, 
lieutenant du roi en Nonnandie,- Pierre, évo- 
que de Poitiera; Jncfura, évèqoe de Qermonl; 



13 



AMBOISE 



314 



lugues, tige de la branche d'Aubfjoax, gen- | et de l'antre. La plus grande peine de d'Am- 



Ihomme de Louis XII. Le cardinal George fut 
t deroier des firères, qui tous, comme on vient 
e Toîr, occupèrent les premières charges du 
ijaume. 

AMBOI8B ( George d' ), cardinal'^rcheyèque, 
reniîer ministre de Louis Xn, né en 1460, mort 
25 mai 1510. Dès sa naissance il fttt destiné à 
Ég^se, comme cadet de famille ; il étudia le 
nût canon, et reçut, à l'âge de quatorze ans, 
ï titre d'éyèque de Montauban, grâce au crédit 
ne ratné avait auprès de Louis XI. Introduit à 
i ooor, cet enfant évèque devint aumônier du 
M. « Fort jome qu'il était, dît son biographe, 
sot de bonne heure se contem'r, à l'exemple 
» personnes sages qui parlaient le moins 
l'elles pouvaient, de peur d'irriter un prince 
isai terrible que Louis XI, qui regardait comme 
memis tous les gens qui lui déplaisaient Si la 
mr de ce roi n'était pas une école où le jeune 
câat pM se former à la vertu , il y apprit k bien 
s conduire et à ne parier qu'à propos (1). » 
D'Amboise se lia de bonne heure avec le duc 
Orléans, gendre du roi (le duc avait épousé 
iiniie, princesse laide, contrefaite, soeur de 
tiaries Yin et d'Anne de Beaiqeu ) ; même hu- 
eor, mêmes inclinations, roàne âge, à peu 
i chose près. Après la mort de Louis XI, le duc 
Oriéans et Anne de Beatqeu, quoique toutf 
iox fort jeunes, prétendaient à la régence. Anne 
) Beaujeu l'emporta ; et le duc, ayant vu échouer 
s istrignes, fut obligé de se réfugier auprès 
\ FrançcHS n, duc de Bretagne ( en mai 1484 ). 
'Amboiae persuada alors au jeune roi ( Chai^ 
I vm ) de se laisser enlever, pour échapper, 
nH-fl , au honteux esclavage où le tenait la 
ime de Beaujeu. Le roi y avait consenti; et 
ut était déjà préparé, lorsque le complot (ht 
«ouvert par la trahison d'un courrier. D'Am- 
lise ftit arrêté avec son frère de Buaiy, ainsi 
le le célèbre Ph. de Comines, qui demeura huit 
ois enfermé dans une cage. 
« D'Amboise, mterrogé d'abord par les offi- 
Bis de la métropole de Tours, ensuite par les 
mmissaires choisis dans le parlement , s'il n'é- 
it pës des conjurés, et s'il n'avait pas concouru. 
Etant qu'A était en lui, à faire enlever le roi, 
pondit avec fermeté qu'il n'avait rien fait que 
r ordre, et qu'il s'en rapportait à ce que le roi 
i-méme en dirait. Cette réponse rendait le 
oeès si difficile, qu'on ne songea phis à Tins- 
aire. En effet, que dire et que faire à un homme 
li parlait ainsi? et comment le punir comme 
•npUce d'un forfait dont le roi , qui avait déjà 
x-sept à dix-huit ans, était le premier cou- 
lUe? D'Amboise Ait plus de deux ans en pri- 
ai, resserré plus ou moins, selon que les af- 
ires du duc d'Oriéans allaient bien ou mal , et 
ilon que la dame de Beaiqeu était plus ou moins 
grie par les rapports qu'on lui faisait de l'un 

[I) Legendre, f^ie du cardinal é^AmMu; Aotter- 
iD, flM, lii-f*, p. 9. 



boise , à ce qu'il disait depuis, soit pour faire 
sa cour, soit qu'en effet cela fût vrai ( car il 
était homme franc et sincère ), était moins d'être 
prisonnier, que de ne pouvoir concourir que de 
ses vœux et de ses prières à la prospérité du 
duc. On ne peut dire combien il lui était at- 
taché (1). » 

Après la bataille de Saint-Aubin«du-Gonnier 
( 28 juillet 1488 ) , François n , bloqué avec son 
hôte dans le château de Nantes, fût obligé de 
capituler. D'Amboise , relégué dans son diocèse 
de Montauban , qui était pour lui comme un lieu 
d'exil , fit jouer tous les ressorts pour obtenir 
sa mise en liberté et celle du duc d'Oriéans. Il 
se servit pour cela fort habilement de Tentremisc 
de son frère Louis, évèque d'Aibi, aumônier, et 
du confesseur de la dame de BeauHeu, qui fut sol- 
licitée de toute part, même par sa soeur, la pauvre 
Jeanne délaissée; mais ce qui fit tomber toutes 
les préventions contre le duc, c'est qu'il s'em- 
ploya avec un dévouement généreux à faire con* 
dure le mariage du roi avec la riche héritière 
de Bretagne, la princesse Anne, sur l'esprit de la- 
quelle il avait toute influence, à revint à la coor, 
où fl fut comblé d'amitiés. La faveur du duc re- 
jaillit sur d'Amboise. Ce prélat fut d'abord ar- 
chevêque de Narbonne; puis le siège de Rouen 
étant venu à vaquer, il l'obtint en 1493, à la re- 
commandation expresse du duc d'Orléans, qui 
venait d'être nommé gouverneur de la Nor- 
mandie, n n'est qualifié que de prêtre dans 
l'acte de son élection , ce qui fait voir évidem- 
ment qu'il n'avait été sacré ni évêque de Mon- 
tauban, ni archevêque de Narbonne. Le duc 
d'Orléans le fit nommer en^ême temps lieote^ 
nant général de la Normandie , et se rq>osa sur 
lui de tous les soins de son gouvernement, au 
temporel aussi bien qu'au spirituel. 

« La Normandie était alors dans un grand dé- 
sordre. La noblesse opprimait le peuple; la jus- 
tice n'y était point rendue; les soldats licenciés 
de la dernière guerre y étaient cantonnés par 
troupes dans la plupart des grands chemins. Ces 
bandits, moins formidables par leur courage, 
quelque braves qu'ils fussent, que par leur nom- 
bre et leur fUrrâr, infectaient les lieux d'alen- 
tour, et détroussaient tous les passants. Autre- 
fois on aurait compté parmi les travaux d'Her- 
cule d'exterminer tant de brigands: d'Amboise 
en vint à bout par une sage fermeté, poursui- 
vant vivement les uns et ne leur donnant poini 
de quartier, forçant les autres par la peur, ou 
les engageant par des offres à se retirer de la 
province. £n moins d'un an et demi , il eut l'hon- 
neur et le plaisir d'y avoir rétabli l'ordre et le 
repos , avant que d'être obligé de suivre le roi 
en Italie (2). » 

Lors de l'expédition de Chartes vm en Italie 
( voy, ce nom ) , on reprocha à d'Amboise de 

;i) FU du eardinat d^AmtoUê , p. tt. 
(W IMd., p. la. 



815 



AMBOISE 



S16 



floivre le dac d'OrléanB, aa Ken de oontinuer à 
administrer son diocèse. En noyembre 1494, il 
joignit le duc h Asti, se détactunt de l'année du 
roi pour enyaliir le Milanais , sur lequel il avait 
des droits légitimes du chef de sa grand'mère 
Yalentine de Milan. (Voy. Louis XII. ) Bloqué 
dans Novarre avec son confident, il fut délivré 
par l'arrivée inespérée du roi, qui venait de qnit* 
ter le royaume de Naptos aussi rapidement qu'il 
l'avait conquis. 

La noblesse de la Normandie ivaK profité de 
l'absence de son archevèqueet de son gouverneur, 
pour monter contre eux une forte cabale. Dès que 
le roi fut de retour, les nobles vinrent en corps se 
plaindra de la tyrannie du favori, ijoatant que 
si le roi n'y donnait ordre, il ne serait plus le 
maître de cette importante provbice. La plainte 
était grave, et le roi n'était que trop disposé à 
l'écouter. Il en fit du bruit, sans cependant ft'en 
expliquer ni avec le duc d'Oriéans ni avec d'Am- 
boise. « L'un et l'autre bien avertis tâchèrent unh 
tilement de se justifier, et de ftire voir évidonment 
(ils le pensaient du moins ainsi) que tout oe qu'on 
avait dit au roi n'était qu'une calomnie. La calom- 
nie, même évidente, est tovgoars plus ou moins 
funeste à ceux qu'elle attaque ; et, quelque in- 
nocents qu'ils soient, il en reste toqjours dans 
l'esprit plus ou moins de soupçon contre eux. Le 
roi était si prévenu, que le duc ni d'Amboise ne 
purent le désabuser. Dans cette triste coi^onc^ 
turc, la conscience ne leiur rq[)rochant rien , ils 
se retirèrent à Blois pour attendre tranquille- 
ment que sa colère (tUt calmée. Le but de la ca- 
bale était de foira ôter au duc le gouvernement 
de Normandie, ou d'obliger ce prince à reléguer 
d'Amboise à Ast ; mais peu de temps après les 
choses ayant changé de face , les calomniateurs 
furent trop heureux d'éprouver la démence de 
l'un ot do l'autre, quand , par la mort de Char- 
les vm, le duc Ait devenu roi et d'Amboise pre- 
mier ministre (1). » 

Cet événement eut lieu en avril 1498. Le con- 
fident d'Amboise , devenu roi sous le nom de 
Louis XH, paya, sur ses revemu privés, les frais 
du sacre. « On ne leva rien sur les peuples , ni 
pour cette cérémonie, quoiqu'die eût beaucoup 
coûté, ni pour le joyeux avènement. Cette libéra- 
lité, qui surprit agréablement, parce qu'en pareille 
occasion on avait toujours demandé un don extra- 
ordinaire, fit honneur au premier ministre. Elle 
lui attira la bienveillance du public, et fit croire 
qu'effectivement il était bien intentionné, et que 
l'envie qu'il témoignait de rendre tout le monde 
heureux n'était pas une vafaie promesse, telle 
qu'on en fait pour éblouir dans le commencement 
d'un règne. En effet, dès que Louis XII ftat sacré, 
d'Am|)oise retrancha un dixième de tous les 
subsides. U continua depuis à les faire diminuer, 
jusqnes à ce qu'ils fussent réduits aux deuxtiersde 
ce qu'As étaient; et, quelque guerre que dans la 

(1) f^tê du earMnai d^JmboUê, Ut. I, p. f7« 



suite il eût k soutenir, il ne rétablit rien de tout 
ce que l'on avait ôté (1). • 

Le ministre de Louis XH appUqMa easnite à tout 
le royaume les réformes qu'il avxit d'ahord intro- 
duites dans la Normandie. « Il fit, dit Legendre, 
pour rétablir la discipline parmi les troupes, des 
ordonnances si sévères, il fit exécolef oestigcm* 
reuses ordonnances aveo taat de fermeté , que 
pendant tout son ministère, loin de ae pUdnlrr 
des gens de guerre, les provinoea à l'envi de> 
mandaient qu'on y m envoyât pour j ooosonh 
mer les denréeay qalls payaient a prix raisoih 
nable et en argent eumplànt Les gens de Josties 
étalent d'autres sangsues qui n'avaient pas molai 
dévoré la substance du peuple. Lee procès ne 
finissaient pohit ; la poursuite en coûtait sou\'eiit 
plus cher qu'on n'en retirait en les gagnant avec 
dépens. Le juge, d'hiteUigenoe avec le praticillB, 
multipliait la procédure, même dans les causes 
sommaires, ce qui nfinait les parties en fVais. Oe 
n'était pas selon les lofs ni selon la eoutune 
que les afAùres se jugeaient La prévention ov 
l'hitérèt , et le plus souvent la fkveur, décidait 
des plus difficiles, si fbrt que le nouveau rai, 
qui était juste et équitable , établit à la sntte, 
par l'avis du premier ministre, un tribunal su- 
périeur sous le titre de grand conseil, oft 
l'homme sans protection qui aurait pebie à avoir 
justice, devant les tribunaux ordinaires, contre 
gens d'un trop grand crédit, pût avoir aisé» 
ment recours, et où ses plaintes fhssent jugées 
avec autant de diligence que d'équité. D'A»* 
boise, touché de ces désoi^res, n'ignorant pas 
d'ailleurs que la première fonction des rois eil 
de rendre la justice au peuple , et que le bieu 
do peuple dépend principalement de la hd 
rendre prompte et exacte, résctot fo rt emen t de 
remédier à un si grand mal. Pour cela il Ht 
venir à la cour les juges et les praticiens oui 
passaient pour les plus habiles et les plus intè- 
gres qui fte»ent alors dans le rayamne, afin 
qu'As examinassent, tant en particulier qn'enlre 
eux , ce qu'A y aurait de mieux à faire pour 
abréger les procèa , pour diminuer let finals, pour 
prévenir ou pottf réprimer la corruption des 
méchants juges, pour éluder les ruses du pra- 
ticien int^essé , se réservant à décider sur ces 
différents rè^ements quand ils auraient ëé 
dressés, et qu'As auraient fini uneafifttre desplm 
hnportuites , qui pouvait autant qu'ancune anM 
contribuer au fak de l'État et à la tranquAlHé 
publique (2). » 

Cette aSMn si importante était de fi^re dédi* 
rer nul le mariage du roi avec Jeanne de France, 
troisième fiUe de Louis XI. Moyennant une 
somme d'argent, etqudques conditions stipulées 
en fhvenr de César Borgia, Alexandre Yl ( voff. 
ce nom ) se prêta à toute demande. Le mariagt 
fut cassé , Louis Xn épousa Anne de Br^agne, 



Il ) ric tfn omrâtnml é^AmboUe, Jlb. 1, p. 
(t) /Mtf., Uk I, p. 06. 



S17 



AMBOISE 



318 



Yemre de Gbadries Vin, et son ministre reçut des 
mains de Borgia le chapeau de cardinal. 

D'Amboise continua ses travaux de réforme : 
iJ fit pulilier dans tous les tribunaux ces ordon- 
•aaoet qui servirent longtemps de code national. 
■ H alla lui-même les établir enNonnandie, avec 
le titre effirayant de riformateur général, H n*y 
avait point été depuis qu'il en était gouverneur 
en olief ( honneur qu'il avait reçu dès le corn- 
mMoanent du règne ) , ni depuis quil était car- 
^Smak 6t premier ministre. On ne peut dire avec 
qnelt applaudissements et quelles acclamations il 
ftii reçu. Rouen se surpassa en cette occasion , 
tant il était respecté et aimé. Les habitants lui 
firent une entrée pompeuse; ce fut une espèce de 
triomphe. Ce qu'il y eut de plus honorable pour 
le triomphateur, ce fut l'affeotion des peuples, dont 
let oœors volaient après lui : aussi ne cessait-il 
de fiûre du bien k cette ville. Il venait tout uou- 
veliement d'y foire conduire à ses dépens toute 
l'eau Tieige des environs, et d'élever dans les 
carrefours fX les autres lieux publics ces su- 
perbes fontaines qui y coulent de nuit et de jour. 
Comme sa plus grande passion était de se foire 
aimer, il fut très-sensible aux témoignages que 
lui doonèreot les habitants de Rouen de leur res- 
pectueuse tendresse. Un autre sujet de joie pour 
hd fut de trouver son diocèse en aussi bon état 
pour le ftpiritud que Ton pouvait le souhaiter. 
Ne pouvant résider, il se faisait instruire de tout; 
et la r^wnse décidait de ce qu'il y avait à faire , 
scJoB les cas qui se présentaient. Étant à Rouen, 
il y tint les états de la province, et pourvut sur- 
le-champ à toutes les plaintes qu'on y fit. Il y 
était allé avec un plein pouvoir d'y foire et d'y 
ordonner, comme eût fait le roi en personne (1). » 

Cependant les nouvelles ordonnances avaient 
excité des troubles panni les écoliers et les ré- 
lenta de l'université, qui se disaient lésés dans 
leurs pririléges. « Ce ne furent que clameurs, que 
liidlea contre les ministres, qu'injures contre le 
roi même, qui en fut plus piqué que de l'audace 
ivee laquelle l'université ordonna qu'on n'en- 
seignerait plus à Paris et qu'on n'y prêcherait 
phta, qu'elle n'eût été rétablie dans ses droits et 
les priTîléges. En vùn le parlement enjoignit aux 
réfsents de continuer è enseigner, pas un n'obéit; 
de sorte qoe tout se préparait à une sédition, si 
d'Ainhoise ne l'eût prévenue. Le plus prompt 
remède fut de faire approcliet les troupes. Le 
roi partit de Blois avec sa maison. Sa marche 
répandit l'effroi : autant que la gent scolastique 
avait été audacieuse tant qu'elle n'avait point 
en de peur, autant fut-elle consternée quand eUe 
sot le roi à Corbetl , qui n'est qu'à sept lieues de 
Paris. Les plus mutins s'évanouirent; leur fuite 
ramena le calme; l'université d'elle-même rou- 
vrit ses classes, fit prêcher, et ensuite députa au 
roi. Ses députés essuyèrent de grandes huées 

(f ) Ufeadre, Fié êm i o rié nai iUm^béUêi Amttcrdiai, 
, ttf . II, ^ TB. 



quand ils se présentèrent. Les gens de la cour, 
en ce temps-là, ne sachant la plupart ni lire ni 
écrire, n'avaient pas, pour les gens de lettres, 
la considération et l'estime que ceux-d méritent. 
Les pauvres députés, déferrés par cette avanie , 
ne parlèrent au roi qu'en tremblant, et sans ré- 
clamer leurs privilèges ; ils demandèrent hum- 
blement pardon, tant pour le corps en général 
que pour les particuliers qui n'avaient pu se 
contenir. Le cardinal d'Ainhoise, qui était , disent 
les historiens, l'Ame et la langue de Louis XD, 
répondit que Tuniversité avait d'autant phis de 
tort, que si on lui avait ôté une partie de ses 
privilèges, elle ne devait s'en prendre qu'à elle- 
même , qui avait continué à en abuser, quelque 
avis qu'on lui eût donné de se corriger ; que le 
roi, par bonté, voulait bien oublier les insolences 
des écoliers, les emportements des régents, et les 
injures atroces que les uns et les autres avaient 
vomies contre lui. « Oui, dit le roi, frappant sur 
sa poitrine, ces insolents m'ont injurié jusque 
dans leurs sermons ; » mais que s'il arrivait, con- 
tinua d'Amboise, qu'ils manquassent à l'avenir 
de respect pour Sa Majesté ou de soumission à 
ses ordres , il n'y aurait plus de pardon ; et qu'a- 
près avoir éprouvé la clémence d'un si bon prince, 
ils ressentiraient aussitôt toute la rigueur de sa 
justice; que le roi ainuUt les savants et les pro- 
tégerait toujours, tant qu'ils ne s'en rendraient 
pas indignes; du reste, qu'il aimait mieux qu'il 
y eût à Paris moins de régents et moins d'éco- 
liers, pourvu que ceux qui y seraient fussent 
plus soumis et plus sages. L'um'versité profita 
de ces salutaires avis ; et lorsque quelques jours 
après il parut un nouvel édit qui confirmait les 
ordonnances, lesquelles avaient causé le trouble, 
pas un écolier ni régent ne fit le moindre mou- 
vement (1). » 

L'ordre étant rétabli, Louis XII, toujours 
d'accord avec son ministre, reprit son projet de 
mise en possession du Milanais. Avant de partir 
avec le roi pour l'Italie, le cardinal s'était fait 
donner par Alexandre YI le titre de légat à ta* 
tere, avec les immenses prérogatives qui y sont 
attachées (2). Tenant beaucoup à cette digfiité 
pour avoir plus d'autorité sur les couvents indis- 
ciplinés, il se la fit renouveler, plus tard, i)our 
un temps indéfini. Mous n'entrerons pas ici dans 
les détails de ces guerres d'Italie, qui cui*ent 
pour résultat la conquête du Milanais, de Gênes 
et d'une partie du Piémont. (Voy. Lotis XII, 
AuBiGifï, TarvuLCE, GiÉ, Alexaîîdre VI, Jc- 
LES n, Sforce). Tant que les troupes françaises 



(1) f'U du cardinal d'jévtboiâe, li?. II, p. 79. 

(I) Les légats, bien différents des nonces et desi aulrei 
envoyés, étaierû les déléRUë^ du pape : Ils posr.édalent la 
plénitude du pouvoir aposlollcfiie ; lis avalent le droit de 
donaer des dlsipenses et des indulgences pléniôrcs , de 
faire porter processionneliemcnt la croix et la bannière 
devant eux, de lever des impôts sur H clergé ( ee qui 
IM blMlt détester), et de réforner les ordres mooas- 
Uques. Bnfln , d'Amboise , comme légat , était pape en 
France. 



310 



AMBOISE 



330 



occupaient lltalie , les Italiens se montraient 
humides et soumis; mais dès qu'dles ayaient le 
dos tourné, ils secouaient le joug et fomentaient 
de nouveaux troubles, excités tantôt par Tem- 
pereur, tantôt par le pape, quelquefois par tous 
les deux à la fois. Les serments, les protestations 
de fidélité et de soumission aux pieds du yain- 
queur présent n'étaient qu'un moyen de mieux 
tromper le yainqueur absent. Les Suisses ser- 
Taient pour de Tardent tous les partis : malheur 
h ceux qui les payaient trop mesquinement I Tout 
cela était entremêlé d'intrigues dont les trames 
échappaient quelquefois aux plus clainroyants, 
mais qui toutes avaient leur source dans les vices 
du cœur humain. Voilà le tableau de ces guerres 
de l'Italie, dont Guicchardin a été Téloquent nar- 
rateur. 

Les sages institutions que Louis Xn introduisit 
dans le Milanais auraient dû lui gagner l'afTec- 
tion de ses nouveaux sujets. « Par le conseil de 
d'Amboise, le roi fonda à Milan une chaire de 
théologie, une de droit, une de médecine, et y 
attira par des honneurs et de gros appointements 
les plus célèbres professeurs. D'Amboise y fit 
établir un sénat déjuges choisis, qui rendissent 
la justice sans délai, sans frais, sans faveur. Il 
fit diminuer toutes les impositions d'un quart; n 
mit peu de troupes dans les places , de peur de 
fouler le peuple; et, pour contenir ces troupes, 
il recommanda aux officiers de leur faire garder 
et de garder eux-mêmes la plus exacte disdplme. 
£nrm, croyant qu'un homme du pays, homme 
de réputation, de mérite et d'expérience, y serait 
beaucoup plus aimé, mieux obéi, plus respecté 
que ne serait un étranger, il persuada au roi de 
donner le gouvernement de Milan et tout le duché 
au maréchal Trivulce, en lui associant, dans le 
commandement général des armes, le brave 
Stuartd'AubignyO).» 

Mais k peine d'Amboise avait-il repassé les 
monts (en 1500), que le même Sforze, que les 
Milanais avaient abandonné à l'approche des 
Français, Ait accueilli comme un libérateur. Côme 
et Belliiuona reçurent ce duc avec de grandes 
acclamations; les bourgeois de Milan prirent les 
armes en sa foveur, et Trivulce eut h peine le 
temps de se réfugier dans le château pour échap- 
per aux assassins. D'Amboise partit avec le ma- 
réchal de la Trémouille pour chAtier les rebelles. 
Sforze fut arrêté par ses propres soldats et livré 
aux Français le 10 avril 1500. « Les bourgeois 
de Milan, qui, la veiUe de cet événement, s'é- 
taient vantés d'enlever Amboise dans Verceil, lui 
députèrent le lendemain pour demander miséri- 
corde. D'Amboise, sagement fier, ne répondit à 
leurs prières que par un regard sévère, et lais- 
sant ces rébefles dans la crainte plus que dans 
l'espérance. H alla loger à Milan, non dans le 
palais ducal, comme on l'en avait supplié, mais 
au château, d'où ces séditieux n'avaiôitpa chas- 



(1) FU d« cœrdinai d^JmboUe, l II. p. M. 



I 



ser les Français. Les canons en étaient braqués 
du côté de la ville, comme si on se fût préparée 
U réduire en pousàère. Les bourgeois, ooDsteniés 
de cet épouvantable appareil, firent dfae à d'Anh 
boise qu'ils remettaient leur vie et leurs biens à 
sa discrétion; et pour obtenir grAoe , hommes, 
femmes et enfants, les uns en habits de deofl, 
d'autres en habits de pénitent, tous fondant ei 
larmes, coururent se jeter k genoux deivant la 
porte du château , criant d'un ton lamentable : 
Grâce, grâce! miséricorde! Le bmit S'était ré- 
pandu qu'A en allait sortir des troupet, le flam- 
beau et le sabre à la main, pour mettre à feu et 
â sang toutes les rues des environs; en mène 
temps , d'autres troupes venues du camp sacca- 
geraient le reste de la ville. 

« Le dessein de d'Amboise était de faire am 
Milanais plus de peur que de mal : cependant, 
sans paraître plus disposé à se laisser flécUr, il 
leur fit dire, pour réponse, qu'ils eussent à le 
trouver le jour du vendredi samt dans la cour 
de l'hôtel de ville, pour y entendre leur sentenee. 
On ne peut exprimer quelle peine il se donna et 
quel soin il prit, enattendîuit le jour fotal, pour 
empêcher les gens de guerre de pUler cette gnoide 
ville, n fût sur pied trois jours et trots nuits, 
faisant lui-même la ronde pour tenir en lespeel 
les soldats et les officiers. Le vendredi saint, les 
gentilshommes, les citadins et le mena people 
de Milan se rendirent à l'hôtel de ville, non en 
foule et en confusion , mais en processions, dis- 
tinguées par leurs étendards, et composées de 
femmes et d'hommes choisis de tous les états; 
devant les pères et les mères marchaient ks 
petits enfants , pour attendrir d'Amboise, qd, 
d'une fenêtre du château, vit filer ces proces- 
sions. Pen après. Il se mit en marche, en gnnd 
habit de cardinal, sa croix portée devant lui. Sa 
marche fbt un triomphe, ayant pour cortège toolB 
la noblesse de l'armée, et un monde Infini de gens 
de toutes les sortes qui le suivirent à l'hôtel de 
ville, où la plupart ne purent entr^. 

« Au fond de la cour de ce superbe bâtiment 
était im amphithéâtre, et au mflien de l'amphi- 
théâtre un trône où s'assit d'Amboise, ayant â 
ses côtés les principaux officiers de la guerre et 
de la judicature. Les gentilshommes, lesdtadîBS 
et le menu peuple de Bfilan, qui étaient rangés 
dans U cour, se prosternèrent quand fl parut, et 
demeurèrent à genoux pendant la longœ ha- 
rangue que leur orateur prononça, la tête nue et 
à genoux, pour demander pardon du passé etpoor 
promettre en leur nom qu'ils seraient fidèks à 
l'avenir. Cet orateur ayant dté l'exemple de saint 
Pierre, et dit que la chute de cet apôtre avait 
rendu sa foi plus ferme, le cardinal l'interrom- 
pit, disant d'un ton de menace : « Saint Pierre 
rem'a trois fois son mettre; mais s'il arrivait qoe 
ce peuple, après ce qu'A vient de fahne, retombât 
dans la même faute, il n'y aurait plus de pardon: 
Milan serait rasé jusqu'aux fondements, et tous 
les habitants seraient sans miséricorde passée an 



321 



AMBOTSE 



333 



fil de répée. Ces paroles, quoique fulminantes, 
laissaient pressentir que, pour cette première 
fois , il y ayait lieu d'espérer que le roi leur 
pardonnerait. En effet, dès qu'un autre haran- 
gueor, qui parla par ordre de d'Amboise, leur 
eut reproché, par un discours aussi majestueux 
que piquant, leur infidélité et leur inconstance, 
d'Ai]âx>ise, âeyant sa voix, leur pardonna au 
nom du roi. Alors la cour retentit de cris de 
joie et d'allégresse; hommes, femmes et enfants 
crièrent à Fenri : Vive la Frantel vive le roi l 
vive le cardinal^ qui assure nos vies et nos 
biens ! Les processions le reconduisirent au chA- 
tean arec de grandes acclamations, le peuple 
jetant den fleurs par toutes les rues où il passa. 
II y a peu d'exemples i'une amende honorable 
d'tan si grand éclat (1). » 

Le cardinal fit metb« des troupes dans toutes 
les places fortes, eut toiqours une armée sur pied 
pour tenir les Italiens en respect , remplaça le 
marédial Trivulce, gouverneur du Milanais, par 
Chaumont d'Amboise, son neveu; et, après 
aToir ainsi pacifié le pays sans coup férir, il 
revint en France, où il fut, pour les courtisans , 
tour à tour un objet d'adulation, de haine et de 
jalousie; mais, fort de l'afTection hialtérable du roi, 
cet ikabfle ministre triompha de toutes les cabales 
qa'on avait montées contre lui, et dans lesquelles 
le marédial de Gié et la reine eUennéme avaient 
trempé. 

On a reproché au cardinal d'Amboise le traité 
de Bloia (1503), par lequel le conseil du roi 
démanbrait et détruisait d'un coup de plume la 
monarchie française. Par ce traité , le roi don- 
nait la seule fille qu'il eût d'Anne de Bretagne 
an petit-fils de l'empereur et du roi Ferdinand 
d'Aragon, ses deux ennemis, à ce même prince 
qui lut dqwis, sous le nom de Cliarles-Quint, si 
terrible à la France et à l'Europe. Mais ce traité 
était en grande partie l'œuvre même d'Anne de 
Bretagne, à laquelle le roi ne savait rien refuser. 
puis le cardinal parvint lui-même à le rompre , 
après avoir assuré la succession intacte sur la 
tète de François , duc de Valois , fils du comte 
d'Angonlême, et avoir employé les députations 
des villes à vaincre l'obstination de la reine. 
La plus grande faute que l'on puisse reprocher 
an cardinal d'Amboise , c'est , non pas d'avoir 
en l'ambition de devenir pape ( ambition bien lé- 
gitime), mais de l'avoir laissée paraître. Ce fut là 
le point liuible que ses ennemis avaient su habile- 
ment exploiter. Après la mort d'Alexandre VI, il 
aorait vu certainement ses voeux accomplis, s'il 
avait été moins crédule et plus hardi. Il avait 
des trésors ; les troupes qui devaient aller an 
royanme de Naples étaient aux portes de Rome. 
Mais les cardhianx italiens lui persuadèrent 
d*éloigner cette armée, afin que son élection 
(car il se croyait sûr d'être élu ) parût plus libre 
et en fltt pins valide. H l'écarta, et alors le car- 

(1) F'Uém cardinal tPÂmboisê, llr. II, p. lis. 

nomr. aioca. uKrvaas. — t. u. 



dinal Julien de la Rovère fit élire Pie ITI , qui 
mourut au bout de vingt-sept jours. Ensuite ce 
cardmal Julien devint pape lui-même sous le 
nom de Jules n. Cependant la saison pluvieuse 
empêcha les Français de passer assez tôt le Ga- 
rillan , et favorisa Gonsalve de Cordoue , qui 
reprit Naples. Amsi le cardinal d'Amboise perdit 
à la fois la tiare pour lui, et Naples pour son roi. 

Au commencement de 1504 , la famine et la 
peste (nom impropre que les chroniqueurs don- 
nent è toute épidémie) désolèrent la France. 
« D'Amboise donna de si bons ordres pour faire 
venir du blé des pays étrangers, pour faire oo^ 
vrir les greniers des gens qui en avaient caché, 
pour faire semer de menus grains dont le peuple 
pût se nourrir, qu'on souffrit peu de la fiîmine. 
La peste fut violente, mais elle dura peu. Site 
mal fut grand , le remède fut prompt, par len 
secours continuels que le ministre envoya aux 
lieux infectés, et par les précautions qu'il prit 
pour en préserver ceux qui ne l'étaient pas. On 
ne peut dire combien il s'attira de bénédictions 
et de louanges , en faisant cesser par ses soins 
ces épouvantaUes fléaux (1). » 

Après la mort de l'archiduc Phflippe, fils de 
l'empereur Max|mflien et gendre de Ferdinand, 
roi d'Aragon , ces deux souverains prétendirent 
tous deux à la régence de la Castille. Le cardinal 
d'Amboise, choisi pourjugedcleur contestation, 
prononça en faveur du roi d'Aragon , ce qui 
ajouta encore à la haine que lui portait Maximi- 
Uen depuis la rupture du traité de Blois; mais 
cette haine n'était pas bien redoutable , car l'em- 
pereur n'était pas assez riche pour payer des 
troupes nombreuses. C'est ce que n'ignorait pas 
le ministre de Louis XII, depuis longtemps noté 
sur le Livre rouge de Maxinûlien. 

Ce fut en revenant de l'Italie , où les Génois 
rebelles venaient d'être châtiés , que le cardinal 
tomba malade, et mourut, à l'ftge de cinquante 
ans, h Lyon, d'une goutte remontée à l'estomac. 
Le roi lui fit faire des obsèques magnifiques. Le 
cœur et les intestins du cardinal ont été enterrés 
à Lyon dans le couvent des Célestins, tandis 
que son corps fut transporté avec pompe et en- 
seveli dans la cathédrale de Rouen, où l'ar- 
chevêque, neveu du cardinal, lui éleva en 1522 
un magnifique monument en marbre. 

On raconte que le cardinal ministre répétait 
souvent au frère infirmier qui le servait dans sa 
dernière maladie : « Frère Jean, que n'ai-je été 
toute ma vie firère Jean I » — « Le cardinal 
d'Amboise, dit l'abbé Bérault, sans avoir au 
degré suprême toutes les vertus qui ont signalé 
les évêques du premier âge de TÉglise, en eut 
toutefois qui dans tous les temps feront désirer 
des prélats qui lui soient comparables. H réunit 
d'ailleurs toutes les qualités sociales et politi- 
ques qui font les mim'stres et les citoyens pré- 



(1) Ugeodre, F'iê du cardinal d^Âmboise, III, 
P.1M. 



11 



828 



AMBOISE 



8S4 



cieux. Magnifique et modeste, libéral et économe, 
habile et Trai , anau grand honune de bien que 
grand homme d*Étaf , le conieU et Tami de mm 
roi , tout dévoué au monarque et trèa-z^ pour 
la patrie, ayant encore à concilier les de?oirë de 
lé^t du saint-siége avec les privUégea et les li- 
bertéft de sa nation, les roÔ0tioo# palemelles 
de l'épiscopat avec le nerf du gouvernement» et 
le caractère même de réformateur 4w ofdres 
fdigieax avec le tumulte des Mûrm et I4 ^fi- 
siphon de la cour ; partout il fit le bifin, réfomia 
1m abus, et captiva let cœurs avec Tefttime pu- 
blique. » 

Pour bien juger le cardinal d'Amboise, qui fut 
somommé le Père du peuple (titre qu'on dori- 
DAit aussi k Louis XH ) , il tuai Hre ses lettres 
au roi Louis XII, publiées à BruxeUes, 1712, 
4 vol. in-12. F. H. 

Legendre, f<« du eardifud d'jémboimt Boaen, ITM, 
to-*:'-UUr0t du eardinal d'JwtboUé à Louis IH, 
1711 . 4 ?ol. lo-lS. -> Btrriére de V1|B|U»c , Éloge 4$ C. 
d'ÂmboUe, dans Éloge» acad.^ 1806, iD*9*- — Goyon 
d'Arsae, Éloge du eardinal d^AwUnitB. — DietUmnaire 
4e Peller. 

ÂHBOiSB , nom d^aa[le Ikmiile bourgeoise de 
la petite ville d'Amboise. Ses membres les plus 
célèbres sont : Adrien, évéqne de Tréguier, mort 
ea 1616, auteur dWe tragédie, Holo/erne, 
Paris, 1580; François et Jacques; tous trois 
fils du chirurgien Jean d'Amboisb. 

AiiBOiSB ( François o* ) , littérateur français , 
■é à Paris en 1660, mort en 1620. U était fils 
de Jean d'Amboise, chirurgien du roi. Chartes TX 
le fit âever à ses frais. H enseigna d'abord les 
belles-lettres an collège de Navarre, puis se fit 
avocat, et accompagna Henri Πea Pologne. De 
retour en France, il fut nommé successivement 
maître des requêtes et consoiller d'État Nicéron 
(tome XXXin) a donné la liste des ouvrages 
d'Amboise , dont voici les prindpaux : Notable 
discours, en forme de dialogue, touchant la 
vraie et parfaite amitié, traduit de l'italien 
de Piccolomini; Lyon, 1677, in-16; — Dialogue 
et Devis des damoiselles , pour les rendre 
vertueuses et bienheureuses en lavrayeetpar* 
faite amitié; Paris, 1581 et 1583, in-16; — 
Regrets facétieux et plaisantes harangues, fu- 
nèbres sur la mort de divers animaux , tra- 
duit de l'italien d'Ortensio Lando; Paris, 1576, 
in-16 , et 1583, in-12 : ces trois ouvrages ont été 
publiés sons le nom de Thierry de Tymophile, 
gentilhomme picard ; — ics Nécpolitains, comé- 
die française fort facétieuse, sur le sujet (Tune 
histoire d'un Espagnol et un Français; Paris, 
1584 , in-1 6 ; — une édition des œuvres d*Abailard ; 
— Désespérades, ou églogues amoureuses , 
èsquelles sont au vif dépeintes les passions 
et le désespoir d'amour; Paris, 1572, in-8**. 

Bayle. Dictionnaire erUiçue,, — Nicéron, Mémoires . 
t XXXlll,^St9. 

Amboise (Jacques d' ), en latin Jacobus Am- 
hosianus, chirurgien français, iport en 1606. 
rvtait le pln< jouiic fies îils de Jean d'Amboise^ 



chirurgien sous Charles IX et Henri m. 11 suivit 
la profession de son père, ss fit Ueai«ii «n mé- 
decine, et devint , en 1594 , rscteur de U ^- 
culté de Paris. « Pans le même temps , dit Ba- 
ïoo, l'université avait k combattre dl^ rivanx 
formidables, les plus puissants qu'oUi» ait jamais 
eus ; d'Amboise possédait las armes d« T^loquen- 
ce; il s'en servait utilement m pl«u) pAriwMot, 
contre les jésuites. Après avoir servi glorieme- 
ment la patri» et l^varsité p«mlMil le temp* 
dHui rectorat si critique, il Ait proclamé doeteor 
en médecine en 1694 , par ^artbélemi Perdol- 
eis. En 1606, régnait à Paris une maladie pes- 
tilentielle; il parait que d'Amboise rooorat4e 
cette maladie ^idéroique le 80 aofit de la mêiqe 
année, après avoir perdu s^ fils. » 

On a de lui : Venx seeiio arihriiidi pur§ih 
tione commodior; Paris, 1604, iorfit; r- Ora- 
tiones duœ in senalu habUm pra univertit 
Academiéo ordinibus, in Clasomontenses , 
qui se jesuiias dicunt; Paris, 1604, in-iS. 

Hazoo, Noliee des homvtes tes plus eeliltres de la/a- 
eulté dePqris, p. SS. —Jmmalde Henri iK L III,p.lfl. 

JLMU01SK( Michel 0'), littérateur français, dit 
le seigneur de Chevillon, et surnommé VEsciope 
fortuné, né à Naples vers le commencement du 
seizième siècle, mort en 1647. H était EU nahi- 
rel de Charies-Chaumont d'Amboise, amiral 4t 
France et lieutenant général du roi en Lomba^ 
die. Voici la notice des ouvrages qu'il a laJMés, 
et qui n'ont plus maintenant d'autre mérite que 
celui delà rareté : i^ les Complaintes éê f A- 
clave fortuné, avec vingt épitres eê twente 
rondeaux d'amour; in-S" goth., Psapis, saas 
date; — 2" la Panthaire de VBselaœ for- 
tuné, etc.; ln-8* goth., Paris, 16a0( -^3»itf 
Bucoliques de frère Baptiste ManUman, 
nouvellement traduites du laiin en rim 
française; in-4« goth., Paris, 1630; — 4«fel 
cent Épigrammes, etc.; m-8*, Paris, sans date; 
— 6" les Épitres vénériennes de PMselate 
fortuné, privé de la court d^amour^ etc.; !■-«• 
goth., Paris, 1632, 1634 et 1636; — eP U 
Babilon, autrement la Confusion de VBscUm 
fortuné etc.; in-8» goth., Paris, 1686; — 
7* les Contre-Épitresd'Ovide, etc.; in-«^, Pam, 
1541, et ibid. 1546, hi-16; — 8* /e $eer^ 
d'amour, où sont contenues plusieurs leUref, 
tant en rithme qu'en prose, etc.; 1b-8*, Paris, 
1541 ; — 9» Quatre satires ( les 8% 10«, f V et 
13*) de /uv^na/ , translatées «a français, ete.; 
hi-18, Paris, 1644; — 10" enfin, ie Bis ée 
Démocrite et le Pleur d^ Heraclite , phitosO' 
phes, sur les folies et misères de ce monde, 
traduit deTiUlfen d'Antoine Philéréroo Frégoio, 
et interprété en rime françiiise; in-8*, Paris, 
1547, in-16; Rouen, 1550. Michel d'Amboise est, 
en outre, ^'auteur du Blason de la dent, qui 
se trouve dans le recueil intitulé Blasons ana- 
tomiques des parties du corps féminin , etc.; 
in-16, Lyon, 1530. 

u CroU du Maine cl de Qoujet, DibUotkéquêt /rtm- 



(aiM, t. X. - Hor^rl , Dittlmuuitrt. - :ric(niii . Mt- 
■oirri.HïXIlI.p.m. 

AMBa& (Frwçoit a'), auteur comiqui; ita- 
tim, natif de Florence, mort k Rome en 1558. 
II desceodsit d'une noble Tamitle norenline, et 
«n 1549 dfTinl consul de l'Académie de PIo- 
reoce, ob il Gtdes cours publics. Onadelui; 
H Porto, eonaaedla { en prose. ) ; Florence, 1 560 
et lS9«,ln-S*; Venise, I5fli et 159fl, in-ii; — 
la T^anatia (1) Icommedio in verst tcioltl) 
atn glUnlfrnùitj di Qfo-Ii^t. fini; Florence, 
1561 et l593,in-B*iCfttcpièc« fut jouée aux l£tes 
mpdaiet de François île Miklicis fI de Jeanne 
d'Autriehei— /. ilernnrifi, eommediaijiversi 
idolti; Florence, 1563 et 1564, ia4°. 



AMKHOGi {Anlwne-ilaTie), lilblialcur ila- 
Iiea,né i Flonnce en 1713, mort A Rome ea 
I7B8. Il entra du» l'ordre du Jéuiile.s, «t pro- 
feua padant trente ans la rhétorique et la poé- 
Hie an eollegio Romano. On a d'Amtirogi : une 
tradiMdiMi, en fera blanu ou icintli, des Œuvrea 
i\e Virgile, publiée paiu- In première Toia i Rome 
do 1751 k 1761, en quatre vol. jn-tt, et réim- 
prhnte masiiflquement dans ta même ville, da 
1763* 1766, en 3 vol. in-rol. ; — une traduction 
daa âmti élégants petits poèmes de Noceti , dé 
IrideHda ^uroroboriu/i; Florence, 1754; — 
oactraduetiaB der^fsirïde Voltaire, tbid., 1740: 
ce Ait le pftinde de sa collectioo des Tragédie 
dtl tig. VoUalr» adatt/il» al tiso dtl Ttatro 
Ualiano; Ftoraice, 1751, 1 toI. in-ll; ces Ira* 
^iea aont Zaïre, Mahomet, Brultu, la Mort 
i* Céaar, tfarianne, Mérope et Sémirantis. 
Psimï ses Hitres écrits on remarque des traihic- 
GvM des LÊttret choUIti de Cicéron ; Rome , 
1710, et de rfflifoir« du Peln^ianlsme doii- 
4itaPBtooniel; — nudiscoora latin in £fer/fone 
JMepàt II, Komanonim regiSi Rome, 1704, 
b4*) — il Ragguoglin Ularlen dalla vita, 
iW4 tt morte dtl F. Marcello Prancttco 
tefrUA; Floresce, 1749; — Mutsmm Kir- 
<la'iaiitini,'RoinB, 1TB5, 3 vol. ia^ol. C'est 
w deaerii^on du HtwSe de Kircher dool Am- 
higi avott été diredeur pendant qui^jques an- 
**. L. J. 

TiMUo.fltOfr. ilivIiJlalMWtlIUilrJ, 1. 1, ;. iu.iu. 

'UBEOSI (Domenico degti), suntomnié 
KclcAlo M Brizio, peintre ilaÛcn, jialif ds 
lUi^w, Tirait dans ta dix-acptiÈme siècle. Il 
toâAve deBaldi, Je Calvartctde II ri ùo. Ses 
ItiBdpaax ouvrage» uuit des paysages, des 
Atsqusa et des ornements d'architecture. 

Hiifub, Ptliiiia»itt -VvUci,lcPitHtrisrta.tur. 

'iHSBOGio (Jean), peialra et sculpteur 
lonutin 4« quatonibne viMe. Tl Ait eoroté 
ea 1370 dans la compagnie des peintres, et 
«lérata, pogr l'égliie Swta-Moria del Fiora 
(Eatbédmie de Flaranca), pliuieiura ouvra^^ 
qui Q(it étii iHna». 
,11 et non CiVaaara oiana an l'i Uaprtm». 



ttMmccl, Nelia* i^froftiinrl dfl aucgiio da et- 
aa«w,cIr,vnL IV. 

ANBKOGio ou AMPROaiO ( Thésée j, \kéo- 
]afien et orientaliste italien, né prËsde Pavie en 
14S9, mort en 1540. 1) manirL-sta debonni; lietire 
de rares dlf^pasitiona pour In linguistique. Après 
aviùr ëtiiilié les lettres il Milan, il revint dans sa 
ville natale, s'; appliqua k U jurisprudence, et 
re^ut à ilix-ncur ans te litrp de docteur. II allai' 
être appelé it un poste diplomatique imporlaqt. 
kiraqu'il se fit admettre panni les clianoines 
ré^en (je Sainl-Jean de Latran. Il s'adonna 
dès lora 4 la tbéologle, et pendant lingt ans il 
prâcha dans diverses localités. En 1511, il assista 
i l'ouvertore dq concile de Latrap. Ti s'y trou 
vaitdes Étliioplms, des Syriens et des Maronites, 
qui, ayant demanda l'autorisation de célébrer la 
messe dans leurs langues respectives, ne l'obtin- 
rent qu'après t'ùiainen de leur liturgie par Am- 
bro^o, commis ï ceteTTet par le cardinal San- 
tacroce. Appelé par Léon H k occuper k Bologne 
lachôirede syriaque etdechaldden, il contribua 
à répandreen Italie le goQt àei langues orientales. 
Il préparait une édition du psautier en chaldeen 
et un traité sur te.s {diomej sémitiques, torsqu» 
Pavie, où jl vivait retiré, tomba aux mains des 
Français : tous les matériaux qu'il avait rassero- 
blés Turent dispersés ou détruits. Il ne retrouva 
que son Psautier cDl534,chei un marctiand de 
IVomage. AVenise, ilse lia d'antitié avec l'orien- 
taliste Guillaume Postel. De Venise 11 alla i 
Ferrare, où i) publia son principal ouvrage sous 
le Utre : Introductlo Ifi Chaldalcnm (iiiguam, 
Syriacam alque Armenicam et decrm. atiat 
HnSWM ; dùtracterwn d\ffer'nt\uta Alpha- 
bets cireiter quadraginta et forvmdem In- 
vicein cot\formatlo. Mytliea et eabalùtiea 
quamplurima tcitu dlgna, etc., 1539, in^°. 
On doit encore i Ambn^o une édition des Dl>- 
cours de Catisto de Plaisance sur le propbèti! 
Hasai. V. R. 

AMBBOIHB, Aaaaosim (saint), un dns 
grands hommes du cbristianiatne d'Occident, 
naquit en 340 à Trêves, dini la palais de son 
père, préfet du prétoira de la Gaule méridionab. 
C'était te temps oii la religion chréUenna, nul- 
tresse des âmeii , fi'emparait des lois et du pou- 
voir. Tendant à devenir l'unique inaplratian de la 
société romaine, où toute autre force avait péri, 
elle entourait, pénétrait de toutes parta ealle 
société, loi enlevait ses grands boromca k me- 
sure qu'ils paraissaient, diangeait pour eux la 
but de l'ambition, la vocation lics grands tra- 
vaux, et mettait in.sensibleinent partout l'Église 
au lieu de l'empire. La lutte intérieure des sectes, 
les combats de l'armniime contre la foi de ?ii- 
cée, n'arrêtaient pas ce mouvement : an con- 
traire, l'esprit religieux grandissait par sea di- 
visiims; il ne laissait nulle part hors da aoi 
d'intérêt suffisant [lour une tme élevée. Il en- 
traînait dans un des temples rivaux toutliDmme 
11. 



327 



AMBROISE 



83S 



puissant par la conTictîon et la parole, et reje- 
tait aa second rang les dignités de la politique 
et de lagoerre. Ainsi mourait l'empire; ainsi s'é- 
lerait l'élise. 

Dès lors rien de plus simple et de phis con- 
forme au temps que la destinée d'Ambroise. Sa 
mère était vouée avec ardeur an culte chrétien ; 
sa sœur reçut le vofle religieux des mains du 
pape Libère. Lui-môme , pénétré de toutes les 
idées chrétiennes sans aroir encore reçu le 
baptême, les appliquait, avec le zèle d'une âme 
vertueuse, à Tadministration qui lui était confiée 
sous Pétronius Probus, préfet dltalie et d*lllyrie. 
Quelques années après, nommé consul par Va- 
lentinien, et chargé, à ce titre, du gouvernement 
de la Ligurie et de la province Émilia, fl reçut, 
en partant, cette instruction : « Allez, et agissez 
non pas en juge, mais en évéque; c'est-à-dire, 
modérez la rigueur des lois romaines; point de 
tortures et de condamnations à mort; soyez 
indulgent et secouraUe au peuple. » Que l'on 
compare ces formes nouvelles de gouvernement 
à l'idéal même du proconsul romain dans la Vie 
d'Agricola, par Tacite; et on concevra la salu- 
taire modération que la réforme chrétienne im- 
primait au pouvoir. L'fanagination des peuples 
était frappée de cette Influence, dont ils sentaient 
le bienfait ; et ce bienfait expUque la manière sou- 
daine d<Hit Ambroise, de préfet, devint évéque. 

Milan, capitale de la province, était divisée 
entre la foi de Nicée et le symbole d'Arius. 
L'archevêque Auxence appartenait h la secte 
arienne. A sa mort, en 374 , les deux partis se 
disputèrent virement l'élection. La ville était en 
feu ; on était prêt à se battre dans l'église, où le 
peuple venait voter, selon l'usage. Ambroise s'y 
rendit, et d'abord parla comme un magistrat, 
pour le maintien de l'ordre et de la paix publi- 
que. On lui répond par le cri, Ambroise évéque I 
qu'un enfant, dit-on, prononça le premier. Ca- 
tholiques , ariens , acharnés l'un contre l'autre , 
se réunissent dans ce vote par un accord qui pa- 
rut un miracle. C'était l'onivre des vertus d'Am- 
broise, de sa renommée de justice et de douceur; 
et puis ce magistrat dvfl, qui n'était encore 
que catéchumène et semblait impartial entre 
les deux sectes , devait être préféré par chacune 
d'eOes. 

Ambroise, assez pieux pour être efTrayé de l'é- 
piscopat, se refuse aux vœux du peuple, et sort 
aussitôt de l'église. Il retourne à son tribunal; il 
veut même, par l'emploi d'une sévérité qui ne 
lui était pas ordinaire , se montrer indigne des 
fonctions d'évêque. Pour la première fois, or- 
donne la torture contre des accusés. Le peuple 
étonné devine cette ruse d'humilité, et s'écrie 
en tumulte : Nous prenons ton péché sur nous i 
Ambroise retourne à sa maison, et, par un nou- 
vel et singulier artifice, il y fait venir des pros- 
tituées. Mais le peuple le devine encore, et s'é- 
crie : Nous prenons ton péché sur nous I Enfin 
fl s'échappe dans la nuit, et sort de Milan. On 



l'y ramène ; et il est gardé à vue , en atten- 
dant un rescrit de l'empereur qui hà pennelte 
de quitter sa charge, et d'être ordonné éyêqoe 
de Milan. H s'enfuit encore, et se tint caché dans 
la villa d'un noble du voisinage , le clarissime 
Léonce. Mais le rescrit impérial arriva , et l'ordre 
de livrer Ambroise à l'épiscopat fut affiché par- 
tout n reparut alors, fut baptisé par un évéque 
catholique, et, huit jours après, consacré sur te 
siège de BfHan. Dès lors l'arianisme, qui avait 
à moitié envahi lltaUe du nord, eut un paissant 
adversaire. 

Ambroise ne pouvait hésiter entre les deux 
symboles. D'une imagination vive et tendre, aa 
foi trouvait bien plus à se nourrir dans les 
dogmes mystérieux de. Nicée et les pieuses âé* 
vations des Athanase et des Basile. Ayant disposé 
de ses biens en faveur de l'Église et des panvra, 
et s'étant délivré de tout som, fl s'adonna sani 
relâche k l'étude des lettres sacrées et anx de- 
voirs de l'épiscopat Une partie des nuits, fl fi- 
sait l'Écriture et les Pères; le jour, fl était aa 
peuple. Son ministère, selon l'usagie de ces pre- 
miers temps, était à la fois un înfatig^KiA aposto- 
lat et une grande justice de paix. H écoutait les 
plaintes, donnait des consefls, condUait les dif- 
férends et les procès, visitait les pauvres et tel 
malades , officiait dans le temple , et , le dinuBi- 
che, prêchait au peuple la parole divine , qol 
venait d'apprendre. A peine cette vie si obsédée, 
si lalwrieuse lui laissait-eUe, dans le jour, pea 
d'instants pour prendre ses repas, tire qoeiqoes 
pages et méditer, la porte de sa chambre tou- 
jours ouverte. C'est ainsi que Ta vu et qoe nous 
le montre Augustin, qui, après avoir erré entre 
les phUosophies et les sectes religieuses, chamé 
par l'éloquence d'Ambroise, reçut de hd le bap- 
t^e. Là brille le plus beau modèle de cet épii- 
copat chrétien, qui ftft presque la seule magirt» 
ture des temps de barbarie , et qui reparut A 
sublime dans un François de Sales, un Chariei 
Borromée, un Fénelon, un Cheverus. 

A l'époque d'Ambroise, dans la fldbleaaeetki 
révolutions de l'empire, une grande aniorilé, 
même politique , s'attadiait à un tel minislèn 
ainsi rempli. Ambttoise était le premier nom ia- 
voqué par les peuples ; on se réfugiait ven lai 
des bords de la Mauritanie et des confins de 
la Thrace, mal défendus par l'empereur; fl don- 
nait tout, et jusqu'aux vases sacrés de aoa 
église, pour soulager les fugitifs et radicfar lei 
prisonniers. Bientôt l'empire d'Occident, <pi 
avait passé de Valentinien I*' anx mains de a 
veuve l'hnpératrice Justine et de ses deax IBi, 
est attaqué par une rébeUion intérieure. Le jeane 
empereur Gratien, abandonné de ses trcNçes, 
est tué dans Lyon par un général romalD, 
Maxime, An^s de naissance, qui s'empare des 
Gaules et menace Iltalie. L'arcfaêvéquede MQan 
part en ambassade pour détourner ce péifl ; et, 
dans une longue négociation, fl aéduity fi airtk 
Maxime. 



AMBROISE 



380 



De retour dans lltalie, qa*fl avait préflenrée 
de la gperre, saint Amlnroise fut en botte h la 
jdoiiaie et au zèle sectaire de rimpératrice 
Jostiiie. L'Occident était loin alors de cette unité 
de 'croyanoe que semblait offirir Teropire d'O- 
rient, sous la forte main et les lois despotiques 
de Théodose. Le paganisme même y tentait 
qodques efforts, au milieu de Rome. Une disette 
ayant afffigé Htidie en 383 , le sénat, où se con- 
terraient, ayec le regret de son pouYoir perdu, 
les souvenirs de l'ancien culte, prit occasion de 
ee désastre pour demander la restitution des 
lâens et des honneurs enlevés au sacerdoce 
pnen, et le rétablissement de Tautel de la Vic- 
toire dans le Cq>itole. Ce voeu, que Symmaque, 
préfet de Rome, appuya de son éloquence, emr 
bvraaaait la cour de Milan. L'évèque de Rome, 
Oamase, n'y résistait qu'en silence. Ambroise le 
combattit avec chaleur dans une lettre à Valen- 
tinien, et dans une réftitation de la requête de 
Symmaqœ. Les rôles anciens des deux cultes 
étaient changés, dans cette controverse. Symma- 
que invoquait le principe de tolérance qu'avaient 
Tédamé les chrétiens, et que Constantin et Jo- 
vîen avalent inscrit dans leurs édits. Ambroise 
le repooaaait comme un sacrilège. Biais, il faut 
Favoner, le souvodr des persécutions païennes 
donnait beaucoup de force à ses paroles , lors- 
qnl pouvait répondre : « Us se plaignent du 
« letranchement de quelques pensions , ceux 
■ qui n'ont jamais épargné notre sang! » Hais 
M qui firappe surtout , c'est l'ardeur de foi et 
d'espérance qui respire dans les paroles de saint 
Ambrtrise; tandis que celles de Symmaque , dé- 
nées de conviction et d'avenir, ne semblent 
qu'an pompeux cérémonial, un vain et der- 
ëer eombat rendu pour l'honneur des armes. La 
tenande-du sénat ftot rejetée; et l'écrit de saint 
Ambroise, admiré dans toute lltalie, inspira de 
kanx vers an poète Prudence sur le même sojet 
d ks mêmes idées. 

Cependant la cour de Bfilan, ou dominée par 
m làe de secte, ou redoutant le pouvoir du ca- 
Mdame, se montrait toiqours favorable aux 
«iens. Dans la même année qui vit r^eter la 
mpèto des païens, l'impératrice Justine pro- 
nnipn, sons le nom de son fils, un édit de to- 
lâranoe qui asrarait aux ariens le libre exerdoe 
^kur ratte. Leur ayant accordé pour leur com- 
mte un évéqne dans MUan, elle invita saint 
Anbroise à venir discuter contre lui devant 
fmçatsar, Ambroise reftisa cette épreuve et 
es jugement Limpératriœ blessée voulut alors 
Rnpteoer Ambroise par l'évéque arien , et me- 
Mça d'envoyer des troupes, si on lui résistait. 
Le bruit eonrut aussitôt que les ariens prenaient 
de force tontes les églises. La foule catholique 
16 prédpita vers la cathédrale, et y resta plu- 
riens jours et plusieurs nuits en prières. In- 
f eiti par des troupes dans son église, Ambroise 
répondit, avec une inflexible fermeté, qu'il n'en 
sortirait pas volontairement, et que le temple ne 



pouvait être livré par le prêtre. La cour alors 
se réduisit à demander que , gardant sa cathé- 
drale, il cédât pomr le culte arien une seule des 
églises du faubourg, la basilique Portia. La 
foule repoussa cette demande par ses cris , et 
courut défendre la basilique. Le lendemain, 
dimanche des Rameaux, l'impératrice envoya 
des troupes pour occuper cette basilique Por- 
tia, et y tendre les voiles qui servaient aux 
ariens. Le peuple résista, déchira les voiles, 
tandis qu'Ambroise officiait et prêchait dans sa 
cathédrale. Parmi ce désordre, un prêtre arien, 
sur le point d'être massacré par le peuple, fut 
sauvé par les efforts d'Ambroise. Au milieu de 
la sédition, qui dura plusieurs jours, on conti- 
nuait de négocier avec l'archevêque. Sans cesse 
on allait du palais de Yalentinien à la basilique 
d'Ambroise. Cehii-ci répondait au tribun de l'em- 
pereur : « Si vous voulez ce qui cet à moi, des 
terres, de l'argent, je ne le refuserai pas, quoi- 
que tous mes biens soient la propriété d^ pau- 
vres; mais les choses de Dieu ne sont pas su- 
jettes du pouvoir impérial. Voulez-vous me jeter 
dans les fers, me traîner à la mort? c'est une 
joie pour moL Je ne me ferai pas un rempart de 
la foule du peuple; je n'embrasserai pas les au- 
tels, en demandant la vie : il me sera plus doux 
de mourir pour les défendre. » Des soldats alors 
fanent envoyés pour se saisir de la cathédrale. A 
la vue d'Ambroise et des fidèles qui l'entouraient, 
ils baissèrent leurs armes et se réunirent au 
peuple. Ambroise monta en chaire et parla sur 
les tentations de Job, auqud il comparait son 
pérfl. Puis, répondant au reproche de révolte et 
d'usurpation quil pressentait ou qu'il avait en- 
tendu de la bouche de quelques officiers du 
prince : « La domination du prêtre, dit-Q, c'est sa 
faiblesse : Maxime ne dirait pas que je suis le 
tyran de Yalentinien , lui qui se plaint que mon 
ambassade fut comme une barrière qui l'em- 
pêcha de pénétrer en Italie. » Des officiers 
vinrent s'excuser près d'Ambroise; d'autres al- 
lèrent dire à l'empereur qu'ils lui avaient obéi , 
qu'ils occupaient la basilique où il les avait en- 
voyés; mais que s'il se séparait de la religion 
catholique, fis iraient trouver Ambroise. Aban- 
donné de toutes parts, le jeune Yalentinien , sen- 
tant avec dépit toute sa faiblesse, s'écria : « Je 
ne suis donc qu'une ombre d'empereur! et je 
vois bien que vous me livrerez, les mains liées, 
à votre évêque, tontes les fois qu'il l'ordonnera. » 
Puis, ayant consulté avec ses eunuques, il fit 
demander à Ambroise, par un dernier message» 
s'il prétendait usurper l'empire en nouveau 
tyran. Ambroise répondit qu'à avait seulement 
soutenu les droits de l'Église , et qu'il respectait 
la puissance de l'empereur; que, du reste, on 
n'avait qu'à demander à Maxime si Ambroise 
était le sauveur ou le tyran de l'empereur Yalen- 
tinien. L'eunuque, grand chambellan du palais, 
fit alors menacer Ambroise d'aller lui couper la 
tête dans son éghse : « Nous serons tous deus 



381 



AMBROISË 



»3 



contents, lui fit répondre l'évoque; j'aurai souf- 
fert , œ qui est ordinaire aux évêques^ pour la 
cause de Dieu ; et toi , tu auras rempli Toflice 
dont se chargent les eunuques pour complaire 
aux hommes. » On sent combien cette cour de 
Milan, Iftclie, tracassière» avilie par des modes 
orientales^ était faible devant cette hauteur opi- 
niâtre et cette austère pureté. Elle céda de tout 
point I et Ambroise demeura triomphant^ au mi- 
lieu de l'enthousiasme et des cantiques du peuple, 
qui posa les armes. 

Ces fautes de laoour de Milan appelaient une 
invasion suspendue depuis trois ans. Maxime , 
qui s'était arrêté avec dépit en deçà des Alpes, 
saisit ce nouveau prétexte de plainte, et aflecta 
d'intervenir pour la défense d' Ambroise et de la 
foi catholique. La cour de Milan trembla, et ne 
vit d'autre médiateur qu'Ambroise lui-même. 
L'évoque partit de nouveau pour arrêter Maxime 
par des négociations ; mais , cette fols , il ne 
réussit pas. Maxime lui refusa toute entrevue 
particulière , et ne voulut l'écouter que devant 
son conseil. Il se plaignit à lui d'avoir été trompé 
la première fois , et comme enchante par ses 
belles paroles. « Saùs doute , lui répondit Aro- 
« broise, j'ai défendu les intérêts d'un prince, 
« mon pupille ; j'en tire gloire : c'était l'action 
« d'un évêque. Mais je n'ai fermé les Alpes à 
« personne, et je ne vous ai opposé ni armée, ni 
R retranchements , ni fausses promesses. » £n 
même temps, il insista pour la durée d'une paix 
tidèlement {gardée par Valentinien. Maxime, dans 
son prétendu zèle pour la foi, avait alors près 
de lui des évêques qui s'étalent récemment as- 
sociés à la condamnation à mort de quelques 
sectaires, \ei priscelUanisies. Ambroise les vit 
avec horreur, et refusa de communiquer avec 
eux. Maxime saisit ce prétexte de rejeter toutes 
les propositions d'Ambroise, et, l'ayant renvoyé, 
marcha vers l'Italie abandonnée par ValenUnien 
et sa mère , qui fuyaient en Orient L'Italie fut 
rapidement conquise; et bientôt Maxime, qui 
avait commencé la i^ucrre uu nom de la foi ca- 
tholique, maître de Rome, y releva l'autel de la 
Victoire, au nom de la tolérance. 

Ambroise , retiré dans son église de Milan , 
que le vainqueur avait ménagée, ne cessait, par 
M^s lettres, d'appeler Théodose. Ce prince parut, 
détruisit Maxime, et rendit l'Italie à la famille de 
ValenUnien, ou plutôt à l'Éi^ise. Ambroise , qui 
dominait sous des princes faibles , parut grand, 
même ticvant Théodose. Lorsque ce prince eut 
ordonné, de Milan, le massacre de lliessaloni- 
qne , tout se taisait dans le monde : il n'y avait 
bi sénat i ni magistrat, ni pldlosophe qui osât 
faire on reproche ou une plainte. Ambroise ilé- 
fendit seul , à haute voix , les droits de l'hu- 
manité, et représenta le jugement des siècles. 

Quand il apprit la nouvelle du massacre exé- 
cuté , il écrivit d'abord à Théodose une lettre 
sans faste, mais pleine de force : « U a été com- 
« mis, loi disait-il, dans la ville de Thessalo- 



« nique , un attentat sans exemple dans rhU- 
« toire. Je n'ai pu le détourner; mais i*ai dit 
« d'avance combien il était liorrible... l>aiis la 
« communion d'Ambroise , il n'y a pas d'abso- 
« lution pour ce que tu as fait. » Pula fl ^• 
tait avec une admirable autorité : « Je n'ai contre 
« toi nulle haine; mais tu me fais éprourer une 
« sorte de terreur. Je n'oserais , en ta présence, 
« ofTrir le divin sacrifice : le sang d*un seul 
« homme injustement versé me le Rendrait; le 
« sang de tant de victunes innocentes me le per- 
« met-il? Je ne le crois pas. Je t'écris de nu 
« main ces paroles, que tu liras seul. » 

Ainsi Ambroise voulait d'abord épargner à 
Théodose l'affront public qu'il lui infligei. C'est 
mal comprendre cette action, que de dire, oomme 
Voltaire, « qu'il importait peu d'empêcber, pen- 
dant quelques mois. Théodose d'aller s'ennuyer à 
la grand'messe. » U importait beaucoup non que 
Théodose n'allAt pomt à la messe, mais qa'u 
prince si emporté et si puissant trouv&t sw terre 
la publique condamnation de son crime. Rasioré 
par des flatteurs, qui croyaient corrompre la re- 
ligion mênie aossi facilement qu'une oonaeiflaee 
de prince, Tbéodose, malgré la lettre d'Ainbroiie, 
ae rendit à l'église avec tout son cortège* Là, i 
fut arrêté sur le seuil par l'archevêque^ qui, loi 
reprochant à haute voix le meurtre de Theâi- 
kmique, lui demanda s'il oserait étendre ses 
mains, encore teintes du sang innocent^ pour 
prendre le corps sacré de Jésus-Christ ; t'U ose- 
rait recevoir cette divine hostie dans la même 
bouche qui avait ordonné tant de lïimMacfCi 
Tliéodose, interdit, balbutia l'exemple de Dafii 
— Cl Vous l'avez imité dans son crime, répliqua 
« l'archevêque; imitez-le dans sa péniteacc. > 
Théodose, confondu, se retira; et pea de tenfB 
après U fit paraître l'édit qui ordonnait tme sus- 
pension de trente jours entre la date et resécolhii 
de toute sentence de mort : faible barrière qie 
le pouvoir absolu s'imposait à lui-mètne! Ibis 
peut-on nier que, dans ces temps de despotliine 
militaire et de passions violentes, le christianisme 
n'ait été la dernière sauvegarde du monde? 

Tliéodose retourna dans l'Orient, et Ambroiie 
reprit sur les affaires d'Italie l'infloent» ijra 
naissait pour lui des malheurs du temps. 

Théodose, en quittant l'Italie, laissait à Ya- 
lehtiuien des lois de rigueur trop fortes (nmt 
sa fidblesse. far un de ses édita, tout homne 
qui, après avoir professé le christianisme, nm- 
nait au culte paieii , était n-appé de mort dtlle. 
Le nombre de ces consciences mobiiea avait été 
grand sous Maxltne ; et rien n'était alors plus 
commun, parmi les dignitaires et les courtis